Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Ora Cogan
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Chroniques

Moaning

Uneasy laughter

Écrit par

En 2018, ce trio californien, issu de Los Angeles très exactement, avait gravé un superbe album, dont la musique naviguait quelque part entre shoegaze, noisy, cold wave et post punk. « Uneasy laughter » constitue son deuxième, et s’il n’a pas effacé ses références premières, il a davantage injecté de claviers et des boucles électroniques dans son expression sonore. Des synthés dont les sonorités vintages évoquent tour à tour New Order et surtout New Musik. Découpé en 13 pistes, cet elpee recèle deux interludes instrumentaux aussi brefs que superflus, mais surtout 11 titres sombres et davantage synthétiques. Ce qui n’empêche pas la mise en exergue d’une ligne de basse cotonneuse, parfois réminiscente de Cure et tout particulièrement caractéristique chez Simon Gallup. Notamment sur le morceau d’entrée, « Ego » ainsi que « Coincidence on fats » (« A forest » ?). Les disgressions de guitare se révèlent tour à tour gémissantes, torturées, teigneuses (le très post punk « Make it stop » qui aurait pu figurer au répertoire d’Interpol) et même cristallines, dans l’esprit de Sad Lovers & Giants, à l’instar du très inspiré et atmosphérique « Stranger ». Enfin le baryton doux et monocorde de Sean Solomon adopte régulièrement les inflexions de Paul Banks quand il n’emprunte pas le timbre de Brendan Perry (Dead Can Dance) et en particulier sur « Fall in love ». Bref, si la musique d’« Uneasy laughter » se nourrit de romantisme sombre et vulnérable, elle devrait surtout plaire aux nostalgique des eighties…

Bat For Lashes

Lost Girls

Écrit par

Il aura fallu près de trois années pour que Natasha Khan revienne au-devant de la scène en publiant son cinquième opus.

Un opus semi-conceptuel narrant les errances d’un personnage fictif nommé Nikki Pink qui évolue dans un imaginaire cinématique très 80’s.

Ce qui pourrait, à tort, paraître prétentieux, voir ennuyeux. Certes, l’album nécessite une approche attentive et concentrée pour en saisir toutes les subtiles nuances, mais une écoute distraite en révèle déjà le potentiel.

Devenue totalement indépendante, l’artiste aux commandes dirige notre écoute par le biais de sonorités synthétiques froides et sombres et prend possession de son propre univers qu’elle nous renvoie en miroir.

À l’auditeur d’alors plonger et se laisser conter.

Prolifique malgré un relatif hiatus médiatique, l’Américaine, longtemps comparée à Kate Bush, laisse libre cours à ses visions, s’émancipe de toutes obligation contractuelle et délivre son album le plus mûr et le plus abouti.

Les dernières notes de « Mountain », dernier titre de l’œuvre, se font d’ailleurs écho de la majesté qui émane de ce beau et grand disque appelé à être, non pas un classique, mais sobrement une pièce majeure dans la discographie d’une artiste hors norme.

Hors des sentiers battus, Bat For Lashes trace le sillon de ces femmes fortes qui écrivent l’histoire à leur manière.

Good Fuck

Good Fuck

Écrit par

Good Fuck, c’est le nouveau projet du vétéran ‘Art-rock’ Tim Kinsella (actif au sein des exigeants Joan of Arc, Cap’n Jazz et Owls) et de l’artiste électro-minimaliste et expérimentale Jenny Pulse. Vous l’aurez compris, on est loin des standards de la pop ici… mais plutôt en présence de percussions tendues, de synthés noise, de dérapages électroniques et de spoken word qui rappellent les premiers travaux de Xiu Xiu, sans sa théâtralité. Une écoute ardue qui libèrera quelques pépites retraçant le chemin émotionnel et érotique de leur relation tant professionnelle que celle leur romance personnelle. A la marge…

Nursery

Eugenia

Écrit par

Rien n’est droit. Tout est oblique. Distordu, sale, foutraque et pourtant, l’ensemble tient miraculeusement debout. Car chez ce trio nantais, la règle est de transgresser allègrement. Violenter la mélodie pour qu’elle se révèle sous son jour le plus outragé, caresser la dissonance jusqu’à la faire vibrer au diapason, marteler jusqu’à l’épuisement, s’époumoner jusqu’à l’extinction, désosser, plier, coller, recoller, absoudre, cracher, juguler, calmer, régurgiter, déglutir, et au final fondre le tout dans un moule aux jointures imparfaites pour mieux laisser s’écouler le fiel et la sueur.

« Eugenia », second opus du groupe, tient en onze titres ravageurs et surtout ravagés.

Frénétique succession de riffs sous adrénaline que l’on s’injectera en intra-veineuse pour doper un moral en berne ou insuffler quelques grammes de couleurs opiacées dans une journée morose, le tout servi dans un emballage pop tâché de cambouis. Cet album affiche un seul credo : jouir de tout et maintenant, sans plus attendre, et de préférence les yeux fermés, mais les oreilles grandes ouvertes.

Allez-y, c’est de la bonne, faites-vous plaisir !

Berling Berlin

Berling Berlin (EP)

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Formule simple mais efficace, Berling Berlin opère le grand écart entre Montevideo et Paris, à l’instar du quatrième titre de cet elpee.

Et si son chanteur uruguayen, jongle aisément entre ces différentes cultures, c’est sans aucun doute le charme subtil d’une certaine britpop qui a fait naître sa vocation.

Un chant débonnaire à la Damon Albarn qui se marie volontiers à des mélodies accrocheuses que Franz Ferdinand ne renierait certainement pas.

Côté gratte, les sonorités lorgnent franchement davantage du côté de Manchester que de la porte de Brandebourg, puisant même une influence chez A Certain Ratio, ce qui procure un côté singulier à ce charmant projet.

C’est entraînant, dansant, léger et très agréable.

Reste à transformer l’essai au prochain botté…

Selah Sue

Bedroom (Ep)

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Selah Sue serait-elle enfin parvenue à dompter ses démons intérieurs. Aurait-elle vaincu sa dépression ? Une chose est sûre, ses maternités et cette période de confinement semblent l’avoir inspirée, puisqu’elle vient de publier un Ep 5 titres. Enregistré ‘at home’, il tient parfaitement la route. Un disque intimiste, le plus souvent limité à sa voix, sa sèche et des synthés, plus que probablement joués par son mari. Une voix toujours très caractéristique aussi envoûtante, chargée de feeling et très susceptible de faire fondre les cœurs les plus coriaces.

Soul, la voix de Selah laisse remonter le passé sombre à la surface, tout au long de « You ».

« You’re My Heart nous entraîne dans les grands fjords norvégiens. Une plage indolente, douce et vaporeuse à la fois, qui met bien en exergue les cordes acoustiques. Il n’y manque plus que les elfes et les sirènes

Atmosphérique, « Always-Cosmo » bénéfice d ‘arrangements de synthés plus riches. Et en fin de parcours, on entend les voix vocodée des 2 bambins…

On retrouve le timbre soul de la Louvaniste tout au long d’« I Would Rather », une piste presque trip hop.

Bruto Minore

Ronin

Écrit par

Il y a presque trente ans que Bruno Dorella développe un projet qu’il a baptisé Ronin. Après plusieurs années de stand-by, le Milanais nous propose son septième elpee. Pour la circonstance, le line-up de son backing group a été complètement chamboulé, puisqu’il implique Nicola Manzan (guitare et violon), Roberto Villa (basse, clarinette) et Alessandro Vagnoni (batterie). 

Intitulé « Bruto Minore », en référence à un poème de Giacomo Leopardi qui traite de l’assassinat de Jules César, cet album est essentiellement instrumental. D’excellentes incursions post-rock rencontrent des envolées baroques inspirées par la musique de chambre. A l’instar du morceau qui ouvre le long playing, « Capriccio ». Une impression accentuée par les interventions au violon de Nicola Manzan. Cependant, tout au long des neuf plages de cet elpee, c’est Bruno Dorella qui mène la barque, de ses riffs de gratte, d’une main de maître, les autres musicos se limitant à enrichir ses interventions.

Une belle découverte. D’ailleurs, votre serviteur a décidé de suivre le parcours du projet de Bruno Dorella de très près...

Robert Jon & The Wreck

Last light on the highway

Écrit par

Robert Jon & The Wreck est une formation née en 2011, à Orange County, au sud de Los Angeles. Un quintet qui implique le gratteur Henry James Schneekluth, le claviériste Steve Maggiora, le bassiste Warren Murrel, le batteur Andrew Espantman et bien sûr, le chanteur/guitariste Jon Burrison. Son premier elpee "Fire started", remonte à 2011. Depuis, il publie un nouvel album, chaque année. Et son, dernier, "Take me higher", était paru en 2019. Surprenant et sans concession, son style baigne dans le southern rock (rock sudiste), même si manifestement, le band n’hésite pas à s’enfoncer dans le psychédélisme… 

Belle entrée en matière, "Oh miss Carolina" lorgne vers la country. Une ballade southern rock séduisante, dominée par la voix rocailleuse de Jon. Caractérisée par un brillant envol sur les cordes, opéré par le soliste, la plage baigne au sein d’un climat réminiscent de la quintessence des Eagles. Blues cuivré, "Work it out" met une nouvelle fois bien en exergue les qualités vocales du leader, pour la circonstance, soutenu par des voix féminines. Rythmée, directe et efficace, "Can't stand it" conjugue les cordes des deux guitares. Les deux solistes en remettent une couche tout au long du remuant "Do you remember", un country rock très bien ficelé qui rappelle notamment The Marshall Tucker Band ainsi que les Outlaws, mais surtout impressionne par son homogénéité. Impeccablement tapissé par l’orgue "Tired of drinking alone" est un excellent southern au cours duquel la slide métallique se libère. Audacieux, "Don't let me go" est amorcé par les cordes aventureuse d’Henry James, alors que les riffs rythmiques ‘rollingstoniens’ nous plongent au cœur d'une atmosphère ravageuse. Mais la sortie royale opérée par la slide nous embarque alors dans un trip psychédélique. Les interventions du gratteur sont particulièrement créatives. Et il le démontre une nouvelle fois sur "One last time", un southern country blues mélodique et délicat, malgré des accents métalliques. Puis "Gold". La voix de Jon et puissante sur cette ballade indolente introduite au piano, alors que les cordes sont chargées de feeling. Le titre maître bénéficie de deux versions. La première est amorcée par des cordes acoustiques. Une ballade que chante Jon, tout en douceur. La seconde est plus longue et chiadée. L’atmosphère est bien plus dramatique et invite cordes électriques et piano. Progressivement le tempo évolue vers le soul rock boogie, d’où émerge la voix, comme chez les Doobie Brothers. Superbe !

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