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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Chroniques

Prefab Sprout

I saw the megahertz

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Curieux, l’album solo de Paddy McAloon, « I saw the megahertz », sorti en 2003, vient d’être réédité sous le patronyme de son groupe, Prefab Sprout. Opération marketing ? Peut-être, vu que cet opus paraît également en vinyle. Et puis que la musique symphonique contemporaine semble attirer de plus en plus d’adeptes, même dans le clan des mélomanes qui ne jurent que par la pop ou le rock. Un engouement suscité par les Moody Blues, fin des sixties et Barclay James Harvest, début des seventies…

Presque exclusivement instrumentales, les compos mettent en exergue des sections de cordes et de cuivres, dans un style bien plus proche de Ravel voire de Debussy que de Prefab Spourt, dont le chanteur/guitariste/claviériste/compositeur britannique nous avait alors habitués à ce jour.

Pour votre info, sachez que Paddy est occupé d’écrire de nouvelles compos pour un futur opus qui s’intitulera « Femmes mythologiques. Prévu pour septembre, il proposera des chansons qui parleront des femmes célèbres, comme Eve, Hélène de Troie, Cléopâtre ou encore la reine de Saba.

Molly Burch

First Flower

Écrit par

Pour enregistrer ce deuxième elpee, Molly Burch a notamment reçu le concours de Dan Duszynski ainsi que son compagnon, Dailey Toliver, à la mise en forme, ce dernier assurant, en outre, la plupart des parties de guitare. Etablie à Austin, la chanteuse/compositrice/interprète possède une voix particulière, sensuelle, aussi lascive que celle de Marilyn Monroe, mais lorsqu’elle monte d’une octave, on ne peut s’empêcher de penser à Kate Bush. Dans ses lyrics, elle traite de sujets comme la dépression, l’anxiété ou des relations amoureuses éphémères, des compos qu’elle interprète sur une musique rétro où se mêlent, surf (la guitare), americana, soul vintage, jazz et influences latines comme la bossa nova, le tango, la rumba ou le paso doble. A écouter, de préférence, confortablement installé dans un sofa…

Mass Gothic

I’ve tortured you long enough

Écrit par

« I’ve tortured you long enough » constitue le second opus de Mass Gothic et fait suite à un éponyme paru en 2016. Première constatation, Noel Heroux et sa compagne Jessica Zambri se partagent bien plus équitablement les rôles que sur le précédent elpee. Le duo écossais nous y propose une musique alimentée par des guitares, percus et synthés, une forme d’électro/rock parfois contaminée par l’indus, sur laquelle viennent se poser les voix claires de Noel et/ou Jessica ; et ce sont, en général, ces voix qui tissent la mélodie au sein d’un climat ténébreux et romantique. On regrettera cependant une uniformité de ton, dû au recours trop envahissant à l’électronique, qui finit par lasser. Si c’est bien dans l’air du temps, pour l’originalité, faudra repasser…

Unknown Mortal Orchestra

IC-01 Hanoi

Écrit par

Unknown Mortal Orchestra est surtout devenu notoire pour son style musical mêlant pop, rock et psychédélisme. Et ses quatre opus, dont le dernier “Sex & Food”, paru en avril 2018, en sont les plus belles illustrations, des albums sur lesquels figurent même quelques titres incontournables. Ruban Nielson, le leader et chanteur du groupe est également un fameux guitariste. Si vous avez déjà eu l’occasion de voir et écouter le band en ‘live’, vous avez certainement dû vous en rendre compte.

Sur cette nouvelle production, U.M.O. a tenté un exercice de style un peu différent, puisque les 28 minutes du long playing sont découpées en 7 pistes strictement instrumentales. Ces ‘jam sessions’ ont été enregistrés à Hanoi, ce qui explique le titre de cet opus. Flanqué de son frère, de son père, qui se consacre au bugle et de Minh Nguyen, un musicien vietnamien, préposé au saxophone et bien sûr de son band, Nielson semble prendre du plaisir à mettre des accents jazzy à son psychédélisme. Et pas seulement, car si les influences sont multiples, elles intègrent également des références asiatiques. Vu l’endroit où l’album a été immortalisé et la présence de Minh Nguyen, ce n’est donc pas étonnant. Si certains passages sont lumineux et d’autres carrément hypnotiques, les plus expérimentaux se révèlent beaucoup moins abordables. Il faut d’ailleurs parfois bien s’accrocher pour ne pas perdre le fil.

Bref, si la parenthèse ouverte par U.M.O. peut s’évérer louable et intéressante, elle ne s’adresse qu’à un public averti ; les aficionados devront donc patienter jusqu’à la sortie du prochain opus...

Poppy Ackroyd

Resolve

Écrit par

De plus en plus d’artistes contemporains s’intéressent à la musique symphonique et s’en inspirent ouvertement, à l’instar des formations allemandes, Grandbrothers et d’Haushka, ou encore belge, Glass Museum. Cette niche néo-classique est même tout doucement occupée de satisfaire un public en demande. La talentueuse Anglaise Poppy Ackroyd en fait définitivement partie… Signée sur One Little Indian, le label de Björk, cette compositrice, pianiste et violoniste (NDR : issue de Brighton, elle milite également chez Hidden Orchestra) nous propose, sur cet elpee, des morceaux aux influences autant classiques qu’expérimentales. Lors des sessions, elle a reçu le concours de Manu Delgado (Björk, Cinematic Orchestra) aux percussions, Mile Lesgire (Bonobo) à la clarinette et la flûte ainsi que Jo Quail au violoncelle. Les ambiances sont oniriques, vaporeuses, envoûtantes et irrésistiblement mélodiques naviguant quelque part entre l’univers sonore de Debussy et d’Aphex Twin… c’est dire le grand écart… Un vrai talent !

Jon Spencer

Spencer sings the hits

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On connaissait Jon Spencer à travers le Jon Spencer Blues Explosion, The Honeymoon Killers, Pussy Galore, Heavy Trash ainsi que Boss Hog. Il vient de graver son premier elpee solo. Enfin pas tout à fait, puisqu’il est soutenu par Sam Coomes aux synthés et M. Sord aux drums. Et nonobstant son titre, cet album n’est pas une compilation, mais bien un LP studio.

Découpé en 12 plages, qui ne dépassent jamais les 3’, « Spencer sings the hits » s’ouvre par l’offensif « Do the trash can ». Libérant un fameux groove il est digne des Cramps. D’autant plus que Spencer nous réserve déjà un premier cri primal. D’ailleurs on retrouve régulièrement ses onomatopées caractéristiques tout au long de cet elpee, et bien sûr son style vocal déclamatoire inimitable, qui emprunte même un flow presque hip hop sur « Hornet » ainsi que l’implacable « Wilderness ». Les deux plages les plus blues, « Cape » et « Love handle », entrecoupées de brèves interruptions, rappellent l’admiration que porte Jon à R.L. Burnside. Des breaks qui sont encore plus fréquents tout au long de « Fake ». « Time 2 be bad » est gorgé de fuzz poisseux ainsi que de riffs sales et fiévreux alors que « Alien humidity » est aussi aride que spasmodique. Un titre plus rock voire même grunge : le single potentiel « I got the hits ». Enlevé, « Beetles boots » aurait pu figurer au répertoire des B52’s, mais sans Katie Pierson et Cindy Wilson, la voix de Jon adoptant cependant les mêmes inflexions que celle de Fred Schneider. Plus eighties, « Ghost » – qui porte bien son titre – baigne au sein d’un climat dark, menaçant, alors que « Overload » se distingue par des couplets inspirés de Depeche Mode, les quelques bidouillages électroniques, accentuant cette impression.

Jon Spencer se produira ce 1er mai 2019 dans le cadre du festival Roots & Roses, à Lessines.

Yo La Tengo

There’s a riot going on

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Yo La Tengo a intitulé son 15ème opus, “There's a Riot Goin' On”, soit le même titre que celui choisi par Sly & The Family Stone, en 1971. La musique est bien sûre bien différente, entre les deux groupes, nés à des époques différentes, mais le message politique est aussi revendicatif. En fait, les lyrics traitent de l’inquiétude existentielle, née de l’insécurité provoquée, notamment, par Donald Trump, dans leur pays. Mais le plus paradoxal, c’est que le nouvel elpee est sans doute le plus contemplatif et probablement le plus expérimental, concocté par le trio de Hoboken (NDR : c’est dans le New Jersey), depuis ses débuts. Il lui a quand même fallu trois longues années pour le réaliser.

Les 15 plages de cet album baignent au sein d’un climat atmosphérique hanté par des harmonies vocales éthérées et alimenté par une expression sonore qui oscille entre psychédélisme et électro, en passant par le folk, la bossa nova, l’ambient, le jazz et même la lounge. Tour à tour, on pense à Damon & Naomi, Syd Barrett, Ducktails, le Floyd circa « Meddle », Robert Wyatt et même Brian Eno. Il y a même un peu de doo-wop sur « Forever », une compo dont la ligne de basse passe en boucle. Sans quoi, si le mélomane lambda épinglera surtout les pistes psyché/folk (« She may, she might », « Dream dream away ») ainsi que les deux compos les plus accessibles (le très sixties « Shades of blue » et le power/pop « For you too »), il faut reconnaître qu’il faut vraiment avoir l’esprit totalement serein pour se laisser emporter par ces longs développements instrumentaux ondulatoires et brumeux, souvent propices à la méditation, à l’instar du particulièrement mélodieux « You are here », un morceau contaminé par le drone flou et hypnotique… mais lorsqu’on y parvient, on a envie d’y rester…

En concert ce 16 février à l’Aéronef de Lille (réservations ici)

 

The Valerie Solanas

The return of Jesus Christ

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Valerie Solanas est une féministe radicale qui avait tenté d’assassiner Andy Warhol, en 1968. Violée par son père, elle s’était prostituée pour achever ses études en psychologie, puis avait rédigé un manuscrit intitulé « Up your ass », qu’elle avait soumis à l’artiste de pop art, sans avoir de retour de sa part. Mobile de sa tentative de meurtre. Elle est décédée le 25 avril 1988 à San Francisco. Elle est surtout connue pour son pamphlet ‘SCUM Manifesto’, un appel à la lutte violente contre les hommes et à la libération des femmes.

The Valerie Solanas, c’est ce patronyme qu’a choisi cette formation anversoise qui nous propose son quatrième opus, « The return of Jesus Christ », dont les paroles du titre maître, reprises dans la bio, sont sujets à controverse…

Mais venons-en à cet opus. Musicalement, les compos naviguent allègrement entre pop, (free) jazz, rock, country, cabaret et prog ; mais la grande originalité procède des interventions de flûte dispensées par le chanteur Michael Brijs. Elles nous entraînent au sein d’un univers sonore complexe, presque prog, à la croisée des chemins des Doors, des Moody Blues circa « To our children’s children’s children » et du King Crimson première mouture (« Lizard », « Islands ») ; et notamment tout au long de « The statuette », « Walk me through » et « 4th dimension », les trois plages les plus longues. Enfin, le baryton de Michael est un véritable caméléon, capable d’emprunter les inflexions ou le timbre, selon, de Bowie, Jim Morrison, Frank Sinatra, Matt Berninger (The Natinaol), Neil Diamond ou encore Neil Hannon (The Divine Comedy). L’opus recèle également une chouette valse bien électrique baptisée « Can’t grow up » et surtout en « Winter blossom » (voir clip ici), une superbe chanson pop. Romantique et arty, cette vidéo met en exergue le talent du cinquième membre du groupe, le graphiste Bert Lezy, invité régulièrement à exercer ses talents de dessinateur, lors des sets live, un peu dans l’esprit de feu Bruce Geduldig, mais dans un autre registre, chez Tuxedomoon. Un album très riche qui nécessite cependant plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur.

Le release party se déroulera 21/02 dans la grande salle de l’Arenbergschouwburg à Anvers.

 

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