Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Chroniques

RIVE

Narcose

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Derrière RIVE, se cachent Juliette & Kévin. Amis dans la vie, ils sont unis par un lien quasi-ombilical entre complicité et complémentarité artistique.

Elle incarne le côté ouaté de la formation. Une voix chaude et sensuelle qui procure à l’ensemble quelque chose de très mélodieux. Lui apporte la subtilité un brin tribale avec cette rythmique précise qui devient vite entêtante.

Leur histoire pourrait s’inspirer d’un conte de fées. Formé en 2015, le combo remporte douze prix au dernier Concours ‘Du F. dans le texte’ l’année suivante. Le premier Ep « Vermillon », paru en 2017, est salué par la critique.

Si les compos éléctro/pop fleurissent au sein du paysage musical comme les jonquilles fleurissent au soleil, « Narcose », premier elpee, parvient à se démarquer brillamment de la masse. Il est particulièrement réussi.

Fait plutôt rare, l’univers sulfureux, singulier et enchanteur, puissant, émouvant et attachant, emmène celui qui prête une oreille attentive vers de grands espaces de liberté orgasmiques. D’une belle subtilité, les sonorités se chargent d’émotion à chaque écoute.

L’expression graphique ensuite. Le clip de « Vogue » comptabilise plus de 115 000 vues sur la plate-forme Vimeo et a créé la surprise dans différents festivals internationaux. « Justice » connaîtra un sort identique. Sans oublier l’artwork qui subjugue…

L’équipe du Temple Caché s’est d’ailleurs à nouveau penchée sur « Fauve », premier single, tout aussi léché dans l’esthétique, pour lequel la technique de la 3D a été utilisée afin de plonger le téléspectateur dans les années 80 à travers cette histoire iconoclaste d’un couple d’humanoïdes, survivant de l'apocalypse, qui tente de s'aimer à tout prix.

Les compositions sont limpides et plutôt simples dans la structure couplet/refrain, ce qui n’en fait pas pour autant un terrain critiquable. Ce qui les différencie vraiment de leur homologue, c’est l’absence de simplisme ; là où certains se seraient contentés d’une zone de confort, le combo bruxellois s’approprie des chansons qui vont crescendo pour maintenir la pression et finissent par exploser joyeusement à la tronche façon arc-en-ciel, à l’instar du titre maître.

A l’instar de « Filles », les thématiques féministes (parfois un peu poussives, mais on leur pardonnera) se réfèrent évidemment à cette nouvelle vague de protestation des femmes qui gronde en ce moment, lorsqu’elles n’évoquent pas la nostalgie de l’adolescence parti en « Croisades » ou encore l’amour éternel « Infini ».

La lettre comme toujours est ciselée pour mieux narrer tantôt le quotidien de tout un chacun, tantôt un imaginaire aux accents surréalistes conférant à cet opus un pouvoir surnaturel qui emmène naturellement l’auditeur vers des cieux infinis.

Le grain vocal de miss Bossé est contemplatif, doux et sucré. Il salive de tendresse, de douceur, de réconfort et s’émancipe de toute forme de mélancolie. Le jeu très subtil de son comparse épouse ces courbes immaculées de mystères et apporte une brise fraîche qui sent bon l’été tout proche.

Superbe !

John Mayall

Nobody told me

Écrit par

John Mayall est une légende vivante. Le vétéran du blues anglais a fêté ses 85 ans, fin novembre 2018. Et à coup sûr, c’est un des pères du blues anglais. Non seulement, il a fait le bonheur de plusieurs générations de mélomanes accros au blues, mais c’est un indiscutable découvreur de talents. Parmi ces promesses qui ont transité par son groupe, les Bluesbreakers, figurent Eric Clapton, Peter Green, Mick Taylor, dans les sixties ; et plus tard, Coco Montoya ainsi que Walter Trout, mais la liste est loin d’être exhaustive. Depuis le départ de son dernier gratteur, le Texan Rocky Athas, les Bluesbreakers sont réduits à une section rythmique, basse et batterie. Dès lors, il était facile d’imaginer que ce « Nobody told me » serait enregistré en format trio. Et bien non, le vieux John a cédé à la tentation d’inclure des guitaristes plus ou moins connus. 

Il vrai que l'ouverture est classieuse. Le "What have I done wrong" de Magic Sam laisse déjà le premier rôle au jeune et très doué Joe Bonamassa. Le choix des solistes révèle quelques surprises comme celui du Canadien Alex Lifeson, fondateur du groupe à succès Rush. Appliqué au piano et à l'harmonica, ses interventions sont fluides et chargées de feeling, face à Mayall. Plus étonnant quand même, la présence de Todd Rundgren, jadis leader de Nazz et Utopia, sans oublier sa carrière solo, qui mérite le respect. Il participe au funky/r&b "That's what love will make you do", un morceau signé Little Milton. Steven Van Zandt, le guitariste du E Street Band de Bruce Springsteen apparaît lui aussi sur "It's so tough". Carolyn Wonderland est moins connue du grand public, mais cette Texane (NDR : elle est issue de Houston) a de l'étoffe. Elle collabore à trois plages dont le blues lent de rigueur "Nobody told me". Et, dernière nouvelle, Miss Wonderland vient d'être invitée à assumer le rôle de gratteuse, au sein du Mayall Band. Encore une œuvre de qualité à créditer pour John Mayall, même si ce n'est, bien sûr, pas sa plus déterminante.

Lala Lala

The Lamb

Écrit par

Derrière Lala Lala se cache une songwritrice de 24 ans, Lilie West. Née à Londres, elle a suivi ses parents à Los Angeles avant de s’embarquer à Chicago pour entreprendre des études d’art. C’est à cette époque qu’elle se lance dans son aventure musicale sous le pseudonyme Lala Lala. Elle sort un premier album intitulé “Sleephead”, en 2016. Elle est rapidement repérée par le label Hardly Art (Protomartyr, La Luz, ...) qui publie ce deuxième opus, “The Lamb”.

Malgré son jeune âge, le parcours de cette jeune adulte (ou de vieille adolescente) est plutôt chaotique, mais il constitue le substrat de ses morceaux qui ont été écrits durant une période difficile de sa courte existence. Ainsi, elle raconte ses problèmes d’addiction à l’alcool sur “Water over Sex”. Après avoir dû affronter le traumatisme de la mort d’un proche, elle s’est également interrogée sur la solitude face à la grande faucheuse. Il en résulte des morceaux bouleversants qui trahissent quand même une certaine naïveté. Sur cet elpee, l’Américaine d’adoption se réserve la guitare et lors des sessions, elle a reçu le concours de quelques collaborateurs, dont un drummer et un bassiste. Mais aussi, au fil des plages qui évoluent entre post-punk et dream-pop, d’une seconde gratteuse, également préposée au synthé, ainsi que d’un saxophoniste.

“The Lamb” est un album mélancolique sur lequel on peut saisir la vulnérabilité d’une jeune femme qui nous laisse pénétrer dans son intimité.

Lala Lala se produira sur les planches du Botanique, le dimanche 24 février. 

Juliana Daugherty

Light

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« Light » se loge au plus près de l’os… Et pour cause, les ornements qui soulignent la voix envoûtante de Juliana Daugherty sont en effet minimalistes. Cependant, cet écrin lui permet de s’épanouir pleinement. Atmosphérique, ce premier elpee, composé dans son fief à Charlottesville, en Virginie, recèle des comptines folk poétiques et décharnées. Souvent acoustiques (« Wave ») mais tout aussi ascétiques, elles sont également susceptibles de s’électrifier (« Bliss »). A travers des mantras mystiques, venus d’un autre temps, la jeune compositrice (proche de Natalie Prass) exorcise ses états mentaux et tout particulièrement sa dépression, lorsqu’elle ne revient pas sur les évènements tragiques qui se sont produits à Charlottesville en 2017 (la mort d’une manifestante pour les droits civiques, renversée par un suprématiste blanc). Viscéraux et mélancoliques, ses morceaux prennent aux tripes, même si les mélodies ne sont pas inoubliables. N’hésitez donc pas à vous pencher sur la carrière de cette artiste américaine, si vos oreilles sont en carence de vulnérabilité…  

The Bevis Frond

We're your friends, man

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The Bevis Frond est un groupe anglais bien ancré dans la musique underground anglaise. Nick Saloman en est le chanteur, multi-instrumentiste (surtout guitariste), compositeur, producteur. Il est originaire de Walthamstow, dans la banlieue nord de Londres. A 66 ans, l’artiste est considéré comme un monument au sein de l’univers psychédélique, outre-Manche. Plus de quatre décennies qu'il écume les scènes en pratiquant un rock alternatif, allumé et déjanté. A la fin des 70’s, il avait créé son propre label, Woronzow. En pleine vague punk, il monte Von Trap Family. Il enregistre ensuite en compagnie de Room 13 avant de former enfin the Bevis Frond, son véhicule sonore pour l'éternité. Fan de Jimi Hendrix et des Byrds, il aime alterner ses compositions, les colorant de sonorités distordues et trafiquées, tout en conservant une facette plus folk, paisible et mélodique. Le premier opus, "Miasma", date de 1987. Depuis, il en a aligné près de trente. Et ce dernier tient bien la distance. Il est également paru sous la forme d’un double LP, réunissant pas moins de 20 plages, dont certaines affichent un potentiel pop indéniable !

En ouverture, "Enjoy" campe un rock qui ne manque pas de charme. La voix est discrète, mais les éclairs de guitare traversent les compos, tels des flashes lumineux. Les plages sont variées et oscillent du folk rock ("We're your friends, man", "Mad love"), au punk énergique ("Pheromones"), en passant par l’excellent indie rock ("In the leaves", "A hard way to learn"), le blues rock ("When you cast me out"), sans oublier les trips psychédéliques saturés de cordes acides ("Lead on", " Growing", "Theft"), le tout ponctué par une extraordinaire finale de plus de 13' baptisée "You're on your own". Superbe ! 

Collectif 13

Chant libre

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Ces véritables activistes de la chanson française comptent, en moyenne, plus de vingt années de carrière musicale. Ce qui n’a pas empêché Guizmo (Tryo), Gari (Massilia Sound System), Mourad (La Rue Ketanou), Danielito (Tryo), Gerome, Erwann et Fred (Le Pied de la Pompe), Alee, DJ Ordoeuvre, Max (Le P'tit son) et Syrano de participer au projet Collectif 13, dont le deuxième elpee propose quinze titres qui décoiffent…

« Chant libre » est une ode à la joie et au bonheur de vivre ensemble avec en point de mire l’autodérision sur fond de modernité !

Mais si les compos sont parfois puissantes et incisives (« Trumperie ») ou aussi légères et drôles, elles s’éloignent des pamphlets philosophiques ; pas besoin d’ailleurs de prêter une oreille nécessairement très attentive pour cerner le sens des chansons. Tout au plus, sait-on que l’humain reste au centre des débats (« Collègues », « Mon frère »).

Globalement le prisme d’action niche essentiellement au sein d’une narration contemplative de la société et de ses travers contemporains (« Réseaux »). Le ton est vindicatif à souhait et décrit toute la complexité de l’Homo sapiens.

Depuis le dansant « Collègues » à la ballade faussement sautillante « Il arrive », en passant par le reggae cuivré « Rien à foutre » et un « Last black Friday » découpé dans des guitares cinglantes, les compositions bénéficient, dans leur ensemble, d’une belle palette de sons et d’arrangements colorés…

Si ce disque ne doit pas être perçu comme celui que l’on retiendra nécessairement une fois l’été passé, il doit tout de même s’écouter pleinement et souffler le chaud jusqu’à enflammer !

Richard Swift

The Hex

Écrit par

L’une des plumes les plus sensibles s’est évaporée depuis la mort de Richard Swift, décédé en juillet dernier, à seulement 41 ans... Outre ses missions de producteur (aux côtés de The Shins, Damien Jurado ou de Foxygen) ou de musicien de studio et de tournée (pour The Shins, les Black Keys ou The Arcs), il s’est réservé une plus discrète mais non moins intéressante carrière solo, dont le magnifique « The Hex » constitue malheureusement le dernier chapitre…

Fidèle à son habitude, le multi-instrumentiste américain dévoie des pépites indie-pop superbement arrangées à haute teneur mélodique ! Luttant contre des problèmes d’alcool depuis quelques années, Richard Swift se livre sur le poignant et très soul « Broken Finger Blues » : ‘My body’s broken, My body is bruised, Try to remember what it’s like not to lose, I won’t go under, I won’t give in, Try to remember what it’s like to win’. Sa pop vintage rappelle les sonorités des 60’s sur l’émouvant « Wendy », un message dédié à sa mère, ou sur le message d’adieu si lumineux reflété à travers « Dirty Jim ». Certaines plages s’éloignent de la veine pop pour adopter un profil plus aérien (« Nancy ») alors que d’autres, magnifiées par les interventions de claviers et de basse, nous plongent au sein d’un climat mélancolique, dont on ne peut s’extraire, car inhérent aux circonstances. Un véritable chef-d’œuvre posthume !

Midas Fall

Evaporate

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Midas Fall est un duo féminin réunissant Elizabeth Heaton et Rowan Burn. Pour enregistrer cet opus, si elles ont reçu le concours de Ross Cochran-Brash aux drums, elles se chargent du reste de l’instrumentation, dont les synthés, le piano, le violon, le violoncelle et la guitare. « Evaporate » constitue leur quatrième elpee, et le titre colle (voir le clip de « Glue », ici) bien à leur musique… brumeuse, atmosphérique, gothique, romantique, parfois symphonique, mais aussi cinématographique qui véhicule parfois des accents celtiques ; une impression accentuée par la voix angélique, céleste, d’Elizabeth, très susceptible de rappeler celle de Rachel Davies (Esben & The Witch).  

En général, les compos sont construites en crescendo, s’ébrouant en délicatesse avant d’entrer en éruption, et lorsqu’elles s’électrisent par la grâce des cordes de gratte électriques, elles nous entraînent au sein d’un univers shoegaze voire noisy.  

Le duo écossais se produira en concert ce 25 février au Waterhole d’Amsterdam et le 8 mars à De Kleine Kunst de Gand ; et pour la circonstance, non seulement elles seront soutenues par Chris MacKinnon à la basse et Calum MacVicar aux drums, mais le show sera enrichi d’une performance audiovisuelle…

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