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Tommigun fait de vieux os…

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Biohazard 8/8/26
Jon Spencer
Chroniques

No One Is Innocent

Drugstore

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Certains groupes, notoires autrefois, ont parfois la mauvaise idée de refaire surface, détruisant ainsi leur crédibilité acquise dans le passé. No One Is Innocent en est certainement un bel exemple. Ce combo français avait décroché un énorme succès, début des années 90, en gravant «  La Peau ».

C’est le leader du band, Kemar Gulbenkian qui a décidé de relancer la machine. Or, manifestement, sa formation n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Et pourtant, « Drugstore » constitue le quatrième elpee, depuis leur reformation. Si naguère, la notoriété de l’ensemble reposait sur la puissance des compos, ce qui lui avait d’ailleurs valu d’être comparé à Rage Against The Machine (il fallait oser !), aujourd’hui leur électro rock fait vraiment pitié. Insipides, médiocres même, leurs compos n’ont plus aucune consistance. Les guitares ont cédé le relais aux sonorités synthétiques. Les suites d’accords sont aussi prévisibles que les morceaux diffusés au cours d’une kermesse. Et « Paris » ou encore « Drugs » en sont les plus belles illustrations. Enfin, où est la verve du chanteur arménien ? Ses lyrics ne véhiculent plus des contestations de bistrot. Pas étonnant que Guizmo (Tryo) ait été invité à prendre le micro sur « Qui Je Suis ».

Pas la peine d’afficher une belle persévérance, si c’est pour nous balancer des disques d’une telle indigence…

 

Jérôme Minière

Le vrai le faux

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Lauréat du Prix Rapsat-Lelièvre 2010 pour son album « Le Vrai Le Faux », Jérôme Minière n’est pas un débutant dans la chanson française, puisqu’il compte déjà une petite dizaine de disques à son actif.

Ce natif d’Orléans, très bientôt quadra (27/03/1972) reste cependant assez méconnu des médias malgré une production qui ne manque pas de relief.

Après avoir accompli des études de cinéma à Bruxelles, il se lance dans la chanson. En 1996, ces démarches se matérialisent par la sortie d'un premier opus, « Monde pour n’importe qui ». Il a depuis émigré au Québec, publié de nombreux albums sous son nom et en a également commis deux sous le patronyme d'Herri Kopter, sorte d'alter ego fictif.

L'auteur/compositeur sonde l'univers des musiques électroniques et aujourd’hui, après quinze années de métier et de voyages, l'explorateur des planètes musicales, le « Petit Cosmonaute » (du titre de son quatrième Cd) en est à son septième elpee studio. A nouveau, il vogue entre pop et électro tout au long de « Le Vrai Le Faux ».

Encensé dans son pays d’adoption, Jérôme retente une percée sous nos latitudes. Le long playing sorti de l’autre côté de l’Atlantique en octobre 2010 a fait un tabac au pays du sirop d’érable et sa réputation a (re)franchi l’océan.

Quatorze plages nous sont proposées. Intelligentes pour certaines, irrésistibles pour d’autres mais toujours originales surtout au niveau des textes, ces chansons sont accrocheuses, inspirées et emplies d’humour. On se prend à remuer du pied pour battre le rythme et très rapidement, on adopte les titres les uns après les autres.

Tendez donc l’oreille vers « Le monde est là », soyez attentifs aux mots sur « Des pieds et des mains », dansez sur « Rien à vous dire » et surtout sur « Une chanson toute nue » et puis faites un accueil digne à ce beau disque plein de bon sens et habité d’une musique simple mais tellement entraînante. Jérôme Minière nous emmène sur ‘une petite planète’ pleine d'instruments, où violoncelle, trompette, guitares et percussions dansent avec les synthés pour faire virevolter les belles paroles de Jérôme.

Petite planète où règnent la bonne humeur, les jeux de mots, les rêves. Petite planète à visiter !

 

Quiet Loner

Spectrology

Écrit par

De son véritable nom Matt Hill, Quiet Loner s’était illustré en 2004, en publiant, un premier elpee intitulé « Secret Ruler of the World », un disque pour lequel il avait décroché, au sein de son Angleterre natale, le prix de l’album ‘americana’ de l’année. A l’époque, les critiques n’avaient pas hésité à le comparer à Lambchop ou encore Neko Case.

Sept ans plus tard, Matt Hill nous propose son deuxième opus, « Spectrology », une œuvre qui a notamment bénéficié de la participation d’Inge Thomson, aperçue, entre autres, aux côtés de Mr Will Oldham. Malgré la présence épisodique d’un banjo, « Spectrology » baigne davantage dans un folk classique et minimaliste que l’‘americana’ pur et dur. Malheureusement, il faut le souligner. Car les morceaux les plus attachants de cet elpee, sont ceux qui invitent l’imagination du mélomane à rejoindre les plaines américaines, à l’instar de « Ash Ballad », « Hide and Fear » ou encore « The First to Fall ». Le reste se résume à des accords de guitare, des drums feutrés et la voix de Matt. Une voix somme toute banale. De quoi susciter rapidement l’ennui. Dommage, car ce songwriter possède un talent certain pour torcher de jolies mélodies. Et puis surtout pour écrire d’excellents textes, notamment lorsqu’il aborde le monde post-mortem.

 

Dede Priest

Kinky at the root

Écrit par

Dede Priest est une artiste de couleur noire. Originaire de Dallas, elle a étudié la philosophie à l'université d'Austin, au Texas. Elle a également appris à jouer du violon, mais son instrument de prédilection, c’est sa voix! Une voix aussi bien à l'aise dans le blues, la soul que le jazz. Elle avait publié un premier opus en 2007, intitulé "Candy moon". Pour concocter ce second elpee, elle a reçu le concours de musiciens bataves. Logique, puisqu’elle a enregistré ce disque aux Pays-Bas.

Excellente plage, "Lips of a friend" ouvre la plaque. Dede possède une jolie voix, bien posée, taillée pour son répertoire. Elle est soutenue par un excellent backing group. Fruit d’un mélange de blues et de jazz, "Chicken or a egg" baigne dans une atmosphère raffinée, en demi-teinte. Ruud Breuls s’y réserve la trompette. Jimmy Reuter pince délicatement ses cordes. Mais tous les musiciens sont soucieux du climat d'ensemble. Précise, musicale et éthérée, la voix de Dede est empreinte de sérénité. "Kinky at the root" est une compo bouleversante par son intimisme. Tout comme "Whole Christmas thing", un morceau jazzyfiant, abordé dans l’esprit de Gerschwin. "What would I do?" est une ballade très élégante, séduisante. Face au bottleneck de Richard Van Bergen, la voix entretient cette atmosphère délicate, tout comme le piano et l'orgue. L’atmosphère est, en général, très cool. Tout est parfaitement mis en place. Pas d’éclat particulier. Si les instrumentistes pointent épisodiquement le bout du nez, ils rentrent assez rapidement dans le rang. "Freddie King way down deep" est un superbe blues lent inspiré, bien évidemment, par le regretté géant texan. Bien soutenue par les cordes de Reuter, la voix force le respect. Une voix susceptible de se traduire en instrument, tant elle se fond dans l’ensemble. A l’instar de "Dandelion in the breeze". Une apparente fragilité contamine les compos. Mais il ne s’agit que d’une fausse impression, car tous les éléments du puzzle s'imbriquent rigoureusement. Ce vécu dans le timbre me rappelle parfois l'Anglaise Julie Driscoll ; et c'est un compliment. La voix de Miss Priest domine "Gather round", un blues lent d’une grande limpidité. Une piste caractérisée par la houle sonore alimentée, d’abord par les cordes de Raymond Nijenhuis, puis par les interventions d’orgue de Mike Roelofs. Tout au long de cet opus, on a l’impression que la recherche de l’esthétisme est une constante. "Freedom moan" en est une nouvelle illustration. Autre blues lent, mais minimaliste, "Blues is running red" est parcouru d’accords de six cordes davantage allègres et un tantinet métalliques. D’excellente facture, cet elpee s’achève par une ballade blues traditionnelle, intitulée "Judgment day bells".

 

Nine 11 Thesaurus

Ground Zero Generals

Écrit par

Les très jeunes rappeurs de Nine 11 Theasaurus appartiennent au collectif ‘Representing NYC’, un réseau d’artistes issu de Brooklyn impliquant les artistes hip-hop du cru et les milieux culturels professionnels dans le cadre d’un programme social visant à les épauler pour la production, le marketing ou les aspects financiers… Fortement marqués par les évènements du 11 septembre, ces adolescents devaient être encore enfants lorsque ces attenants ont éclaté ; mais plusieurs d’entre eux y ont perdu des proches ; ce qui ne les a pas empêchés de vouloir transcender leur malheur en énergie positive, à travers le collectif Nine 11 Theasaurus!

Leur hip-hop est radical à l’instar de celui ‘West-coast’ des hyper médiatisés Odd Future. Il rappelle les premiers pas de leurs illustres aînés de Wu Tang Clan… C’est dire le niveau. La production, très moderne et asphyxiante, a été confiée à Time Dewit (ex-Gang Gang Dance) et Matt Mehlan (Skeketons). « Ground Zero General » libère des beats froids, sombres et précis, boostant à merveille le flow assez fou des 6 MCs décrivant des paysages urbains chaotiques. Les rythmiques épileptiques de « 16 Bars » ou de l’imparable single « Rookie of the Year » constituent les sommets de l’album. Les New-yorkais pratiquent un hip-hop proche de celui de Shabazz Palaces ou Cannibal Ox, pour les connaisseurs.

« When the Towers Fell We Rose » scandent-ils fièrement… Ah, si Ben Laden avait prévu que ses terribles attentats auraient finalement entraîné des retombées positives…

 

JeFF Maurer

Torment

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Six titres sur l’album de JeFF Maurer, seul à bord de son navire qui navigue sur des eaux electro-indus-psychédéliques. Des références ? Difficiles à cerner. Brian Eno ? Pierre Henry ? Peut-être. Une chose est sûre, son style est vraiment original. Chaque titre de cet elpee dévoile une facette du Messin, dont l’esprit doit être complètement tordu pour créer une telle musique. « Candlemass », compo hypnotique traduite en clip vidéo, est même balisée par une ligne de basse cotonneuse. Sans quoi, instrumentales, les plages sont alimentées par des accords de piano et de guitares, des sonorités électroniques et des bruitages insolites. Mais le tout tient bien la route, même si les longues pistes mettent un certain temps avant de trouver leur vitesse de croisière, un peu comme si elles cherchaient à envoûter le mélomane, très progressivement, et sans qu’il ne parvienne à s’en rendre compte.

Loin de tout conformisme et des conventions, la musique de JeFF se mérite. Au final ça passe ou ça casse. Une certitude, ce type d’album ne laisse pas indifférent.

 

Jolie Holland

Pint of Blood

Écrit par

Pour enregistrer son cinquième elpee, Jolie Holland a reçu le concours des Grand Chandeliers. Pourtant, malgré son titre sanglant (« Pint of Blood »), l’Américaine ne change guère de registre. Son country folk empreint de délicatesse n’a donc pas encore cédé le relais au Death Metal nourri à l’hémoglobine.

L’artiste a toujours la tête plongée dans les années 60 et 70. Ce qui lui permet, tout au long de cet elpee, de varier les climats. Arpèges électriques dispensés tout au long de « Little Birds », slide colorant un « Lod and Yellow » dans l’esprit de Neil Young ou encore cover du classique de Townes Van Zandt, « Rex’s Blues » ; manifestement, la Texane ne manque pas de talent. Et puis surtout, son timbre vocal légèrement rauque et unique en son genre, fait la différence.

Shahzad Ismaily coproduit ce disque. Et tout au long de l’elpee, il y apporte également ses interventions si particulières à la six cordes. « The Devil’s Sake » est une superbe plage, une piste au cours de laquelle Jolie échange des notes ‘bluesy’ en compagnie de Marc Ribot. Un exercice de style très technique, mais empreint de douceur. D’ailleurs, lorsque Jolie Holland aborde « Honey Girl », on en déduit que c’est le miel qui alimente cet opus, et pas le sang qui l’éclabousse…

 

Ephryme

Dopestlyvesky

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Il faut l’avouer, à ce jour, je ne m’étais jamais frotté au hip-hop judaïque. Ephryme (prononcez ‘E-prime’), est un rapper étasunien qui le pratique. Après avoir macéré dans l’underground, à Olympia (c’est dans l’Etat de Washington), pendant une décade, l’artiste décide de déménager à Brooklyn. En 2009. Et « Dopestlyvesky » constitue son premier elpee. Un opus publié sur le légendaire label K Records, cher à Calvin Johnson, plus connu pour ses signatures indie-rock (Bikini Kills, Built To Spill, Modest Mouse).

Particulièrement engagé, Ephryme aiguise ses commentaires sociaux et religieux, en les truffant de références littéraires. Il est soutenu par un backing band talentueux : le Smoke of Oldominion. « Dopeslyvesky » mixe donc les beats électro et la musique live. Le ‘hip-hop’ pratiqué par l’Américain oscille du hip folk (le brûlot autobiographique « Poppasong », inspiré par Everlast) au carrément reggae-dancehall (« Blow Up the Block », plage pour laquelle il a reçu le concours des rappeurs juifs DeScribe et Y-Love) en passant par le klezmer (« Better in the Dark », «  Divine by Devine »). Ce qui n’empêche pas l’artiste yankee de nous réserver un titre hyper épuré digne de Sage Francis (« Grind Toroughly ») ainsi que des morceaux old-school au parfum West-Coast, proches de l’univers de Snoop Dog (« Life Sentence », « Elements of Style »).

Lors de ce grand recyclage, Ephryme revisite des pans entiers de la crème du hip-hop des années 90, tout en en les tapissant de considérations religieuses et sociales. Et malgré le poids des références inégalables, il réussit à tirer son épingle du jeu. Un fameux talent, en perspective…

 

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