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Enregistré sous Ex:Re

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Chroniques

Battles

Gloss Drop

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Battles nous vient de New York. Un groupe électro-pop-rock sur le dos duquel il est difficile de coller une étiquette. A cause du style proposé. Du math rock instrumental prononcé aux sonorités atypiques. « Gloss drop » fait suite à « Mirrored », un elpee qui date déjà de 2007.

‘Le Roi est mort, Vive le Roi ?’

En effet, après avoir enregistré le départ d'un des (si ce n'est du) membre(s) fondateur(s) de la formation, en l’occurrence Tyondai Braxton, le pire était à craindre. Et à l’écoute du résultat final, à la fois satisfaisant et plus accessible sous certains aspects ou décevant et sans surprise sous d'autres, on reste bien en peine de donner une réponse définitive à la question de savoir si oui ou non le départ du membre vedette de leur band est préjudiciable à Battles !

Ce deuxième long playing oscille entre lounge et expérimental. Il est effectivement plus accessible à écouter que le précédent. Mais les mélodies et les artifices déployés n'effacent pas vraiment un clair manque de nouvelles inspirations.

Difficile donc de jauger cet album. S'il n'est pas vraiment raté, il n'est en tout cas pas non plus à la hauteur du précédent, et ne recèle aucune véritable surprise. Finalement, ce qui sauve « Gloss Drop », ce sont ses featurings. Notamment celui de Matias Aguayo sur « Ice Cream », la seule véritable pépite de l'album. Des compos plus inspirées, plus rythmées et plus énergiques... Bref, plus réussis que les morceaux que le combo signe seul…

Maintenant, il est bien évident que si vous avez flashé sur le premier opus, vous devriez apprécier « Gloss Drop » ; mais on voit mal, vu la spécificité de son expression sonore, comment Battles pourrait séduire de nouveaux aficionados.

Pour le coup, on aurait presque l'impression que le groupe a ‘botté en touche’ en attendant mieux. Dommage...

 

Young Galaxy

Shapeshifting

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Sur son troisième opus, Young Galaxy offre une musique agréablement éloignée des sentiers battus par des dizaines voire des centaines d’artistes. Mais si elle est envoûtante et douce à l’oreille, elle maintient le public en simple spectateur de l’univers. Pas question ici d’y être transporté. Ce qui pose un léger voile mystérieux sur certaines des mélodies et, comme chacun le sait, l’inconnu attire. Mais lorsqu’on ne peut pas aller vérifier soi-même ce qui se cache dessous, on se sent légèrement frustré. « Shapeshifting » est un peu comme les vagues marines qui viennent s’échouer sur la plage. Elle y abandonne beaucoup de rejets ; mais pas toutes des plus agréables. Pourtant, certains guettent, impatients, ces ‘dépôts’ afin de compléter une collection quelconque par les petites merveilles délaissées par l’eau. Et même s’il ne s’agit que de trésors en morceaux dont il manque une partie. Alors, ils suivent ce lent mouvement et prennent conscience qu’il ne varie pratiquement pas. On finit par regretter que ces mouvances soient si douces. On envie, juste l’espace de quelques instants, une mer qui déploierait toute la force de ses instruments. Mais non, « Shapeshifting » ne s’anime pas davantage. Ce qui ne l’empêche pas d’être bourré de charmes. Presque même à pousser une minorité à s’y noyer, sans jamais ressortir la tête de l’eau.

 

Le Corps Mince de Françoise

Love & Nature

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La première réaction du néophyte, à la première écoute de ce « Love & Nature », doit être la surprise. Et pour cause, ce trio féminin a de quoi déconcerter, tant musicalement qu'au niveau des caractères, bien trempés, des musiciennes.

Elles sont finlandaises et sont âgées d’une vingtaine d'années. Mais si les Scandinaves ont enregistré cet elpee à Berlin, elles vivent, pour l’instant, au Royaume-Uni.

« Love & Nature » constitue leur premier elpee. Il est le résultat d’un joyeux cocktail sonore à la fois hétéroclite et décomplexé, impliquant beats, basses et même trompettes. Mais ce qui se dégage surtout à l'écoute de ce disque, c'est la douce folie et les splendides voix sensuelles des trois chanteuses qui nous accompagnent dès le premier morceau.

Emma, sa petite sœur Mia et sa meilleure amie Malin nous promènent, tout au long des dix pistes de l'opus, au beau milieu de leur univers bien spécifique. Love & Nature est un album planant, divertissant, et qui semble constamment nous inviter au voyage ou à faire la fête.

Mention spéciale à « Cool and bored » au cours duquel le combo nous dit explicitement –et en français dans le texte– ‘Je suis la fille qui ne veut pas faire la fête’. Pas mal, pour un morceau qui a justement tout du morceau qu'on écoutera allègrement au beau milieu d'une soirée!

Bref, un album à l'image de ses trois créatrices: déjanté, plein d'énergie, et séduisant. Donc de la parfaite électro-pop.

On en redemande!

 

BOY

Mutual Friends

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Ce duo féminin a choisi un patronyme paradoxal : BOY. BOY, c’est le fruit de la rencontre entre la Zurichoise Valeska Steiner et l’Hambourgeoise Sonja Glass. Une jolie histoire vécue par les deux jeunes femmes qui se sont rencontrées à Zurich et ont décidé de s’associer musicalement. La première au chant, la seconde à la basse. Pour un résultat plus qu’étonnant…

En écoutant « Mutual Friends », on se lierait d’amitié sans le moindre souci. Tant pour la douceur que pour le dynamisme qu’il véhicule.

Leur musique est à la fois sobre, multicolore et diversifiée. Les sonorités folk sont teintées de subtils accents asiatiques, tout au long de « This is the beginning ». Passé ce périple opéré au cœur de ces contrées lointaines, BOY nous revient en terrain connu lors d’un « Little numbers » ou encore « Silver streets », au cours desquels les rythmes épousent des tempos plus énergiques. Le genre n’est pas le plus flagrant, mais il reste néanmoins très agréable à écouter. Pourtant « Mutual Friends » n’adopte pas un style fondamentalement commercial, mais pas davantage un genre de musique très précis.

Opus authentique, « Mutual friends » déborde de fraîcheur, nous transporte, nous secoue et nous envoûte. Et nous ferait presque perdre toute notion du temps.

 

Splinn

Becoming Ourselves

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Surprise, surprise, Splinn est un quatuor parisien qui pratique du rock métal alternatif (dixit le groupe lui-même). Etonnant, qu’un artiste ou une formation issue de l’Hexagone propose autre chose que de la chanson(nette) franco-française. Pour l’heure, Splinn, qui puise, soi-disant, son inspiration auprès de formations telles que Deftones, A Perfect Circle, Tool, Incubus ou encore Silverchair n’y est pas allé par quatre chemins. Une basse tenue par Romain, une guitare et un micro que s’approprie Laurent, une seconde guitare entre les mains de Jérémy et une batterie confiée à Benjamin sont les fondations sur lesquelles repose le groupe.

A l’origine, en 2008, deux potes, Laurent et Benjamin, réalisent une ou deux démos qui leur ouvrent les portes de leur label actuel M&O Music. Romain rejoint le duo, lors de la confection d’un Ep quatre titres, publié en 2010. Et le line up est complété, par Jérémy, lors de l’enregistrement de leur première ‘œuvre’ complète, quelques mois plus tard. Des premières compos un peu timides chantées en français, Splinn est passé à la vitesse supérieure, en dispensant un rock ravageur qui véhicule –pas facile pour des Parigots– des textes exprimés en anglais.

« Becoming Ourselves » fait donc la part belle aux guitares, sur ses dix plages. Une voix mélodieuse, très juste, quoique parfois un peu faible, des mélodies qui sonnent bien laisseront une trace enviable auprès de nombreux responsables d’un premier opus. On est loin du métal ‘redouté’ par certains sur ce disque. Quoique amateurs du style, ils en proposent un plus coulé, plus mélodieux, plus… audible. Perso, il me semble plus proche d’un Foo Fighters, par exemple.

Pourtant pas très branché sur le genre, j’avoue que l’écoute des 10 morceaux ne m’a pas ennuyé. Mais il ne m’a pas davantage communiqué de frissons. Il est vrai qu’hormis « Resign », piste qui ouvre l’album ou encore « Euphoria » on n’a pas beaucoup l’occasion de vibrer. S’il n’y a cependant rien à jeter sur cet elpee, le reste est plutôt anecdotique et guère excitant. Des débuts néanmoins encourageants pour Splinn, qui ne s’en sort pas si mal pour un coup d’essai.

 

My Perfect Body

Come and Play (with)

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My Perfect Body jouit d’une certaine notoriété outre-Quiévrain. Le magazine Rock & Folk a d’ailleurs plébiscité cette formation lorraine, pour figurer sur la couverture d’un de ses numéros. Et sincèrement, après avoir écouté leur « Come & Play (with)… », on se demande quand même ce qui a suscité cet engouement. Ce choix démontre une nouvelle fois que le rédac’ chef de ce canard n’est plus en phase avec la scène contemporaine, et qu’il se préoccupe de plus en plus de ses activités extra-professionnelles. Une situation qui témoigne également de la position inconfortable au sein de laquelle la presse hexagonale est plongée, depuis quelques années. Incapable de s’adapter aux changements. Et tout particulièrement de la vague de nouveaux talents qui nous viennent d’outre-Atlantique. En fait, ces journalistes se contentent de ressasser ou de regretter le passé. Dans ce contexte, My Perfect Body a tout pour plaire. A l’écoute des cinq compos de cet Ep, on pense d’abord à Pearl Jam. A cause des vocaux. Et puis à Foo Fighters. Pour l’expression sonore. Dans ces conditions, vous comprendrez aisément, pourquoi ce groupe est né presque deux décennies trop tard !

 

Mudweiser

Drug Queens (Ep)

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Vu le patronyme, on se doutait bien qu’on n’allait pas rencontrer un groupe responsable d’une musique toute en délicatesse. Et l’écoute de « Drug Queens » en est la parfaite illustration. Manifestement, Mudweiser ne fait pas dans la dentelle ! Le groupe revendique l’incarnation ‘frenchie’ des maîtres du Stoner-rock. Et manifestement, ce trio fondé en 2005 doit vouer un véritable culte à Fu Manchu, Kyuss ainsi qu’aux ‘Desert Sessions’ de Josh Homme. Des sessions qui ont donc inspiré ce combo montpelliérain, responsable d’un Ep aux quatre titres plus californiens que nature… Et surprise, Reuno, le leader des cultissimes Lofofora, est venu poser sa voix si caractéristique. Très réussis, ces exercices de style qui véhiculent pourtant des clichés sex, drugs & rock’n’roll, devraient ravir les amateurs de riffs lourds.

 

The Loves

...love you

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Adieu The Loves. Ce dernier album, commis après 10 années de bons et loyaux services, sonne le glas de ce groupe iconoclaste et joyeusement marginal.

Léger sans être mièvre, ce dernier opus est sans doute le plus abouti de Simon Love, qui pour l’occasion s’est entouré de collaborateurs au pedigree irréprochable : Liz Hunt (The School), Emma Hall (Pocketbooks), Rob Jones (The Voluntary Butler Scheme), Simon Trought (Tompaulin) et last but not least, Doug Yule du Velvet Underground pour la voix de Jésus sur “It’s…The End Of The World”, morceau absolument magistral dont le second degré suinte par tous les pores.

Cette retro bubble gum pop aux résonances Yéyé est tout simplement irrésistible et collerait un sourire béat en travers des visages les plus taciturnes.

En dix titres, débonnaires et résolument pas prise de tête, The Loves rend hommage aux sixties avec bon goût et bonhommie, dans une veine que Saint Etienne avait jadis explorée.

Mention spéciale à « King Kong Blues » et son final disco-noise décapant.

 

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