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Miossec simplifie…

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John Primer & Bob Corritore

Ain't nothing you can do!

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Et une collaboration de plus à l'actif de cet authentique bluesman blanc, Bob Corritore ! Cet excellent harmoniciste est également le propriétaire du célèbre club de blues à Phoenix, The Rhythm Room !

John Primer est un bluesman noir issu du bercail de Chicago. Chanteur, guitariste et compositeur, il s’est forgé sa notoriété en devenant le gratteur attitré des Chicago Blues All Stars de Willie Dixon, dès 1979, et jusqu’en 1983, celui de feu Muddy Waters. Mais également en accompagnant le célèbre Magic Slim, au sein des Teardrops. Un fameux pedigree ! Depuis, il a entamé une carrière en solitaire.

En 2013, John et Bob avaient déjà gravé un opus en commun, "Knockin' around these blues", un disque paru sur le label Delta Groove. Et c’est encore le cas pour "Ain't nothing you can do!".

Cet opus est dédié à la mémoire de Charles Goering, alias Barrelhouse Chuck, décédé d'un cancer, en décembre 2016, alors qu’il n'avait que 58 ans. Ce remarquable pianiste avait participé aux sessions d’enregistrement. Il est d’ailleurs impliqué sur sept des dix titres proposés. Et lors des mêmes plages, ses amis chicagoan, Chris James et Patrick Rynn, se consacrent respectivement à la guitare et la basse.

Le duo attaque l’émouvant "Poor man blues", un Chicago blues signé Primer. Sa voix est superbe. Et Barrelhouse Chuck nous réserve une excellente intervention aux ivoires. Le "Elevate me Mama" de Sonny Boy Williamson II est sculpté dans le pur Chicago Southside. Réalisant une parfaite synthèse entre les styles de Sunnyland Slim et de Pinetop Perkins, ce morceau impeccable met bien exergue l'harmonica de Bob, la slide de John et le piano de Barrelhouse Chuck. Issu de la plume de Snooky Pryor, "Hold me in your arms" est imprimé sur un tempo alerte. Henry Gray –un vétéran de 92 balais– assure les parties de piano, alors que le jeune californien Big Jon Atkinson brille à la gratte. Ces deux derniers musicos participent également aux deux plages qui émargent au Memphis Blues ; soit le titre maître, au cours duquel Atkinson est vraiment bouleversant, puis le "For the love of a woman" de Don Nix. Deux plages sont imprégnées de Chicago Southside (NDR : Muddy Waters y régnait autrefois en maître) : tout d’abord "Big Leg Woman", un morceau caractérisé par une excellente intervention à la slide, et puis en finale, "When I leave home", une piste écrite par John Primer. On épinglera encore la sortie exceptionnelle de Bob Corritore sur le "Gambling blues" de Magic Slim. Et puis la version du "May I Have A Talk With You" de Howlin’ Wolf, attaquée à la manière d'Elmore James. La slide s’y révèle gouailleuse, alors que tous les solistes, Corritore, Primer et Barrelhouse Chuck, sont au sommet de leur art…

 

Octave Noire

Néon

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Patrick Moriceau a baptisé son projet du patronyme –un brin mystérieux– Octave Noire. Et il nous propose son premier elpee. Cet ancien élève en musicologie de la Sorbonne ne manque pas son entrée en matière ; car ce « Néon » devrait en effet le mettre sous les feux des projecteurs, et très rapidement…

Entre chanson française subtilement arrangée de cordes, rappelant parfois l’univers d’Alex Beaupain (« Belem Belem ») et vignettes électro-pop ambitieuses susceptibles de se transformer en petites symphonies (« My Hand in Your Hand »), Octave Noire sculpte des morceaux très orchestrés aux multiples tiroirs qui baignent au sein d’un climat sombre, mais jamais accablant, tout en jonglant aisément de ses influences, passant, en outre, tout aussi facilement de l’anglais au français. Remarquable, cet opus devrait permettre à Octave Noire de se réserver une place tout à fait unique sur la scène hexagonale…

 

John McNamara

Rollin' with it

Écrit par

Australien, John McNamara est chanteur/guitariste. Son univers, c’est le blues et la soul. Ce jeune artiste avait publié un premier opus, au titre évocateur, en août 2014 : "Alone with the blues - One voice, one guitar". En 2015, il a représenté le blues australien à l'International Blues Challenge de Memphis. Il est surtout notoire pour sa manière de chanteur la soul, rappelant les mythiques Otis Redding, Sam Cooke et Bobby Bland.

Début de cette année, il a gravé son second opus, "Rollin' with it". Il a été enregistré au studio Ardent, à Memphis. Lors de sessions, il a reçu le concours de la crème des musiciens locaux, dont Steve Potts (Booker T & The MG's), à la batterie, Michael Toles (ex-Bobby Bland, The Bar-Kays), à la guitare rythmique et Lester Snell (ex-Albert King, Issac Hayes), aux claviers. Sans oublier quelques régionaux, qui assurent les parties de basse et la section de cuivres.

L'album est partagé entre compositions personnelles et reprises. John possède une excellente voix, taillée pour chanter la soul et le R&B. Il est fortement marqué par la southern soul, et tout particulièrement le son Stax qui est né dans cette grande cité musicale de Memphis. Et c’est flagrant dès les premières notes de "One, Two of a kind", tant à travers les interventions de gratte que des cuivres qui se conjuguent à l'unisson. Une excellente impression confirmée par "Bad reputation", du r&b qui ne manque pas de charme, ponctué par une excellente intervention sur les cordes. McNamara apprécie tout particulièrement Bobby ‘Blue' Bland, une grande voix de Memphis, qui mêlait gospel et blues. Il interprète pas moins de trois titres issus du répertoire de ce géant disparu. En l’occurrence "Ask me nothing (but about the blues)", un blues lent qui met bien en exergue sa voix purement soul. Puis, "Blind man", un exercice vocal de style prestigieux souligné par une ligne de gratte très inspirée et particulièrement mélodique. Enfin, la finale, "Suffering with the blues", encore un blues imprimé sur un tempo lent. Comme tout adepte du son Stax, John est bien entendu un fan d'Otis Redding. Il adapte judicieusement son "Security", une compo qui remonte à 1964. Parmi les compos les plus intéressantes du long playing, on épinglera encore l’indolent "Under the weight of the Moon", une plage qui baigne au sein d’un climat jazzyfiant, et au cours de laquelle, l’artiste ne concède que les notes indispensables pour libérer un feeling intense ; puis "One impossible night", une piste caractérisée par cette guitare accrocheuse ; et enfin, "Wild out there", dont les accords de gratte sont inspirés par le Roi de Memphis, BB King!

 

Andres Landero

Yo Amaneci

Écrit par

Andres Landero est né en 1931, à San Jacinto, en Colombie. A l’instar d’autres artistes issus de son pays, il a permis à la cumbia d’être reconnue, à sa juste valeur, sur la scène contemporaine. Un parcours qu’il a entamé, dès 1964, au sein de son premier groupe, Discos Curro. Réunissant 20 plages, cette superbe compile, concoctée par les ‘diggers’ espagnols qui prospectent chez Vampisoul, lui rend un bel et vibrant hommage tout en nous replongeant au sein de cette musique singulière enfantée par les esclaves africains qui ont débarqué sur les côtes des Caraïbes d’Amérique Centrale et du Sud.

Durant toute sa longue carrière, ce musicien au talent indéniable a, dans le style, délivré de véritables pépites illuminées par des textes poétiques relatant des épisodes authentiques, et lustrées par des mélodies tropicales alimentées à l’accordéon, aux rythmes caribéens et à la ligne de basse métronomique, que l’on croirait piquée… à un Johnny Cash dans sa genèse. Ce recueil rend donc hommage à ce maître ès cumbia, mort à Carthagène, peu avant ce nouveau millénaire ; soit il y a déjà 17 ans. Si vous aimez cette musique tropicale et n’êtes pas rebuté par la faiblesse de production, cette anthologie est une véritable mine d’or…

 

Danny Brillant

Big - Live in Europe

Écrit par

Danny Bryant n'est âgé que de 37 ans. C’est sans doute un des musiciens les plus respectés dans l’univers du blues/rock anglais. Son premier elpee, "Watching you!", remonte à 2002. En 2011, il a signé chez le label allemand Jazzhaus. Danny aime se produire au sein d’un trio ou d’un quatuor. Son dernier elpee studio remonte à l'année dernière. Intitulé "Blood Money", il avait bénéficié de la collaboration de Walter Trout et de Bernie Marsden. En janvier 2017, il avait accompli une tournée en Allemagne et aux Pays-Bas. C’est ce périple qu’il a immortalisé sur ce double long playing. Et pour la circonstance, il était soutenu par huit musiciens. Dont sa section rythmique impliquant le bassiste Alex Phillips et le batteur Dave Raeburn, ainsi qu’un guitariste rythmique, un claviériste et une section de quatre cuivres. L’œuvre est découpée en treize plages dont cinq sont issues du long playing "Blood Money", deux de "Temperature rising", paru en de 2014, et trois de "Hurricane", gravé en 2013.

Danny entame les hostilités par des morceaux issus de son répertoire, dont "Temperature rising", une excellente entrée en matière, suivi du long (10’ quand même !) et excellent "Just won't burn". Mr Bryant y démontre son talent sur les cordes, libérant en permanence un feeling bien personnel. Il nous sert "Prisoner of the blues", une autre superbe tranche de blues, transcendée par la richesse musicale de l'ensemble ; une piste traversée par une intervention à la trompette de David Maddison, qui remet le couvert sur "Holding all the cards". Les envols opérés sur les cordes par Danny sont impressionnants. Et sur "Blood Money", il en fait la parfaite démonstration. Le concert nous réserve trois belles reprises. Tout d’abord "Groaning the blues", un long blues lent signé Willie Dixon. Puis l’émouvant et tout aussi copieux "As the years go passing by", le plus grand succès décroché par le bluesman Fenton Robinson, en 1959 ; un titre repris par la suite par de nombreux artistes, dont le mythique Albert King. Sans grand éclat, le "Stop breaking down" de Robert Johnson clôt ce premier volet.

Du deuxième cd, on épinglera "On the rocks", que Danny attaque en picking, étalant toute sa virtuosité sur son instrument, dans un style digne d'Albert Collins…

Bayonne

Primitives

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Patronyme curieux et insidieux pour le projet de ce discret artificier texan dont la musique baigne dans l’électronica. Roger Sellers ne sort, en effet, pas la grosse artillerie basque façon ‘Jean-Pascal de la Star’Ac’, mais des ritournelles électroniques minimalistes qui doivent autant à Animal Collective (« Intro », « Appeals »), aux rythmiques africaines (« Spectrolite »), au folk teinté d’americana (« Living Room ») qu’à l’ambient résolument dominée par les claviers (« Lates »). Judicieusement baptisé « Primitives », son premier opus solo a été, en général, enregistré au cours de l’année 2014. En s’aidant de son falsetto, rappelant parfois Sufjan Stevens, l’Américain tisse ses vignettes très mélodiques aux rythmes envoûtants… Belle découverte que cet artiste dont l’expression sonore baigne au sein d’une subtile douceur vaporeuse issue d’un Texas qu’on imagine tellement plus brutal…

 

Z Band

No Loose Behavior

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Alors qu’il n’existe que depuis moins de deux ans, Z-Band cartonne déjà en Belgique. Son premier elpee, « No Loose Behavior », a atteint la 6ème place dans l'Ultratop du Royaume et la 45ème des ventes, en Wallonie, seulement trois semaines après sa sortie. C’est ce qui s’appelle marquer instantanément son succès, de la pointe de l’épée, d’un Z qui veut dire Zorro… pardon Z Band…

 Le line up du combo réunit Mattieu ‘Mr Woody’ Van Dyck au chant, Morgan Tuizir (Dweez) à la guitare et aux chœurs, Michel Vrydag ( Mich’) à la basse ainsi que Jerry Delmotte (Jay) aux drums. Ses influences majeures ? Rage Against The Machine, Audioslave et Soundgarden.

La sortie de cet opus a été rendue possible grâce à la plate-forme KissKissBangBang. Le projet a ainsi reçu la participation financière de nombreux internautes.

« Into The Wild » se traduit par ‘dans la nature’. Sauvage, furieuse, la bête est lâchée. Puissante, cette entrée en matière est excellente.

Le combo a une mission (« I Got A Mission »), et Mr Woody le clame très haut lors des concerts : ‘Our Mission Is To Make Some Fucking Noise!’

« Sweet Fruit » ou quand le sucre est source d’énergie…

Très yankees, « Mozzarella » et « Voice Fist » baignent au sein d’un climat hanté par Van Halen…

Les percus déchirent « Y y y y’LD » et affrontent les riffs de gratte musclés et frémissants…

Le clip vidéo « Do Need Love » (voir ici) recense plus de 100 000 vues sur Internet (Facebook + YouTube) un petit mois seulement après sa mise en ligne. C’est le seul morceau lent ; et il est propice à enlacer votre partenaire, sur la piste de danse. Quelques personnalités du monde des médias et de la musique ont participé au tournage qui s’est déroulé à l’Os à Moelle : BJ Scott (Madame pipi), Jacques de Pierpont (le barman), Philippe Genion (il joue son propre rôle), Megan Giart (jury dans le cadre de la première saison de The Voice), sans oublier le chihuahua star ‘Olympe’.

Incandescent, « B-Town » macère dans le grunge. Le vrai, le tatoué, celui qui a mis le feu aux nineties… 

Très radiophonique, « El Fush » se distingue par ses excellentes parties vocales et son tempo irrésistible. Il se révèle bien plus spasmodique sur « No Loose Behavior », un autre titre destiné à la bande FM.  

« Still Going Down » clôt ce disque. Alors, toujours en baisse ? Pas vraiment, car grâce à cet LP, ce band est plutôt sur la pente ascendante.

 

Les Nuits Secrètes 2017 : dimanche 30 juillet

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Un dimanche pas comme les autres est prévu pour votre serviteur, en cette fin de juillet ! Si le repos dominical s’impose pour la plupart des individus, le farniente n’est pas au rendez-vous en ce qui le concerne…
Direction les Nuits Secrètes ! La météo avait annoncé un week-end pluvieux. Jusqu’à présent, les prévisions se sont avérées inexactes. Tant mieux ! Gageons qu’il en sera de même pour cette dernière ligne droite. Le temps est tellement capricieux !
Pointons les efforts effectués par les organisateurs en matière de communication et d’accueil. Tout est correctement fléché. La presse bénéficie d’un confort plutôt sympa et les bénévoles gardent le sourire malgré la fatigue accumulée au cours de ces derniers jours.
Le menu du jour est nettement moins intéressant que la veille. Beaucoup de hip hop et de reggae. Pas vraiment ma tasse de thé !
Toutefois, quatre artistes ou formations focalisent mon attention : Edgär, Cigarettes After Sex, Mat Bastard et François & The Atlas Mountains. Malheureusement, cette dernière formation est programmée dès 20 h 45, sur le podium de l’Eden. Soit en même temps que le set de l’ex-leader de Skype The Use. Pas de bol !

Cocorico, l’interview du sieur Bastard est confirmée. Un vieux fantasme enfin réalisé !
Il est donc 16 heures lorsque votre serviteur foule la plaine d’Aulnoy-Aymeries. Il y règne un calme olympien, mais les vestiges de la veille rappellent combien la nuit à été longue et festive…
Les équipes et la municipalité sont à pied d’œuvre afin que tout soit en ordre quand la horde de festivaliers va débarquer, dans peu de temps.
L’attachée de presse m’attend de pied ferme. On ne badine pas avec les horaires ! L’entretien se déroulera de manière constructive et sympathique.
Le temps d’utiliser ma ‘cash-cache’ (NDR : ou plus prosaïquement, le moyen de paiement électronique), afin de se procurer quelque rafraîchissement, en cours de journée, et la première prestation de la journée débute à l’Eden.

Deux jeunes types prépubères grimpent sur l’estrade. A tout casser, ils doivent totaliser la cinquantaine à eux deux. Il s’agit d’Edgar. Un corps à deux têtes !

Créé en 2015 par l’ex-Elegant Fall Ronan Mézières et l’ex-Sweet Haze Antoine Brun, le duo est plutôt habile à se servir des cordes électriques et des claviers. Et son expression sonore résulte d’une fusion entre complicité et création

Toujours difficile d’étiqueter les artistes ! Si la musique baigne dans une sorte d’électro-pop/dream pop, les références semblent puisées à la fois chez Simon & Garfunkel, Phoenix, Justice et The Last Shadow Puppets.

Sobres, les lignes mélodiques sont sublimées par des arrangements de voix complexes.

Les thématiques sont introspectives et traitent, notamment, de l’amour, du métier d’artiste (« The Painter ») ou encore de l’oisiveté (« Television »).

Le tout dans la langue de Shakespeare. Normal, puisqu’ils ont été biberonnés par la culture anglo-saxonne. Celle des sixties, mais également contemporaine…

Le temps d’une balance, Cigarettes After Sex emboîte le pas ! Le songwriter débarque sur l’estrade. Il a emporté bouteille de vin, qu’il tient de la main gauche et lampe à grosses gorgées. Il fait chaud, mais quand même !

Le line up implique également le claviériste Philip Tubbs, le bassiste Randy Miller et le batteur Jacob Tomsky. CAS nous plonge au cœur des souvenirs et histoires d’amours rapportées par le chanteur texan à la barbe finement taillée, Greg Gonzalez.

Parce que l’amour charnel est au centre des (d)ébats. L’amour vécu, déçu surtout. Comme « K » qui relate une aventure vécue en compagnie d’une jeune et jolie demoiselle. Un rituel que Greg semble toucher du doigt, à chaque relation.

Presque 10 ans ont été nécessaires pour réaliser le premier opus, alors que le concept existe depuis 2008. D’abord concoctée en solo, la musique est devenue de plus en plus ténébreuse et dépouillée. Elle était brute de décoffrage. Elle s’est transformée en produit fini très épuré.

La ‘success story’ sera aussi soudaine qu’inattendue. Le clip de « Nothing’s Gonna Hurt You Baby » a été regardé plus de 53 millions de fois sur YouTube ; et sorti en 2016, « Affection », comptabilise un peu plus de 27 millions de vues… C’est le début du couronnement international et des concerts sold out, avant même d’avoir publié un seul album. Rares sont les groupes dans l’histoire du rock à avoir connu une ascension aussi fulgurante.

La prestation du band ne fait pourtant pas l’unanimité ! Les compos sont lentes, vaporeuses et monocordes. Une certaine uniformité susceptible de délasser ou de rebuter. Les premiers restent prostrés presque religieusement. Les autres ont regagné les stands en attendant un sursaut de vigueur qui ne viendra de toute façon pas. Dommage, car cette musique ne s’écoute pas seulement ; elle se dévore au fur et à mesure qu’elle se dévoile.

Entre spleen sensuel et dream pop, la pop intimiste, douce, voluptueuse, sombre et enjôleuse n’est pas sans rappeler Mazzy Star et son ensorcelante Hope Sandoval.

Les textes sucrés, les riffs de guitares gravitationnels et les fûts effleurés, renvoient le mélomane au cœur d’un romantisme sombre, tel une bande originale d’un film mélancolique tourné au cœur d’un hiver froid et intense.

Une bonne heure d’un ‘live’ sans réelle surprise sur fond de rythmiques indolentes et insouciantes. Mais au fond, la surprise n’est-elle pas de ne pas en avoir ?

Une cigarette oui, mais sans filtre alors !

Mat Bastard clôture cette édition en ce qui concerne votre serviteur. Autant rester sur une note positive !

Certains festivaliers, dans la fosse, semblent ne pas connaître celui qui va faire son show dans quelques instants.

Pourtant, lorsqu’on leur explique qu’il s’agit du leader de Skyp The Use, les regards changent, et deviennent complètement médusés.

Normal, cette formation a atteint des sommets jamais approchés par une formation rock régionale et encore plus rarement sur la scène hexagonale.

Formé en 2008, le combo a publié deux elpees studio: « Skip The Use » en 2009 et « Can Be Late » en 2012.

Dans le cadre des ‘Victoires de la musique’, ce second disque avait permis aux quintet de remporter celle décernée à l’album rock, pour l’année 2013. Le divorce semble cependant définitivement prononcé aujourd’hui.

Pourtant, selon l’adage, il ne faut jamais dire jamais. Qui vivra, verra donc !

Un band est souvent une histoire de couple dans lequel il existe des dissensions, des séparations, mais parfois des réconciliations. Il y est souvent question de concession, parce qu’il y règne une certaine démocratie. Il est difficile d’y imposer ses idées. Un projet solo permet de réaliser un travail nettement plus incisif et introspectif. C’était une volonté qui germait depuis quelque temps déjà dans la tête de Mat. Ses anciens comparses, Jay, Lio et Manamax, ont formé un nouveau groupe baptisé The NoFace.

Il monte sur les planches accompagné de ses vieux potes : Mike, en compagnie duquel il avait fondé son premier groupe punk, Carving, quand ils avaient 13 printemps, ainsi qu’Oliv, membre du combo électro belge The Subs. Et le jeune homme qui se charge de la rythmique doit avoir à peine vingt ans.

L’explosivité de ce ‘frontman’ hors pair n’est pas une légende. Dès les premiers riffs de gratte, Mathieu-Emmanuel Monnaert transgresse les lois de la gravité. Une seule certitude, le ‘live’ sera explosif !

Le son est bien rock. Malsain même. Et l’attitude, plutôt punk. Les riffs sont entraînants. Irrésistibles aussi. Très vite, on ressent l’envie de sautiller, de se déhancher et de pogoter. D’ailleurs, à quelques mètres, un noyau réunissant une centaine de personnes s’agite. Ils s’évertuent à se cogner corps contre corps, telle une offrande servie au grand sioux qui leur avait demandé.

Il ne faudra pas cinq minutes pour que le public succombe dans une frénésie schizophrène. Et out particulièrement, lorsque l’illuminé lui demande de réaliser le ‘Wall of death’, entendez par là, le mur de la mort. A son signal, la fosse se sépare en deux parties ; et, lorsqu’il le désire, les deux blocs se foncent dessus et se rencontrent violemment. Le tout dans un esprit bon enfant, bien évidemment.

Plus qu’un showman, le saltimbanque de la chanson marque un engagement assumé à travers ses compositions très incisives. « Loov », titre de son opus fraîchement tombé dans les bacs, lui permet de revenir aux fondamentaux du punk, c'est-à-dire en proposant des textes dont les messages se concentrent sur l’humain et la société contemporaine. Même s’il doit s’attirer les foudres de la guerre. Quelque part, il endosse une démarche militante…

Pourtant quand on écoute le single « More Than Friends », on a l’impression que la formule n’est pas si éloignée de l’univers imaginé par STU. Une manière douce d’aborder le changement ?

Vers la fin du concert, il n’hésite pas à égratigner les confrères de La Voix du Nord en reprenant et en réinterprétant d’une manière déjantée « J't'emmène au vent » de Louise attaque. Du grand spectacle !

Décidément, les Nuits Secrètes devraient durer toute l’éternité…

(Organisation : Les Nuits Secrètes)

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Les Nuits Secrètes 2017 : samedi 29 juillet

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Le rendez-vous incontournable du dernier week-end de juillet reste Les Nuits Secrètes. Se déroulant à Aulnoy-Aymeries, petite ville du nord de la France, sise à 18 km de Maubeuge, elles permettent de découvrir, dans un esprit festif mais fort familial, un peu plus de 70 concerts, répartis sur trois jours.
Nouveauté lors de cette édition, la présence d’une nouvelle piste. Baptisée ‘Eden’, elle est située à seulement quelques dizaines de mètres de la main stage. Prévue initialement pour accueillir le pôle régional des musiques actuelles, l’infrastructure métallique se prête admirablement bien à ce genre d’évènement.
Si la proximité géographique des deux podiums permet aux festivaliers de passer d’un endroit à l’autre en quelques foulées, elle présente néanmoins l’inconvénient de parasiter l’espace sonore tant les basses sont envahissantes.
Les parcours secrets –le fleuron des Nuits– sont, bien sûr, toujours intégrés au programme. Le principe ? Tu grimpes dans un bus, vitres calfeutrées, pour une destination et un concert dont tu ignores tout.
La richesse de l’affiche implique des choix difficiles !

Cap vers la grande scène, pour le set de Blow.

En 2013, Quentin Guglielmi (auteur, compositeur et chanteur) ainsi que Thomas Clairice (bassiste) militent d’abord sous le patronyme de 7IK et voguent sur l’expérimentation sonore. Jean-Etienne Maillard les rejoint un an plus tard, en osant le pari de transmuer un style sombre vers un plus léger et subtil. Blow vient de naître.

Sur les planches, ils sont soutenus par le batteur Pierre-Elie Abergel. Et les quatre amis d’enfance sont venus défendre les couleurs d’un premier Ep intitulé « Fall In Deep », un disque dont l’expression sonore aérienne et décomplexée oscille entre pop, électro, deep house ainsi que rock léger et transgressif.

Les mélodies planantes et accrocheuses sont simples, mais efficaces. Pas de fioritures. Plutôt un travail ciselé et une certaine constance dans la structure.

La ligne mélodique dessine des méandres imaginaires, un peu comme dans un rêve.

Le bassiste affiche une énergie folle. Les yeux révulsés et bouche grande ouverte, il laisse échapper une écume blanchâtre de ses lèvres. Endiablé ?

Place ensuite à Rocky programmé à l’Eden. N’y voyez aucun lien avec Sylvester Stallone, qui jouait le rôle d’un castard sur les rings de boxe. Mais une simple référence à la culture pop des années 80. Tout simplement.

Derrière ce patronyme étrange, se cachent Inès Kokou (chant) et trois Lillois, Tom Devos (percussions et claviers), Olivier Bruggeman (claviers et basse) et Laurent Paingault (guitare, basse et claviers).

Dès 2013, le quatuor a marqué de son empreinte la scène musicale en publiant un premier Ep baptisé « Chase the cool », un disque produit par Guillaume Brière (The Shoes). Le contenu ? Une pop sophistiquée taillée sur mesure pour le dancefloor.

Le combo est de retour six ans plus tard, dans ce bled, pour le bonheur des aficionados. Parce que c’est justement sur les planches que le quatuor s’exprime le mieux. A commencer par sa féline charismatique dont l’apparat ne laisse planer aucune doute, en ce qui concerne ses penchants ‘fashion victim’. Dreads perlées, combinaison de cuir et haut de corps échancré, elle s’avance sur l’estrade avec beaucoup d’aplomb. De sa voix frémissante, elle avoue tout de go qu’elle ne connaît rien de la set list. Elle accorde une totale confiance à ses musicos, un peu déboussolés, quand même, par autant de nonchalance.

Ils sont venus défendre les couleurs de « Soft Machines », hommage appuyé à la formation anglaise qui a marqué la fin des 60’s et révélé Robert Wyatt, Kevin Ayers ainsi que Daevid Allen.

Le ‘live’ de ce soir s’avère à la fois coloré et ambitieux sur fond de musique pop jouissive. Un moment doux partagé entre émotion et hédonisme.

Dansantes, langoureuses et envoûtantes, les mélodies sont teintées d’une électro pop où se mêlent de nombreuses influences qui oscillent du r&b au hip-hop, en passant par le rock.

Une musique singulière qui traverse le temps.

Retour sur la grande scène pour Her. ‘Elle’, en anglais, est le patronyme choisi par ses deux membres fondateurs, Simon Carpentier et Victor Solf. Ils sont venus défendre la cause des femmes et du féminisme. Mais encore ? Féminines refoulées, féministes ou fétichistes ?

Simon apparaît sobrement vêtu d’un pantalon noir, d’une chemise blanche cintrée et d’une veste rouge. Ce qui lui confère un look soul.

Il transpire une belle sensualité dans l’écriture des compos. Elle touche au désir, sinon au plaisir charnel. Au fond, Her explore la féminité à travers ses titres phares, adoptant ainsi presque une démarche militante.

La musicalité est à la fois très accessible et sophistiquée dans les sonorités. Pas de loops électroniques, pas de sons superflus. Mais, un gage de qualité et une précision syncopée rarement atteinte.

Tout naturellement, les chansons parlent de la femme, de l’amour, et des relations humaines. Le tube séculaire « Quite Like » évoque le fantasme, le songe, à travers une chanson très érotique, sexuelle même. Dans la mise en image, on y voit d’ailleurs une exploitation licencieuse de la féminité.

Ou encore le très populaire « Five Minutes » qui traite de la rencontre, du coup de foudre et du manque au sein d’une relation amoureuse. Une chanson chargée d’un pouvoir émotionnel. La marque à la pomme s’en est servie dans l'une de ses publicités et l’a propulsée dans les charts. Ce qui a également permis au combo de dépasser sa sphère bretonne originelle…

Mais aussi et surtout parce Victor, gorge nouée, a choisi ce moment pour annoncer que son comparse de toujours, Simon, a dû prendre un congé forcé, car il combat en ce moment un cancer. Une vibrante et poignante reconnaissance à la hauteur de ce grand Monsieur !

Avant de quitter l’estrade, le Sieur Solf rappelle à qui veut bien l’entendre qu’il est marié depuis deux ans à la plus extraordinaire des femmes. Histoire de faire passer un message aux plus perplexes d’entre nous, sans doute !

A 20 heures pétantes, votre serviteur monte dans le bus au milieu d’une bonne soixantaine de badauds, avides de curiosité. En route donc pour une destination mystérieuse ! Le véhicule est bourré à craquer ! Il y règne une chaleur suffocante. Ca suinte des aisselles. On entend d’ailleurs des récriminations adressées au chauffeur afin qu’il ouvre les fenêtres du toit, mais celui-ci ne s’exécute pas. « Les Sardines » de Sébastien prend ici un sens tout particulier !

Une petite demi heure plus tard, le véhicule stoppe net devant… une église ! Plutôt iconoclaste comme endroit !

C’est alors que des musiciens chevelus, moustachus comme feu Frank Zappa, vêtus de chemises venues d’un autre temps et de pantalons à pattes d’eph’, débarquent. Malgré la cascade de poils, ils ont des visages de poupon. Ils s’installent sur l’Autel. Seraient-ce les descendants des Beatles ? Pas du tout, mais les membres de Parcels (NDR : un patronyme qui s’inspire du nom d’un café/pâtisserie au sein duquel les musicos ont effectué leurs premiers pas), une formation australienne. Elle a fait récemment la une des médias en dévoilant « Overnight », un tout nouveau morceau réalisé sous la houlette du duo français Daft Punk.

Centenaire à eux cinq, Noah Hill (basse), Patrick Hetherington (clavier), Louie Swain (clavier), Anatole ‘Toto’ Serret (batterie) et Jules Crommelin (guitare), se sont rencontrés au lycée de Byron Bay, la ville sise la plus à l’Est du continent australien.

Entourés de parents encourageant l’expression artistique, ils sont parvenus à unir leur différente culture musicale pour former un savant mélange de pop, funk, et electronica.

Etablis à Berlin, ils sont vite repérés par label parisien Kitsuné (NDR : celui qui a découvert Two Door Cinema Club, Klaxons ou encore Hot Chip).

Le set ne manque pas de piment ! C’est sans doute la première fois qu’ils se produisent dans une église, s’amusent-ils à répéter. Sourires béats, ils prennent manifestement leur pied. Le bonheur est communicatif, le public est complètement subjugué.

Les gaillards possèdent une maîtrise absolue de leur art ! On frôle la perfection harmonique ! C’est d’une justesse et d’une finesse sans équivoque ! Le groove est finement mené. On peut aisément parler de génie mélodique !

Transporté par des cordes enjouées, les chansons se distinguent par leur simplicité et leur efficacité.

Moment insolite, lorsque Patrick brandit le triangle et percute énergiquement les arrêtes de cet instrument que d’autres ont depuis longtemps mis au placard.

Après plus d’une heure d’un ‘live’ surprenant, les superlatifs ne manquent pas ! Tout simplement impressionnant... à faire pâlir les plus grands !

Parcels m’a réconcilié avec Dieu !

Comment Julien Doré parviendra t-il à embrayer ? Pour le savoir, ‘go to the main stage’. Ce sera le dernier concert de la soirée. Les Dj’s emboîteront le pas ensuite jusqu’aux petites heures de la nuit. Pas la tasse de thé de votre serviteur !

Il est 22 heures, la plaine est bondée. La tranche d’âge est relativement large. De la petite fille aux couettes rousses jusqu’au vieillard édenté et titubant.

Doré s’est révélé en se présentant au casting de l'émission ‘Nouvelle Star’, en France, il y a dix ans déjà, pour y interpréter « Excellent », une compo signée Sharko... Cette reprise a ainsi permis à David Bartholomé et ses acolytes de rencontrer un nouveau public et à ce titre de connaître un succès culte propagé par de nombreux joueurs de ukulélé sur internet. « I Need Someone » subira le même sort.

Le mec est ultra populaire. Il affiche un fameux charisme. Ses mélodies sont belles. Et son grain de voix et reconnaissable entre mille.

Ses coups de gueule ne passent pas inaperçus non plus. Végétarien et fervent défenseur de la cause animale, il a posé tout récemment un geste couillu par une réinterprétation, dans les arènes de Nîmes (la mythique Corrida), de l’hymne anti-tauromachie de Francis Cabrel. Ce qui a inévitablement divisé le public. Démarche citoyenne, militante ou politique ? Le mec en a dans le falzar, en tout cas !

Sur les planches, en toile de fond, on aperçoit une esperluette géante. Comme un trou de serrure qui nous invite à regarder les événements sous un autre angle ou encore la symbolique de la notion de lien, de trait d’union qui unit les hommes dans un monde où la séparation est plutôt la constante...

Son tour de chant commence par « Le Lac », single issu de son dernier opus. Ce morceau sonne comme un retour aux sources, suscite la réflexion et glorifie l'amour, le féminin et la nature. Réaliser un travail d’écriture solitaire et introspectif et livrer ses pensées intimes à un grand nombre de personnes, reste très ambivalent comme démarche… A chacun ses choix après tout !

Le light show est très précis. Les gars à la technique accomplissent un travail remarquable.

Le contraste entre la douceur des vocalises et le caractère dansant des chansons est assez frappant. L’alchimie fonctionne pourtant à merveille.

Responsable d’un ‘live’ puissant, énergique et sincère, mais en y ajoutant cette pointe d’introspection, Juju ne cherche pas à jouer un rôle. Lorsqu’on force le déroulement des événements, on les abîme… L’artiste serait davantage dans un abandon et une incarnation, mais pas dans un jeu…

Des moments plus doux viendront ponctuer le show par un piano/voix, comme sur « Sublime et Silence ».

La suite du set va aligner une déferlante de tubes « Porto Vecchio », « Coco Câline », « Kiss Me Forever », etc. Sans oublier « Paris Seychelles », chanté sur sa grosse bécane.

Avant de quitter l’estrade, il rappelle qu’être en bonne santé n’a pas de prix. Il se tourne vers l’espace réservé aux PMR comme une main tendue à une certaine Agathe.

Avant de regagner mes pénates, je m’arrête pour boire un coup. Décidément les bières françaises n’ont aucun goût. Vivement le retour en Belgique !

(Organisation : Les Nuits Secrètes)

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Les gens D’Ere 2017 : vendredi 28 juillet

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Il y avait un longtemps (?!?!?) que votre serviteur n’avait plus goûté à l’ambiance d’un concert de Puggy (NDR : c’était à Courtrai, salle de Kreun, en mars dernier). Et justement il se produit à Ere, une entité de la ville Tournai, dans le cadre d’un festival champêtre. Perdu au milieu des campagnes, un immense chapiteau attend les festivaliers. C’est la grosse fête au village. Mais il ne reste plus qu’une centaine de sésames, à l’entrée. On annonce 3 500 spectateurs. Faut dire que Saule et Puggy rameutent du peuple. L’ambiance est bon enfant et réunit toutes les générations. L’ouverture du site est fixée à 18 heures, et le début des hostilités, prévu pour 19 heures.

La soirée débute sur la Scène ‘Terrasse’ par le duo féminin sucré/salé Faon Faon. Un patronyme plus que révélateur. Le duo réunissant Fanny Van Hammée et Olympia Boule a pas mal de choses à dire dans la langue de Voltaire. Les deux biches sont toujours aussi radieuses. Au fil du temps, elles se sont forgé une sérieuse réputation scénique, à travers une setlist qui fait mouche lors de chaque concert. Objectif : inciter la foule à remuer le popotin tout en entretenant une certaine bonne humeur participative et communicative. Un gros nuage noir plane au-dessus du site. « Faon sous la douche » serait-elle une chanson prémonitoire ? Caractérisée par la conjugaison des deux voix, son refrain caresse délicatement les tympans. Les cordes et les claviers se chamaillent pendant « Utopie ». De quoi bousculer les codes établis par le tandem. « Eskimo » fait paradoxalement monter la pression. Dans le Grand Nord, un eskimo est perdu sur son îlot de glace. Il mange des grumeaux d'igloo. ‘C'est pas vraiment rigolo, car on a froid aux dents et mal au ventre’. « Cat’s Eyes » change de continent. Cap vers l’Asie. Et le Japon tout particulièrement. Pour y retrouver ses mangas. « Mariel » a perdu son centre de « Gravité », alors elle grimpe la « Montagne » par paliers successifs. Et le show de s’achever par « Mariage ». Elles n’aiment pas la couleur blanche. Elles le proclament. Et puis nous parlent de bistouquette et d'amour sans condition, entre autres…

L’homme bio est donc atterri dans la nature. Pour y planter un Saule. Baptiste Lalieux est venu défendre son dernier opus, « L’Eclaircie », paru début de cette année. Il est soutenu par quatre musicos. En début de parcours, le son est brouillon. Mieux vaut prendre du recul et s’installer près de la table de mixage. Le problème est cependant rapidement résolu. Extrait de son nouvel elpee, le plus pop/rock « Je reviens » ouvre le set. Et embraie par l’optimiste « Mieux nous aimer encore ». Suivant sa bonne habitude, Baptiste communique instantanément sa bonne humeur à l’auditoire. Son humour est même parfois dévastateur. Dès « Un type Normal », l’ambiance monte d’un cran. « Madame Pipi », cette brave dame, est appréhendée sous un angle nouveau. Le « Dusty Man » sans Charlie passe quand même bien la rampe. Le Géant vert n’en oublie pas, bien sûr, « Comme », un single fédérateur et particulièrement radiophonique. La reprise du célèbre « Smells like teen spirit » de Nirvana rebooste l’ambiance. Et « Chanteur Bio » clôt le concert, avant un rappel constitué de deux titres. Manifestement, entre la foule et Baptiste la relation est presque fusionnelle…

Delta se produit sur la Scène ‘Terrasse’ ; mais votre serviteur préfère se réserver une bonne place, sous le chapiteau, pour assister au spectacle de son groupe favori. Il y a déjà bien du monde sous la tente. Plus qu’une heure à attendre la prestation de Puggy.

Après une intro classique préenregistrée, « Fight Like You’Re Fighting » ouvre le set. La frappe de Ziggy, sur ses fûts, est invariablement métronomique. Armé de sa belle Gibson brune, Matthew en profite pour ciseler ses riffs. Romain, qui se sert d’une vieille basse Fender jazz 1965, se met à sautiller. Déjà le light show se met à clignoter. « Feel So Love » baigne au sein d’un climat oriental ; même si le claviériste accentue le profil électro de ce morceau. « Soul » est sculpté dans le funk. Les accords spasmodiques dispensés par Matt semblent empruntés à Nile Rodgers. Manifestement, hormis les incontournables classiques du band (« How I Needed You », « Teasers », « Something You Might Like » et « When You Know », qui clôt le show), Irons délaisse de plus en plus sa gratte semi-acoustique pour la plus électrique. C’est l’anniversaire du fidèle ingé-son (retours de scène). Matt l’invite sur les planches. Il est accompagné de son collègue Benoît. La foule lui a apporté un petit cadeau. Surprise ! C’est une bière… Puggy et le public entament alors à l’unisson l’inévitable hymne ‘Happy Bithday’. Un rappel, bien sûr, qui va s’achever en « Territory » conquis. Matt improvise une petite chanson en invitant l’auditoire à participer à « You Call Me Up ». Il partage la fosse en trois parties, pour participer à l’exercice de polyphonie vocale. Dommage que la set list n’ait pas inclus quelques extraits de la B.O. du film « Big Food Baby », dont Puggy a écrit la musique…

Un festival bien organisé, un accueil chaleureux et à taille humaine. Saule et Matthew Irons n’ont pas oublié de remercier le public et l’organisation. A l’année prochaine pour de nouvelles aventures. Pour gouverne, votre serviteur était présent… incognito… mais pour Musiczine, il faut le souligner…

Pour les photos, c'est

Puggy + Saule + Faon Faon

(Organisation : Les Gens D’Ere)

 

Suikerrock 2017 : vendredi 28 juillet

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Le Suikerrock est un festival familial qui donne envie de vivre au Nord du pays. Dans un cadre agréable (sa grand-place, son beffroi) et facile d’accès, il propose une affiche variée et internationale. Nos nouveaux dirigeants wallons feraient bien de s’en inspirer pour redynamiser notre région…

Equal Idiots est un patronyme qui ne vous dit probablement rien. Pourtant, ce jeune groupe anversois jouit d’une belle popularité en Flandre. Faut dire que ses morceaux sont régulièrement diffusés sur Studio Brussel et qu’il figure très souvent dans la programmation des festivals flamands. Il s’agit d’un duo réunissant un chanteur/gratteur (NDR : un rouquin) et un batteur. Il pratique un rock teinté de folk et de garage, à mi-chemin entre celui de Allah-Las et de King Kahn & BBQ show. En fin de set, la paire tente une cover du célèbre « Ca plane pour moi » de Plastic Bertrand, mais la version aux paroles revisitées, s’avère (volontairement ?) brouillonne…

Quelques fans de Rival Sons se glissent aux premiers rangs. Faut dire que la formation californienne va bientôt embrayer. Elle est particulièrement appréciée par Ozzy Osbourne qui l’a d’ailleurs invitée à partager la tournée de Black Sabbath. Et après avoir participé à celle de Deep Purple, on peut affirmer que le combo jouit d’un fameux crédit auprès des vieilles gloires… Avant de monter sur l’estrade, les haut-parleurs diffusent la bande sonore de ‘Le bon, la brute et le truand’ d’Ennio Morricone. Le claviériste a adopté un look à la ZZ Top. Les quatre autres membres portent des cheveux longs et des barbes de hipsters. On s’en doute, le rock proposé sera plutôt classique, à la limite de la prog. Mais aussi plutôt stéréotypé, et ne réservant guère de surprise. Une exception qui confirme la règle : « Electric man », même si ce titre s’inspire largement du Led Zeppelin…

Nonobstant leur nom, The Black Box Revelation est bien belge et pas yankee. Jan Paternoster, le leader/chanteur/guitariste possède un timbre de voix très caractéristique. Ce qui lui a valu d’être invité sur les planches, par Seasick Steve, lors de son récent concert accordé à Werchter. Mais la prestation de TBBR va se révéler bien trop terne. Même une perle comme « I think I like you », compo qui date de ses débuts, ne parviendra pas davantage à accrocher. Et pour cause, elle a été sacrifiée sur l’autel d’arrangements bien dans l’air du temps. Le public se disperse d’ailleurs pour rejoindre les nombreux bars, en attendant la tête d’affiche de la soirée. 

Il a beau avoir soufflé ses 70 bougies, il y a quelques mois, Iggy Pop n’en reste pas moins hyperactif. Que ce soit sur disque (NDR : il a publié l’album « Post pop depression », en 2016), lors de festivals (NDR : il s’était d’ailleurs encore produit dans le cadre des Ardentes, il y a deux ans, et à Werchter, l’an dernier), l’Iguane est sur tous les fronts. Et suivant un même rituel, le show s’ouvre en force par un « I wanna be your dog » qui a du chien. Issu du répertoire des Stooges, « Gimme danger » calme quelque peu le jeu. Mais les riffs bien électriques repartent de plus belle dynamisant notamment « The Passenger », « Lust for life », « Skull ring » ou encore « I’m sick of you ». Pendant « Gardenia », on regrette de ne plus voir Josh Homme à ses côtés. Mais il faut bien reconnaître que son ‘post-pop depression tour’ tire en longueur, l’alternance entre dates en France et les States, accentuant la situation. Ce qui n’empêche pas James de faire son show. Mais s’il semble infatigable, ses déplacements sur le podium se révèlent parfois plus lents et laborieux, même s’il les compense par de grands gestes exécutés à l’aide de ses bras. « Loose » clôt le set. Cependant, le public ne veut manifestement pas le perdre. Ses musiciens ont déjà vidé les lieux depuis plusieurs minutes, alors qu’Iggy continue de remercier et de saluer son public. Un moment qu’il faut absolument vivre, car vu son âge, il pourrait bien décider, un jour, d’abandonner la scène. Avant qu’il ne quitte ce monde. La série noire qui a balayé de nombreuses gloires du rock, au cours de ces dernières années, nous le rappelle douloureusement. Et vu leur âge avancé, elle continue de planer. Elle a d’ailleurs emporté son ami David Bowie, dont le spectre semblait parfois planer, au cours de ce concert…

(Organisation Suikerrock)

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La Pieta se laisse aller "A la folie"

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La Pietà , c'est un projet qui, en moins d'un an, a déjà fait plus de 50 dates. Mais à l'origine de ce projet, il y a une envie de s'exprimer, mais pas seulement en musique. Un clip pour chaque chanson était par exemple prévu. Pendant l'été, La Pietà a donc prévu de tourner et de sortir les trois clips manquants des premiers chapitres sortis l'an dernier, en attendant la sortie des chapitres 3 et 4 en novembre. Le clip du titre "A la folie" , tourné à Paris au début du mois, met en images l'amour fou, passionnel, destructeur. Un roman est également en cours.

Les "Mots de passes" de MaisonClose

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MaisonClose dévoile ses "Mots de passes", mini album de six titres, à son public. Créé en 2013, ce groupe de rock français a la volonté de proposer un rock actuel, sombre, avec des textes travaillés et porteurs de sens. En janvier 2016, ils sortaient un EP de 5 titres, "Entrez libres". Après avoir défendu sur scène ce premier opus, les Montpelliérains reviennent donc avec du frais. Le clip de "100 mots" est disponible.

Anaïs a retrouvé son mojo

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Anaïs est bel est bien de retour ! Son nouveau clip  "J'ai retrouvé mon mojo"  comptabilise déjà plus de 175 000 vues sur Youtube. Elle s'entoure pour l'occasion de l'humoriste Nicole Ferroni et d'Helena Noguerra. Son nouvel album "Divergente" sortira le 22 septembre prochain.

Amphi Festival 2017 : dimanche 23 juillet

En route –déjà– pour le deuxième et dernier jour de l'Amphi. Pour rappel, ce festival est le rendez-vous annuel de la communauté 'dark' allemande. Planifié très professionnellement, il réunit plus de 12 000 passionnés de musiques 'sombres', posant un accent particulier sur les artistes du répertoire de l'organisateur allemand, le label/booker Protain.

Après avoir participé à la croisière ‘Call the ship to port’ du vendredi (voir notre compte-rendu ici ) et vécu un samedi assez épique et plutôt chaud (voir ), nous entamons le dernier chapitre sous un ciel un peu tristounet qui distille quelques gouttes de pluie.

Premier concert au programme de notre journée : Near Earth Orbit (NEO), dès 14 heures, sur la ‘theater stage’. Fondé en 2015, ce projet est emmené par Ashley Dayour et Artaud Seth. Dès le début du show, on est projeté dans le futur (en 2034), au sein d’un univers ‘dystopien’. Trois écrans projettent des images de science-fiction alors que les musicos sont enveloppés dans des sweaters à cagoules noirs : super dark ! En ouverture, « Trans-Neptunian Objects » impressionne déjà. En raison de son beat puissant et robotique, mais également de l'atmosphère particulière qui règne tout au long du morceau. Musicalement, on pense à un KLF trempé dans un bain de 'gothic rock' façon Sisters of Mercy. On y retrouve ce même côté grandiloquent, à la limite de l'hyperbole. Les thèmes évoqués dans les paroles et les vidéos surfent sur la vague des théories de la conspiration, un fatras mêlant OVNI, voyages spatiaux et mondes apocalyptiques. Après quelques titres, le spectacle commence malheureusement à lasser ; d'autant plus que le son est bien trop criard et le recours aux stroboscopes, systématique. C'est néanmoins une intéressante découverte, à approfondir !

Sans tarder, cap sur la main stage, où Das Ich a déjà entamé sa prestation. Quel plaisir de revoir le projet de Stefan Ackermann (chant, paroles) et Bruno Kramm (musique, instruments, backing vocals). Au cours des années '90, ce duo allemand avait jeté les bases d'un style électro-goth baroque, à nul autre comparable.

Après avoir combattu un cancer, Stefan Ackermann est de retour et il est en pleine forme. Il a juste pris un petit peu de bide ; ce qui ne l'empêche pas de gesticuler et de grimacer comme un diable sorti de sa boîte. Bruno Kramm est grimé en clown et complète ainsi le spectacle, très burlesque, de Das Ich. La setlist réunit, en général, des hits qui ont forgé la notoriété du duo : « Die Propheten », « Kain und Abel » ainsi que l'incontournable « Gottes Tod », l'hymne gothique par excellence. Plus étonnant, Ackermann réclame, de manière impromptue, la setlist, ne sachant plus par quel morceau embrayer. Néanmoins, on peut affirmer que ces retrouvailles, passées en compagnie de ces leaders incontournables du mouvement gothique, se sont révélées particulièrement agréables… 

Pendant ce temps, dans la ‘theater stage’, c'est The Other qui a pris ses quartiers. Cette formation locale pratique un horror/batcave/postpunk qui flirte parfois avec le heavy metal. Parfois, on croirait même entendre un ersatz d’Iron Maiden. Pas vraiment notre tasse de thé.

C’est donc l’occasion d’aller boire un thé ou plutôt un café, avant d’assister au final d'Ordo Rosarius Equilibrio, le groupe suédois de neo/folk. A maintes reprises, dans le passé, on a pu apprécier, en ‘live’, la musique douce et fascinante de Tomas Pettersson. Le charme opère ici une nouvelle fois. Deux torches ont été plantées sur l’estrade ; et pendant « Three Is an Orgy », un des titres-phares de l'"Ordre", on est plongé dans un univers mystérieux, voluptueux et carrément fétichiste. Un régal !

Sur la main stage, la nostalgie est au rendez-vous ; et pour cause, Apoptygma Berzerk vient d’entamer son set. Notre périple en Scandinavie se poursuit vu que cette formation drivée par Stefan Groth est norvégienne. « In This Together », « Starsign » et « Shadow » donnent le ton, celui d'une futurepop/synthpop mélodique et énergique. Groth affiche toujours son look à la Brian Molko et parvient invariablement à entretenir une très bonne ambiance. Et la succession de hits alternatifs comme « Deep Red », « Eclipse », « Non-Stop Violence », « Kathy’s Song » et « Love Never Dies » n’y est pas étrangère…

Malheureusement, la pluie nous incite bien vite à nous replier sur la ‘theater stage’, où nous assistons de loin à la prestation de Letzte Instanz. Le folk/metal de ce band allemand n’est guère passionnant, malgré quelques sonorités intéressantes, produites par le violon et le violoncelle.

Mais la grande claque de cette journée, on va se la prendre en clôture du programme, au sein de cette même ‘theater stage’, grâce à l’‘All-star project’ de Daniel Myer. Surdoué, ce musicien allemand est un véritable stakhanoviste qui multiplie les concepts et les collaborations. Haujobb (NDR : un patronyme qu'il faut veiller à prononcer correctement...) constitue son principal projet, autour duquel gravitent Architect, Destroid, Aktivist et bien d’autres. En outre, depuis quelques années, il milite également chez Covenant. Sans oublier ses innombrables remixes.

Pour ce show, Daniel Myer a invité toute une flopée d'amis, plus ou moins connus, à donner de la voix. Après "For You" un premier titre d'Architect impressionnant de puissance, Eskil Simonsson, le chanteur de Covenant, monte sur le podium pour interpréter tout d'abord « Lightbringer », un titre signé Covenant, suivi d'« Input Error », issu de la plume de Haujobb, dans la version remixée par notre ami Oliver Chesler, alias The Horrorist. Force est de constater qu'Eskil a pris un coup de vieux ; la conséquence malheureusement logique de nombreuses années d'excès divers et multiples. Mais ne boudons pas notre plaisir ; le spectacle est de qualité, et se poursuit par une version ‘live’ remarquable de « Sound Mirrors », une plage extraite du dernier elpee de Covenant.

Après le « Friend or foe (The Betrayal) » de Destroid, chanté par Daniel Myer, c'est au tour de Sven Friedrich, le vocaliste de Dreadful Shadows, Zeraphine et Solar Fake, de prendre place comme 'guest' sur le podium pour un épisode malheureusement gâché par des problèmes techniques. A trois reprises, la 'backing track' se plante, contraignant le groupe à recommencer le morceau. L'occasion pour nous de se fustiger à nouveau de cette tendance, de plus en plus répandue, qui vise à remplacer les musiciens par des bandes de play-back ou, à tout le moins, par des séquences préprogrammées. Un véritable fléau !

Heureusement, le chanteur suivant, notre Jean-Luc De Meyer national (NDR : un des deux frontmen de Front 242), ne va pas vivre ces problèmes. Nous avons droit à un superbe "God", lent et solennel, ainsi qu'à une très belle version de « We Must Wait » du duo Myer-De Meyer, une compo qui remonte déjà à 2014. La voix grave et profonde du Belge émerveille et sa présence est imposante. Bravo, Jean-Luc !

Au suivant ! Le prochain sur la liste des invités s’appelle Tomas Tulpe, un musicien allemand qui a rencontré un certain succès outre-Rhin grâce au semi-hit « Ich bin ein Grufti »  (NDR : ‘Grufti’ est synonyme de ‘Goth’, en allemand). Le personnage est sympa et assez rigolo : un intermède 100% fun.

Mais le grand moment se produira dans la foulée. L’introduction est hypnotique. Une voix, à la limite du 'spoken word', scande un texte. C'est le chanteur de Klangstabil, Boris May! Après "Dead Market", de Haujobb, le morceau n’est autre que le sublime « Math & Emotion », du duo allemand. La version retravaillée par Daniel Myer est tout simplement époustouflante. Propulsé par un beat et des arrangements surpuissants, Boris May éructe tel un possédé, baigné dans une obscurité hallucinante que viennent déchirer les flashes sur les écrans et les stroboscopes. Le public est véritablement en transe et on atteint un orgasme sonore total. A la fin du morceau, la clameur est assourdissante : un grand moment !

En ce qui nous concerne, le concert aurait pu (ou dû) s'arrêter là. Mais il y a encore un dernier 'guest' : Andy LaPlegua, le fondateur de Combichrist, combo qui était programmé sur la main stage, en début de soirée. Ce showman est talentueux ; mais passer après Boris May, ce n'est vraiment pas un cadeau.

C'est donc toujours sous le choc de la chanson de Klangstabil et satisfait par ce show en tous points remarquable que nous quittons la salle et le site.

Ce festival aura été, de nouveau, d’un bon cru. Rappelons ses points forts : une organisation impeccable, un cadre idyllique au bord du Rhin et un concept de concert-croisière très original en ouverture. On connaît malheureusement aussi les points faibles de l'Amphi : programmation trop focalisée sur les mêmes groupes et lors de cette édition, la distance qui sépare les deux scènes de la troisième, même si les organisateurs ont planifié des navettes en bus (gratuites) ; ce qui a permis de résoudre, en partie, le problème. En tout cas, rendez-vous l'année prochaine !

Near Earth Orbit + Das Ich + Ordo Rosarius Equilibrio + Letzte Instanz + Apoptygma Berzerk + Daniel Myer Project  

(Organisation : Protain / Amphi)

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Puggy signe la musique du nouveau film de Ben Stassen, ‘Bigfoot Junior’

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‘Bigfoot Junior’, c’est le nouveau film d’animation réalisé par Ben Stassen et Jérémie Degruson, au sein des célèbres studios belges, spécialisés en 3D, ‘nWave’, à qui l’on doit notamment « Fly Me To The Moon » et « Les aventures de Samy ».

Le film sortira dans les salles belges aussi bien en 2D qu’en 3D, le deux août 2017.

La musique du film a été composée et interprétée par le groupe belge Puggy qui a écrit des titres exclusifs pour la circonstance. Puggy proposera par ailleurs un showcase dans le cadre de l’avant-première du film, le 26 juillet prochain.

‘Bigfoot Junior’ raconte l’histoire d’Adam, un adolescent rêveur et solitaire qui décide de partir à la recherche de son père, disparu depuis des années dans des circonstances plus que mystérieuses.

 Il découvre rapidement que son père n'est autre que le légendaire Bigfoot, caché dans la forêt depuis des années afin de protéger les siens et lui-même de HairCo., une dangereuse organisation cherchant à effectuer des expériences scientifiques sur son ADN exceptionnel. 

La suite, vous la découvrirez en allant voir le film…

La bande annonce du film, c’est par ici

http://www.puggy.fr/
http://www.belgafilms.be/
https://www.facebook.com/puggyband/
https://twitter.com/puggyband?lang=fr

 

Amphi Festival 2017 : samedi 22 juillet

Le festival Amphi est programmé, depuis 2006 au Tanzbrunnen, à Cologne (NDR : la première édition s’était déroulée l’année précédente, à l’Amphitheater de Gelsenkirchen). Il s’agit du rendez-vous annuel de la communauté 'dark' allemande. Planifié très professionnellement, il réunit plus de 12 000 passionnés de musiques 'sombres', posant un accent particulier sur les artistes du répertoire de l'organisateur allemand, le label/booker Protain.

Après la croisière ‘Call the ship to port’ du vendredi, au cours de laquelle Front 242 a entamé en force les hostilités (voir notre compte-rendu ici), le festival débute officiellement ce samedi, sur les bords du Rhin. Trois scènes sont accessibles. Au sein du domaine ‘Tanzbrunnen’, en plein air, il y a la ‘main stage’. A l’intérieur, la plus intimiste ‘theater stage’. La troisième a été aménagée à bord du MS Rheinenergie, un bateau qui devait normalement jouxter le site ; mais comme le niveau de l’eau du Rhin est trop bas, l’embarcation est restée amarrée de l'autre côté du fleuve. Et comme 20 minutes séparent les différents podiums, on comprend aisément les choix cornéliens auxquels les festivaliers sont confrontés.

Premier rendez-vous dans notre parcours : Holygram, un quatuor colognais extrêmement prometteur. Sur la ‘theater stage’, il propose un post-punk sophistiqué, aux frontières de la shoegaze et du krautrock. On pense tour à tour à The Cure, The Chameleons mais aussi à The Jesus and The May Chain ainsi qu’à Neu!... Chaussé de lunettes rondes colorées, le chanteur, Patrick Blümel, affiche un petit côté Liam Gallagher ; mais ici s’arrête la comparaison. La setlist privilégie les plages du premier Ep (NDR : un éponyme), mais les compos inédites laissent entrevoir une évolution vers un style plus éclectique. Après le show, le combo a accepté de nous accorder une interview. A suivre dans les colonnes de Musiczine et lors de l'émission de radio WAVES !

Après l'interview, nous décidons de rejoindre la ‘theater stage’ pour le set de Frozen Plasma ; mais l'accès y est rendu impossible à cause d'une file kilométrique. Effet pervers de l'éloignement de la 3ème scène, les festivaliers s'agglutinent devant les 2 podiums du site central.

On se résout donc à rejoindre le bateau pour assister à la prestation d'Esben and the Witch. Etabli à Berlin, ce trio anglais est emmené par la voix exceptionnelle de Rachel Davies. Dès le début du spectacle, on est hypnotisé par ce timbre, qui évoque Björk et Siouxsie Sioux, bien sûr, mais aussi PJ Harvey, Chelsea Wolfe et Julianne Regan (All About Eve). Nordiques, les atmosphères alternent ‘soundscapes’ et éruptions quasi-métalliques. Dommage que « Marching Song », le hit alternatif du combo publié en 2010, n’ait pas été interprété. N’empêche, ce concert s’est révélé fascinant et a également suscité l’envie de découvrir plus avant sa discographie.

Plutôt que de retourner vers la ‘mainstage’, où doivent se succéder Diary of Dreams et Fields of The Nephilim, on décide de s’attarder sur le bateau pour le show de Diorama. Le projet de Torben Wendt, assisté de Felix Marc (également chez Frozen Plasma), a toujours emporté nos suffrages. La formation allemande pratique une synth-pop/futurepop romantique, aux harmonies extrêmement riches et aux mélodies immédiatement mémorisables. Pensez à Depeche Mode quand Martin Gore se consacre au micro. Le tout, combiné à un sens du beat qui communique un accent presque électro-indus à certaines chansons.

Remarqué lors de ses débuts par Adrian Hates (Diary of Dreams), Torben Wendt a surpris tout son monde, quand il a grimpé sur la main stage, en compagnie de son mentor, pour attaquer « Butterfly Dance » et « The Curse ». Un moment, assurément magique, auquel votre serviteur n’a pu, malheureusement, assister…

Retour sur le bateau où, suite à des problèmes techniques, le set de Diorama accuse un long quart d'heure de retard. Ce qui semble être une mauvaise habitude ; et pour cause, la formation a rencontré la même mésaventure à Utrecht, lors du Summer Festival. Conclusion, le temps imparti est réduit. Et comme elle n’a pas pris l’initiative de supprimer les deux ou trois morceaux les plus calmes, qui figurent en milieu de parcours, la set list a été amputée de certains hits irrésistibles comme « Synthesize Me »…

Ce qui ne va pas empêcher le band de nous réserver des moment particulièrement brillants ; à l’instar de bijoux comme « Exit The Grey » ou « Her Liquid Arms (HLA) », le public reprenant toutes les paroles en chœur. On se rend compte rapidement de la popularité, énorme, dont jouit Diorama sur ses terres. Les plages du dernier elpee, « Zero Soldier Army » passent très bien l'épreuve du ‘live’, surtout « Off » et « Polaroids ». « Over » est dédiée à Chester Bennington, le chanteur de Linkin' Park, disparu il y a peu. Sur le podium, Torben Wendt s’impose par sa taille (NDR : 1m90, quand même) mais son charisme naturel exerce un pouvoir de séduction. La gent féminine est d'ailleurs sous le charme des deux 'frontmen' du groupe.

Mais le sommet du set est atteint lorsque Felix Marc rejoint Torben Wendt au-devant de l’estrade pour une interprétation conjointe de « Defcon ». Bref, si ce show nous a quelque peu laissé sur notre faim, il nous a donné diablement envie de revoir ce band, si attachant !

La soirée s'achève ensuite sur le bateau par la prestation de Clan of Xymox, un des grands classiques des festivals 'dark', depuis trois décennies. Créée en 1981, cette formation batave pratique une cold-wave/darkwave fortement inspirée par The Cure et Cocteau Twins. Après s’être égaré dans le style électro, le 'Clan' est revenu à ses anciennes amours. Cette année, il a publié un opus remarquable baptisé « Days of Black ».

Et bien entendu, ce sont les titres de ce nouvel LP qui forment la trame de la set list. La plage titulaire, « Your Kiss », « Leave Me Be » et surtout le superbe « Loneliness » passent très bien la rampe auprès de classiques comme « A Day », « Emily » ou « Louise ». Ronny Moorings, qui dirige la formation depuis 30 ans, focalise, bien sûr, tous les regards, sur l’estrade. A cause de sa coiffure 'curesque', son fond de teint blanc et sa silhouette… on ne peut plus gothique. S’il n’est pas un véritable showman, il ne manque pas de charisme. Seule ombre au tableau, l'absence de Mojca Zugna, bassiste et par ailleurs compagne de Ronny Moorings. Le public, lui, est aux anges et manifeste un enthousiasme sans retenue, particulièrement sur les titres les plus connus, qui nous ramènent à l'époque où le 'Clan' faisait partie du prestigieux label 4AD. Comme, par exemple, le sublime "Muscoviet Mosquito", interprété avec maestria lors du rappel. Bref, une prestation sans surprise mais en tous points irréprochable.

Autre regret, celui ne n’avoir pu transiter d'une scène à l'autre afin de vivre, au moins en partie, les concerts de Fields of The Nephilim et de Die Krupps. Espérons que les organisateurs trouveront une solution l'année prochaine pour rassembler les 3 scènes sur un seul site.

Les afterparties ? On préfère zapper afin de garder la forme pour le 3ème jour du festival, qui s'annonce, lui aussi, épique...

Holygram + Esben and The Witch + Diorama + Clan of Xymox

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Protain / Amphi)

 

 

 

Amphi Festival 2017 : vendredi 21 juillet

Quand on vous propose d’assister à un concert de Front 242, lors d'une croisière sur le Rhin, il est difficile de refuser ! Ce concert événement marque l'ouverture de l’édition 2017 du festival Amphi 2017, qui se déroule chaque année, à Cologne. Rendez-vous annuel de la communauté 'dark' allemande, il attire plus de 12 000 passionnés de musiques 'sombres', tout en mettant un accent particulier sur les artistes du répertoire de l'organisateur allemand, le label/booker Protain.

La croisière, baptisée ‘Calling the ship to port’, en référence à une chanson–phare du répertoire de Covenant, a permis à plus d'un millier de privilégiés, dont votre serviteur, d'embarquer sur le 'kolossââl' catamaran MS Rheinenergie, amarré sur le Rhin, juste à côté de la 'Altstad' colognaise. Sur le pont, la vue est carrément surréaliste : les passagers, tous habillés de noir, forment une véritable marée noire. Ignorant les sourires sarcastiques des touristes, nous sirotons une bière Kölsch sur le pont du bateau en contemplant au loin la magnifique (et très gothique) cathédrale de Cologne, le 'Dom'.

Dès 20 heures, après l'appareillage du bateau, il est temps d'entamer le programme des sets, qui sont accordés à l'intérieur, dans un espace impressionnant. Après Scheuber et Neuroticfish, qui assurent la 'mise en bouche', c'est Front 242 qui est chargé d'assurer la tête d'affiche. 

Est-il vraiment nécessaire de présenter Front 242 ? Formé en 1979 à Aarschot et établi ensuite à Bruxelles, ce groupe pionnier de la musique électronique a créé ce qu'on appelle l'‘Electronic Body Music’, un genre qui mélange accents industriels, beats robotiques et atmosphères sombres, le tout combiné à une démarche synth-punk agressive, sans être pour autant violente. Le groupe a connu une gloire quasi-planétaire à la fin des années '80, grâce au hit « Headhunter », dont la vidéo, dirigée par le célèbre Anton Corbijn, a squatté les playlists de MTV et des radios alternatives. 

Aujourd'hui, après plus de 35 ans de carrière, il ne crée plus de musique originale, mais continue à livrer des prestations ‘live’ qui forcent l'admiration.

Le concert accordé lors de cette croisière exceptionnelle ne dérogera pas à la règle. Les hits imparables défilent : de « Don't Crash » à « Headhunter », en passant par « Moldavia », « Take One » et un touchant « Kampfbereit », lors du rappel. Comme d’habitude, la musique est puissante et la présence scénique des deux 'frontmen', Jean-Luc De Meyer et Richard 23, impressionnante. Le public ne s'y trompe pas, et réserve un accueil délirant au quatuor belge. Le pit est le théâtre d’un pogo endiablé exécuté par des fans, torses nu. En ce jour de fête nationale belge, pas de doute, Front 242 a conquis l'Allemagne !

Toujours aussi sympas et accessibles, les membres du groupe étaient disponibles avant le show pour une bavette ou un selfie, ce qui nous a permis de faire des jeux de mots plus ou moins foireux en compagnie de Jean-Luc De Meyer et de programmer une interview avec Patrick Codenys.  

A 1 heure du matin, le catamaran était de retour à Cologne, refermant ainsi la première soirée d'un festival plein de promesses.

(Pour regarder le reportage photo de Gregory Lécrivain, c'est ici)

Organisation : AMPHI + Protain

Front 242 + Neurotic + Scheuber

Linkin Park

Le chanteur de Linkin Park s’est suicidé…

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Chester Bennington, le chanteur de Linkin Park, s’est pendu à l’aide de sa propre ceinture, ce 20 juillet, soit à la date d’anniversaire de son ami, Chris Cornell, décédé le 18 mai dernier. Et le choix de cette date ne serait pas un hasard, car son départ l’avait littéralement dévasté…

Tourmenté, dépressif, il a longtemps lutté contre son addiction aux drogues et à l’alcool. Ce qu’il avait d’ailleurs appelé ses démons. Il avait également déclaré avoir détesté la vie. Il avait 41 ans.

Marié et père de six enfants, nés de deux épouses différentes, Chester Bennington a également milité au sein de deux autres formations. Tout d’abord Dead by Sunrise. Mais surtout Stone Temple Pilots, qu’il a fréquenté de 2013 à 2015, pour remplacer Scott Weiland, ce dernier retrouvé mort dans son sommeil, en décembre 2015.

Fondé à la fin des 90’s, Likin Park est responsable d’une forme de nu-métal, soit un heavy metal contaminé par le hip-hop et l’electro. Et ses deux albums sont considérés, par la presse spécialisée, comme incontournables dans le style. Publiés en 2000 et 2003, ils s’intitulent respectivement « Hybrid Theory » et « Meteora ». Son septième elpee, « One more light » est sorti en mai dernier ; et le groupe se préparait à partir en tournée pour le défendre…

R.I.P.

Tuxedomoon

Tuxedomoon orphelin de son bassiste : Peter Principle est décédé

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Peter Principle Dachert est décédé ce 17 juillet, à l’âge de 63 ans. A Bruxelles. Probablement des suites d’un infarctus. Il avait rejoint Tuxedomoon en 1977, soit un an après les balbutiements du groupe alors fondé par Steven Brown et Blaine L. Reinginger (NDR : ces deux derniers avaient d’ailleurs accordé un interview à votre serviteur, à lire ici).

Tuxedomoon est une formation culte considérée comme pionnière de la scène no wave. Tout en fusionnant pop, rock, new wave, punk, classique, jazz et électro, elle se servait de visuels, d’innovations technologiques ainsi que d’expression corporelle lors de ses shows. Elle avait publié son premier elpee chez Half Mute, en 1980, le label des Residents. Une fameuse référence ! En 1981, les musiciens s’étaient exilés en Belgique, suite à l’élection de Ronald Reagan, à la présidence des States. C’est ainsi que le combo avait signé chez Crammed Discs. Début des 90’s, le groupe a pris une pause de 8 années, avant de recommencer l’aventure, mais sans le chanteur Winston Tong.

Outre Tuxedomoon, Peter Principle a également milité au sein de Soft Verdict, le band de Wim Mertens. Il avait également enregistré trois opus en solo, « Sedimental Journey, Tone Poems » (1988), « Conjunction » (1990) et « Idyllatry » (2005). Il avait également produit des artistes belges, dont le groupe tournaisien Rank Z’Heroes, en 1984, pour son maxi 6 titres "Heartbit". Baptisée ‘Update’, une nouvelle tournée du groupe avait commencé le 7 juillet et devait traverser l’Europe tout au long des mois de juillet et août.

L'an dernier, le musicien, metteur en scène et artiste visuel Bruce Geduldig, est également décédé à l’âge de 63 ans. Mais à Sacramento, en Californie.

RIP

 

The Church entre dans un nouveau siècle…

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The Church met la dernière touche à son futur album. Il s’intitulera « Man Woman Life Death Infinity ». Ce sera le 26ème ! Il devrait sortir fin de cette année. En attendant le single « Another century » fait l’objer d’un clip. Et il est disponible ici

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