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Witchery

Witchkrieg

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Witchery est au thrash/black/death métal ce que Chickenfoot est au hard rock : le ‘super-groupe’ ultime. A l’instar du groupe de Sammy Hagar et Cie, tout le monde chez Witchery est titulaire d’un pédigrée impressionnant. Sharlee D’Angelo, par exemple, est le dernier bassiste connu de Mercyful Fate. Il pratique aussi son art de la quatre-cordes chez Arch Ennemy et Spiritual Beggars. Patrick Jensen, lui, est l’un des guitaristes du combo thrash The Haunted. Il a jadis milité chez Brujeria et Satanic Slaughter. Rille Rimfält, l’autre six-cordiste est également un ex-Satanic Slaughter. Il distille dorénavant ses riffs death métal au sein de Seance. Quant à Martin ‘Axe’ Axenrot, il manipule ses baguettes magiques chez Bloodbath et Opeth. Le dernier engagé de la bande, Erik Hagsted (alias Legion) a connu son heure de gloire quand il était le hurleur des black métalleux de Marduk. Il continue actuellement son discours morbide au sein de Devian.

Il est vrai qu’un collectif de musiciens célèbres ne suffit pas toujours pour accoucher d’un bon disque. Cependant, chez Witchery, la mayonnaise a pris instantanément. Intitulé « Witchkrieg » (NDR : déjà le sixième pour ce groupe dont le premier méfait discographique remonte à 1998), ce nouvel opus est tout bonnement excellent. Comme pour ses réalisations précédentes, Witchery invoque Destruction, Kreator, Celtic Frost, Sodom et tous les autres dieux du thrash européens des années quatre-vingt. La batterie d’Axenroth est dantesque. Quant aux riffs, ils sont furieux et acérés, souvent speedés et brutaux, mais aussi lourds et malsains. Ce métal sauvage et primaire est boosté d’une bonne dose de black et de death métal comme il fallait s’y attendre de la part de musiciens issus des scènes extrêmes scandinaves.

Quelques invités de marque viennent renforcer cette palette, déjà pourtant impressionnante,  de V.I.P.s. En effet, pas moins de six guitaristes légendaires du métal classique et du thrash ont collaboré au projet : Kerry King (Slayer), Hank Shermann (Mercyful Fate), Andy LaRocque (King Diamond), Jim Durkin (Dark Angel), Gary Holt et Lee Altus (Exodus). Ils sont venus illuminer « Witchkrieg » de leurs soli cristallins.

A l’heure où le thrash métal semble vouloir revenir en force, « Witchkrieg » arrive à point nommé pour donner une bonne petite leçon de violence à tous les jeunes groupes qui voudraient se lancer dans l’aventure. Une bombe, ni plus, ni moins.

Band of Skulls

Baby Darling Doll Face Honey

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Black Sabbath, Led Zeppelin et les White Stripes. Que de belles références pour ce « Baby Darling Doll Face Honey ». C’est ce qui est proposé au menu sonore du premier elpee de cette formation insulaire (Southampton). Malheureusement, dans l’assiette, on ne peut pas dire qu’il s’agisse de fine gastronomie musicale. Et la digestion est plus que difficile. En fait, les plats de Band Of Skulls sont préparés industriellement. Dans un but purement commercial. Etonnant, lorsqu’on se rend compte que les musicos disposent d’un talent certain pour faire autre chose. Les riffs passent bien la rampe ; d’ailleurs, le guitariste est loin d’être un manchot. Les fûts fument dans l’allégresse. Les arrangements sont d’excellente facture. Mais le tout est dispensé tellement paresseusement, qu’un sentiment de lassitude nous envahit progressivement. De quoi se demander si le choix de leur patronyme était vraiment judicieux. Le trio aurait-il confondu satanique et statique ? Avant d’opter pour Band Of Skull, le band répondait au nom de Fleeing New York. C’est peut-être une explication. Des Britanniques qui pratiquent un hard FM américain. Pas de quoi être fiers. Ne reste plus à espérer que le combo décide de changer de fusil d’épaule. De démontrer son véritable potentiel. Lors de l’enregistrement de son prochain album, par exemple. S’il y en a un, évidemment…

Barrelhouse

Vintage blues

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Lorsque le british blues a éclaté au cœur des sixties, la contagion n'a pas tardé à se propager en Europe et tout particulièrement aux Pays-Bas. Flanqué de ses Blizzards, Cuby (Harry Muskee) a rapidement rempli, chez nos voisins du Nord, le rôle des Bluesbreakers de John Mayall, entraînant dans son sillage bon nombre de disciples, parmi lesquels on retiendra surtout Livin' Blues, Oscar Benton, Rob Hoeke, les Bintangs, Flavium et, un peu plus tard, Barrelhouse, une formation que j'ai toujours beaucoup appréciée !

Ce band sillonne les pistes du blues depuis bien longtemps. Et pour cause, il est né en 1974. Au sein du line up figurait déjà la chanteuse à la voix délicate Tina Schoemaker, les deux frères d'origine javanaise Johnny et Gus Laporte, le pianiste Han Van Dam, ainsi que le drummer Bob Dros et le bassiste/accordéoniste/harmoniciste Jan Willem Sligting. A cours de l’hiver dernier, ils ont décidé d'enregistrer des classiques du blues, écrits avant la fondation du combo. Faut dire que c’est ce qu’ils préfèrent jouer ; et aussi ce qu'ils font de mieux!

‘Back in the years when blues started to be original’, nous annoncent-ils avant d’entamer les hostilités par un morceau de folk traditionnel intitulé, "Oh death". Séduisante, cette plage d’excellente facture est marquée par un riff solennel produit par la guitare rythmique des frères Laporte. Bob Dros caresse ses fûts. Le timbre vocal de Miss Tina est délicieux. De brève durée, le solo de guitare est un véritable joyau. Limité à quelques notes, il est cependant gorgé d'intensité dramatique. L'intro du "I love the way I live" de Muddy Waters me rappelle le blues des 60’s. Celui du Chicken Shack de Stan Webb et Christine Perfect, tout particulièrement. C’est-à-dire des débuts du groupe. Face au piano de Han van Dam, les cordes libèrent des sonorités arides et travaillées. Nostalgie quand tu nous tiens… Le tempo s'accélère. Tina secoue sa longue chevelure bouclée avant de croquer (NDR : oh la gourmande !) "Shake 'em on down", un autre traditionnel au cours duquel 'Barrelhouse Bailey' van Dam étale tout sons savoir-faire aux ivoires. Un véritable travail d’orfèvre accompli par un des plus grands disciples de l'inoubliable Otis Spann, pendant que les frères Laporte se démènent à l'arrière-plan. Superbe ! "Comeback baby" est un slow blues issu de la plume de BB King. Dès l’ouverture, le feeling est très présent. Van Dam passé à l'orgue Hammond. La voix de Tina est savoureuse, chargée de passion. Et les quelques notes dispensées par les frangins Laporte tapent littéralement dans le mille. Le "Bring it on home" de Sonny Boy Williamson est aussi convaincant. Une compo au cours de laquelle Jan Willem a troqué sa basse contre un l'harmonica. L’émotion est à son comble tout au long du "God bless the child" de Billie Holiday ainsi que du "Midnight hour blues" de Leroy Carr. Deux compos sculptées dans le préwar blues. Deux duos également. Auxquels participe Tina. Lors du premier, elle murmure face au banjo gémissant de Johnny Laporte. Et du second, elle est soutenue par le piano de Han. L’elpee épingle deux covers de John Lee Hooker : "Groundhog blues", une plage au cours de laquelle Laporte attaque ses cordes sèchement, à la manière du maître, comme le faisait si bien Tony Mc Phee des Groundhogs ; et en finale, une version honnête d’"It serves me right to suffer". Le combo batave ne semble d’ailleurs pas plus inspiré, lorsqu’il adapte "Spoonful" et "Meet me in the bottom" de Willie Dixon. A contrario, leur version du "Mean old world" de Little Walter est superbe. Pas d’harmonica, mais le piano vivifiant de van Dam. Quant à la reprise solennelle du "Weary blues from waiting" de Hank Williams, elle conjugue judicieusement accordéon et cordes. Manifestement, Barrelhouse a pris un énorme plaisir en enregistrant cet opus. Et il est partagé. Dès lors, pas question de le bouder…

The Baseballs

Strike

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The Baseballs. Une blague ou quoi ? Mon redac-chef adoré aurait-il voulu me faire un poisson d’avril (NDLR : en juin ?) Faute avouée est à-moitié pardonnée. Alors, un aveu ? (NDLR : restons dans le thon !) Ben apparemment non les amis. The Baseballs est une formation qui se prend très au sérieux. Un vrai groupe dont le vocaliste chante dans un micro et les musicos se servent de véritables instruments. Sans oublier le look. Et quel look ! Attifés comme Fonzy dans « Happy Days », The Baseballs ont adopté toutes les caractéristiques extérieures inhérentes aux disciples du rockabilly : la grosse banane sur la tête, les boots, la chaîne qui pend, la chemise à carreaux, l’Harrington ou le teddy sur le dos ; bref, de parfaits apparats pour ces Presley des temps modernes. D’ailleurs, le vocaliste chante à la manière du King. Usant et abusant tant des modulations dans le timbre que des tremolos gutturaux (NDR : non ne n’est pas un ukulélé ivre). Et pourtant, ce ne sont pas des Yankees, mais des Allemands.

L’univers America 50’s comme décor, The Baseballs se complaît dans la véritable caricature, en proposant des versions swing rock de morceaux qui ont cartonné dans les hits parades. Dont «  Umbrella » de Rihanna, « Hot N cold » de Kate Perry et « Crazy In Love» de Beyoncé. Bien entendu, ces adaptations prêtent à sourire. Mais de rire en moquerie, le pas est vite franchi. On se surprend à se foutre royalement des chansons pour ne garder que ce mimétisme flagrant qu’ils imposent. On en rirait de bon cœur, s’il s’agissait d’un gag. Une parodie délibérée de l’univers sonore de Brian Setzer voire de Warren Smith, revue et corrigée par Slade et Abba. Mais il n’en est rien. The Baseballs revendique solennellement un respect qu’il estime mériter. Faut croire que ses membres prennent le public pour des cons. Dans ces conditions, il vaut mieux en rire. Et perso, franchement, aux éclats. Elvis, reste couché mon frère, j’ai l’impression qu’ici bas, il y a des gens chez qui ça ne tourne plus très rond…

Campus

Oh, Comely !

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Le coup est peut-être pas prémédité, mais, « Oh, Comely ! », le second opus de nos compatriotes néerlandophones de Campus présente quelques points communs avec « Ox », la dernière réalisation discographique en date du combo hardcore américain Coalesce. Une pochette assez similaire (un tracé géométrique sur fond uni) et surtout, un style musical qui, bien que très ancré dans le hardcore, n’hésite pas à s’aventurer sur des terrains un peu plus expérimentaux.

Formé en 2004, le groupe originaire de Tessenderlo dispose d’une solide expérience scénique. Campus a tourné partout en Europe et s’est même produit sur la scène de festivals d’envergure comme le ‘Pukkelpop’.

« Oh Comely ! » a été enregistré début 2010 aux Studios Farmhouse, sous la houlette du producteur belge Zec Ace (The Maple Room, Customs, The Setup). Clair et puissant, le son de l’album est digne de la plupart des productions internationales actuelles. Les vocaux rageurs de Rik Geeraerts couplés aux guitares multicouches de Tijs Mondelears et Nick Rondou rivalisent d’intensité face à la section basse-batterie décapante de Tuur Geeraerts et Josse Wijckmans. Les compositions accumulent la violence du hardcore, les rythmiques alambiquées du mathcore et le groove puissant du métal moderne.

Définie par le groupe comme du ‘melodicore’, la musique distillée sur « Oh Comely ! » est destinée à toutes celles et tous ceux qui apprécient la violence réfléchie.

 

Citay

Dream Get Together

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Citay réunit onze musiciens qui cultivent la nostalgie de la musique issue de la fin des 60’s et des 70’s. Ce ne sont pas les seuls, mais ils ne sont pas légion. Issu de San Francisco, les membres du collectif n’en ont, apparemment, rien à cirer de la scène contemporaine. Ils préfèrent écouter la musique de leurs parents. Voire même de leurs grands-parents : les Beatles, Led Zeppelin et Emerson Lake and Palmer, notamment. Et leur album, « Dream Get Together », en est la plus belle illustration.

Ouvrant l’elpee « Careful With That Hat » barbote dans des nappes de claviers psychédéliques. Les cordes de guitare s’offrent des envolées en solitaire ou alimentent des riffs entêtants. Parfois, elles embrassent même des tonalités un peu kitsch, dans l’esprit d’un Peter Frampton. Tout au long du titre maître, les harmonies vocales rappellent les Fab Four. Un single potentiel : « Fortunate sun », une compo entraînante, caractérisée par sa rythmique jouissive. Et puis une chouette plage acoustique : « Secret Breakfast ». De quoi démontrer que le combo se débrouille aussi bien dans un style plus épuré, dépouillé et intimiste.

« Dream Get Together » ne sera pas l’album de l’année. Mais il est particulièrement agréable à écouter. En une grosse demi-heure Citay, parvient à y revisiter les 70’s, sans tomber dans la caricature. Pour notre plus grand plaisir. Et à ce titre, on peut les remercier…

Cloé

Hasards de trajectoires

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Avant d’écrire ces quelques lignes, je suis allé m’oxygéner quelque peu dans mon jardin. Et pou cause, après avoir écouté cet album, un sentiment de claustrophobie était occupé de m’envahir. Une véritable angoisse.

Replaçons donc cet opus dans son contexte. Il nous plonge dans le métro de Bruxelles, au cours d’un ‘road movie’, mettant en scène une certaine Lisa (?) vivant et travaillant à Bruxelles depuis 3 ans. Elle observe le comportement des usagers pendant des heures. Dresse l’oreille dès qu’une conversation est entamée. Au GSM, par exemple. C’est dans l’air du temps. Des entretiens qui rivalisent de futilité. Mais qui meublent le décor sonore. Fatalement, elle est aussi observée. Et puis elle réfléchit à son mode d’existence. Au sens à donner à sa vie. Réglé comme une horloge. Au regard des autres. Au stress permanent. A l’embarras face à la mendicité. A la fuite face à la réalité de tous les jours. Qui se résume encore en 2010 à une même formule : ‘métro, boulot, dodo’…

Cloé Defossez avait décroché le prix coup de cœur de l’Académie Charles Cros, en 2008, pour son album « Microclimat ». Dans ces conditions, vous vous doutez bien que les textes (NDR : hormis « So you’re back here », ils sont tous écrits dans la langue de Voltaire) ont une grande importance dans ses compos. Et elle pose ses lyrics, d’une voix intimiste, sur une musique qui oscille entre l’ambient et le trip hop. Une exception qui confirme la règle : « Arts-loi », une plage hip hop au cours de laquelle, le rappeur d’origine marocaine Manza est venu dispenser ses rimes. Accords de piano et de sèche, samplings, boîte à rythmes, bidouillages électro et arrangements entretiennent un climat de malaise et d’oppression tout au long du nouvel elpee de Cloé du Trèfle. Deux bouffées d’air frais quand même : l’excellent « La conductrice » (NDR : Lisa est dans son appart’), une plage dont les accès de cordes apportent un joli relief à la mélodie et puis en final, l’instrumental « Exit ». Caractérisé par son piano allègre, on a l’impression de retrouver la lumière du jour.

Si l’œuvre a été mixée et masterisée par Rudy Coclet aux studios ‘Rising Sun’, le booklet a été réalisée par la dessinatrice Laurence Demaret. Et il est superbe ! En outre, le vidéaste français Fred Vaillant a été invité à mettre cette histoire en scène et en image pour les concerts prévus lors de sa tournée. Une chose est sûre, après avoir écouté cet opus et surtout lu ses textes, vous risquez fort de ne plus jamais emprunter le métro, avec le même état d’esprit…

 

The Dead Weather

Sea Of Cowards

Écrit par

Il n’a fallu que 10 mois à Jack White, Alison Mosshart, Dean Fertita et Jack Lawrence pour préparer leur seconde attaque. L’opération « Horehound », menée l’été dernier, avait bien causé quelques victimes. Mais devant la résistance des autres, White et Mosshart ont décidé de frapper plus vite, plus fort. Et sans la moindre considération pour cet océan de lâches qui ont tenté, en 2009, de se mettre à l’abri de leurs agissements. La nouvelle devise de la cellule Dead Weather ? ‘Take no prisoners !’ Les quatre guérilleros attaquent de front avec une nouvelle dose carabinée de Garage Blues. The Dead Weather ne sont définitivement pas là pour arrondir les angles. Au contraire, « Sea Of Cowards » est sillonné de recoins aiguisés.

Les intentions bien affichées du quatuor de Nashville ne font d’ailleurs qu’accroître l’intérêt de leur seconde mission. Les morceaux « Die By The Drop », « I’m Mad » ou « Gasoline » valent plus qu’un long discours. Le Dead Weather circa 2010 n’en est plus aux séances de concertation improvisées. L’assaut est désormais réfléchi. Les rafales de « Sea Of Cowards » sont tactiques, huileuses et ininterrompues. Cette fois, les nouveaux Bonny & Clyde ne lèveront le drapeau blanc que lorsque la résistance sera à genoux. En guise de rédemption, ils chantonneront en chœur un « Old Mary » à la mémoire de leurs victimes. Mais dieu sait qu’il ne s’agit qu’une question de temps avant que ces flibustiers ne reprennent les armes. Et s’ils décident de frapper encore plus fort, ça risque de faire mal. Très mal.

Karen Elson

The Ghost Who Walks

Écrit par

Jack White est un personnage occupé, on ne le répétera jamais assez. Karen Elson, c’est sa compagne. Elle est également top model britannique. Lors de ses interviews, elle répète à l’envi qu’elle a toujours été fan de musique, eu la chance d’accompagner Robert Plant et chanté au sein Weimar The Citizen’s Band, un collectif new-yorkais qui se consacre au cabaret. Par contre, elle parle peu de White. Et pourtant, ne me faites pas croire que le rockeur de Detroit n’est pas caché derrière la nouvelle aventure de sa nouvelle muse. Mais pourquoi pas finalement ? Car, malgré la tendance (souvent fondée !) à descendre en flammes les acteurs ou mannequins qui se lancent dans la chanson (NDR : tous les goûts sont dans la nature), certain(e)s s’en sortent mieux que d’autres.

« The Ghost Who Walks » constitue donc le premier elpee de la jolie Karen. D’un timbre campant un hybride entre Hope Sandoval et Cat Power, sa voix passe correctement la rampe. Bien sûr, elle ne dispose pas d’un registre aussi complet que celui de Bosque Brown, Alela Diane ou encore Emily Jane White, mais il colle bien à ses compos. Et son écriture aurait pu naître d’une rencontre entre PJ Harvey et Rain Parade, au cours des sixties. D’excellente facture, les morceaux trempent dans un climat essentiellement rural. Folk aussi. Faut dire qu’elle a emménagé récemment à Nashville. Enfin, la légende raconte qu’il lui a fallu plusieurs mois avant de faire écouter ses compositions à son mari. Qui a été immédiatement séduit !

Manifestement, la maîtrise instrumentale des collaborateurs impliqués tout au long de cet elpee est un atout majeur. Ils ne sont pas nés de la dernière pluie ; pensez donc, Rachelle Ramirez (The Citizens Band), Dean Fartita (The Dead Weather) et Jack White en personne constituent un backing group de rêve. Ce dernier se chargeant des drums et de la production.

Les plages de « The Ghost Who Walks » sont solides et variées. « The Truth Is In The Dirt » a probablement été piqué au répertoire des White Stripes. « 100 Years From Now » baigne au sein d’un climat authentiquement cabaret, alors que « Stolen Roses » épouse la forme d’une parfaite ballade folk gothique.

Décidemment, après avoir lancé Meg White et Allison Mosshart, Jack White s’érige en véritable pygmalion ! « The Ghost Who Walks » est un disque très réussi. C’est une évidence, certaines personnes possèdent un don pour transformer en or, tout ce qu’ils touchent. En ce qui concerne Karen Elson, attribuons ce succès à la stimulation artistique active au sein d’un couple disposant de toutes les cartes dans son jeu, pour devenir mythique…

Evig Natt

Darkland

Écrit par

En 2003, le bassiste norvégien Stein Sund (ex-Einherjer, Thundra, Throne Of Katarsis) rejoint la vocaliste Kirsten Jørgensen pour former Evig Natt (NDR : Nuit Eternelle). Dans la foulée, le duo recrute Harald Magne Revheim. Cogneur de fûts chez Thundra, il a également milité dans le passé au sein d’Enslaved. Soutenu par quelques musiciens de studio, le trio enregistre, en 2007, un premier album intitulé « I Am Silence », pour le label Omvina Records. Décidé à fonder un groupe à part entière, Evig Natt engage Oskar Naley (chant) et Ruben Osnes (guitare) pour consolider son line-up.

Leur nouvel opus est sorti, il y a peu de temps, sur le label allemand Black Bards Entertainment. Intitulé « Darkland », il permet à Evig Natt d’y réinventer le Doom Death à tendance Gothique qui, au début des nineties, avait fait la gloire de formations scandinaves telles que Theatre Of Tragedy (première période), Trail Of Tears, The Sins Of Thy Beloved et plus récemment Draconian ou encore Swallow The Sun.

A l’écoute de « Darkland », les amateurs de métal ultra plombé, de claviers symphoniques et de duos ‘chant féminin angélique/voix masculines extrêmes’ seront à la fête. Et pour cause : du point de vue de la qualité, ce second opus d’Evig Natt atteint le niveau des meilleures réalisations du genre. Les compositions sont accrocheuses mais ne s’embourbent pas pour autant dans le racolage commercial auquel se livrent certains combos gothiques. Les ambiances sont variées et oscillent de la violence colérique du black métal symphonique à la lourdeur étouffante du doom atmosphérique. Le couple de vocalistes se complète à merveille. Que ce soit dans la langue de Shakespeare ou d’Alexander Kielland.

Evig Natt signe un album de qualité qui rend ses lettres de noblesse à un style malheureusement tombé dans l’oubli depuis quelques années. A checker d’office si vous possédez déjà les albums « Velvet Darkness They Fear » de Theatre Of Tragedy, « Profoundemonium » de Trail Of Tears et « Arcane Rain Fell » de Draconian.

The Flatliners

Cavalcade

Écrit par

Sans rigoler, des disques semblables, il en sort quinze à la douzaine tous les mois. Excellents, bien torchés, agréables à écouter, mais pas originaux pour un sou. C’est un peu dommage de le dire, mais, à force d’essayer de s’attirer les grâces des ados rebelles, le punk rock a fini par se mordre la queue. Au point qu’il en devient difficile de distinguer un groupe de l’autre. Est-il donc impossible ne pas sonner comme Green Day, Sum 41 ou Blink 182 ?

The Flatliners est un groupe punk rock originaire de Richmond Hill (NDR : c’est dans la région de Toronto, au Canada). Sa situation géographique constitue d’ailleurs sa plus grande originalité. « Cavalcade », son troisième opus, sorti récemment chez Fat Wreck Chords, est issu du même moule que tout ce que la Californie a pu produire en matière de punk au cours de ces dix dernières années. Des guitares rapides au son un peu trop lisse, des mélodies immédiates et des refrains trop polis pour être rebelles. Un bon disque cependant, mais qui, noyé dans la masse, a bien du mal à se distinguer des autres. Vite écouté, vite adopté et malheureusement, vite oublié.

The Keys

The Broken Bridges

Écrit par

Il y a un peu plus d’un an, nous découvrions « Years are Made of Seconds », le premier opus de Boris Paillard, aka The Keys. L’auteur-compositeur y avait alors démontré un talent certain pour composer des chansons trempées dans le folk’n roll acoustique, style qu’il avait baptisé pour décrire son univers musical. Mais ce qui nous avait surtout marqué, c’était sa voix nasillarde. Constamment au bord de la rupture, elle rappelait même un certain Daniel Johnston.

Toujours autoproduit, son quatrième opus a été enregistré à Montréal (NDR : où l’artiste semble avoir élu domicile). Un disque qui s’inscrit parfaitement dans la lignée du précédent long playing. Le tempo est souvent allègre. Le Toulousain assure toujours les parties de guitare, souffle dans son harmonica et chante. D’un timbre chargé de la même intensité. Il ne partage les vocaux que sur une compo : « Bloodstains on Your Tooth », lors d’un duo qu’il partage en compagnie d’une voix féminine. Une plage particulièrement réussie, il faut le souligner. En outre, ses ami(e)s et sa famille sont à nouveau apporter leur concours. Pour apporter davantage de diversité à la structure instrumentale. A l’instar du morceau maître. De « Rock in This Mountain » également, un titre rafraîchi par les tonalités d’une flûte traversière. Sans oublier la participation de cuivres et d’une contrebasse, discrètement mais judicieusement dispensés…

De toute bonne facture, cette œuvre souffre cependant d’une absence flagrante d’évolution. Serait peut-être temps que Boris Paillard envisage de choisir de nouveaux collaborateurs, quitte à abandonner une partie de son autonomie. Sans quoi, il risque fort de ne plus accrocher que ses irréductibles aficionados… Choix difficile !

 

Kvelertak

Kvelertak

Écrit par

C’est scandaleux ! Ce groupe risque de prendre une dimension internationale et son patronyme est carrément imprononçable. Vous vous imaginez hurler ‘Kverlertak, Kvelertak, Kverlertak’, au moment du rappel, quand le groupe se produira chez nous, en ‘live’ ? Moi non plus. Pourtant, il va falloir s’entraîner. Parce que, lorsque la Belgique accueillera Kvelertak en concert, il y aura des rappels. C’est garanti !

Nous sommes en 2007 à Stavanger, dans le comté de Rogaland, au sud-ouest de la Norvège. (NDR : le lieu de naissance de l’ex-Theatre Of Tragedy et toujours Leave’s Eyes, Liv Kristine). Six potes décident de former un groupe. Pour se créer un style, les membres de Kvelertak (NDR : ‘kvelertak’ signifie ‘mainmise’ en français) s’inspirent de tout ce qui correspond à leur conception personnelle du rock’n’roll : le punk, le hardcore, le black métal, le heavy métal et le hard rock. Le combo ne se fixe aucune limite. Mais décide d’adopter l’attitude ‘second-degré’ du punk originel, en l’injectant dans chacun de ses titres. Brutale, la musique accroche cependant instantanément. Les paroles sont chantées en norvégien. Le public scandinave adhère immédiatement. Les soutient. A l’instar de quelques stations de radio. Ce qui explique sans doute pourquoi, sans aucun contrat discographique, Kvelertak décroche une place à l’affiche du Roskilde 2009, l’un des plus grands festivals de Norvège. Et que fin de la même année, un deal est signé chez le label Indie Recordings.

« Kvelertak », le premier album éponyme, est un sérieux candidat au titre de meilleur album extrême de l’année 2010, toutes tendances confondues. La signature du groupe est unique. Du métal’punk’n’roll brutal, joué à trois guitares et dont les vocaux hurlés dans la langue maternelle du combo tiennent plus souvent du black métal que du punk. Quant à la musique, elle passe par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel métallico-rock’n’roll. Chaque composition est unique et recèle sont lot de surprises. Chez Kvelertak, un titre peut débuter sur un riff black métal speedé, se réserver un refrain accrocheur et un solo de guitare ‘Guns’n’Rosien’, ralentir dans un style proche du stoner, concéder un break acoustique et se terminer en punk furieux et rageur.

L’artwork sublime est l’œuvre de John Baizley du groupe Baroness. Quant à la production et au mixage, ils sont signés respectivement par Kurt Ballou (Converge) et Alan Douches (Dillinger Escape Plan, Mastodon, Nile). A vous de deviner comment est le son. Un indice ? Il est énorme !

L’album le plus énervé de l’été. On vous aura prévenus.

 

Lali Puna

Our Inventions

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Si la maison Morr a bonne presse, c’est parce qu’elle offre un espace de liberté à ses artistes, dans le domaine de la créativité. A contrario des labels qui se repaissent de grosses vibrations électro, l’écurie allemande privilégie les sonorités léchées, subtiles et sensuelles. Et Lali Puna en est probablement la plus belle illustration. Derrière un sentiment de fausse mélancolie, Valerie Trebeljahr et ses sbires n’en ont rien à cirer de faire transpirer le peuple sur le dance-floor. A l’instar des opus précédent, Lali Puna préfère muscler le cœur et le cerveau plutôt que les mollets. Pas pour rien que les mauvaises langues reprochent à ces ‘snobinards des claviers’ de se complaire dans une certaine forme de masturbation intellectuelle.

Il aura fallu quand même attendre six ans avant que le combo ne décide de refaire surface. Pour reprendre leur périple, là où il l’avait abandonné. Pourtant, si les compos de cet elpee sont à la fois émouvantes et belles, elles semblent un peu datées. Elles baignent même au sein d’un climat terriblement electro-vintage. Comme si le groupe n’était pas sorti de son studio depuis 10 ans, et qu’il était soudainement confronté à la dure réalité de l’évolution. Bref, nonobstant son titre, « Our Inventions » n’invente rien. Une bonne raison pour inviter les cerveaux troués à se focaliser sur des artistes davantage dans l’air du temps. Les autres resteront assis, les jambes en tailleur à s’inoculer, par grosse intraveineuse, cette solution sonore tout en douceur, esthétisme, charme, délicatesse et effervescence…

Morcheeba

Blood Like Lemonade

Écrit par

Quatorze années déjà que Morcheeba sévit sur la scène musicale. Vous ne connaissez pas ? Ah, sans doute alors êtes-vous adepte du crochet chaussé de gants de boxe. Responsable de ballades sensuelles, célestes, veloutées, qu’elle étale sur le béton, la formation insulaire sévit depuis déjà quatorze longues années. En flirtant avec le succès. Enfin à ses débuts. A cause de la confection d’œuvres trempées dans une trip hop sublime, fruitée, riche et terriblement efficace. On se plaisait à effleurer la marguerite en écoutant Sky Edwards nous dire, d’une voix caressante, qu’elle nous aimait. Et puis, elle a voulu embrasser une carrière en solitaire. En 2003. Un fiasco. Mais en même temps, un sale coup pour le reste de la troupe. Qui a bien tenté de pallier son absence en recrutant tour à tour, Daisy Martey, Jody Sternberg puis Manda. Peine perdue. Et, par bonheur (ou opportunisme), Sky Edwards a décidé de rentrer au bercail. L’enfant prodigue de retour au sein de la fratrie Godfrey. Quelle bonne nouvelle ! Quoique. Et pour cause, en sept longues années, la musique de Morcheeba n’a guère évoluée. Baignant constamment au sein d’une même mélancolie. « Blood Like Lemonade » en est l’inéluctable constatation. Heureusement, la grâce vocale ainsi que les beats moelleux et cajoleurs finissent par nous séduire. Avant de nous coucher calmement sur l’herbe où l’on s’endort rassuré. Comme la voix de notre maman, quand elle nous racontait une histoire, avant que l’on s’endorme.

 

Big Bill Morganfield

Born lover

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McKinley Morganfield, dit Muddy Waters, le ‘Father of the Chicago Blues’, est sans doute le musicien le plus prestigieux de l'histoire du blues urbain d’après-guerre. Muddy a eu deux fils. Tout d’abord Larry Williams. Né en 1954, il porte le nom de sa mère. Il a mené sa carrière sous le nom de Mud Morganfield. Ensuite William ‘Big Bill’ Morganfield. Il est né en 1956. Pourtant, il a entamé son parcours musical avant son aîné. En 1999, il publiait son premier elpee, "Rising son", suivi de "Ramblin' mind" en 2001 et "Blues in the blood" deux ans plus tard. Les trois disques sont parus chez Blind Pig. L'an dernier il a fondé son propre label : Black Shuck et publié ce "Born lover" en hommage à son paternel.

L'ouverture est excellente. "Too late brother" nous rappelle l’atmosphère du Chicago Southside dont le roi n'était autre que Muddy Waters. La voix de Big Bill est excellente, grave, naturellement puissante. Les musiciens sont étincelants, et en particulier Steve Guyger à l’harmo, dans lequel il souffle, dès qu’il en a l’opportunité. Trois guitaristes figurent au casting. Tout d’abord Big Bill, et puis deux anciens du Muddy Waters Band, dont l'exceptionnel joueur de slide, Bob Margolin, ainsi que Brian Bisesi. Malheureusement, les notes de la pochette ne précisent pas la répartition des rôles entre les différents solistes.

"High gas prices" ouvre l’elpee. La slide est probablement celle du cadet des Morganfield. "My love is real" constitue certainement le meilleur moment de la plaque. La cover d’une compo signée Buddy Guy. Passion et discernement guident la voix du chanteur. Une sensibilité extrême émane des accords de guitares. Et une grande délicatesse de ceux du piano que se réserve Clark Stern. Big Bill est très à l’aise, mais manifeste un grand respect à l’égard du répertoire de son père. Notamment lorsqu’il interprète "Born lover", un titre au cours duquel Guyger affiche la toute  grande forme. William a hérité des gènes du blues. Il exécute autoritairement le "My last affair" du grand Howlin' Wolf. Sa guitare est bien à l’avant-plan tout au long de cette version qui tient parfaitement la route. L’adaptation du "Peace of mind" de Snooky Pryor est un autre grand moment du disque. La voix de Big Bill baigne dans l’allégresse. Imprimé sur un mid tempo, cette compo est alimentée par la slide gouailleuse de Margolin, le piano de Stern et l’harmo diatonique de Guyger, qui souffle dans les aigus. Un régal ! Funky, "I play dirty" met en exergue une chouette prestation de Stern à l'orgue. Au cœur de cette ambiance Southside, Big Bill est totalement épanoui. Et il le démontre sur "Who's the fool". "Lonesome lonely blues" est encore une compo à marquer d’une pierre blanche (noire ?) Autorisant une envolée de cordes absolument superbe, elle évolue dans un registre plus proche du westside Chicago blues de Magic Sam. La fin de parcours épouse un profil plus swing. Constituée du bassiste Mookie Brill et du drummer Chuck Cotton, la section rythmique entretient cette ligne de conduite. Sur "X rated love" (NDR : au sein de la famille, ils ont une bonne opinion de leurs prouesses amoureuses!) tout d’abord, et puis lors de la reprise du "One kiss" de l'inévitable Willie Dixon, morceau au cours duquel Steve Guyger est à nouveau remarquable…

 

Piano Club

Andromedia

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Difficile de manifester un max d’objectivité, lorsqu’on chronique le disque d’un groupe ou d’un artiste belge. Chauvinisme ? Peut-être ; mais il faut reconnaître que le contexte y est propice. D’autant plus que la plupart des musicos jouissent d’une popularité certaine aux 4 coins du pays ? A contrario, il est parfois plus facile de tirer sur le pianiste, quand on trinque dans le même bar. Bref, à force de me poser des questions, il a fallu mettre de l’ordre dans mon cerveau. Et décréter que la déontologie du journaliste m’imposait de rester le plus intègre possible, dans mon analyse.

Beaucoup de bla-bla, mais finalement, que penser de cet « Andromedia » ? Dans le style, sur la scène belge, c’est un peu l’embouteillage. Un elpee pas vraiment original, donc. Néanmoins, ce p’tit truc ne manque pas d’allure. Il recèle des compos énergiques, bien rythmées, compulsives, parcourues par le timbre nasillard du vocaliste. Tout au long de cet opus, Anthony, Jace et Salvio nous plongent au sein d’une solution sonore dance-rock, mais pas trop. Trois ou quatre ans plus tôt, ce cd aurait pu faire un tabac. Mais à cette époque, les lascars ont préféré se consacrer à leurs projets respectifs (My Little Cheap Dictaphone, Hollywood Porn Stars,…), ne réservant une ouverture à Piano Club, que sur scène. Brillante, cette aventure bien belge va permettre au combo de briller en ‘live’, alors qu’il n’a rien à vendre.

Vu la demande croissante de support discographique, et la pression mise par les musiciens, la solution ne pouvait que passer par le studio. Et « Andromedia » en est une belle concrétisation. Ne restait donc plus qu’à dépoussiérer la plaque. Dont j’épinglerai, tout d’abord, les excellents « Humankind », « Love Hurts » et « Not Too Old ». Des compos intenses qui communiquent des sentiments d’euphorie, de sympathie et d’ouverture ; et surtout, ne laissent pas indifférents. « Andromedia » en devient même incontournable… Bien vu, les gars !!

 

Indica

A Way Away

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Hormis quelques souvenirs humides, laissés à quelques milliers de métalleux belges, lors de son passage à Forest National –c’était en 2009, lors d’une première partie précédant Nightwish– on ne peut pas dire qu’Indica ait vraiment marqué les esprits, dans notre beau pays. Et pour cause, le groupe féminin n’avait enregistré jusqu’ici que des albums entièrement chantés en finnois et destinés uniquement au marché scandinave. « A Way Away », le nouvel opus, entièrement interprété en anglais, devrait probablement aider les cinq jeunes filles à franchir un nouveau palier.

Fondé en 2001 par cinq copines de classe, le combo a connu un succès fulgurant dans son pays natal, dès 2003. Et pour cause, son premier album, « Ikuinen Virta », a squatté les charts finlandais pendant plus de 30 semaines. « A Way Away » constitue le cinquième elpee de ces très jolies demoiselles qui, pour la seconde fois de leur carrière, se paient le luxe d’une production signée Tuomas Holopainen (le leader/claviériste de Nightwish).

Les fans de Nightwish qui, à la lecture de ces premiers paragraphes, se seront rués sur le web pour commander leur copie d’« A Way Away » en espérant y retrouver la patte ‘métal symphonique à chanteuse’ chère au combo de Tuomas Holopainen auraient probablement mieux fait de lire la suite de cette chronique, puisque, de métal symphonique, chez Indica, il n’en est pas vraiment question.

Jonsu (chant, violon, guitare, claviers), Heini (basse), Sirkku (claviers, clarinette, piano), Jenny (guitare) et Laura (batterie, percussions) ont gagné, chez elles, leur lettres de noblesse en créant un mélange harmonieux de pop et de rock aux lyrics inspirés par la nature et la légendaire mélancolie finlandaise. Leur style, plutôt original, a même été décrit, par la presse de leur pays, comme de la pop mystique romantique.

L’atout principal d’Indica, procède probablement du style vocal surprenant de Jonsi. Une voix nasillarde et légèrement enfantine dont le timbre pourrait camper un hybride entre ceux de Kate Bush et d’Olivia Ruiz. La musique du groupe ne recèle pas grand-chose de métal. Il y a bien quelques riffs de guitare éparpillés parcimonieusement, et puis l’influence de Tuomas Holopainen au niveau des orchestrations et des parties de claviers est très palpable. Certains passages pourraient d’ailleurs carrément avoir été tirés des sessions d’enregistrement de « Dark Passion Play ». Mais abstraction faite de ces détails, la musique d’Indica est vraiment personnelle. Pop, mais pas trop commerciale. Rock, mais en incorporant des influences classiques et folk. Mélancolique, mais certainement pas triste. Les chansons, aux refrains mémorisables, sont envoûtantes et pourraient charmer une palette assez large de mélomanes. Une bonne surprise.

 

Charlotte Gainsbourg

Pari gagné !

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C’est après avoir publié « IRM », son troisième album, composé par le génial bidouilleur californien Beck Hanson, que Charlotte a enfin décidé de monter sur les planches, exercice de style qu’elle redoutait tout particulièrement. Loin de la pression parisienne, la fille de Jane et Serge a rôdé son set aux Etats-Unis, lors d’une petite quinzaine de dates, en avril dernier. Son concert lillois n’est que le quatrième de sa première tournée française, entamée le 14 juin ; elle se produisait la veille, à Bruxelles. Et pas de première partie pour ce spectacle programmé à l’Aéronef.

20h15 précise, les lumières de la salle s’éteignent. Suivis par ses cinq musiciens, la sylphide Charlotte fait son apparition. Elle s’excuse presque de déranger l’assistance, et entame son set par le titre maître de son denier opus. Son timbre vocal est certes fragile, mais il s’intègre parfaitement à l’ensemble, porté par une section rythmique de haute volée. Le band fait montre d’une grande cohésion ; l’aspect dépouillé et sobre du light show ajoutant à la magie, d’entrée de jeu. Si au cours des quatre ou cinq premiers morceaux, la voix de Charlotte semble se fondre dans le collectif, c’est à partir de « Heaven can wait », son nouveau single, que son timbre va prendre toute son expression. Une perception confirmée par le plus rock « Trick Pony » ainsi que « The song that we sing », extrait du précédent opus « 5.55 », paru en 2007 (NDR : sous la houlette du duo versaillais Air). Passé ce moment plus enlevé, la belle se réapproprie le « Just like a woman » de Bob Dylan, une adaptation tout en délicatesse, quelle accorde juchée sur un tabouret.

« IRM », dont la plupart des compos servent d’ossature au tracklisting, reprend ensuite ses droits, avant de laisser place à la première reprise, tant attendue, ‘du meilleur, du plus grand, du plus beau’, comme elle se plait à qualifier son père… Mais pas évident d’opérer un choix dans l’immense répertoire de Gainsbourg. Elle s’attaque donc à « L’hôtel particulier », un extrait de « L’histoire de Melody Nelson », édité en 1971. Sous-estimé à sa sortie, cet elpee est devenu culte depuis. Une œuvre qui nous démontre combien l’homme à tête de chou était en avance sur son temps et puis son art à transcender les genres. Composé il y a près de 40 ans, ce morceau d’une modernité étonnante est magnifié par sa fille et ses cinq musiciens, alors, en véritable état de grâce. On ne pouvait rêver plus bel hommage. La boucle semble donc bouclée. Bien qu’en plein apprentissage de la scène, la belle peut-être fière de l’honneur qu’elle vient de faire à ses parents (« L’histoire de Melody Nelson », sur lequel Jane Birkin chante, a également été porté à l’écran).

Le spectacle se clôture, de façon magistrale, par un festif « Couleur café » repris en chœur par la foule. L’air de ne pas y toucher –tout au long des 90 minutes qui ont passé trop vite– ‘la Gainsbourg’ a parfois flirté avec le sublime. Conquis, le public lui a réservé une ovation bien méritée qui s’est même prolongé bien longtemps après que les lumières ne soient rallumées…

A l’âge de 38 ans, Charlotte Gainsbourg a merveilleusement réussi l’épreuve de la scène. Un pari qui n’était pas gagné d’avance. En outre, elle dispose encore d’une belle marge de progression. Ce qui augure du meilleur encore, pour la suite.  

La manière dont elle mène sa barque suscite le respect. Et pour cause, non seulement ses choix de carrière, tant cinématographiques que musicaux, sont judicieux. En outre, elle est toujours parvenue à s’entourer de collaborateurs compétents (NDR : le Gainbarre pour "Charlotte For Ever" en 86, Air, Jarvis Cocker et Neil Hannon pour "5.55" en 2008, Beck pour "IRM" en 2009). De quoi démontrer, s’il le fallait encore, qu’elle n’est pas que la fille DE… mais aussi une artiste complète. En osant l’exercice du ‘live’, elle vient d’accomplir une étape importante dans sa carrière, pourtant déjà bien remplie.

Charlotte accomplit actuellement une tournée européenne, qui passe, bien sûr par la France ; mais qui reviendra également par la Belgique, puisqu’elle se produira lors du festival des Ardentes de Liège, ce 10 juillet…

 

Benidorm Bastards !

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Tim Vanhamel (Millionaire, Evil Superstars) et Pascal Deweze (Sukilove, Metal Molly) se transformeront en Broken Glass Heroes, le temps d’un été ! L’année dernière, les deux acolytes avaient composé la B.O. de la série TV ‘Benidorm Bastards’. Heureux de la collaboration, ils ont décidé de poursuivre l’expérience… en décidant d’enregistrer un album ensemble. Il est prévu pour la fin de vacances et devrait sortir ce 30 août.

Le premier single est déjà disponible sur iTunes.

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Psyché à l’état sauvage.

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Stephen McBean et son Black Mountain publieront un troisième opus en septembre. Son titre ? « Wilderness heat ». On est impatient de découvrir la nouvelle fournée de titres psyché-rock, style au sein duquel la formation de Vancouver excelle. En attendant, le band canadien se produira le 10 août au Cactus Festival, puis à Dour le 17.

http://www.myspace.com/blackmountain
http://www.jagjaguwar.com/blackmountain/