Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

logo_musiczine

The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Afghan Whigs
The Cure
Chroniques

Mulatu Astatke

Mulatu Steps Ahead

Écrit par

Depuis qu’il a entamé sa seconde carrière, le créateur de l'éthio-jazz se fait tailler un joli disque, histoire de ne pas se faire oublier. Après la publication d’un volume compilatif  “Ethiopiques”, paru en 1998 (NDR : il lui était consacré), un recueil popularisé par la BO du film de Jim Jarmush "Broken Flowers", en 2004, Mulatu Astatke nous propose aujourd’hui "Mulatu steps ahead", un album orchestré avec savoir-faire, brassant des ambiances de jazz new-yorkais et des sons groovy, mariant Orient et Occident, percussions maliennes, piano et vibraphone d'une manière assez originale. Elégante, sans fioritures, sa musique évoque des personnages de James Bond. Si certains morceaux transmettent la même énergie que le superbe album des ‘Ethiopiques’, l'ensemble du disque est plus calme, d'une tiédeur distinguée que les mauvaises langues qualifieront de musique d'ascenseur.

Des gammes orientales se mêlent aux trompettes bouchées, les congas ponctuent les mélodies répétitives de flûte et de saxophone. Les ingrédients sont là pour que la sauce prenne mais elle retombe régulièrement.

A la manière des radios libres, une voix rappelle régulièrement le titre du disque, le nom de l'artiste et du label : ‘You're listening to Mulatu Atsatske ; Mulatu steps ahead’, rituel que d'aucuns jugeront narcissique, voire agaçant. L'ensemble du disque n'est pas désagréable mais manque de saveur, comme si ce ‘pas en avant’ promis par Astatke n'était en réalité qu'un pas sur place, une place qui a déjà 40 ans aujourd'hui. Certains morceaux atteignent la hauteur des fameuses compilations, dont le lancinant dernier morceau "Motherland".

N'en déplaise aux adorateurs du roi de l'éthio-jazz Mulatu Astatke, qualifié de prophète ou de maestro, et malgré les critiques dithyrambiques adressées à ce disque, cette galette ne vaut ni les récentes collaborations de Sir Astatke auprès de The Heliocentrics (chez Strut Records également), ni ses premiers pas dans le monde musical, opérés vers la fin des années 60.

Zu

The Way Of The Animals Powers

Écrit par

La formation italienne Zu nous revient, un quatorzième album sous le bras. En 13 ans, on peut affirmer qu’elle ne s’est jamais accordé beaucoup de répit. Une persévérance et une productivité qui ont fini par payer ; puisqu’elle devenue une valeur sûre du prestigieux label américain, Ipecac (même si « The Way Of The Animals Powers » est paru chez Public Guilt). Faut dire aussi que Mr Patton a pris le trio romain sous son aile protectrice. Ce qui lui a permis de tourner en compagnie du leader de Faith No More, mais également des Melvins ou encore de Dalek. Des périples qui lui ont également apporté une fameuse dose d’expérience.

Le combo transalpin est surtout notoire pour son art à mêler free-jazz et métal. Sur « The Way Of The Animals Powers », la formule n’a pas changé : saxophone baryton, basse et batterie constituent la structure de l’expression sonore. Au sein de laquelle, des vocaux samplés viennent de faire leur apparition. Le band collabore régulièrement à de multiples projets. Il a ainsi participé a des sessions d’enregistrement pour M.Patton, les Melvins, The Ex, S.Mackay (The Stooges) ou encore Joe Lally (Fugazi). Pour cet elpee, il a reçu le concours du violoncelliste chicagolais Chicago Fred Lomberg-Holm.

« Tom Araya Is Our Elvis » (NDR : T. Araya, c’est le guitariste de Slayer) ouvre le disque. Le tempo est lent et lourd. Les riffs sont hypnotiques, obsessionnels même. Le spectre de Shellac est bien présent. Mais en plus jazzyfiant. Surtout à cause de l’omniprésence du saxophone. Le tracklisting est homogène. Mais 25 minutes, c’est un peu court. Et à l’issue de la première écoute de ce « The Way Of The Animals Powers », on éprouve un sentiment de trop peu. Pas de panique, quand même, puisque Zu est déjà occupé de bosser sur un futur long playing. Patience, il arrive !

Sunset At Five

Pink Elephant

Écrit par

On va encore me taxer de mauvais coucheur ; cependant, je me demande bien qui peut encore avoir envie d’écouter ce genre de musique en 2010. Pas que les compos de Sunset At Five soient de mauvaise facture (NDR : les riffs et les rythmes appartiennent bien au rock n’ roll), mais le timbre vocal de Stéphanie Wijns, très, trop eighties, exaspère rapidement (NDR : 2’ chrono !)

Fondé en 2006 à Heist Op Den Berg, ce groupe vient donc de publier son premier opus. Intitulé « Pink Elephant » (NDR : un titre psyché, mais un immonde artwork), il est découpé en 10 plages. L’énergie n’est pourtant pas absente. Et les sonorités jumelées des guitares passent également bien la rampe. Mais réussir un parfait mélange entre Bow Wow Wow, The GoGo’s et Elastica, est plutôt d’un goût douteux. Sunset At Five se produira en concert ce 25 août, dans le cadre du Slagenbergrock. Pour les amateurs du genre.

Praise The Twilight Sparrow

Color Map Of The Southern Sky

Écrit par

Chez nos voisins bataves, c’est la musique électronique qui est –aussi– devenue la plus populaire. Et pourtant, il y existe toujours des scènes pop, rock, folk, metal et même blues, qui attirent de nombreux et fidèles aficionados. Mais au sein de ces univers sonores plus ‘classiques’, les artistes ‘oranje’ ont de plus en plus de mal à s’exporter. Praise The Twilight Sparrow constitue une des exceptions qui confirme la règle. Enfin, pas tout à fait puisque bien que vivant aux Pays-Bas, la formation est française. Bien sûr, pour enregistrer cet opus, elle a reçu le concours de musiciens country locaux. Pas n’importe lesquels, puisqu’il s’agit de ceux de Templo Diez, dont la naissance remonte à 2003. Et grâce à cet album, le combo a eu l’opportunité de se produire au festival de musique indépendant et du cinéma de Toronto, le NXNE. D’être également sélectionnés pour le SXSW (USA), et même de se produire au Crossing Border de La Haye. Il faut quand même préciser que quoiqu’établie au pays des moulins à vents, le groupe se produit plus souvent à l’étranger qu’en Hollande…

Mais PTTS, c’est avant tout Pascal Hallibert. « Color Map Of The Southern Sky » fait suite à un premier Ep, paru en 2007. L’horizon sonore de cet artiste évoque davantage les plaines américaines que les canaux hollandais. Et pour cause, sa musique trempe dans une forme de dark folk americana réminiscente de Magnolia Electric CO, Will Oldham voire de Smog. Pas la moindre trace d’électricité. Toutes les compos sont acoustiques. Les sessions d’enregistrement de cet opus se sont déroulées en France, aux Pays-Bas et aux States. Ce qui a permis à Hallibert de recevoir le concours de quelques musicos de studio. Le timbre vocal du chanteur/compositeur est légèrement nasillard ; et il colle parfaitement à l’instrumentation dominée par les sèches, les mandolines, le banjo et tutti quanti. Paradoxalement, le climat baigne au cœur d’une ambiance chaleureuse et ténébreuse, rappelant parfois Wovenhand. Et la plage « Enter The Cold » en est certainement la plus belle illustration. Il y a bien quelques compos qui manquent de pêche ; elles sont même susceptibles de susciter un certain ennui. Mais dans l’ensemble, l’écoute de cet elpee reste agréable. Paradoxal, mais tout en affichant la nationalité française, Praise The Twilight Sparrow pourrait devenir un des fers de lance de la scène folk batave. Encore que selon les propos de Pascal Hallibert, ce titre devrait revenir à The Black Atlantic ou This Leo Sunrise. Vous vous demandez si face à la concurrence internationale, le projet ne risque pas de souffrir. Vu leur parcours, le groupe est convaincu du contraire. Mais seul l’avenir nous le dira…

 

Poni Hoax

We Are The Bankers (Ep)

Écrit par

‘Nous sommes les banquiers’ clament fièrement les membres de Poni Hoax ! Une bonne dose d’humour féroce et de cynisme salvateur en ces temps de crise financière, ne fait de tort à personne (NDR : quoique !) Deux ans après la sortie de leur deuxième album, « Images Of Sigrid », les Parisiens nous proposent un single dansant, voire disco. Une compo toutes basses dehors, aussi efficace que « Budapest » et « Antibodies ». ‘C’est un titre pour les boîtes de nuit, une sorte de rébellion positive contre tous ces bâtards avides d’argent’ résume à merveille Nicolas Kerr, le leader du groupe. Un esprit punk dans une enveloppe pop en quelque sorte…

Sur cet Ep, figurent également quatre remixes de ce « We Are The Bankers ». Depuis l’électro-jazz du Finlandais Renaissance Man à la pop/house mystérieuse de The Living Islands en passant par la version plus ‘sale’ des Bruxellois de Mustang, ces plages nous offrent un bel avant-goût du futur opus de Poni Hoax.

Ozomatli

Fire Away

Écrit par

Ozomatli est presque considéré comme une institution dans le milieu de la world, aux Etats-Unis. Elu ambassadeur culturel de son pays, le groupe américain a eu l’opportunité de sillonner le monde : de l’Afrique du Sud au Myanmar en passant par le Mexique. Il semble être passé partout sauf dans notre bonne vieille Europe. Malgré sa notoriété internationale, Ozomatli n’en demeure pas moins une énigme à mes yeux (NDR : et mes oreilles !)

Formé en 1996 à Los Angeles, ce groupe multiethnique correspond, en Nahuati, le dialecte aztèque, dans leur calendrier astrologique, au signe du singe ; et plus particulièrement au Dieu de la musique et du feu. Côté musical, Ozomatli brasse les cultures et les styles. Tout y passe : hip hop, salsa, raga, funk, samba, … Un énorme fourre-tout. Les Etatsuniens se sont aussi forgé une réputation grâce à leur activisme politique (comme chez de nombreux artistes de world, par ailleurs…) en militant contre les conflits armés et pour plus de justice sociale. A l’instar du morceau « Gay Vatos In Love », dont les lyrics décrivent la condition des homosexuelles. Ce morceau est d’ailleurs celui qui suscite le plus la controverse. 

Pour ce cinquième album, le premier signé sur la maison de disque new yorkaise Mercer Street Records (Asa, Keziah Jones, Kitty, Daysi &Lewis, …), Ozomatli a décidé de faire appel au producteur Tony Berg (Peter Yorn, Aimee Mann), afin de souligner leur côté universel. Le but était de parcourir les cinq continents en un opus. Si à premier abord, l’idée peut paraître sympathique, elle se révèle toutefois délicate. Certes le groupe a déjà prouvé, dans le passé, son habilité à mélanger les styles ; mais il faut bien avouer que les compos de « Fire Away » partent dans tous les sens. Un véritable bordel que le combo parvient rarement à contrôler. L’espace sonore est surexploité au détriment des mélodies. Tous les instruments ont droit au chapitre. Les cuivres retentissent et les percussions rebondissent sur une voix moitié chantée, moitié parlée. Bien sûr, il y a de l’ambiance et certaines compos donnent l’envie de se remuer. Mais parfois, on ne peut s’empêcher de penser à du mauvais Sublime (« It’s Only Paper »).

En toute honnêteté, je dois avouer ne pas être un grand adepte de world. Et ce n’est pas cet album qui me fera changer d’avis. J’ai d’ailleurs toujours constaté que ce type de groupe était bien plus excitant sur les planches que sur disque. J’aimerais quand même qu’un jour un artiste du genre parvienne à me faire change d’avis. A ce sujet, je reste ouvert à toute proposition… 

Ninjasonik

Art School Girls

Écrit par

Telli, Jah-Jah et Roofeeo sont de grands enfants. Immatures, irrévérencieux, potaches et j'en passe (NDR : la suite est moins soignée…) Ils militent au sein du trio Ninja Sonik, un groupe dont l’esprit est manifestement marginal. Ces morveux nous viennent de New-York et plus précisément de Brooklyn. Là ou certains n'oseraient pas y perdre leur parapluie, les membres de Ninjasonik s'y baladent comme au sein d’un parc d'attraction : le nez en l'air et les yeux complètement hallucinés.

Derrière une hype camouflée, Ninjasonik nous érafle les oreilles de sonorités, sans le moindre scrupule. Des sonorités fort peu symétriques voire même complètement bruitistes qui peuplent cet « Art School Girls », à la manière d'un vieil album punk. Tout y est possible, aucune limite n'est fixée et le plaisir doit être constant. Les revendications formulées ne sont que prétexte à une grosse fiesta houblonnée. Un opus fortement influencé hip hop, qui se décline aussi bien en gros sons electro qu’en beats jungle copieux. Si les pistes s'enfilent, elles ne se ressemblent guère. Si certaines sortent du lot avec les félicitations du jury (« Art School Girls », « All Our Firends », « Ha Ha Ha », « No No No », « Daylight Remix », ...), d'autres nous cassent les tympans ou même nous énervent. De quoi inciter à serrer la mâchoire sous la charge des beats redondants (« Picture Party Skit », « Stir », « Somebody Gonna Get Preganant », ...) En prenant un peu de recul, on se demande s’il ne serait pas préférable d’aborder cet opus sous son aspect intello, afin de mieux l’appréhender. Une approche qui peut se traduire en hérésie pour les membres du combo, lorsqu’on sait qu’ils produisent sans se poser de questions. En résumé, Ninjasonik n’accorde aucune concession ; il ne partage que ce qui l'arrange. Prend qui veut et pour les autres qu'ils aillent griller sur le barbecue d'Eminem ou P Daddy, foi de Ninjasonik.

 

M.I.A.

M › Y A

Écrit par

Difficile de passer à côté de la diva pop tamoule, depuis la publication de son hit « Paper Plane », une pépite issue de son précédent album « Kala » qui avait servi de B.O. au film plus que surestimé ‘Slumdog Millionaire’, malgré ses 8 Oscars. Mathangi ‘Maya’ Arulpragasam est devenue une star branchée. Un statut qu’elle privilégie aujourd’hui au détriment de son attitude de rebelle. Difficile d’ailleurs d’admettre un tel état d’esprit, lorsqu’on se prélasse à Los Angeles auprès de son mari millionnaire.

Question : est-elle parvenue à éviter le piège de la compromission musicale sur son 3ème album ? Pas l’ombre d’un doute, la musique de M.I.A est toujours aussi multiculturelle, novatrice et exigeante. Sans s’imposer la moindre limite, la Londonienne d’adoption mixe avec succès le grime, le hip-hop, l’électro et le dancehall. Et le résultat est assez étonnant, voire même carrément punk ! Ses compos regorgent d’idées. Notamment au niveau de la mise en forme. Ce qui peut parfois agacer. On se demande même parfois si « M Λ Y A » n’est pas le fruit des élucubrations de producteurs, lorsqu’on prend connaissance de la liste des collaborateurs. La crème de la production ‘hype’ actuelle est d’ailleurs au rendez-vous. Et en particulier Rusko, Diplo, Blaqstarr et Switch ! L’elpee recèle néanmoins des plages plus accessibles. Dont le très pop « XXXO » et le plus reggae « It Takes A Muscle », deux hits potentiels qui devraient passer en boucle, sur les ondes FM, dans un futur proche. A contrario, le plus punk « Meds & Feds » (que l’on doit en partie à Derek Miller, un ex-Poison The Well qui a repris du service au sein du duo Sleigh Bells) ou l’insupportablement bruitiste « Teqkilla » nous entraînent dans un univers très alternatif. C’est une certitude, et ce sans pour autant la brider, une cure d’austérité ferait le plus grand bien à l’orgie sonore de M.I.A. Mais comment critiquer un artiste samplant Alan Vega sur « Born Free » ?

A l’instar de son dernier clip ultra-violent et engagé, « Born free », réalisé par Romain Gavras, qui dénonce le racisme (NDR : pour la circonstance, vis-à-vis des Roux), M.I.A. se profile aujourd’hui en Neneh Cherry trash, en quelque sorte. En concert aux Lokerse Feesten ce vendredi 6 août

Page 479 sur 1252