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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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The Craving Deer

Eye-shaped spots

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Ce joli petit duo crée une bien jolie musique. Réunissant Rein Vanvinckenroye et Natalie De Man, cette entité bicéphale nous arrive sur le bout des pieds, essayant de déranger le moins possible, sans faire trop de vagues.

Le tandem s’est découvert en 2010 et a décidé illico d’accomplir un bout de chemin ensemble. Pour y parvenir, les deux musicos ont rempli un minibus de matériel d’enregistrement et ont rejoint le Sud de la France. Les Brousses, très exactement. Là, il faut croire que c’est le soleil du midi et l’indolence locale qui les ont pris dans leurs bras. Il est vrai que la région donne souvent envie de calme, repos et invite au farniente. C’est sans doute ce qui a influencé leurs goûts musicaux.

Leur premier CD sous le bras, ils rentrent au pays. Mais pas pour très longtemps car exactement un an plus tard, retour au pays de l’anisette pour y concocter un second elpee qu’ils nous présentent avec un léger décalage horaire…

Leur disque est entièrement tourné vers un blues/folk atypique. Loin des riffs de guitares et des rythmiques dignes de la meilleure veine blues, c’est plutôt du côté folk intimiste qu’il faut chercher et trouver The Craving Deer. Armés de guitares acoustiques et d’un harmonica assez convaincant, nos deux compères travaillent dans la simplicité, n’acceptant pour tout instrument supplémentaire, que leurs cordes vocales.

Le résultat est à la fois très agréable et original. Bien sûr, pas d’envolées ni de refrains accrocheurs, mais une manière de concocter de la musique à la fois douce et sensuelle.

Douze chansons toutes calquées sur le même rythme se partagent ce joli CD. Un disque qui s’écoute distraitement en sirotant un bon rosé entre amis sur la terrasse. Que demander de plus ? A la vôtre !

 

Bowerbirds

The Clearing

Écrit par

Ces drôles d’oiseaux venus de Caroline du Nord (Raleigh), ne peuvent décevoir. Depuis 2006, le duo a publié un Ep et trois albums. Tous excellents. Des œuvres sculptées dans un folk à la fois créatif et empreint de délicatesse, dont la dernière « The Clearing », vient de paraître.

Leur troisième opus a été enregistré au studio Abril Base, dans le Wisconsin, c’est-à-dire celui de Bon Iver. Et pour le concocter, le couple (à la ville comme à la scène, comme le veut la formule…) a reçu le concours de Mark Paulson au violon. Outre les vocaux qu’ils se partagent, Philip Moore se réserve la guitare et Beth Tacular l’accordéon.

« The Clearing » baigne au cœur d’une quiétude bucolique. Bowerbirds veut être en communion constante avec la nature. Pas étonnant qu’ils aient d’ailleurs choisi de se rendre au sein des quartiers de Justin Vernon, pour le réaliser. On ressent même l’influence du plus connu des bardes barbus, sur un titre comme « This Year ».

Le disque s’ouvre par le magnifique « Tuck the Darkness In », une compo parcourue par de délicates notes de piano. Mais le sommet de l’opus est atteint par « Overcome with Light », une chanson absolument remarquable.

Manifestement, la formation a pris de la bouteille. Une expérience consécutive aux épreuves traversées par le couple (hospitalisation et rupture). Une cure de maturité forcée qui semble bénéfique pour leur inspiration. La complexité des orchestrations et des arrangements ne nuisent pourtant pas au sens mélodique, toujours aussi aiguisé. Cordes et guitare électrique font ici bon ménage. Et puis la richesse de leurs harmonies vocales est intacte.

 

The Wedding Present

Valentina

Écrit par

Fondé en 1985, The Wedding Present ne semble pas encore avoir perdu la foi qui les anime, surtout depuis qu’il s’est reformé en 2004. Et leur 8ème opus, « Valentina », en est certainement une belle illustration. Malgré une longue carrière, la flamme indie brûle toujours chez cet ensemble issu de Leeds, et dont les influences majeures ont toujours oscillé entre The Fall, Buzzcocks et Gang of Four. Responsable d’un elpee incontournable intitulé « Seamonsters », en 1991, la formation est toujours drivée par David Gedge. C’est d’ailleurs le seul membre survivant du line up originel. Normal puisqu’il est également le chanteur et surtout le compositeur. Un talent d’écriture qui est demeuré intact, malgré le poids des années. 

Le combo allume un gros pétard dès le premier titre : « Bang Bang You’re Dead ». Et il n’est pas mouillé. D’ailleurs, il résonne jusqu’au creux de nos tympans tel un hymne indépendant à la Reiziger. La basse claque et fuzze (« You Jane »). Fougueuses, les guitares grondent (« Stop Thief ! ») ; mais les maîtres de cérémonie (de mariage ?) s’autorisent également des intermèdes romantiques, à l’instar de « The Girl from DDR », au cours duquel on assiste à un  dialogue anglo-allemand entre Gedge et la bassiste Pepe Le Moko. David aborde des thèmes comme l’infidélité et les amours perdus avec une magnifique désinvolture… Comme le disait John Peel, ‘The boy Gedge has written some of the best love songs of the Rock n’Roll era. You may dispute this, but I’m right and you’re wrong!’ Profitez-en, chez The Wedding Present c’est une rare union qui dure !

 

Twin Sister

In Heaven

Écrit par

Twin Sister est un quintet originaire de Long Island. En 2008, les cinq New-yorkais auto-publiaient leur premier Ep, mais c’est en 2010, lors de la sortie du second, « Color Your Life », qu’ils attirent l’attention de Domino Records. Un été plus tard, la bande délivre « In Heaven », un premier LP résolument Pop, résolument simple. Une pop nacrée, aux touches parfois disco (« Bad Street »), parfois rock (« Spain ») ou encore Dream pop (« Luna’s Dream », « Daniel »).

Mais la formation se heurte un problème de taille. « In Heaven » se tient en permanence en équilibre sur la fine ligne séparant le bon du chiant. Twin Sister est capable du meilleur lorsque ses membres se laissent aller à quelques fantaisies (« Bad Street », « Gene Ciampi ») et penchent dangereusement vers le mauvais côté de la route lorsqu’ils se prennent trop au sérieux (« Space Babe », l’horripilante ballade « Kimi In A Rice Field »). En bout de course, « In Heaven » ne laisse pas de grands souvenirs derrière lui. Les cinq Ricains gagneraient donc largement à laisser libre cours à leur imagination…

 

Neil Taylor

Chasing butterflies

Écrit par

Neil Taylor est anglais. Il n’est guère notoire au sein du grand public ; et pourtant, c’est le guitariste de Robbie Williams. Originaire de Bristol, il est âgé de 51 ans. A ses débuts, il militait chez Neon, une formation qui impliquait de solides noms issus de la new wave britannique ; et en particulier Curt Smith (Tears for Fears) et Pete Byrne (Naked Eyes). Il va d’ailleurs participer à l’aventure Tears for Fears. Depuis 2001, il est le gratteur attitré de Robbie Williams, l’illustre chanteur pop qui a fait les beaux jours du boysband Take That. Mais lorsque le natif de Stoke-on-Trent décide de retourner au sein du mythique quintet, en 2010, Neil décide de voler de ses propres ailes. « Chasing butterflies » ne constitue pourtant pas son premier essai en solitaire, puisqu’il avait déjà publié un premier elpee en solitaire, “No self control”, dès 2010, mais le disque était passé inaperçu.

Cette chasse aux papillons est essentiellement acoustique. Neil signe les onze plages. Quoique très personnel, son style reste marqué par ses différentes expériences. En particulier par celles qu’il a vécues chez Naked Eyes et surtout Tears for Fears. Et on s’en rend compte dès le titre d’ouverture, “Dream machine”. La production est impeccable. Les rythmes et les parties vocales sont bien mises en place. Les cordes acoustiques sont lumineuses. “Would you love me” baigne dans le même climat. Le sens mélodique est soigné. La guitare rythmique fougueuse. Des percus soutiennent l’ensemble. La voix sensuelle et puérile de Sachi Copley épouse parfaitement celle de Neil. Le long playing accorde également un espace au country blues, mais sous une forme toujours très personnelle. Et “Silver man” en est un excellent exemple. Une incursion dans le blues encore plus flagrante sur des titres comme “Cocaïne blues” et “Drunken lullaby”, deux plages subtilement caressées d’un bottleneck! Parfois, Taylor me rappelle les Beatles d’une certaine époque et même Marc Bolan. A cause de cette approche particulière mais limpide des vocaux. « Drive away » et le titre maître du disque, une ballade tout bonnement majestueuse, en sont les plus belles illustrations. Le son des cordes est d’une grande pureté tout au long de “Shadows fall”. Une technique qui me rappelle le gratteur de Felt (NDR : encore un combo insulaire né en pleine période new wave), Maurice Deebank. L’album recèle encore “No self control”, un rock’n’roll déjanté et s’achève par “No God”, confirmant l’esprit créatif qui règne tout au long de la plaque… 

 

Pinkunoizu

Free Time !

Écrit par

Bien que concédant un patronyme à consonance nippone, Pinkunoizu ne nous vient pas du Japon. La formation est établie à Berlin, mais n’est pas davantage allemande. Elle est issue de Copenhague. Donc du Danemark. Un contexte idéal quand on veut brouiller les pistes.

Le premier opus de Pinkunoizu porte, néanmoins, un titre adéquat : « Free Time ! ». Si la musique baigne au sein d’un climat psychédélique, pour ne pas dire schizophrénique, elle se révèle particulièrement originale. Elle nous tient même en haleine du début à la fin de l’opus. Ainsi, sur les huit pistes de l’elpee, Pinkunoizu brasse tour à tour electronica, folk, rock et même un chouia de free-jazz. Imaginez un peu une rencontre hypothétique entre Animal Collective et Tunng. Et encore, la comparaison est réductrice. Plusieurs plages nous entraînent sous le soleil exotique (« Parabolic Delusions », « Somber Ground »), et d’autres sous les ombrelles des geishas (Death Is Not A Lover »). Et si parfois on a l’impression d’être un peu perdu, au sein de cet univers multicolore, ce n’est pas sans en goûter toutes les saveurs…

 

 

The Patriotic Sunday

Actual Fiction

Écrit par

Alors que le dernier album de Papier Tigre vient tout juste de tomber dans les bacs, l’infatigable Eric Pasquereau remet le couvert. Mais en solitaire. The Patriotic Sunday constitue son projet solo. Le Nantais y développe un folk-rock qui aurait pu sortir tout droit du Sud des States. Son math rock ? Il le réserve à Papier Tigre. Pour enregistrer ce long playing, il a quand même reçu la collaboration de quelques potes afin de gratter, assurer les percussions ou participer aux chœurs.

Dès les premiers accords, les influences sautent aux oreilles. Elles sont yankees. Et puisées essentiellement chez Pavement et Silver Jews. Le jeu de guitare est décousu et la voix de Pasquereau rappelle un peu celle de Malkmus. Néanmoins The Patriotic Sunday ne constitue pas une pâle copie de ces formations étasuniennes. En effet, le Français y ajoute sa patte ; et en l’occurrence ces ruptures rythmiques si caractéristiques. « Grey Hair » en est un bel exemple. « Actual Fiction » alterne titres rock et plus paisibles. Une plage sort pourtant de l’ordinaire : « Everyman’s Voice ». A cause du recours à la boîte à rythmes et au vocodeur.

Responsable de mélodies à la fois recherchées et entêtantes, Eric est un excellent songwriter. Que ce soit chez Papier Tigre ou The Patriotic Sunday, il le démontre parfaitement. Il parvient même à passer d’un style à l’autre, tout en ajoutant sa touche personnelle. Celle qui fait finalement, la différence.

 

Cate Le Bon

Cyrk

Écrit par

Cate Le Bon est une Galloise pur-sang. Très manifestement fan du Velvet Underground, la jeune femme nous propose un « Cyrk » qui flirte sans complexe avec ses idoles. Un rapprochement d’autant plus évident que l’accent de la demoiselle exacerbe ce sentiment. Mais bien loin de déterrer le Velvet en dilettante, Cate Le Bon sert un hommage bien ficelé, renforcé d’un bon grain de folie, que cette dernière a certainement acquis auprès de son mentor, Gruff Rhys. Le plus bel exemple en est le morceau d’ouverture, « Falcon Eyed » qui résume à merveille ces deux facettes des compositions de Le Bon. Cette dernière récite ses textes d’un air faussement détaché et flegmatique servant à merveille des titres comme « Julia », « Puts Me To Work » ou « Fold The Cloth ». Un coup de cœur : « Through The Mill ». Une délicieuse ritournelle dont le seul défaut est de ne durer qu’un peu plus de trois minutes. La touche ‘repeat’ va souffrir.

Cate Le Bon sera en première partie de Perfume Genius aux Nuits Botanique le 16 mai. Et c’est malheureusement déjà complet.

 

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