La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Chroniques

No Money Kids

Trouble

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« Trouble » constitue le troisième album de No Money Kids, un duo parisien qui pratique une forme d’élecro/blues/rock que la presse d’outre-Quiévrain a qualifiée d’audacieuse. Pour enregistrer cet elpee, il a reçu le concours de quelques featurings, dont le rappeur Charles X, lors de l’excellente entrée en matière, « Chains » et Toxic Avenger, préposé aux bidouillages électroniques sur le plus léger « Lost generation ». Sur les 13 plages de cet elpee, figure une cover de Gnarls Barkley, « Crazy. Mais dans l’ensemble, si les pistes les plus blues/rock, probablement tracées par The Kills et The Black Keys, tiennent plutôt bien la route (« See me laughing », « Better »), le reste est gâché par cette boîte à rythmes binaire, qui sert surtout à faire danser. C’est dans l’air du temps, mais bien regrettable, car les compos auraient pu prendre une autre amplitude si elles avaient été dynamisées par les interventions d’une véritable batterie.

Ghern

Fortune

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Deux années seulement après avoir publié un premier Ep baptisé « Réconcilier », l’artiste francophone, livre un six titres sobrement intitulé « Fortune ».

Lors des sessions d’enregistrement, Ghern s’est adjoint les services de musiciens expérimentés : Fred Lefranc (Baden), Gautier Vexlard (Talisco) et Lola Frichet (Pogo Car Crash Control).

Abandonnant au passage un prénom encombrant (Jérôme), le songwriter a pris le parti d’un résultat relativement hétéroclite en s’appropriant un spectre de poésies charmantes et de fantaisies fulgurantes entre pop et folk (« Calavera »), parsemé ci et là d’accents new wave (« Les Rochers »).

Sans bénéficier d’une grande voix, celui qui pourrait incarner un condensé de toutes les personnes issues de la nouvelle chanson française (Biolay, Daho, Miossec ou encore Cali) n’en demeure pas moins authentique à travers des textes qui content et chatoient une impossibilité narrative, mais dont les mélodies s’avèrent entêtantes.

Mention spéciale pour « Je pensais venir de l’espace » dont le down tempo, les nappes synthétiques enivrantes et la diction linéaire renvoient inévitablement à la « Folie » des Stranglers.

Au final, un disque aux allures de laboratoire et dont l’approche artistique n’est pas sans rappeler un certain… Hiroshima Mon Amour !

Enigmatique donc à l’instar de l’artwork représentant un visage masqué adroitement par deux morceaux de ballons déchiquetés.

A découvrir. Vraiment !

GuT GuT

Album Concept

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GuT GuT est un trio français, issu de la région du Var très exactement, drivé par Markis Sarkis. Singularité, les textes sont chantés dans un langage original créé à base de phonétiques, un peu comme à une certaine époque, Magma. Mais ici l'expression sonore est totalement différente, même si elle s'inspire généreusement de Prince et de Bowie, mais un Bowie très seventies. Pensez à l’album « Station to Station », et tout particulièrement à « Golden years ». Car la majorité des titres sont sculptés dans le funk blanc. Sauf les plus psychédéliques à coloration orientale et aux harmonies vocales soignées, un peu comme chez Kula Shaker, mais sans les claviers, à l’instar du minimaliste « Widom Shaïn » ou de « Mikhaâna ». Et puis « Amizark », abordé dans l’esprit d’un Lenny Kravitz light.

Hilary Woods

Colt

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Entre la mi-nineties et le début de ce millénaire, JJ72, formation irlandaise de pop/rock publiait quelques albums de toute bonne facture. Il s’était même produit dans le cadre du festival Rock Werchter. C’était déjà en 2001 ! A l’issue du split, Hilary a suivi des études artistiques, littéraires et cinématographiques. Ce n’est qu’en 2014, qu’elle décide d’en revenir à la musique. En solitaire, publiant quelques Eps, restés dans un parfait anonymat. « Colt » constitue son premier elpee, un disque paru chez Sacred Bones, un label qui a décidément le nez creux pour dégoter des artistes féminines talentueuses (Pharmakon, Marissa Nadler, Zola Jesus ou encore Jenny Hval).

Hilary Woods a cependant, depuis, troqué sa basse contre un piano. Ce sont d’ailleurs ces ivoires qui trament ses compositions. Des compos ténébreuses, indolentes, caractérisées par des nappes de claviers en couches, qu’elle chante d’une voix langoureuse et chargée d’effets. Elle prend d’ailleurs tout son temps pour entretenir un climat à la fois atmosphérique et envoûtant ; mais afin de maintenir nos sens en éveil, elle n’hésite pas à tâter de l’électro, tout en véhiculant des accents jazzyfiants, comme sur l’excellent « Jesus Said ».

Une excellente surprise !

 

Sarah Mary Chadwick

Sugar still melts in the rain

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Originaire de Nouvelle-Zélande, Sarah Mary Chadwick a quitté son île pour tenter sa chance à Melbourne. En Australie, outre ses activités de graphiste (c’est elle qui réalise la pochette de cet album), elle milite alors au sein d’un groupe de grunge baptisé Batrider. Lasse des compromis artistiques, elle décide de se lancer en solo. Après avoir publié trois albums sur des labels obscurs, elle est enfin signée chez Syndelin (Cymbals Eat Guitars, Tim Cohen, The Fresh & Onlys, ...), écurie pour laquelle elle grave ce « Sugar Still Melts in the Rain ».

Quoique multi-intrumentiste, toutes ses compos sont tramées sur un piano, des compositions délicates qu’elle chante d’une voix chaude et éraillée. Dépouillée, sa musique est souvent enrichie d’un synthé, et parfois d’interventions de batterie et de basse. A l’instar de « Flow over Me » et « It’s Never Ok », deux superbes plages qui donnent le ton. Cependant, on ne peut pas dire les lyrics laissent beaucoup de place aux éclaircies, les 10 morceaux de cet opus épanchant les moments difficiles traversés par l’artiste au cours de sa vie.

En outre, à mi-parcours, l’excès de minimalisme étiole la concentration du mélomane et finit par lasser…

 

Thomas Dutronc

Live is Love

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Fruit de l’union passionnée entre Françoise Hardy et Jacques Dutronc, Thomas a hérité de la fibre artistique, mais il n’en affiche pas moins sa propre personnalité.

« Comme un manouche sans guitare », son premier opus, avait permis au fils Dutronc d’être nommé aux 23ème Victoires de la musique dans les catégories ‘artiste révélation du public’ et ‘album de l'année’ ; et dans la foulée d’obtenir une consécration fort méritée.

En gravant « Live is Love », disponible chez Blue Note, le label jazz d'Universal, l’homme s’est livré à un condensé d’une cinquantaine de concerts intimistes à travers la France, accompagné de ses musiciens, Les Esprits Manouches.

En tout et pour tout, quinze titres ont donc été couchés sur un disque qui fait la part belle à l’esprit de Django Reinhardt.

L’album recèle des inédits pour une moitié environ (« Mademoiselle », « Rocking Chair », et l’autre propose une (re)lecture intéressante de véritables standards (« J’aime plus Paris », « Comme un Manouche sans guitare »).

Les arrangements, subtils, font revivre à l’auditeur toute la richesse d’une prestation vive en émotions comme s’il y était.

Les chansons se vivent plus qu’elles ne s’écoutent et se libèrent des diktats radiophoniques, tout en étant ponctuées d’interventions cocasses telles que ‘j’ai dû quitter ce pays pour des raisons fiscales’ sous les rires d’un public hilare avant d’entamer franc battant « Nastdaq ».

Bref, à 43 ans, junior livre un ouvrage qui se dessine et se construit lentement à travers ses sillons, entre simplicité, tendresse et richesse, saupoudré ici et là de variétés ciselées et jazz pointu.

Sans doute à mettre uniquement entre les oreilles, d’un public averti…

 

Riley Walker

Deafman Glance

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Sur le très classe « Deafman Glance », son 5ème album, le guitariste chicagoan Ryley Walker s’est autorisé quelques sorties hors de son terreau 70’s. Toujours bercée par des influences jazz et folk, qu’il étale grâce à son indiscutable technique sur sa gratte, sa musique est ici enrichie d’interventions de flûtes, saxo et autres clarinettes sur des structures un peu moins nettes venues tout droit du post-rock. Walker a d’ailleurs reconnu avoir été influencé par Red Krayola, Tortoise et Jim O’Rourke pour concocter sa nouvelle œuvre… Le timbre de l’Américain –rappelant un Eddie Vedder apaisé– adoucit des morceaux aux structures complexes (« The Crying Room ») ou atmosphériques (« Expired »). L’artiste est toutefois toujours capable de torcher de belles mélodies quasi-pop (« Opposite Mind »). Une intéressante évolution pour ce jeune artiste qui ne compte quand même que 28 printemps au compteur, et dont la carrière semble en progression constante…

 

Primal Scream

Give out but don’t give up – The original Memphis Recordings

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Un peu d’histoire quand même. En 1993, Primal Scream part à Memphis pour enregistrer un nouvel album. Les sessions se déroulent aux célèbres studios Ardent, sous la houlette de Tom Dowd, un personnage dont la carte de visite mentionne Aretha Franklin, Eric Clapton, Lynyrd Skynyrd, Otis Redding, Allman Brothers, Ray Charles, John Coltrane... Notamment. Excusez du peu ! Le band y reçoit, en outre, le concours de la section rythmique des Swampers ; en l’occurrence le bassiste David Hood et le batteur Roger Hawkins, des musicos qui ont fait les beaux jours des Muscle Shoals.

En 1991, la formation glawégienne avait publié « Screamadelica », un elpee qui s’était vendu à plus de 3 millions d’exemplaires, à travers le monde, un disque paru alors chez Creation (Oasis, My Bloody Valentine, Ride, Teenage Fanclub, etc.), le label d’Alan McGee. Mais ce dernier est de plus en plus dépendant des drogues et de l’alcool. Lorsque le groupe ramène les bandes, il estime que le son produit est trop sophistiqué. Il les confie alors à George Drakoulis, producteur alors à la mode, pour les retravailler. Motif ? Les deux albums des Black Crowes qu’il a mis en forme ont cartonné. Les plages sont alors remixées, pour permettre aux guitares de reprendre le pouvoir. Les chœurs sont gommés. Bref, hormis « Rocks » et « Jailbird », qui seront traduits en hits, le reste est vidé se sa substance. Et lorsqu’il paraît en 1994, l’album est mal accueilli par la critique ainsi que l’opinion publique…

C’est en 2016 qu’Andrew Innes, le guitariste de Primal Scream, a retrouvé la cassette originale. Les musiciens avaient presque oublié son existence. Et en l’écoutant, ils se sont rendus compte de l’erreur commise à l’époque. Jamais un disque de Primal Scream n’avait sonné aussi proche des Rolling Stones. C’était un peu leur « Sticky fingers ». Si le deuxième cd réunit des chutes de bandes, pour la plupart des titres lents (NDR : même des slows crapuleux) voire des blues, le premier nous réserve 11 plages percutantes, excitantes, chargées de groove et dignes de leurs aïeux. Qu’on se le dise !

 

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