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Beautiful Badness

Avancez d’une place !

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La Rotonde du Botanique constitue un endroit idéal pour une release party. Et celle de Beautiful Badness, qui va se dérouler ce mercredi 3 avril, va de nouveau le démontrer.

Beautiful Badness vient de sortir un troisième Ep, baptisé « Walking A Mirror », en mars dernier, des plages qui figureront sur le futur elpee « Rewind », dont la sortie est prévue pour cette année, un disque mis en forme par Marlon B (Brigitte, Benjamin Clementine, Juliette Armanet) et pour lequel Albin De La Simone a participé.  

Le supporting act est assuré par Léo Nocta. Il milite également au sein d’autres groupes, et notamment chez Delta, formation que votre serviteur avait découverte dans le cadre du festival Scène-Sur-Sambre, en août 2017. Elle va d’ailleurs repartir en tournée, à partir du 25 de ce mois. De grande taille, il est soutenu par un drummer. Les interventions au piano de Léo sont empreintes de délicatesse tout en révélant une grande agilité des doigts. Un véritable virtuose ! Il chante d’une voix vaporeuse, envoûtante, finalement assez proche de celle de Sesboué, des chansons ténébreuses, mais chargées d’émotion. Pas étonnant que Gabriel l’ait choisi pour se produire en première partie. Il va nous proposer des extraits de ses deux Eps, « Atom », paru en 2015, et « Origin », en 2017, dont « Satellites », en ouverture, et son nouveau single « When We All Fall », gravé en février dernier, pour clore ce set bref, mais de très bonne facture…

Setlist : « Satellites », « How Many Roads », « Higher Than Here », « Rose », « I Can’T Feel My Face », « When We All Fall ».

Outre le chanteur Gabriel Sesboué, Beautiful Badness implique Olivier Delescaille (NDR : d’ordinaire préposé à la gratte, ce soir il va se consacrer, à la basse, aux claviers et aux machines) et Gilles Servais (drums), un trio soudé depuis 7 longues années. Il s’est quand même élargi à un quatuor depuis l’arrivée de Lou Wery, qui se charge des claviers et également des vocaux.  

Gabriel vit intensément ses chansons. Il s’exprime aussi avec les mains, un peu à la manière de feu Joe Cocker. Capable de passer des graves aux aigus avec une facilité déconcertante, son spectre vocal est ample et lyrique.

La salle est comble et tous les spectateurs sont debout. « A Sunny Morning » ouvre le concert, un morceau au cours duquel Gabriel étale déjà toutes ses capacités vocales. Tour à tour, cette voix me fait penser à Jón Þór Birgisson (Sigur Rós), Antony/Anhoni Hegarty, Rufus Wainwright, Agnès Obel, Woodkid ou encore Freddy Mercury. Et lorsqu’elle se conjugue à celle de Lou et d’Olivier, on assiste à de véritables exercices de polyphonie vocale. Quant à l’univers sonore de Beautiful Badness, il navigue à la croisée des chemins empruntés par AaRON, Queen, ou encore Jeff Buckley.

L’atmosphère au sein de la Rotonde est tellement feutrée qu’on se croirait au sein d’une cathédrale. « Blackbird In The Storm » est littéralement raffiné par les ivoires. Gab signale qu’il s’agit de la 10ème fois qu’il se produit au Bota, et pour la première, comme tête d’affiche. Et il en est très fier. Mais encore qu’il a écrit « The Train », entre les sessions d’enregistrement, lorsqu’il se déplaçait de Paris à Bruxelles ou inversement. On le sent à la fois concentré et étonnamment cool…

 « I’ll Be There For You » se distingue par sa mélodie contagieuse. Bonne surprise, Sasha et Julie (Juicy) débarquent sur les planches pour assurer les chœurs de « Walking On The Mirror », en compagnie de Lou (NDR : on comprend mieux pourquoi Gab et Oli avaient assisté à leur show, samedi dernier). Toute l’équipe est en cercle sur le podium pour interpréter cette chanson, a cappella. Magique ! A vous flanquer des frissons partout !

En rappel, les filles sont encore de la partie pour nous réserver « Silent and still », avant que le groupe n’achève le concert par une plus ancienne compo, « One Step Forward »… et c’est le cas de le dire, Beautiful Badness, avancez d’une place…

Setlist : « A Sunny Morning », « Blackbird In The Storm », « Freedom », « Wave On Me », « 11011 Days », « The Game Is Over », « Winds Blows », « The Train », « I’ll Be There For You », « Everything I Have », « Walking On The Mirror » (avec Juicy)

Rappel « Silent And Still » (avec Juicy), « One Step Forward ».

(Organisation : Botanique)

Photo : Pierre Destrebecq

Larkin Poe

Entre roots, blues et rock’n’roll sudiste…

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Larkin Poe est une formation yankee drivée par les sœurs Rebecca et Megan Lovell. Originaires de Georgie, elles se sont établies à Nashville, au Texas. Le patronyme du groupe est inspiré du nom de leur arrière-arrière-arrière-grand-père, un lointain cousin de l’écrivain Edgar Allan Poe. La formation vient d’achever une tournée, pour laquelle elle assurait le supporting act de Bob Seger, et se produira en ouverture du concert de ZZ TOP, ce 25 juin, à Forest National, dans le cadre des 50 ans de carrière du célèbre trio de blues/rock.

Ce soir Larkin Poe se produit à la Madeleine de Bruxelles, devant une salle à moitié pleine (ou vide, selon). D’ailleurs des tentures ont été tirées pour délimiter l’espace réservé à l’auditoire. Le quatuor va nous proposer de larges extraits de son troisième elpee, « Venom & Faith », paru en novembre dernier.

La première partie est dévolue à Foreign Affair, un duo issu de Bristol qui pratique une forme de country/rock, assez proche de celui pratiqué par les Pierce Brothers. Encore une histoire de famille, puisqu’il réunit les frangins Adam et Lawrence Purnell…

Puissante et lyrique, la voix de Lawrence, le cadet de la fratrie, est grisante. Les grattes (une semi-acoustique et une électrique) trament les compos soignées mais énergiques, des compos dynamisées par une cymbalette, pour l’un, et par une grosse caisse, pour l’autre, manœuvrées au pied. Une excellente entrée en matière !   

Setlist : « The Opener », « Piece Of Work », « Name On It », « Name On It », « I'm Your Man », « Faded », « Say What You Want About Me », « We Don't Know ».

Une bande enregistrée diffuse de la musique d’ambiance feutrée, comme celle programmée sur des tas de radios FM aux States, alors que le light show inonde la scène de tonalités bleutées... 

Chez Larkin Poe, Rebecca (NDR : la brune !) se consacre au chant et à la guitare électrique, et sa sœur, Megan (NDR : la blonde !) au chant et à la lap steel guitar. Si cette dobro se joue posée sur les genoux, contre le corps, elle est adaptée pour s’en servir en position debout. Ben Harper y est d’ailleurs accro. Les frangines sont soutenues par Robby Handley aux drums, planté sur une estrade, en retrait, et Chad Melton à la basse.  

C’est d’ailleurs ces deux derniers qui débarquent les premiers sur le podium. Lorsque Rebecca rapplique, d’un pas décidé, sa superbe Gibson à la main, elle s’adresse immédiatement aux premiers rangs en leur demandant : ‘Are you ready to rock’n’roll’, ajoutant sur un ton persuasif : ‘We do Rock’n’roll’.

Le show s’ouvre par « Summertime Sunset ». Déjà elle arpente les planches de long en large. Sa voix me fait penser à un hybride entre Beth Hart et (la petite fille de) Tina Turner. Le son est excellent. Très électriques, ses interventions aux cordes sont hantées par Joe Bonamassa voire Jimi Hendrix. Celles de Megan à la lap steel guitar sont particulièrement métalliques. Elles entrent régulièrement en duel, face à face. Les deux sœurs sont d’ailleurs très complices. On s’en rend compte à travers les regards qu’elles s’adressent. En général, Megan assure les chœurs. Son timbre est plus doux et éthéré. On le remarque dès qu’elle se réserve le lead vocal. Plus paisible, « Trouble in Mind » est un blues qui nous entraîne dans le Delta. La cover du traditionnel « Black Betty », popularisé par Ram Jam en 1977, galvanise le public. Lorsque la section rythmique s’emballe, c’est pour entretenir un rock bien sudiste.

Rebecca reprend le leadership au chant pour « Bleach Blonde Bottle Blues ». Les filles frappent sur le sol en cadence et les chœurs sont impeccables. La musique passe très facilement des traditions du roots & blues contemporain au rock & roll musclé, métallique et sauvage. Empreint de sérénité, « Look Away » permet à ce petit monde de reprendre sa respiration. La setlist va nous réserver quatre reprises. D’abord la version très roots du « Preachin’ blues » de Son House. Une autre adaptation d’un traditionnel, « John The Revelator ». En finale le « Wanted woman » d’AC/DC et lors du rappel le « Come On In My Kitchen » de Robert Johnson…

Rebecca troque sa gratte pour pour un banjo sur deux morceaux, « Mad As A Hatter », dédié à son grand-père paternel, et « Run For Your Money ». Avant d’attaquer ces compos, elle explique la thématique. Elle demande souvent à la foule si le public est satisfait du concert et s’il apprécie la musique proposée.

Au bout de 90 minutes, Larkin Poe tire sa révérence sous les acclamations nourries du public. ZZ Top a certainement eu le nez creux en choisissant ce combo pour ouvrir son concert-anniversaire à Forest National…

Setlist : « Summertime Sunset », « Trouble in Mind », « Black Betty » (traditional cover), « Bleach Blonde Bottle Blues », « Look Away », « Preachin' Blues » (cover de Son House), « Freedom », « California King », « John The Revelator » (traditional cover), « Might As Well Be Me », « Black Echo », « Hard Time Killing Floor Blues », « Mad As A Hatter », « Run For Your Money », « Blue Ridge Mountains », « Wanted Woman (cover d’AC/DC »).

Rappel : « Come On In My Kitchen » (cover de Robert Johnson).

(Organisation : Gracia Live)

 

Nouvelle collaboration entre Calexico et Iron & Wine

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Calexico et Iron & Wine avaient déjà collaboré en 2005, pour enregistrer un Ep baptisé « In the reins ». Ils ont décidé de remettre le couvert, mais pour un elpee qui paraîtra ce 14 juin. Il s’intitulera « Years to burn ». L’album a été enregistré sous la houlette de Matt Ross-Spang et a bénéficié du concours du trompettiste Jacob Valenzuela, du préposé à la pedal steel Paul Niehaus, du pianiste Rob Burger (Tin Hat Trio) et du bassiste Sebastian Steinberg (Soul Coughing, Fiona Apple).

Pour écouter « Father mountain », extrait de cet elpee, c’est ici

Tracklisting

1. What Heaven’s Left
2. Midnight Sun
3. Father Mountain
4. Outside El Paso
5. Follow The Water
6. The Bitter Suite
7. Years To Burn
8. In Your Own Time

 

 

Un film documentaire consacré à Martin Phillipps, le cerveau de The Chills…

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Songwriter génial et mélodiste hors pair, Martin Phillipps, le leader du groupe The Chills, était sur le point de conquérir la scène musicale internationale, lorsqu’il a été rattrapé par sa toxicomanie et son endettement. A 54 ans, atteint d’une hépatite de type C, son pronostic vital était largement engagé. Il a donc décidé de lutter contre ses démons, avant qu’il ne soit trop tard. C’est ce portrait intimiste de cet auteur/compositeur néo-zélandais, que le film/docu relate, à travers des hits pop irrésistibles parus en pleine explosion du mouvement baptisé ‘Dunedin sound’, répercuté par le label Flying Nun, mais surtout du combat universel d’un homme mené contre la peur de l’échec et de la réalité choquante de sa propre mortalité…

Le trailer de ‘The Chills: The Triumph & Tragedy of Martin Phillipps’ est ici

 

 

Sebadoh toujours étonné

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Le nouvel opus de Sebadoh, « Act Surprised », paraîtra ce 24 mai. 

Barlow, Jason Loewenstein et Bob D'Amico ont enregistré cet elpee, à Northampton, dans le Massachusetts, là où le trio s’était formé, en 1988, sous la houlette de Justin Pizzoferatto. L’opus est annoncé comme une collection de 15 chansons aussi dynamiques que viscérales

Lowenstein a déclaré : ‘De tous les disques que nous avons réalisés au cours de notre longue carrière, c’est certainement celui qui se rapproche le plus de nos premiers enregistrements’.

En attendant, le groupe nous propose un extrait, doublé d’une vidéo, intitulé « Stunned » (à découvrir ici)

Tracklist:

01 “Phantom”
02 “Celebrate The Void”
03 “Follow The Breath”
04 “Medicate”
05 “See-Saw”
06 “Vacation”
07 “Stunned”
08 “Fool”
09 “Raging River”
10 “Sunshine”
11 “Act Surprised”
12 “Battery”
13 “Belief”
14 “Leap Year”
15 “Reykjavik”

Le beau gâchis d’Interpol…

Écrit par

Interpol publiera un nouvel Ep ce 17 mai. Le disque s’inspire d’une série d’images perdues, retrouvées dans un poste de police abandonné à Detroit, dans le Michigan. Dans une salle de documents en ruine, au milieu des décombres, un rouleau de film non développé, daté du 20 janvier 1996, présentait des images de salles dévastées, suite à une effraction… C’est Dave Fridmann qui s’est chargé de la mise en forme.

Pour écouter « Fine mess », issu de cet Ep, c’est ici

Traklisting

1. Fine Mess

2. No Big Deal

3. Real Life

4. The Weekend


Le plus grand homme de la terre est devenu un étranger…

Écrit par

Kristian Matsson, aka The Tallest Man on Earth, publiera un nouvel elpee, ce 19 avril. Il s’agira de son quatrième. Intitulé « I love you. It’s a fever dream », il fait suite à « The Dark Bird is Home”, paru en 2015. Le Suédois (NDR : il est né en Dalécarlie), a entièrement écrit, composé, arrangé et réalisé l’album.

Pour écouter “I’m A Stranger Now”, extrait de cet opus, c’est ici

Tracklisting

    1.The Running Styles Of New York
    2.There's A Girl
    3.My Dear
    4.What I've Been Kicking Around
    5.I'm A Stranger Now
    6.Waiting For My Ghost
    7.I'll Be A Sky
    8.All I Can Keep Is Now
    9.I Love You It's A Fever Dream

 

Juicy

Fallait pas manquer le début de la soirée…

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Ce samedi 30 mars, Juicy vient présenter présenter son second Ep, « Crumbs », au Vaartkapoen (Vk). Mais au cœur d’une soirée qui proposera 5 sets, dont ceux de Commander Spoon et Darrell Coole, qui ont déjà participé aux tournage de clips des deux filles, ainsi que Dj Lefto, en after party. Et elles vont nous réserver une belle surprise, en nous livrant, dès l’ouverture, un petit concert acoustique. Il s’agit de la seconde release party, puisqu’une première avait déjà été accordée à Paris, une semaine plus tôt.

Quand on débarque dans la salle, on remarque la présence de six sièges devant la table de mixage entourant un énorme clavier (celui de Julie), des chaises devant lesquelles sont installés des supports de partitions. Elles sont destinées à un quatuor à cordes (trois violons et un violoncelle), un contrebassiste et deux flûtistes (NDR : dans le désordre Élise Rens, Amandine Flandre, Pascale Simon, Philippe Laloy, Pauline Boron, Marie-Sophie Van Goethem Sgarioni et Fil Caporali). Tout ce beau monde est tiré à 4 épingles. Les nanas de Juicy se plantent derrière les ivoires pour un duo à quatre mains. Cet hors-d’œuvre va nous réserver cinq morceaux réarrangés par Jean-Marie Rens (qui doit être le père de Julie), dont « Seed And Ride » et « I Wanna, Yes, I Wanna », deux plages issues du nouvel Ep. Et le moment est tout bonnement magique. La foule, déjà bien compacte, entoure le cercle et se montre particulièrement attentive. Bref, grâce à cet exercice de style périlleux, les filles ont démontré qu’elles étaient capables de se fondre au sein d’un autre environnement sonore. Une nouvelle preuve de leur immense talent ! Fallait donc pas manquer le début de la soirée… Rendez-vous à 23 heures pour le retour de Juicy, mais sur les planches…

Setlist : « Something Is Gone », « Seed And Ride », « La Gigue De La Ket », « I Wanna, Yes, I Wanna », « For Hands On Ass ».

Commander Spoon réunit le saxophoniste Pierre Spataro (Oyster Node, Rue des Pêcheries), le guitariste Florent Jeunieaux (Murmures, Geffrey Fiorese Tentet, La Chiva Gantiva, Aneta Nayan, Echt), le contrebassiste Fil Caporali et le drummer Samy Wallens. Le combo est venu défendre son premier Ep 4 titres, « Introducing », paru en novembre dernier. La musique du groupe bruxellois est essentiellement instrumentale. Les titres des morceaux respectent une simple numérotation logique (part1, 2, 3 et 4), un peu comme pour les concertos de musique classique. Pourtant, le quatuor pratique un jazz/rock contemporain, électrique et chargé de groove. Les duels sont permanents entre les différents instruments. Jimi Hendrix et Carlos Santana semblent hanter le gratteur, Florent. Mais bien que d’excellente facture, la musique de Commander Spoon s’adresse surtout à un public averti…

Darrell Cole est né à Londres, en 1989 à Londres. Sierra-léonaise, sa famille a fui les tensions politiques de son pays et s’est finalement réfugiée à Anvers, en Belgique. Très tôt, il s’est tourné vers le hip-hop. Son dernier elpee, « Fully Loaded », est paru en octobre dernier. Il va nous en proposer de larges extraits. Plutôt remuant sur le podium, il est soutenu par un préposé aux platines qui dispense des sonorités assez dansantes. Le flow de Cole est constant. Il invite la foule à se rapprocher de l’estrade. A partir de cet instant, l’interactivité va parfaitement fonctionner entre l’artiste et l’auditoire. Un second MC’s vient l’épauler le temps de quelques morceaux. Bref, un show aussi efficace que technique…

Réunissant Julie Rens et Sasha Vonck, Juicy pratique une forme de r&b insolite et complètement déjanté. Fidèles à elles-mêmes, elles continuent ici à développer leur univers délirant, à prendre cependant au second degré, en posant leurs voix singulières sur un visuel plutôt réussi.

A 22h00, les lumières s’éteignent. La foule est impatiente d’assister au spectacle ; et pour cause, il est chaque fois différent. Que ce soit la chorégraphie, l’interprétation et même l’interactivité. Sans oublier les costumes. Presque fusionnelles, les filles sont très complices. On imaginerait presque qu’elles sont sœurs.  

Les lumières bleues se focalisent vers le fond de la salle où elles tournent le dos à l’auditoire, les bras en l’air. Elles ont enfilé des pantalons et des vestes à capuche et franges de couleur noire. Et entament leur prestation par « LTGL ». Elles se consacrent aux synthés, samplers et vocaux. Sasha se réserve cependant la guitare et Julie, la boîte à rythmes. Ce qui ne les empêche pas de troquer leurs instruments. Elles amorcent « Mouldy Beauty en dubstep. Les donzelles se tortillent sensuellement, comme des geishas. Même les mains ondulent sur les instrus. Ce qui émoustille le public. Un fantôme remplace Julie derrière les machines. A l’issue de ce morceau, Sasha signale qu’elles sont contentes d’être là et ajoute que la foule est magnifique. Bien que d’ordinaire paisible, « Seed And Ride » se révèle davantage r&b et nerveux sur les planches. Pierre Spataro vient souffler dans son saxophone sur « I Wanna, Yes, I Wanna », une nouvelle compo. Elles en profitent pour nous proposer une chorégraphie très étudiée et dansante. Il est encore de la partie pour « What You Can’t Confess », mais également Darrell Cole au micro. Sasha se sert de sa gratte électrique tout au long de « Didn’t Knockout », un morceau au vocal empreint de sérénité. Les lumières s’éteignent pendant « Knock ». Julie dirige un spot orange vers son visage et Sasha de couleur verte. Et l’effet est bluffant. « See Me Now » clôt le set.

Lors du rappel, « Something Is Gone » et « Count Our Fingers Twice » vont mettre littéralement le souk dans la fosse.

A l’issue de la superbe prestation de Juicy, une bonne partie de la foule vide les lieux. Dommage pour Lefto, mais au bout de quatre spectacles, elle semble rassasiée…

Setlist : « LTGL », « Mouldy Beauty », « Seed And Ride », « Hard Nut To Crack », « I Wanna, Yes, I Wanna », « Didn’t Knockout », « Knock », « What You Can’t Confess » (Avec Pierre Spataro et Darrell Cole), « Over My Shoulder », « Ghb », « Mama Told Me », « See Me Now » 

Rappel : « Something Is Gone », « Count Our Fingers Twice ».

(Organisation : VkConcerts et Back In The Dayz)

 

allusinlove prêt à parler

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Issu de Leeds, allusinlove est un monstre à quatre têtes. Un groupe de rock qui pratique de la musique pop. Originaire de Castleford, une vieille ville minière du West Yorkshire, le groupe est né il y a 6 ans. Son premier album « It’s OK To Talk », paraîtra ce 7 juin. Il fait suite au single «All My Love», un hymne rock classique et rugissant, dont la vidéo est disponible ici

L’album a été produit par Catherine Marks (St Vincent, Wolf Alice, PJ Harvey) considéré comme le producteur britannique de l'année 2018.

‘Nous sommes extrêmement fiers de présenter notre premier long playing. Cet album est une expression musicale de tout notre amour, de notre positivité et de notre unité ; un aperçu de notre perspective du monde qui nous entoure et de ce qu’il offre ou exige de nous. Dans une société aussi divisée, nous voulons offrir un peu de libération, de compréhension et d’unité sous forme de putain de bonne musique. C’est vraiment bien d’être contrarié, anxieux, sans espoir, excité, heureux et c’est encore mieux d’en parler’ allusinlove

Le corbeau perche en plein Black Midi

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Black Midi est une formation établie à Londres, dont le style original voire expérimental mérite qu’on s’y attarde. Riffs versatiles, passages moelleux ou caustiques et guitares dissonantes alimentent une forme de post-punk teinté de psychédélisme, de noise, de prog, d’indie et de blues.

Réalisé par Vilhjálmur Yngvi Hjálmarsson, son nouveau single « Crow’s Perch » reflète l’énergie frénétique de la chanson, juxtaposant des graphismes saturés et des scènes particulières avec des images ordinaires. Et il est à découvrir ici

En concert à l’AB ce 6 avril dans le cadre du BRDCST

https://bmblackmidi.com/

 

 

Un compositeur aux multiples facettes !

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Manolo Redondo est un chanteur-compositeur de musique cinématique, originaire des montagnes et installé aujourd’hui à Paris.

Il a sorti deux albums sur le label Microcultures, A drop… et Helmet on.

Sur scène, soutenu par trois musiciens, il lorgne par moments du côté des rythmes afro-beat et des textures psychédéliques.

Un groupe qui a tourné en France et en Allemagne, pas mal écumé les jolies salles parisiennes, souvent ouvert pour des folk-star US, UK ou autres

En écoute, le titre « Best Kept Secret » ici

 

 

Un voyage aérien…

Écrit par

Teleferik sortira son nouvel album, intitulé « Blood Orange Sirup », le 5 avril prochain.

Le duo réunit Eliz Murad (voix/basse) et Arnaud Vincendo (guitare). L’album a été mastérisé et mixé par Azzedine Djelil (Catherine Ringer, Minuit). On y trouve également les claviers de Rizan Said (connu pour sa collaboration avec Omar Souleyman) et Kenzi Bourras (Acid Arab, Rachid Taha).

Leur rock est influencé par la musique arabe. Les textes d’Eliz sont engagés (pour la cause LGBT notamment) et chantés dans plusieurs langues (français, arabe, anglais).

Deux singles sont déjà parus : « Khalina N’Shouf » et « De l’Autre Côté »

 

 

Obscur, mystérieux et symbolique…

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Gouailleur interventionniste pour STUPEFLIP ou sapeur-ambianceur chez TATAPOOM, M.c. Salò aiguise ses mots sur des samples salopés à souhait. Des rimes bien balancées depuis qu’il a des dents.

Jean-Paul Michel alias M.c. Salò s’improvisait graphiste incompris, acteur de courts-métrages confidentiels, ou réalisateur de publicités bancales. Un passé furtif mais sulfureux de professeur d’infographie et d’arts plastiques le convainquait définitivement de rejoindre son vieil ami King Ju dans la grande aventure Stupeflipienne.

Depuis, il mène aussi sa barque entre ses projets solo et Tatapoom, duo crapuleux formé avec Oliboy où l’on perçoit des vibrations néo-romantiques ambiancées de ‘soucousses zoukée’s en cadence nouvelle minivague.

Dans nos oreilles la lumière s’allume, une fine silhouette apparaît. Le lutin apache, the italian monkey, Sheetah Cittadini vous enfume d’un son pipo lino, de nuages de synthés, de nappes féroces. La bataille est gigantesque. La percée est béton, ils carburent au tungstène.

SIBYLLINE est disponible depuis ce 29 mars 2019.

Découvrez le clip de « Les brebis en Babibel » ici 

 

Un oasis de fraîcheur !

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Après L’envol en 2014, tour à tour sous lueurs franches et sous spleen, l’heure du repos est loin d’avoir sonné pour Ivan Tirtiaux.

IL nous propose son deuxième album avec son propre nom en bandoulière. L’oasis vous invite dans une collection de huit chansons en français embrassées par un folk sensible à la Nick Drake ou ample et chaleureux à la Terry Callier, nourries à la souplesse mutine du jazz et caressées par l’eurythmie chaloupée de Chico Buarque. Vous y trouverez autant de recoins où vous blottir que de vastes plaines pour vous encourager à prendre le large : le disque fait autant office de refuge qu’il vous offre de provisions pour un départ.

À la faveur de fables intemporelles ouvertes, l’auteur-interprète taquine son sens de la nuance mélodique, fait prendre des plis singuliers à ses arrangements. Comme pour mieux creuser un passage harmonieux entre artisanat fin, goût des histoires et résonances éminemment actuelles.

Ivan Tirtiaux trouve les notes et mots justes pour nous (é)mouvoir.

S’il faut tout un village pour élever un enfant, un essaim de talents a accompagné Ivan Tirtiaux pour façonner cet album.

Yvan Tirtiaux se transforme en « Charlatan » ici 

 

ZALFA, Un savant mélange de cultures et de genres !

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ZALFA est une auteure-compositrice franco-syrienne. Son premier album “Fi dam” invoque en un seul mouvement les vibrations de la scène beyrouthine (où il a été enregistré par Marc CODSI), l’électricité anglaise (Broadcast, Stereolab), la saudade flottante des expatriées (Nico, la période britannique de Françoise Hardy)…

Elle chante, en arabe et en anglais, une dream pop stellaire chargée d’envolées psychédéliques brumeuses ou de textures électroniques puissantes.

Un album qui s’adresse directement au cœur et au cortex et qui s’annonce d’ores et déjà comme une grande révélation.

« Law Ma » en écoute ici 

 

Dan Mangan

More or Less

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Au fil des albums, ce Canadien s’est forgé une certaine popularité. Et pour cause, il a décroché différents prix et partagé l’affiche avec de nombreux groupes, dont Father John Misty, Broken Social Scene ou encore Great Lake Swimmers. Sur le Vieux Continent, par contre, sa notoriété est plutôt confidentielle.  

Faut dire qu’après avoir sillonné les routes et à s’investir dans la musique, il a décidé de se consacrer davantage à lui et à sa famille. A présent père de deux enfants, il était normal que cette paternité se reflète –et elle est omniprésente– tout au long de son cinquième opus intitulé “More or Less”.

Si sur son précédent album, un disque fondamentalement plus rock, le songwriter avait reçu le concours du groupe Blacksmith. Tout au long de ce dernier, il privilégie une formule indie-folk qui sent bon les espaces verts (NDR : c’est dans l’air du temps). Et on pense tout particulièrement à “Just Fear”, sculpté dans un folk old school ou encore au minimaliste “Fool for Waiting”, dominé par les ivoires. D’ailleurs, la guitare acoustique et le piano servent, le plus souvent, de structure aux morceaux. Ce qui n’empêche pas Mangan d’enrichir certains titres d’éléments électroniques, à l’instar de la plage d’ouverture, “Lynchpin” ou encore, mais de manière plus subtile, de l’excellent “Peaks & Valleys. Exception qui confirme la règle, “Troubled Mind”, une piste énergique qui trouble la sérénité du paysage sonore…

Enfin, les changements de rythmes ainsi que la délicatesse des arrangements confèrent à cet LP une richesse et un charme dont vous ne soupçonneriez pas l’existence… A conseiller vivement ! 

Cullen Omori

The Diet

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Il y a cinq ans, le groupe chicagoan Smith Westerns splittait, laissant en héritage trois superbes albums. Depuis, les différents membres ont poursuivi leur petit bonhomme de chemin à travers des projets qui ont connu plus ou moins de succès. Ainsi, si Whitney est parvenu à tirer son épingle du jeu, Cullen Omori est resté curieusement dans l’ombre…

Deux ans après avoir publié un premier elpee de bonne facture, ce dernier nous propose son second essai, “The Diet”. Sur ce nouvel LP, l’Américain, désormais établi à Los Angeles, revient à ses fondamentaux ; c’est-à-dire à une forme de psyché/pop ensoleillée et rafraîchissante qui a fait le succès (relatif) de Smith Westerns. Caractérisés par leurs mélodies efficaces, les onze morceaux tissent une texture cristalline de cordes acoustiques et électriques que brode une voix éthérée. Une expression sonore qui lorgne vers des formations telles que MGMT, Unknown Mortal Orchestra ou encore Foxygen.

Au vu de la qualité de ce second opus, on est en droit d’espérer que Cullen Omori puisse atteindre une juste reconnaissance, et pourquoi pas semblable à celle acquise par ses ex-acolytes de Whitney. Une chose est sûre, pas besoin de se mettre au régime pour savourer “The Diet”…

Tahiti 80

The Sunshine Beat Vol. 1

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Plus grand monde ne semble se soucier des élégantes et régulières sorties de Tahiti 80 sous nos latitudes… pourtant les Français ont toujours le même talent pour composer des hits aux mélodies imparables. Et ils le démontrent, une nouvelle fois, tout au long de « The Sunshine Beat Vol.1 », un album présenté comme une collection de chansons nées de la rencontre entre la quintessence de la sunshine pop chère aux Beach Boys et du power beat de Big Star.

Depuis ses débuts (NDR : en 25 ans, le combo a gravé 7 elpees) la bande à Xavier Boyer, à l’instar de leurs compatriotes Phoenix, défend une certaine idée de la pop. Considéré comme un groupe culte au Japon, comme ses acolytes le sont aux States, Tahiti 80 tisse des mélodies ultra ‘catchy’, alimentées par une voix claire, une ligne de basse caoutchouteuse et des mélodies réellement imparables (« Natural Reaction »). La corrélation entre le band versaillais et rouennais est d’ailleurs évidente sur des titres comme « Hurts » ou « Wonderboy ». Que de bonnes ondes pop ensoleillées sous les tropiques de Tahiti 80 !

Kel Assouf

Black Tenerre

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Après le succès de son album « Tikounen » (NDR : The Guardian l’a qualifié de ‘bond en avant dans le son touareg moderne, vraiment radical’), Kel Assouf vient d’enregistrer un nouvel opus. Intitulé « Black Tenere », il a été produit par le claviériste du groupe, Sofyann Ben Youssef, le cerveau qui drive AMMAR 808.

Première constatation, cet elpee se recentre sur une formule trio boostée par l’énergie du leader nigérien Anana Ag Haroun. Né et élevé au Niger, ce guitariste et auteur-compositeur-interprète a émigré, il y a 11 ans à Bruxelles, pour y vivre avec sa femme. Il reconnaît qu’il existe une dualité dans sa vision du monde : ‘Mes trois filles sont nées en Belgique, donc ce pays est devenu une part de mon identité. Aujourd’hui je suis belge au Niger et nigérien en Belgique’. Et le line up est complété par le Belge Olivier Penu, un jeune batteur de jazz.

Kel Assouf a d’abord emprunté un parcours musical tracé par des pionniers du rock du désert comme Ishumar ou Tinariwen, qu’Haroun a rencontrés alors qu’il était un jeune musicien au Niger. Cet horizon s’est ensuite élargi au rock classique, institué par Led Zeppelin, Black Sabbath, Queens of the Stone Age, mais également au beat-club ainsi qu’à l’électro. Sur « Black Tenere », le groupe pousse ces différentes influences et textures dans leurs derniers retranchements.

Les messages véhiculés par les lyrics sont puissants et tragiques. La lutte des apatrides Kel Tamashek (qu’ils préfèrent au surnom colonial ‘Touaregs’) pour conserver le contrôle de leurs terres ancestrales ainsi que leur mode de vie nomade et leur dignité ne sont entrés que récemment dans les consciences occidentales. Pour immortaliser ces paysages sonores sous tension, le trio a bossé au sein du studio Stureparken, à Stockholm.

Kel Assouf est né à l’intersection d’un triangle d’influences, d’expressions culturelles et d’identités complexes. Ag Haroun conclut : ‘La musique est une arme de guerre sans violence. C’est une revendication de justice et l’âme de l’humanité. Elle rassemble des êtres humains de différents pays. Si nous investissions davantage dans la culture aujourd’hui et moins dans les armes, le monde serait différent. La musique est la paix pour nos âmes’. 

Pour découvrir le single « Fransa » qui figure bien sûr sur cet LP, c’est ici  

Hoshi

L’univers intimiste de Hoshi…

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De son véritable nom Mathilde Gerner, Hoshi est originaire de Versailles. Cette chanteuse a choisi ce pseudo (NDR : qui signifie étoile en japonais), car c’est une fan de culture nippone. Elle ressemble d'ailleurs à une héroïne de mangas (NDR : grands yeux pétillants bordés de khôl, tatouages, cheveux relevés en chignon) qui aurait grandi en écoutant Nirvana. D’ailleurs, la bande à feu Kurt Cobain figure parmi ses influences majeures, tout comme Brel, Serge Gainsbourg ou encore Patti Smith.

Après avoir opéré quelques passages dans les télé-crochets ‘The Voice’ (NDR : où elle avait claqué la porte parce qu’on lui imposait une chanson) et ‘Rising Star’, elle est repérée par un label. En mars 2017, elle sort son premier single, « Comment je vais faire ». En octobre 2018, elle publie son premier elpee, « Il suffit d'y croire », dans lequel figurent certains titres qui vont la révéler au grand public, dont « Je Vous Trouve Un Charme Fou », un titre signé par Gaëtan Roussel, qu’elle chante en duo avec le leader de Louise Attaque. Dans ses chansons, armée d'une simple guitare acoustique, elle balance tout, sans s'économiser. Depuis, elle fait l’unanimité dans le paysage musical hexagonal.

Le supporting act est assuré par deux frangines, Celena et Sophia, prénoms qu’elles ont décidé de contracter pour la scène en CelenaSophia. Issues de Chapelle-Lez-Herlaimont, les sœurs ont publié un premier Ep intitulé « A l’Aventure », en 2015. Dans la foulée, elles sont parties en tournée, en Belgique, mais également à travers le monde (Suisse, France, Canada, Côte d'Ivoire), participant à deux reprises aux rencontres d'Astaffort. Ce qui va convaincre Francis Cabrel et son équipe de les aider à peaufiner leur répertoire. Depuis 2016, elles sont épaulées par Jérôme Magnée (Dan San, Yew, Ebbène). C’est lui qui va se charger de direction du premier opus, qui devrait paraître au cours de cette année.

Sur les planches, elles sont soutenues par le drummer (pads électroniques, boîtes à rythmes) Mathieu Catala. Il doit y avoir de nombreux aficionados dans la salle, car lorsqu’elles grimpent sur l’estrade, elles sont chaleureusement applaudies. Brune, Céléna se consacre à la sèche ; blonde, Sophia, à la gratte électrique. Elles vont nous proposer de la chanson française réaliste et urbaine. Le set s’ouvre par « On s’en souviendra pas ». Mais ce qui frappe d’abord, ce sont les superbes harmonies vocales. Moins folk, davantage rock, mais aussi plus contemporain, vu le concours des percus électroniques, leur expression sonore se veut d’ailleurs de plus en plus urbaine. Et un nouveau morceau comme « Je cours après le temps », en est une parfaite illustration.  Bien sûr la setlist n’en n’oubliera pas pour autant de partir « A L’Aventure » (NDR : cette compo remonte à 2015) mais bien le tout nouveau single, « Seul Hôtel », un titre joliment teinté d’électro, qui paraîtra ce 29 mars. Dommage !  Un duo à suivre de très près…

Setlist : « On s’en souviendra pas », « Les Vents Contraires », « Je m’en remets a elle », « Je Te Vengerai », « Dis-Moi Le Plus Fort », « Je Cours Après le Temps », « Pile Ou Face ».

Le set débute à 21 heures précises. Des néons verticaux inondent le podium de leurs lumières aux teintes bleues et blanches, pendant que les musicos s'installent derrière leurs instruments. On remarque la présence d'un drummer ainsi que de deux multi-instrumentistes qui se partageront basse et claviers.

Pendant plus ou moins une minute, soit avant que Hoshi n’apparaisse, les haut-parleurs crachent une musique instrumentale. Soudain, elle débarque sous un tonnerre d’applaudissements. Elle est coiffée d'un chignon haut, vêtue d'un tee-shirt et d'un jeans classique. Sa voix est rauque, éraillée même, et lui arrive de la pousser à la limite de la rupture. Interactive, elle est parfaitement à l'aise derrière son micro. Après « Il Suffit d’y croire », elle embraie par « Ma Merveille », une chanson émouvante dédiée à sa maman dont le titre repose sur un subtil jeu de mots (sa mère veille) et qui relate la complicité établie entre la mère et la fille. Hoshi manie parfaitement la langue de Molière : les jeux de mots sont précis, recherchés et soignés.

Hoshi enthousiasme la foule, lorsqu'elle élève le tempo; à l'instar de  « Comment Je Vais Faire », « Te Parler Pour Rien », « Ta Marinière » ou « Femme A La Mer ». Un auditoire qui s'enflamme même tout au long de « Poupée Russe » et « Parking Sonne ». Le thème de l’eau revient souvent chez Hoshi, mais de manière différente d’un Flavier Berger, un compatriote un peu plus déjanté. Elle se consacre aux ivoires, sur « Je Pense A Toi », une ballade plus paisible, qui rappelle « La complainte De la Butte », une chanson écrite par Jean Renoir, au cours de laquelle la voix de Hoshi évoque Edith Piaf. Et en rappel, elle ose une version acoustique de « Ta Marinière ».

A travers ses chansons aux mélodies singulières, elle exprime la rage de sa jeunesse, relate son parcours chaotique, nous confie ses espoirs et ses doutes, nous parle tendrement de ses amours et de sa mélancolie. En outre, cette solitaire a le don d’observer en silence les gens qui l'entourent, avec finesse, sans jugement, avant de brosser leurs portraits. Un univers intimiste qu’elle nous invite à partager…

Setlist : « Il Suffit d’y croire », « Ma Merveille », « Manège A Trois », « Te Parler Pour Rien », « Je Vous Trouve Un Charme Fou », « Poupée Russe », « Parking Sonne », « Je pense à Toi », « Comment je Vais Faire », « Elle Rêve Encore », « En Gros Tout Est Gris », « Femme à La Mer », « Après Coup », « Ta Marinière ».

Rappel : « Ta Marinière ».

(Organisation : Live Nation en accord avec Caramba Spectacles)

Scott Walker

Décès du crooner Scott Walker…

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De son véritable nom Noel Scott Engel, Scott Walker est décédé ce 25 mars 2019, à l’âge de 76 ans. Après avoir a tâté du cinéma, joué de la basse, comme musicien de studio (NDR : c’est là qu’il rencontre Jack Nitzsche et Phil Spector), mais encore chez les Ventures et les Dalton Brothers, cet Américain a véritablement débuté sa carrière, à la mi-sixties, à Londres, au sein des Walker Brothers, groupe qui impliquait également l’ex-Standells, Gary Leeds, ainsi que John Maus. C’est d’ailleurs en Angleterre qu’il va définitivement s’installer. Leur style vocal est alors comparable à celui d’autres faux-frères, les Righteous Brothers, c’est-à-dire qui privilégie les ballades langoureuses aux arrangements luxuriants. Le trio décroche même un énorme tube en 1966, « The sun ain’t gonna shine anymore » (voir et écouter ici). Et puis, détail qui aura son importance, le band reprend un titre de Burt Bacharach (« Another tear falls »). Quant au look, il est vraiment d’époque : coupe au bol, lunettes noires, etc., un peu dans l’esprit des Beatles. C’est au moment où la popularité est à son comble que le trio se sépare, non sans avoir encore publié un album et un dernier 45 tours, « Walking in the rain », une cover d’une compo signée Mann et Kurt Weil, transformée en tube par les Ronettes, grâce aux arrangements de Phil Spector. On y arrive. Il s’intéresse alors de plus en plus à Jacques Brel, dont il reprend plusieurs titres, dont « Au suivant », « Ne me quitte pas » ou encore « Jackie », en version anglo-saxonne, of course. C’est à cette époque que sa diction va devenir de plus en plus théâtrale voire emphatique. Ce qui va influencer énormément la manière de chanter de David Bowie. S’il continue à adapter d’autres auteurs, il commence à composer de plus en plus son répertoire. En 1975, les Walker Brothers se reforment en enregistrent trois elpees, dont le dernier, gravé en 1978, « Nite flights », s’inspire à son tour de Bowie et de Brian Eno. A partir de la mi-eighties, il va se faire plus rare. Ce qui ne va pas l’empêcher d’expérimenter d’autres pistes, dont la B.O. pour le cinéma mais également la musique post-industrielle. Il faudrait un bouquin pour retracer le parcours de cet artiste qui, nonobstant son absence de popularité, depuis la fin des 70’s, a marqué de son empreinte l’histoire de la musique pop et rock…  Sans oublier qu’outre Bowie, il a influencé des groupes ou artistes comme Joy Division, Marc Almond, Jarvis Cocker (Pulp), Thom Yorke (Radiohead) et surtout Neil Hannon (The Divine Comedy).

RIP