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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Chroniques

Boulevard des Airs

Loin des Yeux

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Fondé en 2004, Boulevard des Airs a vite conquis le public grâce à la diversité de son répertoire, oscillant entre world, pop et électronique. Sans oublier des titres fédérateurs qui font encore les beaux jours des ondes radiophoniques.

Une tournée stoppée en plein élan un 7 mars 2020, après le Zénith de Toulouse, en raison des conditions sanitaires strictes dues à la COVID, d’une part, et des échanges entre artistes via les réseaux sociaux, d’autre part, ont fait germer dans l’esprit de BDA l’idée de revisiter ses plus grands tubes en invitant des artistes hexagonaux à les réinterpréter.

« Loin des Yeux », constitue donc la genèse d’un vaste programme de deux chapitres, constitué tant de jolies collaborations que de titres ancestraux présentés sous une angulaire acoustique. Ce qui apporte à l’ensemble quelque chose de très épuré et magique, à l’instar de « Emmène-moi » feat L.E.J. ou encore « Je me dis que toi aussi » feat Jérémy Frerot.

Un opus hybride, à la fois personnel et collectif, qui permet au mélomane de découvrir de l’intérieur le combo et tout particulièrement sur « Et nous vraiment », un titre au cours duquel Sylvain Duthu retrace avec nostalgie la carrière musicale de la clique.

En tirant parti d’une symétrie parfaitement organisée, BDA produit un format unique, ambitieux et introspectif, dans la parfaite lignée de ses précédents exercices. Les thématiques peuvent être aussi lumineuses ("Abécédaire", sorte de fusion des inspirations des membres du band), que sombres ("Va-t-en", complainte sur le sort d'un migrant), lorsqu’elles ne sont pas engagées ("Que tout recommence", cri d’espoir pour retrouver la scène).

Vingt-quatre chansons à la dimension égale, composées et orchestrées avec cohérence, intelligemment (re)construites, faisant transparaître une belle palette d’émotions au Panthéon de la sensibilité.

Vingt-quatre plages partagées entre 12 inédits et 12 morceaux adaptés par des gens que BDA apprécie beaucoup, comme Claudio Capéo, Doya, Jérémy Frérot, Gauvain Sers, LEJ, Lola Dubini, Lunis, Patrick Bruel, Tibz, Tryo, Vianney et Yannick Noah

Plus qu’une relecture, une invitation à la soif de découverte, entre pop et variété, qui fait autant de bien que les rayons de soleil.

« Loin des Yeux », peut-être, mais pas loin du cœur !

Alex Toucourt

Le Fruit Du Bazar

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Alex Toucourt apporte un peu de fraîcheur dans l’univers de la chanson française. Le Lorrain nous revient, 10 ans après avoir gravé son premier elpee solo, "Studiorange", un disque qui fait suite à "Mémoire d’Eléphant Rose", une œuvre qui baignait au sein d’une ambiance joyeuse et décontractée baptisée 'acousticool'.

Pour enregistrer cet LP, Alex a reçu le concours d’excellents musiciens ; et notamment Philippe Entressangle à la batterie et Albin de la Simone au piano.

Multi-instrumentiste, Alex se charge des arrangements musicaux ; et ils sont particulièrement soignés. Enfin, la mise en forme a été confiée à Dominique Ledulal.

Tout au long de cet album, cet amoureux de la langue française entretient un questionnement permanent.

Alex et Roberdam signent « Tu peux toujours rêver », un conte destiné à nos petites têtes blondes.

Titre qui ouvre le long playing, « Peut-être à l’automne » s’adresse… aux absents. « Jusqu’où ? » ira l’amour fou. De quoi se poser des questions. « Sur ton chemin » établit, en filigrane, un testament pop cinématographique.

Toute en simplicité, « A demi-mot », est une compo qui bénéficie d’une jolie mélodie et d’un refrain efficace. Les interventions du violon d’Anne Gouverneur et du piano communiquent un sentiment de mélancolie tour à tour sombre ou joyeuse, une gratte traitée à la slide se prend pour une pedal steel alors que les voix de JP Nataf (Les Innocents) et d’Alex se conjuguent en harmonie.

« 2 Plumes » relate avec pudeur l’itinéraire d’un amour perdu, une plage dont la finale nous réserve une envolée de cordes impressionnante. « Palettes de Colères » raconte la nuit agitée d’un enfant qui cherche à prendre la fuite… Bien que bercé de douceur, « Sagement Fou » aligne des mots qui percutent. 

« My Lo-Vely Willy » nous invite à traverser l’Ouest américain. Banjo et harmonica colorent ce climat americana. Mais si au départ, le trajet s’opère dans la joie et la bonne humeur, la fin tourne en eau de boudin…

« La Trouille » dénonce l’absurdité des colères ordinaires. Une piste hip hop jalonnée de human beatboxing artisanal. Et « J’hésite » ponctue sur ce questionnement permanent qui hante Alex.

SCRTCH

Möther / Sümmer (Ep)

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Deux titres sur cet Ep pour ce duo réunissant un bassiste et un drummer, qui se partagent les vocaux. Apparemment originaire de Lille, cette paire pratique un punk hardcore rappelant ‘68 voire Death From Above. Surtout D.F.A. ! Parce que la basse est utilisée comme une six cordes.

Sur « Möther », elle est particulièrement corrosive, un peu comme chez Killing Joke. Cependant, malgré la sauvagerie de la plage, un subtil fil mélodique guide imperceptiblement la compo. Cette basse est plus radicale et menaçante tout au long de « Sümmer », une piste dont le drumming riche et ample entraîne le morceau, in fine, dans une forme de noisy frénétique.

On devrait en connaître davantage lors de la sortie d’un Ep plus conséquent, voire d’un album, tout simplement…

Arab Strap

As days get dark

Écrit par

Séparé en 2006, Arab Strap s’est donc reformé en 2016 et nous propose son septième elpee, « As days get dark ». Arab Strap, c’est avant tout Aidan Moffat et Malcolm Middleton. Le premier se charge des vocaux et de la boîte à rythmes, le second du reste de l’instrumentation (synthés, guitare, basse, piano, etc.).

Lors de leur séparation, les deux artistes ont développé des projets personnels. Et à cette époque, ils n’imaginaient certainement pas reprendre l’aventure ensemble. Bien leur en a pris, car cet opus est tout bonnement remarquable.

D’une durée d’un peu moins de 50’, ce long playing est découpé en onze plages. Aidan y chante ou déclame d’un baryton profond, incantatoire, à la manière d’un Michael Gira (Swans) voire d’un Matt Berninger (The National), lorsqu’il n’adopte pas des inflexions moyenâgeuses (« The turning of our bones »), des textes poétiques qui traitent du sexe et de la mort, du désespoir ou encore de la dérive existentielle, mais également se plongent au cœur des problèmes de la société contemporaine gangrénée par la dépendance à Internet, la xénophobie et le machisme. Des compos qui baignent au sein d’un climat désenchanté, sordide, débauché, mais également tragi-comique.

De délicats arpèges de gratte (semi) acoustiques bercent la plupart des plages. Certaines bénéficient d’arrangements de cordes (« Fable of the urban fox », « I was once a weak man »), mais on y rencontre également des accès de saxophone free jazz (« Kebabylon », « Sleeper », une épopée de 6’, dont les cordes de gratte reproduisent celles de mandolines comme chez And Also The Trees). Et l’électronique se fond parfaitement dans cet ensemble, « Tears on tour » épousant même le profil gothique réminiscent des 80’s. Une atmosphère dark qu’on retrouve sur « Here comes Comus ! », la pièce maîtresse de ce long playing. Menaçant, dramatique mais dansant, cet hymne bénéficie d’un refrain littéralement éclatant. 

Un album très réussi produit par le fidèle Paul Savage et paru sur le label de Mogwai.

Sleaford Mods

Spare Ribs

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Quelques siècles après avoir enfanté le célèbre Robin Hood, Nottingham sort enfin du bois, grâce à un OVNI musical baptisé Sleaford Mods, un duo de vétérans réunissant le charismatique MC Jason Williamson et le placide beatmaker Andrew Fearn.

Naviguant quelque part entre post-punk et hip-hop, sa musique jouit d’une considération rare au sein de l’univers musical contemporain. Et elle est légitime. A cause de son style vindicatif et minimaliste qui ne ressemble, en effet, à aucun autre…

Sur « Spare Ribs », le tandem est égal à lui-même. Inimitable, la signature sonore est sauvegardée. En outre, la verve est intacte et symbolise à merveille l’opinion de la working-class anglaise. Et pour cause, le tandem y vilipende copieusement le libéralisme, les élites, le Brexit ou les stars de pacotille. Il s’érige ainsi en dernier ambassadeur du punk originel. L’esprit de Robin des Bois n’est pas très loin…

Will Butler

Generations

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William Butler, c’est le frangin du leader d’Arcade Fire, Win. Etabli aujourd’hui à Broklyn, ce multi-instrumentiste nous propose son second opus solo, cinq ans après avoir gravé « Policy ». Et tout au long de cette œuvre, il démontre qu’il possède également un talent de songwriter.

La plupart des compos de ce « Generations » navigue dans des eaux sonores proche de celles fréquentées par Arcade Fire. Certains titres auraient d’ailleurs pu figurer au sein du répertoire du band montréalais. A l’instar des dernières compos du combo, Will nous réserve même des pistes plus ‘dance’. Cependant, si en général les compos font la part belle aux claviers (« Hard Times », « Hide it Away »), elles embrassent surtout un profil pop/rock (« Close My Eyes ») voire punk (« Bethlehem »), à travers des morceaux énergiques et vindicatifs, mais aux mélodies efficaces.

Quant aux textes, sombres, ils trahissent le pessimisme affiché par Will à l’égard de la société contemporaine. En outre, ils reflètent son état d’esprit critique à l’égard de son pays d’adoption. 

Si vous êtes un inconditionnel d’Arcade Fire, cet album devrait vous permettre d’attendre le prochain essai de la formation, qui selon les déclarations de l’artiste, serait en phase d’écriture. Perso, je ne me lasse pas d’écouter ce « Generations » …

The Notwist

Vertigo days

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Changement de line up chez The Notwist, puisque Cico Beck a remplacé Martin Gretschmann. Ce programmateur avait rejoint le groupe en 1997. Et c’est surtout lui qui a entraîné le groupe à se tourner davantage vers l’électronique. Les frères Acher, Markus Acher (guitare, chant) et Michael (basse) ainsi que le drummer Andi Haberl sont toujours bien au poste, mais pour enregistrer son huitième opus, ils ont reçu le concours de toute une volée d’invités.

Et d’abord Juliana Molina pour « Al sur ». La productrice argentine y pose sa voix sur des spasmes tumultueux de percus et quelques bruitages expérimentaux. Saya (Tenniscoats, Spirit Fest), la sienne sur l’intriguant « Ship ». Une compo paradoxalement imprimée sur un tempo motorik, alors qu’elle y glisse délicatement son timbre suave. Un rythme krautrock qui revient ponctuellement à la surface sur cet elpee, à l’instar d’« Exit strategy to myself ». La clarinette d’Angel Bat Dawid se frotte à des sonorités de trompette sur le jazzyfiant « Into the ice age », une piste qui frémit au gré des oscillations de synthés. Le multi-instrumentiste américain Ben LaMar Gay a composé le sombre « Oh sweet fire » et y partage le micro avec Markus. La voix de ce dernier est douce et fragile alors que celle de Ben, se révèle plus conquérante. Langoureux, légèrement teinté de dub et de jazz, ce morceau frôle l’univers trip hop d’un Massive Attack.

Outre les deux interludes instrumentaux, l’opus nous réserve également l’une ou l’autre composition plus romantique voire mélancolique. Dont « Into love / Stars », qui paradoxalement nous plonge quelques secondes dans le carnaval. D’« Into love again », morceau qui clôt cet LP, auquel participe le groupe japonais Zayaendo (au sein duquel on retrouve Saya). Ou encore du superbe « Loose ends », dont la fin de parcours se charge progressivement d’intensité électrique.

Enfin, on épinglera encore un « Night’s too dark » aux arpèges de sèche et surtout à la jolie mélodie.

Les 14 plages de cet LP se fondent les unes dans les autres, et défilent en suivant pour fil rouge, la voix fragile, vaporeuse et tellement sensible de Markus Acher.

En gravant « Vertigo days », le groupe allemand a de nouveau démontré qu’il était encore à la pointe de l’expérimentation dans sa fusion entre rock indé et électronica, tout en ne négligeant jamais l’aspect mélodique de ses compositions.

Votre serviteur n’est pas un grand fan d’électro/pop, mais à partir du moment où elle est créative et accessible, il ne peut que s’incliner…

The War On Drugs

Live Drugs

Écrit par

Si votre serviteur n’est pas très emballé par les albums immortalisés ‘live’, il reste attentif à la moindre sortie de War on Drugs. Au fil du temps et de l’évolution de sa discographie, la formation portée (à elle seul) par Adam Granduciel s’est imposée comme une référence sur la scène rock. Remplissant les plus grandes salles, War on Drugs est un de ces groupes que l’on espère un jour, découvrir sur les planches…

Les dix plages de cet elpee sont issues de différents concerts accordés lors de ces deux dernières années (plus de 40 disques durs d’enregistrement !) Aux côtés des principaux titres des deux plus récents long playings (« Lost in the Dream » et « A Deeper Understanding ») du band philadelphien, figurent « Buenos Aires Beach » (il était paru sur « Wagonwheel Blues », son premier LP) et « Accidentally like a Martyr », une reprise de Warren Zevron.

A l’écoute de l’album, ce qui frappe d’emblée, c’est la capacité de War on Drugs à recréer sur scène le son si particulier des albums studio ; technique que maîtrise parfaitement, par exemple, Bob Dylan et Dire Straits. La voix et les guitares aériennes sonnent à l’identique, les claviers et les cuivres sont toujours subtilement dosés.

Mais si on retrouve bien la marque de fabrique déposée par War on Drugs, ce dernier parvient à apporter une dimension supplémentaire aux compos à travers des solos de guitare bien sentis (« Thinking of a Place ») et d’efficaces lignes de saxophone (« Eyes to the Wind », un titre au cours duquel la musique monte en intensité grâce son superbe crescendo).   

Après une heure passée à écouter « Live Drugs », l’envie de retourner dans une salle de concert nous démange. En attendant, il faudra se contenter de la formule des albums ‘live’…

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