La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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The Divine Comedy

Bang goes the Knighthood

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So British… So kitschy! La pochette du dernier long playing de « The Divine Comedy » nous plonge spontanément dans le monde facétieux et précieux de Neil Hannon : nu dans son bain mousseux, il est soigneusement vêtu d’un chapeau melon et d’un nœud pap’, tout en fumant la pipe. En outre, le leader charismatique du groupe irlandais regarde tendrement son labrador en buvant une coupe de champagne (NDR : clin d’œil qui nous rappelle l’amour particulier qu’il porte à la France).

Depuis « Regeneration » (paru en 2001 et produit par Nigel Godrich : Radiohead, Beck, U2, REM…), album purement britpop réservant une place importante aux guitares, l’auteur-compositeur-interprète britannique a décidé de réintégrer doucement une musique plus baroque et orchestrée. L’esprit Scott Walker est à nouveau présent ; et ce retour aux sources ne devrait certainement pas déplaire aux fans de la première heure. Si on y ajoute la participation récente de Neil Hannon dans la comédie musicale, « God Help The Girl », de Stuart Murdoch (« Belle & Sebastian »), les artères principales du corps du dixième album studio de The Divine Comedy sont tracées. Influence que l’on peut entendre, entre autres, sur « Island Life ».    

« Bang goes the Knighthood » propose dès lors une pop symphonique sophistiquée voilée de cordes (« Down In The Street Below »), de cuivres («Assume The Perpendicular »), et d’ivoires (« Can You Stand Upon One Leg »). Un piano et une batterie saccadée hantent la majorité des titres de ce dernier opus. L’ensemble nous offre une variété originale de morceaux uptempo (« Neapolitan Girl »), dont la fausse simplicité caractéristique des premiers albums de The Divine Comedy (« Island Life ») résonne en écho.

La piste introductive, « Down In The Street Below », donne d’emblée le ton général de l’album. Une ballade qui courtise et côtoie incestueusement une comédie musicale populaire fardée de mélancolie et de fantastique. Subtilement, certains morceaux se livrent par moments à des excentricités piano-bar jazzy. A l’instar de « Have You Ever Been In Love ». D’autres, au contraire, présentent un profil plus classiquement britpop. Le single « At The Indie Disco », notamment. L’ensemble nous livre cependant une grande musique pop/baroque et un storytelling capricieux d’une grande cohérence (NDR : esprit grandiloquent qui se rapproche parfois de celui des Irrepessibles. Douze titres finement ciselés qui nous feraient presque oublier les  réalisations précédentes prétentieusement bâclées.              

Album original que l’on pourra également trouver en édition limitée. Ecrin contenant un livret photos griffonné de réflexions de Neil Hannon et un disque bonus du légendaire ‘Live at Cité de la Musique’. Concert de reprises de chansons françaises (chantées en Français !) livré à Paris en 2008 au tracklisting surprenant :

1.         "Amsterdam"
2.         "L'Amour est Bleu"
3.         "Poupee de Cire"
4.         "Les Playboys"
5.         "The Songs That We Sing"

6.         "Les Copains d'Abord"
7.         "Anita Pettersen"
8.         "Sexy BB"
9.         "Joe Le Taxi"
10.       "Je Changerais d'Avis"

D.O.A.

Let’s Wreck The Party

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Imaginez la déception. Déballer un colis postal en pensant y découvrir le nouvel opus de D.O.A., la légende du punk canadienne ; et se rendre compte que l’objet n’est qu’une réédition d’un de ses albums les plus moyens.

S’il y a bien un combo canadien qui peut se targuer d’avoir influencé des générations de punks et d’avoir contribué à initier le mouvement hardcore, c’est sans conteste D.O.A. Dans le genre, le punk simpliste et fédérateur et les lyrics rugueux aux tendances activistes des premiers albums tiennent toujours le haut du pavé. En 1985, D.O.A. avait tenté d’explorer un univers sonore plus fun. « Let’s Wreck The Party » est le résultat décevant de ces expérimentations. Mélanger le punk et le hard rock festif, ce n’est manifestement pas donné à tout le monde.

Pourtant, l’album débute plutôt bien. « Our World » est un titre hard rock assez engageant. Le son n’est pas vraiment excellent ; mais, ce sont les années quatre-vingt, et à l’époque, nous n’étions pas difficiles. « Dangerman », la seconde plage aurait très bien pu battre Nick Cave sur son propre terrain. « Race Riot » est un morceau de punk pur et dur. Violent et vindicatif. Un elpee réunissant des compos de cette trempe aurait probablement fait le bonheur des fans. Le climat se dégrade, cependant, dès le titre suivant. Une reprise incongrue et pas très fun du « Singing In The Rain » de Gene Kelly. Et le déclin s’accentue encore sur « Dance O’ Death », plus proche de la new wave punk dansante des Talking Heads que de D.O.A. Rien de bien brutal donc, caractéristique pourtant très appréciée par les aficionados. Les titres s’enchaînent alors sans se ressembler, mais sans vraiment sortir du lot. Quelques chansons s’apparentent même à du très mauvais Van Halen (« General Strike », « Shout Out ») voire du médiocre Blue Oyster Cult (« Murder In Hollywood », « The Warrior Ain’t No More », « Trial By Media »).

« Let’s Wreck The Party » n’est donc pas l’album à écouter si l’on désire retrouver l’essence de D.O.A. Heureusement, Joey ‘Shithead’ Keithley et son combo ont largement rectifié le tir, après avoir commis cet elpee. Le reste de la discographie de D.O.A. est d’ailleurs suffisamment conséquente si on veut se prendre une bonne dose d’anarchie musicale dans la tronche. Réservé aux fans et aux collectionneurs.

 

Evenline

The Coming Life (EP)

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Les médias français ont toujours cette fâcheuse tendance à ne supporter qu’à moitié leurs combos nationaux. Et en particulier dans l’univers du pop, du rock et du metal. Avant de soutenir leurs meilleurs artistes, ils attendent l’aval d’un pays étranger. Pourtant, au sein de l’Hexagone, il existe également des formations d’envergure internationale. Tous n’attendent qu’un seul signal : une opportunité de se faire connaître auprès des médias. Alors, chers confrères d’outre-Quiévrain, nous vous communiquons une info importante : le prochain combo à soutenir, celui qui ne tardera pas à cartonner dans le monde entier s’appelle Evenline ; et il vient tout droit de chez vous !

Evenline s’est formé en septembre 2009 en Ile de France. Son premier Ep, « The Coming Life », est la quintessence du métal moderne. Une voix magnifique : celle d’Aarno. A coup sûr, l’une des plus belles de l’Hexagone dans ce style musical. Elle transcende les compositions qui s’inspirent (et surpassent même par moment) ce que l’on a produit de meilleur de l’autre côté de l’Atlantique, au cours des dernières années.

Malgré sa courte carrière, Evenline n’a pas vraiment grand-chose à envier (si ce n’est la reconnaissance) à tous les Staind, Alter Bridge, Creed, Pearl Jam, Alice In Chains ou Nickelback du monde. C’est bien simple, sur les cinq titres de « The Coming Life », il n’y a pas moins de cinq hits potentiels. Pour un premier Ep, la qualité est absolument irréprochable. Ce mélange de titres heavy et bien chantés et de ballades percutantes rappelle le style des excellents Slovènes de LastDayHere. La seule chose qui manque encore à Evenline, c’est le soutien massif du public ; mais, vu la qualité, cette réaction ne saurait tarder.

« The Coming Life » est disponible en écoute sur la page MySpace du combo  (http://www.myspace.com/evenlinemusic). Si vous êtes de ceux que le rock/métal moderne à l’américaine fait frissonner, ruez vous sur cet Ep !

The Go Find

Everybody Knows it’s Gonna Happen Only Not Tonight

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En signant sur le label indépendant berlinois Morr Music, la formation anversoise The Go Find semble avoir trouvé chaussure à son pied. Et pour cause, sa pop légère, paisible (Boards of Canada ?) déversée sur fond d’électronica (Notwist ? Postal Services ?), s’inscrit dans la lignée des autres groupes militant sur le label teuton. Et en particulier Lali Puna, Mùm, Styrofoam ou encore Seabear et The American Analog Set. La bande à Dieter Sermeus n’en est pas à ses balbutiements sur la scène belge, puisque « Everybody Knows it’s Gonna Happen Only Not Tonight » constitue déjà leur troisième elpee. Pourtant, leur deux premiers opus étaient totalement passés inaperçus de notre côté de la frontière. L’occasion était donc belle pour pallier à cette carence en notoriété, chez le public ‘noir, jaune, rouge’

Pas de poudre aux oreilles tout au long de cet elpee. Subtile, l’instrumentation permet au combo de passer de l’acoustique à l’électrique avec une facilité déconcertante ; le tout traversé d’interventions de cuivres particulièrement efficaces. Dieter assure l’essentiel des vocaux ; mais sur de « One Hundred Percent », il cède le micro à sa collègue féminine. Bref, un disque de toute bonne facture que je vous invite à découvrir. Surtout si vous avez l’intention de vous rendre ce 21 août au fesival Pukkelpop, où ils s’y produiront…

Gush

Everybody’s God

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La pochette d’un album peut parfaitement correspondre à la musique dispensée tout au long d’un opus. Et celle d’« Everybody’s God », le nouvel elpee de Gush, en est une parfaite illustration. En fait, la solution sonore de cette formation française fait l’effet d’un bon jet d’eau dans la tronche… En écoutant « Everybody’s God », on a l’impression d’être réveillé, un peu comme lorsqu’on prend une bonne douche le matin, juste avant de se rendre au boulot ! « Back Home » et l’irrésistiblement gospel « P.nis » sont de véritables brûlots mélodiques. De chouettes claques pop qui vous donnent la pêche, avant d’entamer une journée pénible. En outre, le patronyme du combo correspond au reste du tableau, car Gush signifie ‘jaillissement’ ! La joyeuse bande compose, en effet, des morceaux dont les jaillissements rafraîchissent nos tympans…

Yan, Xavier, Mathieu et Vincent sont frères ou cousins. Teintée de soul et de folk, tout en cherchant à faire la synthèse du pop-rock américain des sixties, leur musique devrait faire des ravages, dans un futur proche. Fait assez rare pour le souligner, les quatre joyeux lurons participent tous à la fête. Ils se refilent chacun leur tour, le lead vocal, au cœur de délicieuses harmonies vocales. Pensez aux Beatles et à Crosby, Stills, Nash et Young, des références de choix pour la formation. Et « Everybody’s God » en est certainement la plus belle illustration. A l’instar de Phoenix, les lignes de basse sont caoutchouteuses. Un feeling contemporain, réminiscent de Kings of Leon, revient régulièrement à la surface. Sculptées dans le folk, les guitares évoquent Coming Soon. Ce qui n’empêche pas l’ensemble de se révéler original. Gush convainc néanmoins sur les compos les plus allègres ; car si les ballades ne sont pas de mauvaise facture, elles semblent procéder d’un exercice de style imposé. Bref, revivalisme et originalité semblent faire ici bon ménage. Une exception qui confirme la règle : « The Big Wheel », un titre qui fait injure à TV On The Radio. Et pas la peine d’insister, vous risqueriez l’écœurement…

Gush se produira dans le cadre du festival Main Square, à Arras, le 3 juillet prochain.

Jeff Hershey

Last call

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Deux ans déjà que le légendaire chanteur/guitariste a quitté cette terre ; et depuis, les publications à titre posthume se sont multipliées. Le dernier en date, "Songs from the road", était un ‘live’. "Last call" (NDR : traduction ‘dernier appel’) devrait clore cette série de témoignages.

Jeff n’a jamais caché sa passion pour le jazz des années 20 et 30 ; et c’est cet aspect du défunt artiste qui est ici épinglé. Soit des sessions exécutées en solo, duo et trio, produites par Healey himself ! Il chante, gratte et souffle aussi dans une trompette, soutenu par le violoniste Drew Jurecka ainsi que le pianiste/clarinettiste Woolridge. Depuis 2002, Stony Plain a édité plusieurs opus du défunt malvoyant, consacrés au jazz. Lors de ces sessions, il a reçu le concours des Jazz Wizards. De cet épisode, trois elpees son parus : "Among friends", "Adventures in Jazzland" et "It's tight like that", ainsi qu’un Dvd intitulé "Beautiful noise". Si vous ne connaissez pas cette facette méconnue de feu Healey, vous risquez fort d’être surpris. Et tout particulièrement, tout au long d’"I'm gonna sit right down and write myself a letter", une vidéo proposée sous la forme de bonus track. Un morceau terriblement remuant qui baigne dans le dixieland le plus pur. Jeff s’y réserve les vocaux, mais surtout souffle dans la trompette, à la manière de Louis Armstrong. Il est épaulé par un clarinettiste, un guitariste, un violoniste, un pianiste, un contrebassiste et un drummer. Un titre vraiment excellent.

L'album s'ouvre par "Holding my honey's hand", une plage très manouche. Jeff chante cette compo. Son toucher de guitare est manifestement inspiré par Django Reinhard. Une trompette au son feutré s’immisce au sein du paysage sonore. Mais le plus étonnant procède du rôle joué par Jeff. Et pour cause, en se servant des propriétés du re-recording, il se charge de l’intégralité de l’instrumentation. A la manière, expliquait-il, de Sidney Bechet, qui dès 1941, s’était réservé six instruments sur le même morceau. Il emprunte une voix de crooner pour interpréter la jolie ballade "Time on my hands" ainsi que "Deep purple" (NDR : aucun rapport avec le célèbre groupe de métal!) "Wildcat" se résume à un duo instrumental. Il met en exergue la performance assez extraordinaire du talentueux violoniste Drew Jurecka. Néanmoins, les plages qui m’ont le plus fait flasher sont celles au cours desquelles, la guitare de Healey emprunte des accents bien manouches. Et "You can't pull the wool over my eyes" en est certainement la plus belle illustration. Sa reprise du "Hong Kong blues " de Hoagy Carmichael est superbe. Il y soigne le sens mélodique. Son jeu de cordes tout en accords est un véritable régal pour les oreilles. "I'm gonna sit right down and right myself a letter" baigne au sein d’une ambiance dixieland. Il ne s’agit cependant pas de la même version que celle dispensée lors de la séquence vidéo, puisque Jeff s’y réserve tous les instruments : voix, trompette et cordes. Il opère un bel échange instrumental avec le violoniste Jurecka, tout au long de "Black and blue bottom". Dans les années 20, les guitaristes Eddie Lang et Lonnie Johnson se produisaient régulièrement en duo. Et c’est sous ce line up, qu’ils avaient composé et exécutaient "Guitar duet stomp". Mr Healey joue ici les deux rôles à la fois, en manifestant beaucoup de virtuosité. Empreinte d’une grande nostalgie, cette œuvre s’achève par "Same of these days", un morceau plongé dans une ambiance dixieland d'avant la grande guerre. Dans le style, c’est un véritable délice !

Holy Fuck

Latin

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L’attente aura été interminable. Trois années qui ont semblé une éternité. En cause, l’énorme « LP » publié en 2007 et qui tourne probablement encore aujourd’hui inlassablement dans les lecteurs MP3 de toutes celles et tous ceux qui ont eu la bonne idée d’y jeter une oreille. Et, avec un scud comme celui-là, t’es forcément attendu au tournant. Les quatre virtuoses du bidouillage se sont donc démenés pour offrir à « LP » un successeur digne de ce nom. « Latin », le résultat de leurs dernières expérimentations soniques, est-il à la hauteur ? Une chose est sûre, les Canadiens n’ont certainement pas tenté un « LP » bis. Ce troisième labeur est tout simplement différent. D’aucuns se plaindront de ne pas y retrouver l’insolence et la spontanéité du prédécesseur, mais Holy Fuck s’évertue ici à dévoiler un nouvel aspect de son talent, plus en retenue.

Ainsi, « Latin » s’ouvre sur « 1MD », une plage noise tout en crescendo qui cède sa place à « Red Lights » et sa ligne de basse à faire bander un Nic Offer (!!!) L’œuvre embraie par des morceaux beaucoup plus atmosphériques (« Latin America », « Silva & Grimes » et un « Stay Lit » évoquant un Explosions In The Sky qui se mettrait à l’electronica), plus proches de l’ancienne formule du Holy Fuck. La garde rapprochée « SHT MTN » et « Stilettos » s’impose comme le climax de « Latin ». Deux tueries qui te fouettent les fesses jusqu’au sang. Et si tu danses pas, mec, c’est que t’as un sacré problème de motricité. Après l’incantation diabolique de « P.I.G.S. », Holy Fuck referme à nouveau son labo pour une durée indéterminée. « Latin » ne laissera certainement aucun fan indifférent. Et peu importe que le verdict soit positif ou négatif car, y’a pas à dire, c’est sûr scène que Holy Fuck fédère. Et là, les râleurs en prennent pour leur grade.

Pavement

Quarantine The Past

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Décidemment, l’année 2010 est l’année de résurgence des groupes américains issus des nineties. Qu’ils soient lo-fi, indie, stoner ou sur la paille. Les reformations de Dinosaur Jr, Pixies, Jane’s Addiction, Hole, Rage Against The Machine, Sebadoh, Throwing Muses, Kyuss… en témoignent d’ailleurs largement. 

Moment précis où le label Domino incite les cinq membres de Pavement à regagner le chemin des planches pour une tournée mondiale et profite de la vague pour publier un best of de 23 titres, concentrant l’essentiel de l’œuvre du groupe californien. Synthèse parfaite dressant l’essentiel de l’une des formations phare des 90’s ayant zappé les années 2000. « Quarantine The Past » propose un tracklisting sinueux tiré des cinq albums du groupe parus entre 1992 et 1999 : « Slanted And Enchanted » (1992), « Crooked Rain… » (1994), le parfait « Wowee Zowee » (1995), « Brighten The Corners » (1997) et « Terror Twilight » (1999).   

A ses débuts, « Pavement » ne disposait pourtant pas des atouts essentiels pour devenir un groupe culte. « Slanted And Enchanted », premier elpee sorti en 1992, se présentait davantage comme l’œuvre d’un petit groupe post-punk artisanal au jeu basique et immédiat. C’est précisément ce charme flou et chaotique qui ravira très tôt le label Domino et le public. Un son dissonant et expérimental, des mélodies brisées et désarticulées, une voix imprécise (voire fausse), des paroles laconiques… seront les ingrédients du charme lo-fi du quintette de Stockton. Les propos de Scott ‘Spiral Stairs’ Kannberg (guitare) résument parfaitement l’esprit ‘slacker rock’ (NDR : genre inventé par le groupe signifiant rock paresseux) de Pavement : ‘Nous savions à peine jouer à nos débuts. Nous nous contentions de bricoler les chansons comme nous pouvions. Nous n’étions pas brillants. Amateurs, plutôt. A la fin, nous n’avancions plus, nous ne progressions plus, nous avions même presque honte de jouer. Il faut bien comprendre qu’au départ nous n’étions qu’une petite bande de geeks.’

Plus de dix ans sont passés ; l’univers brouillon de Pavement inspiré de celui de The Fall et Sonic Youth aurait-il évolué ? Stephen Malkmus et ses acolytes vous apporteront personnellement la réponse lors de leur prochaine tournée mondiale qui passera furtivement en bord de Meuse lors de la cinquième édition des Ardentes à Liège.   

Girls in Hawaii en deuil

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Le drummer de Girls In Hawaii, Denis Wielemans, est décédé au cours de la nuit du samedi 29 au dimanche 30 avril. Il s’est crashé en voiture, à Bruxelles, près du tunnel Madou. Agé de 27 ans, Denis était le jeune frère d’Antoine, le chanteur de Girls in Hawaii. Il était également impliqué au sein du projet de Daniel Offermann, Hallo Kosmo, responsable d’un second album, cette année. Toutes nos pensées émues vont à leur famille et à leurs proches.

Hip-hop made in Canada

Écrit par

En 2010, Kütu Folk Records sera plus prolifique que jamais, avec les sorties des albums de Soso, Hospital Ships, Evening Hymns, The Delano Orchestra et Leopold Skin, tous cousus-mains, comme de coutume. L’écurie française ouvrira le bal par SoSo, lors de la sortie de « Tinfoil On The Windows », dont la sortie est prévue pour ce 14 juin 2010.

Originaire de Saskatoon (Canada), SoSo (Troy Gronsdahl) est connu pour ses productions soignées, sincères et aériennes grâce auxquelles il est vite devenu un incontournable du milieu hip-hop indépendant.

http://www.myspace.com/sosososo
http://www.kutufolk.com/

Tracklist “Tinfoil On The Windows”

1. Rubber rings
2. Company of chairs
3. All the useless things these hands have done
4. The names of all the trees
5. Your mom is in the next room
6. Floorboards and
7. One eye open
8. For a girl on a faraway hill

 

Thee Vicars

Back to the sixties…

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Le Water Moulin nous proposait une belle double affiche ce samedi 28 mai. Au fil des concerts, ce club devient, ‘the place to be’, au sein de l’univers du rock hors circuit traditionnel, dans la région tournaisienne. Faut dire que depuis la création de la très active ASBL locale, ‘OFF’, cette maison bourgeoise est devenue un véritable antre du r’n’roll. Après une bonne année d’activité, les organisateurs ont frappé fort en programmant le même soir, les Lillois de Teenage Moonlight Borderliners et la nouvelle sensation anglaise psychédélique et 100% énergique, Thee Vicars. Cette soirée très attendue avait donc attiré la foule ; et notamment des mélomanes issus du Nord de la France et de Flandre.

Il incombait au duo français, Teenage Moonlight Borderliners, d’ouvrir les hostilités. Le public était tellement impatient de découvrir nos 4 énervés de la Perfide Albion, que la bonne prestation du duo lillois, responsable d’un rock énergique alimenté par 2 guitares incisives et une rythmique minimaliste mais efficace, est malheureusement passée quelque peu inaperçue ; une bonne partie du public goûtant encore un peu à l’air printanier, avant d’entrer dans le Water Moulin qui allait bien vite se transformer en four.

Thee Vicars, c'est certainement le plus jeune groupe européen de garage qui tourne pour l’instant. Ils sont sur la route depuis avril 2009 et ne poseront leurs instruments à Bury St. Edmunds, dans la région d'Ipswich, leur patrie d’origine, qu'en novembre prochain, si tout va bien...

Après une courte pause boisson, les musiciens se frayent un chemin à travers la salle qui se remplit d’un seul coup. Nos 4 Anglais, à peine sortis de l’adolescence investissent la petite scène du Water Moulin. Il ne faut que quelques secondes pour comprendre qu’un grand moment de rock’n’roll va se produire ! Il leur suffit de quelques riffs pour transmettre leur énergie hautement contagieuse à une véritable meute qui n’en demandait pas tant. Le public est véritablement en ébullition et le Water Moulin, pour l’heure, transformé en club enfumé du Londres des premières heures des Stones, Kinks, Standells ou autres Who, dont les Vicars sont les dignes héritiers.

L’ambiance n’est d’ailleurs pas sans rappeler les 30’’ du concert des Yardbirds au célèbre Marquee dans le cultissime film ‘Blow up’ d’Antonioni contant les pérégrinations d’un photographe de mode dans le swinging London. A l’énergie musicale vient se greffer une ambiance psychédélique quasi-magique dominée par la voix de Mike Whittaker, soutenue par ses 3 comparses ; l'ensemble faisant montre d'une puissance et d'une maturité étonnante. Ils ne desserreront jamais leur étreinte, durant les presque 2 heures que va durer la prestation, sur un public qui n’était pas en reste et en redemandait…

Thee Vicars est incontestablement un très grand groupe de scène, comme on en a peu vu dans la cité scaldéenne. En outre, le combo a eu le mérite d'attirer un public multi-générationnel. Rarement on a vu des gars de cet âge perpétuer, de manière aussi magistrale, l'esprit des early sixties. Ce ne sont pas les articles dithyrambiques récemment parus dans Rock'n'Folk et les Inrockuptibles qui le démentiront. S'il fallait encore mettre l'accent sur leurs grandes qualités, on signalera qu'ils ont joué en support des Black Lips sur toute leur tournée européenne et anglaise !!! Vous l'avez compris, ils sont chauds très chauds et ils sont passés par Tournai un soir de mai...

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que leur nouvel album, intitulé "Psychotic Beat", vient juste de sortir sur Dirty water records. Et il comporte 13 titres !

H.E.A.T.

Freedom Rock (a)

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L’A.O.R est une des nombreuses déclinaisons du hard rock que l’on croyait moribonde depuis les années 90, c’est à dire l’avènement du grunge. Heureusement, certains irréductibles n’ont jamais lâché l’affaire. La bête sommeillait simplement, tapie dans son trou en attendant l’heure du retour. Tout récemment, le comeback fracassant d’anciennes gloires du genre (House Of Lords, Giant, Dare) a réveillé l’intérêt des labels et suscité de nouvelles vocations.

H.E.A.T. est originaire de la petite ville suédoise d'Upplands Väsby, dans la région de Stockholm. La même ville qui en 1979 avait déjà enfanté un monstre du rock mélodique baptisé Europe. Formé en 2007, le sextet avait été élu ‘Meilleur Nouveau Groupe’ par les auditeurs de la radio nationale suédoise après sa participation au célèbre ‘Sweden Rock Festival’.

Si le groupe est nouveau, la musique elle ne l’est pas vraiment. « Freedom Rock » aurait probablement fait un carton s’il était sorti entre 1984 et 1989. Tout sur ce disque évoque le meilleur du rock mélodique ‘à l’européenne’. Le chant harmonieux est soutenu par des chœurs qui le sont tout autant. Les riffs accrocheurs, les soli fluides et les parties de claviers imparables sont mis au service de titres rock mid-tempo et de jolies ballades. De quoi raviver des souvenirs humides aux nostalgiques des années quatre-vingt. Si votre cédéthèque regorge d’œuvres de groupes ou formations comme Europe, Alien, Dare, Tobruk, FM, Fate, Shy, Treat ou Skagarack, il est grand temps de lui offrir une petite nouveauté. « Freedom Rock » fera surement l’affaire.

Notons pour les fans, la participation vocale exceptionnelle de Tobias Sammet (Edguy, Avantasia) pour l’excellent « Black Night ».

Editors

Un final hallucinant !

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La Caserne Fonck de Liège accueillait un concert surprise des Editors, ce vendredi 28 mai 2010. A peine 700 places avaient été mises en vente pour cet événement. Pas étonnant que le set ait été décrété sold out en deux temps trois mouvements. Mais pourquoi cette prestation ? En fait les Editors souhaitaient opérer un warm-up de leur nouveau spectacle prévu pour les festivals d'été. Au départ, le combo avait envisagé se produire dans une église. Mais ces édifices ne leur ouvrant que trop difficilement leurs portes, ils ont accepté de se produire à la Caserne, dont l’architecture offrait certaines similarités. Et puis quoi de plus logique de jouer à Liège, lorsque le lendemain, on est programmé au Pinkpop, dont le site n’est séparé que d’une petite heure de route.

Les réjouissances démarrent à 20h30. La formation sympathique Willow débarque sur le podium pour y dispenser un pop-rock de bonne facture. Peu bavards entre les morceaux, les musiciens dégagent cependant suffisamment de charisme pour chauffer la salle.

21h30 précises La bande à Tom Smith monte sur les planches. Immédiatement, le ton est donné. Le son est excellent. Les différents instruments libèrent des sonorités cristallines. Le combo semble avoir la pêche (NDR : à contrario de leur set accordé en 2008, à l’AB ; une prestation, soit dit en passant, qui m’avait laissé sur ma faim). La formation insulaire est, bien sûr, venue présenter son dernier opus ; mais elle a le bon goût de puiser sa set list au sein de ses trois elpees. Les tueries sont légion. Ce qui n’empêche pas le band de nous réserver quelques compos plus intimistes. A l’instar de "No Sound But The Wind", que chante Tom en s'accompagnant uniquement d’un piano. Une plage programmée entre "The Racing Rats" et "Smokers Outside The Hospital Door" (NDR : l’unique titre un peu trop mou à mon goût !) Imparable, "Papillon" achève le concert. Une heure au cours de laquelle les Brummies ont enchaîné douze titres, que Tom, dans un français quasi-impeccable, ose à peine perturber…

Pas le temps de reprendre son souffle que Tom, Chris, Russ et Ed remontent sur les planches pour se lancer dans un rappel. Qui s’étalera sur six titres. Mais si volet principal se concentrait essentiellement sur les tubes du groupe, le rappel nous proposera des morceaux moins connus, moins évidents à appréhender. Et en finale, le combo nous accordera une compo totalement hallucinante. Intitulée "Fingers In The Factories", elle constitue la cerise sur le gâteau, après une  heure et demie de concert.

Un grand merci aux Editors dont on attend, bien sûr, de nouvelles surprises de ce style…

(Voir aussi notre section photos)

 

 

Les mutations de Pivot

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Pivot a divulgué quelques infos relatives à son nouvel album, son nouveau patronyme et la publication de sa nouvelle vidéo. « Church With No Magic » succèdera à « O Soundtrack My Heart », le 9 août prochain et paraîtra chez Warp. Pour la circonstance, Pivot fait place à PVT. Une évolution marquante est également prévue dans leur musique. Si vous voulez en savoir davantage, je vous invite à aller jeter un œil et une oreille sur le clip de “Window”, le premier single, dirigé par Clemens Habicht.

http://pvtpvt.net

Tracklisting:

01. Community
02. Light Up Bright Fires

03. Church With No Magic
04. Crimson Swan
05. Window
06. The Quick Mile
07. Waves & Radiation
08. Circle Of Friends
09. Timeless
10. Only The Wind Can Hear You

Elliott Smith

Roman Candle

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Les ayants-droits n’en finiront probablement jamais de piller les réserves du plus grand songwriter de sa génération. Après voir réédité « From a Basement on the Hill » en 2004 et « New Moon » en 2007, Domino a décidé de ressortir « Roman Candle », le premier album de Mr. Smith. Un elpee initialement paru en 1994 chez Cavity Search. Mais devrait-on pour autant bouder notre plaisir ? Il est tentant de critiquer cette nouvelle initiative, surtout lorsqu’elle est destinée à se faire du blé sur la tombe d’un artiste. De la qualifier d’indécente. De stigmatiser cette opération mercantile. D’hurler à la trahison. Ou parce qu’elle est susceptible de troubler le repos de l’âme du chanteur texan… mais dès les premières notes du morceau d’ouverture, « Roman Candle », l’auditeur ne peut que se réjouir de retrouver la douceur de ces voix doublées et la pureté de ces mélodies douces et fragiles…

Album injustement méconnu, « Roman Candle » recèle toute une série de perles dont les magnifiques « No Name # 2 » et « Condor Avenue » (proches des trésors d’« Either/Or »). Quel compositeur contemporain ne signerait-il pas des deux mains pour hériter d’une seule seconde d’inspiration qui a permis à feu Elliott d’écrire ces neuf morceaux figurant sur cet elpee. Le disque avait été enregistré sur un quatre pistes ; et pourtant, jamais les plages n’émargent à la lo-fi, tant Smith maîtrise son sujet. Chaque note frappe en plein cœur. Qu’elles émanent de ses cordes de guitare ou de sa voix. Des chansons probablement trop lourdes à porter pour un musicien tellement peu sûr de lui, malgré son immense talent ! Des ses débuts, il était déjà au sommet de son art. Et il l’ignorait. Ce « Roman Candle » est pourtant un classique. Et dire que ces morceaux n’auraient jamais été publiés, si sa petite amie n’avait pas eu la bonne idée de les envoyer à une maison de disques… bien entendu ravie de l’aubaine… Indispensable!

Décès du bassiste de Slipknot

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Les métalleux masqués de Slipknot sont en deuil. Le bassiste, Paul Gray, a été retrouvé mort dans une chambre d'hôtel de l'Iowa, région dont sont originaires tous les membres de la troupe. Les causes du décès n'ont pas encore été dévoilées. Gray était âgé de 28 ans à peine. 

Sludgefeast

Transamplification

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Je me disais aussi ! Mais quel est l’intérêt de publier un double Cd pour n’y  insérer que deux fois quinze minutes de musique ? J’étais déjà prêt à vous ressortir mon baratin sur la crise économique et sur le fait que l’on nous prend vraiment pour des billes. Et bien, sur ce coup-là, j’avais vraiment tout faux. Non, Sludgefeast ne se paie pas notre tête ; au contraire, il nous offre un très beau cadeau. Cependant, pour le savoir, il ne faut pas se contenter d’écouter « Transamplification » sur une platine Cd. Il faut aussi insérer la bête dans le lecteur CD-rom d’un ordinateur. Et là, c’est vraiment la ‘fête du sludge’.

Bien sûr, pour apprécier ce présent à sa juste valeur, il faut avant tout aimer le son sale, brut et distordu du garage rock. Car c’est le créneau dans lequel évolue ce combo londonien depuis 1998. James (guitare, vocaux), James II (batterie, vocaux) et Coirin (basse) ont passé douze années de leur vie à suivre le sentier boueux et graisseux tracé par les MC5, les Stooges, Mudhoney, Pussy Galore et à y côtoyer leur ami nippon Guitar Wolf. Douze années à jouer live et à éditer en masse albums, singles et Eps. Douze années d’une histoire que Sludgefeast dévoile à ses fans sous la forme d’un livre virtuel de plus de quarante chapitres, accessible via un ordinateur. 

« The History Of Shitrock » (NDR : c’est le titre du bouquin) est une véritable perle pour les aficionados du combo. La première partie (Cd1) relate l’histoire de la formation, agrémentée d’humour et de détails. Photos, scans de setlists, de tickets, d’affiches originales, printscreens de forums et extraits musicaux à gogo, l’histoire complète du band de ses débuts à nos jours en quelques clics de souris.

Si cette première partie est plutôt sympathique, c’est sur le Cd2 que le fan trouvera véritablement son bonheur. Le second livre, intitulé « The History Of Shitrock - Bibliography» est divisé en 3 parties. (Discography, mp3 club et Advent). « Discography », comme son nom l’indique, présente la discographie officielle de l’album. « Mp3 Club » reprend tous les Eps offerts par le groupe sur son site internet tout au long de sa carrière ainsi que quelques morceaux inédits ou introuvables. Il suffit de cliquer sur les pochettes des albums pour lancer les fichiers mp3. Ainsi peut on apprécier quelques perles comme l’Ep « We Love Cooper » où le groupe reprend à sa sauce quelques titres du génial Alice Cooper, le split Cd enregistré en compagnie de Guitar Wolf ou encore le mini-album « The Evil has Landed » qui voit Sludgefeast déconstruire le métal de Saxon, Twisted Sister, Judas Priest et Iron Maiden. « Advent », la dernière partie du second Cd, est la reproduction d’un calendrier virtuel du mois de décembre 2007 que les généreux Anglais avaient proposé sur leur site web et dans lequel ils offraient chaque jour des ‘friandises’ : la photo d’un gâteau, quelques images insolites et surtout, des titres mp3 inédits.

Au total, ce sont plus ou moins quatre cent fichiers musicaux au format mp3 qui sont inclus sur le double Cd. Garage rock oblige, ces chansons durent à peine une minute ou deux ; ce qui, au total, donne tout même quelques heures d’écoute. Du coup, les 30 minutes (pour 26 titres) du nouvel album en sont presque anecdotiques. Enfin, pas tout à fait puisque, dans le genre bruyant et jouissif, « Transamplification » c’est vraiment du grand art. L’achat du mois, assurément.

 

Mose Allison

The way of the world

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Originaire du Mississippi, ce musicien américain dépasse aujourd'hui allègrement les 80 balais. Il fréquente les cercles musicaux depuis plus de 50 ans. Il joue circonstanciellement de la trompette, mais son instrument de prédilection est le piano. Au cours des années 40, il est déjà contaminé par le blues. Celui de Memphis, Beale street ; et tout particulièrement du tout jeune BB King. En 1956, il émigre à New York et rejoint très tôt les milieux du bebop. Ce qui lui permet d’enregistrer en compagnie de Stan Getz, Al Cohn et Zoot Sims. Il a publié une multitude d’albums sous son propre nom. Son dernier remonte quand même à 12 longues années. Il a influencé de nombreux artistes, tant blues que rock. Considérées comme des classiques, certaines de ses compositions ont été reprises par des artistes notoires. Ainsi, "Parchman farm" est devenu un des titres fétiche de John Mayall. Georgie Fame et même Blue Cheer en ont créé leur propre version. Les Yardbirds et Misunderstood ont adapté "I'm not talkin'". Le Who (NDR : témoignage sur « Live at Leeds) et Elvis Costello, "Young man's blues". Le Clash et surtout Van Morrison ("Tell me something : The songs of Mose Allison") lui ont consacré un album. Et enfin Patti Jones a écrit un bouquin sur sa vie et son œuvre : "One mans blues : The life and music of Mose Allison".

L'album s'ouvre par une reprise personnelle du célèbre "My babe" de Willie Dixon, qu’il a rebaptisée "My brain". Patiné de blues, ce morceau sculpté dans le jazz est de très bonne facture. Sa voix semble monocorde, mais c’est parce qu’il veut éviter de hausser le ton, face à la guitare acoustique manouche de Greg Leisz. La section rythmique swingue naturellement. Ses interventions aux ivoires sont très personnelles et créatives. L'approche musicale d'Allison me fait penser à JJ Cale. Pas son style, mais son côté laidback. Surtout sa voix paresseuse, caressante. Et il le démontre tout au long d’"I know you didn't mean it", face aux percus de Jay Bellerose, une compo enrichie d’interventions efficaces au saxophone, mais respectueuses de l’équilibre instrumental. Une instrumentation souvent minimaliste, il faut le préciser. La nonchalance de son débit vocal me rappelle un autre artiste attachant, l’ex Soft Machine, Robert Wyatt. Une voix empreinte d’une grande pudeur et d’une sensibilité à fleur de peau. Et ce raffinement extrême contamine "Everybody thinks you're an angel". La simplicité des compos n’est pourtant qu’apparente ; car en vérité, le contenu est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Tendresse et tristesse envahissent "Let it come down". Les roulements accordés par Bellerose sonnent le glas. La slide acoustique de Leisz est exquise. Mose jouit d’une technique brillante et inventive. Et il le démontre tout au long de "Crush", un instru au cours duquel il me rappelle Thélonius Monk. Si le blues propose régulièrement des ambiances fin de nuit, cabaret même, Allison lui, préfère les climats de début de soirée. Une mise en bouche, un apéritif. Facile à appréhender, cette ambiance n’est pas toujours évidente à créer. Et pourtant, il y parvient sur le brillant "Some right, some wrong". Le titre maître est savoureux. Les accords de guitare sont empreints d’une infinie délicatesse. Le timbre vocal est velouté. Le saxophone cajoleur. "Ask me nice" marie naturellement et parfaitement jazz, blues et swing. Signée Joe Henry, producteur dont la carte de visite mentionne Allen Toussaint, Bettye Lavette et Solomon Burke, la mise en forme affiche une grande déférence vis-à-vis du vieil artiste. Tendre ballade, "Once in a while" est bercée par la gratte manouche de Leisz. La cover d’"I'm alright" est issu de la plume de Loudon Wainwright. Un blues qui autorise la présence d’une guitare électrique, mais permet également à Allison de hausser le ton de la voix. En finale, "This new situation" campe un duo amusant entre le vieil homme et sa fille Amy, une chanteuse de country alternatif qui a conservé un timbre de voix juvénile…

 

Youri Blow

The corridor

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Youri Blow est un auteur/compositeur français. Originaire de Troyes, il n'a pas encore trente ans. Lorsqu’il a commencé à gratter une guitare, il s'inspirait du légendaire Leadbelly. Mais son folk blues, il l’a mis à la sauce Nirvana. Puis pousse le bouchon bleu un peu plus loin, à l'écoute de Led Zeppelin et de Jimi Hendrix. Faut reconnaître que son cheminement n’est pas très orthodoxe. Hanté par certains démons du rock’n roll, son blues est largement teinté de psychédélisme. Mais après avoir accompli un premier voyage au Pérou, ce troubadour mercenaire du Delta Blues revient marqué par folklore local. Youri s'établit en Bretagne, du côté de Brest, et s’imbibe de plus en plus de musiques issues de traditions cosmopolites. Une oreille est attentive aux pères du blues, comme Skip James, Son House et Mississippi John. L’autre est davantage sensible aux créations du monde ainsi qu’à la musique classique. Après avoir concocté plusieurs démos, il sort son premier opus en 2008, "Moon rock my soul". Un véritable plaidoyer pour les références qui circulent dans ses veines. Mais marqué par un long périple accompli au sein de la Mongolie profonde, il ne s’est pas limité à expérimenter ce cheminement introspectif.

Toutes ses aventures lui ont permis de se forger un style original. Il est pourtant toujours aussi contaminé par le psyché blues, mais le transpose au sein d’un univers musical très personnel. Youri est un solitaire. Et sa nouvelle œuvre en est une nouvelle illustration. Il chante et écrit toutes ses compos. Il se réserve l’intégralité de l’instrumentation, conventionnelle et insolite : guitare, dobro, violon, flûte péruvienne, viole mongole et guimbarde vietnamienne. Il nous invite à pénétrer dans son ‘corridor’, ce long couloir où il se reflète dans des miroirs très divers pour nous plonger au sein d’atmosphères inspirées du voyage.

"Ever love" ouvre l’album. Les cordes sont magiques. Les percussions timides. Secondée par une voix féminine fragile, la voix force le passage. Manifestement, il s’inspire du blues acoustique de l'avant-grande guerre. L'accompagnement est complexe et riche. De quoi permettre à l’esprit de vagabonder. Signé par son amie Lucie T, "Muddy streams" puise son inspiration dans les profondeurs du Mississippi. Une compo qui baigne dans un climat lugubre. La sonorité métallique du dobro et le timbre quelque peu forcé de la voix reflètent la souffrance des lieux saints du blues. Parcourues de sonorités orientales minimalistes, "Strange history" est, vous vous en doutez, une histoire bien étrange. Une voix d'outre-tombe communique un mal de vivre omniprésent. "Blue mountain" macère dans un climat similaire. Le tempo s’accélère. Les cordes et la trompette de David Babin se conjuguent. Une compo qui me rappelle Jim Morrison dans ses meilleurs moments ("The end"). La pression s’accentue pour "Salmon dreams". A cause de ce feeling désespéré, une nouvelle fois réminiscent du défunt leader des Doors, à moins qu’il ne s’agisse du tout aussi trépassé Ian Curtis, du légendaire Joy Division. Nonobstant son intensité, le titre maître embrasse un profil mélodique empreint de légèreté. Les accords de guitare sont discrètement amplifiés. Une certaine sérénité semble retrouvée. Place alors au dernier voyage vers l'Orient. La solitude et une certaine paix intérieure nous envahissent tout au long de "Tsagaan sar", de "Kohvsgol lake" ainsi que d’"Ulan taïga", des fresques psyché blues susceptibles de nous plonger dans un état de transe. Et cette sensation s’accentue, lorsque la voix trafiquée ressemble à une guimbarde. Bourrée d’émotion et de qualité, cette œuvre s’achève par deux morceaux instrumentaux singuliers dont les titres ont été baptisés dans la langue de Molière : "Autour du templier" et "L'éveil de la goutte d'eau". N’ôtez pas trop rapidement votre compact-disc du lecteur, car vous avez encore droit à un bonus track. La ‘goutte d'eau’ se réveille en empruntant ce rythme répétitif, caractéristique et résolument hypnotique. Youri se lâche en traduisant un titre annoncé de 4’ en plus de 17' de magie intimiste, au cours de laquelle sa voix fait un retour, en fin de parcours…

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que sur le cd, un clip vidéo de "The Corridor", est  disponible en piste multimédia...

Bullet For My Valentine

Fever

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Bullet For My Valentine incarne l’archétype même du groupe métal taillé pour les ados qui se la jouent ‘rebelle’. Sorte de boys band du rock lourd, les Gallois signent un troisième album sculpté dans le même style que ses précédents essais. Au-delà du néo-métal, le combo s’est trouvé son identité propre en alliant à son métal core des éléments estampillés années 80, dans la façon d’aborder les soli de guitare notamment. Ces grands garçons se sont inspirés autant d’Iron Maiden que de Korn et entretiennent une image très fashion style ‘Je joue du heavy mais je suis aussi un éternel romantique’. Parfaitement coiffés, tatoués, mais pas trop, barbes de trois jours et piercings, cette image a tout pour plaire aux groupies de 15 ans. Musicalement, il serait inopportun de cracher dans la soupe car indéniablement, les quatre boys maîtrisent leurs instruments à la perfection. L’évolution est flagrante à l’écoute du titre d’intro « Your Betrayal ». Un morceau efficace, bétonné, hyper heavy, auquel il est impossible de résister avant l’arrivée du chanteur. Car c’est bien là que le bât blesse. Le chant est extrêmement ennuyeux au point de regretter que la plage ne soit pas entièrement instrumentale.

Dans son ensemble, l’œuvre est mélodique. Forte en riffs de guitare, elle a tout du filtre d’amour irrésistible. Bullet For My Valentine amorce doucement, mais sûrement, un virage vers un métal plus vintage, par le biais de la production soignée de Don Gilmore. « Begging for Mercy » communique de grands moments d’émotion, et « Fever » nous permet d’apprécier la fluidité du jeu de « Padge ». Un peu trop lisse et ‘passe-partout’ pour les amateurs de heavy dans la grande tradition, l’elpee enchantera les fans de métal à la sauce Slipknot ou Deftones. Un sacré son quand même, mais un chant qui lasse très vite et paraîtra bien ringard lors de la prochaine décennie.

 

The Conformists

Three Hundred

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Un mélomane n’est pas nécessairement musicien. Souvent, ces grands amateurs de musique sont des musiciens frustrés. La plupart ont essayé d’apprendre à jouer d’un instrument. Se sont exercés. Mais rarement, rares sont celles et ceux qui sont parvenus à s’y exprimer. Il faut s’y faire, tout le monde n’a pas hérité de ce ‘don’. Face à cette déception il reste encore malgré tout deux solutions. La première est de devenir, comme votre serviteur, un chroniqueur amer et de mauvaise foi. Critiquer le travail des autres, ce n’est pas bien, mais ça peut aider à exorciser certaines désillusions. La seconde consiste à concocter un disque pourri et de se faire signer chez African Tape. Il m’est déjà arrivé plusieurs fois de souligner mon incapacité à apprécier les productions de ce label. Ce n’est surement pas l’album « Three Hundred », du combo américain The Conformists, qui m’incitera à changer d’avis. 

The Conformists est un groupe minimaliste/avant-gardiste originaire de la ville de St. Louis, dans le Missouri. Bien qu’il ait entamé sa carrière en 1996, il n’a (heureusement) que deux albums à son actif : « Two Hundred », publié en 2004 et « Three Hundred », en 2007.

Le film « La Momie » nous avait mis en garde : il existe des secrets enfouis, qu’il est préférable de ne pas déterrer. Pourtant, African Tape, qui n’en est pas à son premier faux-pas, a bel et bien décidé de rééditer en Europe l’album « Three Hundred » auquel nous avions eu la chance d’échapper jusque là. Chez The Conformists la notion ‘minimaliste’ est liée au plaisir d’écoute. Il est évident que l’on n’est pas obligé d’être un virtuose pour créer de la bonne musique. Le mouvement punk en est une belle preuve. Cependant, quel que soit son niveau de sophistication, toute musique est sensée apporter un minimum de plaisir. Celle de The Conformists n’apporte rien de tel. Quelle perte de temps !