Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

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Black & White

Hepcat

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Black & White nous vient de Rhode Island, non loin de New York. Une formation composée du chanteur guitariste Mark Wagner, de Don Dimuccio à la batterie et de Kevin Martin à la basse. Le trio compose la grande majorité de son répertoire. Black & White s'est formé en 1990 et, à ma connaissance, ce disque serait déjà leur 3ème album.

Mark empoigne sa slide pour attaquer la plage titulaire. A la manière de Hound Dog Taylor. Le son est brut, primaire, sans concession. Du béton! "Alimony blues" démarre en jump et swing. Caressée d'une manière assez semblable au Ronnie Earl de la belle époque, la guitare est inspirée par T-Bone Walker. Wagner a plus d'une corde à son arc et il aborde avec la même détermination différents registres. Dick Dale serait fier de lui lorsqu'il commet "The Wave", au son surf rock garanti d'époque. Caractérisé par les cordes qui se font à nouveau T-Bone, "Latest in the evening" est le blues lent de rigueur. Favorisé par l'entrée des cuivres, le swing revient pour "Swinging like a big horn band". Porky Cohen est au trombone et Doug James au sax. Ce sont des amis qui, de toute évidence, participent à l'hommage adressé en forme de clin d'œil, à leurs potes de Rhode Island ; le "big horn band", autrement dit le Roomful of Blues. Rock'n'roll sur "Carmelia" ! On imagine Mark faire des pas de canards lorsqu'il sort son solo tout en rythme! Shuffle à la texane sur "Ive been down before". En finale, le jazzyfiant "Texas swing" rapproche Wagner de l'une de ses influences majeures, Charlie Christian. Mais il faut reconnaître qu'il est souvent inspiré par deux anciens gratteurs de Roomful of Blues : Ronnie Earl déjà cité, et Duke Robillard. Ce qui ne peut être qu'une référence. Cet album est très bon et, par conséquent, bien trop court.

 

Blazers

Puro Blazers

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Les Chicanos de l'Est Los Angeles ont fait preuve d'audace en sortant un album chanté exclusivement en espagnol. Un opus qui réveille leurs racines mexicaines. Un démarche, à premier abord, déconcertante. Car si la partie rock fait preuve d'une certaine discrétion, la magie roots est opérationnelle. En effet, malgré les cumbias, polkas et boléros, les guitares sont bien branchées aux amplis.

"El Mochilon" montre bien le chemin. J'aime beaucoup le rythme dansant de la "Cumbia de la Carretera" de Manuel Gonzales et Ruben Guaderrama. Les percussions de Mike Molina et de ses amis invités à la fête sont bien accentuées. "Crei" est une jolie ritournelle bien romantique, capable de faire chavirer les cœurs latins. Les instruments traditionnels sont bien sûr de la partie. Et en particulier l'accordéon pour "Grande de Caderas", "Vieja escalera" et "Tu nuevo carinito". Une musique idéale pour déguster vos tacos, guacamole et chili con carne, boire sa margareta en reprenant tous en chœur le "Que si, que si, que no, que no" dans "Coco Rayado"! Ceci dit, je préfère tout de même leurs albums de roots rock, chantés dans la langue de Shakespeare, à l'instar de "Short fuse", "East side soul" ou de "Just for you", tous parus chez Rounder.

 

Blessed Light

For love and preservation

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Après les revivalistes sixties, voici les revivalistes seventies. Un quintette qui semble avoir une prédisposition pour les ballades langoureuses, sirupeuses. Pour permettre aux mecs de draguer les nanas sur un slow, quoi ! Six titres qui auraient fait le bonheur des surboums, un quart de siècle plus tôt. Et pour faire encore plus d'époque, le CD arbore une pimpante coloration rose ! (NDR : Qui a dit ça rime avec eau de rose ?). Avec beaucoup d'imagination, Gilbert O' Sullivan aurait bien pu écrire, et surtout chanter ce type de chanson, s'il avait un peu plus écouté Todd Rundgren. Encore, que pour le Philadelphien, c'est sans doute une injure…

 

Blink 182

Enema of the state

Écrit par

Troisième album pour ce trio californien, de San Diego très exactement, dont la naissance remonte à 1991. A l'origine, la formation répondait au nom de Blink, à cause de son intérêt commun pour le skate ; mais lorsque les musiciens se sont rendus compte qu'un groupe irlandais répondait également à ce nom, ils ont modifié leur patronyme en Blink 182. 182, correspondant au nombre de fois qu'Al Pacino profère le mot ‘fuck’" dans le film " Scarface ". Ce qui vous donne une petite idée de l'âge mental du groupe. Hormis " Adam's song ", composition qui pose une réflexion sur l'acte du suicide et la chanson romantique " All the small things ", le reste de l'opus n'aborde que des thèmes salaces et machistes. Avec un humour qui vole aussi haut que celui véhiculé dans les cours de récréation par les gamins en culotte courtes. Cependant, si le style musical n'est pas davantage élaboré, il a au moins le mérite de remuer les tripes. Contagieux, mélodique, énergique et même rafraîchissant, il émarge à un punk pop, ma foi fort classique, qui devrait plaire aux aficionados de Green Day, Offspring, Lit, Living End et consorts…

 

Blink 182

The Mark, Tom and Travis show

Écrit par

Autant l'avouer, je ne connais de Blink que les singles. Je me suis donc dit que ce live pouvait être une bonne manière de découvrir, sur la longueur, un groupe qui ne me convainquait guère par ce que j'en avais entendu. Première constatation : c'est plus couillu, plus rapide et plus punk rock que la soupe qu'ils nous servent habituellement. Deuxièmement, il semblerait que nos petits amis aient décidé de créer un climat somme toute bon enfant, en entretenant avec le public un dialogue, certes très proche du Q.I. d'une loutre, mais où la première priorité n'est pas de se prendre trop au sérieux. Pour ce live, Blink 182 montre qu'un concert doit être un bon moment de défoulement et de franche rigolade. De ce côté là, pari réussi. Mais de là à encenser la musique, ne comptez pas trop sur moi…

 

Blonde Redhead

Melody of certain damaged lemons

Écrit par

De cet album, je préfère retenir " continuité d'une démarche artistique plutôt que ‘nouvelle direction musicale’. Longtemps Blonde Redhead a été taxé de Sonic Youth du pauvre, à mon humble avis, c'est un faux débat ! L'aspiration authentiquement pop est bien présente chez Blonde Redhead depuis leurs débuts, les déflagrations sonores chères au (plus tout jeune) gourou new-yorkais venant en quelque sorte parasiter ce caractère. L'affranchissement de cette étiquette permet ainsi à Kazu et aux frères Pace de déployer un spectre d'émotions soit banni, soit intellectualisé chez Thurston Moore et sa bande ; d'offrir calmement, en toute sérénité, un vécu. En amenant plus de chaleur, aussi bien dans ses propos que dans sa musique, Blonde Redhead brise ainsi le cocon noisy qui réduisait le trio à un rôle de faire-valoir. Au grand dam des fans de la première heure qui confondent parfois évolution et " traîtrise ", Blonde Redhead a grandi. Le groupe est maintenant prêt à assumer.

Finalement le plus surprenant devient le label...

 

Blues Rats (Belgium)

No Rules

Écrit par

Apparemment, ce " No rules " constituerait le deuxième opus de cette formation belge, de Hasselt très exactement. Un combo dont le line up compte sept musiciens. Deux guitares, un clavier, une section rythmique et deux choristes. L'un des guitaristes, René Dillen, prend les vocaux à son compte, et c'est bien là que réside la force des Rats. René détient une voix puissante, légèrement éraillée, chaude, rappelant étrangement tantôt Joe Cocker, tantôt Greg Allman. René et ses compagnons ont pratiquement tout composé.

L'ouverture "Can't get enough of the blues" m'a fait un peu peur. Sans grande originalité, et souffrant d'une guitare trop amplifiée. Heureusement, la suite réserve de bien meilleurs moments. Pour affronter le très dépouillé "Daddy's son", Johan Flawinne a troqué ses claviers pour l'harmonica ; et les guitares sont quasi acoustiques. Dommage que la section rythmique ne soit pas du même niveau. Sur le prometteur "Promises", la slide de Rony Defau remplit l'espace. René se fait Cocker sur la douce ballade "Can't take no more goodbyes" et sur "Howl at the Moon". Le climat de "Don't move too fast" s'installe dans la chaleur moite du sud des USA; et la voix se fait cette fois proche de Greg Allman. Nous ne serions d'ailleurs guère étonnés que la seule reprise soit le "One way out" du Allman Brothers Band. Les Blues Rats possèdent en Dillen un vecteur intéressant. Il pourrait cependant être mieux mis en valeur si les chœurs féminins étaient moins embarrassants, et si la batterie apportait à la section rythmique, le groove nécessaire pour porter l'ensemble. D'ailleurs, la voix passe beaucoup mieux sur "Won't you come my way", une finale " live " limitée au seul piano, pour accompagnement!

 

Blur

The best of

Écrit par

Fondé en 1989 dans l'Essex, Blur est probablement le véritable détonateur du mouvement britpop. A l'origine principalement influencé par XTC et les Kinks, parce qu'il relatait de façon satirique, les mœurs des Britanniques, et en particulier des Londoniens, le quatuor va aligner une pluie de hits jusqu'en 1996, tubes que l'on retrouvera d'ailleurs sur leurs albums. Depuis le baggy mancunien " She's so high " commis sur son premier maxi à " Country house ", devenu titre maître de l'elpee du même nom, en passant par le premier hit national " There's no other way " et les inévitables classiques " Girls and boys ", " Parklife ", " To the end ", chanté en duo par Damon et Laetitia Sadier de Sterolab, " This is a low ", et bien d'autres… Toutes des chansons qui figurent sur cette compile. Il y manque bien " Popscene " et " Modern life is rubbish " ; mais les dernières créations n'ont pas été négligées. A l'instar du beatlenesque " Beetlebum " et de " Song 2 ". Soit dix-huit fragments en tout. Auxquels le label Food a eu la bonne idée d'adjoindre, sur un deuxième CD, 10 titres enregistrés live le 11 décembre 1999 à l'Arena de Wembley. Il est aujourd'hui loin le temps où, par voie médiatique interposée, Blur et Oasis se disputaient le titre de meilleur groupe anglais (NDR : ou du monde !). D'abord, les motivations ont radicalement changé. Depuis 1997, la bande à Albarn a pris une orientation beaucoup plus alternative, tout en demeurant fondamentalement pop ; alors que les frères Gallagher passent plus de temps à se disputer ou à défrayer la chronique des faits divers qu'à se remettre en question. Avec cette compile, Blur vient probablement de tourner définitivement une page importante de son passé…

 

Blutch

Enjoy your flight

Écrit par

Formé en 98, Blutch sort aujourd'hui son premier album. Après avoir gravé un 6 titres auto produit, accordé une série de concerts qui les a amené à partager l'affiche avec Queens of the stone edge, et accompli une tournée européenne en compagnie d'American Heritage. C'est dire si ce jeune trio a parfait ses ambiances et son identité au cours de ces 2 années. Adepte d'un rock lourd et assez lent, pas bien éloigné des premiers albums marécageux de Melvins (période " Ozma "), Blutch donne la parfaite réplique aux maîtres à penser. En raccourcissant ses morceaux, le groupe a gagné en intensité, éliminant les répétitions parfois inutiles de la première production. Mais ça martèle, ça distortionne et ça gémit toujours autant. Pas de soucis à se faire, ce n'est pas demain la veille qu'on les entendra comme fond musical dans les supermarchés… Bien sûr, live, le groupe ralentit encore d'un cran son tempo, et une véritable chape de plomb s'abat alors sur le spectateur. Espoir confirmé. Enjoy !

 

Richard Boals

That´s the truth

Écrit par

John Stedman, boss de JSP, aime laisser ‘Carte blanche’ à Jimmy Morello. Nous retrouvons ainsi, tout au long de cet opus, le style West Coast jump, qu'affectionne tant Jimmy. Mais la découverte nous vient d'un certain Richard Boals. Peu connu, ce musicien qui reconnaît pour influences majeures James Burton, Chuck Berry, Steve Cropper et Eric Clapton, a longtemps vécu dans l'Ohio. Il réside aujourd'hui à Albuquerque dans le Nouveau Mexique. "That's the truth" est sans doute un album à créditer autant à Morello qu'à Boals. En effet, il a écrit 8 des 11 plages et assume la production ! Les musiciens sont des habitués de la bande de L.A. John Marx à la guitare, Rick Reed et Paul Fasulo pour section rythmique, Tom Mahon au piano, sans oublier Johnny Viau et Troy Jennings aux cuivres.

"Leave me alone" allume la mèche de la dynamite. Sur un rythme soutenu, proche du rock'n'roll, les musiciens se succèdent aux soli. Celui de Richard, bien sûr, de Tom qui boogie ferme aux ivoires et surtout de Jonny qui souffle comme un dieu dans son sax ténor. "Ain't doing nothing wrong" maintient à la fois l'intérêt et le rythme. Ces deux brûlots sortent, il est vrai, de la plume de Morello. "No turning back", est une jolie ballade, au rythme adouci, qui vaut surtout par une intervention tout à fait superbe de Viau. Le rythme et le swing s'installent sur "Tacos for two". Un instrumental qui permet à Troy Jennings de dialoguer avec Jonny Viau. Nouveau coup d'accélérateur sur "Two timin' baby" et "Got my eyes on you". Du west coast boogie, que Boals mène de sa voix forte, pendant que Mahon et Viau crachent leur fougue à tour de rôle. L'occasion est donnée à Richard de servir le blues de Chicago sur "Silver spoon". Et il ne s'en sort pas mal du tout, notamment grâce à l'intervention mesurée et à la sortie remarquée de John Marx! Ce dernier se remet rapidement en selle pour éclairer de sa guitare "It's my baby at the door". "The night is still" est une ballade tranquille qui brille au clair de lune ; et le rayonnement opéré par la reverb de la guitare rappelle, ni plus ni moins, Otis Rush. Un effet très réussi. Cet album mérite toute votre attention.

 

Bon Jovi

Crush

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Tout comme Bruce Springsteen, Bon Jovi est issu du New Jersey. Mais ici s'arrêtent les comparaisons, car si le boss est devenu le symbole de l'Amérique prolétaire, Bon Jovi serait plutôt l'archétype de la formation hard FM yankee. Un style qui avait inondé les ondes radiophoniques des States, au cours des eighties. Si l'originalité n'a jamais été leur point fort, il faut reconnaître qu'ils ont vendu énormément d'albums. Rien que " Slippery when wet ", sorti en 1986, s'est écoulé à plus 13 millions d'exemplaires, à travers le monde. Ce qui constitue un record dans le genre, lorsqu'on sait que la musique de cette formation s'adresse surtout à un public dont l'âge oscille entre 13 et 16 ans. Et la vente de leurs autres disques atteint des chiffres presque aussi impressionnants. Pour le reste, je ne m'attarderai pas sur le contenu de leur nouvel album, puisqu'il est digne de ses prédécesseurs, c'est à dire consternant...

 

Boogie Workers

It´s boogie time…!

Écrit par

Les Boogie Workers sont un quartette issu du vivier luxembourgeois (côté belge). Ils viennent de graver leur premier album. Les prémices du groupe remontent à mars 97, lorsque les futurs Workers partagaient alors ensemble l'expérience d'un concert de Canned Heat. Le groupe comprend alors Walter Otteau au chant et à la guitare, Patrick Schmidt à la batterie, Jean-Pol Leboutte à la basse et Olivier Poumay à l'harmonica. Depuis, ce dernier semble avoir disparu de la circulation. Mais il a été remplacé par le guitariste Christian Barthel.

L'idée était lumineuse de débuter par "The Sunflower", pour un boogie band. Un boogie tout naturellement dédié au regretté Henri Vestine. Si la voix de Walter ne possède pas le caractère rocailleux ni le vécu de celles de Robert Lucas ou de Bob Hite, elle se rapproche assez curieusement de celle d'un certain Rory Gallagher. Et ce côté Gallagher (NDR : qui a sans doute trop vécu dans sa courte existence) revient régulièrement à la surface. Mais sans le côté primaire et naturellement agressif de Rory. A l'instar du rythmé "Eastbound train", dont une bonne partie de "Whoopin" est assurée par un Olivier Poumay tout époumoné. C'est encore plus perceptible sur les titres lents, tels que "Slow G" et surtout "Doggone tired". 32 ans plus tard, je me souviens encore de la claque que j'ai prise, la 1ère fois que j'ai vu l'Irlandais chanter le slow blues "Catfish" ou "Sugar Mama". Il sévissait alors au sein du Taste, je le précise. Mais, quelle pêche! Sans doute manque-t-il encore à nos sudistes belges ce côté sauvage. "Slow G" sonne très british blues La rythmique est assez lourde et le son de la guitare, bien gras. Probablement une Gibson. Un son que notre Burning Plague de Michael Heslop aimait revendiquer! Mais la potion magique des Workers exerce ses charmes dans le boogie sans compromis. A l'instar de "Rattle them bones", "Vodka Mamma" et "Millenium boogie". L'harmoniciste Olivier n'est pas un surdoué de la technique, mais son énergie donne d'excellents résultats au cœur de cette machine à rythme! Sur "Good looking", la formation s'attaque au style de Hound Dog Taylor, un prince émérite de la boogie music! Les Boogie Workers ont du punch et de l'énergie à revendre. Nul doute qu'ils doivent brûler les planches live. Et comme le disent Water Otte et Walter ‘Dr Boogie’ Depaduwa: ‘don't forget to boogie’ !

 

Isabelle Boulay

Mieux qu´ici bas

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Dans la catégorie ‘chanteuses québécoises’, Isabelle Boulay est moins horripilante que Céline Dion. De là à dire qu'elle frise le génie, il y a de la marge... Pour vous situer le genre, elle a chanté trois ans dans Starmania, interprété des chansons de Zachary Richard et Serge Lama, et assuré la première partie de Cabrel. Si ces références vous inspirent...

 

Bowery Electric

Lushlife

Filtrer la trip hop à travers la noisy pop, c'est le challenge qu'était parvenu à réaliser Bowery Electric sur ses deux premiers albums. A l'instar d'un Portishead qui aurait été revisité successivement par Labradford et My Bloody Valentine. " Lushlife " a presque définitivement tourné la page de l'instrumentation basique traditionnelle pour embrasser une musique atmosphérique, technologique, partagée entre samples, scratches, boîtes à rythmes, programmateurs, arrangements en tout genres et autres bidouillages. Seul Lawrence Chandler, l'ancien protégé de La Monte Young, continue de dispenser ses accords de guitare chatoyants ou ses accès de basse dub. Une œuvre qui nous précipite dans un univers sonore visionnaire, glacial, à l'intensité étrangement narcotique, au sein duquel la voix douce et sensuelle de Matha Schwendener flotte sur les grooves hypnotiques...

 

David Bowie

At the Beeb

Écrit par

Triple CD compilateur, " At the Beeb " réunit d'abord une double plaque consacrée à des sessions d'enregistrement radiophoniques, réalisée pour la BBC entre 68 et 72; et en édition limitée, un disque comprenant la plupart de ses succès, interprétés "live" au BBC Theatre de Londres, le 27 juin 2000. Si ce second volet est plutôt sympa, par la présence de titres tels que " Ashes to ashes ", " This is not Amercia ", " Absolute beginners ", " Man who sold the world ", " Let's dance " et quelques autres, l'intérêt de ce box dépend surtout du premier volet qui aligne la bagatelle de 37 fragments ! Remasterisés pour la circonstance, ils ont le bon goût de respecter une chronologie tout en témoignant de l'évolution, ma foi, spectaculaire de cet artiste, au cours de cette période assez brève. Période au cours de laquelle il a joué avec des gens comme John Mc Laughlin, Rick Wakeman, et puis surtout le guitariste Mick Ronson. Une rencontre qui sera aussi marquante pour Bowie que celle du producteur Tony Visconti. Sous la houlette duquel, il a travaillé, à cette époque. Tour à tour troubadour, à l'instar d'un Donovan, glamoureux pour ne pas dire bolanesque, punk avant l'heure (" Changes ") et décadent (" Ziggy Stardust "), David Robert Jones méritait vraiment sa réputation de visionnaire du rock. Indispensable !

 

Brassy

Got it made

Deux filles et deux kids se partagent le line up de cet ensemble basé à Manchester, au sein duquel la sœur de Jon Spencer, se charge des parties vocales. Mais ici s'arrêtent les comparaisons, car la musique de Brassy évolue à des années lumière de celle du Jon Spencer Blues Explosion, opérant un mélange de punk, de bubblepop et de hip hop, relifté par la technologie moderne. En Angleterre, Brassy compte autant d'inconditionnels que de détracteurs ; ce qui démontre, plus que probablement, l'onde de choc que leur musique est capable de répercuter... Sorry, mais nonobstant leur carte de visite, le contenu de ce " Got it made ", n'est vraiment pas notre tasse de thé...

 

Breach

Godbox (Ep)

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Le premier titre doit être une excellente mise en jambes pour ouvrir l'un ou l'autre festival. Surtout lorsque l'ambiance, déjà bien lourde, vous les change en plomb… Passé cette intro, Breach nous assène un hardcore métallique, puissant, forgé dans la grande tradition Unsanienne. Pas étonnant qu'ils aient tourné ensemble d'ailleurs. Pour les avoir également vus, il y a moult années, en première partie de Neurosis, je peux vous affirmer que le groupe se dépense sans compter. Il semble cependant que le ton s'est durci depuis lors, car cet Ep dégage concrètement une énergie et une furie pas possibles. Mais bon, les références ont beau être de qualité, Breach ne figurera pas de sitôt dans les charts américains et européens. Les oreilles friandes des groupes épinglés ci-dessus devraient par contre y trouver leur compte. Mais ne seront sûrement pas abasourdies…

 

Bright Eyes

Fever and mirrors

Écrit par

Bien qu'âgé à peine de 20 ans, Conor Oberst est déjà considéré comme un vétéran de la scène locale de Omaha, dans le Nebraska. Faut dire qu'en 1994, il montait déjà son premier groupe, Commander Venus. Avec lequel il a d'ailleurs enregistré un album. Et lorsque la formation a splitté, les membres du groupe en ont profité pour fonder le label Saddle Creek ; sur lequel on retrouve aujourd'hui Lullaby For The Working Class, Cursive et bien sûr Bright Eyes. Qui vient donc de commettre son troisième opus ! Un groupe à géométrie variable qui repose sur une seule constante : Conor Oberst. Pour enregistrer " Fever and Dreams " il a quand même reçu un gros coup de main de Michael Mogin et d'Andy Lemaster. Au mixing et à la production. Mais également aux vibraphones, aux percussions et aux claviers. Ils sont ainsi parvenus à défroisser le folk torturé de cet artiste qui ne l'est pas moins. Car, à l'instar d'un Will Oldham, auquel il est souvent comparé, Conor base son écriture sur l'acoustique. Quitte à l'électrifier lors de la mise en forme. Ce qui lui permet d'épancher de sa voix frissonnante, énigmatique, des lyrics tout aussi déconcertants ; sorte de contes de fées sous acide, au sein desquels il projette ses visions, ses démons qui le rongent, lorsqu'il ne dissèque pas son moi interne. Tout un programme ! " Fever ans mirrors " se révèle, en tous cas, un disque fort intéressant et original. Une œuvre qu'on pourrait situer à la croisée des chemins de Palace (Of course !), de Cockney Rebel et de Berlin Blondes. Mais en plus lo fi…

 

Broadcast

The noise made by people

Écrit par

Peu satisfait du travail accompli par les candidats producteurs, à leur deuxième album, le quatuor de Birmingham a décidé de monter son propre studio et de s'occuper personnellement de la mise en forme. Faut dire que les musiciens de Broadcast sont méticuleux à l'extrême ; obsédés par la perfection, si vous préférez. En écoutant cet opus, on a même la sensation que la musique sort d'un laboratoire de recherche, tant le soin apporté aux arrangements est raffiné, presque mathématique. Ce qui n'empêche pas l'expression sonore de faire preuve d'une grande sensibilité. Une sensibilité mystérieuse, glacée, monochrome, ectoplasmique, plus européenne qu'insulaire, il est vrai. Partagé entre compostions expérimentales, cosmiques et incantations mélodiques, " The noise made by people " nous entraîne dans un univers futuriste, aux confins de la bande sonore pour film d'anticipation et la pop diaphane des Cardigans. Le timbre vocal parfaitement articulé de Trish Keenan, nonobstant son débit nonchalant, possède d'ailleurs d'étranges affinités avec celui de Nina Persson. Un album fort intéressant, même si les puristes lui reprocheront un concept beaucoup trop technologique...

 

Mel Brown

Neck bones and Caviar

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Mel Brown est né à Jackson, dans le Mississippi en 1939. Il a fait partie des orchestres de Johnny Otis, d'Etta James et, durant onze ans, du Bobby ‘Blue’ Bland. En 1982, il se fixe à Austin, au Texas et devient l'un des piliers du célèbre club Antone's. Il a d'ailleurs sorti un album en compagnie des Silent Partners, "If it's all night, it's all right". Depuis 1989, il s'est curieusement installé à Ontario, au Canada, où il se produit régulièrement avec son groupe, les Homewreckers. Avec lesquels il a d'ailleurs sorti "Live at Wally's" en 98, un elpee qui n'a jamais bénéficié de distribution à l'échelle internationale.

Ce disque, c'est vraiment du caviar. Un mets fin qui se goûte avec délicatesse. Ouverture royale, "Woman wanted" de Muddy Waters salue une interprétation minimaliste avec le maximum d'émotion et de sensibilité à la clé. Suit une version vigoureuse de "I ain't drunk" de Joe Liggins, un titre qu'il jouait déjà derrière Albert Collins voici bien longtemps. Quand il reprend "You're the one" de Z.Z Hill, le prince du blue soul, c'est le Mel Brown chanteur qui nous séduit par la majesté de sa voix. La variété est au rendez-vous. C'est évident sur le funk "I want to hold onto you baby" et le jazz instrumental "Summer magic", mené de manière experte sur sa Gibson Super 400. La 2ème partie de l'album est marquée par de superbes reprises. Et notamment "Get out of my life woman" d'Allen Toussaint, qui développe une bien belle partie d'orgue Hammond du canadien Robert Lee, et une savoureuse version de "I believe in my soul" de Ray Charles, introduite par la voix baryton de Mel. Quant au traitement opéré sur " Goin' down slow ", il est vigoureux, jazzyfiant, et libère une telle quantité de groove, produite par les sacrées parties de piano et de guitare, qu'on a peine à reconnaître la version originale. Mel se met seul derrière le piano pour délivrer le traditionnel "Lord have mercy" ; une adaptation assez proche de ce que fait le vétéran louisianais Henry Gray. La fin de l'opus est un véritable bonheur. "Blues on the Green" révèle le shuffle que l'on n'attendait plus. Puissant comme à l'époque glorieuse d'Antone's. Que dire enfin de son interprétation du fameux "I'm in the mood" de John Lee Hooker. L'intensité libérée y est tellement dramatique. Brillant, Mel invite Al Lerman de Fathead à souffler dans sa musique à bouche. Et ce superbe CD s'achève de la même manière qu'il s'était ouvert. Précipitez-vous!

 

Brujeria

Brujerizmo

Écrit par

Radical, intransigeant, Brujeria est assurément l'un des meilleurs groupes de métal du moment. Tout au long de cet opus, il nous balance en pleine figure une musique sans la moindre concession. Espérons simplement que l'ensemble puisse bénéficier d'un support à la mesure des ses qualités. Là où ça risque d'être plus délicat, c'est que ce groupe n'est vraiment pas composé d'enfants de chœur, et encore moins de béni-oui-oui peinturlurés qui prônent des idées ‘politiques’ à la petite semaine. Feront pas souvent la une de certains magazines, je vous le dis, moi !…

Dressons le tableau. Tout d'abord personne, ou peu de monde, n'est en mesure de définir clairement l'identité des membres du groupe. Il y a bien le sticker sur le CD "Rumored to feature members of Fear Factory, Faith No More (ex- : Bill Gould, nda), Napalm Death, Cradle Of Filth & Dimmu Borgir"; mais au-delà, nada ! Il ne fait aucun doute que ce petit artifice marketing fera dresser les oreilles des initiés. L'imagerie du groupe maintenant. Lors de ses précédents efforts, Brujeria avait l'habitude d'illustrer ses pochettes d'une tête…coupée ! Un peu leur Eddie, quoi ! Leur site signale d'ailleurs la censure d'‘image’ pour ce " Brujerizmo ". Mais bon, tout ça n'est guère vérifiable. Enfin, il faut savoir que nos gais lurons ne chantent qu'en espagnol (NDR : ils sont mexicains), et avouer que le recours à la langue de Cervantès communique, à l'ambiance générale, un ton revendicateur et engagé, assez proche de slogans révolutionnaires. Musicalement, même si effectivement on se rapproche parfois des groupes cités plus haut, le combo propose en 13 titres une relecture très personnelle des styles pratiqués par ces différentes formations. Ou, plus exactement, se réapproprie ce qu'il fait depuis plus longtemps que la plupart de ces groupes. Ressortez vos albums de Sepultura, Fear Factory et de tant d'autres, en n'oubliant pas de relire les remerciements, et vous comprendrez. Là où " Brujerizmo " fait mouche et titille immédiatement l'oreille, c'est que rien n'est jamais superflu. Pas d'étalement. C'est concis, sec et suffisamment varié pour ne pas avoir le sentiment d'entendre toujours le même morceau. Ces maquisards guérilleros n'attendent qu'une chose : sortir de l'ombre ! Vous êtes prévenus : des têtes tomberont !...