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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

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Frank Shinobi

A Little Less More

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« A Little Less More » est le premier album de Frank Shinobi, un quartet liégeois dont le style évolue quelque part entre les Dublinois de The Redneck Manifesto et, surtout, 31Knots. Le disque est d’ailleurs produit par Jay Pellicci, batteur de la formation ricaine. Et tout comme ses principales influences, Frank Shinobi se démène à coups de riffs bien placés, relevés par des textes scandés avec force et détermination. « A Little Less More » est une œuvre directe, complexe et acérée à point. « Cortège Hippotracté », « FS et le poney jaune », « Turbodépression » et « Gazoduc dans la steppe » sont les quatre moments forts d’un disque qui ne manque pas de cran.

Frank Shinobi, membre du collectif Honest House, est l’une de ces formations qui n’a pas besoin d’un succès à la Puggy pour briller ou montrer ce dont il est capable. « A Little Less More » est le genre de disque sur lequel certaines autres formations de la scène rock belge devraient prendre exemple. Ne serait-ce que pour la détermination dont les quatre Liégeois font preuve. Les fans de 31Knots vont adorer.

En concert le 12 mars au Beurskaffé (gratuit) et au festival d’Hiver Rock ce 19 février.

 

Giant Sand

Blurry Blue Mountain

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Howe Gelb est un cowboy insatiable. Je parie qu’il continuera à publier des albums, jusque sa mort. Et à une cadence métronomique. Son style unique en son genre et son timbre de voix inimitable sont le ferment d’œuvres originales, quoique souvent inégales. D’ailleurs, « Blurry Blue Mountain » n’est pas le meilleur opus du Texan même s’il recèle quelques morceaux très réussis. Et particulièrement, lorsqu’ils baignent dans la plus pure tradition de la country alternative chère à Howe Gelb ; c’est-à-dire lorsqu’il est accompagné de son groupe. Un backing band plus exactement, puisque le line up est à géométrie variable. Ce qui n’a pas empêché Giant Sand de célébrer ses 25 années d’existence.

Que ce soit à travers la ballade foutraque et romantique, « Love a Loser » ou des morceaux davantage rock comme « Thin Line Mane » ou « Better Than Me », l’ami Gelb nous entraîne dans l’immensité des déserts de l’Ouest américain (« Blurry Blue Mountain » a pourtant été enregistré au Danemark…) Alors ne boudons pas notre plaisir à l’écoute d’une œuvre concoctée par un des songwriters yankees les plus réguliers, honnêtes et talentueux de sa génération. Même lorsqu’il est en roue libre. Car chacune de ses livraisons recèle l’une ou l’autre perle. Et je pense tout particulièrement à « Chunck of Coal », caractérisée par son ambiance saloon, entretenue par la pédale steel et le piano vintage. Quant à la voix d’Howe, elle continue de vous accompagner, tel un vieil ami, en compagnie duquel on se sent parfaitement à l’aise et avec lequel on irait boire un verre (de mezcal ?) tranquillement. Moins poignant que Johnny Cash, Gelb n’en demeure pas moins tout aussi authentique !

 

Cee-Lo Green

The Lady Killer

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Faut-il encore présenter Cee-Lo Green, celui même qui a, en compagnie de son pote Danger Mouse, inondé les ondes FM au cours de l’été 2009, avec le tube « Crazy » ? Goodie Mob relégué aux archives et Gnarls Barkley placé entre parenthèses, Cee-Lo reprend sa carrière solo en main en délivrant un troisième album qui, au contraire des deux précédents, ne risque pas de passer inaperçu. Preuve en est le carton du single « Fuck You », rebaptisé « Forget You » pour les oreilles chastes. Un tube qui aura même été harponné par la série musicale « Glee » dans laquelle il y est interprété par… Gwyneth Palthrow. Une incartade rapidement oubliée à l’écoute d « The Lady Killer », un disque de Soul et R&B classieux, distingué et d’une richesse impressionnante. Fait plutôt rare dans le R&B contemporain. Cee-Lo verse son cœur et ses tripes au sein de onze morceaux tous aussi exaltants les uns que les autres. Les fans de la première heure lui regretteront certainement le manque d’audace, par rapport aux deux disques précédents. Mais même dans la simplicité, le tombeur de ces dames réussit à en imposer, ne serait-ce que par sa voix inimitable.   

Outre les évidents « Fuck You » et « Bright Light Bigger City », « The Lady Killer » regorge de tubes potentiels comme « Old Fashioned » ou « Cry Baby », deux titres qui auraient pu sans problème voir le jour dans les sixties ou seventies. Ou encore le sulfureux « Please », un duo au sein duquel Green partage son micro avec une autre voix exceptionnelle. Celle de notre Selah Sue nationale ! Même si ce titre n’est présent que dans la version européenne du CD, il s’agit d’une belle reconnaissance pour la petite Louvaniste. Cee-Lo Green, quant à lui, est de ces artistes qui n’inspirent rien d’autre que le respect le plus total. « The Lady Killer » est sans nul doute un futur grand classique de la Soul.

Chris James & Patrick Rynn

Gonna boogie anyway

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Chris James et Patrick Rynn sont issus de San Diego, dans l'extrême sud de la Californie. Chris est chanteur et guitariste. Patrick, bassiste. Ils avaient déjà publié ensemble "Stop and think about it", en 2008. Ce qui leur a valu un Blues Music award! Ils jouent ensemble depuis vingt ans et sont établis à Chicago. Ils militent également chez les C-Notes, le backing band du chanteur/harmoniciste local, Rob Stone.

L’elpee s’ouvre par "Money don't like me", un Chicago shuffle très Westside. Chris nous balance le riff cher à Magic Sam. Sa voix est vraiment excellente. Le tempo est imprimé par le drummer notoire Sam Lay (NDR : il sourit derrière ses fûts). David Maxwell, pote de toujours, aligne ses notes sautillantes sur les 88 touches d'ivoire, pendant que Jonny Viau s'époumone sur son sax ténor. Une adaptation en version instrumentale est également proposée sur cet elpee. James a toujours vénéré le bluesman rocker, Bo Diddley. Il reprend ici deux titres assez peu connus du mythe disparu en 2008. Tout d’abord "Dearest darling". Le célèbre beat est soutenu par les maraccas de Rob Stone et le piano de Maxwell! "You can't trust nobody", ensuite. Inspiré par Lil' Son Jackson, le légendaire bluesman noir texan, ce downhome blues chargé d’émotion est interprété en trio par Chris, Patrick et David Maxwell. "Life couldn't be sweeter" nous replonge dans le Chicago blues des années 50, une plage qui figurait au répertoire d'Elmore James. Chris est passé à la slide, les deux saxophones sont à l'arrière-plan tandis que le vieux pianiste Henry Gray (85 ans), ancien musicien de Howlin' Wolf, se libère. Henry est toujours au poste pour l'instrumental "H.M Stomp". Il est épaulé par l’illustre harmoniciste Bob Corritone. James et Rynn se réservent deux plages en duo. Soit "Headed out west", narrant l’histoire des deux amis quittant la cité des vents pour l'Ouest, par cette célèbre nationale, la route 66. Ainsi que le "Black spider blues" de Robert Lockwood Jr. Deux plages qui reflètent leur sensibilité à fleur de peau. Le "Can't stand to see you go" de Jimmy Reed est une cover bien ficelée, abordée dans l'esprit de ce célèbre bluesman. Un hommage rendu à Reed et son guitariste Eddie Taylor. Rob Stone souffle dans les aigus de son harmonica. Le bon vieux boogie n’a pas été négligé. Et il alimente un des sommets de cet opus : "Gonna boogie anyway", une plage qui adopte le style jump, bien balisé par le piano de Henry Gray ainsi que les saxophones de Viau et d'Allen Ortiz. Du 5 étoiles ! "The tables have turned" a la fièvre et frissonne. Maxwell et Stone s’y impliquent sans la moindre réserve. Le "Little girl" de Bo Diddley clôt l’elpee sur un rythme endiablé. La participation de Corritone est précieuse. Un album de grande classe !

Lower Dens

Twin-Hand Movement

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Absente des circuits depuis 2007, Jana Hunter avait publié deux Eps et deux elpees sculptés dans le folk. Sans oublier un split cd partagé en compagnie de Devendra Banhart. Des œuvres acclamées par critique. « Twin-Hand Movement » n’est pas on nouvel opus réalisé en solitaire, mais un long playing concocté par son nouveau groupe : Lower Dens. Un combo dont les musicos sont, comme elle, issus de Baltimore. Et première constatation, l’Américaine a abandonné ses confidences pastorales pour laisser place à la fée électricité. Tout au long de cet elpee, sa voix douce et profonde est moins mise en évidence. En fait, elle la met davantage au service de l’instrumentation basique guitare/basse/batterie, afin de permettre à la formation de développer un rock atmosphérique, chargé de nuances et souvent convaincant. Le disque recèle même en « Holy Water », un titre instrumental redoutable. Mais en général les compos baignent au sein d’un climat vaporeux, mélancolique, au spleen palpable. Superbe plage ‘shoegaze’, « Tea Light » conjugue parfaitement intensité et harmonie alors que le bouleversant « Rosie » lorgne carrément vers l’univers de Galaxie 500. En fait, ces sonorités ouatées, élégantes, Lower Dens les doit probablement à Chris Coady, producteur qui avait mis en forme « Teen Dream », le dernier album de Beach House. Et pour que votre info soit complète, sachez que ce disque est paru sur Gnomonsong, le label de Devandra Banhart et Andy Cabic (Vetiver).

Si plusieurs écoutes sont nécessaires, afin de bien s’imprégner de « Twin-Hand Movement », cette œuvre constitue certainement un des meilleurs albums paru en ce début d’année !  

 

Daniel Norgren

Horrifying death eating blood spider

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Cet homme-orchestre suédois avait gravé, l’an dernier, "Outskirt", une œuvre particulièrement singulière. Imprégné de blues, folk et world, elle constituait, pour votre serviteur, une véritable révélation. Son nouvel opus, "Horrifying death eating blood spider" est tout aussi imprévisible. A cause des percus tonitruantes, primaires, dispensées par Pelle Nyhage. Et puis de la voix déjantée, scandée à tue-tête. Son blues est brut. Il est alimenté par des accords de guitare amplifiés, répétitifs, dessinant des motifs sans fin. Daniel chante, éructe, siffle comme un révolté. Son attitude est menaçante.

Un climat de torpeur et d’inquiétude envahit "Nr.& Nr.2 Nr.3". Manifestement, ce n’est pas la joie. Il s’abandonne aux tourments des artifices synthétiques, tel un repenti, la corde au cou! Et ce n'est pas "Highbird" qui va nous combler d’optimisme. Calfeutré dans sa maison, au cœur de la nature scandinave, Daniel se confesse à son enregistreur à cassettes. Il triture sa pauvre guitare sans ménagement. "Blind" est une complainte empreinte de mélancolie et de morosité. Sa voix est très assurée, mais les tonalités des instruments sont terriblement fragiles. "Crooked John" pénètre au sein d’un univers postindustriel d'une autre époque. Les sonorités sont indescriptibles. Les percussions accablantes. La flûte dissonante. Nous sommes proches  de l'anoxie, comme oubliés dans une fosse de garage. Daniel adopte un rythme plus enlevé pour aborder "Get the moon up". Son timbre est aussi ravagé que celui de Tom Waits. L’inspiration est nettement puisée dans le pré-war blues. La rythmique s’active pendant que l’harmonica communique un peu de couleurs à l'ensemble. "Mean old devil got on II" est également marqué par ce blues primaire. Il attaque ses cordes sur le fil du rasoir. L’accent est placé sur le message de notre artiste, issu du Nord. Ses riffs deviennent incandescents sur "Lowbird". Un vieil orgue, sorti de nulle part, hurle tel un Zeppelin des années trente! La plus belle chanson est sans doute aussi la plus accessible : "Stuck in the bones". Sa voix semble libérée. Daniel tolère même la présence d'autres musiciens, dont Berra Karlsson, préposé à la steel guitare. Et ses interventions sont judicieuses. Cependant, "Perfect jazz" replonge dans l’univers glauque avant de célébrer sa délivrance, lors de la finale, "Tough it aches". Introspective, cette œuvre est vraiment très originale. 

Omar Rodriguez-Lopez

Tychozorente

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Décidemment, Omar Rodriguez Lopez n’arrête pas de bosser. Et pour cause, le prolifique chevelu a gravé quatre albums (dont ce « Tychozorente »), sans compter ses diverses collaborations et ses projets visuels (entre autres la réalisation de son premier film). L’ancien gaucher d’At the Drive-In est tout simplement incapable de se reposer. Sa création, il veut la publier. Tout ce qui lui passe par la tête. Sous n’importe quel format. Et parfois sans réelle promo (NDR : certains de ses projets sont téléchargeables pour un prix dérisoire). Malheureusement, il faut bien avouer qu’il y a bien longtemps qu’il n’est plus parvenu à produire quelque chose d’abordable, dépassant ses performances psyché à rallonge, parfois à la limite de l’audible (NDR : une exception qui confirme la règle : « El Nuevo Grupo de Omar Rodriguez Lopez »). Une constante, cependant –et « Tychozorente » en est une nouvelle illustration– le très mauvais goût de l’artwork de ses pochettes. Pour la circonstance, il semble tout de même avoir atteint le sommet. Juste par curiosité, jetez-y un œil.  

Sur ce nouvel opus, pas question de guitare. Le génial gratteur la troque contre des claviers, boîtes à rythmes et consorts. Ce projet est né d’une première collaboration opérée en compagnie d’Elvin Estella (aka Dj Nobody) au Japon. Dans la foulée, outre Dj Nobody, Omar a convié sa famille –dont son frère Marcel ainsi que sa femme, actrice et chanteuse, Ximena Sarinara Rivera– à venir se défouler. Tout au long de ce long playing, les quatre musiciens développent une électro ambient minimaliste au cours de laquelle les sonorités insolites se succèdent. Et Rivera pose sa voix sur la majorité des morceaux.

Omar Rodriguez a donc voulu prendre une nouvelle direction en explorant le monde de l’électro. Paradoxalement, pour la première fois, on peut se farcir l’écoute d’un de ses albums, d’une seule traite. Mais l’ennui guette toujours.

 

Sufjan Stevens

All Delighted People (Ep)

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Sufjan Stevens est un artiste incontournable. Alors, quand il publie un disque, on s’emballe avant même de l’avoir écouté. Faut dire que sa discographie est irréprochable. Ce nouvel Ep et paru, voici quelques mois aux States. Il fait suite à « The Age of Adz », une divagation électro-folk parue en octobre 2010. Le génie de la pop moderne nous propose donc « All Delighted People », un disque découpé en 8 morceaux en 58 minutes (NDR : peut-on dès lors parler vraiment d’Ep ?) Et dans un style plus proche de son folk rituel. Et le résultat est largement à la hauteur des espérances. Le morceau maître s’étale sur 11 minutes, une plage ébouriffante, aux mélodies sinusoïdales, parcourues d’arpèges, de flûtes traversières et de chœurs angéliques. « Djohariah » en atteint 17. Un titre presque baroque, corrodé par des guitares détraquées. Et cette construction ‘cathédralesque’, permet ainsi à Sufjan Stevens, suivant son habitude, de modeler des chansons à tiroirs multiples. Si le reste de l’album n’est pas de la même trempe, il recèle encore quelques chouettes compos. A l’instar d’« Enchanting Ghost » ou de « The Owl and the Tanager », dont le charme lyrique est alimenté par la voix douce et claire du trublion américain.

Si la crise économique a frappé de plein fouet l’industrie automobile du Michigan, Detroit a enfanté un des artistes les plus doués de sa génération. Et aussi un des plus créatifs.

Swans

My father Will Guide Me Up A Rope To The Sky

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Avant la sortie de « My Father Will Guide Me Up A Rope To The Sky », j’avoue n’avoir jamais écouté un album de Swans. Bien sûr, j’avais déjà entendu parler de cette formation avant-gardiste américaine fondée en 1982 ; et d’après mes lectures, j’avais compris qu’il s’agissait d’un des piliers de la scène no wave, à l’instar de Sonic Youth. Faut dire aussi, qu’à l’époque de leur séparation, en 1997, je n’étais pas encore mûr pour assimiler ce type de musique. Est-ce une bonne excuse ? Aucune idée. Soit !

Swans vient donc d’opérer son retour, après treize années de séparation, en publiant ce douzième opus, intitulé « My father Will Guide Me Up A Rope To The Sky ». Entretemps, le leader avait quand même entrepris une carrière solo et remonté un autre combo, Angels of Light. Et puis, il ne faut pas oublier qu’il a fondé le label Young God Records, au sein duquel militent ou ont milité, notamment, Akron/Family, Devendra Banhart, Ulan Bator, Lisa Germano et Wovenhand. Le Californien avait déclaré que cette reformation n’était pas destinée à ressasser le passé, mais simplement à reprendre le processus dans l’évolution de la musique du groupe. Il a donc rappelé Norman Westberg, autre membre originel du combo, ainsi que quelques musicos qui avaient déjà bossé en compagnie de Swans.

L’album s’ouvre par « No Words/ No Thoughts ». Un tintement de cloches prélude le développement d’un climat ténébreux et malsain, réalisé par couches sonores successives. Progressivement, le tempo s’accélère. Les drums entrent en lice puis le timbre grave et sombre de Michael Gira. A vous flanquer des frissons partout. Après neuf minutes, le morceau a atteint sa puissance ultime et s’achève dans le drone. L’elpee recèle plusieurs morceaux sculptés dans un dark folk sous tension électrique. Une intensité électricité qui peut même prendre le dessus, à l’instar de « My Birth » ou « Eden Prison ». Des chœurs envahissent « Jim » et « You Fucking People Make ». Devendra Banhart sur l’un et la fille de Gira sur l’autre collaborent aux vocaux.

Manifestement, Swans a eu une influence majeure sur le mouvement dark folk. Et notamment sur un groupe comme 16 Horsepower et surtout Wovenhand. Silver Mount Zion également. Chez qui les similitudes sont flagrantes, lorsqu’ils accompagnaient Vic Chesnutt. Et même sur un groupe belge comme Kiss The Anus of the Black Cat.

Perso, je viens de faire une découverte. Ce qui va m’inciter à me pencher sur l’œuvre de Gira. Qu’elle soit en solitaire, au sein d’Angels of Light ou à travers Swans.

Yann Tiersen

Dust Lane

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Juillet 2001, Eurockéennes de Belfort.

J’ai seize ans et j’assiste au concert de Yann Tiersen, sous le Chapiteau. C’est un grand moment, le public est dans ses petits souliers à l’écoute des accords de piano, accordéon et violon, et à la vue de l'artiste virtuose. Les pieds dans le sol boueux, chacun retient son souffle. L’archet fou use ses crins qui se détachent et dansent frénétiquement. Tiersen est là, dans une densité de concentration assez époustouflante.

La chanteuse qui l'accompagne, Claire Pichet, pose sa voix, visiblement émue et impressionnée par la foule. Ce concert restera gravé dans mon esprit, comme une grande émotion musicale. Des sensations que je peux éprouver de nouveau en réécoutant l'album « Le Phare ». Ensuite, il y a la B.O. d'‘Amélie Poulain’, qui l'a révélée à un public beaucoup plus large. Egalement une franche réussite, même si à force d'écoute et de médiatisation, on a pu s’en lasser.

Que dire aujourd'hui de Dust Lane, sorti fin 2010 ? Tout d'abord, on ne reconnaît pas Yann Tiersen. L’innovation est louable ; il n'est pas si courant qu'un artiste bien assis s'aventure dans une direction inconnue. Tiersen a manifestement le désir de changer, de s’orienter vers des pistes plus électroniques. Dans « Dust Lane », les couches se superposent, créent des ambiances cycliques qui rappellent la B.O. des Virgin Suicide, signée par Air. Des chœurs étoffent le tout, dans des accents parfois médiévaux. Des bruits de petits instruments se mêlent aux enregistrements de l'océan, rappellent Arcade Fire. Mais ces couches de poussière s'amalgament et forment une matière qui manque de pureté, un peu comme lorsque l'on mélange trop de couleurs et que l'on obtient un gris-marron.

Il m'est assez difficile de faire la part des choses, vu la haute estime que je porte à Yann Tiersen. Alors… je m'arrêterai ici, en souhaitant qu’il se remette vite en route, vers d'autres horizons.

 

Various Artists

Keb Darge And Little Edith : Legendary rockin' R&B

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Keb Darge est deejay. Il est aussi spécialiste dans la northern soul et le rockabilly. Danseur lui-même, il aime naturellement les musiques qui alimentent son art. Cet Ecossais était encore, il y a peu, animateur de deep funk et de house ; mais récemment il a décidé d’enflammer un club qui se consacre exclusivement à la northern soul, au jump blues, au vieux R&B et au rockabilly. Little Edith partage la même passion musicale. Ensemble, ils ont donc sélectionné cette collection de plages, qui datent essentiellement des années 50. Elle est d’ailleurs sous-titrée "A collection of Ultra rare black rockers from the 50s and early 60". Un œuvre qui procure beaucoup de bonnes vibrations. Une constante : le dynamisme et le rythme ; mais des morceaux interprétés par des artistes pour la plupart inconnus aujourd'hui! Dommage que l’œuvre ne soit pas accompagnée d’un livret informatif sur ces 20 plages, comme d'autres labels le proposent. A l’instar d’Ace ou Edsel, par exemple, dans des registres semblables.

Le thème du chemin de fer hante "The freedom riders". Imprimée sur un rythme soutenu, cette compo d’Harold Jackson et ses Jackson Brothers date de 1962. Teddy McRae était un saxophoniste réputé. Il a côtoyé Cab Calloway, Lionel Hampton et Louis Armstrong, au cœur des fifties. Il avait choisi pour pseudo Mr Bear. "HiFi baby" est une plage rafraîchissante. Du jump swing très nerveux, au cours duquel tous les instrumentistes se révèlent excellents : le pianiste, le guitariste et le sax ténor. Junior Wells est un bluesman chicagolais notoire ; l’un des meilleurs harmonicistes du style. Il est disparu en 1998. En 1957, il gravait "Lovey dovey lovey one", un rock'n'roll percutant, rehaussé par la présence d’un guitariste très imaginatif. Marie Knight possède une voix assez extraordinaire. Son interprétation du très rapide "I tought I told you not to tell them" traduit une santé éclatante. L’œuvre épingle plusieurs artistes très rock'n'roll, fort proches de Little Richard, mais qui ne manquent pas de talent. Et tout d’abord Bill Johnson, dont le "You better dig it" est parcouru par un piano très sautillant et un sax ténor classieux. Puis Little Ike, dont le "She can rock" déménage, je vous assure! Autre style, le rock coloré de chœurs doowop. Des ensembles qui soignent avant tout les harmonies vocales. Comme les Willows, un quintet de vocalistes de couleur noire, qui a sévi fin des fifties, responsable de "Don't push don't pull don't shove". Les Electras également. Et surtout les Egyptians, lors d’un rockin' R&B étincelant intitulé "Flipping their top". Et non seulement les voix sont superbes, mais la guitare est terriblement contemporaine, fort proche même des meilleurs acteurs du style jump actuel. Parmi les plages les plus légères, pétillantes, en général assez humoristiques, on retiendra le "Pretty please" des Kinglets, drivés par le chanteur Leroy Thomas. Le "Tarzan" d’Artie Wilson est propice à la bonne humeur. Et le "Love blood hound" de K.C Mojo Watson, le "Zindy Lou" des Mariners ainsi que les "Zimba Lulu" des Rays baignent au sein du même climat. Johnny Guitar Watson était un illustre bluesman avant de se convertir au funk. "The bear" nous rappelle qu'à ses débuts, son style émargeait au rock'n'roll originel. Surtout connu comme guitariste, il était influencé par T-Bone Walker et Clarence Gatemouth Brown. Il est mort sur scène. A Yokohama. Il avait 61 ans. Le meilleur est pour la fin : le "That's a pretty good love" de Big Maybelle. Puissante, sa voix reflétait du vécu. C’est une des toutes premières chanteuses de R&B. Cette figure mythique avait entamé sa carrière dans les années 40. Elle avait même enregistré le fameux "Whole lotta shakin' goin' on", deux ans avant Jerry Lee Lewis. Elle est décédée en 1972, après être tombé dans un coma diabétique. Elle n'avait que 48 ans.

Let’s dance !

William Fitzsimmons

In Sickness And In Health

Écrit par

Paru il a deux ans et des poussières, « Goodnight » révélait William Fitzsimmons à un public beaucoup plus large que celui qui s’était intéressé à ses deux premiers travaux. C’est donc sans surprise que son passage au Witloof Bar du Botanique a rassemblé autant de monde que de places disponibles. Une occasion unique de découvrir les nouveaux morceaux du barbu, dans une configuration des plus intimistes.

William Fitzsimmons est vraiment un chic type. Victime d’une extinction de la voix la veille de son passage dans notre capitale, le singer-songwriter ne s’est pas laissé démonter et a malgré tout répondu présent, plutôt qu’annuler la seule date belge de sa tournée. Sous un crâne récemment rasé et derrière sa longue barbe, qu’il arbore élégamment sur la pochette de « Gold In the Shadow », son nouvel LP à paraître fin mars, Fitzsimmons est seul sur scène. Seul, armé de ses guitares et face à son public, l’homme s’excuse avec une bonne pointe d'humour de l’état de ses cordes vocales (‘I sound like Eddie Vedder now…’) et fera preuve tout au long de la soirée d’une générosité sans pareil au niveau des échanges avec ses fans. Et côté setlist, personne n’est oublié. Le chanteur parcourt quelques morceaux de son prochain disque (les magnifiques « The Tide Pulls From the Moon » et « Wounded Head »), ainsi que de jolies reminescences de sa discographie antérieure (« If You Would Come Back Home », « Everything Has Changed », « After Afterall », « It’s Not True »…)

William Fitzsimmons pratique la thérapie par le chant sans tomber dans le lugubre. Car malgré le ton profondément pathos des compositions du folkeux, celui-ci fait preuve d’une bonne humeur communicative, même lorsqu’il parle de son ‘état de dépression chronique’. Pour le rappel, il termine son set en plein milieu du parterre, entouré de sa petite centaine de thérapeutes, pour lesquels il interprète une petite série de requests dont « Afterall » et sa fameuse reprise du « Heartless ». Malgré ses problèmes vocaux, Fitzsimmons a offert ce soir un superbe concert d’1h15 qui restera vraisemblablement autant gravé dans les esprits du public que de l’artiste lui-même. Ce dernier devrait être de retour plus tard dans l’année, accompagné de ses musiciens. On y sera à nouveau sans hésitation !

Organisation : Botanique

Explosions In The Sky 3 fois prudents

Écrit par

Les héros texans du post-rock, Explosions in The Sky, publieront leur cinquième album, “Take Care, Take Care, Take Care”, le 18 avril, chez Bella Union. Et autant vous dire que cet opus est attendu…

Tracklisting

1.  Last Known Surroundings
2.  Human Qualities
3.  Trembling Hands
4.  Be Comfortable, Creature
5.  Postcard From 1952
6.  Let Me Back In

http://explosionsinthesky.com/

Le groupe se produira le 24 mai à l’Ancienne Belgique de Bruxelles.

 

Qwartz 7

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Les Qwartz organisent, cette année, la 7ème  édition de leurs ‘Electronic Music Awards’, du 30 mars au 3 avril, à Paris. L’évènement déménage, afin de réunir la quintessence des musiques électroniques ; c’est donc dans le Théâtre du Trianon, totalement restauré, que se déroulera la manifestation.

Préalablement, une soirée lancera les Qwartz 7 et le festival Némo, pour la première fois partenaires. La date ? Le mercredi 30 mars 2011. Où ? A la Cigale ; et pour la première parisienne de ANNB, le duo composé d’Alva Noto et Blixa Bargeld (Einstürzende Neubauten).

http://www.dailymotion.com/Qwartz

 

The White Stripes: C'est officiellement fini!

Écrit par

The White Stripes n'est plus. C'est le site officiel du duo qui l'annonce. Il ne s'agit cependant pas de différents artistiques ou personnels qui motivent cette décision. Jack & Meg White estiment simplement que le moment est venu de mettre un terme à leur aventure.

Le dernier message du duo à ses fans: "The White Stripes n'appartiennent plus à Meg et Jack. The White Stripes vous appartiennent et vous pouvez en faire ce que vous voulez. Ce qui fait la beauté de l'art et de la musique, c'est qu'ils peuvent durer eternellement si les gens le désire. Merci d'avoir partagé avec nous cette expérience. Nous vous en sommes vraiment reconnaissants."

The White Stripes laissent donc derrière eux une floppée d'albums et de singles cultes, publiés entre 1997 et  2007. Un split plus que profitable pour Jack et Meg qui ont vu, suite à cette annonce, les ventes de leur CD/DVD live "Under Great White Northern Lights" se multiplier de... 2644% en Grande-Bretagne!!  Suit "White Blood Cells" avec 612% et "Elephant" avec 402% de vente supplémentaires cette semaine.

Rendez-vous dans 10 ans pour le 'Reunion Tour" ?

Oh No Oh My

People Problems

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Intro peut-être un peu facile mais, c’est une certitude, les problèmes de nos chers lecteurs risquent de s’alléger en quelques minutes, après avoir écouté ce « People Problems », le second album des Américains d’Oh No Oh My. Et puis, les fans des Shins ou de Yo La Tengo devraient apprécier la musique de cette formation, qui opère donc son retour cinq longues années après sa première livraison! Quelque part entre la fragilité de Minus Story (« Again Again », « I Don’t Know »), l’écriture pop-rock classique des Shins (« No Time for Talk ») et l’évidence mélodique de Death Cab for Cutie (« You Were Right »), les Texans livrent des morceaux d’une honnêteté et d’une qualité rare. Bénéficiant d’arrangements qui frisent la perfection –guitares, cuivres et cordes sont au rendez-vous– leur solution sonore est raffinée par la voix délicate de Greg Barkley. « People Problems » est découpé en 12 morceaux accrocheurs, mélancoliques, aux lyrics subtils, à l’instar de « You Are Right » ou du single imparable « Again Again ». Le point culminant de l’elpee est atteint lors de la ballade folk « Should Not Have Come to This », une compo qui s’achève par les mots déchirants ‘C’est la Vie…’, soutenu par des violons frémissants.

Originaire d’Austin, le combo réunit des multi-instrumentistes qui ont commencé à composer dès l’âge de 14 ans. Ce qui explique leur maîtrise instrumentale indéniable. Et puis lorsqu’on est invité à se produire en première partie des Flaming Lips, c’est qu’on dispose d’un potentiel certain…  

Oh no… vous ne pouvez passer à côté de cette perle issue des bushes texans. Un disque que vous pouvez écouter des centaines de fois, tant les titres se révèlent d’une grande richesse. Oh My… God, le groupe est en concert le 6 mars au Café Video à Gand! A ne manquer sous aucun prétexte.

 

Rob Stone

Back around here

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Rob Stone est originaire de Boston. A 18 ans, il découvre le blues de Charlie Musselwhite. Dès le lendemain, il s'achète un harmonica et se met à répéter. Il est très vite épaulé par l'un de ses concitoyens : Jerry Portnoy. Pas n’importe qui puisqu’il avait milité comme souffleur au sein du Muddy Waters Band. Il part ensuite vivre dans le Colorado où il a l'occasion de rencontrer Sam Lay, batteur et également ancien collaborateur de Muddy Waters. Il engage le drummer pour compléter son groupe au sein duquel figurent déjà Patrick Rynn et Chris James. On retrouve ensuite sa trace à Chicago, soit dans la Cité du blues. En 98, il fonde ses C-Notes. Un combo au sein duquel il a conservé Rynn à la basse et James à la guitare. Dans la foulée, la formation publie un long playing : "No worries". En 2003, le band est signé chez Earwig, un label blues notoire, pour lequel il grave "Just my luck".

Il faut attendre sept longues années avant voir sortir un nouvel opus de Rob : "Back around here". Au sein du line up, il a gardé ses fidèles amis Rynn et James. Et le reste du backing group sont tous des potes, dont son ancien leader, Sam Lay!

Rien de tel pour aborder cette galette qu’un généreux Chicago shuffle. Un excellent blues intitulé "You're no good for me", dont la puissance est alimentée par le piano de David Maxwell ainsi que les grattes de Chris James et de Jeff Stone. Place au jump pour "Back around here", une compo enrichie de cuivres qui respire le swing et au cours de laquelle James tire manifestement son épingle du jeu. Rob adapte le "Love you for myself" de John Lee Williamson (Sonny Boy I). Son style est empreint d’une grande pureté et sa voix chargée de feeling. Aaron Moore au piano et Willie ‘Big Eyes’ Smith aux drums soutiennent parfaitement l’ensemble. La voix de Stone se teinte de soul pour chanter le "Give me time" de Magic Sam, en mode Chicago westside. "I need to plant a money tree" est imprimé sur un tempo euphorique. Rob souffle à la manière de Jimmy Reed avant de prendre un billet de sortie digne de Sonny Boy Williamson II au sommet de son art. Agréable, "Chicago all night" marque un retour au jump syncopé. Willie Hayes frappe solidement sur les peaux, face au piano de Maxwell et les cuivres. Enfin libéré, il souffle en puissance, tout au long de "Love to love about you". Big Eyes imprime un tempo métronomique sur ce morceau assez proche de Little Walter. Il échange un duo en compagnie de David Maxwell sur "Sloppy drunk blues", un vieux classique de Leroy Carr, au cours duquel la pureté de l'harmonica est restituée dans sa meilleure expression. Omniprésents, les saxophones envahissent "It's hard but it's fair", un funky blues, ma foi, fort plaisant. Rob chante autoritairement "Can't turn back the clock", un boogie très rapide qui permet à David Maxwell de se déchaîner sur son instrument. "No string attached" clôt l’elpee. Le tempo est toujours soutenu et les tous les instruments sont bien en place. Mr Stone signe alors brillamment sa dernière intervention comme soliste.

Avey Tare

Down There

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Suppose qu’il n’est pas nécessaire de vous présenter Avey Tare. Ce personnage, est en effet parvenu à révolutionner la musique, au cours des dernières années ! Et pour cause, derrière ce patronyme se cache en effet David Portner, membre fondateur d’Animal Collective, aux côtés de Panda Bear et Geologist, une formation dont l’influence sur la musique moderne n’est plus à démontrer

« Down There » constitue le premier elpee solo de la tête chercheuse de Baltimore. Depuis 2003, il avait quand même publié quelques singles, en solitaire.

« Laughing Hieroglyphic » est parcouru de beats bizarres. La mélodie est féroce, à l’image du masque de crocodile qu’il arbore lorsqu’il se produit seul, sur les planches. Bonne nouvelle, la voix d’Avey n’est pas noyée sous une myriade d’effets. Elle est claire et bouleversante. Mais on se demande, cependant, parfois, si les sessions ne se sont pas déroulées sous l’eau. Le voyage sous-marin d’Avey Tare est riche. Expérimental, électronique, il est truffé de samples. Fruit de ses élucubrations enfumées (psychotropes ?), mais aussi brillantes qu’intelligentes, il évoque autant les Beach Boys (pour les harmonies vocales) qu’Aphex Twin (pour les beats aliens et minimalistes). On est parfois envahi par un sentiment d’inquiétude. Un peu comme si on approchait de la fin du monde (« Heather in the Hospital » et « Cemeteries » abordent le sujet du cancer de sa sœur suivant une démarche proche de celle adoptée par The Antlers). Une musique des ténèbres pour danser seul. Moins contemplatif mais plus sombre que les œuvres individuelles de Panda Bear, « Down There » est tout aussi grandiose.

Les fans d’Animal Collectif devraient apprécier cet opus pas toujours facile d’accès, mais tout à fait audible, de quoi rassurer les non-initiés.

 

Texas Slim

Driving blues

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Robert ‘Robin’ Sullivan est né en 1963. Au Texas. A Dallas, très exactement. En découvrant John Lee Hooker, il contracte le virus du blues. Il fréquente alors un vieux bluesman, Alex Moore. C’est ce dernier qui va lui coller son sobriquet de Texas Slim. En 1983, il se produit régulièrement en compagnie du chanteur de couleur noire, Little Joe Blue. Il prend alors goût à la scène et se met à tourner sans relâche, que ce soit chez le Cold Blue Steel, flanqué de Randy McAllister ou au sein de son propre blues band.

Il avait publié son premier opus en 2002, "I have arrived". Pour concocter ce nouvel elpee, il a reçu la collaboration d’Aaron Comess des Spin Doctors. A la basse, la batterie ainsi qu’aux percussions. Il assure aussi la production. Slim signe les treize plages. Il se réserve également les vocaux.

Le disque s’ouvre par "Welcome to the game", un tout bon Texas blues. Subtilement funky et proche du style d'Albert King, la guitare est constamment à l'avant-plan. Comess sort son artillerie lourde pour propulser son leader sur d’excellents rails, tout au long de "Driving blues", un shuffle percutant. Les lignes de cordes sont excellentes. Manifestement l’homme n’est pas du style à se retourner. Il fonce droit devant lui. Place ensuite à un blues lent torride, très caractéristique. Les inflexions vocales sont dramatiques. Les cordes réverbérées, très amplifiées mais jamais écrasantes. Nous sommes bien à Dallas. "You're hip" sort tout droit des bayous de la Louisiane (NDR : nous n’en sommes pas très loin). Le rythme est bien soutenu. Autoritaire, la guitare réverbère ce léger écho spécifique du style. Du Slim Harpo à la sauce contemporaine! TS maintient la pression sur "Funky love". La rythmique demeure funkysante, bien entendu et la guitare continue de briller sous son meilleur jour. C’est d’une voix plus ou moins ravagée (NDR : un lendemain de la veille ?), qu’il aborde "Deville", un autre blues enrichi par la présence d’un piano électrique et d'une trompette aux sonorités feutrées. Intimiste, créative et mélodieuse, la six cordes se teinte légèrement de jazz. "When it's cold outside" accélère à nouveau le tempo. Une compo efficace exécutée dans l’esprit de Buddy Guy. Il se montre très à l’aise dans l’exercice du blues lent. A l’instar de "High alert", une plage soutenue par le piano acoustique d'Andy Comess. Si vous aimez  Stevie Ray Vaughan dans ce style, vous allez adorer ! Slim réenfile son costume de rock'n'roller. Il aligne l’ABC des riffs chers à Chuck Berry pour nous vanter les vertus de cette "Coffee shop girl". Et afin de diversifier son répertoire, Slim goûte au R&B ("Cool with the flow") au country blues acoustique ("Country home") et même à la ballade roots ("And it is"), une piste sur laquelle TS double dobro et orgue. Et on a encore droit à un bonus track, "Jacqui's house", une plage chantée presque a capella, sur fond de percussions. Quoique sans prétention, cet opus tient la route…

The Unwinding Hours

The Unwinding Hours

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Après l’annonce de la fin du groupe Aereogramme en 2007, Craig B. a repris la composition sans attentes particulières, jusqu’à ce que son coéquipier d’alors, Iain Cook, le rejoigne dans l’écriture oisive de quelques titres sans prétention. Tout en douceur, donc, le duo s’est retrouvé à la tête d’une dizaine de titres et les ont partagés sur MySpace avant de se donner un nouveau nom, sans objectif commercial défini.

Enregistré chez Paul Savage, qui a ‘pris les baguettes’ au sens propre, le disque débute lui aussi graduellement par « Knut », introduction qui pourrait très bien constituer la conclusion de l'album ; basse et accord quasi continus, une montée toute en percussions. Passé ce début épique, l’elpee s’engage dans du british rock pop. Craig B. ne peut vraisemblablement pas cacher la ressemblance de sa voix avec celle d’un autre chanteur originaire de Glasgow : Francis Healy, de Travis. Les influences métal de l’ancienne formation sont perceptibles dans la production de l’album, même si celui-ci recèle cordes et piano sur la plupart des pistes. La plage suivante, « Little One » (tout comme « There are worse Things than being alone », « Solstice » et « Traces »), retombe dans le folk anglais de cette dernière décennie, une simplicité à la Tom McRae. Les rares longueurs noisy rappellent un sage My Bloody Valentine (« Peaceful Liquid Shell ») voire Archive ; les mélodies esseulées et mystérieuses Sigur Rós (« Child », « Traces »).

Les relations humaines constituent le noyau poétique du fruit de leur vécu et de leur travail, mais s’assimilent un peu trop à une potentielle BO de Grey’s Anatomy : le pouvoir nostalgique du présent. L’absence de deadline ou de pression quelconque se réverbère dans leur musique : ils ne sont en effet pas pressés. Les diverses textures et humeurs offrent un tout homogène, joliment orchestré, sensiblement et accessiblement pop.

Various Artists

Tradi-Mods VS Rockers (Alternative Takes On Congotronics)

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Créé en 1980 par le musicien et producteur Marc Hollander, le label Crammed Discs compte plus de 280 albums à son compteur. L’une de ses plus grandes découvertes nous vient du Congo et répond au patronyme de Konono N°1. Cet orchestre de Kinshasa a été fondé, à la fin des 60’s, par Mingiedi Mawangu, un virtuose du likembé (piano à pouce, composé de lamelles métalliques fixées à une caisse de résonance). Mais ces likembés, ce personnage, devenu depuis une légende vivante, il les a électrifiés en les équipant de micros fabriqués à l’aide de vieux alternateurs de voitures. La musique urbaine congolaise s’est ainsi adaptée à ce qu’on appelle désormais les Congotronics (NDR : c’est également le titre du premier elpee de Konono N°1). Mais en perpétuelle recherche, Mawangu est également devenu une influence majeure dans la sphère musicale des beats up-tempo. Ce qui explique pourquoi il a collaboré en compagnie de Bjork ou encore Herbie Hancock. La série des plaques « Congotronics », éditée par Crammed, a évidemment incité de nombreux spécialistes à comprendre l’évolution de ce style. La tentation était donc trop forte et le label a imaginé un combat entre les ‘tradi-mods’ (nom donné à ces musiciens africains) et les ‘rockers’ qui vivent sans cesse sous l’influence des Congotronics.

« Tradi-Mods VS Rockers (Alternative Takes On Congotronics) » présente donc la fine crème du monde indie rock et électro. Des noms ? Deerhoof, Animal Collective, Tussle, Andrew Bird ou encore Optimo. Tous ont établi une connexion entre leur musique et celle des ‘tradi-mods’ pour créer des versions allant parfois au-delà du remixe. Sur une double galette, l’auditeur sent un travail d’orfèvre où les instrumentations urbaines viennent se frotter à l’analogique. On reconstruit des hymnes africains, on y ajoute des subtilités électroniques et l’oreille ne peut qu’apprécier des sonorités qui continuent de hanter les neurones de nombreux musiciens. En accouchant de « Tradi-Mods VS Rockers », l’écurie bruxelloise a réussi un coup de génie. Perso, je dis 5/5 !