Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

logo_musiczine

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26653 Items)

Douglas Dare se forge progressivement une solide réputation…

Écrit par

Après avoir publié un premier elpee baptisé « Whelm », Douglas Dare a donc décidé de lui réserver une suite. Baptisé « Aforger », il paraîtra ce 14 octobre.

Inspiré par des événements marquants dans sa vie intime et des révélations qui l’ont atteint profondément, ces morceaux montrent la facette la plus vulnérable du Londonien, reflétant par la même occasion notre obsession sur la réalité et la technologie. Douglas Dare souhaitait être le plus honnête possible lors de l’écriture des paroles. L’album traite justement de malhonnêteté, c’était pour lui l’occasion de contrebalancer cela. Il s’est inspiré par l’honnêteté maladroite et touchante de l’album Vulnicura de Björk. (Communiqué de presse)

Pour concocter cet opus, Douglas a reçu le concours du collaborateur de longue date, Fabian Prynn, à la production de Paul Gregory (Lanterns Of The Lake) ; et le tout à été masterisé au studio culte, Abbey Road.

En tournée en France :

13.10. Paris (FR) – L'Espace B
14.10. Tourcoing (FR) – Grand Mix (En première partie de Wild Beasts)
15.10. Strasbourg (FR) – La Laiterie
26.10. Lyon (FR) – Epicerie Moderne

La vidéo de “Oh father”, titre qui figurera sur cet elpee, est disponible, ici


 

La solitude de The Pretenders

Écrit par

The Pretenders publiera son premier album depuis huit longues années. Il paraîtra ce 21 octobre. Intitulé « Alone », il a été enregistré à Nashville sous la houlette de Dan Auerbach (The Black Keys). Pas mal d’invités ont participé aux sessions d’enregistrement, dont les musicos du projet alternatif de Dan, The Arc, ainsi que Dave Roe, l’ancien bassiste de Johnny Cash, Kenny Vaughan et bien d’autres…

Pour regarder la vidéo de « Holy commotion », un premier extrait, c’est ici 

Track listing

CD:

1. Alone
2. Roadie Man
3. Gotta Wait
4. Never Be Together
5. Let’s Get Lost
6. Chord Lord
7. Blue Eyed Sky
8. The Man You Are
9. One More Day
10. I Hate Myself
11. Death Is Not Enough
12. Holy Commotion (BONUS TRACK)

LP:

01. Alone
02. Roadie Man
03. Gotta Wait
04. Never Be Together
05. Let’s Get Lost
06. Chord Lord
07. Blue Eyed Sky
08. The Man You Are
09. One More Day
10. I Hate Myself
11. Death Is Not Enough
(with Holy Commotion included as bonus track with ALBUM download card)

Un ‘best of ‘de ‘best of’ consacré à David Bowie

Écrit par

Ce 11 novembre paraîtra, un double cd réunissant les plus grands succès de David Bowie. Son titre? "Legacy".

En voici le Tracklisting

CD 1

1/ Space Oddity (5.12)
2/ The Man Who Sold The World (3.58)
3/ Changes (3.35)
4/ Oh! You Pretty Things (3.11)
5/ Life On Mars? (2016 mix) (3.37)
6/ Starman (original single mix) (4.12)
7/ Ziggy Stardust (3.12)
8/ Moonage Daydream (4.40)
9/ The Jean Genie (original single mix) (4.05)
10/ All The Young Dudes (3.09)
11/ Drive-In Saturday (4.29)
12/ Sorrow (2.53)
13/ Rebel Rebel (4.30)
14/ Young Americans (original single edit) (3.14)
15/ Fame (4.16)
16/ Golden Years (single version) (3.27)
17/ Sound And Vision (3.03)
18/ ‘Heroes’ (single version) (3.33)
19/ Boys Keep Swinging (3.17)
20/ Ashes To Ashes (single version) (3.35)
21/ Fashion (single version) (3.25)

CD 2

1/ Under Pressure – Queen & David Bowie (4.04)
2/ Let's Dance (single version) (4.08)
3/ China Girl (single version) (4.15)
4/ Modern Love (single version) (3.56)
5/ Blue Jean (3.11)
6/ This Is Not America - with The Pat Metheny Group (3.51)
7/ Dancing In The Street - David Bowie & Mick Jagger (3.11)
8/ Absolute Beginners (edit) (4.46)
9/ Jump They Say (radio edit) (3.53)
10/ Hallo Spaceboy (PSB Remix) - with The Pet Shop Boys (4.23)
11/ Little Wonder (edit) (3.40)
12/ I’m Afraid Of Americans (V1 edit) (4.25)
13/ Thursday’s Child (radio edit) (4.25)
14/ Slow Burn (radio edit) (3.57)
15/ Everyone Says ‘Hi’ (edit) (3.29)
16/ New Killer Star (radio edit) (3.42)
17/ Where Are We Now? (4.09)
18/ Lazarus (radio edit) (4.05)
19/ I Cant Give Everything Away (radio edit) (4.25)

Sharko

J’ai conscience d’être moins extravagant aujourd’hui…

Écrit par

Parmi les têtes d’affiche de la cinquième édition du festival de Ronquières, figurait assurément Sharko, une des figures de proue de la scène musicale belge. Après un hiatus de sept longues années, le combo a refait surface et surtout publié un nouvel opus. Ecrit et produit par David Bartholomé himself et mixé par l'Américain Mark Plati, « You don’t have to worry » est défini par son chanteur comme un album... intense avec des moments sombres, mais jamais nombrilistes et des passages solaires. Assagi, le quadra s’est pourtant fendu d’un show percutant ; de quoi faire oublier un flagrant passage à vide et une carrière solo mitigée.

David a accordé une interview à Musiczine, quelques minutes seulement après le set. Si d’emblée l’homme se prête volontiers au jeu des questions/réponses, les temps morts entre chacune des interventions désarçonnent parfois. Il est d’un naturel taiseux ; et ses réparties sont brèves, mais implacables ! Aussi, dans de telles circonstances, il est préférable de se montrer imaginatif, pour combler ces moments de silence ou de réflexion intense.

Sept longues années séparent ton dernier opus du précédent. C’est le temps nécessaire pour la créativité ?

Bien sûr que non ! Certains ont besoin de vingt minutes pour composer les chansons d’un album ; d’autres, de deux mois et même plus ! En ce qui me concerne, je ne souhaitais pas attendre aussi longtemps. Je le regrette un peu. Mais les événements sont ce qu’ils sont… enregistrer un cd nécessite beaucoup d’énergie…

"You don't have to worry" est bien plus cohérent que les opus précédents. En tout cas, moins éclaté. Est-ce que Sharko a gagné en maturité et retrouvé le feu sacré de ses débuts ?

Le feu sacré, peut-être pas, car il est un lié à la jeunesse et à la fougue. Je ne suis plus tout jeune. Je confirme néanmoins tes propos, Sharko est bien plus mature aujourd’hui !

Qu’est-ce qui t’a le plus inspiré pour concocter cet elpee ?

La nature ! Marcher dans les bois, par exemple…

Les premiers disques étaient autoproduits. En quelque sorte, tu bricolais en te servant des moyens du bord. Au fil du temps, tu as manifestement changé de méthode. Le dernier essai est même, en quelque sorte, une ode à la perfection ! Alors quoi, évolution ou révolution ?

C’est une bonne question ! Je crois qu’il s’agit d’une évolution ! Et peut-être d’une révolution aussi !

La concentration et la substance semblent importantes pour toi. On te sent très perfectionniste dans l’âme. Dans ce métier, certaines personnes abordent leur rôle avec beaucoup de légèreté, sans que cette perspective ne puisse pourtant poser problème. N’as-tu pas l’impression de t’emprisonner ?

Exactement ! Comme, je le disais à l’instant, certains sont capables de boucler un disque en deux semaines à peine ! Perso, je n’y parviendrais pas ! Je n’en possède ni les moyens, ni la dextérité, ni même sans doute l’intelligence ! Je suis ce que l’on peut appeler un besogneux ! Et puis, j’aime les choses bien faites !

Le long playing a été mixé à New York. Est-il important de baigner dans un univers anglophone quand sa musique, qu’on peut qualifier de pop/rock, est chantée en anglais ?

Oui, bien sûr ! Je le pense ! J’ai eu l’opportunité d’enregistrer les voix à Londres ; ce qui a permis un encadrement dans mon travail. Il était primordial de maîtriser l’accent et les syntaxes grammaticales ; sans quoi on m’aurait attendu au tournant !

Chez Sharko, on est encore loin du formatage purement radiophonique. On flirte encore avec une vraie identité musicale. Une réaction ?

Il serait prétentieux de dire que tu as raison, mais je pense que tu n’es pas loin de la vérité ! Je me pose parfois la question de savoir ce que les gens recherchent encore aujourd’hui… Souhaitent-ils encore vraiment écouter de bonnes chansons ou préfèrent-ils se contenter de trucs réalisés à la va-vite sans aucun contenu…

La musique de Sharko est un peu à l’image de la vie, non ? Tout n’est pas paisible. On navigue entre le sombre et la lumière…

Oui, c’est vrai ! Je confirme ! C’est comme mettre des jeux de mots sur des mélodies tristes ou montrer qu’on est tourmenté sur des musiques enlevées…

Un peu à l’image de son leader. On sent chez toi un mec troublé, vachement à fleur de peau…

Oui, je crois (rires) ! Malheureusement ! J’aurais aimé être différent !

Est-ce gênant ?

C’est parfois gênant, effectivement !

Ronquières est un jeune festival certes, mais dont l’ampleur prend forme d’année en année. Estimes-tu que la musique de Sharko a une meilleure caisse de résonance dans de tels espaces ou dans des endroits plus petits ?

Aujourd’hui, ce festival ratisse large. Notre musique va forcément toucher une frange des spectateurs présents. J’en suis complètement ravi ! Mais, je suis conscient que notre univers est davantage formaté clubbing. Jouer dans de petites salles permet de mieux s’immerger dans l’ambiance, de mieux défendre sa musique, de mieux libérer son potentiel énergétique.

A propos, tu faisais les beaux jours du ‘Père Noël est un rockeur’ il y a quelques années, notamment à Dour. Ces concerts caritatifs étaient destinés à récolter des jouets pour les offrir aux enfants les plus démunis. On ne t’y voit plus. Un retour en décembre de cette année ?

Je ne sais pas du tout ! J’ai tendance à dire que non !

As-tu vécu ton expérience en solo comme une parenthèse essentielle ?

Exactement ! Elle m’a permis de renouer avec le plaisir de côtoyer des gens et de développer des projets ensemble. Ce qui m’a fait un bien fou !

Est-ce un passage obligé dans la carrière artistique d’un artiste ?

En ce qui me concerne, oui ! Pour les autres, je n’en sais rien !

Tu as déclaré il y a quelques années que tu écoutais du classique afin de t’aérer l’esprit. Où en es-tu aujourd’hui dans cette thérapie ?

J’en écoute toujours beaucoup ; cette musique me détend !

J’ai l’impression qu’au fil de l’âge, tu deviens moins excentrique en ‘live’. On ne te verra jamais donc terminer à poil sur les planches ? (rires)

Non, il n’y a pas de risque ! J’ai conscience d’être moins extravaguant aujourd’hui ! A vrai dire, je n’en ai plus envie. C’est comme quand tu es jeune et que tu te ballades en arborant un nœud papillon. Un jour, tu le regardes et tu n’as plus envie de le porter. Tu ne ressembles plus à celui que tu incarnais dans le passé. Tu as envie d’aller de l’avant et dorénavant, tu te noues une cravate !

« Sweet Protection » traite du thème de l’existence et de l’amour. A travers la sécurité que lui procurait ta maman et par extrapolation la mère patrie. Elle manifeste de la bienveillance. Suite à la vague d’attentats perpétrés par les terroristes, cette chanson est-elle susceptible de prendre une signification différente aujourd’hui ?

Je la chante aujourd’hui différemment ! Elle clôture nos concerts et lorsque nous la jouons, je pense sincèrement aux gens qui ont subi ces atrocités et à leur entourage. J’aimerais leur dire que tout ira pour le mieux et de se protéger.

David Bartholomé, le truc qui t’énerve le plus : qu’on te dise Sharko-Sarko ou qu’on compare ta voix à celle de Sting ?

Le mimétisme avec Sting ne m’énerve pas spécialement parce qu’il y a une part de vérité là-dedans. A vrai dire, peu de gens m’en parlent aujourd’hui ! Ca me va bien comme ça ! Je préfère cette comparaison à toute autre…

 

 

Do or Die repart d'une page blanche

Écrit par
Chris Michez, leader du groupe de Hardcore belge "Do or Die", a annoncé ce matin, sur les réseaux sociaux, des modifications majeures de line-up du band. Et pour cause : il ne reste plus que lui. " Après plusieurs mois de réflexion, j'ai proposé aux membres de Do or Die de revenir musicalement vers le son des deux premiers albums (Heart Full Of Pain et The Meaning Of Honor). Malheureusement, cela n’a pas été possible".

L'artiste a ensuite précisé que, vu qu'un accord n'avait pu être trouvé, d'autres membres l'accompagneraient désormais. Leurs noms seront bientôt dévoilés. Le Montois a également indiqué qu'il se chargerait à présent seul des parties vocales. 

L'une des références du Hardcore en Belgique prend donc le pari de braquer à 360° et de revenir sur ses sonorités des premiers jours. Rendez-vous l'année prochaine pour voir s'il s'avère gagnant.

Moby craint que le système ne s’écroule

Écrit par

Moby publiera un nouvel opus ce 14 octobre. Le titre de cet album ? “These Systems Are Failing”

These Systems Are Failing
Our best choices are killing us.
All brokenness comes from separation.
We're destroying the world, and we're still miserable.
Fat, sick, stupid and anxious are no ways to live.
These systems are failing.
Let them fail.
Change or die.
These Systems Are Failing.

Pour voir le clip du titre maître, c’est ici

Et pour écouter le single “Are You Lost In The World Like Me?”, c’est  

Tracklist:

1. Hey! Hey!
2. Break. Doubt
3. I wait for you
4. Don’t leave me
5. Erupt & matter
6. Are you lost in the world like me?
7. A
simple love
8. The light is clear in my eyes
9. And it hurts

Vous reprendrez bien de ce SuperHomard ?

Écrit par

Le SuperHomard, c’est le projet solo de Christophe Vaillant (Pony Taylor, Strawberry Smell). L’artiste reconnaît pour influences majeures, Ennio Morricone, les High Llamas, Stereolab, Broadcast et la scène psychédélique. « Maple Key », vient de sortir. Il s’agit d’un mini-album. Lors des sessions d’enregistrement, le combo a reçu le concours de la chanteuse anglaise Pandora Burgess, pour quelques titres.

Soundcloud : https://soundcloud.com/lesuperhomard

Napalm Death

A bout pourtant !

Écrit par

C’est au Magasin 4 que les amateurs de musique sauvage et impitoyable s’étaient rendez-vous, ce dimanche 25 septembre. Et pour cause, les fondateurs du Grindcore s’y produisaient, motivés à démontrer, une fois de plus, qu’ils n’avaient rien perdu de leur réputation de brûleurs de planches. Napalm Death ou une leçon de violence donnée par les maîtres du genre. Sensibles des oreilles, s’abstenir.

L’automne en est à ses premières timides offensives : la température accuse une poignée de degrés en moins et quelques flaques de pluie parsèment les trottoirs, non loin du canal de Bruxelles. Plus on s’approche du théâtre des opérations, plus on croise de métalleux. Pour la plupart, ils arborent des t-shirts à l’effigie de groupes dont les sonorités sont assimilées, par un public non averti, à un dérivé du bruit. En effet, en accueillant Napalm Death en ses lieux pour le moins alternatifs (et quel bonheur que de tels endroits puissent encore exister !), le Magasin 4 plonge la capitale sous les auspices virulents et bruts de décoffrage du Grindcore, cette branche incisive et féroce du Metal incarnant à elle seule un mix dévastateur immergé dans ce qu’il y a de plus violent au sein du Punk et du Hardcore. Alors que bon nombre d’individus siphonnent des bières et grillent des clopes, adossés au bâtiment, les plus intéressé(es) s’infiltrent néanmoins dans les brumes nicotinées de la salle de concert afin de jouir des premières déflagrations de la soirée. Mais avant tout, passage obligatoire par le stand merchandising, peut-être pour s’offrir un t-shirt emblématique du band vedette, mais surtout se procurer une sérigraphie de l’affiche de la soirée, une fois de plus réalisé de main de maître par Fabrice Lavollay (voir ici).

Il revient à Silence Means Death d’appuyer le premier sur la gâchette. Ce trio belge crache un crust-n-roll efficace qui n’est pas sans rappeler les premières heures de Motörhead. Rik, le chanteur, ne manque d’ailleurs pas d’ajuster son micro en hauteur, à la manière du toujours aussi regretté Lemmy Killmister. Une bonne dose d’une vingtaine de minutes de speed rock, crasseux comme il le faut, établissant les bases de ce que sera cette soirée : du vif, du rapide et sans la moindre fioriture.

Ce n’est pas de l’huile, mais bien un jerrycan d’essence qui est balancé dans le feu, dès l’arrivée du sextuor gantois, élégamment baptisé Matrak Attakk. Il faut connaître un peu l’espace scénique du Magasin 4 pour se rendre compte que concentrer six musiciens sur un espace aussi réduit relève de la prouesse ; du moins si ces derniers tiennent à ne pas se marcher dessus. Mais peu importe, l’exiguïté ne semble pas les déranger et le duo de vocalistes s’époumonent comme de beaux diables : Moshrat, torse nu, vocifère dans un registre de growls tandis que Crustina, tempes rasées, robe noire et soutien-gorge léopard, éructe sa hargne dans des tonalités particulièrement aiguës. La fosse commence sérieusement à s’énerver. On se bouscule. Quelques bières volent. Une proche du groupe passera même tout le set… topless. Ambiance ! Fidèle au Grindcore, les morceaux sont aussi ultra-violents qu’ultra-courts… tant et si bien que la formation ne consommera que vingt des quarante minutes prévues. Le set vient à peine de se terminer que le batteur escalade ses fûts par l’avant, atterrit sur le podium et se jette dans la fosse. Mais l’auditoire semble un peu pris de court ; si bien que le drummer n’est accueilli que par un sol maculé de bière. Un léger goût de trop peu et d’amertume...

Les musiciens de Napalm Death ont beau compter trente-cinq années d’expérience, ils réalisent eux-mêmes les derniers réglages de leurs instruments. Oubliez les entrées triomphantes et glorieuses, et même un quelconque backdrop, on est dans l’‘old school’ et on se la joue relax. Alors que beaucoup de combos se seraient contentés de respecter l’horaire imparti, les pères du Grindcore ne souhaitent pas faire attendre inutilement leur public et investissent l’estrade. L’impressionnant Shane Embury, t-shirt Kylesa et short Sick of It All de rigueur, agrippe sa basse et se plante derrière son pied de micro. Danny Herrera, quant à lui, plonge ses mains sur les côtés de la batterie, en ressort une paire de baguettes et commence à échauffer ses poignets. Derrière ses dreadlocks, le guitariste John Cooke, qui remplace Mitch Harris depuis 2015, opère les derniers réglages sur ses pédales d’effets. L’intro gutturale et mystique de « Apex Predator – Easy Meat », titre maître du dernier elpee, retentit à travers la salle. Shane Embury fait à son tour claquer ses cordes de basse et Barney Greenway, frontman charismatique du band, vêtu d’un t-shirt défendant la cause animale, débarque sur les planches, micro en main. « Instinct of Survival » embraie et la déclaration de guerre est prononcée. Les Anglais brouillent à nouveau les pistes en entamant leur set par ce morceau… issu de leur premier LP, qui remonte à 1987 ! Barney incarne directement son personnage, balançant frénétiquement les bras de droite à gauche, coudes fléchis et tournant en rond au milieu de la scène. Ses jambes s’envolent également de temps à autre, frappant des obstacles uniquement présents dans sa transe grindienne. Il se prend la tête en mains, agrippant fermement ses cheveux, comme transpercé de part en part par les rafales de blasts millimétrés, tirés par Danny Herrera. Barney hurle dans son micro comme un possédé, le corps tordu afin d’en extirper le plus de puissance possible. Son âme et sa voix ne font plus qu’un, expulsant sans aucune retenue toute sa hargne intérieure.

La salle est pleine et la température ne cesse d’augmenter. Les guerriers de la fosse se jettent virilement les uns sur les autres, les torses nus partageant généreusement leur transpiration en bousculant tout corps sur leur passage. Napalm Death enchaîne les morceaux les uns après les autres, allant piocher dans pas moins de dix albums de sa discographie. Un voyage dans les terres calcinées de la violence brute de décoffrage, où chacun des 23 morceaux interprétés ce soir était comparables à des décharges de chevrotine tirées à bout pourtant. « Scum », « Life ? », « You Suffer » (qui ne dure que… 5 secondes !) –issus de leur premier long playing « Scum »– ou encore « Suffer the Children », « On the Brink of Extinction » ainsi que « Greed Killing », alimentent la setlist. Alors que la chaleur ambiante tend déjà à pousser la foule dans un état second, « How the Years Condemn », issu du dernier opus, sans oublier la reprise des Dead Kennedys, « Nazi Punks Fuck Off », viennent brûler vives les dernières traces d’énergie qui subsistaient dans les corps. Plus le show progresse, plus l’ivresse des spectateurs devient intense et nombreux sont ceux qui prennent le risque de monter sur le podium pour directement se relancer dans le flot des metalheads, en espérant qu’une bonne âme vienne amortir leur chute.

Cette hystérie contribue à la canicule suffocante ambiante, ressentie jusque sur scène. ‘Excusez-nous les gars, mais on doit vraiment faire un break de quelques minutes et nous rafraîchir un peu’, explique Barney d’un accent ‘so british’, entre deux rafales. Le frontman n’a d’ailleurs pas manqué de s’adresser à la foule à de nombreuses reprises, rappelant des valeurs humanistes d’égalité, de justice sociale et de lutte contre les inégalités qui lui sont chères. Désormais rafraîchi (mais tout est relatif), le band aligne ses derniers morceaux, achevant les plus vaillants après une heure d’ébullition sans cesse sous tension. C’est sur « Smear Campaign » que Napalm Death lâche finalement son emprise sur son public, John Cooke manipulant les effets de sa pédale de distorsion afin de faire hurler sa gratte à l’agonie, se retournant ensuite vers les amplis à l’arrière, avant d’être rejoint par les autres musicos. Ils clôturent ensemble, côte à côte, ce périple au pays des marges. Si les Britanniques terminent leur spectacle trempés jusqu’aux os, ils nous ont carrément lessivés. Après plus de trois décennies passées à faire déferler sur les planches une énergie sans limite, les gars de Meriden ont démontré ce soir qu’ils étaient loin d’être essoufflés. Pire : du souffle, ils semblent en avoir encore une bonne dose en réserve.

(Organisation : Magasin 4)

Alice In Neverland sur l’île aux trésors…

Écrit par

Alice In Neverland publiera le 20 octobre prochain son nouvel album. Intitulé "L'île aux trésors", il a été mixé par Cyrille GACHET (Dick Doom Studio) et masterisé par Jean-Baptiste CALLUAUD (Hesat Recordings).

Tracklisting

1- Arrival
2- Visions
3- I'm not afraid
4- Le petit nuage de Faustine
5- From the stars
6- Interlude
7- Mantra
8- I'm sorry (I have a nice day)

9- Angry seas
10- Siren Song
11- Isla
12- Tourbillons

Un teaser est également disponible à cette adresse : https://www.youtube.com/watch?v=rcr2nbigds8

Et un premier extrait ici

 

 

Le "Vent Debout" de Tryo continue de souffler

Écrit par
C’est tout frais, Tryo a dévoilé (déjà) un troisième morceau de son album « Vent Debout » qui sortira le 21 octobre prochain. Et « Watson » ne déroge pas à la règle! Comme à l’accoutumée, le groupe français se montre engagé. Ils mettent, cette fois, à l’honneur l’organisation caritative Sea Shepherd Global dont le combat est centré sur les océans et les mers. C’est en mettant en musique le nom du capitaine Paul Watson, fondateur de la Sea Shepherd Conservation Society et co-fondateur de Greenpeace, que Tryo sert les intérêts de la fondation. . Après avoir affirmer que « Chanter , c’est libre de droits », il semble que le « Vent Debout » va « Souffler » fort sur toute une série de thèmes d’actualités chers aux coeurs de Mali, Guizmo, Manu et Daniel. A noter que Tryo sera en concert, chez nous, à l'Ancienne Belgique le mercredi 30 novembre.

Moaning Cities

Une ‘release party’ réussie…

Écrit par

Affiche psychédélique, ce soir au Botanique. Pas d’herbe ou de substance pharmacologique en vente, ni de minibus ‘power flower’ devant l’entrée de l’édifice. Et encore moins de pantalons à pat’ d’eph, parmi les spectateurs. Simplement deux formations qui proposent une musique qui trempe dans l’acid rock. Et c’est sold out depuis quelque temps déjà…

Combo helvète, Forks (NDR : traduisez fourchettes) assure la première partie. Et Moaning Cities, la tête d’affiche. Il a organisé sa ‘release party’ d’un elpee dont il a rôdé ses compos pendant quelques mois, en se produisant à travers l’Europe, y compris lors des festivals. 

Quand on s’intéresse à la Suisse, on pense d’abord au chocolat, aux montres et au gruyère ; et accessoirement à ses artistes qui brillent sur la scène musicale. Et pourtant des Stephan Eicher, Sophie Hunger, LiA, Patrick Juvet ou Krokus jouissent d’une belle notoriété internationale. Forks est issu de Vevey, près du lac Léman. Fondé en 2012, il a eu l’opportunité de servir de supporting act pour The Dandy Warhols et Black Rebel Motorcycle Club, au sein de sa Confédération…

Ce soir, le line up de Forks est réduit à un trio. Pas de trace de la chanteuse/guitariste. Le combo est donc limité à l’autre gratteur Mehdi Benkler, au drummer Joel Bovy et au bassiste Pacifique Vuillemin. Et il va proposer trois longues compositions expérimentales.   

Tout d’abord « Lake ». D’une durée de 7’ sur disque, le morceau en atteint plus de 10 sous sa version ‘live’. Bien qu’aventureux, il est bien équilibré. Progressivement, on entre dans l’ambiance. Et lorsque les riffs de grattes libèrent toute leur puissance et que les drums impriment un tempo à la fois lourd et percutant, les morceaux lorgnent alors vers le stoner. Mais un stoner particulièrement électrique et vintage. Ensuite « Hannah » et « Last Control », deux extraits du second elpee. Ce dernier bénéficie du concours de Valérian des Moaning Cities aux vocaux. Le spectre des Doors y plane. Une forme de transe s’installe. Elle en devient même hypnotique…

On attend donc Moaning Cities, au sein duquel Melissa Morales se charge des drums depuis l’an dernier. Valérian Meunier au chant et à la guitare, sa sœur Juliette, aux vocaux et à la basse ainsi que Timothée Sinagra, à la gratte et au sitar, sont toujours au poste. C’est donc leur deuxième long playing « D. Klein », que le groupe est venu défendre tout en célébrant sa ‘release party’.

Melissa s’est installée fièrement à droite sur une estrade, derrière ses fûts. Il est 21 heures, et le band bruxellois aborde tout en douceur, le nouveau single « Insomnia ». Mais rapidement, les grattes se révèlent agressives. Très caractéristique, la voix de Valérien baigne au sein d’un registre très 70’s. Sa sœur libère quelques cris ou incantations chamaniques. Les musicos changent régulièrement d’instruments et même de place ; ainsi, la fratrie vient se planter à gauche pour attaquer « Vertigo Rising » et dans la foulée, « Vertigo Rising Bis ».

Timothée empoigne son sitar et s’assied sur les planches, en position tailleur (c'est le moment que votre serviteur attendait). Le périple vers l'Orient transite par le Taj Mahal et le long du Gange, pour « Easter ». La foule agglutinée aux premiers rangs semble onduler comme les flots du fleuve sacré. « Please To Lose » est manifestement hanté par la bande à Jim Morrison. A moins que ce ne soit par le Velvet Underground. Plus lent, « Sex Sells », nouveau titre, adopte bien un profil velvetien. La section rythmique est bien en phase, et tout particulièrement la basse qui se met à vrombir. Juliette focalise toute l’attention de l’auditoire, tout au long de « Daggers », l'épilogue du nouvel opus. Les titres défilent et après « Roots and Roses », ode au festival du même nom, auquel le band a déjà participé, « Drag » achève le set proprement dit, avant que le rappel –prévu de toutes manières– nous réserve « Solitary Hawk ». C’est ce qu’on appelle une ‘release party’ réussie !

Setlist : « Insomnia », « Vertigo », « Vertigo Bis », « Easter », « Please To Lose », « Sex Sells », « Daggers », « Autobhan », « Algiers », « Born Again », « Expected To », « Roots And Roses », « Drag », « Solitary Hawk »

(Organisation : Botanique)

Little Mike

How long ?

Écrit par

Little Mike Markowitz est un chanteur/harmoniciste qui jouit d’une solide notoriété dans l’univers du blues. Natif du Queens, il passe aujourd’hui l'essentiel de son temps en Floride. Depuis sa tendre jeunesse, c’et un grand fan de Muddy Waters, John Lee Hooker et Paul Butterfield. En 1978, il monte sa formation, les Tornadoes. Au fil tu temps, elle aura l’opportunité d’accompagner des stars du Chicago Blues, comme Jimmy Rogers, Pinetop Perkins ou Hubert Sumlin. Le premier elpee de Little Mike and the Tornadoes, "Heart attack", remonte à 1990 ; il est paru sur le label  Blind Pig. En 2015, elle publie trois elpees : "Live at St Augustine Bluzfest", "Friday night", qui bénéficie du concours de chanteuse noire, Zora Young, et "Genuine legends", auquel participent les légendes Pinetop Perkins et Jimmy Rogers. Ce nouvel opus est exclusivement attribué à Little Mike. Réunissant 12 plages, dont 4 reprises, il a été enregistré au sein du studio Electric Lady, à New York. La plupart des morceaux sont instrumentaux ; ce qui n’est guère étonnant vu le talent des différents instrumentistes.

"Cotton Mouth" rend hommage à un souffleur mythique, James Cotton. Et Little Mike y étale toute sa virtuosité à l’harmo. Plus cool, "Moanin" est une compo signée par Bobby Timmons, un pianiste et vibraphoniste de jazz qui a milité chez les Jazz Messengers d’Art Blakey! Une autre cover du "Slam hammer" de Johnny Young, un des rares grands mandolinistes du blues. Et l’adaptation est dynamique, nerveuse même. Particulièrement lent, "Sam’s blues" est chargé de feeling. Mike double au piano. Parmi les plages impliquant le chant, on épinglera deux reprises. Tout d’abord le "How long" de JB Lenoir. Mike siège derrière le piano alors que Troy Nahumko distille de très belles phrases sur ses cordes. Derrière son micro, le leader est très expressif ; mais c’est surtout Troy qui tire son épingle du jeu. Classique d’Eddie Taylor, "Bad boy" est amorcé par les ivoires. Mike double à l’harmonica et au chant et sa voix semble dévorée par sa passion. A la gratte, que ce soit Troy Nahumko ou John Edelman, le résultat est tout à fait emballant! Endiablée, "Smokin’" est une piste imprimée sur le rythme du chemin de fer. Notre petit Mike s’éclate sur son harmonica ; et ses véritables coups de griffe évoquent un Rick Estrin au sein de ses Nightcats. La claque ! Vivifiant, "When my baby left me" est un Chicago blues classique, caractérisé par une excellente interactivité entre l’harmo et la guitare. La six cordes semble particulièrement inspirée tout au long du funky blues "Whatcha’ gonna do". Longue plage, "Now what Mama planned" est bien plus versatile. D’abord, elle baigne au sein d’une atmosphère dépouillée. On pénètre dans le Sud profond, et plus que probablement la Louisiane. Mais d’abord flemmarde, cette piste glisse progressivement vers un funk lustré. Très rythmique, la gratte s’évade ; alors que créatif, l’harmo s’aventure… La voix est nonchalante tout au long du Chicago shuffle "Tryna' find my baby". Mike s’y révèle une fois de plus maître du style et surtout de son instrument. Minimaliste, "Sittin' here baby" est un blues lent remarquable. Chargée d’une émotion intense, la voix est fragile. Elle est, en outre, talonnée par des interventions d’harmonica décharnées. Les notes alignées sont réduites au strict minimum, afin d’intensifier le feeling.

 

Matty T Wall

Blue skies

Écrit par

Matty T Wall est issu de Perth, en Australie. Au cours de sa jeunesse, il écoutait volontiers du metal, et tout particulièrement Metallica ainsi que Sepultura. Puis, il s’est intéressé à Eric Clapton et Stevie Ray Vaughan, avant de tomber sous le charme de la musique de Robert Johnson. Ce chanteur/compositeur/guitariste cherche avant tout à mettre en exergue son talent d’instrumentiste. Raison pour laquelle il a opté pour la formule trio, en s’appuyant sur une section rythmique constituée de Jasper Miller à la batterie et Stephen Walker à la basse, deux amateurs de jazz. "Blue skies" constitue le premier elpee du Kangourou.

"Burnin up burnin down" s’ouvre au son d’une moto pétaradante et nous plonge immédiatement au sein d’un rockin’ blues puissant mais teinté discrètement de cuivres. Le premier envol de Matty sur sa Gibson SG montre déjà tout son potentiel. La cover du "Am I wrong" de Keb Mo nous entraîne dans le Delta. Les percus sont primaires. Nerveuses et écorchées, les cordes s’emballent de nouveau. Blues lent mélodique, "Long gone away" bénéficie du concours de Gordon Cant à l’orgue Hammond. La voix de Matty est chargée de passion. Il dispense ses notes en y injectant un fameux feeling, digne de Joe Bonamassa voire de Gary Moore. Jasper Miller signe "Scorcher", un exercice instrumental au cours duquel il étale toute sa virtuosité sur ses fûts. Wall joue plus vite que son ombre ; comme Alvin Lee à ses débuts. Douce ballade, le titre maître conjugue cordes amplifiées et acoustiques, et se distingue par un travail vocal soigné. Le tempo s’élève et favorise un envol tout en sensibilité avant d’aboutir au sein d’un chœur gospel! Autre ballade, "This is real" baigne au sein d’un climat subtilement jazz, réminiscent d’un certain Robben Ford. Généreux, l’orgue de Gordon Cant sert de tremplin à la montée en puissance des cordes. Wall apprécie Jimi Hendrix ; et il lui rend hommage à travers une version de 12’ du célère "Voodoo Chile". L’orgue Hammond est toujours bien présent ; mais la solution sonore vire à la jam, une jam à la fois psychédélique, hypnotique, allumée et déjantée. Dynamique et caractérisé par ses variations de tempo, "Broken heart Tattoo" adopte un riff à la ZZ Top. Instrumental atmosphérique, "Smile" est une plage agréable, au cours de laquelle des cordes acoustiques épaulent la guitare solo du leader. De bonne facture, le premier opus de Matty T Wall s’achève par une version de "Hellhound on my trail" du mythique Robert Johnson. Et ce n’est pas une surprise. Le morceau macère au sein d’une ambiance morose. Au fil de la piste, la sèche devient de plus en plus nerveuse, alors que Jasper soigne tout particulièrement ses interventions aux percussions.

 

They Call Me Rico

This time

Écrit par

Originaire de Montréal, Frédéric Pellerin, alias Rico, est chanteur et multi-instrumentiste. Il a sévi tout un temps au sein du groupe Madcaps. Aujourd’hui, il vit à Lyon. Il a baptisé son nouveau projet, They call me Rico. Véritable homme-orchestre, il gratte sa guitare, tout en actionnant du pied des percus. Et bien sûr, il assure les vocaux. Parfois, il est épaulé par quelques potes, à l’instar du violoniste/claviériste Charlie Glad. Basiquement folk, la musique de cet artiste est teintée de blues primaire. A son actif, deux elpees, un éponyme en 2011 et "This kind of life" en 2014.

Le titre maître ouvre l’opus. Et il est superbe. Entraînant aussi. A cause des interventions dynamiques et irrésistibles exécutées au piano. La voix de Rico est chargée de passion. Ses interventions à la gratte électrique sont particulièrement énergiques. Et le tempo imprimé tout au long de "Down down down" est aussi nerveux. Piano et orgue se conjuguent. Et Rico chante comme un possédé avant d’allumer ses cordes. Superbe ballade roots, "We’ll meet again" se distingue par sa ligne mélodique imparable. La rencontre entre cordes acoustiques et électriques est bien équilibrée. L’orgue communique sa chaleur à l’ensemble. La voix de Rico est brillante au cœur de ce climat paisible. "The first" nous entraîne dans le Delta, un blues ravageur caractérisé par des sonorités de slide primaires ; et celles du violon communiquent une touche d’originalité à un ensemble écorché par la voix rugueuse et les cordes qui ne le sont pas moins. "Treat me like a dog" nous emmène au cœur des collines du Mississippi. Les tonalités sont écrasantes et dévastatrices. Torturée, la voix semble hantée par celle de feu Captain Beefheart ou alors d’un Howln’ Wolf bronchiteux. Et les percus entretiennent cette ambiance lourde et menaçante. "Lonely Bleed" continue de macérer dans cette atmosphère digne des juke joints. Tribales, les percussions en remettent une couche. La voix est délibérément éraillée. "Everlasting kind" opère un retour dans le folk. Mais un folk riche, élaboré, subtilement déjanté, acide. La voix est envoûtante. Et un orgue vient s’immiscer dans le décor. Le spectre du regretté Syd Barrett plane… Furieux, "Lights go out" adopte une attitude punk. Malicieuse, l’intervention à l’orgue communique une tonalité psychédélique à l’ensemble. Une compo propice au climat de transe. Un bottleneck s’invite tout au long de "Song for Leon", une ballade folk acoustique empreinte de sérénité. Et il est le bienvenu. Une version acoustique de la ballade roots "We’ll meet again" clôt le long playing. Rico y souffle dans son harmonica. Et on épinglera encore l’excellente mise en forme dont bénéficie cet LP.

 

Sufjan Stevens

Carrie & Lowell

Écrit par

Sufjan Stevens est un compositeur prolifique. « Carrie & Lowell » constitue en effet déjà son 7ème elpee studio en 15 ans de carrière. La formule ne change pas. L’Américain réussit à concocter des morceaux émouvants, qui doivent autant aux textes qu’à la musique. Rien n’a véritablement chanté sur ce dernier essai. L’artiste issu de Detroit a cependant, plus que probablement, publié son meilleur long playing, à ce jour.

Tout au long de cet opus, il s’inspire plus que jamais de certains événements pénibles qui ont marqué son existence. Et met en scène Carrie, sa maman, et Lowell son éphémère beau-père. Mère qui a passé une grande partie de sa vie à éviter Sufjan. Le jeune homme a donc passé son enfance à inventer une relation avec sa mère. Un imaginaire qui a énormément influencé les lyrics de cet album. D’autant plus que la mort de Carrie a laissé un immense vide dans le cœur de son fils. Vide dont il était incapable de compenser par les souvenirs, puisqu’il n’en avait presque aucun, mais qu’il a tenté de combler par ses chansons.

Le décès de sa maman est d’ailleurs évoqué dans le morceau qui est, sans surprise, le plus bouleversant de l’opus. Minimaliste, « Fourth Of July » communique une sensation de tristesse intense au mélomane. Un peu comme s’il s’agissait d’un chant funèbre. Les quelques notes de piano suffisent pour exprimer le malaise éprouvé par Sufjan lorsqu’il aborde cet épisode de sa vie.

Plus folk, « Should Have Know Better » épouse une forme plus classique. Qui correspond davantage au style de l’Américain. Mais le morceau traduit les regrets qu’il ressent à l’égard de sa relation avec Carrie.

Et les neuf autres pistes de l’album sont de la même trempe. « Carrie & Lowell » s’apparente parfois à un poème chanté. L’écouter peut permettre de remettre en question certaines relations avec ses proches. C’est d’ailleurs certainement le message que Sufjan Stevens veut faire passer : profiter de votre famille si vous avez la chance de ne pas en être trop éloigné. Car sinon, un jour, la mort peut mettre fin à une histoire inachevée…

 

Nick Schnebelen

Live at Knuckleheads Vol 1

Écrit par

Chanteur, guitariste et compositeur, Nick Schnebelen est aujourd’hui établi à Kansas City. Il vivait encore à Philadelphie, lorsqu’il fonde son premier groupe, Killing Floor. En 2003, il monte alors le Trampled Under Foot (TUF), un trio impliquant son frère Kris à la batterie ainsi que sa sœur Danielle au chant et à la basse. En 2008, ils remportent le célèbre International Blues Challenge de Memphis. Après avoir publié plusieurs elpees, le band grave "Wrong side of the blues", en 2011, sur le label Vizztone, un disque produit par Tony Braunagel. Enfin, le précédent LP, "Badlands", est paru en 2013, chez Telarc. Depuis, Nick a décidé de se produire en solitaire ou flanqué d’un nouveau backing group, le NS Band, au sein duquel participent la chanteuse/guitariste Heather Newman, le drummer Joe Voye et le bassiste Cliff Moore. Ce long playing a été immortalisé ‘live’, en février dernier, au Gospel Lounge du Knuckeleheads Saloon, à Kansas City.

Le NSB s’embarque sur un "I’m goin’" endiablé. Un blues qui rocke allègrement, en consommant un maximum de swing. Nick et Heather se partagent les vocaux. Mais c’est Schnebelen qui tire son épingle du jeu à la guitare. Rapide, technique, c’est loin d’être un manchot. Heather chante "Willie James", une autre plage bien rythmée ; et Mrs Newman est tout à fait convaincante derrière son micro, alors que Nick en remet une sérieuse couche aux cordes. "Crazy" est imprimé sur un mid tempo. Soul, la voix de Heather est chargée de passion ; et elle sert de tremplin à l’envolée de Nick, une envolée qui ne manque ni de panache, ni de sens mélodique. Et il brille à nouveau tout au long du blues lent "Desperate heart". La montée en puissance des cordes est progressive, et elle atteint son sommet, en libérant un max de sensibilité. "Break of day" nous entraîne sur les rives du Mississippi, un delta blues que chante remarquablement Nick, d’une voix particulièrement autoritaire. Joe et Cliff forgent une telle trame rythmique, qu’elle en devient un tremplin idéal pour mettre sur orbite le sixcordiste toujours aussi bien inspiré. "Bad disposition" est un titre au cours duquel Schnebelen excelle. Il y injecte une telle dose de feeling pour développer ses interventions ; des interventions brillantes, soutenues par celles –plus solennelles– de Joe Voye aux percus. "Tailgate swing" opère un retour dans le Delta. Miss Newman est derrière son micro, alors que Nick glisse son bottleneck sur son manche. Et il ne manque pas d’imagination lors de cet exercice. Cool, "Who will comfort me" est sculpté dans les cordes acoustiques. En fin de set, la troupe s’attaque à plusieurs covers, dont une du célèbre "Spoonful" de Willie Dixon, une version très réussie au cours de laquelle les deux vocalistes se succèdent afin de favoriser une sortie exaltante de Nick au cordes, soutenu par sa section rythmique. Et il passe à la pedal steel pour interpréter "Sleepwalk", un hit instrumental décroché par Santo & Johnny, en 1959. Heather adresse un clin d’œil à la country, en chantant le "Jolène" de Dolly Parton, dans un climat de bonne humeur communicative. Le concert s’achève par "New Orleans", une piste qui y conduit depuis le Mississippi. La slide est largement amplifiée et les deux chanteurs participent généreusement aux vocaux. Un deuxième volume est en préparation…

 

Ross Neilsen

Elemental

Écrit par

Agé de 41 ans, Ross Neilsen est issu du New Brunswick, au Canada. Ce chanteur/guitariste affiche une solide discographie. En 2007, l’artiste avait tout quitté, son job, sa compagne et son domicile pour embrasser une vie de musicien. Au cours des dix dernières années, il n’a jamais cessé de tourner ; et puis, il a décroché de nombreuses nominations, dont celle de ‘meilleur artiste acoustique’ en 2016, dans le cadre des Maple Blues Awards. Fin 2015, à la limite du burn out, il décide de prendre une pause. Et commence à écrire des chansons qui traitent de son existence, de ses aventures, ses passions et ses frustrations. "Elemental" en est donc le résultat. Un LP qui réunit dix plages écrites ou coécrites par Ross, et une reprise. C’est son ami Steve Marriner qui s’est chargé de la production. En outre, lors des sessions ce dernier s’est servi de toute une panoplie d’instruments : depuis l’harmonica aux guitares, en passant par les claviers, les percussions et le vibraphone. Cet artiste est également le leader d’un des meilleurs groupes canadiens, Monkey Junk. Pas étonnant que Darcy Yates et Matt Sobb (également impliqués chez Monkey Junk) se consacrent à la section rythmique. Enfin, Jim Bowskill assure la plupart des parties de guitare électrique (NDR : âgé de 25 printemps, ce jeune Canadien milite chez Sheep Dogs). 

Le titre maître entame les hostilités. Excellent, il privilégie les voix : celle de Neilsen est épaulée par les autre musicos. Et finalement, les percussions de Sobb y assurent l’essentiel de la partie musicale. "Black coffee" est un blues imprimé sur un mid tempo. Amplifiée la guitare de Ross sonne comme celle de Billy Gibbons (ZZ Top). Marriner double à l’harmonica et à la batterie. Bowskill se réserve la mandoline. La basse de Yates est bien mise en avant tout au long de "Woman’s name", une compo indolente au cours de laquelle les guitares entretiennent une atmosphère menaçante : Marriner à la baritone et Bowskill à la slide. Et les harmonies vocales sont lumineuses. Excellent country/rock, "Devil made you" mêle cordes acoustiques et électriques, tant de Ross que de Bowskill à la slide. Ballade étrange, "Ash fault" exhale un parfum oriental. Jimmy Bowskill est passé au violon. Ses interventions sont versatiles, mais superbes. Marriner balise l’ensemble de sa baritone. Le Canadien Paul Reddick cosigne le tendre "City of regret", une ballade acoustique et atmosphérique. Country/folk, "Nobody gets lonely" est une piste entraînante ; mandoline, pedal steel et gratte s’intégrant parfaitement dans l’ensemble. Marriner siège derrière l’orgue pour "The race", une ballade soul R&B. Des cuivres et une voix féminine y apportent davantage d’amplitude. Encore une ballade : "The arrow". Subtilement funky, elle est parcourue par des interventions de piano électrique et se distingue par une remarquable sortie sur les cordes acoustiques de Neilsen, dans une attitude très JJ Cale! Willie P. Bennett (NDR : un chanteur folk canadien disparu) a composé "Ballad in low E". La version de Ross est excellente. Très roots, flemmarde, elle est soulignée par la slide de Jimmy et l’harmonica de Steve, alors que le chant est chargé de passion. Et de toute bonne facture, cet elpee s’achève par "Step into the light", une ballade country dépouillée, "Step into the light". Les voix sont à l’unisson et la pedal steel libère toute sa sensibilité.

 

Little Boys Blue

Tennissippi

Écrit par

Vingt ans déjà que JD Taylor (chant/harmonica) et Steve Patterson (slide) ont fondé Little Boys Blue. A Jackson, dans le Tennessee. Ils cherchaient à célébrer leur cocktail de blues (Memphis et Tennessee), rockabilly, rock ainsi que country. "Bad love", le précédent opus –le troisième– est paru en 2014 sur le label de Jimmy Exum, Jaxon. Taylor est soutenu par deux guitaristes (Alex Taylor et Tyler Goodson), un bassiste (Drive Mallard), un drummer (Mark Brooks) et un claviériste (Dave Thomas). Les sessions d’enregistrement ont été réalisées au célèbre studio Muscle Shoals, en Alabama. Dix des douze plages sont signées par le groupe. Elles sont essentiellement issues des plumes de JD et Alex Taylor.

Invité, Webb amorce "Tennissippi" à la slide, un blues qui navigue quelque part entre Memphis et le Mississippi. La rythmique est saccadée et nerveuse. La voix de Jo Taylor passe bien la rampe. Et ce dernier s’autorise un envol sur son harmonica avant de céder le relais à Alex sur ses cordes. Une sonorité de gratte distordue par une pédale prélude "Lights on", un R&B cuivré par les Alabama Horns. La rythmique d’Alex Taylor s’évade, puis c’est au tour de l’orgue Hammond de Dave Thomas, de l’harmonica et enfin, de la trompette de Ken Waters, de bénéficier de cette latitude. Rapide, "Pack it up baby" est également cuivré. Dave Mallard rejoint JD aux chœurs. A la moindre occasion, les musicos prennent un billet de sortie ; que ce soit la guitare, l’orgue, l’harmonica ou le saxophone de Bad Brad Guin. Et pourtant l’ensemble se révèle particulièrement homogène et chaque musicien se montre respectueux de ses partenaires. "If Id’a know" est un blues nonchalant. Tout comme "35 years", une plage qui ne manque pas de charme. Goodson se réserve une superbe sortie sur la slide, bientôt rejoint par Dave, passé au piano électrique. Et quelque part, cette compo rappelle le Little Feat de feu Lowell George. A cause de cette voix quelque peu nasillarde et puis des interventions de slide… Et comme pour la plupart des pistes de cet elpee, les musiciens n’hésitent pas à mettre le nez à la fenêtre ! La reprise du célèbre "Chtilins con carne" de Kenny Burrell est une plage instrumentale dansante, aux accents exotiques. Le piano électrique, l’harmonica, la trompette et enfin la guitare (NDR : non, ce n’est pas Carlos Santana) se distinguent par d’excellentes interventions. Un riff d’harmonica balise "Do you no wrong", un R&B captivant et dansant, au cours duquel, les deux sixcordistes prennent de superbes envols. Introduit par des sonorités d’harmonica créatives, "Smoke rings" est blues lent, tapissé d’orgue et de piano, et traversé par une slide. JD Taylor chante cette ballade, d’une voix chargée d’émotion. "Health insurance blues" opère un retour aux racines, un blues classique découpé dans les cordes acoustiques, alors que l’harmo épaule le chant. Bien qu’amplifié, "Wanna be your loving man" est un blues imprimé sur un tempo gracile ; et JD ainsi qu’Alex libèrent une nouvelle fois leurs cordes. Un processus qu’on retrouve sur le solide "Big pimpin sugar daddy Romeo", un titre au rythme soutenu, chanté passionnément par JD, qui permet surtout à Dave Thomas de tirer son épingle du jeu sur l’orgue Hammond. D’excellente facture, ce long playing s’achève par "Jackson", un instrumental qui met une dernière fois en exergue, le talent des différents solistes.

 

Katy Guillen

Heavy days

Écrit par

Katy Guillen & The Girls nous vient de Kansas City. Katy a monté ce trio en 2012 pour assurer une date, en supporting act du Royal Southern Brotherhood, au Knuckeleheads Saloon. The Girls, son backing group, constitue la section rythmique et réunit la bassiste Claire Adams ainsi que la drummeuse Stephanie Williams.

Et cette section rythmique se révèle particulièrement soudée dès "Driving to wake up". En début de parcours, la voix de Katy est plutôt fragile et la compo s’ébroue sur un mid tempo. Progressivement, le rythme s’accélère et le chant de Miss Guillent prend de la vigueur ; avant qu’elle ne s’autorise son premier envol aux cordes. Et il est percutant ! Les Girls embraient par "Heavy days", suivant la même formule. Claire, la ligne de basse reste intimement liée aux percussions de Stephanie. Les arrangements vocaux sont soignés. Mais lorsqu’elle a le champ libre, la soliste n’hésite pas à saisir l’opportunité. "Waking up from you" est une plage pop/rock agréable à l’oreille. La voix rappelle alors celle de Chrissie Hynde (Pretenders). Dans le même registre, mais en plus blues, "Don’t need anyone" est plus enlevé, un morceau bourré de dynamisme au cours duquel l’envol des cordes joue les prolongations. Caractérisé par les changements de rythmes pilotés par les percus de Miss Williams, "The load" est un rock nerveux, mais surtout audacieux, aventureux même. "Humbucker" adopte la même structure rythmique. Claire Adams signe la jolie ballade "Cold was the night". Mike Sedovic donne de l’épaisseur au morceau à l’aide de son orgue ; et Miss Guillen en profite pour accorder sa meilleure intervention de l’opus, sur sa gratte. "Can’t live here anymore" est une plage garage féroce, au cours de laquelle les trois dames semblent plus soudées que jamais ; avant qu’elle ne soit ponctuée par une nouvel envol de cordes chargé d’enthousiasme. Le trio nous réserve une adaptation bien personnelle du canon de Big Joe Williams, "Baby please don’t go". Mike Sedovic est de retour à l’orgue ; et quelque peu déjantée et intrépide, la guitare s’enfonce dans l’univers psychédélique. Le long playing s’achève par "Pulling up from the grooves", une ballade subrepticement mélancolique, sentiment accentué par le trombone de Ryan Heinlein.

 

Explosions In The Sky

The Wilderness

Écrit par

Explosions in the Sky réunit de véritables maîtres en matière de post rock mélancolique et mélodique… Et pour cause, les Texans continuent d’enchaîner les classiques de ce genre si codifié, depuis leurs débuts, en 2000. « The Wilderness » succède à « Take Care Take Care, Take Care » sorti il y a 5 ans déjà. Taillé pour l’exercice, le groupe s’était entre-temps immergé dans la composition de B.O. signant notamment celles de « Lone Survivor » (Peter Berg), de « Prince Avalanche » ainsi que de « Mangelhorn » (David Gordon Green).

Pas de réel bouleversement au programme pour ce nouveau chapitre mais davantage de variations dans les sonorités, variations discrètes mais judicieuses destinées à donner une nouvelle dimension à sa musique ; et tout particulièrement lors des shows, véritables communions collectives profondément émotionnelles…

Consciente de pratiquer un genre musical toujours à la limite de la redite, la formation américaine parvient donc ici à nuancer les ambiances et surtout à s’éloigner des sacro-saints crescendos systématiques. Ce qui lui permet de tisser subtilement des bijoux comme le furieux et épique « Disintegration Anxiety » ou encore le joliment atmosphérique, légèrement teinté d’électro, « Losing the Light ». Ces valeureux Texans ont le bon goût d’évoluer sans oublier leurs racines… ce qui n’est pas un mince exploit dans un genre souvent très peu enclin à se renouveler !

Tinsley Ellis

Red Clay Soul

Écrit par

Originaire d’Atlanta, en Georgie, Tinsley Ellis est âgé de 59 ans. En 1979, ce chanteur/guitariste militait au sein des Alley Cats, en compagnie de Preston Hubbard, un futur Fabulous Thunderbirds. En 1981, il forme les Heartfixers, avec l’harmoniciste noir, Chicago Bob Nelson. En 1988, il est signé par le célèbre label blues de Chicago, Alligator, pour lequel il publiera pas moins de huit albums. En 2013, il monte sa propre écurie, Heartfixer Music. Et il vient d’y graver son quatrième opus, "Red Clay soul". Tinsley a composé seul ou en partenariat les dix plages. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au Rock House, à Franklin, dans le Tennessee, un studio qui appartient à Kevin McKendree. Ce dernier s’est chargé de la production et se réserve toutes les parties de claviers. C’est un pote à Tinsley, depuis une vingtaine d’années ; il a d’ailleurs collaboré à la réalisation de plusieurs albums précédents.

Excellent, "All I think about" est marqué au fer rouge par Tinsley Ellis. Autoritaire, la voix est bien mise en avant et les cordes sont parfaitement adaptées à son timbre et ses inflexions. Une gratte rythmique amorce "Givin’ you up", une ballade soul à la mélodie accrocheuse. Soutenu par celle d’Oliver Wood, sa voix est très expressive. L’orgue Hammond est particulièrement chaleureux. La guitare solo se promène dans le décor sonore, suivant son inspiration. Tinsley émet un gémissement dans son harmonica. Jon Tiven a coécrit "Callin’", une autre ballade que souligne la voix féminine de Wendy Moten. "Anything but go" est plus remuant. Un R&B toujours tapissé par l’orgue de McKendree. Les interventions de cordes sont soignées. Un cri transperce le paysage sonore. Ballade indolente, "Hungry woman blues" est enrichi de cordes électroniques, alors que mélodieuse, la guitare s’exprime sans la moindre réserve. Blues nerveux, "Circuit rider" est impeccablement balisé par la section rythmique (NDR : Lynn Williams aux drums et Steve MacKey à la basse) ; une piste qui rappelle un classique du genre, "The hunter", un morceau jadis célébré par Albert King, au cours duquel Tinsley et Kevin McKendree se partagent les grattes. "Don’t cut it" est une plage très rythmique. Même l’orgue Hammond entretient le profil de ce titre enchanteur. Dépouillé à l’extrême, "Party on one" est un blues indolent. Kevin siège derrière le piano électrique. Minimalistes mais recherchées, les notes de guitare sont chargées de feeling et d’une limpidité extrême. La voix est à la fois écorchée, vive et passionnée. Une seule plage instrumentale : "Estero noche". Teintée d’exotisme et émouvante, elle est largement inspirée par Carlos Santana ; cependant, vu l’excellence du toucher de cordes, on ne peut que tirer son chapeau à l’artiste. "The bottle, the book or the gun" clôt ce long playing. Un autre grand moment de blues exprimé en totale sensibilité. Tout y est : la mélodie imparable, la voix si fascinante, les claviers de McKendree et cette guitare, dont les interventions parcimonieuses, reflètent un véritable amour des cordes. Excellent !