La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

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The Cure
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Chroniques

Amyl and The Sniffers

Amyl and The Sniffers

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Il n’y a que vingt-neuf minutes sur cet opus éponyme d’Amyl and the Sniffers. Mais il est suffisant pour vous mettre la tête à l’envers et vous permettre de bondir dans tous les sens, histoire de vous dégourdir les jambes en cette période de confinement. On n’en attendait pas moins d’un groupe dont le patronyme est tiré du poppers (composé par le nitrite d’amyle). Sur son premier elpee produit par Ross Orton (NDR : il a bossé pour M.I.A ou encore Arctic Monkeys), ce combo issu de Melbourne, en Australie, propose un rock primaire à l’énergie punk débordante, même si une plage s’autorise une incursion dans le ska-punk (« Monsoon Rock »). L’album démarre sur les chapeaux de roues dès l’ouverture et conserve sa cadence du début à la fin. Hargneuse et fougueuse, la chanteuse, Amy Taylor, crache ses paroles, comme si elles s’adressaient à un auditoire. A la guitare, Dec Martens pose ses riffs frénétiques et n’hésite pas à nous offrir quelques solos bien sentis, parfaitement soutenus par la section rythmique.

Amyl and the Sniffers ne se pose pas de questions à travers cet LP sans fioritures. Un album jouissif qui donne une forte envie de tout envoyer valser ! 

Overgrass

Killing Time

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Originaire de Sion, en Suisse, ce trio a assuré le supporting act de Last Train, l’an dernier, pour de nombreuses dates. Ce qui explique sans doute pourquoi, il a reçu le concours de Rémi Gettliffe, le réalisateur des albums de la formation alsacienne, pour enregistrer son premier elpee. En outre, ce dernier s’est également chargé des synthés et de certaines parties de gratte, outre les backing vocaux.

On pourrait croire qu’Overgrass est un peu une réponse helvète à Supergrass. Pas vraiment ! En fait, si le combo s’inspire bien de la britpop, c’est plutôt du côté d’Oasis et d’Ash qu’il puise ses influences. Mais pas seulement, puisqu’il affiche également des références yankees. Tour à tour empruntées au punk pop de Green Day (l’hymnique « The day we met ») ou au punk blues de White Stripes  (le syncopé « Give a little thing to love » qui met en exergue l’excellent drumming de César Roméro) voire du garage/rock des Raconteurs. Pas pour rien que le chanteur/guitariste, Joel Groda, est un grand admirateur de Jack White. Si « Take me away » émarge au psychédélisme, en intro, « Feel alive part on » est imprimé sur un tempo new wave, alors qu’allègre, le final « Don’t let her go » donne une petite idée du potentiel de ce band, en ‘live’. Les arrangements sont épurés, les mélodies, en général, accrocheuses, le préposé aux fûts est vraiment balèze, et les compos ne manquent pas de charme vintage. Manque peut-être, encore, ce petit plus, cette touche d’originalité, qui lui permettrait de prendre une autre dimension…

Doctors of Madness

Dark Times

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Quarante et un an plus tard, Doctors of Madness refait surface. Enfin, pas tout à fait puisqu’au cours de cette longue période, la formation a fait l’objet de rééditions et de compiles. Et puis, Richard Strange a quand même connu une carrière solo quand il n’a pas apporté son concours à d’autres artistes. Pas très souvent, cependant. Ce qui s’explique aussi, parce qu’il a aussi mené une carrière d’écrivain, d’acteur, et d’enseignant, en parallèle. Mais s’il a remonté son DoM, il n’est plus que le seul membre originel. Pour enregistrer cet opus, il a d’ailleurs reçu le concours de toute une volée d’invités, dont Joe Elliott (Def Leppard), Sarah Joane Morris (Communards), Steve ‘Boltz’ Bolton (Atomic Rooster, Scott Walker, The Who), Terry Edwards (Nick Cave, PJ Harvey, Tindersticks) et la jeune protest singer Lily Budd (Band of Holy Joy, Sarah Jane Morris). Quant à la mise en forme, elle a été réalisée par John Leckie (Pink Floyd, Radiohead, Stone Roses).

Et le résultat est tout bonnement remarquable. D’abord, il y a les lyrics qui tirent à boulets rouges sur le mode de vie contemporain et la classe politique qui la régit. Des textes revendicatifs, plein de colère, qui appellent même à la révolte. Puis la musique…

« Dark Times » est découpé en 8 titres… tranchants. Depuis « So many ways to hurt you » et son clavier vintage qui nous replonge dans l’univers d’un Nick Cave, tout comme le titre maître final, un morceau caractérisé par un vocal déclamatoire éraillé (très souvent), une basse palpitante, un violon grinçant et des interventions au piano électrique (Ray Manzarek ?), en passant par le single « Make it stop », une compo enrobée de chœurs féminins délicats et de masculins véhéments, le rythmé et cuivré « Walk on shame », qui aurait pu figurer dans le répertoire de feu David Bowie (NDR : en 2018, The Guardian avait décrété que la musique de Doctors of Madness était le chaînon manquant entre celle du Duke et des Sex Pistols !), sans oublier l’excellent « This kind of failure » et l’atmosphérique « This is how to die », sorte de Leonard Cohen, sans l’imagerie poétique. Remarquable ! L’album de l’année en 2019 pour votre serviteur !

Tomàs Doncker

Moanin' at Midnight (Deluxe edition)

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Le premier elpee de cet artiste américain, "Inside out", remonte à 2017. Ce chanteur/guitariste black compte déjà une fameuse discographie à son actif. En outre, il a fondé son propre label, True Groove. Son œuvre la plus accomplie, "The mess we made", remonte à 2015 ; mais enrichie d’inédits, elle a été rééditée deux ans plus tard, en Deluxe Edition. "Moaninn' at Midnight" était déjà paru en 2014. Il fait à son tour l’objet d’une réédition. Elle a été sous-titrée "The Howlin' Wolf Project", car si les huit titres de base sont tous issus de la plume de Willie Dixon, le plus grand compositeur du Chicago Blues, tous ont été interprétés avec bonheur par la légende Big Foot….

Tomas et ses True Groove All Stars se partagent claviers, basse, guitare et pedal steel. Tomàs possède une voix naturellement puissante, grave, idéale pour s'attaquer au répertoire de Wolf ! Très moderne, mais respectueuse des compos originelles, la production a été assurée par James Dellatacoma, qui épaule aussi Doncker dans les parties de guitare.

James ajoute parfois des effets synthétiques dans l’expression sonore. A l’instar d’"Evil", une ouverture réussie qui met en exergue les cordes largement amplifiées. Une recette qu’on retrouve sur "Moanin' at midnight" et un "Smokestack lightning" dont le cri strident traverse les sonorités d’orgue et de piano électrique en harmonie. Indolent, "Killing floor" se distingue par son excellente, mais intimiste, intervention à la gratte. A contrario, "I ain't superstitious" évolue sur un tempo soutenu. Blues lent, "Back door man" adopte un profil particulièrement Chicago Southside", dans l’esprit de Muddy Waters. L’opus propose 4 bonus tracks, dont une version ‘dub mix’ de "Moan in' at Midnight" et trois prises ‘live’ immortalisées au sein des clubs de la Big Apple, parmi lesquelles les adaptations de "Back door man" et "Smokestack lighning" sont hantées par le spectre du grand bluesman. Enfin, on n’en oubliera pas le rôle de l'harmoniciste David Barnes, excellent de bout en bout ; un souffleur qui militait au sein des backing groups de Vernon Reid et James Blood Ulmer. 

Black Midi

Schlagenheim

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Franchement, il y a des lustres que votre serviteur n’avait plus chroniqué un album pareil. Pour être original, il est original. Mais il faut être très réceptif à ce type de musique, pour pouvoir l’encaisser. Suis d’ailleurs étonné que ce groupe ne soit pas signé chez Sub Rosa, dans la catégorie noise. C’est dire ! Imaginez un peu une musique qui puise ses influences aussi bien chez Shellac, Slint, McLusky, Wire, Unwound que Gang of Four, tout en réservant une part d’impro à des compos décapantes, menaçantes ou sauvages, aux rythmes constamment changeants, parfois indus, parfois funk ou encore post punk, et sur lesquelles vient butiner la voix nasillarde, gémissante ou gutturale, tour à tour hurlée ou déclamée, parfois en empruntant les inflexions de Robert Plant ou de David Byrne, de Geordie Greep. Si certains n’ont pas hésité à qualifier son expression sonore d’anarcho-punk, il faut savoir que le combo s’est forgé un nom dans une même scène issue du sud de Londres qui a enfanté Shame et Fat White Family. Pas de structure refrain/couplet, donc, mais un chaos organisé où se mêlent et se démêlent guitares acérées, grinçantes, ligne de basse agile et pecus syncopées, dans un ensemble finalement rendu (in)cohérent par la maîtrise instrumentale des quatre musicos. A ne pas mettre entre toutes les oreilles !

Theo Hakola

Water Is Wet

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Ecrivain et chanteur (entre autres casquettes artistiques…) américain, Theo Hakola traîne ses mots et ses talents en France depuis la fin des seventies, à travers ses aventures de jeunesse vécues au sein de Passion Folder et Orchestre Rouge. Il s’est même chargé de la production de « Où veux-tu qu’je r’garde’ », le premier album de… Noir Désir ! Surnommé le ‘Baudelaire du rock’ par Télérama, ce natif de Spokane (Washington) vient de graver son 8ème opus solo. Tout en marchant sur les traces de grands songwriters tels que Bob Dylan et Leonard Cohen, le dandy quasi-septuagénaire dévoile ses morceaux au textes poétiques qui surfent entre le rock le plus classique (« Never Bought a Bottle of Water ») et l’americana-folk (« Weak in the Knees ») le plus inspiré. Un artiste majeur à la classe intacte…

Bernard Allison

Songs from the road (CD + DVD)

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Bernard Allison n’est autre que le fils de Luther, l'un des plus grands bluesmen de tous les temps. Il est trop tôt disparu, en 1997, à l’âge de 58 ans. Aujourd'hui, Bernard en a 54 et s’est forgé sa notoriété, non pas parce qu’il est le fils de, mais grâce à son talent de guitariste. Thomas Ruf était le manager de Luther avant qu’il ne fonde son label, en 1994. Pas étonnant qu’il ait signé le fiston très tôt. D’ailleurs, le premier elpee de Bernard, "Funkifino", publié chez Ruf, remonte déjà à 1995. Et son premier opus, pour le marché yankee, date de 1997, année du décès de son père.

Immortalisé ‘live’, "Songs from the road" réunit un CD de 13 plages et un DVD qui en compte trois de plus. Un événement qui s’est déroulé au Musiktheater de Dortmund, en octobre 2019. Sur les planches, Bernard Allison est soutenu par un backing group réunissant une solide section rythmique, Dylan Salfer à la seconde gratte, un musicien à peine âgé de vingt printemps, et puis le saxophoniste José James, un saxophoniste vraiment remarquable. Bref, un groupe parfaitement huilé qui se nourrit de funk, blues, jazz et r&b.

Bernard puise dans son répertoire pour nous livrer le meilleur de son funk ("Night train"), souvent mêlé de jazz ("Call me Momma", "Same ole feeling"), du blues pur et dur, parfois teinté de rock. Shuffle, "I can't get you out of my mind" adresse un solide clin d'œil à Stevie Ray Vaughan, une compo au cours de laquelle, Salfer se fend d’une superbe intervention aux cordes. Hanté par Jimi Hendrix, "Feels kinda funny" est allumé par les riffs rock/blues de Bernard. Les deux gratteurs se partagent les envols à la slide. Dans ce registre, Bernard se déchaîne lors de la finale, "Slide Master". Il rend enfin un hommage émouvant à son père, en reprenant deux de ses compos, en l’occurrence les longs blues lents, "You're gonna need me" et "Let's try it again"…

Wire

Mind Hive

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« Mind hive » constitue déjà le dix-septième elpee de Wire. Et s’il recèle quelques titres percutants, il se révèle plus velouté que rugueux. Plusieurs plages se nourrissent généreusement de synthés, à l’instar des atmosphériques « Shadows » et « Unrepentant », réminiscente du Floyd circa « The final cut » ou du final « Humming », les oscillations électroniques somnolentes se mêlant aux grattes sous reverb’, mais sur un tempo flemmard.

On retrouve cependant le véritable Wire sur plusieurs pistes. Ainsi, chant incisif et rythmique soutenue épousent parfaitement un esprit bien punk tout au long de « Be like them ». « Cactused » est imprimé sur un tempo new wave. « Oklahoma » oscille entre noisy et gothique, dans l’esprit de « 154 ». L’hypnotique « Hung » synthétise, en 8’, l’œuvre de Wire, une compo étrange, à la section rythmique percutante, qui mêle construction lente de textures de guitare et bandes préenregistrées. Enfin, cerise sur le gâteau le très pop « Off the beach » bénéfice d’une jolie mélodie qui n’est pas sans rappeler l’incontournable « The 15th ». Sans quoi, on épinglera encore les lyrics, qui traitent aussi bien du sort des réfugiés, fustigent le néo-libéralisme ou s’inquiètent de la montée du populisme. Même si ce n’est pas le meilleur album de Wire, il tient parfaitement la route.

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