L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Chroniques

Lankum

The Livelong day

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Fondée il y a déjà 20 ans, Lankum est une formation dublinoise réunissant les frères Lynch, Cormac Demody et Radie Peat. Le concept est simple :  rendre ses lettres de noblesses à la musique ancestrale irlandaise. Le patronyme Lankum s’inspire d’ailleurs de « False Lankum », une ballade folk chantée par l’Irlandais John Reilly, au début du XXIème siècle, 

Pour son deuxième album, paru sur le label britannique Rough Trade, le groupe reprend les choses là où il les avait laissées. Simplement, outre les adaptations des morceaux traditionnels irlandais, il s’attaque aussi au folklore écossais. A l’aide de cornemuses, de différents types d’accordéons (le concertina ou encore le bayan), de flûte irlandaise et d’instruments plus conventionnels (guitare, basse, banjo, …), les Irlandais réactualisent ces hymnes mythiques. Enfin, pas toujours. Certains morceaux adoptent davantage un profil classique. A l’instar de « Bear Creek » qui nous ramène un siècle en arrière dans les campagnes celtiques. Mais c’est lorsqu’il incorpore des touches modernes que Lankum est le plus intéressant. Un véritable tour de force qu’il réalise tout au long de « The Wild Rover », une piste caractérisée par un crescendo à la cornemuse, mais abordée dans l’esprit d’un Godspeed You ! Black Emperor voire Silver Mount Zion. Et puis également en proposant des ballades folk bien contemporaines, comme ce « The Young People » qui aurait pu figurer sur un elpee de Tunng.

Cet LP a reçu de nombreuses critiques favorables, tant au sein de la presse musicale spécialisée (NDR : notamment Mojo) que des médias traditionnels (The Guardian, The Independent, …). Un avis ? « The Livelong Day » est un album à découvrir absolument !

Whitney Shay

Stand up !

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Issue de San Diego, Whitney Shay revendique l’héritage d'Aretha Franklin, Etta James, Irma Thoma et Amy Winehouse, mais également de Janis Joplin et Bessie Smith. Elle est capable de chanter le blues, la soul et le jazz. Elle a publié son premier opus, "Soul tonic", en 2012. Mais il faudra attendre 2018 pour entendre la suite : "A woman rules the world". A l’instar de nombreuses artistes féminines qui pratiquent le blues, elle est signée par Thomas Ruf. Et "Stand up! " constitue son premier elpee paru sur le label allemand.

Les sessions se sont déroulées à Austin, au studio Wire Recording. Si la production a été confiée au maître saxophoniste Kaz’ Kazanoff, de nombreux amis musiciens sont venus l'épauler et tout particulièrement la guitariste Laura Chavez ainsi que le claviériste Red Young.

Dix des douze pages de cet LP sont issues de la plume de Whitney. Il ne faut guère attendre longtemps pour découvrir le style de Miss Shay. Et pour cause, dès les premières secondes de "Stand up !", son r&b pur et dur introduit par les cuivres des Texas Horns et l'orgue de Red Young nous prend à la gorge. Sur ce long playing, elle réserve une large place au r&b énergique et dansant ; à instar de "Someone you never got to know", "P.S it's not about you" et "You won't put out this flame". Imprimé sur un mid tempo, "Equal ground" est blues enrichi d’une remarquable intervention à la slide du Texan Derek O'Brien. Amorcé majestueusement par l'orgue de Young, dont les sonorités rappellent Procol Harum, "I thought we were through" nous entraîne dans un slow enfiévré par le sax crapuleux de Kazanoff. Autre guest, le Texan, Guy Forsyth accorde une solide réplique vocale à Mrs Shay sur le funky "Far apart". Boogie "Boy sit down" met en exergue la trompette d'Al Gomez, la Resonator de Forsyth et surtout, le piano de son amie louisianaise, Marcia Ball. Tapissé par l’orgue, "Getting my way" opère un retour dans le blues, une compo au cours de laquelle Laura Chavez semble bien inspirée sur ses cordes…

Ahmed Bibi

Adghah

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Originaire d’Agadez, au Niger, Bibi Ahmed était le leader d’Inerane. A l’instar de plusieurs de ses contemporains touaregs, plutôt qu’affronter les forces armées du pouvoir central, le groupe a préféré conduire une révolte musicale à partir des camps de réfugiés dans lesquels ils ont été obligés de se retrancher. 

Bibi Ahmed a été à bonne école. Il a appris à jouer de la guitare auprès de Abdallah ag Oumbadougou, personnage emblématique du blues touareg et de la révolte contre l’oppression nigérienne. Comme son mentor, il pratique une musique passionnée chantée en tamachek, langue du peuple touarègue. « Adghah », son premier album solo, réunit neuf morceaux musicalement minimalistes enregistrés à Francfort. Sur des percussions minimales, le Touareg tisse des lignes de guitare tout en étalant sa dextérité sur les cordes…

Les adeptes de formations telles que Tinariwen, Tamikrest ou Imarhan devraient apprécier.

Sid Whelan

Waitin' for Payday

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Etabli à New York, Sid Whelan est chanteur et compositeur. Son style ? Roots ! Et qu’il décrit comme du ‘dark blue americana’. "Waitin' for Payday" constitue son troisième album, il fait suite à deux elpees auto-produits, "Flood waters rising", en 2013, et "The story of Ike Dupree", en 2014. En outre, il apporte régulièrement sa collaboration à des artistes africains, et notamment issus du Nigéria, du Cameroun et de l’Afrique du Sud… 

Sid rend hommage en douceur à "Nina Simone", à travers une plage acoustique empreinte d’émotion. Il embraie par "Love me right", un morceau de pop roots tout aussi délicat, souligné de chœurs séduisants et traversé de cordes discrètement amplifiées. "Making some time" baigne au sein d’un climat exotique, un climat alimenté par les percus et les cuivres, alors que l’accent reste posé sur les échanges entre les voix. Blues lent particulièrement dépouillé, "Midnight in the country" se distingue par une intervention créative, chargée de feeling et de passion, à la six cordes. "Legba ain't no devil" et "The Promise" nous rappellent sa fascination pour la musique africaine. Le premier morceau nous plonge dans une atmosphère sombre, lugubre même, alors que la voix se mêle aux percus de Valerie Naranjo et aux cordes chargées de réverb’, afin d’accentuer un sentiment de mal-être. Cuivres, percussions tout en sobriété, chœurs au service du lead vocal et cordes à la fois parcimonieuses et chiadées colorent la seconde, au cœur d’une ambiance intimiste… Singulier, le titre maître déménage ; un r&b au cours duquel la slide se libère. Imprimé sur un mid tempo, "Break it down" en revient au blues, mais un blues légèrement teinté de funk, qu’alimentent voix, orgue et enfin guitare…

Richard Dawson

2020

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« 2020 » constitue le sixième opus de Richard Dawson, un musicien considéré comme un des meilleurs paroliers en Grande-Bretagne. Il participe également au projet Hen Ogledd, une formation responsable de « Mogic », un des meilleurs albums parus l’an dernier. Originaire de Newcastle, il pratique une forme de folk, qu’il teinte d’une multitude de courants musicaux ; depuis la prog au rock, en passant par la pop, l’électro, le cabaret et la world (NDR : notamment le Qawwali, musique pratiquée dans les sanctuaires soufis au Pakistan et en Inde et popularisée par le défunt maitre pakistanais Nusrat Fatet Ali Khan). Première constatation, la musique de Dawson est bien britannique. Les inflexions vocales et le phrasé ne trompent pas. Même que parfois on pense à Neil Hannon, le leader de The Divine Comedy. Ou encore à Gentle Giant. Et puis ce sens mélodique, bien insulaire. Non seulement, cet artiste se réserve tous les instruments, mais ses lyrics tiennent parfaitement la route, abordant des sujets aussi brûlants que la crise existentielle de l’Angleterre, qu’il estime au bord de la débâcle sociale, le comportement de la classe politique et économique, coupable des dérives extrémistes dans la population ; thèmes au sein desquels il injecte une bonne dose d’humour dont il a le secret. Pas un album facile à appréhender, mais aussi surprenant qu’original !

Tinsley Ellis

Ice cream in Hell

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Originaire d’Atlanta, mais résident en Floride, Tinsley Ellis est aujourd’hui âgé de 62 balais. Devenu une légende dans l’univers du blues sudiste, il a entamé sa carrière vers 1975. En 1988, il signe chez Alligator. Il grave alors 5 elpees sur le mythique label chicagoan. Il transite ensuite par Capricorn et Telarc, avant de revenir au bercail, en 2005. "Ice cream in Hell" constitue donc son onzième opus pour cette écurie crocodilienne. Les sessions se sont déroulées au sein du studio de Kevin Mc Kendree, à Franklin, dans le Tennessee. Ellis signe les onze plages de ce long playing sculpté dans le southern blues rock.

"Last one to know" est une excellente mise en bouche. Si les cordes sont déjà acérées, la voix est aussi tranchante. Tapissé par l'orgue Hammond de McKendree, le titre maître campe un funk léger et mélodieux. Tinsley semble baigner dans son élément et nous réserve un envol dont il a le secret. "Foolin' yourself" est un blues/rock dynamique. Les interventions aux cordes d’Ellis sont fluides face au piano roadhouse. Elles adoptent un feeling profond, tragique même, sur le blues indolent "Hole in my heart". Le spectre de BB King plane… Terry se sert de sa slide pour "Sit tight man". Le changement de style est radical. Une piste impétueuse au cours de laquelle il libère des sonorités primaires digne de Hound Dog Taylor. Impressionnant ! Il affiche une technique comparable à celle de Carlos Santana tout au long de l’instrumental "Everything and everyone". Lynn Willilams se révèle redoutable aux percussions alors que Kevin double piano et orgue. Magique ! Totalement libres, les cordes en profitent pour déménager le temps d’"Unlock my heart". Lente, longue et dépouillée, "Your love's like heroin" clôt cet LP. Une compo dont la tristesse infinie, rappelle Peter Green, au sommet de son art ; à moins que ce ne soit Snowy White, un autre Anglais capable de témoigner d’une même sensibilité… Un excellent album !

Devendra Banhart

Ma

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Bien que dépouillé, le précédent elpee de Devendra Banhart, « Ape in pink marble », faisait la part belle aux claviers. Pour son dixième opus, il a décidé d’en revenir à des sonorités davantage acoustiques et surtout organiques. Chantées tour à tour en anglais, en espagnol, en portugais et même en japonais (« Kantori Ongaku » qui rend hommage au fondateur du Yellow Magic Orchestra, « Haruomi Hosono), les compos évoluent, pour la plupart sur un tempo bossa nova, tempo qui peut se révéler, indolent, voire nightclubbien ou plus allègre. Devendra joue de la gratte, le plus souvent en picking ; et une plage comme le mélancolique « October 12 », semble même hantée par Django Reinhardt. Paradoxalement, si les arrangements sont discrets, ils sont riches et surtout soignés. Suivant les morceaux, on y entend des orchestrations de cordes, des cuivres, du clavier, du violon, de la guitare électrique (probablement une Rickenbacker, vu les sonorités qui rappellent celles que privilégiait feu George Harrison), de la flûte, etc. Point d’orgue de cet LP, l’énigmatique « Now all gone » bénéficie du concours de Cate le Bon aux chœurs, alors que la ligne de basse rappelle curieusement le « Melody Nelson » de Serge Gainsbourg. Les textes de Devendra sont particulièrement engagés ; et si le titre du long playing honore la maternité au sens large du terme, il aborde des sujets aussi divers que le deuil (« Memorial », un morceau qu’aurait pu interpréter Léonard Cohen), le malaise existentiel, le réchauffement climatique, sans oublier l’examen de la situation politique dans son pays, le Venezuela (« Arbre las manos »). L’album s’ouvre aussi par un titre méditatif (« Is this nice ? ») et s’achève par un autre abordé dans le même esprit (« The lost coast »), même s’il se révèle davantage ambiant…

Bill Blue

The King of Crazy Town

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Ce vétéran est originaire de la Caroline, au sud des Etats-Unis. Son enfance a été bercée par les sonorités du blues et du rock'n'roll ; ce qui explique pourquoi il a baptisé son style de ‘Rhythm'n'Roll’. Très jeune, il a accompagné le légendaire Arthur ‘Big Boy’ Crudup, jusqu’à son décès en 1974. Ce dernier avait notamment composé "That's alright mama", le tout premier hit d'Elvis Presley. Il y a 35 ans, Bill s’était établi en Floride. Il y vivait sur un bateau du côté de Key West. On le perd de vue pendant un quart de siècle jusqu’à ce que Ian Shaw, un producteur anglais, vienne le relancer. Blue refait donc surface en 2013, en publiant l’album "Mojolation". Sept ans plus tard, il nous rappelle à son bon souvenir, en gravant "The King of Crazy Town", un disque pour lequel Ian Shaw se charge encore de la mise en forme. Lors des sessions, il a reçu le concours de toute une flopée de potes, dont Matt Becker, un guitariste originaire de la Nouvelle Orléans mais établi à Londres.

Bien rythmé, "Do what I do don't do what I say" entame l’opus, un morceau dominé par les interventions de Bill à la slide et de Matt à la six cordes. La voix de Bill est poisseuse, mais colle parfaitement à la musique. "You ain't fun anymore" adopte un profil semblable. Sa voix lacère littéralement "Carolina time", une plage à la fois nerveuse et hypnotique. Bobby Devito (NDR : dans le passé, il a bossé pour le bluesman texan Sherman Robertson) brille à la gratte. Mr Blue force ses capacités vocales face à la section de cuivres Funky in the Middle Horns, tout au long du rock’n’roll saignant "I want it all".

Le long playing nous réserve également des pistes plus roots. A l’instar d’"Everybody's leaving town", au cours duquel la voix de Blue semble agoniser sous les coups de boutoir exécutés par la Résonator aux cordes réverbérées et l'harmo de Backer. Puis d’"Enough blues to give you the blues", un morceau qui baigne au sein d’un climat cool bien sudiste. Boogie qui aurait pu figurer au répertoire de John Lee Hooker, "Hunker down" évoque les ouragans qui touchent la Floride en septembre. "Indianola" rend un hommage poignant au défunt roi du blues, BB King. Les cordes sont chargées de reverb alors que les chœurs sont très proches du gospel. Enfin, "Mojolation" synthétise parfaitement ce long playing à la production irréprochable…

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