Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Chroniques

Let’s Wrestle

In the court of Wrestling let's

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Le label Full Time Hobby est manifestement une maison de disques sur laquelle il va falloir compter, dans le futur ! Après avoir signé Micah P. Hinson et Timber Timbre, ces têtes chercheuses anglaises viennent de consacrer un album, partagé en 29 plages, aux inestimables Let’s Wrestle ! Un groupe qui porte bien son nom ; car, oui, on va se battre ! Et dans le but de défendre ce trio déjanté mais ultra-doué ! Mojo les considère d’ailleurs déjà comme des génies, alors que le NME estime que Let’s Wrestle manie l’insolence comme une certaine forme d’art… Si ces magazines s’emballent souvent au moindre frémissement médiatique, il faut reconnaître que le combo épouse une toute autre dimension. Et pour cause, ces Londoniens sont responsables de véritables brûlots indie, peu rencontrés au cours des dernières années…

Dès la sortie de ce premier elpee, ces garnements de Let’s Wrestle sont parvenus à tutoyer de grosses pointures qui ont marqué les 90’s comme Dinosaur Jr., Pavement, Yo La Tengo ou Sebadoh. Comme quoi s’ennuyer à mourir en Angleterre peut transcender des adolescents désœuvrés… Empreints d’une irrésistible nonchalance, les 16 plages de ce long playing (NDR : déjà publié en 2009) traitent de thèmes aussi sérieux que futiles. Des exemples ? Offrir un verre à sa copine en boîte (« We Are the Men You’ll Grow to Love ») ou discourir sur les cheveux de Lady Di (« Diana’s Hair »). Le tout dans la tradition littéraire chère aux Kinks. Encore que lorsque les lyrics deviennent vraiment drôles, c’est à Art Brut que l’on pense. Des chansons qu’interprète Wesley Patrick Gonzales d’une voix éraillée. Par contre, les sonorités des guitares évoquent davantage les 90’s que le Post-Punk. Bonne nouvelle, l’opus est enrichi de morceaux issus de toute une série de maxis enregistrés entre 2007 et 2008. Une bonne raison pour ne pas passer à côté de ce Let’s Wrestle !

Knucklebone Oscar

Welcome To Trash Vegas

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« Welcome To Trash Vegas » pourrait servir de Bande Originale au prochain film de Tarentino. C’est en tout cas l’impression laissée dès la première écoute de cette nouvelle rondelle concoctée par ce combo finlandais. Tout y est. Et tout d’abord ce mélange d’humour noir et de second degré, caractéristiques des longs métrages du grand Quentin. Ensuite, et surtout, ce brassage hétéroclite de rock’n’roll, de surf, de garage rock, de boogie hillbilly, de blues et de rockabilly, qui illustre souvent l’œuvre du réalisateur américain. C’est simple, on a l’impression que le quatuor d’Helsinki n’avait qu’un seul objectif, lorsqu’il a composé les morceaux de cet opus : courtiser le géniteur de « Pulp Fiction », « Reservoir Dogs » et « Kill Bill ». N’allez pas croire que c’est une critique. Au contraire, les BO des films Tarentino sont ce qui se fait de mieux dans le genre.

Knucklebone Oscar, c’est un peu le Little Richard du punk, les Beach Boys sous acide ou bien les Stray Cats infectés par la rage, à force de courir les rats du quartier. Bref, quatre joyeux allumés qui, en 27 minutes chrono, balancent 11 plages d’un rock’n’roll bouillonnant et hystérique (NDR : trois des onze titres sont des reprises de standards du rock’n’roll : « Girl Can’t Dance » tiré du répertoire du chanteur rock’n’roll afro-américain Bunker Hill, « Girl That Radiates That Charm » interprété à l’origine par le chanteur rockabilly Jimmy Isle et « Rocking the joint », le hit du pianiste rock’n’roll Esquerita).

En ouverture de « Welcome To Trash Vegas », l’hilarant « Knucklebone Preaches » donne l’occasion à Oscar, le guitariste/chanteur de singer les prédicateurs yankees, en prêchant contre ce rock’n’roll pernicieux qui pousse le pays à sa perte. Il est suivi de « Six-Sixtysix (Lucky Number) », un pur rockabilly à la Stray Cats, rehaussé d’un solo de six-cordes qui doit manifestement beaucoup à Chuck Berry. D’autres plages telles qu’« Avenger » et « Circus Knuckelbone » rappellent le surf rock endiablé des sixties ; et en particulier les rythmes rapides et saccadés des Del Tones voire de The Lively Ones. « Blood Trails » et sa guitare slide verse dans le Hillbilly et le country rock.

Destiné à tous les amateurs de Fun et de Rock’n’Roll !

Kaolin

Kaolin (Ep)

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En matière de ‘Variétés françaises’, rayon cds pour supermarchés (NDR : il y a bien longtemps que mon disquaire préféré s’est retiré des affaires), on devrait trouver, sans aucune surprise, des noms tels que Saez, Noir Désir, Superbus, Eiffel, Zazie, Anaïs, Saint André et bien d’autres encore. Parmi tous ces artistes, un nom cependant totalement inconnu éveille ma curiosité : Kaolin. Fouineur comme pas deux et irrésistiblement attiré par tout ce qui se chante dans la langue de Voltaire (mais faut qu’ça ‘sonne’), cet artiste constitue une découverte pour votre serviteur, et peut-être également pour vous…

Kaolin nous vient du centre de la France, plus précisément de Montluçon, et compte déjà à son actif quatre opus studio. Après avoir publié « Allez » en 2002, « De retour dans nos cirques » en 2004 et « Mélanger les couleurs » en 2006, la formation auvergnate a patienté quatre ans, permis au chanteur, Guillaume Cantillon, de concocter un album solo, intégré un nouveau membre (chant et basse), avant de nous pondre ce nouvel elpee au titre éponyme, en cette fin d’année.

Mis en forme par Jean-Louis Piérot (Bashung, Miossec, Renan Luce), ce disque nous offre un patchwork de folk, funk, rock, disco-rock susceptible de ratisser un public bien plus large que lors des débuts du groupe, où ils s’essayaient principalement à ‘imiter’ un style ‘power pop rageur’ anglo-saxon, qui était jusqu’il y a peu leur marque de fabrique…

Quatre ans plus tard, le style s’est donc davantage orienté vers la chanson française, faisant la part belle aux textes un peu naïfs, soutenus par une instrumentation de bonne facture. De quoi ravir les amateurs de bonne variété ; bref, qui ne souhaitent pas trop se prendre la tête !!! Des titres comme « Crois-moi », « Bang bang » ou l’excellent « C’est mieux comme ça » donnent vraiment envie de bouger. Et pour une fois, on comprend les paroles, ce qui n’est pas fréquent… « Sans importance » est du même acabit : simple, accrocheur, énergique et frais.

Sans prétention aucune, Kaolin propage de la bonne humeur à travers des petites mélodies entraînantes qui s’écoutent sans arrière-pensée. En adoptant une forme d’humour au second degré (« Tu m’emmerdes ») ou en esquissant un sourire en coin, Kaolin nous démontre que même les histoires amoureuses qui finissent mal (« Petite peste ») peuvent donner envie, si pas de danser, au moins de chantonner…

Enfin, « Shanana », rappelle que le quintet était attaché à la pop anglo-saxonne, lors de ses premières réalisations.

Chouette !

Ingraved

Onryou

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Et si nous reparlions des dangers de la mondialisation ? Vous cherchez un exemple ? Ingraved, un groupe italien qui publie un album de metalcore inspiré par la mythologie japonaise, sur un label allemand. Franchement, la recette me semble dangereuse. En tout cas, elle est mondiale. Périlleuse aussi, peut-être, mais pour les oreilles seulement.

Le fil conducteur du second elpee de cette formation italienne est ‘Onryou’, un personnage issu de la mythologie nipponne. Un esprit malfaisant, capable de revenir d’entre les morts pour semer vengeance, terreur et désolation dans le monde des vivants. Ce sujet plutôt inhabituel constitue finalement le seul motif original de la plaque.

Pour celles et ceux qui s’intéressent à la géographie, Ingraved est originaire de Brindisi, une ville située dans le talon de la grande botte. Le quintet à déjà publié, en 2006, un album death métal plutôt brutal, intitulé « Hatred From Outside ». Quatre années plus tard, nos amis  transalpins effectuent un changement de cap important. Sur « Onryou », toujours orienté métal, c’est désormais le ‘core’ qui à remplacé le ‘death’. Les modifications ? Un peu plus de mélodie, un peu moins de parties lead et davantage de variation dans le chant. Exit les grunts death. Place à l’alternance de hurlements hardcore et de chant clair. Bref on standardise sa musique selon les normes internationales du métalcore !

Sur la forme, rien à redire. « Onryou » est un disque ‘rentre-dedans’. Les riffs sont brutaux, le tempo rapide et le son étonnamment puissant. De quoi passer un bon moment à headbanger (si vous êtes du côté ‘métal’ de la force) ou à pogoter (si vous êtes du côté ‘core’). Sur le fond, cependant, il faut bien avouer que le résultat s’avère quelque peu linéaire. La rondelle, qui ne dure qu’un peu plus d’une demi-heure, devient carrément lassante au bout de vingt minutes. Nous ne remettons pas en cause les qualités du groupe qui, dans le genre, est aussi bon qu’un autre. Le problème c’est que dans le domaine du metalcore, l’expression sonore est on ne peut plus conventionnelle et ne réserve aucune surprise.

« Onryou » est un disque parfait dans son genre. Aussi parfait que des centaines d’autres du style, parus auparavant. Alors pourquoi choisir celui-ci plutôt qu’un autre ? La question reste posée…

Horses

Horses (Ep)

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Franchement, il n’est pas très intelligent de se servir de clichés comme ‘le talent n’attend pas le nombre d’années’ pour servir de rampe de lancement, à la sortie d’un nouvel album. Mais dans le cas de Bert Vliegen, la formule est tout à fait appropriée. Horses est un projet imaginé par un Limbourgeois âgé de 18 ans. Inspiré par ses maîtres, parmi lesquels figurent Bon Iver, Sophia, Neil Young, Sufjan Stevens et Beirut, il manifeste un sens de l’écriture particulièrement subtil. « Horses » constitue son premier Ep. Il est partagé en quatre titres intimistes et mélancoliques, parcourus par sa voix d’ange, haut perchée, mais également ténébreuse. Essentiellement acoustique, l’instrumentation est épurée. Des coups de cœur ? « These Birds » et « White Lake » deux compos qui illustrent, plus que probablement, la naissance d’un talent nouveau. Suffira pour le confirmer qu’il se débarrasse de ses références, encore un peu trop conventionnelles. A suivre donc…

 

Grinderman

Grinderman 2

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Un peu à l’image du loup menaçant, illustré sur la pochette du cd, la redoutable paire Cave/Ellis et leurs hommes de mains, Jim Sclavunos et Martyn Casey, montrent les crocs. Pour la seconde fois, le conteur des ténèbres et ses acolytes braquent leurs armes sur la tempe de la populace au nom de Grinderman, leur inquiétant alter-ego. Tout simplement intitulé « Grinderman 2 », le second opus du quatuor reprend les ingrédients de son prédécesseur en les gonflant d’une sacrée dose de testostérones. Grinderman va droit au but.

En tout, neuf morceaux radicaux et aiguisés comme des lames. Un sentiment oppressant de danger immanent traverse chacun des neufs morceaux de la plaque. De sa plume, toujours plus affutée à chaque publication, Nick Cave invoque les dieux et démons, quelle que soient leur forme ou leur acabit (« Evil », «  Palaces Of Montezuma », « Mickey Mouse and The Goodbye Man », « Heathen Child »), tandis que ses compères taillent des mélodies malicieusement infectieuses. Du Punk Blues pur sang !

Dead Shape Figure

The Disease Of St. Vitus

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Pour concocter son second album intitulé « The Disease Of St. Vitus », le groupe finlandais Dead Shape Figure n’a pas vraiment fait dans la dentelle. Sa combinaison brutale de thrash métal moderne et de death métal mélodique pourrait bien réveiller plus d’un mort. 

Formé à Helsinki en 2003, le quintet a acquis expérience et cohésion en se produisant plus de deux cent fois sur scène. Outre une centaine de concerts accordés en Finlande, Dead Shape Figure a parcouru seize pays différents et chauffé les planches pour des groupes d’envergure tels que Cradle Of Filth, Moonspell, Chimaira, Samael et Turisas.

« The Disease Of St. Vitus » est destiné à tous les accros au Modern Thrash Metal de Dew-Scented ou de The Haunted qui apprécient aussi le Death Metal Mélodique original d’At The Gates (NDR : la voix death de Galzi Kallio ressemble énormément à celle de Tomas Lindberg). Et surtout, il s’adresse à celles et ceux qui ne sont pas avides d’originalité.

Car c’est un peu là que le bât blesse. Malgré toutes ses qualités (NDR : compositions dynamiques, riffs en béton, chant agressif doublé parfois d’un chant clair, technique imparable, etc.), il n’y a rien dans la musique de Dead Shape Figure qui n’ait déjà été entendu ailleurs.

Un bon album que l’on prend plaisir à écouter, mais qui ne laisse malheureusement pas une marque indélébile chez l’auditeur.

 

Broken Records

Let Me Come Home

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Broken Records est un combo prolifique. Un an seulement après avoir publié « Until The Earth Begins To Part » –un premier elpee qui avait suscité l’enthousiasme– écumé les plus grands festivals européens et accompagné The National en tournée, les Ecossais nous proposent déjà un nouvel opus. Il s’intitule « Let Me Come Home ».

Comme on ne change pas une formule qui marche, tous les ingrédients qui nous avaient fait craquer, il y a quelques mois, sont à nouveau réunis sur ce disque. Ainsi, cuivres, piano et violon soutiennent parfaitement la voix sous tension de Jamie Sutherland, chantant comme si sa vie en dépendait. Produit par Mr Tony Doogan (Mogwai, Delgados, Belle & Sebastian, …), cet LP campe un lyrisme proche des Canadiens d’Arcade Fire, mais en plus ténébreux. Le climat peut-être? Qui sait ! Encore qu’il recèle quelques titres plus entraînants, comme le single « A Darkness Rises Up ».

Si « Let Me Come Home » n’est pas vraiment une œuvre novatrice, elle n’en demeure pas moins excellente. La formation a sans doute voulu assurer, plutôt que d’expérimenter. Le troisième essai devrait nous permettre de faire enfin le point sur le potentiel d’évolution de cette formation…

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