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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Kasabian

Thank you for the show, Mr. Pizzorno !

Ce soir, au Cirque Royal, place à la britpop, même si le supporting act, DMA’S, vient du pays des kangourous. Parce que la tête d’affiche, Kasabian (NDLR : Tiens saviez-vous que son nom a été emprunté à Linda Kasabian, une hippie qui avait été choisie par Charles Manson pour assister et témoigner des meurtres qu'il allait perpétrer dans la villa de Sharon Tate), est un des derniers fleurons de cette britpop. Son dernier elpee, « The Alchemist’s euphoria », est paru en août dernier. Si la formation de Leicester a connu quelques changements de line up depuis sa naissance, en 1997, le plus notoire a été enregistré en 2020, lorsque Tom Meghan, le chanteur et membre fondateur, a été poussé vers la porte de sortie ; Sergio Pizzorno, le guitariste, se réservant, dorénavant et également le lead vocal.

La première partie est donc assurée par DMA’s, un trio australien (Sydney), fondé en 2012. Il réunit Tommy O'Dell au chant ainsi que Matt Mason et Johnny Took aux sixcordes. Le premier à l’électrique, le second à la semi-acoustique. Mais en tournée, le band peut compter sur Joel Flyger à la gratte rythmique, Jonathan Skourletos à la basse et Liam Hoskins aux drums. DMA’s est le résultat de la concentration de son premier patronyme, The Dirty MA's. A son actif, quatre elpees, dont trois en studio avant un Ep publié en 2021, « I Love You Unconditionally, Sure Am Going To Miss You ».

Le sextuor grimpe sur le podium. Le drummer se plante au milieu sur une petite estrade. Mais le chanteur et le préposé à la gratte semi-acoustique se distinguent de l’ensemble. Le premier, casquette noire vissée sur le crâne, possède une voix qui ressemble terriblement à celle de Yungblud, aka Dominic Harrison. Le second, Johnny Cook, le blondinet, ne tient pas place. Il déambule de long en large sur les planches, tout en triturant voire en martyrisant ses cordes. Par intermittence, Joel Flyger, se charge des claviers. Le combo est manifestement en pleine forme.

Le set s’ouvre par « The glow », un morceau balisé par la gratte semi-acoustique, dont les sonorités sont particulièrement limpides. Les chœurs sont riches. Si les influences oscillent de Bruce Springsteen à Bob Dylan, en passant par Sonic Youth, New Order, The Music et Dinosaur Jr, l’ambiance et les orchestrations rappellent surtout les Irlandais de The Academic mais qui auraient hérité du charisme d’Imagine Dragons. Le combo n’en oublie pas son dernier single en date, « I Don't Need To Hide », un titre qui fait manifestement craquer le public féminin.

Alors que « Play It Out » s’enfonce dans un psychédélisme réminiscent du Floyd, les stroboscopes aveuglent l’auditoire, accentuant cette impression de voyage à l’acide. Le puissant « Lay Down » achève une prestation de toute bonne facture. Un supporting act idéal pour le show de Kasabian qui va suivre…

Setlist : « The Glow », « Feels Like 37 », « Life Is A Game Of Changing », « Silver », « Hello Girlfriend », « I Don't Need To Hide », « Delete », « Play It Out », « Lay Down ».

Pendant l’interruption nécessitée par le changement de matos, un petit groupe de Britanniques complètement torchés sème la zizanie et crée une certaine tension au sein de la fosse. Le service d’ordre va rapidement les en éjecter.

En arrière-plan, se dresse le visuel du dernier opus de Kasabian, « The Alchemist's Euphoria », soit des hiéroglyphes égyptiens à faire pâlir Champollion devant la Pierre de Rosette.

La salle est plongée dans le noir. Pendant 5 bonnes minutes, les haut-parleurs crachent le puissant instrumental « Rocket Fuel ». A la fin de l’intro, on entend des cris fuser des premiers rangs dont les spectateurs commencent déjà à jumper.

Dès que les musicos sont en place, Sergio Pizzorno, en tenue kaki et vert fluo, débarque comme une star (de foot ?) sous les applaudissements. Le set s’ouvre fatalement par « Club Foot ». Le morceau est à peine commencé que le premier moshpit éclate.

Devenu frontman, Pizzorno peut se libérer davantage de sa gratte. Il déborde d’énergie. Plutôt taquin, il provoque l’auditoire pour l’émoustiller, tout au long des trois premières compos. Et ça marche ! Si Sergio n’a pas la tessiture vocale de Meghan, il a suffisamment de charisme pour porter le groupe qui entre parfaitement en symbiose avec la foule. Et puis, aux six cordes, qu’elle soit semi-acoustique ou électrique, il rappelle qu’il est particulièrement habile.

Tout le monde est debout tout au long du show, même dans les gradins. Aucun répit ! Les spectateurs applaudissent à tout rompre, se prennent au jeu du frontman et lui soufflent 95% des paroles des refrains.

De larges extraits du dernier long playing sont interprétés ; mais ce qui fait le fonds de commerce du combo, ce sont quand même les hits aux refrains entêtants. Outre « Club Foot », « Ill Ray (The King) », « Underdog », « Eez-Eh », « You're In Love With A Psycho », « Empire », « L.S.F. (Lost Souls Forever) » et « Fire » figurent donc dans la setlist.

Très électrique (NDR : techniquement, les trois gratteurs sont irréprochables et lorsqu’ils conjuguent leurs instruments, l’intensité est à son paroxysme), l’atmosphère rappelle les concerts de White Lies voire de Foals, accordés dans cette même salle ou d’un Liam Gallagher à Forest National. « Scriptvre » concède des accents hip hop dont Pizzorno est friand. Jolie ballade, « The Wall » permet à tout le monde de souffler. A la demande de Sergio, les iPhones s’allument et transforment le Cirque Royal en firmament étoilé. « Eez-Eh » se limite à un seul refrain. Pendant « You're In Love With A Psycho », une rave se déclenche, un titre qui va se terminer par une version infernale du « One More Time » de Daft Punk. Pizzorno en profite pour traverser la fosse et les gradins afin d’aller saluer ses fans mais aussi pour inciter la foule à danser. C’est alors la folie, pour ne pas dire l’hystérie dans l’hémicycle. Au beau milieu de « Treat » on entend quelques expérimentations électro. Amusé, Pizzorno tente de reproduire ces sonorités à l’aide de maracas.

Inévitable, le rappel va proposer deux titres emblématiques, « L.S.F. (Lost Souls Forever) » et « Fire ».

Une belle soirée dans le rythme, pleine d’énergie et empreinte de bonne humeur. Thank you for the show, Mr. Pizzorno !

Setlist : « Club Foot », « Ill Ray (The King) », « Underdog », « Chemicals », « Eez-Eh », « You're In Love With A Psycho », « SCRIPTVRE », « Stevie », « The Wall », « Pinch Roller », « Treat », « Empire », « Bless This Acid House », « Vlad The Impaler »

Rappel : « L.S.F. (Lost Souls Forever) », « Fire ».

(Organisation : Live Nation)

Whispering sons

Bref mais intense…

Écrit par

La salle est bien remplie pour accueillir Whispering Sons, au Zik-Zak, ce dimanche 3 octobre 2022, date programmée au beau milieu de sa tournée européenne. Le band est déjà passé par le Salon à Silly, l’Ancienne Belgique de Bruxelles, où il a fait salle comble en mars 2021. Et puis, il s’est produit au festival de Werchter. Deux elpees a son actif, « Images », paru en 2018, et « Several Others », l’an dernier. Son nouveau single « Tilt » est sorti il y a sept mois et squatte les ondes de la bande FM.

Issu de Houthalen-Helchteren, en province du Limbourg, mais établi à Bruxelles, ce groupe belge est devenu notoire pour ses prestations à haute intensité, démontrant ainsi que le post punk qu’il pratique est encore loin d'avoir connu ses meilleures années.

Maze assure la première partie. Il ne s’agit pas de la formation californienne drivée par Frankie Beverly, mais d’un band gantois. Son dernier Ep, « Serve Yourself », remonte à 2016. Depuis, il est passé d’un trio à un quatuor, le drummer Timo Fannoy rejoignant le line up. Et dans la foulée, la formation a apporté une nouvelle dimension à son noisy-post-punk.

Chevelu, le batteur est installé à l’avant de la scène. Et ses interventions sont percutantes. Le line up implique également un guitariste, un bassiste et un chanteur. Ce dernier ne tient pas en place. En ‘live’, on a l’impression de vivre une expérience étrange, intense voire inconfortable. La setlist ne comporte aucun ancien morceau.

Bref, un supporting act idéal pour Whispering Sons.

Setlist : « Designer », « How Long », « Actual », « Subcribes », « Laaitning », « Inner », « Open Ear », Twelve Years », « Counter ».

Whispering Sons débarque à 21h30 ; Fenne, une longue chemise blanche recouvrant le haut de son pantalon de couleur noire, recueille déjà les premiers applaudissements. Mais ce qui frappe d’abord, chez elle, c’est sa voix. Un baryton profond, caverneux, dramatique, qui semble parfois surgir des rives du Styx.

Le concert débute par « Dead End », plage d'ouverture du dernier opus. Aujourd'hui, Fenne Kuppens semble plus à l'aise dans son rôle de frontwoman. Elle ose regarder tout le monde, droit dans les yeux. Dès le deuxième titre, « Heat », la foule se met à dandiner, alors que les riffs de gratte électrisent l’expression sonore.

« Screens » s’enfonce dans l’indus. Les interventions ‘dark’ de Kobe Lijnen, à la six cordes, sur « Got A Light » ont de quoi impressionner. Le drumming y est dense. Tout au long de « White Noise », l’auditoire s’accroche à chaque mot prononcé par Fenne.

La version ‘live’ de « Tilt » baigne au sein d’’un climat bien plus angoissant que celle en studio. On pense alors successivement à Joy Division, Portishead, Placebo, Idles, Fontaines D.C. et même Shame, confirmant que la musique de WS a évolué depuis 2013, année de sa formation.

Le quintet a commencé son impressionnante offensive finale à peu près à mi-parcours, soit à partir de « Flood ».

« Satantango » nous entraîne au sein d’un univers sépulcral, alors que plutôt brefs, « Surface » et « Aftermath » s’avèrent relativement dépouillés. C’est le moment choisi par Kobe de s’installer derrière les ivoires pour accompagner Fenne, une chanson interprétée en mode piano/voix. Les 3 autres musicos ont alors quitté le podium. Gothique, le set s’achève par « Surgery », un morceau qui monte progressivement en intensité avant d’être emporté dans une sorte de frénésie tempétueuse…

Malgré l’excellence du show, Fenne semble bouleversée. Elle s’est même mise à pleurer. Elle ne s’est d’ailleurs pas rendue au merchandising, à l’issue du concert.  

En rappel, le band va nous réserver trois chansons particulièrement appréciées par l’auditoire : « Smoke », « Wall » et « Waste ». Un superbe final pour un spectacle dont on regrettera cependant la brièveté : 60 minutes, pas une de plus.

Setlist : « Dead End », « Heat », « Got A Light », « Alone », « Tilt », « Walking Fl. », « White Noise », « Screens », « Flood », « Surface », « Hollow », « Aftermath », « Satantango », « Surgery ».

Rappel : « Smoke », « Wall », « Waste »

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

 

Santa

999 (Ep)

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La charismatique chanteuse de Hyphen Hyphen dévoile aujourd'hui une nouvelle facette de son talent, tout au long d’un fulgurant premier Ep, baptisé « 999 », qu'elle a composé, réalisé et interprété dans la langue de Molière.

Imprégnée par la nostalgie d'une époque où la musique populaire était subversive et poétique, Santa surprend et bouscule les codes dans un style singulier, qu’on pourrait qualifier de néo-variété. Elle s'exprime, pour la première fois, en français et dans un élan de rage et de sensibilité, raconte, en toute sincérité, odes à l'amour, exhortations à l'émancipation ou encore hymnes à la joie.

L’Ep s’ouvre par « Popcorn Salé », un très beau titre.

Un piano solitaire, une voix bouleversante, puissante. Un texte de fin du monde.

Les trois autres plages se rapprochent de la mouvance des années 80, plus électro-pop-rock, au goût du jour. Riffs et solos de guitare, soundpainting délicat, chœurs, montées et descentes de piano, boucles de voix grandiloquentes.

« Paris en août » nous raconte l’histoire d’une relation de vacances qui se termine sous le soleil de la Ville lumière.

« Réveil » évoque un lendemain de rupture et d’une furieuse envie de vivre.

« Où va le temps qui s’en va » s’interroge à propos de la vie qui passe, le bleu des lendemains doux, suite aux moments difficiles.

« Qui a le droit », dernier titre de l’opus, constitue un plaidoyer à la différence.

Santa tape fort pour un premier Ep, mais elle affiche déjà un sacré parcours.

Santa, c'est la voix unique d'une performeuse qui rend honneur à ce qui a fait les belles années de la variété française : la mélodie et les grandes voix.

Pour découvrir son joli clip c’est ici

Méthode chanson

 

Jake Xerxes Fussell

Good and green again

Écrit par

Deux ans après avoir gravé « Out of Sight », le guitariste et songwriter Jake Xerxes Fussell nous propose son quatrième opus. Soutenu par une floppée de musiciens expérimentés dont Bonnie ‘Prince’ Billy ou encore James Elkington (Jeff Tweedy, Steve Gunn, Nap Eyes, …), tel un historien soucieux de ne pas perdre les traces du passé, il est allé rechercher, dans les archives, de vieux chants américains. S’il reprend les codes faussement minimalistes de la country, du folk et de l’americana, une écoute attentive révèle, tout au long de l’album, la présence de cuivres, outre les interventions de pedal steel et d’autres instruments qui appartiennent à l’équipement du parfait ‘folkeux’. Comme intermèdes aux chansons traditionnelles, Jake Xerxes Fussell nous réserve trois compositions personnelles instrumentales s’inscrivant parfaitement dans l’atmosphère bucolique de ce quatrième long playing. Loin des turpitudes actuelles, « Good and Green Again » constitue une ode à la déconnexion. Son écoute apaise et nous ramène dans un temps où la nature avait encore le dessus…

Ibibio Sound Machine

Electricity

Écrit par

Depuis sa base arrière londonienne, Ibibio Sound Machine magnifie notre quotidien grâce à son afro-punk teinté d’électro. Active depuis plus de 10 ans, la joyeuse bande est menée tambour battant par sa charismatique chanteuse d’origine nigériane, Eno Williams. Des racines africaines qui s’étalent comme une influence évidente tout au long d’« Electricity ». Eclectique à souhait, cet elpee mêle les traditions africaines aux sonorités les plus contemporaines. Produit par Hot Chip, l’album s’ouvre par « Protection From Evil ». Un départ en fanfare ! Une plage électro très dansante. Davantage house, le titre maître embraie. Se servant souvent de l’ibibio, langage du sud du Nigéria, la formation ne suscite jamais l’ennui. Euphorisante, sa synth-pop (« Freedom », « All That You Want ») réalise, en quelque sorte, une synthèse à la fois belle et moderne entre William Onyeabor et Giorgio Moroder…

 

Fishbach

La New-Wave ? Je l'aimerai éternellement…

De son véritable nom Flora Fischbach, cette chanteuse française est née en Normandie mais a surtout vécu à Charleville-Mézières. Sa musique est fascinante et mêle des influences qui oscillent de Rita Mitsuko à Niagara, en passant par Patti Smith, Daniel Balavoine et Mylène Farmer. En dépit de ces touches rétro-futuristes, l'artiste est parfaitement ancrée dans la modernité et navigue au sein d’un mouvement musical hautement rafraîchissant qui épingle La Femme, Clara Luciani, Juliette Armanet et Christine. Le deuxième elpee de l'artiste, « Avec Les Yeux », publié par le petit label Entreprise et distribué par Sony Music, révèle à nouveau une flopée de titres jouissifs, très orientés années 80 et traversés par deux obsessions : l'amour et la mort.

Musiczine a rencontré Fishbach au Botanique, à Bruxelles, avant le concert organisé dans le cadre des Nuits. Vu que nous avions déjà abordé les sujets 'classiques' lors de la première interview, en 2017, nous avons proposé à Flora un exercice hors du commun, sous la forme d'un ‘blind test’. Elle devra reconnaître les extraits musicaux joués à la guitare par votre serviteur.

Extrait n° 1

Fishbach :  C'est Blondie ?

Non.

Ah, oui ! C'est “Cambodia”, de Kim Wilde !

Bravo !

C'est un morceau qui figure dans la série “Vernon Subutex”, à laquelle j'ai participé.

Tu connais bien la musique de Kim Wilde ?

Oui, mais je ne connais pas toute sa discographie. Et c'est mieux ainsi. Aussi, découvrir un morceau que je ne connais pas me permet de retomber amoureuse, ce qui est génial.

Et la new wave en général, tu l'aimes toujours autant ?

Oui ! Je crois que je l'aimerai éternellement. J'en joue énormément lors de mes dj sets.

Il paraît que tu passes aussi du Jean-Pierre Madère et du Nana Mouskouri lors de ces soirées ? (rires)

Oui ! Nana Mouskouri, c'est pour casser l'ambiance en fin de soirée et pour dire : 'Il est 5 heures du matin, il faut aller se coucher'. En général, je compose des playlists très éclectiques. J'aime bien diffuser des morceaux de Charlotte Adigéry, une artiste belge justement, qui se consacre à l'électro. Une de ses compos s’intitule “HaHa”. Elle n'est cependant pas new-wave, mais très chouette pour danser.

Extrait n° 2

Hervé Christiani : “Il Est Libre, Max” !

Bien vu !

Mon premier émoi musical, au cours de mon enfance. C’est la première fois que je me suis approprié une chanson que j'entendais à la radio, en regardant le ciel à travers le velux, chez ma grand-mère. Je me rappelle exactement des tapisseries bleues et des petites fleurs jaunes.

Et le premier morceau que tu as enregistré sur cassette ?

C'est sans doute une chanson de Yannick Noah... Eh oui, désolée... mais j'assume... (rires)

Extrait n° 3

Ce titre, je l’ai enregistré sur cassette...

C'est pas David Bowie ? Un des plus grands mélodistes de tous les temps !

Oui ! Il s’agit de “Life On Mars”. Tu connais l'histoire de cette chanson ?

Non.

Dans les années 60, Bowie travaillait comme auteur-compositeur professionnel, attaché à un éditeur. Et Claude François cherchait quelqu'un pour traduire “Comme d'Habitude” en anglais. Bowie a proposé une version, “Even Fools Fall in Love”, qui n'a pas été retenue. C'est celle de Paul Anka qui a été choisie et elle est devenue “My Way”. Piqué au vif, Bowie a alors décidé de composer une chanson sur la base des mêmes accords que “Comme d'Habitude” et le résultat a débouché sur “Life On Mars”...

Pauvre Claude... Il avait un côté dont on gardera des mauvais souvenirs et l'autre qui restera éternel. Claude François traîne des énormes casseroles derrière lui, même si c'est difficile de juger une période où ces comportements étaient monnaie-courante. Tu avais les Mazneff et autre Cohn-Bendit qui affichaient leur pédophilie sur les plateaux de télévision et personne ne réagissait. Au final, je ne peux plus encadrer les chansons de Claude François, alors qu'auparavant, elles étaient représentatives d'une certaine chanson française populaire, un peu ringarde, celle qu'on écoutait au cours de ma jeunesse, dans les bals populaires.

La même chose pour Michel Sardou, non ?

Sardou, c'est pareil. Il essaie de se justifier en disant qu'il chantait des personnages, que ce n'était pas son opinion mais il ne peut pas se cacher. On voit bien que c'est un vieux réac'.

Extrait n° 4

Ah, c'est Prince ?

Oui. “Kiss”.

Eh bien, tu sais, je n'ai jamais été fan de Prince. Autant je suis capable d'apprécier l'artiste, autant son œuvre ne me touche pas. J’éprouve le même sentiment pour Madonna. Et puis, il paraît qu'il était un peu 'nazi' à l'égard de ses musiciens, à la limite du harcèlement moral. Il a composé de très belles chansons mais elles ne parlent pas à mon cœur.

Mais le côté 'funk' de Prince, on le retrouve dans tes chansons. La preuve dans l'extrait suivant...

Extrait n° 5

Oui, ça c'est un riff qui figure dans “Masque d'Or” !

Le riff évoque Prince ou même James Brown.

Oui, mais je dirais que cette influence vient plutôt du funk blanc, un funk de blanc-bec, plutôt germanique. Un groove froid.

Extrait n° 6

Ecoute, il aurait pu relever du répertoire de Simple Minds mais c'est un de mes morceaux : “La Foudre” (rires).

Pourquoi Simple Minds ?

Par rapport au “Hey hey hey hey” (rires).

Ah oui, comme au début de “Don't You Forget About Me” ?

Exactement. Et il y a aussi un côté U2 dans “La Foudre”. Je sais que beaucoup de gens les détestent mais perso, j'ai une tendresse particulière pour eux car un des premiers CD que l'on m'a offert, c'était “The Joshua Tree”, qui est, à mon avis, leur meilleur album. C'est ce genre de musique qui m'a incitée à composer “La Foudre”.

Il est dingue, ce morceau. Et sa voix est hallucinante. Tu as changé le 'pitch' ?

Je ne fais jamais ça !

Je m'en doutais. C'était une question rhétorique... (rires)

Une chose que j'accepte, c'est quand des chanteurs doublent leurs voix une octave plus bas. Mais l'auto-tune et tous ces effets, je suis contre.

Ou alors doubler sur le même ton, à la manière de John Lennon ?

Deux fois la même chose ? Ah oui, c'est une pratique à laquelle j’ai eu pas mal recours au début, sur mes maquettes, mais maintenant, beaucoup moins.

Mais le riff que j'ai choisi, c'était aussi dans le but de susciter une réaction par rapport aux guitares. Il y en a énormément sur ton dernier opus, électriques, un peu 'metalleuses', et elles sont complètement typiques des années 70 et 80, à la limite du kitsch. Inutile de dire que j'adore !

Oui, elles sont carrément exag'.

C’est une parfaite transition pour l'extrait suivant...

Extrait n° 7

Oui ! C'est les Scorpions !

Fishbach chante le début de “Still Loving You”...

Sur ton album, les guitares 'à la Scorpions' réalisent des (superbes) mélodies doublées à la tierce, pratique que plus personne n’ose depuis 30 ans...

Si, tu serais étonné. Il y a encore beaucoup de musiciens qui font ça, mais ils ne sont pas en France...

Ou alors, ils sont dans le 'metal' ?

Soit dans le metal, soit dans l'hyperpop.

Extrait n° 8

Wow, c'est magnifique ! Qu'est-ce que c'est ? Je sèche...

C'est “Love of My Life”, de Queen, paru sur l'album “A Night At The Opera”.

Oh ! Comment ai-je pu louper ça ! C'est la honte ! Freddie était un des plus grands chanteurs du monde. Il y a des 'a capella' sur Internet dans lesquels on entend juste les voix du duo entre Freddie Mercury et David Bowie, “Under Pressure” (*). Tu écoutes l'a capella de Bowie et les poils se hérissent et puis tu entends Freddie et là, tu te dis...

Y'a pas photo...

Ouais : Bowie est touchant mais Freddie, c'est un truc de fou furieux. Ils jouaient un peu à qui a les plus grosses et c'est clairement Freddie qui a gagné. Il est au-dessus du lot (rires).

En concert, Queen était incroyable.

Freddie Mercury est mort un mois avant ma naissance, donc je ne les ai jamais vus.

Je les ai vus 3 fois, du vivant de Freddie Mercury.

Oh, quelle chance !

J'ai même une photo de Freddie qui porte mon écharpe, car j'étais au premier rang et je la lui ai lancée.

Wow, c'est dingue. Et que penses-tu du biopic sur Queen ?

Je n'ai pas aimé du tout.

Moi non plus.

L'acteur ne parvient pas à reproduire toute la puissance de Freddie. J'aurais préféré que ce soit Sacha Baron Cohen, qui avait été sélectionné au départ, car il possède le côté extravagant de Freddie.

En effet, il aurait pu faire le job. En même temps, ce n'est pas Rami Malek qui est à blâmer, c'est la direction artistique du film, beaucoup trop romancée. Il est où, le rock, là-dedans ?

Exact. Et l'homosexualité de Freddie, qui est édulcorée, voire gommée.

Complètement !

Extrait n° 9 : “Jesus died for somebody's sins but not mine...”

Merde, je ne vois pas.

Attends, je vais jouer le début du morceau...

Ah, mais c'est Patti Smith ! “Gloria”.

Fishbach chante le début de “Gloria”.

Ah oui, et en plus tu imites très bien sa voix !

Ben oui, Patti Smith, c'est la mascotte, la marraine de tout le monde, l'amoureuse de Rimbaud, qui, forcément, a rendu de multiples visites à mes chères Ardennes, là où l'écrivain a vécu. J'ai eu l'occasion de la rencontrer : grande dame, grande émotion. Elle a une aura incroyable, physique et vocale. Les gens de tous les âges, y compris les mômes, sont impressionnés.

Elle a une aura et toi, tu as une Flora... (rires)

Tada !

Extrait n° 10

Mylène Farmer, “Pourvu qu'elles soient douces” ! En écoutant le son de ta guitare, j'imagine ce que la chanson apporterait si elle était jouée à la mandoline.

Extrait n° 11

Je ne trouve pas. C'est sans doute parce que je suis à la cigarette électronique. J'ai besoin d'une vraie cigarette pour réfléchir. (rires)

Attends, le refrain arrive...

Ah mais c'est encore Mylène !

Oui, accompagnée de Jean-Louis Murat dans “Regrets”.

C'est beau.

Extrait n° 12 : “Ne faut-il pas commencer par se haïr lorsque l'on doit s'aimer ?”

C'est une grande question, pour laquelle je n'ai pas encore trouvé de réponse.

Sais-tu qui est l’auteur de cette citation ?

Non.

C'est Nietzsche.

Ah, tu es au courant. J'ai lu du Nietzsche et du Schopenhauer pendant le confinement. Ils vont tellement mal que quand tu les lis, tu vas mieux (rires).

Extrait n° 13

Ah ça, c'est les Sparks ! Enormes. Ils ont encore beaucoup de succès en France !

Et en Belgique aussi !

C'est quoi encore, le titre ? “This Town is not…” ?

“This Town Ain't Big Enough For Both of Us”

Extrait n° 14

Ah, je connais ça, c'est très beau. Mais je ne trouve pas.

C'est Twin Peaks.

Ah oui, Angelo Badalamenti ! C'est magnifique. C'est le thème de ‘Laura’.

Tu as vu la vidéo où il explique comment il a composé ce morceau, aux côtés de David Lynch ?

Oui, elle est sur Internet. C'est super !

C'est Lynch qui décrit la situation : ‘She is in the woods and she is coming closer... Yes, it's good, Angelo, continue like this...’ Frissons garantis.

Oui, c'est génial. 

Extrait n° 15

Je crois que c'est une chanson d'une chanteuse française un peu ringarde... C'est “Mortel”...

Ma chanson préférée de Fishbach... Jouée à la guitare de cette manière, on constate que la mélodie, bien que toute simple, constitue d'ores et déjà un classique.

Merci pour ce compliment !

Extrait n° 16 : “Invisible désintégration de l'univers” !

Encore du Fishbach !

Oui et tu sais pourquoi j'ai choisi cette mélodie chromatique, qui descend note par note ? C'est parce que je l'ai composée dans la sainte chapelle du Château de Vincennes, quand j'y bossais. J'aimais y effectuer des vocalises et la réverbération, figure-toi, durait 13 secondes !

Non !

Si, je t'assure. Du coup, les notes se bouffaient les unes les autres. J'étais donc obligée de dénicher des notes qui puissent se combiner harmonieusement.

Et quand tu réalisais la descente chromatique, c'était comme un canon...

Exactement. 

Les arrangements de synthés de la version studio me font penser à Suicide mais surtout Klaus Schulze.

Ah, j'adore ! Klaus Schulze, un des pionniers de la musique électronique. C'est bien lui qui jouait de dos, tout en blanc, assis en tailleur ?

Oui. Malheureusement, il vient de nous quitter.

C'est pas vrai. Il est mort quand ?

Il y a quelques jours.

Oh, c'est triste ! Sans lui, la musique n'aurait pas été la même. Il y a énormément de gens qui ont commencé à en faire grâce à lui tout en puisant leurs influences dans son œuvre.

Oui, il a participé au premier album de Tangerine Dream et, dans sa carrière solo, mon album préféré, c'est “X”, sorti en 1978.

Extrait n° 17

Oh mais oui, c'est La Femme !

“Le Sang de Mon Prochain”. C'est ça qu'on appelle l'hyperpop ?

Non, l'hyperpop, c'est un style fourre-tout qui contient tous les styles ringards des 30 dernières années, comme le dubstep, la tektonic, etc.

Ah bon ? Je croyais que cette expression désignait le style vintage un peu années 80 auquel vous émargez, toi, La Femme, Clara Luciani, etc.

Non, nous on fait de la ‘pop morte... De la ‘death pop’ (rires).

De la ‘wave pop’ ?

Nous sommes des enfants qui concevons de la musique qu'on entendait au cours de notre enfance, mais notre son est plus moderne. Alors que l'hyperpop, c'est un truc de kids de moins de 20 ans.

J'avais pas du tout capté la nuance.

Extrait n° 18

Qui compose ça ? Je trouve pas. C'est complètement discordant.

Pourtant c'est un morceau que tu m'as fait découvrir. Les paroles sont : ‘Je suis l'Oiseau de Feu...’

Le Groupe Obscur ! Il y des années que je n’ai plus de leurs nouvelles.  

Ils ont arrêté.

Oh ! C'est bien dommage parce qu'ils étaient vachement bons ! Un groupe breton de psyché. Je croyais beaucoup en eux. J'aurais voulu qu'ils signent sur la maison de disques dont je relève.

Les Disques Entreprise ?

Oui. J'étais 'en crush' pour eux et je suis un peu triste qu'ils aient arrêté. Dommage qu’il n'y ait pas plus de groupes comme eux. Mais bon, ils feront peut-être autre chose.

Ils étaient bien barges. Ils avaient inventé une langue, comme Magma.

Ils avaient créé toute une mythologie, intrigante, très 'Lovecraftienne'.

Voilà, c'est la fin du blind test. Merci, Flora.

Merci à toi, c'était génial, mais je n'ai pas été très forte au blind test.  

Mais si !

J'ai même loupé Queen!

Ne t'en fais pas. Je fais souvent ce genre de blind tests et l’exercice est très difficile. Les morceaux sont joués à la guitare et sans les références de l'original ; donc il est normal qu'on sèche un peu. Mais dans l'ensemble, tu t'en es très bien sortie !

Merci !

Merci au Botanique, à Pascale Bertolini, Louise Mailleux et Lætitia Van Hove (Five Oh). Merci aussi à Les Disques Enterprise et Sony Music.

Pour écouter l'interview en version audio, c'est ici

Pour écouter la première interview de Fishbach, qui date de 2017, c'est ici 

(*) Pour écouter les a capella de Bowie et F. Mercury, c'est

 

 

 

 

Beechwood

Un final en boulet de canon !

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Beechwood s’était produit à la Cave aux Poètes de Roubaix, en mai 2018. A l’issue de ce concert, les trois musiciens avaient accordé une interview à Musiczine. A l’époque, votre serviteur avait déclaré que la formation avait un fameux potentiel ; surtout à la suite de ses deuxième et troisième opus, « Songs from the land of nod » et « Inside the flesh hotel ». Le band vient de graver son quatrième, « Sleep without dreaming », et après avoir pu écouter le disque en streaming (NDR : Bertus France n’a reçu aucune promo de la part d’Alive Natural Sound ; et ce soir, il n’y a ni vinyle, ni cd à vendre au stand merchandising), manifestement, l’impression générale est toujours bonne.  Une bonne raison pour aller revoir le combo new-yorkais, à l’Aéronef de Lille, ce mercredi 28 septembre 2022.

Non seulement le trio est passé à un quatuor, mais le redoutable drummer Isa Tineo a cédé les baguettes à Russ Yussuf alors que Jensen Gore a débarqué pour reprendre la basse à Sid Simons qui se consacre donc à la guitare, tout comme Gordon Lawrence.    

Lorsque nous arrivons au club de l’Aéronef, le septuor Cash Savage & The Last Drinks termine sa prestation. Drivé par la très charismatique songwriteuse/chanteuse, le groupe de Melbourne recueille de chaleureux applaudissements d’un auditoire, qu’on peut estimer à 150 âmes…

Après le ballet des roadies pour démonter le matos du supporting act et remonter celui de la tête d’affiche, le concert de Beechwood peut commencer. Yussuf, le batteur, s’installe, bien évidemment, en retrait. Jensen, le bassiste, au centre, Gordon, vêtu d’un sweet-shirt à losanges, à gauche, Sid, collier de perles autour du cou à droite. Ces deux derniers sont chaussés de santiags. Et ils portent tous des cheveux longs, mais davantage comme au cours des sixties que des seventies.

Le set s’ouvre par « Heroin honey » et immédiatement, le ton est donné : la musique sera bien électrique et les deux sixcordistes vont s’en donner à cœur joie. Alors que le bassiste dynamise les compos et ajoute les contrepoints, le drummer se charge de lier l’ensemble, même si on le sent particulièrement stressé, jetant régulièrement un œil vers les autres musicos, pour savoir si sa prestation tient la route. Elle le sera, mais métronomique, à contrario de celle d’Ineos, l’ex-batteur, bien plus sauvage et imprévisible. Conséquence immédiate, la musique s’avère moins garage, plus structurée, sorte de pop/rock à guitares, dans l’esprit des Lemonheads, de Nada Surf, d’Allah-Las voire de Big Star, mais en plus glam, alors qu’à l’origine, elle s’inspirait surtout de New York Dolls, des Stooges, des Troggs et du Velvet Underground. On retrouve cependant chez le band cet art à torcher de bonnes chansons. Contagieuses, elles sont raffinées par les superbes harmonies vocales. Lors du troisième morceau, « She’s a criminal », Sid déclare qu’il s’agit d’une nouvelle compo. Ce ne sera pas la seule, car une bonne moitié du concert est constituée de titres qui ne figurent sur aucun disque. A croire que le band a déjà suffisamment de morceaux pour sortir un nouvel LP. Il est vrai que lors de l’interview accordée en 2018, les musicos avaient déclaré se consacrer constamment à l’écriture.  

On est bercé par ces cordes de guitares brimbalantes, carillonnantes, limpides ou lancinantes, mais tellement savoureuses. De temps à autre, les deux sixcordistes se font face, comme s’ils voulaient entrer en duel. Et puis, lors d’un blues bien rythmé, Sid et Jensen assurent les chœurs dans le même micro. Côté vocal, Lawrence possède une voix plus éraillée, alors que Sid a un superbe grain de voix, susceptible de rappeler George Harrison ou Tom Petty.

Alors que les ¾ du set sont imprimés sur un mid tempo bien dosé, la fin du show va se révéler autrement euphorisant. Le tempo s’élève et l’expression sonore s’enfonce dans un psychédélisme digne de Brian Jonestown Massacre. Puis lors du morceau final, c’est sur le rythme du chemin de fer que la musique s’emballe, et lors des refrains transparaissent, en filigrane, des réminiscences de western spaghetti.

Beechwood va accorder deux rappels, chacun d’un seul morceau. Tout d’abord la reprise du « Should I stay or should I go » du Clash, moment choisi par quelques spectateurs d’entamer un pogo, puis une dernière compo autant percutante que psychédélique, rappelant que le groupe ne joue pas seulement des morceaux clean mais aussi chargés d’intensité électrique. Une fin en boulet de canon ! ‘Smashing !’ comme concédé à Sid, à l’issue du show, après s’être échangé quelques mots, analyse qu’il partageait totalement…

Un chouette concert !

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Aéronef de Lille)

 

 

Magma

Opération ‘Karthël’ pour Magma…

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Privé de concerts pendant 18 mois, Magma a mis à profit cette période pour préparer un nouvel album, un album de groupe, comme il n’en avait jamais réalisé depuis longtemps. A la suite de la création d’un nouveau line-up en 2020, Christian Vander a une nouvelle fois proposé aux musiciens d’amener des compositions ; le leader du groupe n’ayant jamais fait le choix délibéré d’être seul compositeur de Magma. Jusqu’à « Zëss », qui laissait entrevoir un avenir plutôt sombre, aucun musicien parmi les dizaines ayant participé à cette aventure, n’avait proposé de nouveau morceau. Eh bien c’est chose faite ! En outre, ce nouvel elpee est annoncé lumineux et résolument optimiste. Il est le résultat d’un travail collectif, une ‘opération baptisée Kartëhl’…

The Smashing Pumpkins

Un opéra rock pour The Smashing Pumpkins

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Après avoir trempé dans le synth-pop sur « CYR », en 2020, The Smashing Pumpkins a décidé d’en revenir à ses racines électriques, à travers « ATUM : A Rock Opera In Three Acts », qui sortira en sections au cours des sept prochains mois. Chaque acte comprendra 11 titres. Le premier devrait sortir le 15 novembre, le deuxième, le 31 janvier 2023, et le dernier, le 21 avril. « Beguiled », c’est le titre du single, qui vient de sortir. Il figurera sur le premier opus de cette trilogie.  

Corgan a déclaré que ces elpees constitueraient à la fois une suite de l’album de 1995 « Mellon Collie And The Infinite Sadness » et des disques « Machina » des années 2000. Il les avait déjà décrits, à l’époque, comme une sorte d’opéra rock.

« Beguiled » est en écoute ici

 

 

Daan

Daan et les cowboys de la route…

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« The ride », c’est le titre du nouvel elpee de Daan, qui sortira ce 11 novembre 2022. En attendant, il nous propose son nouveau single « Western », un instrumental qui ouvrira ce prochain album.

Le caractère cinématographique, émouvant et rageur de ce morceau n'est pas un hasard. Daan l'a initialement composé en 10 variations différentes pour 'Rookie', le premier film de Lieven Van Baelen. Un drame qui se déroule sur et en dehors d'un circuit, avec des motos de course en rut et des cow-boys mélancoliques qui les chevauchent. A partir des rushes de ce film, un clip a été réalisé pour « Western ». Il est vertigineux et est disponible ici

 

 

Circa Waves

Circa Waves refuse de s’enfoncer

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Le cinquième opus de Circa Waves paraîtra ce 13 janvier 2023. A propos de cet elpee qui s’intitulera « Never Going Under », Kieran Shudall a déclaré : ‘« Never Going under parle de ce phénomène moderne unique qui consiste à ne pas savoir dans quel type de monde nos enfants vont se retrouver dans 30 ans. Physiquement, environnementalement, politiquement, nous sommes complètement dans l'inconnu. Cela nous effraie tous, mais en fin de compte, nous savons que nous ne devons jamais renoncer à l'avenir, car comment le pourrait-on ? Les chansons de l'album sont écrites différemment des précédents travaux que nous avons sortis. Elles sont écrites du point de vue de mon fils et aussi de ma propre expérience du climat actuel.’

Circa Waves a toujours eu une certaine vision du monde, mais maintenant c'est à travers le prisme d'un père qui s’inquiète du futur de la prochaine génération. « Never Going Under » est un instantané de la peur que nous ressentons tous aujourd'hui et de la résilience dont nous aurons besoin pour la traverser.

Le nouveau single de la formation « Do You Wanna Talk » a fait l’objet d’un clip vidéo et il est disponible

 

The Somnambulist

The Somnambulist en roue libre…

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Entre rock alternatif et pop expérimentale, The Somnambulist nous propose son nouveau single, "The Freewheelers", un morceau dont le clip a été produit par un collectif de théâtre numérique, dirigé par le chanteur du groupe en personne, qui, pendant les lockdowns (afin de mettre en scène plusieurs pièces écrites au siècle dernier par des futuristes italiens), a mis au point un système original permettant à des acteurs socialement distants d'interagir entre eux en temps réel, tout en étant intégrés dans le corps de marionnettes manœuvrées manuellement sur une scène de théâtre miniature distante.

Après avoir gravé 4 albums, la formation berlinoise publiera 2 nouveaux Eps, au cours des prochains mois. Deux disques qui feront suite à l’elpee "Hypermnesiac", paru en 2020.

Le premier Ep, "Some More Songs Lost in Themselves", devrait sortir fin novembre. Deux singles avaient déjà été extraits de cet Ep, "Not a Song for You" et "Lowerin' Sun". Le troisième, "The Freewheelers" est paru sous forme de clip et il est disponible

 

Sang Froid

Un groupe plein de sang froid…

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Sang Froid, c’est un trio nantais réunissant des membres de Regarde les Hommes Tomber et de The Veil. Il sortira un Ep éponyme, ce 7 octobre. Passionné par le rock gothique, la new et cold wave, la formation reconnaît pour influences majeures, Cocteau Twins, Dead can Dance, Sisters of Mercy et Depeche Mode.

L’Ep est en écoute

 

Odanata

Les mémoires orientales d’Odanata

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Odanata est une formation limougeaude dont le style oscille entre rock doom et psychédélisme. Peu d’infos sur ce groupe, mais un single dont la musique et le clip nous replongent au cœur du psychédélisme de la fin des sixties. Son titre ? "Oriental Memories". Et il est disponible ici

 

Marcel

Le charivari de Marcel

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Marcel est un fantôme de carnaval qui aime faire beaucoup de bruit en frottant sa joue sur les humains avec tendresse. Comme un chat boiteux avec des cymbales attachées à sa queue. Insupportable mais étrangement sympathique. Sa musique doit autant à Jonathan Richman qu'aux traits tendus de Steven Gerrard, aux guitares tordues de Sonic Youth qu'à la peinture expressionniste allemande, aux dessins animés débiles de leur adolescence qu'à la philosophie présocratique.

Sur scène, c'est joyeusement décousu, mais avec nostalgie, puisque le groupe a recours à des sifflets, des kazoos, de l'auto-tune et une darbouka.

Son premier elpee, « Charivari », est prévu pour début 2023. Entre rock n'roll, post punk, punk, grunge, noise et indie-rock, il nous propose son clip « bbl » et il est disponible

 

 

Zaïmoon

Le western de Zaïmoon…

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Derrière Zaïmoon se cache Simon Rakovsky, conteur bruxellois et anthropologue musical de sa cité. Amoureux éperdu de Bruxelles, il promène son enregistreur dans la capitale comme Björk capte chaque soubresaut d'un volcan.

Son terrain de jeu à lui, son terreau, son ‘nouveau western’, ce sont les Marolles, c'est le Parvis de Saint-Gilles, c'est Flagey, c'est Sainte-Catherine. Il capte les sons du métro, des night shops, des passants, des ruelles du centre, et réalise dans ses textes une photographie sonore de ce qu'il vit, ressent, transpire.

Le single "Deux hivers", sorti le 15 septembre, est une histoire d'amour entre deux amants qui s'aimèrent deux hivers, mais seulement un printemps. C'est aussi une histoire de rap, de rumba et de Duvel, le genre d'histoires qu'on croise dans les rues de Bruxelles.

Et cette pulsion a été retranscrite visuellement par deux réalisatrices françaises Mariane et Jule, habituées des clips de la scène rap parisienne et qui se sont immergées à Bruxelles pour en tirer l'urgence nocturne.

Le clip de "Deux hivers", qui ouvre l'album "Aprem Typique", est à découvrir ici

 

 

Penguin Cafe

A matter of life…

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C’est en 2009 qu’Arthur Jeffes décide de relancer le Penguin Cafe Orchestra, un projet monté par son père Simon, décédé en 1997, alors qu’il n’avait que 48 ans. Fort d’une formation musicale (et accessoirement archéologique), il cherche alors faire renaître de ses cendres, les desseins de feu son paternel. Pour y parvenir, il invite alors différents musiciens aux solides références. En l’occurrence Cass Browne (Gorillaz), Neil Codling (Suede), Oli Langford (Florence and the Machine) ou encore Darren Berry (Razorlight) et rebaptise le projet Penguin Café, orphelin donc, de son ‘Orchestra’…

« A Matter of Life » constitue le premier album d’Arthur Jeffes. Il est paru en 2011 sur un label méconnu. Et pour célébrer le 10ème anniversaire de sa sortie, le musicien anglais et l’écurie Erased Tapes (hébergeant aujourd’hui Penguin Cafe) ont décidé de ressortir le disque remastérisé. Pour la circonstance, un titre supplémentaire a été ajouté, « Harry Piers », un morceau qu’il a composé, en souvenir de la mort son père…

Tout au long de ce long playing, Arthur Jeffes pose les bases de la future production de Penguin Cafe. Sans recours à l’électronique, le collectif privilégie l’aspect classique de l’expression sonore à travers la mise en exergue du piano. Une musique qui nous invite également au voyage. Les interventions d’une cornemuse nous entraînent jusqu’au Northumberland tout au long de « Landau » et « Two Beans Shaker », mais aussi en Amérique du Sud sur « Ghost in the Pond ». Et si les autres pistes sont moins aventureuses, elles n’en restent pas moins intéressantes.

Cette réédition devrait inciter certains mélomanes à sonder la discographie de Penguin Cafe, voire du Penguin Cafe Orchestra...

Equipe de Foot

Geranium

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Equipe de Foot, c’est une formation dont tous les joueurs auraient été exclus, à l’exception d’Alex et Mike, un duo aux qualités techniques indéniables. Ce tandem est responsale d’une musique offensive et « Geranium », son nouvel album, en est la plus parfaite démonstration. Sur cet opus, un véritable melting-pot de musique indie est parfaitement mis en forme par Johannes Buff (Thurston Moore, Lee Ranaldo, Dalëk).

Au programme : de véritables murs de guitares mais aussi du piano et de la flûte. Et le tout est dispensé avec un sens assez pointu de la mélodie…

Trois années après avoir gravé son dernier elpee, Equipe de Foot remonte définitivement en première division (un comble lorsqu’on connaît le destin des Girondins de Bordeaux…) grâce à une disposition tactique euphorisante qui aligne ballades (« An Empty Space Is Not Just Filled With Air »), salves grunge déchirantes (« 15 Octobre ») ou power rock aux caractéristiques définitivement pop (« Quatre-vingt-quatorze »).

Ne boycottez pas Equipe de Foot !

Calum Scott

A écouter religieusement…

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Ce samedi 24 septembre, Calum Scott se produit au Cirque Royal de Bruxelles. Cet auteur-compositeur britannique (NDR : il est originaire du Yorkshire) a été révélé en 2015, lors de l’émission Britain’s Got Talent 2015, concours au cours duquel il avait décroché la sixième place. Depuis, outre ses deux albums (« Only Human » en 2018 et « Bridges » en 2022), il aligne les tubes : « Rhythm Inside », « You Are The Reason » (NDR : son duo en compagnie de Leona Lewis), « No Matter What », « Only Human », « Where Are You Now » (NDR : une compo issue de sa collaboration avec Lost Frequencies) et enfin, sa version du « Dancing On My Own » de Robyn, désormais pratiquement plus connue que l’originale…

Mitch James assure le supporting act. Issu d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, ce chanteur-auteur-compositeur-guitariste est également responsable de deux elpees, à ce jour. Il a acquis une solide réputation pour sa franchise affichée sur les réseaux sociaux, mais aussi lors de ses prestations en ‘live’, à travers des chansons chargées d’émotion et convaincantes. Il a aussi décroché quelques tubes, à l’instar de « Bright », « Blue Skies », « 21 » ou « Old News ».

Sur les planches, il assure les vocaux et s’accompagne à la gratte semi-acoustique. Il est soutenu par un préposé à la guitare électrique. Première constatation, Mitch a une belle gueule. Il doit faire des ravages auprès du sexe féminin. Simple, interactif, il est très proche de son public et dégage un fameux capital sympathie. Lorsque les compos s’emballent, elles se chargent d’électricité. Son acolyte, à la sa six cordes, ne lésinant alors pas sur l’intensité de ses riffs. Mais la plupart du temps, il se contente de faire consciencieusement son job.

Le set s’ouvre par le hit semi-acoustique « No Fixed Above ». Les émotions de Mitch transpirent littéralement au travers de ses chansons. Les morceaux défilent : « Bright », « Blue Skies », « 21 », « Old News » deux extraits du second opus, ainsi qu’une cover de Kodaline, « All I Want ». A l’issue de sa prestation, on en est convaincu, Mitch pourrait suivre le chemin tracé par Ed Sheeran...

Trois plateformes sont posées sur le podium. Celle de gauche va accueillir un drummer, du milieu, un claviériste, et de droite, une violoniste ainsi qu’une violoncelliste. Devant cette dernière estrade, vont opérer un bassiste et un guitariste.

Scott Calum, c’est d’abord une voix, une voix captivante, grisante naturellement puissante, mais aussi capable d’une infinie douceur qu’il met au service de chansons qui traitent d’amour, d’intimité, de soutien à ceux qui l’entourent, et notamment à l’égard de sa sœur Jade, mais surtout de spiritualité. A l’instar de morceaux comme « Run With Me », au cours duquel Calum Scott chante ‘I Will Be Your Church’ qui semble être l'amour de sa vie. De « Rise », également. Un titre mystique, dont l’énergie est boostée par les applaudissements. Et bien évidemment de « Biblical ». Le piano épouse sa voix à travers une histoire d'amour profonde et dévotionnelle. Il va d’ailleurs interpréter plusieurs compos en mode piano/voix, moment choisi par les autres pour se retirer derrière la scène. Mais manifestement, le concours du violon et violoncelle apporte une autre dimension à son répertoire.

Tel un évangélisateur, il fait participer la foule. Mais au lieu de bougies, ce sont des iPhones qui s’allument régulièrement au sein de l’auditoire. Féérique !

Tout au long de « Boys in the street », la reprise de Greg Holden, il lui communique ses sentiments et à la fin de cette adaptation, il verse même une larme. Et dans le même esprit, « Heaven » baigne au sein d’un océan de mélancolie.

Scott ne va pas oublier ses tubes « You are the reason et « Where Are You Now », mais sans Lost Frequencies ; et puis en rappel, sa reprise de l’inévitable « Dancing on My Own » de Robyn, manifestement supérieure à la version originale.

Setlist : « Rise », « I’ll Be There », « Cross Your Mind », « Last Tears », « Biblical », « Flaws », « The Way You Loved Me », « Boys In The Street » (Greg Holden cover), « Bridges », « This Love (Maroon 5 cover), « Where Are You Now » (Lost Frequencies & Calum Scott cover), « Run With Me », « If You Ever Change Your Mind », « You Are The Reason », « Heaven ».

Rappel : « Dancing on My Own » (cover de Robyn)

(Organisation : FKP SCORPIO)

 

Day Wave (USA)

Pastlife

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Après avoir publié plusieurs Eps et un elpee, le groupe californien Day Wave nous propose son second album, « Pastlife », un disque qui adopte une approche différente de celle du dernier Ep, « Crush ». Le travail de production est mieux soigné. Le climat de l’œuvre est empreint d’une nostalgie qui se ressent autant dans les mélodies que l’instrumentation particulièrement atmosphérique. Les interactions entre la guitare et la basse communiquent davantage de profondeur et même une certaine fraîcheur, à l’instar de « Where Do You Go ». Et puis, l’équilibre entre cordes de guitare acoustiques et électriques (« Loner ») est parfait ; ce qui est rarement le cas dans ce genre de combinaison.

Les compos semblent cependant sortir d’un même moule, ce qui rend l’opus, au fil de l’écoute, quelque peu longuet. Les dynamiques s’avèrent assez plates et la voix évolue dans un même registre sur tous les titres.

Parmi les plages les plus intéressantes, on épinglera « We Used To Be Young ». Elle prend une autre dimension, à cause de son approche davantage DIY. Et puis en final, « Apartment Complex », qui se distingue par le magnifique duo échangé entre Jackson Phillips et Hazel English.

Izzy & the Black Trees

La vague des révolutions annoncée par Izzy and the Black Trees…

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Le groupe polonais Izzy and the Black Trees sortira son nouvel opus, "Revolution Comes in Waves", le 7 octobre 2022. En attendant, il nous propose son nouveau single, "Kick Out the Damned", sous forme de clip, et il est disponible

Issu d’une ville universitaire tranquille de l'ouest de la Pologne, Izzy and the Black Trees apportent une énergie punk brute soutenue par des riffs de guitare psychique bruyants, un rythme fort et des mélodies fougueuses. Rebelles et poétiques, les compos post punk sont hantées, à la fois, par Patti Smith, Debbie Harry et PJ Harvey…

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