Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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Face To Face

Protection

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Il y a plus de 3 ans que cet album traînait sur la pile des ‘to do’… ; sa pochette relativement moche avait toujours empêché votre serviteur de se lancer dans l’exercice. Mais la découverte de cette dernière, punaisée au sein d’une chambre d’ado, dans la très bonne série ’13 Reasons Why’, l’a finalement incité à découvrir cette excellente collection punk signée sur la non moins prestigieuse maison californienne Fat Wreck !

Actifs depuis 25 ans, les vétérans californiens ont donc enregistré « Protection », leur 9ème elpee studio. La double pédale et cette basse très NOFX, les salves électriques et les jolies harmonies vocales, sans oublier cette conscience politique (« Bent But not Broken »), sentent bon le punk mélodique US. Le groupe a entamé son aventure aux côtés de The Offspring et Voodoo Glow Skulls, sans pourtant rencontrer la même notoriété de ce côté de l’Atlantique ; mais, dans la lignée des Decendents (Bill Stevenson, son batteur, a d’ailleurs produit le long playing), Face To Face tire généreusement parti de guitares soniques et métalliques aux sonorités très directes qui ne pourront que plaire aux fans de tous les groupes susvisés…

Mike Krol

Power chords

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Grafic-designer de profession, Mike Krol déserte son bureau à ses heures perdues pour changer d’air et déverser son trop plein d’énergie dans la musique. Trois ans après avoir gravé son précédent opus, le Californien opère son retour en publiant un second album signé sur Merge (Arcade FIre, Lambchop, Destroyer, Dinosaur Jr, ...) Lors des sessions, il a reçu le concours de musicos issus des quatre coins des USA.

A l’instar d’un King Tuff ou du regretté Jay Reatard, Mike Krol maîtrise parfaitement son sujet. Ses morceaux sont sculptés dans un rock garage aussi mélodique qu’énergique. La machine est impeccablement huilée. Et Mike est aussi à l’aise sur les tempos lents que plus rythmés. Sous une production lo-fi, les riffs sont imparables et les refrains judicieusement repris en chœur. Les onze morceaux de “Power Chords” défilent sans le moindre contretemps.

Cet album constitue certainement l’un des meilleurs remèdes au spleen provoqué par le manque de lumière de ce mois de décembre…

Quintana Dead Blues Experience

Older

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Manifestement, pour l’instant, la scène musicale hexagonale est en pleine effervescence. Patronyme à rallonge, le Quintana Dead Blues Experience n’est cependant qu’un one man rock'n'roll electro heavy blues band. Et pour cause, un seul personnage se cache derrière cette description exhaustive : Piero Quintana. Ce Grenoblois est considéré comme un vétéran. Et pour cause, ses premiers enregistrements remontent à 1993. Persévérant et un peu maniaque, il prend un malin plaisir à tirer le max de sa gratte et d'une vieille groovebox MC909, pour injecter de l’électro dans ses compos. En outre, il est plutôt doué pour torcher des chansons aussi variées qu’énergiques.

Piero attaque sauvagement ses cordes tout au long de "Stranger", le morceau d’ouverture. Pas de compromission instrumentale ! A contrario, sa voix n'est ni lourde, ni criarde, mais plutôt agréable à l’écoute ; ce qui lui permet de communiquer davantage de contrastes dans ses compos. De toute évidence, il est davantage influencé par le rock'n'roll que le heavy metal. Il introduit également des bruitages et des boucles électroniques, dans son expression sonore, à l’aide de son séquenceur. A l’instar de "Kinda low" et "Long way". Bien blues, "Sea Haven" nous transperce littéralement et finit par éclater. En fin de parcours, l’opus nous réserve deux superbes ballades, "Worn out" et "Fucking the devil", deux pistes qui grimpent progressivement en intensité…

Lady Lamb

Even in the tremor

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Derrière le patronyme Lady Lamb se cache Aly Spaltro. Originaire du Maine, elle a posé ses valises à Brooklyn, il y a près de dix ans. C’est à cette période qu’elle embrasse une carrière en solo et commence à enregistrer. Paru en 2015, son second elpee, « After », lui permet de se produire sur le Vieux Continent, tournée qui va d’ailleurs passer par le Botanique à Bruxelles. Aujourd’hui âgée de 29 ans, elle nous propose donc son troisième opus, “Even in the tremor”, un disque paru sur le label Ba Da Bing.

Tout au long de cet LP, la songwritrice nous raconte des tranches de vie d’une voix bien maîtrisée. Elle évoque ainsi ses racines religieuses sur “Young Disciple” ou relate ses histoires d’amour tout au long de “Deep Love”. Tramées sur sa gratte acoustique, ses compos ont été ensuite enrichies par une instrumentation plus ou moins généreuse, suivant les morceaux. Faut dire que lors des sessions, elle a reçu le concours de brillants collaborateurs, dont Benjamin Lazar Davis (Okkervil River) à la basse et au synthé ainsi que le drummer Jeremy Gustin (croisé aux côtés de David Byrne et d’Albert Hammond Jr). L’opus nous réserve aussi bien des pistes strictement acoustique (“Without a Name”), aux accents clairement pop (“Deep Love”) que copieusement électriques, à l’instar du titre maître. Malheureusement, si les mélodies sont bien construites, il faut regretter qu’Aly en fasse parfois un peu trop, au détriment de sa spontanéité. En outre, la production est tellement léchée que régulièrement, les compositions pêchent par excès de lyrisme.

Sneaks

Highway Hypnosis

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Eva Moolchan, aka Sneaks, a sévi au sein de groupes noise avant d’embrasser une carrière solo. Et lorsqu’on écoute “Highway Hypnosis”, son deuxième LP signé chez Merge, les réminiscences de ce parcours initial sont flagrantes…

Derrière le spoken-word emprunté au hip hop, on a souvent l’impression de se farcir un post-punk sous sédatif. Le format court (rarement plus de deux minutes) des compositions nous le rappelle. L’album ne dure d’ailleurs pas plus d’une demi-heure pour treize titres. L’Américaine développe sur chaque morceau une instrumentation minimaliste alimentée par des éléments électroniques. Souvent le tempo musarde. A l’instar de “Suck like a Whistle” ou encore de ”Addis”, les riffs sont hypnotiques et planants. Cependant, afin de nous extirper de la léthargie dans laquelle l’opus nous plonge, l’Américaine nous réserve des intermèdes plus rythmés comme tout au long de “Holy Cow Saw a Girl Like Her” ou encore “And We’re Off”, au cours duquel des instruments se profilent avant de disparaître aussitôt.

Finalement, il faut bien avouer que le manque de chaleur et de fluctuation des compos, rend cet LP difficile à digérer…

Alter Bridge

La règle de trois…

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Soirée métallique, ce soir au Cirque Royal, en compagnie de trois groupes. En l’occurrence Raven Age, Shinedown et Alter Bridge.  

Fondé en 2009, The Raven Age est un combo de metalcore mélodique britannique, fondé par les guitaristes Dan Wright et George Harris, le fils du bassiste d’Iron Maiden, Steve Harris. A son actif, deux elpees, « Darkness Will Rise », paru en 2017 et « Conspiracy », en septembre dernier.

Drivé par le chanteur et frontman Brent Smith, Shinedown est un band originaire de Jacksonville, en Floride. Son style ? A mi-chemin entre le hard rock et le post grunge. Six albums à son actif, dont le dernier, « Attention Attention », est sorti l’an dernier.

Et la soirée s’achèvera par Alter Bridge, une formation issue d’Orlando, également en Floride, qui implique le chanteur/guitariste Myles Kennedy, très souvent impliqué dans les projets de Slash, dont celui des Conspirators.

Début des hostilités ? 18h40 ! Pour un set bien cool de The Raven Age. D’une durée de 35 minutes, il va proposer 6 morceaux du dernier elpee et un du premier. Le groupe vient cependant d’engager un nouveau chanteur qui dépasse tout le monde de 3 têtes. Un géant qui répond au nom de Matt James. Quand il va chez le coiffeur, il fait des économies, car il ne coupe que le côté droit. Dan, le gratteur originel, a été remplacé par Rony Maue, en 2017. Le line up est complété par le bassiste Matt Cox, le drummer Jai Patel et bien sûr George Harris, balaise à la rythmique. Matt assure grave au micro, bien soutenu par Tony aux backing vocaux. D’excellente facture, les quatre premiers titres, dont le hit « Fleur de lis », ravissent manifestement l’auditoire… (pour les photos, c’est ici)

Setlist : « Betrayal Of The Mind », « Surrogate », « The Day The World Stood Still », «Fleur De Lis », «The Face That Launched A Thousand Ships », « Seventh Heaven », « Angel In Disgrace »

Place ensuite au deuxième combo américain, Shinedown. En une heure, il va mettre littéralement le feu à l’auditoire. Brent Smith, le chanteur, est monté sur ressorts. Une vraie pile électrique ! Mais sympa, il vient serrer la main des photographes, en front stage. La foule participe activement au show. Le band dispose de son propre light show. Imposant, il balaie régulièrement la fosse. Le décor est constitué d’imposants points d’exclamation lumineux reproduisant ceux de son dernier elpee, « Attention, Attention ». Les musicos sont habillés en noir et jaune. Ce qui provoque un effet particulier sous les lumières. Les morceaux s’enchaînent et le band n’en oublie pas les deux tubes dévastateurs, « Diamond Eyes (Boom-Lay Boom-Lay Boom) » et « Cut The Cord ». Véritable star de la soirée, Brent descend dans la fosse, et la partage en deux parties avant de l’inviter à chanter alternativement. Zach Meyers, le guitariste, et Eric Bass, le bassiste (NDR : vu son nom…), déambulent de long en large sur le podium. Seul le drummer Barry Kerch n’abandonne pas son poste, derrière les fûts, mais s’il avait pu le faire, il les aurait imités… (pour les photos, c’est )

Shinedown a accordé un set super vitaminé. Après avoir vu ce quatuor en ‘live’, Papa Roach peut rentrer en maison de retraite et chausser ses charentaises…

Setlist : « Devil », « Diamond Eyes (Boom-Lay Boom-Lay Boom) », « Enemies », « Monsters », « Get Up», « Cut The Cord », « Second Chance », « Simple Man » (Lynyrd Skynyrd cover), « Sound Of Madness », « Brilliant ».

Alter Bridge, c’est donc le band de Myles Kennedy, la voix de Slash and the Conspirators. La formation est considérée comme ce qui se fait de mieux comme métal mélodique, depuis 15 ans. Mark Tremonti (guitare/voix), Brian Marshall (basse) et Scott Phillips (batterie) complètent le line up. Alter Bridge n’est plus une découverte pour votre serviteur, mais un combo qu’il apprécie voir et écouter. Aujourd’hui, il est venu défendre son dernier elpee, « Walk The Sky ».

L’intro du dernier album ouvre le set. Myles débarque 3 bonnes minutes après les 3 autres musicos. Si le drummer est planté sur une estrade surélevée, le reste de la formation dispose de tout l’espace pour se balader, sur les planches, de long en large. La combinaison des 5 écrans entourés de leds est impressionnante. Les baffles Marshall crachent un son assourdissant en début de parcours. En tout cas, lors des trois premiers titres, dont un « Wouldn't You Rather », extrait du dernier LP, en forme de coup de poing dans la figure. Heureusement, l’ingé-son finit par rectifier le tir, à l’issue de ce trio de tracks assommants. Les musiciens sont de véritables pros. Mais les regards du public se focalisent surtout sur Myles Kennedy. De jolies mélodies et de longs solos de gratte communiquent de bonnes vibrations à l’auditoire. Mark Tremontiest, le soliste est omniprésent. Il accorde, en outre, un solo génial, après celui de Kennedy, sur « Blackbird », en fin de concert. Le set va également nous réserver trois morceaux plus lents et acoustiques, comme « In Loving Memory », « Blackbird » et « Metalingus ». Un excellent show, même si celui de Shinedown lui a volé la vedette… (pour les photos, c’est encore ici)

Setlist : « One Life », « Wouldn't You Rather », « Isolation », « Come To Live », « Pay No Mind », « Ghost of Days Gone By », « White Knuckles », « Dying Light », « Rise Today », « Cry Of Achilles », « Forever Falling», « In Loving Memory», « Blackbird », « Open Your Eyes », « Metalingus », « Godspeed », « Addict To Pain ».

(Organisation : Live Nation)

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Le graphisme Punk s'expose au musée ADAM à Bruxelles

Depuis le 20 novembre dernier, l'ADAM (Brussels Design Museum) présente ‘PUNK GRAPHICS’, une exposition explorant le langage visuel singulier enfanté par le mouvement Punk, au cours des années '70 et identifié jusqu’au milieu des années '80. Pour être plus précis, on devrait parler de ‘Punk, Post punk et New-Wave Graphics’, car cette esthétique a également servi de véhicule visuel pour les mouvements apparus dans le sillage du ‘No Future’ de 1977. À travers des centaines d’images iconiques, le visiteur peut découvrir l’influence durable du mouvement punk sur le graphisme mainstream. Organisée par thème plutôt que par artiste, cette exposition quadrille l’histoire du punk pour explorer diverses techniques graphiques, comme le rôle des images appropriées ou empruntées, l’utilisation du collage et du montage ou encore les méthodes DIY des flyers et des zines. Musiczine a rencontré David Vermeiren, curateur de l'expo belge.

78723085_1302905043250904_2494828403530661888_n.jpgDavid, merci pour cette interview. Cette exposition est, à l'origine, bien américaine ?

David Vermeiren : Oui, elle a été présentée d'abord au Cranbrook Art Museum, près de Detroit et ensuite au Museum of Arts and Design (MAD) de New York. Elle s’appuie sur la collection d’Andrew Krivine, un banquier d’affaires new-yorkais qui a été le témoin privilégié de la naissance du mouvement punk. C'est Andrew Blauvelt, directeur du Cranbrook Art Museum, qui a sélectionné 500 pièces pour créer l'exposition. Pour ma part, j'en ai ajouté une série provenant de collectionneurs belges.

Comment peut-on caractériser cette esthétique Punk ?

ADAM-MUSEUM-Vincent-Everarts-004_-_Copy.jpgD.V. : C'est une esthétique qui reflète l’attitude 'anti-système' de la culture Punk. Elle privilégiait une pratique DIY (‘débrouille’) et ‘artisanale’ alors même que le secteur graphique professionnel s’ouvrait aux outils informatiques. Les musiciens créaient leurs propres affiches et pochettes de disques, tandis que les fans confectionnaient flyers et fanzines à l’aide de machines à écrire, mais aussi en découpant des lettres dans les journaux et magazines.

L'esthétique Punk était aussi coutumière d'une une forme de plagiat, d'appropriation ?

D.V. : Oui, il existait une grande liberté d’inspiration. Elle puisait dans toutes les formes d’art ; la culture pop, la BD, les romans populaires, la science-fiction, les films d’horreur... Le collage était la technique de référence.

Comme, par exemple, sur la pochette de « Anarchy in The UK » des Sex Pistols...anarchy.jpg

D.V. : Oui, c'est une pochette réalisée par Jamie Reid, en 1976. L’image empruntée reste parfois telle quelle. C’est le cas du diagramme des ondes sonores d’un pulsar repéré dans un manuel d’astronomie et utilisé par Peter Saville pour l’album « Unknown Pleasures » de Joy Division ou de nombreux portraits de célébrités utilisés sur les pochettes des Smiths.

 

Les artistes Punk reprenaient également des images de la propagande communiste, comme par exemple sur la pochette de l'album « Sandinista ! », de The Clash...ADAM-MUSEUM-Vincent-Everarts-002_-_Copy.jpg

D.V. : Oui, l'objectif était de montrer une image choquante pour susciter une réflexion. Des images de guerre ou de films d'horreur étaient également employées. Pour le mouvement ‘Rock Against Racism’, lancé après les déclarations racistes d'Eric Clapton, en 1976, le groupe s’est servi de l'étoile à 5 pointes, créée à l'origine par un graphiste russe, Lazar Lissitzky, dans les années 30.

Plus tard, ces techniques DIY se sont professionnalisées pour se transformer en un style largement diffusé...

D.V. : Oui, au début des années '80, on l’observe sur les pochettes d'OMD ou de New Order. Ici, l'influence vient surtout du Constructivisme, avec ses formes géométriques radicales.

Abordons la partie belge de l'exposition. Vous avez pu avoir accès à la collection d'Annick Honoré, je crois ?

plan_k_jd.jpgD.V. : Oui, pour ceux qui ne la connaissent pas, Annick était journaliste et elle s'occupait de la programmation des concerts du Plan K, la salle de concert mythique située à Molenbeek. C'est elle qui a permis à Joy Division d’y jouer, en octobre 1979 et en janvier 1980. Elle a aussi co-fondé les Disques du Crépuscule et Factory Benelux. Elle est malheureusement décédée il y a 5 ans. Tout au long de sa carrière, elle a accumulé des archives, auxquelles nous avons eu accès grâce à la précieuse collaboration de sa fille, Sasha Vernaeve. 

Annick était une femme extraordinaire. J'ai eu la chance de la connaître un petit peu. Elle nous a quittés beaucoup trop tôt. Quels sont les autres contributeurs pour la partie belge de l'expo ?

D.V : A côté d'Annick, il y a Arno Arnouts, Lieven De Ridder, qui a livré les pochettes de disques...

C'est Lieven de Ridder, du label Walhalla Records ?

D.V. : Exactement. Il y a aussi Touki, de Belgian Waffles Records, Etienne Vernaeve, le père de Sasha, Ruud Martens, Patrick Lemin, Christophe Malfliet et, enfin, Kloot Per W, qui a fourni les fanzines. A l’époque, il avait participé à l’aventure de Polyphonic Size.

Quelle est la caractéristique du graphisme Punk en Belgique ?ADAM-MUSEUM-Vincent-Everarts-011.jpg

D.V. : Le Punk était une petite scène en Belgique. Le mouvement a véritablement commencé au festival Jazz Bilzen en 1977, quand The Damned et Elvis Costello s’y sont produits. Soit l’année au cours de laquelle est paru le premier album de Hubble Bubble, avec Plastic Bertrand dans le line up. A la même époque, l'Ep de Chainsaw, « See Saw », est également sorti. Et l'année suivante, le premier elpee –éponyme– des Kids. On expose d'ailleurs une photo de leur concert immortalisée au festival Jazz Bilzen, en 1978.

 

A cette époque, la Belgique était, je crois, à la pointe de l'avant-garde grâce, entre autres, à la proximité géographique et culturelle avec l'Angleterre.

D.V. : Oui, le fait d'être un petit pays nous a donné une plus grande capacité d'ouverture. Le Plan K, par exemple, était un lieu culturel unique en Europe. Nous exposons d’ailleurs de nombreux posters du Plan K, mais aussi de l'Ancienne Belgique, du Beursschouwburg, etc. Il y a également des flyers DIY en noir et blanc, parfois écrits à la main. Les posters du Plan K sont, eux, plus professionnels. Ils présentent bien souvent des créations d'artistes renommés, comme celles de Jean-François Octave, qui utilisait, lui aussi, l'esthétique constructiviste.

new.jpgPour clôturer, quel est la pièce que vous préférez dans l'exposition ?

D.V. : C'est un poster de Peter Saville, réalisé pour New Order.

Merci !

L'exposition ‘Punk Graphics’ est ouverte jusqu’au 26 avril 2020, à l'ADAM Museum de Bruxelles (Heysel).

http://adamuseum.be/

Merci à David Vermeiren, ADAM Museum et BE CULTURE.

Trixie Whitley

Une identité artistique de plus en plus personnelle…

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Trixie Whitley se produit ce mardi 3 décembre à Saint-Nicolas. A De Casino, très exactement. Une salle accueillante où la proximité entre les artistes et le public n’est pas un vain mot. « Lacuna », le troisième long playing de la belgo-américaine (NDR : c’est la fille du guitariste feu Chris Whitley) est paru en mars dernier, un opus entièrement écrit et enregistré à Brooklyn. Ce soir, elle est soutenue par deux musicos, en l’occurrence un drummer et un claviériste. Et le concert est sold out. S’il a fallu le double de temps pour atteindre le chef-lieu d'arrondissement de la province de Flandre-Orientale, suite aux interminables embouteillages, il ne sera pas nécessaire de s’enfoncer des bouchons dans les oreilles, car le son sera nickel…

Mais Juicy assure aussi le supporting act. Et il l’avoue, votre serviteur est devenu accro au duo féminin. La paire est en super forme. L’interactivité est parfaite entre l’auditoire et le tandem. Très pros, elles n’ont pas froid aux yeux et disent tout haut ce que certain(e)s pensent tout bas. Trop souvent, elles sont cependant victimes de problèmes techniques. Ce ne sera pas le cas ce soir. Sasha s’est procurée une nouvelle guitare d’un blanc immaculé, à l’instar de leurs pantalons à franges qu’elles ont enfilés. Elles portent également un body de teinte noire… plutôt sexy. Suivant un certain rituel, Julie amorce le tempo grâce aux percus émises par le MPD et les cymbales. Puis Sasha vient poser sa voix bien claire sur le morceau d’entrée, « Seed And Ride », une superbe compo à la fois lente et envoûtante. Empressement des filles qui décident de s’installer devant nous, le micro en main, pour exécuter une petite séance de gym tonique, et notamment en balançant les jambes d’avant en arrière. Les photographes s’en donnent à cœur joie pour les mitrailler sur toutes les coutures. Au fil du set, on a l’impression que le public apprécie de plus en plus leur prestation qui ne va cependant durer qu’une demi-heure. Bref, manifestement, Juicy est parvenu à séduire un auditoire issu du Nord de la Belgique… (voir notre section photos )

Setlist : « Seed and Ride », « Not A Hard Nut To Crack », « Didn’t Knock », « What You Can’t Confess », « Over My Shoulder », « Mama Told Me », « Count Our Fingers Twice ».

Trixie Whitley grimpe sur les planches, vêtue d’un long manteau noir, dont elle va rapidement se débarrasser, laissant apparaître une salopette de couleur noire qui rend sa silhouette davantage féline. Elle est soutenue par un solide drummer, dont le matos est constitué de deux caisses claires et de nombreuses cymbales, ainsi que d’un claviériste. Elle va nous proposer un set dans l’ordre du tracklisting de son LP, « Lacuna ».

Dès le début du concert, on est plongé dans un climat ténébreux, poisseux, boosté au blues et au rhythm and blues, un peu dans l’esprit des Rolling Stones. La voix de Trixie est puissante, sablée, très susceptible de rappeler Beth Hart voire Beverly Jo Scott, tout en s’autorisant des incursions dans le gospel et la soul profonde du bayou. Elle change de gratte électrique, pratiquement entre chaque titre. Hormis les compos plus paisibles comme « Time », « Touch » ou « Closer », son attaque sur les cordes est sauvage. Les claviers communiquent un parfum electro à « Closer ». Des claviers qui se chargent de délicatesse, alors que la guitare devient littéralement dantesque tout au long de « Fishing For Stars », une composition qu’elle interprète d’une voix envoûtante et particulièrement sombre. A charge du batteur de baliser l’ensemble de son drumming métronomique et technique. Ce dernier et Trixie se partagent enfin les fûts sur le dernier morceau.

En rappel, Mrs Whitley revient seule et sans doute fatiguée, s’emmêle les pinceaux, abrégeant donc cet encore… N’empêche, à travers ce set, Trixie a démontré, une nouvelle fois, qu’elle avait vraiment forgé sa propre identité artistique… (voir aussi notre section photos ici)

Setlist : « Intro », « Heartbeat », « Long Time Coming », « May Cannan », « Time », « Touch », « Closer », « Fishing For Stars », « The Hotter I Burn », « Bleak », «Soft Spoken Words », «Breathe You in My Dreams », « Dandy »

Rappel : « Oh, The Joy », « The Shack »

(Organisation : De Casino)

Sarah Carlier

Un catalyseur à la batterie…

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Sold out ce soir à la Rotonde du Botanique pour accueillir Sarah Carlier, dans le cadre de la release party consacrée à son quatrième album, « Shy Girl », un disque paru en avril dernier. Elle avait déjà défendu cet elpee à la Maison des Loisirs de Mont-Saint-Guibert au cours du mois de juin 2019, en compagnie de son fidèle drummer Boris Tchango, sous une formule semi-acoustique. Outre ses fans, la famille de Sarah est également présente ; à l’exception de son père, en séjour à l’étranger.

Le supporting act est assuré par Idyl, une toute jeune artiste qui se produit en solitaire, en s’accompagnant au clavier. Bien que timide, elle maîtrise parfaitement sa voix. On la connaît surtout pour son clip consacré à la cover du « Lost on you » de l’Américaine LP, vidéo au cours de laquelle elle est soutenue par Mister Jali, à la gratte. 

Au cours de son set, elle adapte le « Strong » de London Grammar et le « Wicked game » de Chris Isaak.  A travers « Stockholm », elle nous parle de ce fameux syndrome. Chargées de feeling les compos sont empreintes de délicatesse et finissent par charmer l’auditoire, particulièrement attentif à sa prestation. A tel point que parfois, on aurait pu entendre une mouche voler. Suivant la formule consacrée, Idyl est à suivre de très près…

Setlist: « Keep It Going », « Mirror », « Little Girl », « Stockholm », « Strong (London Grammar), « Wicked Game » (cover Chris Isaak)

Place ensuite à Sarah Carlier. Qui est ce soir soutenue par d’excellents musicos. En l’occurrence le guitariste Yannick Werther (Selah Sue), le bassiste/claviériste Clive Govinden, le programmateur Fabrice Blin et le drummer Boris Tchango, dont le kit de batterie à de quoi impressionner. Resplendissante, Sarah a revêtu une longue chemise blanche sur un pantalon de couleur noire. Sur les planches, Boris est devenu le catalyseur du band. Lui et Sarah semblent également très complices. Un seul regard suffit pour qu’ils se comprennent. Ses interventions sont à la fois techniques, sauvages et percutantes. Lorsque celles du gratteur ne sont pas fluides, c’est pour s’autoriser une incursion dans le rock garage. Clive joue de sa basse en slap et tapping ou rogne ses claviers pour en libérer des sonorités bien Hammond, psychédéliques, dans l’esprit du Big Brother and the Holding Company de Janis Joplin. Encore que parfois, on pense au plutôt au Band de Bob Dylan. Même si ce soir, Sarah ne jouera pas de guitare avant le rappel, on ressent malgré tout l’influence qu’a pu et qu’exerce encore Ritchie Havens, sur sa musique. « Shy girls », c’est donc le titre du nouvel LP de Sarah Carlier. Mais même si au fond d’elle-même, elle est stressée, avant de grimper sur les planches, elle parvient à vaincre sa timidité dès qu’elle entame son set. Particulièrement attentive, la foule présente ce soir a beaucoup apprécié sa prestation.

Ce n’est donc que lors du rappel qu’elle va se servir d’une gratte semi-acoustique et puis également du piano.

Une Sarah rayonnante et un Boris en forme olympique ont largement contribué au succès de ce concert. Pour cette raison, on peut les remercier…

Setlist : « Shy Girl », « Reborn », « Loner », « Big Planet », « I’ve Done My Share », « My Dear », « Watchtower », « Colors And Beauties », « If You Go », « Curve The Angles », « Nation Of Love », Something Somewhere ».

Rappel : « Going Back », « Chorus Man », Save My Soul », « Deep Down »

(Organisation : Botanique et Ubu Productions)

Picastro

Exit

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Picastro, c’est une formation torontoise fondée par la chanteuse et guitariste Liz Hysen, en 1998. Aujourd’hui, le line up implique, outre la leader, le violoncelliste Nick Storring, la drummeuse Germaine Liu et le guitariste Matthew Ramolo (Khora). En 2005, Owen Pallett, mieux connu pour sa participation à l’aventure Arcade Fire, avait collaboré à l’enregistrement de l’album « Metal cares ». 

« Exit « constitue le 5ème elpee studio du band. Et lors des sessions, Picastro a reçu le concours d’une multitude de vocalistes. Tony Dekker vient ainsi poser sa voix vulnérable sur le morceau « Mirror age », la plage qui ouvre la plaque. Et déjà, le violoncelle grinçant de Nick vient faire chavirer la mélodie flottante. Démoniaque, celle de Jamie Stewart (Xiu Xiu) hante « Blue neck », une piste au cours de laquelle le violoncelle de Nick fait merveille, dans l’esprit de Blaine L. Reininger. Inquiétante, angoissante même, celle d’Alexandra McKenzie (Petra Glynt) tourmente à son tour « She’s in a bad mood », une compo atmosphérique truffée de bruitages électro. Caleb Mulkerin (Big Blood), Chris Cummings (Marker Starling) et quelques autres se réservent le micro sur les autres titres. Enfin, hormis le plus acoustique « To know », la fin de l’album se frotte au free jazz sur le presque médiéval « A trench », ainsi que le final, « This be my fortune », qui s’achève dans une forme de tumulte organisé où cuivres et violoncelle envahissent progressivement l’espace sonore.

Un album expérimental, audacieux, pas facile à digérer et certainement pas destiné au mélomane lambda. Mais le résultat est tellement original qu’il mérite qu’on s’y intéresse…

Temples

Hot Motion

Écrit par

« Hot motion » constitue le troisième elpee studio de Temples, une formation issue de Kettering, dans le Northamptonshire, fondée en 2012. Réduite à un trio depuis le départ du drummer, parti rejoindre la Fat White Family, elle nous propose 11 nouveaux titres de psyché pop particulièrement sophistiqués. Dispensés un peu dans l’esprit de Tame Impala. Particulièrement raffinées, les voix rappellent tantôt T. Rex (NDR : coïncidence, mais quand on voit la tête bien bouclée du chanteur James Edward Bagshaw, on pense immédiatement à Marc Bolan) ou même les Beatles. Bon, vous l’avez compris, la mise en forme est parfaite. Un peu trop quand même. Difficile de comprendre qu’un groupe aussi percutant en ‘live’ soit aussi mou du genou sur disque. Attention, les mélodies sont soignées, les guitares bien balancées, parfois réminiscentes des White Stripes, mais sous son profil le plus mainstream ; on y recèle la présence de synthés et même du mellotron sur le morceau final, « Monuments ». Mais qu’elles soient baroques, légèrement prog, menaçantes, serpentueuses, hymniques ou contagieuses, les compos semblent surtout destinées à plaire au grand public. Temples bientôt sur un label major ?

Mark Lanegan

Somebody’s knocking

Écrit par

Mark Lanegan Band

La discographie de Mark Lanegan est longue comme un bras. Il ne faut pas oublier qu’il a gravé 10 albums en compagnie de Screaming Trees et surtout qu’on ne compte plus les collaborations et ses projets parallèles, outre sa carrière en solitaire, pour laquelle il vient de publier son 11ème elpee solo. « Somebody’s knocking » constitue la seconde phase gothico-cold-new-wave de ce parcours. Enfin, pas tout à fait, car il est quand même soutenu par un backing group.

Bref, si cet opus est contaminé par l’électro (boîte à rythmes, synthés), il implique quand même des instruments organiques, dont des guitares. Le plus souvent carillonnantes, dans l’esprit de John McGeoch ou de Tristan Garel-Funk (Sad Lovers & Giants). Et puis une ligne de basse offensive, menaçante, à l’instar de l’excellent et accrocheur « Name & number ». On retrouve bien sûr le baryton profond et caverneux de Mark qui taraude des compos convoquant tour à tour les fantômes de Joy Division (ces pulsations rythmiques sur « Dark disco Jag »), O.M.D., The Mission, Gun Club, Ultravox et la liste est loin d’être exhaustive. Exception qui confirme la règle, « War horse », au cours duquel Lanegan prend l’initiative de rapper sur une boîte à rythmes hip hop.

Mais dans l’ensemble, ce long playing tient parfaitement la route, même s’il nous replonge au sein d’un climat empreint de nostalgie…

Ezra Furman

Twelve Nudes

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« Twelve Nudes » constitue le cinquième elpee solo d’Ezra Furman, si on ne tient pas compte des trois opus enregistrés en compagnie de son backing group, The Harpoons. Pour concocter cet LP, le chanteur, guitariste, harmoniciste et compositeur américain (NDR : il est né à Chicago, dans l’Illinois) a bénéficié de la mise en forme du notoire John Cogleton (Sharon Van Etten, St Vincent), un disque bien punk dans l’esprit de MC5 voire de Jay Reatard. Encore que certaines mélodies lorgnent carrément vers Suede, et tout particulièrement la valse déglinguée « I wanna be your girlfriend » ainsi que « Transition from nowhere to nowhere ». Le long playing s’ouvre par « Calm down aka I should not be alone », une plage furieuse dont les chœurs rappellent le « Sympathy for the devil » des Stones. Furieuses, c’est d’ailleurs le qualificatif qu’on pourrait coller aux compos, mais aussi à la voix d’Ezra, dont les lyrics véhiculent ses frustrations, et tout particulièrement lorsqu’il observe le monde contemporain qu’il estime dépérir au fil du temps. Encore que lorsqu’il chante véritablement, sa voix est bien timbrée, rappelant parfois Brett Anderson. Et même Axl Rose, tout au long de « Trauma », une piste chargée de groove. « Rated R Crusaders » est caractérisé par des ruptures de rythmes syncopés. Sauvage, « Blown » se limite à la gratte et à la voix. Bien qu’enlevé, « My teeth hurt » ose des sonorités de guitare ‘cornemuse’ (Big Country ?). Et le long playing de s’achever par un morceau de pur rock’n’roll, le tempétueux « What can you do but rock’n’roll ».

LIFE

A picture of good health

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LIFE (NDR : ne pas confondre avec le trio californien fondé en 2012 ni la formation suédoise qui a sévi au début des 70’s) est un quatuor issu de Hull, en Angleterre. Un groupe qui s’inscrit dans la nouvelle mouvance punk et post punk qui rafraîchit actuellement la scène britannique, à l’instar de IDLES, Shame ou encore Fontaine D.C.

Si son premier opus, « Popular music » véhiculait des textes sociopolitiques particulièrement engagés, le second est davantage introspectif, le chanteur Mez Sanders-Green, épanchant ses états d’âme, évoquant même sa rupture de couple et ses problèmes issus de la monoparentalité. Notamment. Mais il fustige également la corruption quand il ne dénonce pas les injustices sociales.

Produit par Luke Smith (Foals) et Claudius Mittendorfer (Parquet Courts), cet opus libère une fameuse énergie, même si certains titres adoptent un profil plus mid tempo. Le plus souvent déclamatoire et vindicative, la voix de Mez n’est pas exceptionnelle, mais elle colle bien à cette musique qui puise aussi bien ses influences chez The Clash, The Fall, Gang of Four, Adam Ant qu’Elastica, tout en conservant cette morgue bien punk et en privilégiant ce tempo post punk. Mez déclame un peu comme Matthew Caws sur « Thoughts » (pensez à « Popular » !), « Half pint fatherhood » se distingue par un dialogue entre le lead vocal et les autres membres du band et l’elpee s’achève par la récitation d’une poésie excentrique. Enfin, on n’en n’oubliera pas pour autant le drumming frénétique, la ligne de basse grondante ou caoutchouteuse ainsi que les cordes de gratte bien saignantes, incisives, parfois tintinnabulantes...

Dirty Sound Magnet

Transgenic

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A l’origine, Dirty Sound Magnet était un quatuor au sein duquel militait le chanteur Didier Coenegacht. Après son départ, le band a déniché un remplaçant qui finalement n’a pas fait long feu. Bref, après une trentaine de dates de concerts, le trio fribourgeois s’est trouvé devant une impasse : jouer de la musique instrumentale ou choisir un de ses membres pour se consacrer au micro. Finalement, c’est le guitariste Stavros Dzodzosz qui s’y est collé et le bassiste ainsi que le drummer ont décidé d’assurer les chœurs. Et le résultat est plutôt convaincant. Pour preuve, le second long playing de la formation. Si la voix de Stavros est plus âpre qu’éthérée, les harmonies vocales évoquent régulièrement Mercy Rev voire Flaming Lips. Musicalement, hormis la première partie de « Organic sacrifice », un fragment sculpté dans le funk, le reste de l’opus puise allègrement dans la prog. Depuis Genesis à Marillion en passant par le Yes. Sur certains morceaux la guitare est d’ailleurs hantée par Peter Banks, alors que la basse l’est plutôt par Chris Squire. La majorité des plages sont enlevées, complexes, un peu comme si on organisait une hypothétique rencontre entre Mew, Motorpscyho et Can. Parce que le tempo peut aussi adopter un profil krautrock. Comme sur l’hypnotique et orientaliste « Social media girl », une compo enrichie d’un bouzouki. Autre instrument exotique, un balafon s’invite tout au long de « Social mediaboy », une piste soulignée de chœurs ferroviaires. Curieux, le titre maître se résume à un interlude d’une trentaine de secondes, alors que l’opus concède quand même deux tracks plus lents. Tout d’abord « Hashtag love », moment choisi par le gratteur pour nous accorder un solo à la Jimmy Page. Puis l’instrumental « The death of beauty », un final tramé dans les cordes en arpèges et colorée de chœurs célestes.

Enfin, on épinglera les lyrics de cet LP qui traitent du drame et de la solitude de l’homme contemporain dans un monde où les moyens de communication n’ont jamais été aussi développés, alors que les humains communiquent de moins en moins entre eux. Ce qui explique son titre.

Minimal Compact

Creation is perfect

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« Creation is perfect » n’est pas un véritable nouvel album de Minimal Compact, mais une sorte de ‘best of’ (NDR : ou une sélection de classiques du groupe) proposées dans de nouvelles versions, retravaillées par le chanteur et leader de Wire (et époux de Malka Spigel), Colin Newman. Un inédit, quand même, « Holly holler ». Actif entre 1980 et 1988, le combo s’est reformé à plusieurs reprises, pour remonter sur les planches, le temps de quelques concerts. Faut dire que dans l’intervalle, les différents musicos ont développé leurs propres projets. N’empêche, quel plaisir de retrouver ce mix si singulier, envoûtant, entre post punk et new wave, cette musique dynamisée par des rythmes propulsifs et cette ligne de basse caoutchouteuse, tapissée de claviers luxuriants, soulignées de lignes de guitare hypnotiques et bercées par les mélodies vocales que se partagent Malka Spigel et Samy Birmbach. Le band a annoncé qu’il allait repartir en tournée, en 2020. Mais on espère surtout un nouvel album. En attendant, savourez…

En concert le 24 mai 2020, dans le cadre du W-Festival à Waregem et le 26 mai 2020 à La Machine du Moulin Rouge à Paris.

 

Giant Sand

Recounting the ballads of thin line men

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Howe Gelb possède également une discographie longue come un bras (NDR : l’autre pour changer !). En solo, à traves ses collaborations en tous genres –que ce soit dans le rock, la pop, le jazz, le flamenco, l’americana, la country, le folk, le punk ou le gospel– il s’est tout d’abord fait connaître chez Giant Sand. Et notamment en compagnie des futurs Calexico, Joey Burns et John Convertino, mais aussi de l’ex-Green on Red, Chris Cacavas.

En 1986, Giant Sand publiait son second opus, « The ballad of thin line man ». Et Howe a décidé de réenregistrer cet elpee, en compagnie de Tommy Larkins et du bassiste Thøger T. Lund, de changer l’ordre des pistes, d’en éliminer « Watchtower », d’en ajouter un inédite, « Reptilian », plage qui ouvre le long playing, ainsi que deux versions de « Tantamount », dont une en bonus track. Finalement un travail de reconfiguration qu’il avait déjà accompli pour le premier LP, « Valley of rain », l’an dernier, rebaptisé pour la circonstance, « Return to valley of rain ». Le tout est savoureusement électrique et remis en forme sans pour autant dénaturer la nature des compos originales, même si elles se révèlent ici plus énergiques et menaçantes.

Black Moon Tape

Hello Ghost

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Projet audacieux et atypique, Black Moon Tape est une invitation au voyage où fond et forme se confondent et se marient à merveille.

D’abord le fond où il est question d’espace. De terres inconnues, d’aventures amorcées, avortées ou simplement rêvées. Histoires de liberté, thème indissociable de l’album mais aussi de la trilogie à laquelle il appartient.

Ensuite, la forme : intemporelle, marquée d’influences manifestes et pourtant digérées, elle renvoie tant à l’enfance qu’à l’adolescence, et à ces accidents qui jalonnent la découverte de la vie...

Bref, une ode au temps qui inexorablement nous entraîne dans sa danse. Audacieux, faut-il le répéter ?

Suite de « The Salvation Of Morgane », lui-même décliné en trois versions distinctes au fil des ans, « Hello Ghost » baigne manifestement au sein d’une certaine nostalgie. Mais pas celle qui minaude ou s’étire paresseusement sous le porche du souvenir. Non, plutôt celle qui suinte en rayons cosmiques d’un œil central grand ouvert sur les vicissitudes de l’existence.

Une image qui colle parfaitement au propos psychédélique de cet opus.

Psychédélisme. Quel terme vague, mot-tiroir où s’engouffrent joyeusement toutes sortes de définitions plus ou moins exactes.

Psychédélique, adjectif à usage multiple caractérisant à tort et à raison la plupart des groupes dont l’approche de la pop ou du rock est non conventionnelle.

Un rayon que Will Z, aux commandes de Black Moon Tape, connaît bien, puisque chroniqueur au sein de Radio Rectangle, il s’est penché sur la question.

Au travers de podcasts que je vous recommande fortement (‘Rock psychédélique à l'usage de mon fils’), il aborde le sujet sous tous les angles en se penchant sur l’avis d’acteurs de ladite scène.

Donc, si de psychédélisme il est question, « Hello Ghost » va bien au-delà de l’étiquette étriquée qui se décline à l’envi, ces dernières années.

Intemporel, faut-il le répéter ?

Pour y Parvenir, Will et son comparse, Pierre Vancraenenbroeck, ont su s’entourer –entre autres– du combo Fake Empire et s’exiler.

Enregistré en grande partie à Berlin au studio Lightning Recorders, vestige de l’ère analogique, l’album s’est construit à l’écart du présent. Pour mieux s’inscrire dans sa genèse. À savoir les racines de Will, et les années 90, où la plupart des morceaux ont vu le jour.

En résulte dix titres emplis de grâce et d’une douce folie onirique, à la fois touchants et diablement efficaces, légers et sérieux, obsédants et indémodables.

Une réussite totale, empreinte de magie et inscrite dans l’histoire de son compositeur, qui vous fera voyager dans ses contrées colorées.

La release Party de l’album se déroulera ce samedi 30 novembre au Hangar, à Liège.

Réédition en vinyle du premier album de Zap Mama.

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Paru chez Crammed en 1991, le premier album de Zap Mama est devenu un véritable classique et a influencé de nombreux chanteurs, chanteuses et artistes à travers le monde.

Fondé, conçu et dirigé par Marie Daulne, Zap Mama impliquait à l'époque cinq jeunes femmes aux origines mixtes afro-européennes, ainsi que par l'environnement cosmopolite de leur ville de Bruxelles. Elles ont inventé un réjouissant répertoire a capella, qui s'inspire de la pop congolaise, de mélodies arabes et sud-africaines, de l'human beat box' à la sauce afro-cubaine, de polyphonies pygmées, ainsi que de musique médiévale espagnole, sans oublier d’y ajouter des touches gospel. 

« Zap Mama », opus éponyme, est devenu l'un des best-sellers de l'histoire du label. Il a décroché une nomination aux Grammy Awards et a figuré en tête des charts world aux USA.

Zap Mama a enregistré et publié un 2e album chez Crammed en 1994, « Sabsylma ». Marie Daulne a ensuite continué l'aventure en solo, enregistrant six elpees en poursuivant sa trajectoire transculturelle, toujours attachée à jeter des ponts entre l'Europe, l'Amérique et l'Afrique postcoloniale.

Cet elpee vient donc d’être réédité en vinyle sous le titre « Adventures in Afropea I ». A écouter sur Bandcamp ici

 

Yadam : du rêve à la réalité !

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Le premier single du jeune artiste vénézuélien adopté par la France, Yadam, est paru en novembre. Il s’agit du titre éponyme de son Ep « Saferplace », dont la sortie est prévue début 2020. Interprété dans la langue de Molière, il s’agit d’une présentation personnelle et en même temps une introduction conceptuelle à cet Ep.

Il a choisi le français comme première prise de parole artistique, en hommage au pays qui l’a accueilli alors qu'il avait tout juste 18 ans, après avoir décidé de quitter son pays, ses études et sa famille pour réaliser son rêve.

A travers son parcours, et cette chanson toute en émotions, Yadam souhaite communiquer un message de persévérance, d'espoir, de tolérance, de courage et de gratitude.

Habillée d'une pop classieuse qui navigue entre électro et éléments organiques (maracas, guitare), sa voix douce et intense chante son nom comme il chanterait celui de milliers qui l'ont précédé et qui le suivront à la recherche d'une "Saferplace"…

Yadam chante sa nouvelle vie en France, là où se trouve désormais sa carrière, son public, et peut-être aussi son cœur.

Le clip est disponible ici

 

Clara Luciani prise à son propre piège !

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Alors que Clara Luciani avait repris le titre "The Bay" de Metronomy en 2018, c'est au tour du groupe d’adapter une compo de la native de Martigues.

La formation britannique en effet décidé de se réapproprier « La Grenade », titre-phare de son premier album, « Sainte-Victoire ».

Pour écouter cette cover, c’est ici

 

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