La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au…

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Julian Lennon

Jules, Julian, Hey Jude et Jude…

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Le 7ème album de Julian Lennon paraîtra ce 9 septembre 2022. Intitulé "Jude", c’est un clin d’œil adressé à la chanson légendaire "Hey Jude" des Beatles, écrite par Paul McCartney pour réconforter Julian, 5 ans, après la séparation de ses parents. Écrite à l'origine sous le titre "Hey Jules", McCartney a remplacé "Jules" par "Jude" parce qu'il trouvait que cela sonnait mieux dans la chanson. La chanson est devenue l'un des titres les plus populaires du groupe, figurant en tête des hit-parades pendant 19 semaines après sa sortie, et reste aujourd'hui l'une des chansons préférées du public lors des concerts de McCartney. Même s'il dit avoir une relation d'amour et de haine avec la chanson, parce qu'elle lui rappelle une période malheureuse de sa vie, il est reconnaissant du soutien exprimé dans les paroles et, au fil des ans, la chanson est devenue une partie de son identité personnelle.

Julian a déclaré à propos "Jude" ‘Beaucoup de ces chansons étaient en préparation depuis plusieurs années, ce qui donne presque l'impression d'un album de passage à l'âge adulte. Avec un grand respect pour la signification écrasante de la chanson écrite pour moi, le titre "Jude" traduit le voyage très réel de ma vie que ces morceaux représentent…’

Issus de Jude, deux titres sont parus en single "Save me" est en écoute ici et le clip de "Breathe" est disponible

 

 

Bill Callahan

Le miroir de Bill Callahan…

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Pour enregistrer son nouvel opus, « YTI⅃AƎЯ », Bill Callahan a reçu le concours de son fidèle collaborateur Matt Kinsey à la guitare, Emmett Kelly à la basse et aux chœurs, Sarah Ann Phillips au piano et aux chœurs, ainsi que Jim White à la batterie.

Bill a déclaré, à ce sujet : ‘Je voulais faire un disque qui aborde ou reflète le climat actuel. J'avais l'impression qu'il était nécessaire de réveiller les gens - réveiller leur amour, leur gentillesse, leur colère, réveiller n'importe quoi en eux. Faire fonctionner leurs sens à nouveau. Je suppose qu'il y avait déjà beaucoup de colère ! Mais nous avions besoin d'une meilleure colère. Pour sortir de cet état hypnagogique. La rage hypnagogique. Une rage dissociée qui détruit la communauté et ne laisse que l'individu se dévorer lui-même au lieu de nourrir les autres. Nous sommes nés pour nourrir les autres. Nous avons le lait, les seins. Nous avons le langage, les langues. Nous avons la musique, les oreilles. Tout ça pour nourrir... À l'époque, j'avais l'impression que nous sortions de quelque chose, que nous nous en libérions. J'ai donc imaginé des chansons qu'il serait logique de présenter à un public à ce moment crucial, celui où l'on s'aventure, où tout peut basculer. Une réintroduction aux bases de la vie. De l'interaction humaine. Face à face. Une nouvelle vision claire. Une nouvelle voie. Qui n'est probablement qu'une ancienne voie que nous avons abandonnée quelque part en nous retirant dans notre existence gangrénée par les écrans et aveugle. Parfois, on oublie les choses les plus fondamentales. Les plus grandes choses ! Et il suffit d'un petit coup de pouce pour remettre votre tête sur les rails. Je voulais des sons et des mots qui vous fassent ressentir quelque chose et qui vous soulèvent. Mais d'abord, j'avais besoin de créer des liens, de faire le vide…’

« YTI⅃AƎЯ » paraîtra ce 14 octobre.

https://www.dragcity.com/artists/bill-callahan

 

Wand

Le chat blanc de Wand…

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Responsable de cinq elpees studio depuis sa formation, en 2014, Wand sortira un album live ce 28 octobre 2022. Il s’agit de prises immortalisées à (surtout) San Francisco et Los Angeles, mais également à Sacramento, Novato et Big Sur. Au départ, ce sont Kreibel et Zac Hernandez qui ont tout enregistré lors de leurs 79 concerts de leur tournée. Puis, il a fallu opérer des choix. Intitulé « Spiders In the Rain » il est annoncé par le groupe comme ‘un arc-en-ciel de beauté naturelle et d'abstraction artificielle (donc corruptible) à l'intérieur et à l'extérieur, s'étendant à l'échelle épique sur quatre faces entières de vinyle’.

Extrait de ce futur opus, « White cat » est en écoute

 

 

Poppy Ajudha

Les dénégations de Poppy Ajudha

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La Londonienne Poppy Ajudha vient de sortir un nouveau single et une vidéo intitulés "NO !", écrit et coproduit avec Jungle. Défiant et propulsif, "NO !" s'articule autour d'un message essentiel : chérir notre autonomie et nos limites dans un monde qui tente de plus en plus de les détruire. C'est le premier single de Poppy depuis la sortie de son premier album "The Power In Us", en avril dernier.

Elle se produira en concert le 21 novembre au Botanique de Bruxelles

Le clip de « NO ! » est disponible

 

Silversun Pickups

Les sensations physiques de Silversun Pickups

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Silversun Pickups est un quatuor californien dont le sixième opus, « Physical Thrills », est paru ce 19 août 2022. Brian Aubert, le leader, chanteur et guitariste le décrit comme suit : ‘Ce disque est vivant. Il se situe quelque part entre une collection de chansons et un ami imaginaire. Un ami qui, de mars 2020 à avril 2021, non seulement s'est présenté à moi, mais m'a tenu compagnie pendant cette période d'isolement intense. Un ami qui me rappellerait que, dans ce cas, le monde entier ressentait la même chose. Un ami réconfortant, enjoué, parfois effrayé, souvent ravi. Un ami qui a finalement été présenté à Butch Vig, une fois que nous avons été vaccinés, et qui a soufflé à travers son studio comme une tornade faite de barbe à papa, laissant des petits morceaux de résidus partout. Mais le plus important, c'est que cet ami en a vraiment rien à foutre. Je sais. Ça semble effronté. Je veux juste dire que c'est une chose qui est vraiment libre. Et maintenant, ce petit espace de tête vivant ne me rend plus visite. Je le visite à travers cet album. J'espère que vous l'aimerez. Mon ami s'en ficherait. Petit coquin.’

Le groupe en a extrait "Scared Together", un premier single traduit en clip par Claire Marie Vogel. Et il est à découvrir ici :

A propos de ce single, Brian a déclaré ‘On ne sait jamais ce qui peut rapprocher deux personnes. Parfois, c'est quelque chose de léger et de confortable. Parfois, c'est un amour partagé pour une sorte de totem ou d'idole qui leur est chère. D'autres fois, c'est quelque chose d'un peu plus redoutable. Mais peu importe ce qui marche, je dis. Chacun son truc. Cette chanson parle de devenir proche et intime avec quelqu'un à travers les épreuves. Être jeté dans quelque chose d'assez effrayant fait ressortir des qualités communes qui les relient.’

 

Une compile consacrée au glam metal de Los Angeles du début des eighties

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The Sunset Strip - Numero Group, label basé à Chicago, notoire pour ses collections expertes de raretés, d'artistes et de sous-genres musicaux épuisés et souvent oubliés, a publié, ce 10 août 2022, « On The Sunset Strip », une compile consacrée aux jours glorieux du glam metal de Los Angeles du début des années 80.

21 chansons réparties sur 2LPs et un livret de 144 pages élaboré par la journaliste musicale, Katherine Turman.

Le Numero Group publiera également plusieurs bonus numériques avant la sortie physique de l'album…

Tracklist « Bound For Hell : On The Sunset Strip » (lien d’écoute sur les titres en bleu !)

Side A

  1. Stormer - Going To The City
    2. L.A. Rocks - Cocaine
    3.                  Max Havoc - Bound For Hell
    4.                  Jaded Lady - Rock N Roll Ain’t Pretty
    5.                  Steeler - Ready To Explode
    6.                  Lizzy Borden - No Time To Lose

Side B

  1. SIN - On The Run
    2. Black ‘N Blue - Give Em The Old 1, 2, 3
    3.                  Bitch - Damnation Alley
    4.                  Romeo - Feelin To Rock
    5.                  V.V.S.I. - Savage Kind of Girl

Side C

1.                  Hellion - Up From The Depths
2.                  Angeles - Blade Of Steel
3.                  Knightmare II - Cold Reception
4.                  Witch - Cinderella (In Black Leather)
5.                  Reddi Killowatt - Liquid Lady

Side D

  1. Armored Saint - Lesson Well Learned
    2. Leather Angel - We Came To Kill
    3.                  Rough Cutt - Take It Or Leave It
    4.                  Lisa Baker - Fool Of Lies
    5.                  Odin - Judgement Day

Bonus Cassette

  1. Black ‘N Blue - Rules Were Made To Be Broken
    2. Lisa Baker - Every Girl’s Got A Fantasy
    3.                  Stormer - Driving
    4.                  Odin - Midnight Flight
    5.                  Leather Angel - Need Your Love

Julia Shapiro

Zorked

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Originaire de Palo Alto, en Californie, Julia Shapiro milite au sein de Chastity Belt, Childbirth et Who Is She. Mais elle mène, en parallèle, une carrière solo. Et « Zorked » constitue son second elpee individuel. Un disque qu’elle a enregistré à Los Angeles, où elle s’est installée, peu de temps avant la pandémie, après avoir quitté Seattle, où elle faisait pourtant partie de la scène locale.

Introspectif et personnel, « Zorked » (NDR qui peut se traduire par défoncé ou hors de soi) reflète sa crise existentielle vécue pendant le confinement. Et pour en composer les chansons, elle a puisé ses influences chez Elliott Smith, l’herbe, les rêves lucides, L.A. ainsi que le tarot, à travers le livre d’Alejandro Jodorowski, « The way of the tarot ». Et tout particulièrement sur le titre qui ouvre l’opus, « Death XIII », un morceau qui baigne au sein d’un climat shoegaze avant qu’une nouvelle ligne de guitare ne vienne ouvrir une autre perspective sonore. Un shoegaze qui peut s’avérer sinusoïdal, brumeux ou carrément noisy. D’ailleurs les spectres de My Bloody Valentine et de Pale Saints planent tout au long de l’album. D’autant plus que diaphanes, limpides ou éthérées, les harmonies vocales sont particulièrement soignées. Dans cet esprit, le titre maître constitue, sans doute, la compo la plus aboutie du long playing et s’autorise même un changement de mélodie en milieu de parcours. Les sonorités de grattes tourbillonnent, bourdonnent et se chargent de larsen, alors que celles d’un mellotron s’immiscent dans le décor…

Le long playing recèle l’une ou l’autre plage plus pop, mais aussi plus acoustique. A l’instar du contemplatif « Reptile ! Reptile ! ». Julia y déclame ses paroles ; et on entend, en filigrane, des chants d’oiseaux ainsi qu’un soupçon de trompette. Ou encore du paisible « Hall of mirrors », joué en picking.

Un bien bel album !

The Lemonheads

It’s a shame about Ray (30th anniversary edition)

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Pour célébrer le 30ème anniversaire de la sortie de l’album « It’s a shame about Ray » des Lemonheads, paru en 1992, le label Fire a décidé de le rééditer en y ajoutant un second cd sur lequel figure des inédits, des titres ‘live’, des raretés, des démos et des flip sides. 

Avant d’enregistrer cet LP, la formation pratiquait une forme de rock hardcore inspirée des Replacements et de Hüsker Dü. Mais lorsque le line up vole en éclats, Evan Dando, le leader, s’exile quelque mois en Australie ; et quand il revient c’est pour former un nouveau trio. Le line up réunit alors le chanteur/guitariste Evan, le drummer David Ryan et la bassiste Juliana Hatfield, alors également préposée aux backing vocaux.

Si cet opus est bien chargé d’intensité électrique, il se révèle beaucoup plus pop, accrocheur et surtout mélodieux que les précédents. Une œuvre considérée avec « Lick », bien que plus brouillonne, comme les fleurons de la carrière du band.

Le second disque recèle pas mal de morceaux intéressants, dont des versions acoustiques (remasterisées pour la circonstance) de certaines plages du long playing, mais aussi l’une ou l’autre cover dont une reprise speedée du « Mrs Robinson » de Simon & Garfunkel. Et curieusement, sur plusieurs pistes, le timbre vocal de Dando devient aussi capricieux que celui d’Elvis Costello…

A noter qu’après la parution de ce long playing, Juliana Hatfield quittera le band pour entamer une carrière solo…

Michael Hurley

The time of the foxgloves

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Michael Hurley a fêté ses 80 balais en décembre dernier. Ce peintre, cartooniste et musicien possède une discographie longue comme un bras. Son premier elpee, « First songs », est ainsi paru en 1964 !

« The time of the floxgloves » (Trad : les temps des digitales) a été enregistré à Astoria, en Oregon, pendant la période au cours de laquelle ces plantes herbacées fleurissent.

Lors des sessions, il a reçu le concours de quelques collaborateurs, dont Josephine Forster qui chante en duo sur « Jacob’s ladder », mais aussi un xylophoniste, un accordéoniste, des violonistes, un organiste (à pompe), un clarinettiste (basse), un préposé à la double basse (upright bass !) et un autre au ukulélé baryton, un banjoïste, des percussionnistes, des guitaristes acoustiques (qui traitent parfois leur sèche en slide !), probablement du piano électrique et des choristes. Ce qui apporte de subtiles nuances à son folk dépouillé qui peut aussi se teinter de blues ou de jazz (NDR : les trois styles se conjuguent même lors du morceau final, « Lush green trees »). Il y a même une cover déglinguée d’« Alabama » des Louvin Brothers. Mais en général, le ton reste chaleureux et réconfortant, Michael interprétant d’une voix douce et érodée par le temps, des chansons langoureuses et rêveuses…

The Kernal

Listen to the blood

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The Kernal, c’est le projet de Joe Garner, dont le père n’était autre que feu Charlie Garner, le bassiste qui a sévi chez The Goodtime Charlies, le groupe de Del Reeves (NDR : l’oncle de Joe), pendant trois décennies.

« Listen to the blood » constitue le troisième chapitre d’une trilogie entamée par « Farewellhell », en 2011, et poursuivie sur « Light country », en 2017. Une triade au cours de laquelle il règle ses différents avec son défunt paternel, d’un ton de conteur et en y injectant parfois une touche d’humour sournois.

Coproduit par Joe, Ben Tanner (Alabama Shakers) et Jerry Bernahrdt, cet elpee a été enregistré aux célèbres studios ‘Muscle Shoals’, en Alabama.

Dans ces conditions, vous vous imaginez bien que la musique proposée par The Kernal est sudiste. Et vous avez entièrement raison. Oscillant de la country au boogie, en passant par le southern rock et le rock’n’roll. On a même droit à une sérénade à la Presley (« She’s seeing somebody »), une ballade romantique mid tempo chantée en duo avec Caitlin Rose (« Fight song ») ainsi qu’à un périple cinématographique (« Wrong turn to Tupelo »). Et puis des chœurs féminins tapissent « Super (Marijuana) », un boogie allègre inévitablement dynamisé par le piano. On en oublierait presque le concours de Mike Mouton (Mike & The Moonpies) à la steel guitare. Et ses interventions sont brillantes.

Enfin, chaleureuse et confidentielle, la voix de Joe peut aussi se faire nasillarde, à la manière d’un Bob Dylan…

Nahawa Doumbia

Kanawa

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Nahawa Doumbia est devenue, depuis les années 80, une des chanteuses les plus populaires du Mali. Dans ses textes, elle parle d’amour, mais aussi des conditions de vie difficiles de la femme malienne, et tout particulièrement de la polygamie, de la violence domestique et des mariages forcés ; mais sur ce nouvel opus, elle implore la jeunesse de son pays de ne pas risquer les drames humains consécutifs à l’immigration. Au cours des dernières décennies, son pays a été confronté à de multiples épreuves : pandémie mondiale, conflits interethniques, attaques terroristes, enlèvements, sécheresse, troubles civils et coups d’Etat. Aussi, elle invite cette jeunesse de se serrer les coudes afin de participer au développement économique, et suggère au gouvernement de s’attaquer à la pauvreté en favorisant la création d’emplois afin de dissuader ces jeunes de s’exiler...

Musicalement, entre didadi et wassoulou, Nahawa est soutenue par des musicos qui se servent d’instruments traditionnels comme le kamélé n’goni (une guitare à 4 cordes qui ressemble à une harpe), le kamalengoni (une variante à 6 cordes ou plus), le djembé, le karinyan (sorte de percu qui racle le métal), le balafon, mais également un bassiste, dont les interventions peuvent se révéler funky. Enfin, des chœurs traditionnels féminins soulignent régulièrement la voix de Nahawa.

Il ne faut pas oublier que, souvent chanté par des femmes, le wassoulou est une des sources du blues… mais là, c’est une autre histoire…

Die Krupps

Une machinerie toujours bien huilée…

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L’organisation Bodybeats est habituée, depuis bien longtemps, à proposer des concerts de musique EBM, wave, gothique et industrielle. Son BIM festival est de nouveau prévu début décembre, mais ce soir, il a programmé une double affiche, partagée entre Front Line Assembly et Die Krupps, en la salle De Casino à St Niklaas. Ces deux formations ont tourné ensemble, et tout particulièrement en Allemagne, en Hongrie et dans les pays nordiques, lors d’un périple baptisé ‘The Machinists reunited tour 2022’.

Et c’est Front Line Assembly qui ouvre les hostilités. En 35 années d’existence, la formation a enregistré pas moins de 17 albums studios. Dont le dernier, « Mechanical soul », paru en janvier 2021, a bénéficié du concours de quelques guests notoires, dont Jean-Luc De Meyer (Front 242) et Dino Cazares (Fear Factory). L’histoire de Fear Factory est d’ailleurs fort liée au band canadien, puisque l’un des membres fondateurs, Rhys Fulber, est passé du deuxième groupe au premier (NDR : vous suivez toujours ?)

Sur le podium, les lumières sont tamisées. Et lorsque le leader et ses deux guitaristes débarquent, on a l’impression d’être plongé dans une ambiance digne d’un film d’horreur des 80’s. Entre Oomph ! et Tool, âmes sensibles s’abstenir ! Rauque et ténébreuse, la voix de Bill Leeb évoque celle de Peter Spilles (Project Pitchfork). Les sonorités du clavier et les frappes de drums font froid dans le dos. Les compos oscillent, sans surprise, entre EBM et indus. Parfois on pense aussi à Skinny Puppy, qui possède également des affinités avec FLA. Et pour cause Leeb en était le membre fondateur. Mais l’expression sonore recèle, en filigrane, des nuances de métal et de techno-transe.

Le band est bien rôdé (NDR : il a également accompli une tournée aux States en mai et début juin 2022), mais on le sent usé par le poids des années. Et la reprise de « Rock me Amadeus », un vieux tube kitsch des eighties composé au départ par l’Autrichien Falco, en est le plus parfait exemple. Il faudra attendre le rappel, et le morceau final, « Millenium » (titre éponyme d’un elpee sorti en 1997) pour susciter un peu d’enthousiasme au sein de l’auditoire qui, jusqu’alors, se contentait d’écouter et d’applaudir poliment. Un set agréable, mais sans surprise…

Car pas de doute, une grande partie du public s’est déplacée pour assister au show de Die Krupps, dont les dates sont plutôt rares en Belgique (NDR : il faut remonter au W-festival en 2018 pour retrouver la trace de son passage). Dès que les Teutons grimpent sur l’estrade, l’ambiance monte d’un cran. Bien que varié, le public semble chaud-boulette. A l’instar de Killing Joke, Die Krupps est parvenu à traverser quatre décennies, malgré des périodes d’interruption, avec succès et en se réinventant, sans se couper de ses racines. En passant d’un EBM plutôt âpre, caractérisé par des percussions mécaniques, début des 80’s, vers les pulsions davantage métalliques, à l’aube des 90’s. Le combo s’est finalement reformé en 2005, mais il faudra attendre 2013 pour voir paraître un nouvel opus intitulé « The machinist of Joy ». Bien plus allègre et surtout dansant que ses précédents long palyings, il relance véritablement le groupe.

Dès que Die Krupps monte sur les planches, on remarque immédiatement l’absence du guitariste Marcel Zürcher (NDR : selon les échos recueillis, il serait atteint de la Covid). Mais la deuxième gratte assure alors que Jürgen Engler, le leader, bondit d’un côté à l’autre de la scène, tape sur ses tubes métalliques, malgré ses 61 balais. En outre, il n’hésite pas à venir serrer les mains de ses fans aux premiers rangs.

« Schmutzfabrik », « Crossfire », « Nazis auf speed » … les singles s’enchaînent comme autant de solides claques, que pourrait nous asséner le chanteur. Faut dire que sa carrure est aussi impressionnante que celle de Till Lindermann (NDR : ne pas oublier que Rammsteinn s’est largement inspiré du groupe de Düsseldorf pour enregistrer ses premiers albums). Le public scande en chœur (y compris après le concert) les ‘oh oh oh’ sur « Robosapien » et lors du refrain de « Wahre Arbeit - Wahrer Lohn ».

En rappel, « To the hilt » (NDR : si vous n’avez jamais regardé le clip qui est consacré à ce morceau, c’est le moment ou jamais, et il est disponible ici) et « Fatherland » clôturent un set bien riche.

Pourtant, Die Krupps aurait pu encore jouer les prolongations en nous réservant des classiques comme « Risikofaktor », « The dawning of doom » ou encore « Metal machine music ». Dommage, mais ils sont passés à la trappe. Néanmoins, il serait injuste de ne pas évoquer le climat de bonne humeur au sein duquel le concert s’est déroulé. Mais également la proximité des membres du groupe avec ses fans. Les musicos prennent d’ailleurs le temps de discuter, signer quelques autographes ou prendre des selfies en leur compagnie, avant de remonter dans leur tour bus.

(Organisation : Body beats)

 

Hear Hear Festival 2022 : dimanche 14 août

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Première édition du Hear Hear qui se déroule sur une seule journée. Il est organisé par l’équipe du Pukkelpop, festival qui s’étale, cette année, du 18 au 21 août. Trois des six scènes (sous chapiteau) du festival de Chokri Mahassine sont réquisitionnées aujourd’hui. Le nom de ‘Heat Heat’ aurait sans doute été plus judicieux, car le thermomètre va constamment dépasser les 30 degrés, même en soirée ! Mais qu’importe, les fans de rock se réjouissent de cette affiche 100% pure et dure, mêlant gloires des 90’s et étoiles montantes (NDR : quel bonheur de vivre un festival complet sans se coltiner du rap, r’n’b et autres DJ sets que nous imposent les affiches des plus grandes manifestations). Compte rendu d’un programme riche et chargé du début à la fin...

Une fois l’entrée et les contrôles de sécurité passés, on a droit à une distribution gratuite d’eau. Très appréciable vu la chaleur !

Cap à droite vers la scène baptisée ‘Yeah Yeah’, pour assister au concert de Sons. Ne comptant que quelques années d’existence et deux albums à son actif, la formation flandrienne jouit d’une belle popularité et remplit le chapiteau. Une popularité renforcée par un concours de jeunes talents, organisé par Studio Brussel, et remporté à ses débuts. Responsable d’un rock garage, le combo affiche un look qui colle à sa musique. Dans un style proche du band californien Oh Sees. Le batteur donne le ton et les guitares tapent aussi fort que le soleil sur nos têtes. Bref, la sauce prend sur chaque titre. A l’instar de son premier single, « Ricochet », qui clôt une prestation saluée par une belle ovation de la foule. Une notoriété qui pourrait bien dépasser les frontières de la Belgique, depuis que la formation a enregistré une live session KEXP…

Vu la richesse de l’affiche, on doit opérer des choix cornéliens. Ce sera Anna Calvi ou Billy Nomates programmés au même moment. Dommage pour cette dernière, car cette jeune Anglaise est la nouvelle sensation en Angleterre. Et pour cause, elle a été notamment propulsée par Sleaford Mods qui l’a invitée à participer à l’enregistrement de son son single « Mork n mindy ». Son concert prévu pendant la pandémie au Botanique en 2021 avait dû être annulé. Il faudra guetter son retour en salle.

Anna Calvi avait réalisé des débuts tonitruants, en publiant deux elpees chez Domino en 2011 et 2013, et en accordant un concert mémorable à l’AB, en novembre 2011. Avant de disparaître des radars jusque 2018, année au cours de laquelle elle va graver « Hunted ». Sobre, elle débarque sur l’estrade, vêtue d’un chemisier blanc et d’un pantalon de couleur noire. Tenant fermement sa guitare en main, elle n’est secondée que par un batteur et une claviériste, plantés sur les côtés, en arrière-plan. Tour à tout haut-perchée ou douce et murmurée, sa voix navigue sur une musique qui oscille entre soul/blues de girl power (à la PJ Harvey) et rock gothique plus ténébreux (réminiscent de Siouxsie). Quant aux références masculines elles sont davantage à aller chercher du côté de Richard Hawley, Jeff Buckley voire du duo Nick Cave/Blixa Bargeld, même si elle une attitude beaucoup plus pondérée et statique sur les planches. En fait, elle n’a pas besoin d’en faire des tonnes, sa réserve contrastant avec cette voix dont les montées en crescendo sont impressionnantes. A l’instar de « Desire », morceau-phare dont on aimerait chanter le refrain avec elle, mais où on se sentirait ridicule face à cette diva des temps modernes.

Girls Against Boys s’était montré tout aussi discret, depuis la sortie de son dernier Ep (« Ghost List ») et son passage aux Nuits du Bota, en 2013. C’est donc enthousiaste que votre serviteur file retrouver l’une des formations les plus ‘underrated’ des 90’s. Une vraie injustice pour ce groupe initié par le batteur de Fugazi, en regard de ses prestations scéniques, et ses albums parus sur le label Touch and Go (NDR : nonobstant un séjour sur le major Geffen, afin de publier « Freak on Ica », peu apprécié par le band qui n’interprètera d’ailleurs aucun titre de cet elpee, sur les planches). Et cet après-midi force est de constater que sa musique n’a pas pris la moindre ride, libérant une énergie directe et intacte sur le podium ‘Gimme Gimme’ (‘shock treatment’ serions-nous tentés d’ajouter). Scott McCloud au chant et à la guitare, Eli Janny aux claviers et en backing vocal, alignent rapidement les tubes entre punk/hardcore et noisy. A la basse, Johnny Temple est moins excentrique mais tout aussi efficace, se réservant notamment des solos sur « Crash 17 ». Derrière ses fûts, Alex Fiesig se charge de soutenir l’ensemble. Le tout dans un climat de bonne humeur. Une bonne humeur qui contamine les premiers rangs du public. Ainsi, quand Scott s’emmêle les pinceaux en annonçant « Disco 666 » au lieu de « Distracted », il se reprend avec humour (‘Oh yeah sorry we are playing « Distracted », I’m really… distracted’). « Superfire », « Bullet proof cupid » et l’inévitable « Kill the sex player » en final ont littéralement achevé votre serviteur qui avait presque oublié la chaleur suffocante, transpirant autant que le band, mais savourant pleinement ce come-back attendu. Le band clôturait ainsi sa tournée de festival européens, avant d’affronter les USA. Et, il a promis de revenir dans des salles du Benelux et européennes rapidement. Il faudra donc scruter les dates de concerts pour ne pas rater ce retour…

Tout a été dit 100 fois, et beaucoup mieux que par moi’ indiquait Boris Vian.  On se servira de la même formule pour Whispering Sons, l’une des formations belges qui tourne le plus dans les salles et festivals noir-jaune-rouge. Vous n’aurez aucune peine à retrouver un de ses comptes rendus qui lui est consacré sur Musiczine.

Car le set suivant, celui de Parquet Courts, beaucoup plus rare en Europe, embraie. Après avoir été bluffé lors de son passage aux Inrocks, en 2014, ses prestations scéniques suivantes avaient un peu moins convaincu, malgré la confection d’albums de bonne facture, enregistrés le plus souvent sous la houlette d’illustres producteurs. Des échos de son dernier concert, accordé au Grand Mix de Tourcoing, avaient toutefois incité votre serviteur de revoir son jugement. Et effectivement, les New-Yorkais vont livrer le set le plus surprenant et tonique de la journée. Exit le côté exclusivement punk/garage lassant des débuts et place à des pistes étonnantes qui se prêtent bien à l’atmosphère poussiéreuse du festival. D’un côté le chant punk, la voix rauque et les accords de guitare rugueux d’Andrew Savage. De l’autre, les accès électro-psychédéliques d’Austin Brown abordés dans l’esprit de Happy Mondays. « Walking a downtown pace » (issu du dernier « Sympathy for life » sorti en 2021) interprété en milieu de set en est la parfaite illustration. D’autres compos encore se nourrissent de percus en tous genres, de la clarinette et des sifflets dans un climat de carnaval. Pas étonnant dès lors qu’un morceau intitulé « Mardi gras beads » figure dans la setlist. Même s’il est étonnamment plus paisible est proposé en fin de parcours. Quoiqu’il en soit la sauce a bien prise et si le public n’avait répondu qu’à moitié présent, il était enthousiaste et semblait totalement ravi de la performance.

Plus de monde paradoxalement se masse devant la ‘main stage’ pour le show de Wolf Alice. Alors, certes, la jeune Ellie Rowsell est responsable d’un pop-rock rafraîchissant et parfois énergique. Mais à l’image de son look et maquillage cosplay, elle semble plutôt plaire à un public bien plus jeune. Ce qui n’est pas plus mal, afin que ce festival ne se cantonne pas aux quadras ou quinquas déjà très nombreux.

Mais l’attention de votre serviteur se focalise sur un autre band de jeunes en devenir : Squid. Outre-Manche, il constitue une des nouvelles sensations aux côtés de Fontaine DC, Black Country New Road et autre Shame. Après un premier passage au Sonic City, fin 2019, et un autre encore plus attendu à l’Orangerie du Botanique deux ans plus tard, l’intérêt pour ce groupe ne cesse de croître (NDR : d’où sa programmation en ce début de soirée). Pourtant, la setlist de ce soir va décontenancer. Moins directes que d’habitude, les compos sont tirées en longueur (sept morceaux en tout et pour tout). De quoi décourager bon nombre de spectateurs. Et pourtant les plus patients seront récompensés lors du final, « G.S.K. », un titre cuivré caractérisé par son superbe envol à la trompette, et « Narrator », dont la montée en crescendo est particulièrement vivifiante. Dommage donc pour cet allumage tardif ainsi que l’absence de standards comme « Houseplants » qui auraient pu faire exploser le set. Mais l’audace de ce jeune combo est à saluer.

Car si la foule quitte peu à peu Squid, c’est aussi pour se placer idéalement devant la Main Stage afin de profiter pleinement du concert de Liam Gallagher. Pour le peu, on se croirait dans l’enceinte d’un grand stade mancunien (NDR : non pas United, l’autre), face à un auditoire chaud bouillant ; mais curieusement ici, réunissant une majorité de jeunes. Lumières tamisées sur l’estrade et écran géant disposé en arrière-plan, c’est le concert de la journée où il y a le plus de matos déployé. Le trublion de la britpop est entouré d’un band conséquent et de deux choristes black, plutôt charmantes. Elles lui seront bien nécessaires, sa voix rencontrant régulièrement des moments de faiblesse. La rampe qui s’avance au milieu de la fosse, en revanche, ne servira à rien, puisque le chanteur adopte sa posture habituelle, mains dans le dos, le micro incliné et collé entre ses lèvres et son nez. Et comme s’il revenait tout droit d’une matinée à la pêche, il est vêtu d’un chapeau qui cache une partie de son visage, et d’un parka/coupe-vent qu’il ne quittera jamais, malgré la chaleur étouffante ; ainsi, ses auréoles sous les bras vont s’étendre au fil du temps. Il fallait s’en douter, les quelques titres dispersés parmi les reprises d’Oasis ne provoquent pas la même euphorie. Pourtant le récent « Better days » (issu du dernier opus sorti cette année) est joué avec entrain, maracas à la main. Mais non ce que le public veut, c’est scander en chœur des hymnes (NDR : quand on vous parlait d’une ambiance de stade), à l’instar de « Rock’n’roll star ». Et surtout lors final « Wonderwall », entonné en partie par ce public. Ce qui rendra le cadet des Gallagher un peu moins bourru que d’ordinaire (‘Yeah it’s pretty good’ s’exclame-t-il avant de se remettre à chanter). Bien que tiré en longueur, son énième tube, « Champagne supernova », va pourtant enchanter un public qui balance les bras avant de réserver une ovation à William John Paul (NDR : c’est son véritable prénom !). C’est sûr, à l’applaudimètre, il était la grande vedette de ce festival.

Que dire alors des deux autres têtes d’affiche qui se succèdent sur la scène principale ? Les Pixies semblent déjà moins attendus. Sans doute parce qu’ils se sont déjà produits sur la plaine de Werchter, un mois plus tôt, et une semaine plus tard, à l’Atelier du Luxembourg. En outre, la setlist réunit une majorité de morceaux moins connus et même quelques covers dont on se serait bien passé (NDR : en final, celle de Neil Young va asséner un véritable coup de massue au public). De quoi décourager bon nombre de spectateurs lambda. Fan du groupe, votre serviteur assiste à l’intégralité du concert, mais Frank Black semble vraiment décidé à se la jouer folk, ce soir. Ne lâchant sa guitare acoustique, pour empoigner une électrique, que trop épisodiquement. Pour peu que l’ambiance décolle un peu, elle rechute aussi vite. D’ailleurs le « Where is my mind », scandé en compagnie des fans en fin de parcours, ne parviendra pas à atteindre ce que Liam Gallagher était parvenu à récolter juste avant. Et il ne fallait pas compter sur la communication des musicos qui, même lors des adieux, marquent un moment d’hésitation avant de s’avancer sur l’avant-scène afin de saluer son auditoire...

Pour Editors en revanche, l’entrain et la sympathie sont toujours au rendez-vous. Les derniers singles « Heart attack » (en ouverture) ou « Karma Climb », aux sonorités plus electro, tout en parvenant à conserver cette ligne de basse et ses accès post-punk, passent assez bien la rampe. Pourquoi, dans ce plat pays, ce groupe récolte autant de succès et est systématiquement programmé en haut de l’affiche, alors qu’il se produit dans des plus petites salles ou des festivals mineurs, ailleurs ? Néanmoins, le band tient la route et a contrario des Pixies, incorpore judicieusement des singles tout au long de son set. Maintenant, si on souhaite écouter une musique plus originale, il est préférable de s’aventurer du côté de l’une des deux autres scènes...

En assistant au concert de Thurston Moore, par exemple, qui ne doit cependant compter qu’un petit millier de fans aujourd’hui, en Belgique… Mais comme le veut l’adage ‘les absents auront tort’ ! Tout comme Squid qui foulait les mêmes planches auparavant, il est nécessaire de s’armer de patience et d’être ouvert d’écoute ; car seuls six à sept titres seront dispensés sur la bonne heure de concert. Aux guitares, l’ex-leader de Sonic Youth et l’ancien This Is Not This Heat, James Sedwards, tissent méticuleusement leurs riffs hypnotiques. Mais surtout, il y a cette ligne de basse, discrète mais efficace, qui vient taquiner cette texture, empêchant ainsi les morceaux de sombrer dans la répétition et la lourdeur. En faisant remarquer cette nuance à un confrère, ce dernier me précise que cette bassiste n’est autre que Debbie Googe, celle de My Bloody Valentine. Pas étonnant dès lors que ses interventions soient épatantes. Et s’il fallait épingler un titre du concert de Thurston Moore Group, le choix se porterait sur « Hashes » qui passe particulièrement bien en live.

Petite parenthèse le seul DJ set de la soirée répond au patronyme de The Avalanches. Certes on aurait préféré la présence de Vitalic comme initialement prévu (surtout après son show époustouflant à l’AB et la sortie d’un dernier double album de bonne facture, intitulé « Dissidænce »), mais les organisateurs l’ont au final fait glisser à l’affiche du festival qui se déroule ici dans quelques jours. Pourtant, les réservistes assurent parfaitement le remplacement. Ces deux Australiens mixent et bondissent derrière leurs platines. Et arrivent à encore faire bouger une foule de clubbers que l’on n’avait pas trop remarquée sur la plaine jusque-là.

Une première édition plutôt réjouissante donc, même si l’on pouvait légitiment se poser la question de savoir si une deuxième édition pourrait encore se dérouler l’année prochaine ? Ce n’est malheureusement pas une certitude, vu qu’il n’a enregistré que 12 000 spectateurs sur la journée…

(Organisation : Pukkelpop)

Sons, Anna Calvi, Girls Against Boys, Whispering Sons, Parquets Dourts, Wolf Alice, Liam Gallagher, Thurston Moore Group, Pixies, The Avalanches, Editors

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Bender

The Crowd Growls, The Crown Falls

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Bender est une formation française (NDR : marseillaise, très exactement) qui, à ce jour, compte un Ep et 5 albums à son actif. Dont les trois derniers « Gathering Wine » (2017), « The Centurion’s Servant » (2019) et « The Crowd Growls, The Crown Falls » forment une trilogie. Réduit à un trio, le groupe a décidé de prendre un nouveau départ, même si on retrouve cette formule du concept album qui met en scène ‘Le Roi Cobra’ depuis le premier opus, paru en 2013.

Ce nouvel elpee met en scène un héros qui, victime de paranoïa et de la société dans laquelle il évolue, subit une véritable descente aux Enfers. Une narration pour le moins décalée où l’on retrouve des icônes bien connues de la culture rock tel que de Joey Ramone et Iggy Pop mêlées à une forme de surréalisme principalement incarnée par ce Roi Cobra. Si cet album peut aussi s’écouter sans être au courant de toute l’histoire qu’il raconte, il est toutefois plus simple d’en apprécier la musique lorsqu’on sait ce qui se trame…

Musicalement, cet opus ratisse large. Il aborde ainsi des tas de styles : reggae, metal, rock, pop etc. A tel point, qu’au début, on est un peu dérouté. Mais au fil de l’écoute on s’habitue à ces variations et on en arrive à rapidement apprécier ces surprises constantes. Certains morceaux peuvent être parfaitement écoutés sans le contexte de l’histoire relatée, à l’instar de « You Waste It » ou « I Bet You », tandis que d’autres prennent réellement tout leur sens à travers le récit (« Incantations », » A King’s Fall »).

Les parties de guitares créatives et bien senties, une bonne synergie chez les musiciens ainsi que des lignes de basse novatrices (« Snake and Go Nuts ») constituent les principales forces du combo. 

Bien qu’assuré par Ronde Gordon, le mixing accuse cependant quelques faiblesses. Notamment les parties vocales sur « Freaking Out » et le drumming tout au long de « Toxic ». Mais ce sont des imperfections mineures par rapport à un ensemble qui se distingue par un très bon équilibre entre morceaux paisibles, acoustiques et moments un peu plus rock. 

Le long playing recèle en « Neuralgic Point », une véritable pépite. C’est également la plage qui ouvre la plaque. Au cœur de l’orchestration à tendance Alestorm et de l’aspect festif qui émane de ce morceau, de brillantes interventions de saxophone viennent s’insérer dans la compo.

Enfin, on épinglera le superbe artwork de la pochette, une constante observée sur la plupart des disques de Bender.

Après avoir écouté cet album de toute bonne facture, on est impatient de voir ce que ces chansons vont donner en live !

 

Lokerse Feesten 2022 : samedi 6 août 2022

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Après deux années sans festival, c’est le grand retour des Lokerse feesten sur la Grote Kaai de Lokeren. A l’affiche l’Anversoise Coely, dont c’est la quatrième apparition sur le site, la Batave Froukje, la native de Vilvorde, Emma Bale, et en after party, DJ Licious. Sans oublier, bien sûr, en tête d’affiche, la machine américaine The Black Eyed Peas.

Les hostilités débutent à 19h00.

Du haut de ses 21 ans, Emma Bale est rayonnante. Elle est vêtue d’une jupe en jeans de type fourreau et d’un top blanc recouvert d’un soutien-gorge en laine de couleur jaune. Elle est soutenue par deux claviéristes dont l’un se consacre parfois à la guitare électrique ou semi-acoustique et d’un drummer.  

Elle va nous proposer de larges extraits de son album, « Retrospect », paru en avril 2021.

Le set s’ouvre par « Amsterdam », un morceau inondé de sonorités de claviers. Emma arpente les planches de long en large. Elle embraie par un ancien hit, « Run ». La chevelure ‘blond platine’ d’Emma est bien mise en valeur par le light show. Plus paisible, « Mind Games » se nourrit progressivement d’électro. Tout aussi calme, « Kom Pas » est interprété dans la langue de Vondel. La voix de Bale est superbement soulignée par la gratte semi acoustique que l’un des claviéristes vient d’empoigner tout au long de « The Woman I Am Today ». Et lorsqu’il passe à la six cordes électriques, c’est pour nous nous proposer quelques titres plus funkysants, dans l’esprit de Nile Rodgers.

Emma n’en oublie pas son tube, « All I Want », une reprise de Kodaline. « Cut Loose » et « Curaçao » communiquent une ambiance tropicale au show qu’elle achève seule, armée d’une guitare semi-acoustique.

Grâce à son cocktail de pop, de r&b et d’électro, Emma Bale marche sur les traces d'icônes de la pop comme Ellie Goulding ou Dua Lipa. Une belle entrée en matière…

Setlist : « Amsterdam », « Run », « Mind Games », « Bad », « Long For », « Trust Issues », « Orange Tree », « Get Back », « Kom Pas », « The Woman I Am Today », « All I Want » (Kodaline cover), « Cut Loose », « Curaçao »

Place ensuite à Foukje. Originaire de Rotterdam, elle chante en néerlandais.  Agée de 21 printemps, elle compte à son actif un mini album 6 titres, « Uitzinning », paru en 2022 et un Ep 6 titres « Licht En Donker », en 2021.  

Affichant un sourire timide et coiffée de mèches rouges pulpeuses, elle est vêtue d’un jeans et d’un corset qui lui confère une taille de guêpe.

Dès qu’elle se met à chanter, on reconnaît immédiatement l’accent batave. Et il faut reconnaitre qu’en optant pour sa langue maternelle, elle n’a pas choisi la facilité. Néanmoins, le courant semble bien passer auprès du public. Sur le podium, elle est épaulée par trois filles et un garçon. Soit deux claviéristes, une guitariste et un drummer. Toujours pas de bassiste dans le line up.

Elle invite la foule à sauter sur place, à s’accroupir avant de bondir, mais aussi à balancer les mains de gauche à droite et inversement.

Les claviéristes descendent dans la fosse et incitent les spectateurs à applaudir.  

A travers ses chansons, la jeune femme n'a clairement pas peur d'exprimer ses inquiétudes et celles du reste de sa génération, face à la crise climatique.

Grâce à son enthousiasme juvénile et son charisme inné, elle a très vite pris le contrôle de la Grote Kaai…

Setlist : « Groter dan ik », « Onbezonnen », « Goud », « 17 », « Licht en donker », « Uitzinnig », « Een man die nooit meer huilt », « Is dit echt ? », « Heb ik dat gezegd ? », « Zonder gezicht », « Niets tussen », « Ik wil dansen »

Coely pratique du r&b teinté de de hip hop. Et elle a vraiment un look de rappeuse : veste lardée d’objets métalliques dont d’imposantes épingles à nourrices, des bottes d’aviateur et des tas de bagues argentées aux doigts. Même si la veste n’a tenu que le temps des deux premières compos…

La diva s’appuie sur une formation impliquant deux claviéristes, un drummer, un bassiste et un guitariste. Un excellent backing group dont un guitariste impressionnant, responsable de quelques solides solos. Deux vocalistes ont également prêté leurs voix, parmi lesquels on reconnaît le très fidèle Dvtch Norris.

Sa setlist va puiser généreusement dans son album « Different Waters », paru en 2017. Très soul, sa voix est puissante. Le light show est imposant. Et pour cause, on la devine parfois derrière le mur de lasers placés devant le podium. Mais sur les planches, elle ne tient pas en place. Et il faut reconnaître qu’elle est parvenue à mettre le feu à la Grote Kai. « Celebrate » met ainsi tout le monde d’accord, avant que le concert ne s’achève par une séance de beatbox.

Setlist : « Different Waters », « My Tomorrow », « Run It Up », « Can't Get Away », « Regulator », « No Way », « Alive »,

Avec DVTCH NORRIS : « Don't Care », « Magic Carpet » (DVTCH NORRIS cover)

« The Rise » (Together with her 2 brothers), « Is Everybody Out There » (Followed Band Introduction), « Celebrate », « Beatbox ».

Après deux ans de pandémie et plusieurs reports dus à la crise sanitaire, The Black Eyed Peas est parti en tournée tout l'été, à travers l’Europe. L'occasion pour Will.I.Am, Taboo et Apl.de.ap de venir défendre leur dernier opus, « Translation », gravé en 2020. Ce groupe phare des années 2000, actif depuis 1995, se distingue par son mélange de hip hop et d’électro. Mais il est surtout connu pour ses tubes, et tout particulièrement par « I Gotta Feeling », « Pump It », « Boom Boom Pow » et « The Time ». Et puis, le band californien a marqué toute une génération. En novembre 2011, après le périple mondial organisé dans le cadre de la promotion de l'album « The Beginning », au succès en demi-teinte, le groupe annonce une pause de quelques années. Mais en 2018, il annonce son retour ; cependant, sans sa chanteuse phare, Fergie. L'Américaine se consacre désormais à sa vie de famille. Une absence de taille, tant la chanteuse était la force des refrains cultes. C'est l'artiste philippine J. Ray Soul qui la remplace désormais. Un sacré défi à relever...

Le huitième long playing du band, « Translation », en est revenu à des sonorités plus latino, les premières influences du combo. Un LP qui a bénéficié du concours de grands noms, comme DJ Snake ou Shakira.

Le show accuse 25 minutes de retard.

Trois grands écrans en hauteur et un immense placé à l’arrière laissent la place aux quatre chanteurs, à un guitariste et un drummer. Pas d’autre musico, le reste est diffusé par des bandes préenregistrées, y compris les basses ronflantes. Mais, il faut le reconnaître, le son est excellent. Il est même puissant et californien sur « Let's Get It Started ». Entre rap et pop, ce titre ne pouvait mieux entamer leur prestation, une compo reprise en chœur par un public déchaîné.

Des effets pyrotechniques grandioses et des fumigènes en abondance enflamment le hit phare du band, « Pump It ». Dans le même esprit, tout au long du show, on aura droit à des murs de LED flottants, des lance-flammes, des canons à CO2 et confettis, dont une véritable avalanche s’est abattue sur la Grote Kaai, lors du final, un « Medley ».

Pendant les samples, Will I Am, Taboo et Apl.de.ap posent leurs voix tour à tour ou ensemble. J. Rey Soul, la remplaçante de Fergie, prouve qu’elle a trouvé sa place au sein du line up qui revisite tout son répertoire. Des extraits d’autres tubes (« Time Of My Life ») servent parfois à propulser les morceaux du groupe.

Les quatre vocalistes déménagent comme des puces surexcitées. Mais lors de ce set très dansant et participatif, manifestement, c’est Will.I.Am. qui tire son épingle du jeu.

Le gratteur se prend parfois pour Jimi Hendrix, à moins que ce ne soit Alex Van Haelen. Redoutable, la frappe du batteur est sauvage, tribale même. La nouvelle chanteuse remplace très bien Fergie et mérite sa place dans ce band de fous furieux dansants. Mais rien à faire, Fergie a laissé un vide. Son image apparait sur les vidéos projetées sur les écrans. Ce qui peut accentuer des regrets, car elle était l’âme vivante du crew qui a eu l’intelligence de combiner des hits et des morceaux du dernier opus, afin d’illuminer cette soirée très latino et dansante.

En 60 minutes, entre nostalgie et découverte, on en aura eu pour son argent.

 

Setlist : « Let's Get It Started », « Mamacita », « Pump It », « Love Tonight » (Shouse cover), « This is Love, #thatPOWER, Scream & Shout », « Don't You Worry », « Girl Like Me », « Don't Stop The Party », « The Time (Dirty Bit) », « Where Is the Love ? », « Meet Me Halfway », « I Gotta Feeling » (The whole crew on stage), « Medley »

(Organisation : Lokerse Feesten)

DJ Licious + The Black Eyed Peas + Coely + Froukje + Emma Bale

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Lokerse Feesten 2022 : mercredi 10 août

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Le Lokerse feesten arrive à mi-parcours. Le soleil commence à taper dur et la chaleur va devenir de plus en plus étouffante au fil de la journée. Heureusement des fontaines d’eau sont mises à la disposition des festivaliers. Et elles sont gratuites.

Ce mercredi 10 août, la Grote Kai accueille la formation belge Portland, Seasick Steve, une icône du blues/rock qui a côtoyé de nombreuses stars du rock, le band issu de Cincinnati, The Afghan Whigs, et en finale, le groupe insulaire, Snow Patrol.

Portland n’est pas seulement une ville de l’Oregon aux States, mais aussi un band issu du Nord de la Belgique. Finaliste de l’édition 2016 du Humo’s Rockrally, lauréat de la cuvée 2018 de ‘De Nieuwe Lichting’, concours organisé par Studio Brussel, il pratique de la dream pop (NDR : enfin, c’est ce que déclare le combo). Originaire d’Hasselt, il réunit Jente Pironet (lead vocal, guitare), Sarah Pepels (claviers, chant), Gill Princen (claviers, basse) et Arno De Bock (drums). Pour ce concert, il a engagé un guitariste de tournée.

La formation va nous proposer de larges extraits de son dernier elpee, « Your Colours Will Stain », paru en 2019, mais également de nouvelles compos qui figureront sur le nouvel album, dont la sortie est prévue pour cet automne. 2022). Pas de setlist.

Plutôt sexy, Sarah est vêtue de noir. Elle a ainsi opté pour un pantalon et une chemise légèrement transparente. Elle est également chaussée de lunettes fumées. Pour se protéger du soleil ou pour le look ? A vous de choisir ! Elle excelle derrière ses claviers et son IPad dont elle extirpe de superbes sonorités électro. Tout comme sur le percutant « You Misread Me ». Les voix de Sarah et de Jente sont parfaitement complémentaires, et celle de ce dernier semble hantée par Matt Bellamy (Muse). Mélancolique, la musique de Portland s’appuie sur un drumming métronomique et des grattes puissantes. En outre, le band a le bon goût de soigner le sens mélodique. Et il n’oublie pas d’interpréter son single, « Lucky Clover ». Un groupe à suivre de très près…

Place ensuite à Seasick Steve. Agé de 75 balais, il est issu d’Oakland, en Californie. Il porte une barbe imposante, à la ZZ Top. Il a eu des amis prestigieux. Dont Janis Joplin dans les années 60 et Kurt Cobain, au cours des 90’s. Et il a joué en compagnie de multiples légendes du blues et du rock, parmi lesquelles figurent John Lee Hooker, Lightnin' Hopkins, Son House, Albert King, Joni Mitchell, John Paul Jones et on en passe, mais également des groupes et artistes contemporains comme Modest Mouse ou encore KT Tunstall…

En toile de fond, on remarque la présence de la pochette de son dernier elpee, « Love & Peace ». Le disque, il va l’extraire, au cours du set, d’un emballage en carton. Et c’est un vinyle sur lequel est mentionné les inscriptions ‘Only On Vinyle‘, geste qu’il va accompagner d’un petit discours sur cet LP qui ne sort ni en cd, ni en MP3 et n’est pas disponible sur les plateformes de streaming….

Ce hobo sympa se sert d’une gratte différente à chaque chanson, une guitare artisanale ou une cigar-box, et notamment sa légendaire ‘3-String Trance Wonder’. Elle avait été confiée à Steve alors qu’il ne lui restait que trois cordes et il l’a gardée ainsi depuis. Mais aussi une ‘One-Stringed Diddley Bow’. Soit un manche avec une seule corde. Il a même fabriqué une dobro à l’aide d’un gros manche de brosse et d’une plaque minéralogique du Mississipi, terminée par une boîte de conserve en fer blanc.

Il est vêtu d’une chemise de bûcheron (qu’il va vite ôter, vu la température), d’un jeans rapiécé et coiffé d’une casquette ‘John Deere’, marque de tracteur notoire.

Malgré son âge, le papy est un séducteur. Il a repéré une jolie roussette aux premiers rangs. Elle s’appelle Mathilde. Coïncidence, il signale qu’il avait baptisé son camping-car de ‘Mathilda’. Il va la chercher et l’entraîne sur les planches, faisant même mine de se rendre en backstage avec elle. Une plaisanterie qui déclenche un fou rire général. Finalement il l’installe sur un siège et lui déclame une chanson d’amour en se servant d’une gratte semi-acoustique classique. Il propose même de lui envoyer le dernier album si elle lui envoie un mail. La chanson terminée, assez émue, elle est renvoyée aux premiers rangs sur la Grote Kai.

Sans quoi, parlons quand même de musique. Un cocktail de blues, boogie de country qui baigne au sein du Delta. Seasick est uniquement soutenu par un drummer à la barbe respectable, dont les interventions sont régulièrement sauvages, voire tribales.

Son set terminé, Steve, toujours aussi interactif, mais humble, serre des mains, signe des autographes mais, incorrigible, continue à draguer Mathilde…

Setlist : « Don't Know Why She Love Me but She Do », « Self Sufficient Man », « That's All », « Soul Food », « Walkin' Man », « Shady Tree », « Summertime Boy », « Roy's Gang », « Bring It On », « Put That in Your Pipe and Smoke It », « Barracuda '68 », « Thunderbird ».

Rien à faire, quand on parle de The Afghan Whigs, on pense aux nineties. Enfin, presque, puisqu’entre 88 et 1999, la formation américaine va graver 6 albums, dont l’incontournable « Gentlemen », dans un style soul/rock particulièrement alternatif, l’aspect soul s’exprimant surtout à travers la voix écorchée de Greg Dulli.

Un Dulli qui est bien sûr le leader et fondateur du groupe légendaire issu de Cincinnati, dans l’Ohio. Outre The Afghan Whigs, Il a également monté deux projets parallèles. Tout d’abord The Twilight Singers, mais également The Gutter Twins en compagnie du regretté Mark Lanegan, dont on suppose la fin de parcours du projet, suite à sa disparition.

Le line up de la formation a quand même mal changé depuis ses débuts. Ce soir, il implique un multi-instrumentiste (basse, claviers, violon, percus), un drummer et trois sixcordistes, dont Greg. Ils sont tous habillés de noir…

Pour votre serviteur, il s’agit d’une découverte. La setlist va privilégier des extraits de l’inévitable « Gentlemen » et de « Black Love ». Mais également de « How Do You Burn ? », le nouvel opus, qui paraîtra en septembre. Dont le morceau d’entrée « I'll Make You See God ».

La musique libère une fameuse intensité. Les trois grattes y sont pour quelque chose, mais également la section rythmique, boostée par un drummer à la frappe aussi technique que sauvage. Parfois, le spectre des Pixies voire de Pearl Jam se met à planer. Mais le combo nous réserve quelques surprises, dont le célèbre blues de Bo Diddley, « Who Do You Love ? » ou la cover de « There Is A Light That Never Goes Out » des Smiths. Pas de trace cependant du hit « Going To Town ». Peu d’interactivité entre les morceaux, de manière à rendre le set le plus compact possible, mais vraiment un superbe concert…

Setlist : « I'll Make You See God », « Matamoros », « Light as a Feather », « Oriole », « The Tide » (Greg Dulli song), « Gentlemen », « Who Do You Love ? » (Bo Diddley cover), « Fountain And Fairfax », « Algiers », « Heaven On Their Minds » (Andrew Lloyd Webber cover), « Somethin' Hot », « A Line Of Shots », « John The Baptist », « Summer's Kiss », « My Enemy », « Into The Floor », « There Is A Light » (The Smiths cover).

Formation indé insulaire, Snow Patrol implique des musicos issu d’Irlande du Nord et d’Écosse. Elle réunit de Gary Lightbody (chant, guitare), Jonny Quinn (drums), Nathan Connolly (guitare), Paul Wilson (basse) et Johnny McDaid (claviers, guitare). Le peuple attend impatiemment le début du show et votre serviteur également. Il y a du monde et on est un peu serré comme des sardines.

Côté discographie, le combo est plutôt discret pour l’instant, puisque hormis un remix baptisé « Reworked », paru en 2019, le dernier elpee, « Wildness », remonte à 2018. Par contre, cette année il se produit un peu partout. Il y a 3 jours, il était à l’affiche du festival de Ronquières.

Ce groupe-phare des années 2000 a écoulé plus de 12 millions d’albums.

Le concert s’ouvre par deux hits : « Chocolate » et « Take Back the City ». Lightbody (NDR : qui a surmonté son addiction à l’alcool) se consacre au chant et se sert tour à tour d’une guitare électrique ou semi-acoustique (une Martin’s !).

Particulièrement mélodieuses, les chansons sont régulièrement chantées par les spectateurs, qui connaissent les paroles. « Open Your Eyes » et « Shut Your Eyes » font trembler la plaine. Et à la demande de Gary, « Chasing Cars » est intégralement repris en chœur par la foule. C’est à la fois beau et bouleversant. L’attitude du claviériste préposé aux backing vocaux évoque Chris Martin. Il remue derrière ses ivoires comme une puce. Des images de « Reworked » sont projetées sur l’immense écran situé derrière les artistes, alors qu’un impressionnant light show est projeté sur les artistes depuis l’arrière scène...

L’apothéose de la soirée…

Setlist : « Chocolate », « Take Back the City », « Crack The Shutters », « Run », « Empress », « Set The Fire To The Third Bar », « Open Your Eyes », « Life On Earth », « Shut Your Eyes », « Chasing Cars », « You're All I Have ».

Rappel : « What If This Is All the Love You Ever Get ? », « Just Say Yes ».

(Organisation : Lokerse Feesten)

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Under The Reefs Orchestra

Under the Reefs Orchestra en concert ce 14 septembre au Botanique de Bruxelles

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Under the Reefs Orchestra est un power trio naviguant entre post rock hypnotique et jazz tempétueux. Sa musique ne semble trouver son rythme de croisière que dans la tempête et le chambardement permanent.

Etabli à Bruxelles et drivé par le guitariste Clément Nourry, le groupe implique également le saxophoniste Marti Melia et le batteur Jakob Warmenbol, qu'on a pu voir notamment chez Don Kapot.

Après avoir sorti un premier album éponyme en 2020, Under The Reefs Orchestra nous propose donc son second, « Sakurajima ». Il sortira ce 23 septembre 2022.  

La musique d'Under The Reefs n'en est pas pour un simple commentaire sur le monde : dénuée de paroles, plus visuelle que véritablement discursive, elle en appelle autant au voyage qu'elle nous ramène à la réalité concrète à laquelle on se heurte.

Peu importe alors que l’on croise autant des échos de Jim O'Rourke que de la musique de chambre française du 19e siècle ou que les premières amours classiques de Nourry se heurtent à son goût adolescent pour Soundgarden, King Crimson ou encore Morphine, dans la musique d'Under The Reefs Orchestra, seule semble compter l'instantanéité de l'action, et la liberté offerte à l'auditeur de se saisir de cette profusion d'humeurs et d'affects comme bon lui semble.

Le titre maître bénéficie d’un clip vidéo, et il est disponible

En concert ce mercredi 14 septembre au Botanique de Bruxelles. Pour plus d’infos voir ici

 

 

Naima Bock

Giant Palm

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Née à Glastonbury d’un père brésilien et d’une mère grecque, Naima Bock, mieux connue sous le pseudonyme Naima Jelly lorsqu’elle militait au sein de la formation de post-punk anglaise Goat Girl, a décidé, sur ce premier opus solo, de rendre hommage au Brésil, pays où elle a passé une partie de son enfance. Mais aussi au folk britannique. A l’instar de « Tou ». A cause des arrangements et puis du timbre de voix qui évoquent Nick Drake.

Pour la bossa nova brésilienne, elle s’inspire de légendes telles que Veloso, Joao Gilberto, Tom Jobim ou encore Vinicius de Moraes dont elle reprend « O Morro ».

Vu la participation d’une trentaine de musiciens, dont de nombreux cuivres sur les excellents « Working » et « Campervan » et de la clarinette pour « Natural »), l’instrumentation est étoffée, diversifiée, mais parfaitement dosée.

Lors des sessions, elle a bénéficié du studio de Dan Carey (Fontaine D.C, Squid, Black Midi et Goat Girl) à Londres et, derrière les manettes, elle a pu compter sur Syd Kemp (Thurston Moore, Sinead O’Brien, Spiritualized, …) Et c’est Joel Burton qui s’est chargé des éléments synthétiques et électroniques.

L’expression sonore de Naima puise dans la famille, la terre et la transmission de la musique de génération en génération.

« Giant Palm » est un album riche qui nécessite plusieurs écoutes avant que les mélodies se dévoilent. Le songwriting de Naima Bock est original et se démarque clairement de ses contemporaines.

Gael Faure

L’eau et la peau - Session live (Ep)

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Gaël Faure nous plonge dans l’ambiance de Majorque en commentant son album ‘live’ de 6 titres.

Il nous invite à pénétrer au sein de son univers de manière intimiste et nous livre son pourquoi, son comment.

Il est touchant de sincérité, d’authenticité.  Il nous livre ses réflexions, ses vérités et ses doutes.

On entend les oiseaux, les cigales, l’ambiance de la pinède.

Gaël se consacre, bien sûr, au chant. Il est soutenu par Sébastien Richelieu (basse), Emiliano Turi (batterie), Martin Lefebvre (claviers), Matthias Malher (trombone à coulisse), Sylvain Bardiau (trompette, bugle), Alexandre Grolée (guitare, claviers) et Antoine Delecroix (son).

Les cuivres, comme il le dit lui-même, nourrissent un son très organique et agréable tout au long de l’elpee. Les autres instruments ne sont pas en reste et permettent à Gaël d’atteindre le sommet de son art.

Avant chaque chanson, l'artiste nous livre ses pensées.

Il signe « L’Œuvre de nos vies », une plage au cours de laquelle il invite à réaliser un effort de conscientisation par rapport à soi et à la nature, au monde qui nous entoure afin de devenir meilleur, et donner du sens afin de préserver la vie, en harmonie.

Dans l’audio, « T’as de l’or », il analyse la chanson « Tu risques quoi ». Il exhorte son ami à vivre pleinement. Il lui dit qu’il doit exploiter ses talents, oser écrire des chansons avant tout pour lui et son épanouissement, prendre des risques et vivre, tout simplement.

La voix de Gaël Faure est très chaleureuse, bien balancée, tout au long de « Renoncer », un magnifique titre folk/soul au texte généreux imprimé sur un tempo lent. Il suggère de renoncer à la superficialité et de tendre à la sincérité, la vraie vitesse, la vraie richesse.

A écouter sans modération.

Dans l’audio « Se laver du passé » il est bouleversant quand il parle de son ami et de son pied de nez à ce qui doit se faire ou non. Il rend juste ce qu’il veut et introduit un morceau en anglais dans l’Ep, sous le titre « The Healer », issu de la plume de La Chica.

Dans l’audio « L’eau et la matière » Gaël Faure nous confie comment l’idée de la chanson a germé dans son esprit, et puis révèle qu’il a fait appel à Barbara Carlotti pour en écrire le texte et à Patrick Watson pour la réaliser.

C’est un de ses titres phares qui traite du lien entre l’eau et du cycle de la vie. Ce single avait déjà fait l’objet d’une chronique (à lire ou relire )

Dans « Désapprendre puis réapprendre » il nous confie s’être acquitté du travail que tout être humain a le devoir d’accomplir. Couper le cordon et opérer ses propres choix en pleine conscience.

Il reprend ce thème dans « Ma maison ma folie », au cours duquel il interprète les refrains dans la langue de Cervantès.  

Dans l’outro on perçoit le chant des oiseaux et le craquement du vinyle ; des sonorités qui invitent à (ré)écouter le premier morceau de son album studio, « Eau et la peau », afin de prolonger cette ambiance.

Pour regarder et écouter la magnifique vidéo de la session live réalisée par Brieuc Segalen et Nathan Yamniak, et s’imprégner du climat qui règne au sein de la maison au fond des bois, qui contraste avec celle de la pinède, c’est ici

Une musique de qualité et un moment fort de partage confidentiel accordé par Gaël Faure…

Méthode chanson

Caleb Nichols

Ramon

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Il y a quelques années qu’on avait plus entendu parler de Caleb Nichols. La dernière fois, c’était en 2009, lors de la sortie du dernier album de Port O’Brien, groupe au sein duquel il se consacrait à la basse. Depuis lors, après s’être lancé dans des études de littérature américaine, il a enseigné et travaillé dans une librairie. A côté de ces activités, il n’a cessé de publier des poèmes et autres écrits engagés qui ont reçu un accueil favorable.

Le Californien revient donc à la musique en proposant son premier elpee solo, paru chez le label mythique Kill Rock Stars. Sur « Ramon » qu’il qualifie d’‘opera queer rock’, Nichols raconte ses aventures de figure queer, porte-drapeau de la scène LGBT californienne à travers les personnages de Mean Mr.Mustard et de sa sœur Polythene Pam. Joli clin d’œil aux Fab Four ! C’est d’ailleurs un fan des Beatles ; ainsi ses chansons sont manifestement hantées par McCartney. Mais aussi Elliott Smith. Le premier pour la voix. Le second pour le style folk/rock DIY. « Ramon » et « Listen to the Beatles », en sont certainement les plus belles illustrations. Encore que sur « Dog days », c’est le spectre de l’illustre Daniel Johnston qui se met à planer.

Impossible de rester de marbre à l’écoute des mélodies particulièrement efficaces torchées par Nichols, a l’instar de l’incroyable « Run Rabbit Run ».

Enfin, tout au long de cet opus, il a le bon goût d’alterner ballades acoustiques (« Captain Custard ») et plages plus rock (« She’s the Beard »).

Une œuvre qui mérite de figurer auprès de la discographie d’Elliott Smith sur Kill Rock Star…

Ronquières festival 2022 : dimanche 7 août

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Clap de fin pour cette dixième édition qui a tenu toute ses promesses et attiré la grande foule. Et pour cause, depuis plusieurs jours déjà, le sold out avait été décrété.

Il fait très étouffant ce dimanche. Les températures deviennent insupportables. Heureusement, une brise légère vient apporter un brin de fraîcheur.

Retenu par des obligations familiales, votre serviteur n'arrive qu'en fin d'après-midi. Juste à temps pour le concert de Snow Patrol.

La foule s'est pressée devant la mainstage. Les festivaliers y sont serrés comme des sardines, et l’expression est loin d’être abusive…

Si l'actualité musicale de Snow Patrol est au point mort depuis 2018, le groupe britannique continue néanmoins d'assurer des tournées un peu partout en Europe. 

Sa popularité va prendre son envol à partir de 2003, soit à l’issue de la sortie de son troisième elpee, « Final Straw ». Depuis, le combo est considéré comme un des groupes majeurs de la scène britannique des années 2000. Il a ainsi écoulé plus de 12 millions d’albums depuis sa formation.

Drivé par Gary Lightbody, le combo va livrer un set de toute bonne facture et bien maîtrisé. Cependant, sans fioriture ni éclats. Une prestation qui va permettre à la foule de faire redescendre une pression accumulée depuis 48 heures.

« Chocolate » ouvre les hostilités. Une compo rugueuse, pleine d'énergie, au cours de laquelle les guitares s'en donnent à cœur joie.

Manifestement les Britanniques ont conservé leur savoir-faire légendaire. Caractérisé par ses ‘whoh oh oh oh’ et ses riffs de grattes déchiquetés, « Take Back The City » constitue le point d’orgue du set.

Pas de temps mort, SP enchaîne les morceaux, entrecoupés par les interventions baragouinées de Lightbody.

Le band embraie par « Run », une plage extraite de l’opus Final Straw (2003) qui lui a permis de se faire connaître du grand public, et notamment aux États-Unis. Un titre qui a aussi été diffusé sur les radios françaises, au cours de l'été 2004.

Des lignes mélodiques, des refrains qui restent ancrés dans la tête, un chanteur au charisme fou : ce sont les recettes de ces patrouilleurs des neiges aux regards langoureux.

Le band parvient à fédérer à travers des morceaux comme « Empress », « Set the Fire » ou encore « Open your eyes ». Des titres familiers, truffés de sonorités de grattes, à la rythmique imparable dont l’atmosphère est très susceptible de devenir éthérée…

On reprochera sans doute le manque d'audace du show. Il est trop calibré, trop prévisible. Mais il tient parfaitement la route.

Imprimées le plus souvent sur un rythme soutenu, les compos s'enchaînent et font mouche.

Pop song, « You could be happy » met bien en exergue la voix veloutée de Gary Lightbody. Plus fragile, « Make this go on forever » bénéficie d’un refrain soutenu.

Le set tire à sa fin. L’enivrant « Chasing car », tube radiophonique, incite les festivaliers à se déhancher et à frapper dans les mains, encouragés par le drummer aux gestes d'une amplitude impressionnante.

Snow Patrol entame son rappel par « What If This Is All The Love You Ever Get ? », un morceau curieusement down tempo qui brise la belle dynamique qui s'était alors installée.

Mais le glorieux « Just Say Yes » remet les pendules à l’heure, plongeant la fosse dans l’effervescence et permettant au groupe de quitter dignement le sol belge. Espérons qu'il ne s'agisse que d'un au revoir…

Il est minuit. Les spectateurs regagnent progressivement leurs véhicules, tandis que les stands ferment leur porte. Il est déjà quasi impossible de consommer un dernier verre. Dommage... mais laissons toutes celles et tous ceux qui œuvrent dans l'ombre de ce festival reprendre le cheminement de leur vie...

Vivement l'année prochaine !

(Organisation : Ronquières festival)

Snow Patrol

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