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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Tamikrest

Toumastin

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Tamikrest est une formation touareg qui pratique une forme de blues/rock/world particulièrement originale. Elle est née en 2006, au Nord-Est du Mali, à l’issue des dernières émeutes qui avaient éclaté dans la région. A l’instar de leurs aînés –et probablement maîtres– Tinariwen le collectif africain chante dans la langue des Touaregs, le Tamasheq. Des textes engagés qui relatent les guerres civiles qui ont ravagé la population, entre 1990 et 1995, lorsque ce peuple nomade s’est soulevé pour réclamer davantage d’autonomie. Un peuple victime du sous-développement, de la corruption, du chômage et de la désertification. Une situation difficile que l’observateur étranger ne comprend pas toujours très bien. Et pour cause, ce conflit se déroule dans une région de l’Afrique Occidentale, sans grand intérêt pour les grandes puissances économiques.

C’est la formation australienne Dirtmusic qui avait permis au combo de se révéler sur la scène internationale. Musicalement, Tamikrest pratique un cocktail de rock vintage et de blues chaloupé, secoué par des rythmes tribaux. La voix d’Ousmane Ag Mossa est fière et lancinante. Tour à tour gémissantes ou ‘hendrixiennes’ les guitares déchirent littéralement les mélodies sinueuses. A l’instar de « Fassous Tarahnet » (« Son Amour Prestigieux »), le dansant « Aratan N Tinariwen » (« Les Héritiers du Désert ») ou « Tidit » (« La réalité »), une compo bercée de violons qui figurait au générique de leur second album, « Toumastin ». On imagine même un Jimmy Hendrix ressuscité, se cachant dans le désert saharien, pour combattre aux côtés des jeunes africains qui se révoltent…

Tamikrest se traduit par ‘avenir’, en tamasheq. La troupe espère qu’il sera meilleur pour leur tribu. A force de le dire, de l’écrire et de le chanter, ils y parviendront peut-être un jour. C’est aussi une des missions de la musique dite ‘rock’…

 

Vivian Girls

Share the Joy

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Depuis la sortie de leur dernier album, « Everything Goes Wrong », en 2009, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts pour le groupe new-yorkais. Tout d’abord, Vivian Girls a changé de label. Il a signé chez Polyvinyl, écurie qui convient probablement davantage au profil du groupe, puisqu’il héberge Deerhoof, 31 Knots et Of Montreal. Notamment. Malgré le rythme de vie frénétique que s’est imposé le groupe, la chanteuse Cassie Ramona a encore trouvé le temps pour tenter une aventure en solitaire, sous le patronyme de The Babies. Et enfin, le line up a changé, puisque la drummeuse Frankie Rose a rejoint les Dum Dum Grils, cédant ainsi le relais à Ali Koehler.

Pour le trio féminin, « Share the Joy » constitue donc un tournant dans la carrière des New-Yorkaises. Virage magnifiquement négocié, puisque le nouvel opus de Vivian Girls est superbe. Il pourrait même être considéré comme l’album de la maturité. Trempé dans le psychédélisme, il est davantage chargé de nuances, permettant aux trois jeunes femmes de poser davantage leur style. Autrefois plus punkysant, il autorise sur ce nouvel elpee, des compos atmosphériques, légères et envoûtantes. Le tempo est moins linéaire. Il tourne même parfois au ralenti. Deux morceaux dépassent les 6 minutes. Mais la force de leurs chansons procède de leurs harmonies vocales qui soutiennent à merveille des mélodies douces, sucrées et contagieuses. Et si aucun titre ne sort vraiment du lot, « Share the Joy » ne souffre d’aucune faiblesse et se boit comme du petit lait… A consommer sans modération.

About Group

Start and complete

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Atypique, ce groupe réunit Alexis Taylor (Hot Chip), Charles Haywards (This Heat), John Coxon (Spring Heel Jack, Spiritualized) ainsi que Pat Thomas, personnage qui a notamment bossé pour Derek Bailey et Tony Oxley. Cette équipe s’est réunie en 2009 en partageant un même objectif : pratiquer un tout autre style de musique. Et la même année, la formation publiait un premier elpee, « About ».

Il a fallu attendre trois années avant de voir paraître le deuxième opus, “Start and complete” ; mais il démontre par excellence le génie d’About Group.

Cette union musicale était l’occasion rêvée pour eux de revenir aux sources, de se détacher de leur style habituel. Et mieux encore, d’improviser!

C’est d’ailleurs ce qui fait toute l’originalité de cet album. Seules les chansons ont été écrites à l’avance. Pour le reste, libre cours aux artistes le temps d’une seule et unique journée d’enregistrement. Un défi que très peu de musiciens seraient capables de relever. En écoutant l’album il est d’ailleurs difficile de s’imaginer une telle prouesse. Une chose est sûre, ils sont pétris de talent. Cependant, au fil des compos, on a l’impression que la structure des compos est souvent similaire. Ce qui explique pourquoi les plages manquent souvent de relief. Une impression accentuée par une certaine morosité ambiante.

Bien sûr, l’objectif  artistique principal reposait sur l’impro ; mais on était en droit d’attendre davantage de prise de risques dans le chef d’About Group. Les jolies mélodies révélées sur “Lay me down”, “ A siking song” et “Don’t worry” démontrent qu’ils en sont capables. Mais bon, c’était pas si mal les gars !

 

Bohren & Der Club of Gore

Beileid

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Alors qu’on pensait que Bohren & der Club Of Gore ne pouvait pas s’aventurer plus loin dans les méandres de la mélancolie et de l’obscurité, la formation allemande délivre « Beileid », dont le titre en dit déjà long (« Condoléances »). Trois ans après avoir publié le fantastique « Dolores », qui suggérait pourtant un avenir discographique un peu plus allègre, le quintet remet le sombre couvert, au sein d’Ipecac. Les Teutons délivrent un nouvel LP qui vous plombe l’ambiance en 3 morceaux et moins de 35 minutes. Le pire, c’est qu’on en redemande.

Le Doom Metal des premiers instants est largement délaissé au profit de mélodies encore plus jazzy qu’auparavant. C’est peut-être là le seul élément mélodique que la formation a conservé de « Dolores », Petite nouveauté, la formation allemande introduit pour la première fois des vocalises au sein de l’un de ses morceaux. Et pas n’importe lesquelles puisque c’est le grand Mike Patton qui offre ses cordes vocales au sépulcral « Catch My Heart », long de 13 minutes, une plage à la fois glauque et émouvante. L’ambiance accablante de « Beileid » est cependant bizarrement jubilatoire. Bohren & der Club Of Gore se complaît à délivrer des œuvres discrètes mais qui vont toujours droit au cortex, remuant toutes les idées noires qui s’y tapissent. « Beileid » vous fichera, au choix, soit le bourdon, soit la patate. Voire les deux à la fois.

EMA

Past life martyred saints

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EMA ou comment créer la surprise!

EMA, c’est le pseudonyme d’Erika M. Anderson, ex-membre des Growns. A 21 ans, la jeune Californienne a donc décidé de se lancer en solo. Et son premier album, “Past life martyred Saints”, est un concept à lui seul!

Sa musique est tellement particulière et multiforme qu’il est difficile d’en faire une description, après une première écoute. A cet instant, on est même plutôt déstabilisé. Par sa voix et l’amplitude des styles. Mais très vite, on détecte ses capacités à allier parfaitement la douceur, la mélancolie et la rage. Et lorsqu’on tombe sous le charme, elle parvient alors à nous entraîner au sein de son univers à la fois sombre et psychédélique. Tantôt calmes, tantôt perturbantes, ces chansons sont aussi susceptibles de nous communiquer ses émotions par le simple timbre de sa voix.

Un mélange qui lui va  ravir. Et comme elle le dit si bien dans son second titre ‘California : What does failure taste like?’… Eh bien tu ne le sauras pas encore, ça c’est certain!

Marianne Faithfull

Horses & high heels

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Pour enregistrer son nouvel album, Marianne Faithfull a de nouveau bénéficié du concours de Hal Willner à la production. Mais aussi d’une multitude de collaborateurs, parmi lesquels on épinglera la présence de Lou Reed, à la guitare solo, sur « The old house », une chanson très cabaret (NDR : pensez à Bertold Brecht), sorte de valse signée par le dramaturge irlandais Frank McGuiness. Du bassiste des Meters, George Porter Jr., pour le titre maître. Une compo  à laquelle participe également le requin de studio, Doug Pettibone, à la gratte acoustique, tout comme sur « Love song », une cover de Lesley Duncan, immortalisée par Elton John.

L’opus aligne 9 reprises et 4 chansons personnelles. Une performance, lorsqu’on sait que Sister Morphine préfère adapter le répertoire d’autrui. Il est vrai que dans cet exercice de style, elle excelle. Et je pense tout particulièrement au titre qui ouvre la plaque, « The stations », une superbe ballade spectrale, issue de la plume de Geg Dulli et de Mark Lanegan, parcourue de cordes de guitare bringuebalantes et traversée d’envolées de lap steel gémissantes. Une lap steel qu’on retrouve sur de nombreuses plages. Autre cover particulièrement réussie, le « No reason » de Jackie Lomax. Très r&b. Plus énergique aussi. Dans l’esprit d’Otis Redding, mais aussi et surtout des Stones. Et puis le « Gee baby » de Carole King. Dont le rythme syncopé et les accords de piano nous plongent dans l’univers de la Nouvelle-Orléans. Ou encore le « Past, present and future » des Shangi-La, un morceau au cours duquel elle parvient à nous plonger dans un climat mystérieux, à l’aide de sa voix déclamatoire. Paru en single, « Why did we have to part », est une autre ballade, mais signée Laurent Voulzy et le « Back in baby’s arms » d’Allen Toussaint est enrichi de chœurs gospel. Enfin, dans un registre plus personnel on épinglera « Prussian blue », coloré par un clavier vintage et « That’s how every empire falls », encore une valse lente enrichie d’arrangements luxuriants. Ce type d’arrangements est d’ailleurs une constante tout au long de l’œuvre. Ils impliquent même régulièrement instruments à cordes et cuivres, un peu comme chez Phil Spector. Un album agréable à écouter, mais un peu trop conventionnel pour vraiment s’imposer…

Mélanie Laurent

En t’attendant

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Parisienne pur jus, née en février 1983, Mélanie Laurent est surtout connue pour sa carrière cinématographique et quelques (très bons) rôles, dont l’excellente prestation dans ‘Je vais bien, ne t’en fais pas’, qui lui vaudra par ailleurs le César du meilleur espoir féminin en 2007.

Ça, c’est le côté pile.

Côté face, Mélanie Laurent a un petit jardin secret qu’elle cultive en cachette depuis un bon bout de temps déjà. La première récolte avait bénéficié de la précieuse collaboration du folksinger irlandais Damien Rice. Et il est discrètement présent tout au long de ce nouvel ouvrage…

Les ‘légumes’ que nous propose l’actrice/chanteuse sont de première qualité. Deux instrumentaux, issus de la plume de Mélanie encadrent 10 chansons habilement écrites, principalement seule, mais également et de façon plus épisodique, avec Damien Rice, Olivier Coursier (Aaron) ou Joël Shearer (Pedestrian).

Et cet album, c’est pas du cinéma ! Car Mélanie Laurent est une chanteuse et c’est une évidence. Cet album, emmené par l’excellent premier single « En t’attendant », elle l’a écrit, composé, produit et assumé quasi seule.

Jouant habilement sur les cordes, les partitions musicales surfent sur la sensibilité, l’angoisse et la vivacité. Lors des complicités partagées en compagnie de Damien Rice, le violoncelle inonde les mélodies de classe mais transpire également de tristesse, faisant de « Il fait gris » ou de « Pardon », par exemple, deux chansons magnifiques et bouleversantes.

Le talent est réellement présent. Mélanie nous livre son premier essai et tout en nous racontant une histoire d’amour par-ci, la perte d’un être cher par-là ou la relation avec son père, elle nous transporte dans son univers.

Damien Rice la rejoint pour deux titres interprétés en duo. Le premier, qui est aussi le dernier single paru, « Everything you’re supposed to be », est entièrement interprété en anglais et le second, « Uncomfortable », campe plutôt un dialogue où chacun des interprètes échange avec l’autre dans sa propre langue. Amusant !

Une nouvelle voie s’ouvre de façon royale pour cette jeune femme aux talents multiples.

Dire qu’elle en rêvait depuis ses 14 ans… Une réussite, assurément ! Et un César de plus, un !

Mélanie Laurent se produira aux Francofolies… de La Rochelle (hélas) le 15 juillet prochain.

Avis aux vacanciers locaux…

 

OXES

#1/#2 (2 Eps)

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OXES est une formation issue de Baltimore, dans le Maryland. Elle s’est forgée une certaine popularité au sein des milieux indépendants, au début des années 2000. A cause de ses performances ‘live’ étonnantes, et puis de son sens de l’humour particulièrement aiguisé (NDR : enfin, c’est ce que raconte la presse spécialisée). Aux States, ce groupe est considéré comme un des représentants les plus éminents de la scène math-rock-noise américaine. Pas étonnant qu’il ait été signé par le label indie African Tape.

« #1 » et « #2 » sont deux disques qui devraient d’abord intéresser les aficionados du band. Surtout quand on sait que l’un des deux guitaristes s’est établi en Italie.

En fait, on est ici en présence d’une remise au goût du jour de leur maxis, mais sous la forme de deux disques distincts, le tout enrichi de remixes.

Le premier single s’intitule « Crunchy Zest ». Une version que le combo destine aux stations radiophoniques. Hypnotique, cette adaptation nous rappelle le rock célébré par Shellac en 1999. Si le remix disco du titre maître a fière allure, la plage qui clôt l’œuvre tire excessivement en longueur. Plus que dispensable ! 

Titre phare, « Orange Jewelryist » constitue le second single (NDR : pour que votre info soit complète, sachez que les deux plaques sont vendues séparément). Sous sa mouture ‘radio’, la compo démontre le potentiel noise du combo. Ce disque épingle également deux covers, dont une totalement stérile (« Teils and Reflected Necklace Rmx ») et une version ‘radio’ du titre maître, qui étale tout le potentiel noise du groupe, avant de s’achever par un titre électro.

Bref, il faut être inconditionnel ou collectionneur pour vouloir se procurer absolument ces deux plaques. D’autant plus qu’elles ne recèlent, en tout, que deux ou trois morceaux intéressants. C’est un peu cher pour si peu. Franchement, vous auriez plutôt intérêt –si vous ne vous les êtes pas encore procurés– à privilégier les premiers opus. Ou alors attendre la parution de leur prochain… 

 

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