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Chris Brokaw and Geoff Farina

The angel's message to me

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A l'écoute de cet album, je ne peux que me remémorer les journées vécues chez tante Gertrude, quand enfant, je devais passer des heures entières à contempler le soleil briller dehors, assis sur une chaise avec comme consigne de ne pas bouger, et ne pas faire trop de bruit. Bref, de veiller à canaliser toute cette énergie qui ne demandait qu'à s'extérioriser. Alors, mes yeux se mettaient en quête de trésors et autres passages secrets éventuellement enfouis derrière telle ou telle pièce du vétuste mobilier familial. Patiemment, j'auscultais chaque recoin, et mon imagination prenait le dessus. Et ces terribles heures d'ennui inéluctables se transformaient doucement en palpitantes découvertes.

C'est qu'à la première écoute, « The angel's message to me » ne procure guère plus de frissons. En découle une impression commune à mes souvenirs. Celle d'une probable et inévitable lassitude qui gagnerait bientôt mes sens déjà engourdis. La première audition me laisse de marbre, passe en arrière-plan dans mon subconscient. Et n'y laisse guère de traces. A priori. Sauf que... Quelques heures plus tard, j'y retourne. Et là, jaillit cette petite étincelle au fond de mon âme d'enfant. Mes oreilles prennent aujourd'hui le relais de mes yeux, et se mettent aux aguets, sondant chaque parcelle de cet album.

Chris Brokaw (ex-Come, ex-Codeine, etc.) et Geoff Farina (ex-Karate, ex-Secret Stars, etc.) n'ont rien à prouver et ne recherchent pas l'esbroufe. Ce recueil de reprises de standards oubliés du blues, le véritable Blues, celui dont les racines s'étendent sous les 'chants' de coton, ils l’ont concocté pour leur propre plaisir avant tout. Soudain, un sentiment de culpabilité m'envahit. J'ai failli lyncher cet elpee, le jeter aux orties sans ménagement. Sans doute ne pas y revenir. Après la deuxième écoute, je commence à m'y attacher. Je sonde plus avant. La poussière s'envole dans un rai de lumière et les ombres dansent sur les murs, découvrant des pans jusque là dissimulés. Des vastes passages s'ouvrent ci et là. Je m'engouffre avec délectation dans cet univers onirique. Je vogue sur le Mississippi.

Ces douze reprises du folklore sudiste mettent en valeur aussi bien la richesse de ces compositions originales que le talent des deux protagonistes. Tout en réserve, ils rendent hommage à ces pionniers d'une musique américaine qu'on aurait tort de trop vite ranger au grenier, sous le vieux gramophone de tata. Mises sous un jour nouveau, ces pépites oubliées retrouvent tout leur éclat. Avec douceur, espièglerie, et sans nostalgie passéiste. Simplement.

Le soir tombe, maman enfile son manteau. Il nous faut nous en aller. Je souris. J'ai passé une bien belle journée.

Cali

La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur

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Malgré son attitude permanente de rebelle ou son air de ne pas vouloir y toucher, Cali s’est hissé comme l’une des grosses pointures de la scène musicale hexagonale. Variétés ou ‘nouvelle chanson française’ ? Le second choix est sans doute plus gratifiant pour l’artiste. Mais après avoir écouté cet album, on est en droit de se poser la question… On a même l’impression d’avaler une soupe destinée à des bobos qui voudraient juste s’encanailler en compagnie du dernier artiste à la mode ou de se la jouer snob, en dénigrant le dernier elpee d’Indochine ou de Marc Lavoine.

En ouverture, « Je sais ta vie » est pompé sur une rythmique d’Arcade Fire. Tout comme « Ma douleur », d’ailleurs. Mais cuisiné à la sauce française. « L’amour fou » est paru en single. Le refrain est simpliste, mais contagieux. Et au public de bobos à la page, on pourrait y ajouter celui de certains ados ; puisque Cali avait fait appel au Geek Rémi Gaillard, devenu une idole pour les kids pour avoir diffusé des sketches dignes des pires pitreries de Jackass sur le web…

L’elpee recèle quand même des titres plus soignés dans le texte. A l’instar de « Je regarde mes 17 ans » ou l’engagé « Lettre au ministre du saccage… » ; encore que perso, sa prose ne me convainc guère.  

Finalement, seul « Nous serons tous les deux » sort le mélomane de son coma. Les références à Brel ou Brassens sont manifestes, mais pas calquées. En outre, le concours de l’orchestre symphonique de Prague donne une toute autre dimension à la compo.

Maintenant, je ne vais quand même pas cracher continuellement dans cette soupe, car Cali est un artiste généreux et ses prestations un peu folles accordées sur les planches valent la peine d’être vécues. Il a aussi des choses intéressantes à dire (NDR : voir l’interview qu’il avait accordée à Musiczine), mais on aimerait quand même qu’il publie des disques qui tiennent la route. Un peu plus révolutionnaires, si vous préférez. Evidemment, il devrait alors prendre quelques risques. Comme à ses débuts. Pour me consoler, je vais aller réécouter le savoureux album de Familha Artús, également issu d’outre-Quiévrain, dont je vous relaterai la chronique, sous cette même rubrique, la semaine prochaine…

 

Drive-By Truckers

Go-Go Boots

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Ce disque est probablement un chef-d’œuvre. Cependant, mes capacités intellectuelles limitées de hard rocker quadragénaire ne me permettent pas de l’apprécier à sa juste valeur.

Petit résumé pour ceux et celles qui, comme votre serviteur, sont restés jusque-là dans l’ignorance de l’existence des Drive-By Truckers, Ce groupe country/alternatif/rock sudiste a été fondé en 1996 à Athens en Géorgie au sud-est des Etats-Unis. Il est actuellement composé de six membres : Mike Cooley (guitare, chant et basse), Patterson Hood (guitare, chant et basse), John Neff  (chant et pedal steel guitar), Brad Morgan (batterie), Shonna Tucker (basse, chant et guitare) et Jay Gonzalez (claviers et chant). « Go-Go Boots » constitue son onzième elpee.

Patterson Hood, le ‘frontman’ du groupe décrit son nouvel opus comme le plus varié qu’il ait jamais enregistré. N’ayant jamais eu l’occasion d’écouter les dix réalisations précédentes, je suis bien obligé de lui faire confiance. D’autant que le chanteur n’a manifestement pas menti. « Go-Go Boots » est, en effet, un album très varié qui passe du lumineux à l’imbuvable en quatorze titres.

Lumineux tout d’abord puisque le groupe propose une collection de titres superbes, dans une palette musicale allant du blues le plus transcendant (« Go-Go Boots », « Mercy Buckets ») à un rock sudiste que je qualifierais de ‘light’ (« Ray's Automatic Weapon », « Used To Be A Cop ») en passant par de jolies ballades soul (« Everybody Needs Love », « Dancin’ Ricky », « The Fireplace Poker »).

Imbuvable ensuite puisque les Drive-By Truckers ont le très mauvais goût de nous infliger quelques titres purement country (« The Weakest Man», « Cartoon Gold », « Pulaski ») qui gâchent carrément la plaque (NDR : ce qui est évidemment un avis personnel motivé par cette tare à laquelle je faisais allusion dans le premier paragraphe de cette chronique).

Si vous aimez le rock, le blues et la soul et que la country ne vous rebute pas ce disque est fait pour vous.

 

Family Of The Year

Our Songbook

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Porté par ses deux papas, les frangins Sebastian et Joseph Keefe, la ‘famille de l’année’ a décroché un petit morceau du soleil californien pour l’étaler en plein cœur de leur discographie. « Our Songbook » est le premier labeur de Family Of the Year à atteindre l’Europe qui, devant tant de positivisme et de bonne humeur, ne devrait pas avoir de mal à l’accueillir les bras ouverts. « Our Songbook », plus spécifiquement destiné au marché français et au Benelux, est en fait la synthèse de « Songbook », le premier album de la troupe, et des quelques Eps qui l’ont précédé. Ce qui explique l’hétérogénéité de la plaque. La fratrie cavale, sans transition, d’hymnes folks pastoraux (« Let’s Go Down », « Intervention (Staple Jean) », « Feel Good Track Of The Rosemead ») à des tubes quasi electro-pop (« Castoff », « Treehouse », l’irrésistible single « Psyche Or Like Scope ») ou des ballades classiques mais efficaces (« No Good At Nothing », « Summer Girl », « Hero »).

« Our Songbook » révèle un large spectre de ce que les six membres de cette sympathique famille à l’esprit hippie sont capables de délivrer. S’il ne s’agissait pas d’une compile, on devrait sans doute souligner le léger manque de cohérence dans le ton de l’ensemble. Reste donc à voir quelle direction Family Of The Year empruntera au sein de leurs prochaines publications. Car le mélange folk et electro-pop sans demi-mesure, tel que la formation l’aborde dans ce « Our Songbook », ne peut pas être gagnant à tous les coups. Mais pour le moment, on s’en contentera bien !

Family Of the Year sera sur les planches du Botanique le 12 février.

 

Sungrazer

Sungrazer

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La pochette au design typé ‘psyché seventies’. L’allusion au label ‘Elektrohasch’ dans l’intitulé. Avouez que vous n’avez pas cliqué sur le lien de cette chronique par hasard ! Vous êtes accro au stoner et même un peu ‘accro’ au rock psychédélique. Vous avez probablement senti qu’il y avait ici quelque chose à vous mettre dans l’oreille. Et bien, on peut dire que vous avez du flair. Sungrazer deale du lourd, du fumé, du psychédélique, de l’hallucinogène. Et du bon, en plus !

Ce trio néerlandais, formé au début de l’année 2009, démontre à sa manière qu’une bonne idée, même vieille de quarante ans, est toujours une bonne idée. Et le rock psychédélique, caractérisé par ses constructions rythmiques hypnotiques, ses longues improvisations tortueuses, ses guitares distordues et ses mélodies planantes, c’était vraiment une bonne idée. Une idée tellement bonne qu’elle avait déjà été reprise dans les années 90 par des formations telles que Monster Magnet ou Kyuss. Ces derniers, en apportant un petit côté plus ‘costaud’ au rock psychédélique, avaient jeté les bases du Stoner Rock.

Sungrazer, à son tour, reprend le flambeau. Il emprunte au psychédélisme et au stoner tout ce qui peut lui permet de nous faire atteindre le nirvana du rock. Mais les influences ne sont pas tout. Il faut encore savoir les utiliser de manière adéquate. Pas de problème chez Sungrazer. Les trois musiciens connaissent le sujet et sont en complète osmose. Ils semblent même se fondre au sein d’une entité unique lorsqu’il s’agit de distiller de longues jams planantes. La basse de Sander Haagmans, distordue au maximum de ses capacités, érige un mur sonore sur lequel viennent se greffer les élucubrations hallucinées de la guitare et des pédales d’effets de Rutger Smeets. Hans Mulders lui, insuffle aux compositions le rythme hypnotique de ses percussions. Sur l’instrumental « Intermezzo », le saxophone de Conny Schneider (NDR : qui accompagne parfois le groupe sur scène) opère une apparition aussi lumineuse qu’envoûtante.

Quarante minutes, c’est finalement un peu court pour pouvoir s’imprégner pleinement de l’ambiance hallucinogène de ce premier opus éponyme. D’après son site internet, Sungrazer serait déjà occupé à préparer une seconde rondelle fumante. Nous l’attendons impatiemment.

 

Josephine Foster

Anda Jaleo

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Joséphine Foster se glisse le temps de cet album dans l'âme andalouse, sous les traits du fantôme de Antonia Mercé y Luque (dite La Argentinita). Célèbre danseuse et chorégraphe espagnole, morte prématurément en 1936 à l'âge de quarante-six ans, elle avait enregistré cinq années auparavant un recueil de chansons populaires espagnoles en compagnie de l’artiste protéiforme Federico García Lorca. Reflet du patrimoine folk(lorique) et hispanique, « Anda Jaleo » s'attache à réactualiser la beauté intrinsèque de l'histoire chantée. Sérieux et appliqué, The Victor Herrero Band soutient la voix troublante de sensualité de cette artiste atypique en reflétant au mieux les ombres et lumières de cette musique d'ailleurs et d'une autre époque. Castagnettes, harpe et guitares portugaises, airs de Flamenco et comptines dramatiques (très beau travail de traduction dans le livret joint) constitue le menu de ce disque qui surprend et enchante l'auditeur égaré dans ses jardins de Séville. En somme, bien plus qu'une espagnolade.

The Gravity Slaves

The Vertigo Chronicles

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Envoyer ses pucelles bouter l’Anglais hors de France, ce n’est plus trop à la mode. Et surtout, c’est un peu anti-européen. La ville d’Orléans a donc dû se résigner à trouver d’autres occupations à ses jeunes concitoyens. Et, si l’on ne peut plus désormais guerroyer avec l’Anglois, on peut toujours essayer de le battre sur des terrains où il excelle : le Punk et le Hardcore. On le sait déjà, les keupons orléanais de Burning Heads s’y emploient depuis 1988. Ils ont même créé leur propre label (NDR : Opposite Prod.) afin de recruter d’autres guerriers iroquois (ou pas) pour mener à bien leur croisade. 

En 1995, les Gravity Slaves, quatre énervés originaires, eux aussi, de la région d’Orléans  répondent à l’appel. Le punk n’est plus désormais une spécialité outre-Manche, ni même outre-Atlantique. Le keupon, c’est français Monsieur ! En quinze ans d’existence, les Gravity Slaves multiplient les attaques. Quelques démos en forme de pétard mouillé permettent quand même au combo d’affiner sa technique. En 2000, le premier pain de plastique s’appelle « Choice ». La déflagration s’entend sur plus de 150 dates de concerts. Rien de tel que l’expérience du combat. C’est sur le front que le groupe prend de la bouteille : « Come Down », sa bombe ‘emo’ explose en 2004. Elle est suivie d’un missile punk rock appelé « Dust » en 2006. Celui-ci détruit tout sur son passage. Depuis, plus de nouvelles. Le groupe était il perdu ? Disparu au combat ? Prisonnier derrière les lignes ennemies ? Que nenni ! Il préparait tout simplement sa bombe atomique.

« The Vertigo Chronicles » est le disque qui va bouter le sourire hors de la face de certains prétentieux punks anglais et américains. Et oui les mecs, il y a moyen de faire du punk sans pour autant pomper la recette éculée que nous resservent depuis des lustres tous les Green Day, Good Charlotte et autres Blink 182. Cette fois-ci, Messieurs les Anglais, ce sont des bouffeurs de grenouilles qui tirent les premiers. Armés de quatorze ogives stockées dans les soutes de son ‘Vertigo Chronicles’, Gravity Slaves ne craint personne.

Au diable l’association contre nature entre la pop et le punk ! Il n’y a pas ici de refrains accrocheurs pour adolescentes pré-pubères en mal de rock’n’roll. Parfois à la limite du hardcore sur « Mosey », « Rocky TV Show » ou « Homeless » par exemple, le punk des Gravity Slaves fricote souvent avec le rock alternatif (« Toxic », « Vertigo »). Le riff de  « Bloodywood », quant à lui, aurait pu sortir de la guitare de Tom Morello à la grande époque de Rage Against The Machine. Tout en restant punk dans l’âme, Gravity Slaves varie les styles et les ambiances. Une seule chose semble être constante : le son, énorme de la basse de Dude.

Jeanne d’Arc is Not Dead !

 

Heaven & Hell

Neon Nights – 30 Years Of Heaven & Hell / Live at Wacken (Dvd)

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Un bon conseil : n’achetez pas ce Dvd si vous n’êtes pas prêts à prendre votre pied ! Imaginez l’inimaginable : revoir Ronnie James Dio sur scène !

Le jeudi 20 juillet 2009, Heaven & Hell prenait d’assaut la scène principale de Wacken Open Air. Personne ne se doutait à l’époque que cette apparition du quartet infernal au célèbre festival allemand serait la dernière performance filmée du plus grand chanteur métal de tous les temps.

Il est probablement inutile de vous rappeler (NDR : mais je le fais quand même, par plaisir) qu’Heaven & Hell était la réincarnation de l’un des line-up classiques de Black Sabbath. Celui qui, en 1981, avait mis en boite le classique « Mob Rules » (NDR : Contrairement à ce que l’on pourrait croire, étant donné le patronyme du groupe, ce line-up n’était pas à l’origine de l’album « Heaven & Hell » de 1980 puisque Bill Ward, le batteur historique de Sabbath y militait encore).

Heaven & Hell réunissait donc Tony Iommi à la guitare, Terry ‘Geezer’ Butler à la basse, Vinny Appice à la batterie et Ronald James Padavona alias Ronnie James Dio au chant. Ce line-up, qui s’était séparé en 1982, peu après la sortie du mythique « Live Evil », s’était brièvement reformé dix ans plus tard pour enregistrer l’excellent « Dehumanizer ». Cet album, mésestimé à l’époque de sa sortie, avait été suivi d’une tournée promotionnelle. Cette dernière était passée par chez nous, dans un Forest National à peine rempli (NDR : souvenir humide…) Peu après, la mythique association s’était de nouveau séparée en mauvais termes, suite à un désaccord concernant un concert en première partie d’Ozzy Osbourne.

Vient alors l’ère ‘Heaven & Hell’. Tony, Ronnie, Terry et Vinny se réunissent une nouvelle fois en 2006 à la demande du label Rhino qui projette la sortie d’une compilation intitulée « Black Sabbath – The Dio Years ». Le label désire proposer au public quelques inédits pour rendre l’objet intéressant. A la surprise générale, l’enregistrement est réalisé sans la moindre difficulté. Beaucoup d’eau a passé sous les ponts en quatorze années. Les vieilles rancœurs sont remisées au placard et l’enthousiasme est au rendez-vous. Le quatuor décide de remonter sur scène. Mais plus sous le nom de Black Sabbath. Le titre ‘Heaven And Hell’ fait l’unanimité. C’est lui qui est choisi comme nouveau patronyme. Le quatuor fait un retour triomphant aux USA. Sa performance au Radio City Hall de New York est filmée. Elle fera l’objet d’un Dvd et d’un Cd live. Le groupe ne s’est jamais senti aussi uni. Peu à peu, l’envie de concocter un nouvel album fait son chemin. L’enregistrement de « The Devil You Know » démarre en 2008. L’album sort en avril 2009. Les réactions du public et de la presse dépassent toutes les espérances du groupe qui s’empresse de partir en tournée promotionnelle. Celle-ci passe chez nous, au Graspop et bien sur en l’Allemagne, au Wacken Open Air. Quelques mois plus tard à peine, on diagnostique un cancer de l’estomac à Ronnie.

Ronald James Padavona, est né le 10 juillet 1942 à Portsmouth dans le New Hampshire (États-Unis). Il s’est éteint le dimanche 16 mai 2010 à l’âge de 67 ans. Ronnie James Dio, lui, ne mourra jamais.

Nous sommes donc le jeudi 20 juillet 2009 et Heaven & Hell prend d’assaut la scène principale du Wacken. Deux Américains (Ronnie et Vinny) et deux Anglais (Tony et Terry) réunis pour défendre leur nouvel album. La foule immense, composée uniquement de métalleux, (c’est le Wacken, ne l’oublions pas) est entièrement dévouée à leur cause. Elle rugit comme un seul homme dès les premières notes de « E5150 » et crie sa joie quand Tony Iommi pose les premiers accords de « Mob Rules ». Qui, plus que l’inventeur du riff métallique, aurait plus sa place que lui au Wacken ? Dio, peut-être, le plus grand chanteur métal de la terre et l’inventeur du célèbre signe des ‘cornes’ du diable qui, aujourd’hui encore réunit bien des fans de métal ? Le public du Wacken est conscient d’avoir la chance de voir en chair et en os, deux véritables dieux vivants du métal. Heaven & Hell égrène ses classiques. Dio est impérial sur « Children Of The Sea ». A 67 ans, il n’a rien perdu de sa voix ni de son incroyable présence. Heaven & Hell choisit aussi de donner une seconde chance à « Dehumanizer » en interprétant deux de ses titres « I » et « Time Machine ». Le nouvel elpee, lui aussi, est bien représenté. Trois plages en sont extraites : « Bible Black », « Fear » et « Follow The Tears » et il faut avouer qu’elles passent admirablement le cap de la scène. « Falling Off The Edge Of The World » reste l’un des morceaux favoris de votre serviteur. La version proposée ici est carrément sublime. Même chose d’ailleurs pour ce « Die Young » introduit par un solo superbe de Tony Iommi et ce véritable incontournable du métal qu’est « Heaven & Hell ». Après avoir fait patienter le Wacken quelques minutes, Dio tout sourire introduit, en rappel un « Country Girl » écourté enchaîné à un « Neon Knights » des familles. Sublime conclusion d’un concert sublime.

En bonus du Dvd, un journaliste donne la parole à chacun des quatre musiciens qui viennent s’expliquer, sans langue de bois, sur la carrière du groupe et sur les raisons de ses différentes ruptures. En final, Iommi, Appice et Butler, visiblement émus, rendent un dernier hommage à leur ami et compagnon de scène disparu.

Horns Up Mr Dio. We Miss You !

Hellbound Glory

Old Highs & New Lows

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Ce n’est pas que je n’aime pas Hellbound Glory. Non. A vrai dire, ils me laissent absolument indifférent. Pourquoi? Parce que je ne suis pas américain. Parce qu’il y a longtemps que je n’ai plus envie de jouer au cow-boy et parce que je ne conduis pas de camion.

Hellbound Glory est un groupe country/bluegrass originaire de la ville de Reno, dans le Nevada. Et ces quatre cow-boys ont beau passer pour des ‘outlaws’ dans leur pays d’origine (NDR : leurs lyrics pas vraiment ‘politiquement corrects’ ne sont pas avares de ‘fuck’ et de sujets qui requièrent probablement un avis parental), pour le commun des Européens, Hellbound Glory, ce n’est pas du rock, enfin pas plus que Dolly Parton ou Emylou Harris. Pourtant dans leur bio, les Américains avouent être influencés par le rockabilly. On n’en retrouve malheureusement aucune trace sur leur second album, « Old Highs & New Lows ».

L’année dernière j’avais pourtant passé un très bon moment en écoutant l’album « Killer Grass » d’Hayseed Dixie et ses reprises country/hillbilly hilarantes de Black Sabbath, Queen, Allman Brothers Band et bien d’autres. L’écoute d’« Old Highs & New Low » constitue donc un véritable calvaire pour mes oreilles réfractaires à tout ce qui s’approche de près ou de loin au générique de la série « L’homme qui tombe à pic ».

Si les disques de Hank Williams Senior, Johnny Cash, Waylon Jennings, David Allen Coe, Merle Haggard et Willie Nelson ornent les rayons de votre cédéthèque, nous ne sommes probablement pas amis. Cependant, il y a de fortes chances pour que la musique d’Hellbound Glory vous fasse frémir le stetson et vous donne envie de chevaucher un pur-sang à travers les étendues sauvages du Far-West.

Howdy !

Iron & Wine

Kiss Each Other Clean

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Depuis la publication de « The Shepperd’s Dog » et l’Ep « In The Reins », disque pour lequel il avait reçu une collaboration particulièrement fructueuse de Calexixo, Sam Beam a décidé de mettre un peu de rythme dans sa solution sonore ; jusqu’alors à forte concentration acoustique. Le barbu américain a donc quitté Sub Pop et signé récemment chez 4AD (en Europe). Et il nous propose donc son nouvel elpee, « Kiss Each Other Clean », une œuvre cohérente et encore plus lumineuse, concoctée sous la houlette du producteur Brian Deck.

Habile conteur, le natif de Caroline du Sud narre encore et toujours des histoires d’amour, de rêves perdus ou pose des réflexions sur la religion, d’une voix au timbre d’une douceur infinie. Sur cet opus, les influences sont puisées manifestement chez Fleetwood Mac (les harmonies vocales) et la soul (les classiques de la Motown). Ce qui lui permet de délivrer de véritables perles de folk à tendance soul. Et je pense tout particulièrement à « Half Moon » ou « Godless Brother in Love ». L’ombre de Stevie Wonder voire d’Elton John plane même sur « Monkeys Uptown » et « Glad Man Singing ». En enrichissant « Big Burned Hand » et « Me and Lazarus » d’une section de cuivres, l’artiste parvient à apporter une autre dimension à sa musique. Qui se révèle alors bien plus légère. Faut dire que le concours des musiciens de Califone et du Chicago Underground Duo n’y est probablement pas étranger. Cet opus constitue la première bonne surprise pour 2011. Et seconde bonne nouvelle, il se produira en concert, le 16 février, à l’Ancienne Belgique de Bruxelles !

Alain Louie

Vieil Indien

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Louvaniste pur jus et fils de forains, Alain Louie ne pouvait que s’engager dans la voie du spectacle. A son tour, il devient dès 2004 une attraction mais musicale, pas foraine. Quoique…

Cette année-là, flanqué de son band, il remporte la demi-finale du Rock Rally organisé par le magazine ‘Humo’ et se fait remarquer par un titre qui restera culte dans l’histoire du groupe, « Anni Versaire », repris et réarrangé sur ce « Vieil Indien ».

En 2007, Alain et ses comparses, Mathias Moors (basse), Philippe Bruffaerts (guitare), Bruno Fevery (guitare, piano), Daan Van den Bergh (percussions), Stoy Stoffelen (batterie) sortent leur premier album « L’amour sans Pédales ».

Soutenu par ses « Talons Gitans, il préfère la langue de Molière à celle de Vondel pour exprimer toute sa verve. Force est de constater que de temps à autre, il semble à la recherche de ses mots et que ses choix ne sont peut-être pas les plus judicieux ; car il franchit parfois (volontairement ?) les portes de la vulgarité…

A tort ou à raison, on le compare à Arno (qu’il invite à une dégustation dans « Escargots »). Il est vrai que d’entendre un néerlandophone chanter en français pousse indéniablement à la comparaison. Cependant, grâce à ses créations ‘punky/gitan-chanson rock aux vibrations reggae’, Alain Louie a développé un style qui lui est propre.

Outre sa nouvelle version d’« Anni Versaire », l’elpee recèle « Cinéma », une chanson composée par Renaud Ghilbert (Absynthe Minded), une reprise du « Ma Lou Lou » de Marc Aryan et 4 titres interprétés en dialecte de Louvain dont « Raa Aar » (‘Œuf cru’, tout un programme !) Bref, Alain Louie ne laisse pas indifférent.

En ces temps politiquement perturbés, pourquoi ne pas jeter une oreille à cet album inclassable mais amusant et surtout bien balancé, qui nous ferait croire parfois que Dick Annegarn chante du Bashung.

A découvrir, juste pour le fun !

 

Xavier Mérand

Phare Ouest

Écrit par

Xavier Mérand est un auteur-compositeur-interprète parisien né en 1974. Depuis sa naissance, il est atteint par la rétinite pigmentaire, une maladie génétique de la rétine qui le rend quasiment aveugle. Ce qui ne l’a pas empêché pas de se lancer dans la chanson dès 1997. Ne s’apitoyant jamais sur son sort, Xavier sort son arme favorite, l’humour, pour interpréter en 2005 « La chanson du bigleux » qui raconte son handicap avec légèreté. Ce titre est issu de son premier album « Toutes les histoires ont une chanson » où il manie l’humour et en particulier l’autodérision, pour évoquer les petits soucis du quotidien.

En 2007 il enregistre "Je vends comme je respire" un cd 3 titres, réalisé par Christophe Devillers, contrebassiste de la chanteuse Juliette.

En cette fin d’année sort "Phare Ouest" un nouvel elpee partagé en 12 chansons ; un disque mis en forme par le guitariste Franck Perrolle. Xavier Mérand a confié ses textes à 12 compositeurs différents (Romain Didier, Ignatus...) Ses textes, plutôt bien écrits traitent de sujets très actuels : les erreurs judiciaires, le dopage, la solitude, la vieillesse ; mais cette œuvre ne broie pas que du noir. On y retrouve ainsi un duo pétillant, voire croustillant, partagé en compagnie de la chanteuse Agnès Bihl, sur « Paradis rose ».

Xavier Mérand se présente donc comme un auteur et interprète d’une chanson légère et ironique, mais susceptible de proposer une face plus sombre, plus dramatique.

Difficile, cependant, d’écouter ce long playing jusqu’au bout, car même si les lyrics sont bien torchés, on regrettera cette régularité mélodique qui après quelques titres semble devenir répétitive, donnant l’impression que chaque chanson a été façonnée dans le même moule musical. D’ailleurs, les chansons parviennent rarement à faire lever le public pour entrer en communion avec l’artiste. Dommage…

Muziek de Singe

Les Nuages ne font pas de lait

Écrit par

J’avoue ne pas être un grand amateur de musique manouche et encore moins de jazz. C’était donc en manifestant une certaine appréhension que je me suis attaqué à cet album de Muziek de Singe. « Les Nuages ne font pas de Lait » constitue leur premier opus. Il est le fruit de plusieurs années de dur labeur.

L’album s’ouvre par quelques notes de guitare et de contrebasse. Progressivement, un saxophone vient s’immiscer dans le jeu de quilles et instinctivement, sans trop savoir pourquoi, on se met taper du pied. En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, les cinq musicos nous invitent à accomplir un périple à l’Est de l’Europe. On survole les paysages balkaniques si chers à Emir Kusturica. On pense à Beirut, A Hawk and A Hacksaw. Quelques morceaux plus tard, on se retrouve sur la place Troubnaïa à Moscou (NDR : ce n’est pas votre serviteur qui l’affirme, mais les notes de la pochette !) lors d’une plage au titre évocateur : « La maison de la rue Troubnaiä ». Quant aux dialogues échangés sur « Pispot’douille », elles évoquent carrément la poésie allemande ! Chaque morceau et une nouvelle étape dans ce voyage sonore. Ce premier elpee transite par toutes les humeurs, tous les genres. Personnellement j’avoue avoir un petit faible pour « Cheval ». Il débute paisiblement avant de nous entraîner dans un tourbillon sans fin, comme lors d’une soirée haute en couleurs, oscillant de la jouissance à la dérive et s’achevant par un dernier sursaut d’orgueil, avant de rentrer se coucher effondré.

Cette bande de gais lurons se produira ce 29 janvier au Petit Théâtre de la Grande Vie à Namur. Soirée festive en perspective.

Owen Pallett

A Swedish Love Story (Ep)

Écrit par

Certains artistes sont de véritables stakhanovistes! Prenez le cas d’Owen Pallett (ex-Final Fantasy). Non content d’avoir participé à la confection de l’album de l’année, « The Suburbs » d’Arcade Fire, et d’avoir publié un très bel album solo, le Canadien a trouvé le temps de graver un nouvel Ep fort sympathique, en septembre. Découpé en 4 titres, « A Swedish Love Story » démontre à nouveau son incroyable maîtrise du violon. Des compos sculptées dans la pop, sises, quelque part entre son travail introspectif opéré en solo et celui accompli pour Arcade Fire, notamment au niveau des arrangements, évidemment somptueux.

« A Man With No Ankles » ouvre la plaque. Une compo qui s’inscrit parfaitement dans l’esprit des dernières œuvres de Caribou. Le pizzicato sautillant cher à Pallett est accompagné d’une voix détachée et d’un beat discret mais efficace. Un single en puissance, qui justifie à lui seul –probablement– l’achat de cet Ep. Sur « Scandal of the Parkade », Pallett en revient à ses fameuses tempêtes de violon très caractéristiques, qu’il produit avec une rapidité éblouissante. Plus ténébreux, « Honour the Dead, or Else » nous plonge dans une ambiance presque gothique. La voix cristalline de Pallett se lie parfaitement aux synthés glacés et aux boucles de cordes. Ce petit quart d’heure de détente s’achève par « Don’t Stop », un titre pop presque dansant. Et un autre single en puissance.

Le Canadien vient probablement de livrer les nouvelles pistes qu’il compte explorer dans le futur.

 

Mike Posner

31 Minutes To Takeoff

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Mike Posner est un jeune homme de 23 ans dont le premier album, « 31 Minutes To Takeoff », vogue sur le courant commercialement dominant du R’n’B-electro. Black Eyed Peas, Usher, Rihanna, Flo Rida et consorts en ont fait leur fond de commerce depuis quelques années et, inévitablement, des pseudos-artistes surfant sur cette vague ne cessent d’émerger. Posner est l’un de ces clones. Vous n’avez certainement pas pu échapper cet été à son hit « Cooler Than Me », exemple parfait du battage radiophonique.

Si vous pensiez qu’entendre ce morceau à longueur de journée était douloureux, pensez à ceux qui auront du se taper les 13 plages de ce « 31 Minutes To Takeoff » à l’insu de leur plein gré. J’ai beau chercher du bon dans cette plaque, impossible de passer outre la voix nasillarde de Posner. Ses ritournelles assommantes sont destinées à un public adolescent féminin qui cherche une version ‘upgrade’ de Justin Bieber. Même sa tentative de délivrer un morceau soul, qui aurait pu, à la limite, sauver le disque du naufrage complet, est anéantie par des chants monocordes. Mais la palme revient aux ballades « Synthesizer », « Save Your Goodbye », « Falling » et, surtout, à « Cheated » et son insupportable refrain tout juste bon à flinguer les écouteurs. Et on frissonne déjà à la perspective d’un prochain album, regorgeant probablement de featurings à la mord-moi-le-nœud. Non. Mille fois non.

Le 6 mars à la Rotonde du Botanique. Et c’est complet…

The Radio Dept

Passive Agressive - Singles 2002-2010

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Les leaders de la scène indie rock suédoise soldent leurs anciens singles ! « Passive Agressive » est une sorte de ‘Best Of’ divisé en deux parties. Il réunit tous leurs singles –dont les 3 titres utilisés pour le ‘Marie-Antoinette’ de Sofia Coppola ainsi que « Domestice Scene », issu de leur magnifique dernier opus– et les raretés parus entre 2002 et 2010. Un recueil destiné aux fans et surtout aux futurs fans.

Peu avare, le trio nous propose donc 28 morceaux répartis sur deux cds. Deux albums pour le prix d’un ! Une belle collection au cours de laquelle on retrouve leur dream-pop à légère tendance noisy, qu’on pourrait imaginer à la croisée des chemins de Saint Etienne et de Tough Alliance. Leurs sonorités vaporeuses, fuzzy et shoegaze se marient à merveille aux mélodies parfaites et fragiles. Les perles sont ici enfilées, avec une régularité de métronome (« Where Damage isn’t Already Done », « This Past Week », « Annie Laurie », etc.) Elles sont même légion tout au long de cette compilation. Responsable d’un superbe troisième elpee, l’an dernier, intitulé « Clinging to a Scheme », la formation nous offre, à travers cette double plaque, une belle porte d’entrée pour pénétrer dans leur univers particulièrement riche. Une œuvre indispensable quand on sait qu’une multitude de combos contemporains, parmi lesquels figurent Neon Indian, Best Coast, Dum Dum Girls et Wavves, puisent leur influences chez le band suédois.

Screeching Weasel

Television City Cream

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Screeching Weasel est un groupe punk rock originaire des faubourgs de Chicago. Un ensemble formé en 1986 par Ben Weasel et John Jughead, deux ados fascinés par les Ramones. Des années plus tard, les ‘Belettes Hurlantes’ fascinent à leur tour une ribambelle de keupons en herbe. Et notamment Green Day et Blink 182 qui les citent comme l’une de leurs influences principales.

Screeching Weasel connaît une carrière en dents de scie, ponctuée de multiples séparations/reformations ainsi que d’un nombre incalculable de changements de personnel. La dernière réunion date de 2009. Pour la première fois depuis ses débuts, Weasel n’est plus accompagné de Jughead. Apparemment, un désaccord a éclaté au sein du line up…

Le label Fat Wreck Chords propose ici une version remixée et remastérisée de l’album « Television City Cream », paru originellement en 1999. Cinq titres bonus ont été ajoutés aux quinze qui figuraient sur la plaque originale, portant ainsi sa durée totale à 36’40 minutes.

Dans ses meilleurs moments, Screeching Weasel évoque un remake très acceptable des excellents Ramones (« Dummy Up », « Video »). Sur les compositions les plus pop punk (« Dirty Needles », « My Own World », « Punk Rock Explained »), nous n’avons aucun mal à déceler ce que Green Day, par exemple, lui a emprunté. Quelques plages plus violentes (« We Are Generation X », « Plastic Bag », « I don’t Give A Fuck », Only A Test) pourraient probablement intéresser les amateurs de hardcore mélodique).

Sans être la révélation du siècle, « Television City Cream » est un bon elpee qui interpellera autant les amateurs de punk rock mélodique les plus anciens que les amateurs de punk pop de la nouvelle génération. A découvrir ou à redécouvrir.

Sore Eros

Know touching

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Songwriter à la carrure inversement proportionnelle au registre vocal, Robert Robinson a choisi pour patronyme Sore Eros. Voix de fausset et chant fragile, grincements de dents et vraies/fausses bonnes idées se conjuguent pêle-mêle sur cet elpee. Grand fourre-tout Lo-Fi, cet hymne au ‘do it yourself’ libère une mélancolie certaine sur fond de spleen paresseux. Songwriting brumeux marié à divers traitements sonores, les douze compositions de cet album se diluent dans l'espace sonore en nuées évanescentes. Un peu mou du genou sur l'ensemble, il n'en demeure pas moins que sous ce vernis craquelé se dessine de réelles chansons qui quelque part arrivent à toucher au cœur. A l'image de « Make it louder » ou de « Yellow dress », des chansons simples mais parées d'atours désarmants. Alors, certes, au niveau justesse, l'univers de Sore Eros est bancal et tangue sur un fil au dessus du vide. La moindre brise menace de tout faire basculer. Mais de façon improbable, et à la manière d’un équilibriste Robinson arrive à garder le cap et poursuivre sa marche en avant. Il n'est pas certain qu'il en aille de même pour tous les mélomanes.

Spokes

Everyone I Ever Met

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Spokes ou la première excellente surprise de 2011. « Everyone I Ever Met », le premier album de ce quintet mancunien, est à priori assez éloigné de ce à quoi le label Ninja Tune nous avait habitués jusqu’ici. Pas de trip-hop ou de bidouillage électronique. Spokes délivre un disque indie-pop raffiné, classieux, aux mélodies et aux chœurs célestes. Bien que la formation cite Kate Bush ou Neil Young comme inspirations principales, « Everyone I Ever Met » évoque principalement Arcade Fire et, surtout, My Latest Novel. L’écriture et la manière dont les chœurs sont dispensés rappellent d’ailleurs à plusieurs reprises le magnifique « Wolves » de leurs cousins écossais. Alternant longues plages atmosphériques et petites ritournelles pastorales, Spokes propose une œuvre introductive en tous points irréprochable. Le quintet a trouvé le juste milieu entre la légèreté des mélopées et la complexité de leurs arrangements. Des arrangements quasi post-rock.

Pour sa première œuvre, Spokes n’a pas froid aux yeux et place la barre à des hauteurs que ses membres risquent bien d’avoir du mal à atteindre derechef lors de leurs prochaines pérégrinations en studio. Du moins, s’ils suivent les traces de My Latest Novel, dont on pointera discrètement du doigt l’échec cuisant de « Death & Entrances ». En attendant, l’envol de Spokes est du plus bel effet et « Everyone I Met » a de grandes chances d’être l’un des disques incontournables de 2011.

Spokes passera ce 2 mars par le Café Video de Gand dont la programmation est, décidemment, à tenir à l’œil.

 

Kelley Stoltz

To dreamers

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‘Do you want to Rock and roll with me, do you want to lose control with me?’ invite le premier titre (« Rock & Roll with me »). Et d'emblée, on emboîte volontiers le pas à ce débonnaire Californien au timbre de voix chaleureux et au déhanchement 'Kinksien'. Bercé par les mélodies maniaques de Brian Wilson, cet amoureux de Pop aux accents anglophones revisite le musée des ses illustres icônes, des Beatles à Syd Barrett, pour en tirer toute la quintessence afin de la régurgiter en une matière diablement corrosive. Emballant d'un bout à l'autre, cet elpee jubilatoire est une vraie réussite à plus d'un niveau. Point de vue moteur d'abord. Difficile de résister au désir de se déhancher à l'écoute de la plupart des titres et surtout du parfait « I like, I like », dont le saxophone ensorceleur met en lumière cet hymne à la bonne humeur. Ensuite d'un point de vue cérébral, tant la palette de subtilités sonores permet une attention plus affûtée à chaque nouvelle écoute. Et enfin, d'un point de vue sensible. Car non content d'être efficace, « To Dreamers » est un album qui dégage une grâce intemporelle.

Se fendant d'une reprise de Pete Miller, musicien anglais somme toute oublié, Kelley Stoltz enlumine « Baby, I got news for you » et dépoussière un titre taillé sur mesure à ses aspirations psychédéliques.

Retour dans les années soixante en y ajoutant un feeling actuel, donc, à l'instar d'un Austin Powers au charme insolent.

Le dépouillement de « Bottle up », dernier morceau enregistré 'at home' ramène au final l'auditeur sur cette plage où il fait bon s'abandonner aux derniers rayons de soleil. Ce soir, les flammes danseront en montant vers le ciel et il sera toujours temps de se réveiller.

 

Bullet

Highway Pirates

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En découvrant l’album « Bite The Bullet » du groupe Bullet en 2008, votre serviteur avait été l’un de ceux qui avaient cru au retour à la vie du groupe hard rock allemand des eighties. Celui-là même qui avait bercé sa jeunesse au son de deux plaques vinyliques d’anthologie, les terribles « Execution » de 1982 et « No Mercy » de 1984. Grossière erreur, car ce Bullet-ci était beaucoup plus jeune (NDR : formé en 2001) et d’origine suédoise, issu de la ville de Växjö plus exactement. Pourtant, il était facile de tomber dans le piège : même patronyme, style musical similaire et vocaliste au timbre quasiment identique. 

Passée la déception de ne pas avoir assisté à la résurrection de l’un de mes héros de jeunesse, il a bien fallu me faire une raison. Le Bullet allemand était mort et enterré (NDR : Pas tout à fait puisque certains de ses membres militent encore chez U.D.O.). Tant pis d’ailleurs, puisque le petit Suédois est carrément aussi bon, si pas meilleur que son aîné.

« Highway Pirates », le nouvel opus du quintet, est un rêve devenu réalité pour les oreilles d’un fan de hard rock/métal des eighties. Imaginez un combo qui ‘rocke’ aussi dur et fort qu’Accept, AC/DC et Krokus à l’époque de leur gloire !

Comme l’étaient les albums classiques de ces trois géants du hard rock, « Highway Pirates » est un florilège de riffs entraînants et de refrains à chanter à tue tête. Une collection de titres qui font taper du pied et donnent envie de se secouer ce qui reste de sa calvitie. « Highway Pirates », « Stay Wild », « Blood Run Hot » ; chaque titre est un hymne à la gloire du hard rock. Les vocaux écorchés de Dag Hell Hofer empruntent autant au style d’Udo Dirkschneider (UDO, ex-Accept) qu’à celui de Brian Johnson (AC/DC). 

Bullet n’invente pas la poudre, mais il sait la faire parler. Si vous aimez le hard rock sans fioritures, « Highway Pirates » est une pépite du genre. L’achat indispensable de ce début d’année.