L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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Ancienne Belgique : les nouveaux concerts (update 14/02/2019)

Écrit par

28.03.19
Finale Sound of Sprouts

01.04.19
Ashley Henry

16.04.19  |  Gratuit
Gabriel Kahane

21.04.19
Ron Gallo

17.05.19
Boogie Belgique / Poldoore

http://www.abconcerts.be

 

 

Coffee Or Not

Hidden Floor

Écrit par

Cinquième album pour Coffee or Not, un duo réunissant la claviériste Soho Grant et le drummer/guitariste Renaud Versteegen, les deux musiciens assurant également les vocaux, à tour de rôle ou en harmonie, des vocaux limpides qui confèrent à la musique un aspect particulièrement atmosphérique.  Mais la force du tandem, c’est de réaliser le parfait équilibre entre musique électronique (NDR : y compris les boucles) et organique. Pas de ‘tchack, tchack, boum’, d’expérimentations gratuites ou de recours à l’électro, parce que c’est dans l’air du temps. Ici tout entre en osmose pour conduire à une expression sonore bien personnelle. Bien sûr, on y décèle des influences, mais elles sont parfaitement digérées. On pense ainsi à Archive pour la rythmique sur « Slo-Mo », une piste de plus de 10’, et puis surtout tout au long de « Relapse », un superbe morceau construit en crescendo (instrumentation en couches successives, tempo), même si l’intro est hanté par le spectre de Nico. Ensuite Blonde Redhead, pour cette instrumentation qui épouse la voix sur le mélancolique « Sleepless run » et tout au long de « Dear earth », mais des vocaux dispensés en arpèges. Et si « Salento », morceau hanté par Godley & Creme, met en exergue la basse d’un certain Jiří Grešák (NDR : seul invité lors des sessions), une autre ligne de basse bavarde parcourt l’épatant et cinématique « Hiddenfloor », un peu comme chez Tuxedo Moon (NDR : une pensée émue pour feu Peter Principle).  On soulignera encore le soin apporté aux arrangements et la mise en forme réalisée par Rudy Coclet.

Sweet Jane

The roots of her soul

Écrit par

Sweet Jane, c’est le projet de Christel Mignolet et « The roots of her soul » constitue son quatrième elpee, un disque qui fait suite à « Little bird », paru en 1999, « Full moon », en 2003 et « Time away », en 2014. Le thème de cet opus ranime les souvenirs de son voyage accompli en Australie. Elle s’est ainsi inspirée des couleurs et des parfums de ce pays antipodal afin d’y raconter l’histoire d’une jolie aborigène au parcours initiatique (NDR : c’est dans la bio !).

Ce nouvel album recèle 10 titres ; et la première chose que l’on retient c’est la voix de Christel. Douce, claire, parfois sinusoïdale, elle évoque Elizabeth Frazer lorsqu’elle devient angélique, notamment sur « Tightrope walher », une valse bercée par des accords de piano, et puis Jane Birkin lorsqu’elle se mue en chuchotement, comme sur « Love is a long way to go » ; mais en général, cette voix rappelle plutôt Joni Mitchell. Pas étonnant quand on sait que la musique de Sweet Jane baigne dans le pop/folk, même si certains titres sont particulièrement riches, à l’instar de « Southern cross » ou de « Tell me when we go », une plage dont les claviers vintage ondoient. On a même droit à un zeste de synthé sur « Wauba debar », un des deux morceaux les plus enlevés du long playing. L’autre, « In the ray of light » nous plongeant dans une forme d’insouciance qu’accentue un sifflotement désinvolte. Car la plupart des compos sont duveteuses, légères et propices aux ballades, même si le titre maître est stimulé par une superbe ligne de basse. Un album, finalement, très agréable à écouter…

The Smashing Pumpkins

Shiny and Oh So Bright, Vol. 1 / LP: No Past. No Future. No Sun.

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Pour enregistrer son dixième elpee studio, The Smashing Pumpkins a réuni son line up aux trois-quarts, puisqu’il y manque la bassiste D'arcy Wretzky, qui s’est retirée de la scène musicale depuis l’an 2000. Jeff Shroeder assurait le rôle de lead guitariste, depuis 2008. Mais lors du retour de James Iha, il a repris celui de bassiste.

On ne peut pas dire que les albums de Smashing Pumpkins aient été fracassants, depuis le début du millénaire. Et la carrière de Billy Corgan en solitaire ainsi que chez Zwan ne s’est pas avérée davantage brillante.

Alors quoi ? Quid de ce “Shiny and Oh So Bright, Vol. 1 / LP: No Past. No Future. No Sun”? Et bien, a contrario de ce que prétend la presse spécialisée, il est intéressant. Bien sûr, il n’atteint pas le statut de l’album culte de, Mellon Collie and the Infinite Sadness », mais il renoue avec un passé glorieux reflété par « Siamese dream » et « Adore ». Pas sur tout l’album, mais grâce à quelques compos bien torchées, comme le contagieux « Silvery sometimes (Ghosts) », le bien grunge « Solara » ainsi que « Marchin’ on », un titre percutant qui aurait pu figurer au répertoire de Metallica. Ce qui n’est pas étonnant lorsqu’on sait que c’est Rick Rubin qui a produit le long playing. Enfin, pas long, plutôt court, puisqu’il ne dure que 33’. N’empêche les interventions de James Iha, à la gratte, valent leur pesant de cacahuètes, et puis Jimmy Chamberlin, malgré ses problèmes récurrents d’addiction, est un fameux drummer. Il étale même toute sa virtuosité sur la ballade épique mid tempo « Alienation », le single « Solara » ainsi que lors de la finale, « Seek and you shall destroy », une piste caractérisée par une bien jolie mélodie. Enfin, l’opus s’ouvre par une drôle de compo, une autre ballade alimentée par un synthé et enrichie de chœurs gospel. On en oublierait presque la voix de Billy Corgan qui est… égale à elle-même. Et si “Shiny and Oh So Bright, Vol. 1 / LP: No Past. No Future. No Sun” n’est pas l’album de la décennie, il a au moins de mérite de retrouver ses fondamentaux. Alors à l’instar des citrouilles, pourquoi ne pas s’éclater. En espérant que le second chapitre soit encore de meilleure facture…

 

Blood Red Shoes

Get Tragic

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Cinq longues années déjà que Blood Red Shoes n’avait plus sorti d’album. Et le duo a failli jeter l’éponge, épuisé par plus de 10 années de tournée. Finalement, en se brisant fortuitement le bras, suite à un accident de vélo, Laura Mary Carter a été forcée de prendre une pause. Elle est alors partie aux States, abandonnant Steven Graham Ansell, pour y bosser en compagnie de producteurs. Et en même temps s’est mise à composer… au synthé. Ce qui explique sans doute pourquoi le cinquième elpee de B.R.S. laisse une bonne place à l’électronique, pour embrasser un style qu’on pourrait qualifier d’électro/rock.

Et à première écoute, hormis la voix de Laura, bien différente de celle Shirley Manson, on ne peut s’empêcher de penser à Garbage. Surtout pour les titres les plus percutants, même si le lancinant « Beverly », auquel participe Ed Harcourt, lorgne plutôt vers The Kills, « Anxiety », les Black Keys, et « Howl », Lamb, sous a forme la plus organique. L’opus recèle cependant des morceaux plus atmosphériques, comme le spasmodique « Nearer », au cours duquel la voix plaintive de Laura rappelle celle de Beth Gibbons et puis surtout « Find my own remorse » réminiscent de Naked Eyes (NDR : souvenez-vous de sa version du « Something there to remind me » en 1983, une compo signée Burt Bacharach et Hal David, mais popularisée par Sandy Shaw, en 1964… un bail !)

Bref, « Get tragic » est un album plutôt agréable à écouter. Mais a-t-on besoin d’un nouveau Garbage, en 2019 ?

En concert dans le cadre des Nuits Botanique ce 25 avril 2019.

Prefab Sprout

I saw the megahertz

Écrit par

Curieux, l’album solo de Paddy McAloon, « I saw the megahertz », sorti en 2003, vient d’être réédité sous le patronyme de son groupe, Prefab Sprout. Opération marketing ? Peut-être, vu que cet opus paraît également en vinyle. Et puis que la musique symphonique contemporaine semble attirer de plus en plus d’adeptes, même dans le clan des mélomanes qui ne jurent que par la pop ou le rock. Un engouement suscité par les Moody Blues, fin des sixties et Barclay James Harvest, début des seventies…

Presque exclusivement instrumentales, les compos mettent en exergue des sections de cordes et de cuivres, dans un style bien plus proche de Ravel voire de Debussy que de Prefab Spourt, dont le chanteur/guitariste/claviériste/compositeur britannique nous avait alors habitués à ce jour.

Pour votre info, sachez que Paddy est occupé d’écrire de nouvelles compos pour un futur opus qui s’intitulera « Femmes mythologiques. Prévu pour septembre, il proposera des chansons qui parleront des femmes célèbres, comme Eve, Hélène de Troie, Cléopâtre ou encore la reine de Saba.

Molly Burch

First Flower

Écrit par

Pour enregistrer ce deuxième elpee, Molly Burch a notamment reçu le concours de Dan Duszynski ainsi que son compagnon, Dailey Toliver, à la mise en forme, ce dernier assurant, en outre, la plupart des parties de guitare. Etablie à Austin, la chanteuse/compositrice/interprète possède une voix particulière, sensuelle, aussi lascive que celle de Marilyn Monroe, mais lorsqu’elle monte d’une octave, on ne peut s’empêcher de penser à Kate Bush. Dans ses lyrics, elle traite de sujets comme la dépression, l’anxiété ou des relations amoureuses éphémères, des compos qu’elle interprète sur une musique rétro où se mêlent, surf (la guitare), americana, soul vintage, jazz et influences latines comme la bossa nova, le tango, la rumba ou le paso doble. A écouter, de préférence, confortablement installé dans un sofa…

Mass Gothic

I’ve tortured you long enough

Écrit par

« I’ve tortured you long enough » constitue le second opus de Mass Gothic et fait suite à un éponyme paru en 2016. Première constatation, Noel Heroux et sa compagne Jessica Zambri se partagent bien plus équitablement les rôles que sur le précédent elpee. Le duo écossais nous y propose une musique alimentée par des guitares, percus et synthés, une forme d’électro/rock parfois contaminée par l’indus, sur laquelle viennent se poser les voix claires de Noel et/ou Jessica ; et ce sont, en général, ces voix qui tissent la mélodie au sein d’un climat ténébreux et romantique. On regrettera cependant une uniformité de ton, dû au recours trop envahissant à l’électronique, qui finit par lasser. Si c’est bien dans l’air du temps, pour l’originalité, faudra repasser…

Unknown Mortal Orchestra

IC-01 Hanoi

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Unknown Mortal Orchestra est surtout devenu notoire pour son style musical mêlant pop, rock et psychédélisme. Et ses quatre opus, dont le dernier “Sex & Food”, paru en avril 2018, en sont les plus belles illustrations, des albums sur lesquels figurent même quelques titres incontournables. Ruban Nielson, le leader et chanteur du groupe est également un fameux guitariste. Si vous avez déjà eu l’occasion de voir et écouter le band en ‘live’, vous avez certainement dû vous en rendre compte.

Sur cette nouvelle production, U.M.O. a tenté un exercice de style un peu différent, puisque les 28 minutes du long playing sont découpées en 7 pistes strictement instrumentales. Ces ‘jam sessions’ ont été enregistrés à Hanoi, ce qui explique le titre de cet opus. Flanqué de son frère, de son père, qui se consacre au bugle et de Minh Nguyen, un musicien vietnamien, préposé au saxophone et bien sûr de son band, Nielson semble prendre du plaisir à mettre des accents jazzy à son psychédélisme. Et pas seulement, car si les influences sont multiples, elles intègrent également des références asiatiques. Vu l’endroit où l’album a été immortalisé et la présence de Minh Nguyen, ce n’est donc pas étonnant. Si certains passages sont lumineux et d’autres carrément hypnotiques, les plus expérimentaux se révèlent beaucoup moins abordables. Il faut d’ailleurs parfois bien s’accrocher pour ne pas perdre le fil.

Bref, si la parenthèse ouverte par U.M.O. peut s’évérer louable et intéressante, elle ne s’adresse qu’à un public averti ; les aficionados devront donc patienter jusqu’à la sortie du prochain opus...

Poppy Ackroyd

Resolve

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De plus en plus d’artistes contemporains s’intéressent à la musique symphonique et s’en inspirent ouvertement, à l’instar des formations allemandes, Grandbrothers et d’Haushka, ou encore belge, Glass Museum. Cette niche néo-classique est même tout doucement occupée de satisfaire un public en demande. La talentueuse Anglaise Poppy Ackroyd en fait définitivement partie… Signée sur One Little Indian, le label de Björk, cette compositrice, pianiste et violoniste (NDR : issue de Brighton, elle milite également chez Hidden Orchestra) nous propose, sur cet elpee, des morceaux aux influences autant classiques qu’expérimentales. Lors des sessions, elle a reçu le concours de Manu Delgado (Björk, Cinematic Orchestra) aux percussions, Mile Lesgire (Bonobo) à la clarinette et la flûte ainsi que Jo Quail au violoncelle. Les ambiances sont oniriques, vaporeuses, envoûtantes et irrésistiblement mélodiques naviguant quelque part entre l’univers sonore de Debussy et d’Aphex Twin… c’est dire le grand écart… Un vrai talent !

Jon Spencer

Spencer sings the hits

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On connaissait Jon Spencer à travers le Jon Spencer Blues Explosion, The Honeymoon Killers, Pussy Galore, Heavy Trash ainsi que Boss Hog. Il vient de graver son premier elpee solo. Enfin pas tout à fait, puisqu’il est soutenu par Sam Coomes aux synthés et M. Sord aux drums. Et nonobstant son titre, cet album n’est pas une compilation, mais bien un LP studio.

Découpé en 12 plages, qui ne dépassent jamais les 3’, « Spencer sings the hits » s’ouvre par l’offensif « Do the trash can ». Libérant un fameux groove il est digne des Cramps. D’autant plus que Spencer nous réserve déjà un premier cri primal. D’ailleurs on retrouve régulièrement ses onomatopées caractéristiques tout au long de cet elpee, et bien sûr son style vocal déclamatoire inimitable, qui emprunte même un flow presque hip hop sur « Hornet » ainsi que l’implacable « Wilderness ». Les deux plages les plus blues, « Cape » et « Love handle », entrecoupées de brèves interruptions, rappellent l’admiration que porte Jon à R.L. Burnside. Des breaks qui sont encore plus fréquents tout au long de « Fake ». « Time 2 be bad » est gorgé de fuzz poisseux ainsi que de riffs sales et fiévreux alors que « Alien humidity » est aussi aride que spasmodique. Un titre plus rock voire même grunge : le single potentiel « I got the hits ». Enlevé, « Beetles boots » aurait pu figurer au répertoire des B52’s, mais sans Katie Pierson et Cindy Wilson, la voix de Jon adoptant cependant les mêmes inflexions que celle de Fred Schneider. Plus eighties, « Ghost » – qui porte bien son titre – baigne au sein d’un climat dark, menaçant, alors que « Overload » se distingue par des couplets inspirés de Depeche Mode, les quelques bidouillages électroniques, accentuant cette impression.

Jon Spencer se produira ce 1er mai 2019 dans le cadre du festival Roots & Roses, à Lessines.

Tank and the Bangas

Un cocktail savoureux entre soul, r&b, hip hop, funk et jazz, qui laisse une bonne part à l’impro…

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Ce soir, le Botanique accueille deux formations néo-orléanaises, en l’occurrence Tank and the Bangas et en supporting act, Sweet Crude. Et l’Orangerie est comble pour assister à ces concerts censés plonger l’auditoire au sein d’une ambiance festive. Car lorsqu’on évoque la Nouvelle-Orléans, on pense immédiatement au Mardi Gras, au dixieland, à la zydeco et au cajun. Mais si le premier groupe est plus proche des racines, le second pimente son jazz –que l’on a également baptisé le ‘bouce’, à la N-O– d’une multitude de d’épices sonores.

Sweet Crude est un sextuor responsable de deux elpees à ce jour, en l’occurrence « Super Vilaine », en 2014 et « Créatures » en 2017. Drivé par Sam Craft (violon/chant) et Alexis Marceaux (chant, percus, synthé), il implique également un claviériste, un bassiste, un drummer/percussionniste et un préposé aux cuivres. Pas de guitariste au sein du line up. Soucieux de laisser transparaître ses racines cajuns dans sa musique, le combo mêle le français et l’anglais dans une grande majorité de ses textes, communiquant une coloration locale aux compos, même s’ils ne sont pas toujours très cohérents.

Morceau d’ouverture, « Parlez-Nous à Boire » est déjà explosif et passionné. Difficile de ne pas remuer lors de cette parade drum pop franglish. Faut dire que les compos sont particulièrement percussives et dynamiques ; ainsi, il arrive que quatre des six interprètes jouent de la batterie en même temps. De quoi remuer les tripes. Charismatiques, Sam Craft et Alexis Marceaux sont les véritables moteurs du band. Le premier possède une voix plus discrète mais atmosphérique et ses interventions au violon sont magiques. Celle de la seconde est puissante et sa présence scénique enivrante. Faut dire qu’elle a la danse dans la peau. Mais africaine, un peu comme Joséphine Baker, bien sûr, sans la ceinture de bananes. Parfois, elle me fait même penser à Merill Garbus de Tune-Yards. Enfin, leurs harmonies sont aussi rythmées que joyeuses.

Elle attaque a cappella « Mon Esprit », avant que les autres musicos la rejoignent ; un moment au cours duquel la fête a pris brièvement la pause. Et le show de s’achever par l’étincelant « On Est Paré ». Pour une première sur le sol belge, il faut reconnaître que le concert, d’une durée de 40’, a parfaitement chauffé l’ambiance…

Setlist : « Parlez-Nous à Boire », « One in the Hand », « Déballez », « Laces », « Mon Esprit », « Rougarou », « Porkupine », « Fingers Guns », « Logo », « On Est Paré ».

Les membres de Tank and the Bangas se sont rencontrés dans un bar à open mic (scène ouverte), le ‘Liberation House’, à la Nouvelle-Orléans. La formation a remporté le légendaire concours NPR Music Tiny Desk (principal réseau de radiodiffusion non commercial et de service public des États-Unis), l’année dernière, aux States. Sa musique ? Un cocktail savoureux entre soul, r&b, hip hop, funk et jazz, qui laisse une bonne part à l’impro. Elle s’était déjà produite, en Belgique, dans le cadre du Pukkelpop et à Couleur Café.

Tarriona Tank Bell en est la chanteuse principale. Bien en chair, elle focalise tous les regards, une sorte de chef d’orchestre dont la voix est capable d’osciller du rap à la voix enfantine en transitant par le discours évangélique. Celle d’Angelika ‘Jelly’ Joseph, qui l’épaule, passe aisément des graves aux aigus. Le line up est complété par un drummer, et deux préposés aux synthés, dont l’un se consacre également à la flûte et à la trompette, ainsi que Jonathan Johnson, un fameux musicien qui joue d’une basse à 5 cordes. Ses impros en ‘slap tap’, tout au long de « Quick », sont magistrales. Et son solo sur la reprise du « Descends » d'Anderson. Paak est d’une rare prouesse technique.   

Au bord des larmes, Tank s’épanche. Elle révèle sa déchirure vécue en se séparant d’un homme qu'elle aimait, au milieu de « Oh Heart », une jolie chanson minimaliste dont la finale soul est particulièrement riche. Ses paroles exprimées lors de ces improvisations sont toujours bien choisies et témoignent de son talent de puriste du langage. « Human » est chargé de sonorités jazzyfiantes. Au cours de la seule compo lente, « The Bradys », les musicos contemplent la fosse, qui a alors sorti les smartphones pour immortaliser l’instant.

Tanks est en perpétuel mouvement et touche des mains. Elle est particulièrement à l’aise sur les planches, alors que sa collègue est plutôt statique. Et comme le son était excellent, permettant d’entendre distinctement chaque instrument (NDR : bravo l’ingé-son !), tout en incitant la foule à se déhancher grâce aux grooves irrésistibles, imprévisibles, rafraîchissants et énergiques, on ne peut qu’espérer revoir rapidement la troupe nous dispenser un nouveau concert de la même trempe…

Setlist : « Crazy », « Levitate », « Quick », « Descends » (Anderson Paak), « Big Bad Wolf », « Rhythm Of Life », «Boxes And Squares », «Roses » (Outkast cover), « The Brady's », « Smells Like Teen Spirit » (Cover Nirvana)

(Organisation : Botanique)

Les Filles au bord de RIVE…

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Après « Fauve », le duo bruxellois RIVE nous propose son single « Filles », deuxième extrait de son premier album « Narcose », dont la sortie est prévue pour ce 1er mars 2019. Fondé en 2015 par Juliette Bossé (chant, guitares) et Kévin Mahé (batterie, claviers), RIVE a été lauréat du Franc'off organisé par les Francofolies de Spa et a remporté une douzaine de prix dans le cadre du concours ‘Du F. dans le texte’ initié par le Conseil de la Musique de la Fédération Bruxelles-Wallonie. Très attaché à son identité visuelle, RIVE collabore avec le collectif Temple Caché pour ses vidéos et son artwork. Leur clip « Justice » a été sélectionné et primé dans plus d’une dizaine de festivals internationaux. « Narcose » a été enregistré par RIVE au Rare Sound Studio, à Bruxelles, avec la complicité de Rémy Lebbos (Atome, Vismets, Nicolas Michaux).

La troisième vague féministe voit le jour. Dans cette nouvelle pièce, « Filles », Juliette continue d’aborder les thématiques liées à l’égalité femmes-hommes, déjà présentes sur le premier Ep du groupe « Vermillon ». Après les deux premières vagues féministes, celles du début du XIXème et des années 70, « Filles » évoque le réveil du mouvement. Depuis quelques années, « les consciences s’éveillent » à nouveau, la clameur des filles exaltées résonne un peu partout dans le monde.

Sur une rythmique percussive qui renvoie aux marches des femmes, les paroles des couplets consituent un clin d’oeil adressé à l’hymne du MLF et aux écrits de Benoite Groult, alors que le refrain sonne comme un cri d’espoir. 

Le clip, es disponible ici 

Concerts :

28/02/2019 - Marche-en-Famenne, BE - Maison de la Culture (Support Clara Luciani)

02/03/2019 - Mons, BE - Le Manège (Support Clara Luciani)

14/03/2019 - Bruxelles, BE - Botanique – Rotonde

03/07/2019 - Lautrec, FR - Café Plùm (Pause Guitare)

04/07/2019 - Albi, FR - Festival Pause Guitare

21/07/2019 - Spa, BE - Francofolies

~~~ d'autres dates bientôt annoncées ~~~

https://www.facebook.com/rivemusique/

EUT pas Het !

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EUT a opéré une entrée fracassante dans le monde de la pop grâce à une bonne dose d’énergie injectée dans des sons inspirés des nineties, puisant ses influences chez des groupes comme les Pixies, Yeah Yeah Yeahs, Blur, Weezer, Hole, Wilco et Beck.

Aux côtés de la charismatique et énergique Megan de Klerk, le groupe façonne des chansons aux mélodies captivantes, des morceaux pop très catchy, qui parlent de la jeunesse et du passage à l’âge adulte. Aussi dynamiques que bizarres, ces compos ne sonnent jamais trop parfaites et c'est ce qui rend leur musique aussi chaleureuse.

Les membres d’EUT, qui vivent aux Pays-Bas, se sont rencontrés pendant leurs études d’art à l’université, et ont fondé leur groupe en 2016. Le premier single, « Supplies », est sorti en juin 2017 chez V2. Le premier album, « Fool For The Vibes », est sorti le 5 octobre dernier

Après avoir fait sensation au Festival des Transmusicales pour leur première date française, EUT est parti en tournée. Un périple qui passera par

12.02 La Laiterie, Strasbourg

13.02 La Cave Aux Poets, Roubaix

14.02 La Citrouille, St Brieuc

15.02 L’Ephemère, Paris

16.02 La Cordonnerie, Romans Sur Isère

Pour découvrir la vidéo de « Supplies », c’est ici 

https://www.thewordiseut.com/info

Trixie Whitley « Touch » au but…

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En janvier 2019, Trixie Whitley annonçait la sortie de son troisième album studio tant attendu, « Lacuna ». Prévu pour le 29 mars, il révélait également un tout nouveau titre intitulé « Touch ». Paru en single, il fait également l’objet d’un clip (voir ici).

« Touch » est la première vidéo d’une trilogie de clips musicaux pour lesquels Trixie a collaboré avec la plasticienne et directrice créative Hannah Marshall, notoire avoir bossé pour des groupes comme The XX, Florence and the Machine, Savages et Goldfrapp.

Trixie présentera ses nouveaux titres lors d'une tournée européenne qui passera par le Benelux, dont deux dates à l’AB. Celle du 28 mai est déjà sold out, reste celle du lendemain, dont les places sont encore disponibles.

https://www.facebook.com/trixiewhitley

https://www.trixiewhitley.com/

 

Kekra

Le monde est un grand bal où chacun est masqué (Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues)

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Ce soir, l’Ancienne Belgique est comble pour accueillir un ovni du rap game, Kekra (NDR : kekra signifie crack en verlan). Fan de grime, un style de musique né à Londres, le Français est aussi un des rappeurs les plus prolifiques dans sa catégorie. En outre, il apparait en avance sur son temps, tourne ses clips à Tokyo, Miami, en Belgique ou au Togo, tout en conservant l’anonymat autour de son identité. Après le succès de la trilogie « Vréel », l’artiste est revenu sur le devant de la scène rap francophone en avril 2O18, préludant l’album « Land » par le titre « 10 balles ».

La majorité de la foule ne dépasse pas la trentaine. Dj Captain Nemo s’installe devant la table avec 15 minutes de retard. Deux platines ‘Pioneer’ y sont posées, sur lesquelles il va s’acharner tout en sautillant derrière son pupitre. Aucun contact entre le dj et le public, et c’est vraiment dommage. Pendant son set, il se place un masque de protection respiratoire en papier sur le nez, mais de couleur kaki. Puis à 21h15, Kekra débarque de l’arrière du podium en compagnie d’un second MC. Encagoulés, chaussés d’énormes lunettes noires, ils tiennent leurs micros en main. Le public se masque également de la même manière et se rapproche de plus en plus de l’estrade. La situation devient de plus en plus tendue et suffocante, en avant-scène ; aussi votre serviteur préfère battre en retraite. Kekra salue ses fans à la manière des Japonais (NDR : il a déclaré que le Japon était son peuple de cœur). C'est par « Gros », l'un des morceaux phares de son avant-dernier projet « Vréel 3 », que l'artiste attaque le set en douceur, entouré de ses proches et content de retrouver ses franjitos, appellation qu'il donne à ses aficionados. Entre ses fameux gimmicks et autres bruitages dont lui seul a le secret, il lâche un petit ‘On s'en bat les c**illes’, avant d'enchaîner par l'énervé « Poches Pleines » et de rendre le public dingue. Il n'hésite d'ailleurs pas à s’autoriser quelques pas de danse. Evidemment, la setlist va nous réserver plusieurs titres de son dernier elpee, dont l’inévitable single « 10 Balles ». Malheureusement, on ne comprend pas trop bien les paroles de ses chansons. M’enfin, est-ce important, vu qu’elles non ni queue ni tête, servant surtout à mettre une ambiance de feu. D’ailleurs dans la fosse les spectateurs jumpent et font la fête. Une ambiance de folie qui va durer près de 60 minutes, sans faiblir. Et pas évident de rester en place. D’ailleurs, lorsque votre serviteur quitte la salle, l’ambiance est à son apothéose. Le Kekra ne se produira probablement plus très longtemps au sein des clubs ; il faudra donc s’attendre à ce qu’il soit programmé dans les plus grandes, mais aussi lors des festivals…

(Organisation Ancienne Belgique)

Ozferti

Ozferti : un guerrier masqué !

Organisé par la FWB, Festival Propulse met en exergue les artistes émergents de la scène belge francophone. Et quand on a l’opportunité de vivre quelques showcases, lors d’une virée un peu spéciale dans le boulot, on n’hésite pas à une seconde. Pourtant, il n’est pas toujours facile, pour les artistes, de se produire en pleine journée, surtout quand les trois-quarts de la salle digèrent gentiment dans leur fauteuil devant une troupe de cuivres qui s'évertue à tout donner... Cocasse ! Néanmoins, la bonne découverte du jour, c’est Ozferti !!! Homme masqué derrière ses platines, son ordi et ses pads, il a dégainé sa guitare et balancé un rythme soutenu tout au long de son set... 

L'artiste derrière le masque, c'est Florian Doucet. Il peut compter sur un sacré atout derrière lui : la projection de ses illustrations toutes en phase avec le son. Ces histoires illustrées complètent sa musique, l'un a besoin de l'autre pour former un univers original dans lequel on embarque sans hésiter... Les images nous emmènent en Afrique ou ailleurs, mais avant tout au cœur d'autres mondes à explorer et ce toujours sur la bonne cadence.  Artiste échappé du collectif belgo-colombien La Chiva Gantiva et de la formation angolo-portugaise Terrakota, Ozferti a entamé sa carrière solo en 2006.

Ozferti nous propose un mélange de styles qui oscille de l’Afro beat à l’Afrogrime, en passant par l’Ethihop et le Nubian Bass (NDR : comment faire pour mettre toutes ces définitions dans la même case ?). Et l’ensemble est panaché dans un live créatif terriblement captivant, rythmique et plein de références à la world music ainsi qu’à l'electro. De quoi mettre rapidement tout le monde d'accord dans la salle sur le rythme à adopter : un hochement de la tête soutenu et bien franc...

En 30 minutes, on prend une claque et on en redemande… Le guerrier clôture cette entrevue par une sorte de morceau d'atterrissage comme s'il voulait nous aider à souffler avant que le groupe suivant n’enchaîne…

Chic et gentleman en plus ! Au plaisir de le revoir pour un vrai set…

(Organisation : Propulse)

 

 

Yo La Tengo

There’s a riot going on

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Yo La Tengo a intitulé son 15ème opus, “There's a Riot Goin' On”, soit le même titre que celui choisi par Sly & The Family Stone, en 1971. La musique est bien sûre bien différente, entre les deux groupes, nés à des époques différentes, mais le message politique est aussi revendicatif. En fait, les lyrics traitent de l’inquiétude existentielle, née de l’insécurité provoquée, notamment, par Donald Trump, dans leur pays. Mais le plus paradoxal, c’est que le nouvel elpee est sans doute le plus contemplatif et probablement le plus expérimental, concocté par le trio de Hoboken (NDR : c’est dans le New Jersey), depuis ses débuts. Il lui a quand même fallu trois longues années pour le réaliser.

Les 15 plages de cet album baignent au sein d’un climat atmosphérique hanté par des harmonies vocales éthérées et alimenté par une expression sonore qui oscille entre psychédélisme et électro, en passant par le folk, la bossa nova, l’ambient, le jazz et même la lounge. Tour à tour, on pense à Damon & Naomi, Syd Barrett, Ducktails, le Floyd circa « Meddle », Robert Wyatt et même Brian Eno. Il y a même un peu de doo-wop sur « Forever », une compo dont la ligne de basse passe en boucle. Sans quoi, si le mélomane lambda épinglera surtout les pistes psyché/folk (« She may, she might », « Dream dream away ») ainsi que les deux compos les plus accessibles (le très sixties « Shades of blue » et le power/pop « For you too »), il faut reconnaître qu’il faut vraiment avoir l’esprit totalement serein pour se laisser emporter par ces longs développements instrumentaux ondulatoires et brumeux, souvent propices à la méditation, à l’instar du particulièrement mélodieux « You are here », un morceau contaminé par le drone flou et hypnotique… mais lorsqu’on y parvient, on a envie d’y rester…

En concert ce 16 février à l’Aéronef de Lille (réservations ici)

 

The Valerie Solanas

The return of Jesus Christ

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Valerie Solanas est une féministe radicale qui avait tenté d’assassiner Andy Warhol, en 1968. Violée par son père, elle s’était prostituée pour achever ses études en psychologie, puis avait rédigé un manuscrit intitulé « Up your ass », qu’elle avait soumis à l’artiste de pop art, sans avoir de retour de sa part. Mobile de sa tentative de meurtre. Elle est décédée le 25 avril 1988 à San Francisco. Elle est surtout connue pour son pamphlet ‘SCUM Manifesto’, un appel à la lutte violente contre les hommes et à la libération des femmes.

The Valerie Solanas, c’est ce patronyme qu’a choisi cette formation anversoise qui nous propose son quatrième opus, « The return of Jesus Christ », dont les paroles du titre maître, reprises dans la bio, sont sujets à controverse…

Mais venons-en à cet opus. Musicalement, les compos naviguent allègrement entre pop, (free) jazz, rock, country, cabaret et prog ; mais la grande originalité procède des interventions de flûte dispensées par le chanteur Michael Brijs. Elles nous entraînent au sein d’un univers sonore complexe, presque prog, à la croisée des chemins des Doors, des Moody Blues circa « To our children’s children’s children » et du King Crimson première mouture (« Lizard », « Islands ») ; et notamment tout au long de « The statuette », « Walk me through » et « 4th dimension », les trois plages les plus longues. Enfin, le baryton de Michael est un véritable caméléon, capable d’emprunter les inflexions ou le timbre, selon, de Bowie, Jim Morrison, Frank Sinatra, Matt Berninger (The Natinaol), Neil Diamond ou encore Neil Hannon (The Divine Comedy). L’opus recèle également une chouette valse bien électrique baptisée « Can’t grow up » et surtout en « Winter blossom » (voir clip ici), une superbe chanson pop. Romantique et arty, cette vidéo met en exergue le talent du cinquième membre du groupe, le graphiste Bert Lezy, invité régulièrement à exercer ses talents de dessinateur, lors des sets live, un peu dans l’esprit de feu Bruce Geduldig, mais dans un autre registre, chez Tuxedomoon. Un album très riche qui nécessite cependant plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur.

Le release party se déroulera 21/02 dans la grande salle de l’Arenbergschouwburg à Anvers.

 

Kristin Hersh

Possible dust clouds

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« Possible dust clouds » constitue déjà le dixième elpee solo de Kristin Hersh. Et quand on analyse sa discographie complète, en tenant compte de ses aventures vécues au sein de Throwing Muses et de 50 Foot Wave, elle doit en avoir enregistré une quarantaine, en tout.

Au fil du temps, il faut reconnaître que la voix de Kristin a changé ; elle est devenue plus âpre. Mais sa musique est demeurée complexe, qu’elle soit acoustique ou électrique. Complexe, mais particulièrement vivifiante. Et c’est à nouveau le cas sur ce nouvel opus, tout au long duquel elle explore, en général, sa face la plus électrique, un peu comme à l’époque des Throwing Muses. Pas étonnant, quand on sait que Fred Abong et Dave Narcizo, deux ex-membres de ce band figurent dans le backing group. Parfois, le spectre des Pixies se met quand même à planer, à l’instar de la valse bruitiste « Loudmouth ». Ou encore celui des Breeders, sur l’implacable « Lax », une plage soulignée de chœurs féminins. Bruitiste donc bien noisy, comme sur le crépusculaire « Breathe in » ainsi que le glorieux « Halfway home », malgré un début plus acoustique et des voix en couches, un peu comme un exercice de polyphonie vocale, un morceau caractérisé par un drumming profond. Celui du Led Zeppelin rôde également, mais sous sa forme la plus acoustique. Dans l’esprit de l’elpee baptisé « III », si vous préférez. Et tout particulièrement sur « Lethe » ainsi que le titre final « Lady Godiva », une piste empreinte paradoxalement de délicatesse et de férocité. Une basse menaçante hante le tranchant « Tulum », alors que « Gin » est un chouette hymne pop qui aurait pu figurer au répertoire de Dandy Warhols. Reste ce « Fox point », piste curieuse, percutante et dérangée, qui navigue quelque part ente Sonic Youth et les Beatles sous acide.

Et on n’en en oubliera pas pour autant ce sens mélodique et ces harmonies imparables, tout en ne négligeant pas les textes qui traitent de sujets existentiels, comme la difficulté de vivre seul ou en couple…
Excellent !

Hamish Kilgour

Finklestein

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David et Hamish Kilgour sont les membres fondateurs du mythique The Clean, une formation qui a marqué de son empreinte la scène indépendante néo-zélandaise, à partir de la fin des 70’s, que l’on a baptisée ‘Dunedin Sound’ et qui a révélé d’autres groupes comme JPS Experience, Able Tasmans, The Verlaines, The Bats, The Chills ou encore Bailter Space, des combos alors signés sur le label Flying Nun. A l’origine drummer, Hamish s’est exilé à New York, début des 90’s, fondant notamment The Mad Scene.
« Finklestein » constitue seulement son deuxième elpee solo, un disque qui fait suite à « All of It and Nothing », paru en 2014. Les prémisses de cet LP procèdent d’un conte né de son imagination relatant l’histoire d’un roi dont l’or commençait à lui manquer, une sorte de fable destinée à son fils âgé de 12 ans. Puis au fil du temps, au contact de Gary Olson, l’ingénieur du son et chanteur de Ladybug Transitor, qui a également participé et activement à l’instrumentation tout au long de cet opus, les compos ont pris une toute autre orientation. Finalement s’il reste encore la trame de ce projet dans les lyrics, c’est surtout le dessin de la pochette qui nous rappelle ce dessein.

Musicalement, Kilgour et Olson nous entraînent au cœur d’un psychédélisme cher à feus Kevin Ayers (« Whatevershebringswesing ») et Syd Barrett (voire du Floyd circa « More »). Mais si l’ensemble trempe dans le psycho/folk, l’instrumentation peut se révéler très riche (saxophone, vibraphone, pedal steel, etc.) et même adopter un profil krautrock circa Can (« Strange angel ») ou encore s’enfoncer dans le free jazz (« Silver dollars », « Brasilia 666 »). En fait, la sèche sert de fil conducteur aux différentes plages ; et si l’une ou l’autre se confine dans le minimalisme, la plupart s’enrichissent par couches, suivant l’inspiration…  

De ce chouette elpee, on épinglera quand même l’excellent « Gold », digne de The Clean et un « Mary sunshine » très dream pop californien dont la jolie mélodie évoque Wilco. Parmi les quelques invités, Alessandra Maria Iavacone, amie de Kilgour, vient poser la voix sur « Under the moon ». Une excellente surprise !