Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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Elle et Samuel

Victime et coupable

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Deux gars, une fille ! Un corps à trois têtes belge et talentueux !

Samuel Lambert (voix, guitare), Cécile Gonay (basse, guitare, mélodica, violon, loops) et Patrick Perin (guitare, loops) sont à la base de cette étrange formation venue d’ailleurs. Au sein du paysage musical contemporain, on peut vraiment parler d’ovni…

Originaire de Vielsalm, le groupe existe sous sa forme actuelle depuis 2013. Malgré son jeune âge, il dispose d’une bien belle expérience scénique, expérience qu’il a déjà pu démontrer principalement en Wallonie et Bruxelles ; mais également et plus récemment à Paris et Genève.

Les musicos bénéficient d’une couverture médiatique à faire pâlir les plus grands ! Sûr que de beaux espaces musicaux s’ouvriront encore à eux dans le futur !

« Elle et Samuel » parvient en six titres seulement à insuffler un vent de fraîcheur mélodique évoluant entre rock et chanson française.

Tout en retenue et introspective, la musicalité est douce, amère et légère. Incisive souvent. Enivrante parfois, à l’instar de la troisième plage « Oserions-nous ? ». La presque absence de rythmiques renforce encore cette impression de mystère.

La diction du chanteur, quasi emphatique, parfois incantatoire, mais additive, laisse entrouvrir les portes obscures de l’inconscient où se mêlent horizons métaphoriques et méandres mélancoliques, sans être forcément sombres, renforçant avec véhémence, mais sans jamais les dénaturer, le processus sensoriel et le fonctionnement de la pensée. Jubilatoire !

Le tout est complété par une narration d’histoires aux subtilités insoupçonnées, parfois presque militantes, qui se construisent insidieusement et progressivement tout au long des morceaux de ce joli format.

La première écoute peut s’avérer difficile pour les non-initiés ! C’est normal ! La filiation avec un certain Hiroshima mon amour, un Noir Désir ou encore d’un Saez est évidente !

Comme quoi, le rock belge est encore capable de faire preuve de créativité !

 

Spacin’

Total Freedom

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Très susceptible de carburer aux consommations hallucinogènes –qu’on imagine orgiaques–Spacin’ publie un album répondant au doux nom de « Total Freedom ». Et vu son patronyme, il ne pouvait proposer autre chose qu’un rock forcément psyché… Depuis Philadelphie, ce trio réunissant Eva Killinger à la batterie ainsi que son frère Jason (Birds of Maya) et Paul Sukenna (Steve Gunn) aux guitares et derrière les micros dégaine les guitares ‘fuzz’ au sein d’ambiances enfumées rappelant parfois Black Rebel Motorcycle Club (« Batfolk »), quand il ne s’autorise pas des expérimentations dignes de The Brian Jonestown Massacre (« Kensingon Real ») ou ne pénètre pas dans un univers orientaliste et brumeux réminiscent des 60’s (« Stopping Them»). Chez ces rockeurs de Philly, la liberté de ton est totale ; ce qui leur permet de déployer de longs mantras sous forme de jams cosmiques particulièrement réussis (les 10 minutes d’« U.S. Ruse ») tout en n’oubliant pas de torcher quelques mélodies plutôt catchy (« Titchy »). Un joli rendez-vous que nous fixe Spacin’ dans l’espace…

Joolsy

Bloom on the Moon

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Joolsy, c’est le projet solo de Julien Flous, un artiste également aux commandes de Myselium et Hopsy. Une aventure en solitaire qu’il a traduite en épopée acoustique… Tout au long de « Bloom on the Moon », il nous propose des morceaux sculptés dans un folk, ma foi, fort classique, mais vitaminé par des accents pop. Après avoir publié un Ep, il s’est donc décidé à graver un premier elpee ; un disque qui souffle le chaud et le froid. Plusieurs plages souffrent du syndrome de la surinterprétation, à l’instar du sirupeux « Memories Trap ». D’autres se distinguent pourtant par leurs jolies mélodies. Ou se révèlent tour à tour spasmodiques, chaleureuses voire même bluesy (« The Flame Inside Your Eyes »). Certaines bénéficient même d’arrangements de cordes, de piano et de chœurs. Sans oublier une incursion dans l’univers du jazz (« Famous Noose ») et un titre caractérisé par ses envolées instrumentales (« Peace (For the Planet) »)…

Mais au final, malgré un potentiel manifeste, cet artiste français sacrifie son authenticité sur l’autel de la mise en forme. Une mise en forme trop lisse dont souffre cruellement son « Bloom on the Moon »…

 

Lokerse Feesten 2016 : lundi 8 août

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Les Lokerse Feesten s’étalent sur 10 jours ; et pour cette édition, ce sera du 4 au 14 août. Il y a dix ans que votre serviteur s'y rend. La programmation est différente chaque jour et réserve, tour à tour, des icônes issues des années 80 des groupes belges confirmés ou des pointures internationales. Hier, elle était consacrée au métal et ce lundi 8, se concentre sur le rock alternatif. L’affiche propose la formation flamande Zornik, dont c’est le grand retour après un hiatus de 8 longues années, Neil Finn, la tête pensante de Split Enz et Crowded House, Garbage, dont le nouvel elpee revient aux sources et enfin Trixie Whitley, une vocaliste d’exception.  

Finaliste du Concours Humo Rock Rally en 1999, Zornik avait alors signé chez Parlophone pour lequel il avait publié 4 albums. De retour en 2015, mais sous un nouveau line up, il a gravé un cinquième opus baptisé « Blinded By The Diamonds ». Koen Buysse est toujours au poste. C’est le chanteur, guitariste et leader du band. Un véritable showman qui saute, danse et tente de stimuler un public qui commence à débarquer sur la Grote Kaai. Hormis le batteur –son drumming me fait penser à celui de Mario Goossens (Triggerfinger)– qui déménage en s’acharnant sur ses fûts, les autres musicos sont plutôt statiques. La voix de Koen est claire. Ses accords de gratte son incisifs. Le son est excellent. Et la set list n’oublie pas le single « My Friend, My Stranger », extrait du dernier LP. Une bonne mise en bouche…

Neil Finn était la pensante de Split Enz et Crowded House. Il a entamé une carrière solo en 1998. Ce qui ne l’empêche pas de s’entourer d’un backing group, en tournée. Après une très sympathique ouverture assurée par le drummer et le claviériste/guitariste, le reste de la troupe monte sur les planches. Neil est resplendissant dans son costume mauve qui scintille sous les rayons d'un astre, masqué par quelques nuages. Neil signale d’entrée que le soleil brille et que c'est l'hiver dans son pays d'origine. De quoi déclencher un fou rire général. Parmi ses musicos figurent son épouse Sharon. Elle se consacre à la basse et s’installe discrètement en arrière-plan, près de la choriste/percussionniste. Puis son fiston Liam, à la guitare. Une histoire de famille… même si c’est Elroy qui se charge des drums. La set list puise essentiellement dans le back catalogue de Crowded House et notamment en final, le hit planétaire, « Weather With You ») ; mais également de Split Enz. Un joli plongeon dans les eighties. Nostalgie, nostalgie… Reconnaissable entre mille, la voix de Neil est intacte. Entre les musicos, l’osmose est parfaite. La foule reprend les refrains en chœur. Un véritable juke-box qui a aligné ses tubes pendant 60 bonnes minutes.

Trixie Whitley, c’est la plus new-yorkaise des Gantoises. Sa mère est belge et son père, Chris, américain. Adolescente, elle était partie rejoindre son paternel aux States, pour se consacrer à la musique. Mais c’est lorsque Daniel Lanois la découvre que sa carrière va véritablement démarrer.

Bien que la scène soit immense, les musicos se concentrent au milieu ; un peu en carré, le claviériste et le drummer se faisant face. Un bassiste côtoie Trixie, au centre du (petit) jeu de quilles. Grande, blonde, elle est vêtue d'une longue robe noire. De couleur blanche, le light show se focalise sur les artistes. Trixie maîtrise parfaitement sa six cordes. Elle s’y révèle même impressionnante. Sa voix est tour à tour, fragile, puissante, chaude, rocailleuse… mais surtout, sculptée pour le blues, un peu comme celle de Beth Hart. Un blues qui baigne dans le Bayou. Malgré un petit problème technique (NDR : un ampli défaillant…), la prestation est chaleureusement applaudie par l’auditoire. Et à plusieurs reprises, l’artiste va le remercier pour son écoute attentive et presque religieuse. Elle se produira au Cirque Royal ce 20 décembre.

Garbage constitue la tête d’affiche de ce lundi 8 août. Il a publié un nouvel opus en juin, un disque intitulé « Strange Little Bird ». Il existe toujours une grande complicité entre ce groupe –qui compte quand même 22 ans de carrière– et la Belgique. Car le band y a acquis très rapidement une notoriété certaine. C’est le tout premier pays visité par Garbage lors de sa première tournée européenne ; et la frontwoman, Shirley Manson, va le rappeler à plusieurs reprises, tout au long du show. Pas de Butch Vig (NDR : un petit problème de santé l’a forcé à rester aux States) derrière les fûts ; mais un jeune musicien particulièrement talentueux le remplace. Et il bénéficie également du fameux plexiglas destiné à se protéger des sonorités émises par les autres instruments. En arrière-plan, une toile a été tendue. On y voit des tas de léopards, comme sur l’illustration de la pochette du dernier long playing. Un disque (NDR : c’est le sixième) qui a retrouvé toute sa félinité et sa saine agressivité.

« Subhuman » ouvre le bal. Les interventions des deux gratteurs sont frénétiques. La basse vrombit déjà. Mais l’ensemble supplante la voix de Shirley qui, a plusieurs reprises, adressera (discrètement) un signe à l’ingé-son, pour monter le volume de son micro. Les titres se succèdent, dont l’irrésistible « I Think I'm Paranoid » (« Version 2.0 »), et bien sûr les inévitables « Stupid Girl » (« Garbage »), « Automatic Systematic Habit » et « Blood For Poppies » (« Not Your Kind of People »), « # 1 Crush » (« Absolute Garbage») et « Supervixen » (« Garbage»). Une petite pause s’impose et Shirley en profite pour saluer la foule. Toujours aussi jolie, elle est particulièrement volubile. Pendant le pétillant « Sex Is Not My Enemy » (« Bleed Like Me »), elle en profite pour nouer ses cheveux en chignon. Elle prend alors dans un bain de foule. De quoi ravir l’auditoire. Conquis d’avance, il faut quand même le souligner. Bref, si votre serviteur a apprécié, il espère que ce 11 novembre, Garbage accordera un concert mémorable, au Cirque Royal. Assister à un show lors d’un festival c’est bien, mais en salle, c’est mieux. Néanmoins, en quittant la Grote Kaai, le refrain de « Cherry Lips (Go Baby Go!) » trottait encore dans les têtes.

(Organisation : Lokerse Feesten)

Garbage + Trixie Whitley + Neil Finn + Zornik

 Voir aussi notre section photos ici

Ronquières 2016 : dimanche 7 août

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Cette seconde journée du Festival de Ronquières s’annonce sous les meilleurs auspices. La programmation vaut le détour !
Les souvenirs liés aux attentats perpétrés sont encore bien vivaces ! Les militaires –à la mine patibulaire– se tiennent prêts au cas où… Les mesures prises ne sont pas aussi drastiques qu’à Dour. Pas de portiques de sécurité. Juste une fouille sommaire, à l’entrée du site ! Tout simplement !
Le temps devient maussade ! Gageons que la pluie ne vienne pas gâcher la fête !

Votre serviteur débarque pour assister à la prestation de Shake Shake Go. THE bonne surprise de la journée ! Ils sont quatre garçons et une fille ! Ils ont débuté leur carrière dans la rue et les pubs. C’est d’ailleurs lors d’une de ces prestations qu’un gosse de six ans s’est exclamé ‘Shake shake go’ ! Le patronyme venait d’être trouvé. La suite de l’histoire ressemble à un conte de fée ! Jugez plutôt : une première partie de James Blunt assurée en 2014 dans le Royaume-Uni, puis en France (notamment celle de Rodrigo y Gabriela), un premier single publié en décembre 2014, un premier Ep (éponyme), en mars 2015 et un premier album « All in time », début 2016. Aujourd’hui, la nouvelle sensation venue d’outre-Manche se produit dans le cadre d’un périple international ! Pas étonnant, lorsqu’on sait que plus de 7 millions de personnes ont écouté "England Skies". Ronquières avait flairé le bon filon puisque c’était leur première date belge. Sans doute pas la dernière ! Le combo est franco-anglais. Il réunit Poppy Jones (une très jolie Galloise), Marc Le Goff, Kilian Saubusse, Virgile Rozand et Toby Barnett. Sa musique baigne au sein d’un univers pop/folk mélodieux, gracile, où se mêlent évasion et bienveillance ! Les compositions s’inspirent de la nature, de la vie, des expériences et des gens qui les entourent ! La voix candide de Poppy subjugue ! Elle est dynamique, puissante, organique, épique et surtout optimiste ! D’entrée de jeu, elle tente de s’exprimer dans un français approximatif. Manifestement, elle n’y arrive pas, alors, elle s’excuse. Posés, parfaitement maîtrisés, les riffs sont dispensés tout en retenue ! Pas mal pour des jeunes en culotte courte ! Ils s’amusent beaucoup sur scène, sans se prendre la tête ! Ce qui frappe, c’est la symbiose qui les unit ! Aucune individualité ! Chacun est là pour servir l’autre ! Magnifique !

Un arrêt s’impose au bar pour se désaltérer ! De quoi aussi en profiter pour faire le plein de calories ! Les stands food fleurissement ici ! On trouve aussi bien de la bouffe africaine, asiatique ou italienne. Reste à savoir si les produits sont bien frais ? Car parfois, l’hygiène de ces commerces éphémères laisse à désirer…

Matt Simons est programmé à 15h50 ! De loin, j’entends sa pop léchée. Insuffisant pour pouvoir étayer une critique objective. La file qui me précède s’étend à n’en plus finir. Non, manifestement, ce sera impossible d’assister à ce live. Je m’en mords les doigts, mais tant pis…

Le soleil chauffe à plein régime et accompagne Naâman tout au long de sa prestation. La belle gueule masculine de la journée ! Une surprise ! Le présentateur annonce un groupe de reggae. Donc, on s’attend à voir un black coiffé de dreadlocks. Pas du tout, c’est un visage pâle aux cheveux courts ! On est loin de retrouver l’effigie de Bob Marley ! Stéréotypes, quand tu nous tiens… Il est accompagné d’une poignée de musiciens ! Ils sont plutôt étonnés de la bonne réception accordée par l’arène. Plusieurs groupies chantonnent les refrains mêlant influences urbaines et caribéennes. Agé d’une vingtaine d’années, le Normand mêle reggae, hip-hop et soul. Une réinterprétation des codes du genre tout en les modernisant ! L’empreinte vocale de Naâman est caractéristique. Digne de ses grands frères ! Les flows tonitruants accompagnent chacune des chansons. Pourtant, ce n’est pas vraiment le style de musique que votre serviteur préfère ! Faut dire que qu’il a été bercé au rock depuis sa plus tendre enfance. Profitons donc du spectacle en position horizontale. L’endroit est herbeux et sec. Les applaudissements nourrissent ma curiosité de temps à autre… 

La folle dingue Giedré s’installe à l’heure dite en costume de scène enfantin et guitare sèche à la main. Détail croustillant, juste derrière elle, au milieu de l’estrade… trône un vagin fabriqué en carton pâte duquel elle semble sortir! Complètement barge cette nana ! Son apparence innocente lui confère une filiation lointaine avec une certaine Chantal Goya. Sauf qu’ici, ses textes ne sont pas à mettre entre des oreilles chastes ! On est donc plus proche d’un ‘Il fourre, il fourre le curé’ que ‘Il court, il court le furet’ ! Son univers dépeint avec un humour d’une noirceur épouvantable, les aspérités de la vie. Ben oui, on fait tous caca ! Elle chantourne la prostitution, la pédophilie ou encore la mort en se servant de sa verve légère et tellement fraîche (enfin, pas toujours). Ses compositions ne sont jamais méchantes, ni provocantes. Juste marrantes ! Une ode au rire et à la bonne humeur en quelque sorte ! Celle qui pourrait être le fruit de l’union sacrée entre Pierre Perret et de Georges Brassens rend hilare le parterre de spectateurs ! Bon allez Giedré, ‘Ferme ta gueule et apporte-moi une bière’ !

Changement de podium. Direction Thomas Dutronc. Le contraste est surprenant et parfois mal orchestré à Ronquières. D’une ambiance prout-prout, on passe à un univers ‘manouche’. Qu’est-ce qu’il ressemble au paternel ! Troublant et en même temps subjuguant. Quelques chansons défilent. Tant Thomas que ses musicos sont particulièrement expérimentés et la mise en est scène parfaite. J’ai pourtant beaucoup de mal à accrocher ! Question de goût !

Filons à l’anglaise pour se placer au plus près possible de la frontstage pour ne rien rater des Innoncents. De séparations en reformations, les ‘Innos’ sont aujourd’hui constitués de la tête pensante de toujours J. P. Nataf et de son double Jean-Christophe Urbain. Parce que, si dans le passé, ces deux-là ont connu des affres enragés, le couple qu’il forme à nouveau aujourd’hui fonctionne plutôt bien. Encourageant, pour une séparation qui a duré quand même quinze ans ! La palette musicale du duo est influencée par la pop anglo-saxonne. Mais, le fer de lance de leurs compos reste le français qu’ils utilisent et manient avec dextérité pour ciseler des textes qui dépeignent un univers métaphorique. Le groupe a marqué les nineties par des standards du rock comme « L'autre Finistère », « Fous à lier », « Un homme extraordinaire » ou encore « Colore ». Votre serviteur a la gorge nouée dès l’apparition du binôme. Il avait pu les découvrir en 1989 au Festival de Dour (NDR : dont la taille était encore humaine). JP arborait alors un visage de poupon et ses cheveux étaient nettement moins clairsemés qu’aujourd’hui. C’était l’époque au cours de laquelle la formation était au complet, aussi… Les temps ont bien changé ! Exit batterie, basse et guitare électrique. Nataf se charge de la guitare folk et Urbain de la guitare acoustique. Naturellement, le public est très varié ! Preuve en est que ces vieux briscards ont déjà bien bourlingué ! On y croise les fidèles de la première heure, bien sûr, mais aussi leurs enfants, des fans ou des curieux venus pour entendre les tubes séculaires. Cette formule électro acoustique est savoureuse. Elle expose les chansons sous un angle différent. Suffisamment intéressant pour permettre la découverte ou la redécouverte ! L’enveloppe sonore renvoie au passé, mais demeure imprégnée par l’œuvre solitaire du leader ! Instruments en bandoulière, ils sont contraints de rester statiques ! Leur envie de se mouvoir est manifeste ! Le singer singe à deux ou trois reprises un grand écart ! Risqué pour un homme qui porte le jeans serré ! Le service trois pièces pourrait en prendre un coup ! Bref, ce quatre mains confirme un talent certain et une complicité retrouvée ! Seule ombre au tableau : l’absence de « Fous à lier », tube séculaire pourtant entendu lors de la balance…

Votre serviteur se faisait une joie d’entendre ce que The Kooks avait dans le pantalon. Un groupe dont il n’a jamais vu la prestation en live. Forfait ! Il semblerait que le batteur se soit blessé…

Il revient alors aux Belges de Balthazar de reprendre flambeau (NDLR : ce sont les jeux olympiques !) Pour la quatrième fois… on reste attentif, mais d’une oreille. Enfin, en début de parcours… L’origine de la formation est plutôt cocasse ! Issus de Courtrai, Maarten Devoldere, Jinte Deprez et la violoniste Patricia Vanneste se sont produits sur le pavé pour récolter un peu d’argent. Au lieu de se faire concurrence, ils décident de rassembler leurs forces. Cette rencontre scellera leur destin. En 2004, ils forment le groupe que l’on connaît. Visiblement, les mélomanes n’ont pas perdu au change ! Les influences sont éclectiques et le résultat oscille entre pop et rock. C’est propre et gentillet et cadre parfaitement avec la philosophie de ce genre de festival ! Les compositions sont simples, mais efficaces. L'utilisation de synthétiseurs et d'un violon les démarque du rock alternatif classique reposant sur le trio basse/batterie/guitare. C’est sympa ! Durant près d’une heure, on va assister à une valse de titres sucrés/salés qui vont titiller les conduits auditifs des festivaliers. Un très, très grand moment d’émotion intense ! Du beau spectacle ! Pas de regret, donc…

Celle qui arpentait récemment les couloirs de la RTBF dans une émission de télé-crochet a fait du chemin depuis. Il s’agit évidemment d’Alice On The Roof qui bénéficie depuis ses  débuts d’un raz-de-marée médiatique. J’ai manqué son show à plusieurs reprises. Mal m’en a pris. Cette fois, elle ne m’échappera pas ! Elle tombera dans les griffes d’un obsédé… textuel ! C’est donc avec pas mal d’appréhension que son arrivée sur scène est attendue… Encore une arriviste me dis-je… A peine a-t-elle montré son joli minois que les premières notes de « Lucky you » envahissent l’espace sonore ! Trois gars sont chargés de balancer les nappes de synthé. Aux percus, c’est  Santo Scinta qui s’y colle. Tous deux sont natifs de la région de Mons ! Alice tape à merveille sur un pad électronique pour balancer ses loops. Un floor tom lui permet de se défouler de la pression envahissante ! L’expérience discographique de Madame Dutoit est pauvre puisqu’elle n’a qu’un seul album à son actif ! Baignant dans un flot d’electro/pop, « Higher » a été produit par Marc Pinilla et son complice Dada. Le mixage a été assuré par Tim Bran, producteur-mixeur anglais connu pour ses collaborations avec London Grammar ou La Roux. Verdict ? Globalement, le show est bien ficelé. Elle et son team savent y faire ! Vêtue d’un tutu blanc gonflé par un arceau à la taille, d’un haut noir aux épaulettes saillantes et chaussée d’une paire de baskets, on a peine à croire que l’accoutrement n’a pas été emprunté à Dark Vador. Manquait plus que le casque et la ressemblance était parfaite ! On ne peut pas dire que ce concert soit très audacieux ! Un live propre placé sous le signe de sonorités accrocheuses et des ballades douces et sucrées ! Vocalement, elle s’en sort plutôt bien aussi ! Sans artifices, ni esbroufe ! Un grain de voix très légèrement éraillé, une certaine candeur et un tout petit zozotement apportent à l’expression artistique de cette jeune femme les ingrédients pour devenir grande ! Le caractère homogène du live rendait parfois les choses un peu (trop) convenues ! Le charisme dont elle jouit navigue entre naturel, fraîcheur et spontanéité ! Détail croustillant, plus on avance dans le temps et plus elle se dévêt ! Exit la longue robe blanche pour une plus courte de couleur noire. On enlève le haut. Ensuite les chaussures. Si la prestation avait été plus longue, Dieu seul sait ce à quoi nous aurions pu assister… Proposition : allongeons le concert de deux bonnes heures ! Surprenant, la reprise d’un tube d’ABBA. Tiens, pour l’occasion, elle s’est chaussée de bottillons pailletés. En guise de clôture, elle est descendue de l’estrade et s’est livrée aux spectateurs, complètement ébahis, comme pour mieux les remercier d’avoir collaboré à son succès ...

En prélude au concert de Zazie, les Dirty Monitor remettent le couvert et suspendent une fois encore durant quinze (trop courtes) minutes le temps sur le site de Ronquières. Quelle magie ! Le spectacle sera identique à celui de la veille, mais vu sous un angle différent, il prend encore une autre dimension.

Zazie entre enfin en scène flanquée de ses musicos. Pas de pitié pour les retardataires, la belle brune démarre pile à l’heure. D’entrée de jeu, on peut observer deux nanas. Elles pincent les cordes électriques ! A titre anecdotique, elle a interdit aux photographes de shooter… avant de se raviser quelques minutes après. Elle fournit un semblant d’explications… plus ou moins convainquant… Après deux ou trois chansons, elle signale qu’elle a joué la semaine dernière sous des trombes d’eau ! On s’en fout, mais on est content de le savoir quand même!

L’ambiance est électrique ! La chanteuse se démène pour faire vivre sa passion aux quelques 36 000 festivaliers qui se sont pressés pour entendre celle qui a eu le cul posé sur un fauteuil rouge dans ‘The Voice’ made in France !

Les compositions virevoltent ! Le son est plutôt rock et brut ! Parfois la pointe électro apporte cette touche d’amertume et de mélancolie qui fait du bien ! Le show alterne entre anciens succès et nouveautés. La chanteuse a bien fait de miser sur les vieilleries. Dans le temps, elle était vraiment dotée d’un sens irréprochable de l’écriture.

Elle assène les aficionados d’excuses ‘Merci à vous d’avoir aidé ces grandes sœurs à grandir’, dit-elle, comme pour se faire pardonner de la médiocre qualité des titres du dernier format où on la sentait un peu affable dans l’exposé des thématiques !

Gageons que l’époque où cette femme parvenait à l’aide de sa plume incisive à dénoncer les travers contemporains de la société ne soit pas (encore) révolue !

Les arrangements délicats et brillamment orchestrés parviennent à faire oublier ces erreurs de parcours. La voix éraillée de Zazie fait toujours autant mouche (mais pour combien de temps encore ?) et glisse ou crisse en fonction des compos. La dame est contente ! Vive l’autosatisfaction ! Le spectacle est populaire, certes, mais est parfaitement huilé, efficace et nerveux! Y a pas de doute, la chanteuse est une vrai baroudeuse dans le domaine !

Sa voix autrefois maîtrisée, laisse de temps à autre place à une imperfection lyrique. Mais, ce n’est pas vraiment gênant ! C’est aussi ça la beauté d’un live !

L’icône de la chanson française se retire après une heure trente d’une prestation torride, mais  à l’image de sa personnalité: simple, amusante et chaleureuse. Humaine, tout simplement…

Il est minuit quarante-cinq… Le festival s’achève et déjà certains soulignent leur volonté de revenir l’année prochaine…

Les attentats perpétrés récemment n’auront pas entaché la bonne humeur de ceux qui étaient présents… N’est-ce pas l’essentiel ?

(Organisation : Ronquières Festival)

Voir aussi notre section photos ici

Warpaint relève la tête !

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« Heads up », c’est le titre du nouvel opus de Warpaint qui paraîtra ce 23 septembre. C’est le fidèle Jacob Bercovici qui s’est chargé de la production. Bien qu’évoluant dans l’univers de la pop alternative, cet elpee a davantage eu recours à l’électro. La guitare est toujours bien présente, mais elle est moins mise en exergue. Pour le concocter, la formation confesse avoir puisé ses influences chez Björk, Janet Jackson, Kendrick Lamar et Outkast.

Track listing

1. "White Out"
2. "By Your Side" 
3. "New Song" 
4. "The Stall"  
5. "So Good" 
6. "Don't Wanna" 
7. "Don't Let Go" 
8. "Dre" 
9. "Heads Up" 
10. "Above Control" 
11. "Today, Dear"  

Pour voir le clip du single “New song”, c’est ici 

Warpaint se produira dans le cadre du Pukkelpop, ce 18 août.

 

 

 

Une nouvelle B.O. de film pour Nick Cave

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« Skeleton Tree » paraîtra ce 9 septembre. Il s’agira du seizième opus de Nick Cave & The Bad Seeds. Cet LP sert de B.O. au documentaire « One More Time With Feeling » réalisé par Andrew Dominik, un film qui ne bénéficiera que d’un seul jour d’exploitation, la veille, soit le 8 septembre.

Le trailer de cet elpee est ici)

une bande annonce qui révèle les détails des sessions d’enregistrement, mais au cours de laquelle Nick Cave revient sur le drame qui a touché sa famille, en l’occurrence la mort accidentelle d’un de ses fils, Arthur, décédé suite à la chute d'une falaise près de sa résidence à Brighton, en juillet 2015, alors qu’il n’avait que 15 ans.

 

 

La flamme brûle toujours chez Neurosis

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Le prochain album de Neurosis devrait sortir ce 23 septembre. Intitulé « Fires within fires », il abordera le thème de la névrose. L’artwork de la pochette a été réalisé par Thomas Hooper et c’est l’ingénieur du son Steve Albinin qui s’est chargé de la mise en forme.

Track List

1. Bending Light
2. A
Shadow Memory
3. Fire is the End Lesson
4. Broken Ground
5. Reach

http://www.neurosis.com

http://www.facebook.com/officialneurosis

http://www.twitter.com/neurosisoakland

 

Des enregistrements posthumes déjà consacrés à Bowie

Écrit par

Ce 23 septembre paraîtra un coffret consacré à feu David Bowie. Intitulé « Who Can I Be Now ? », il s’intéressera à son oeuvre réalisée entre 74-76. Il fait suite à un autre box, paru en 2015 et baptisé « Five Years (1969 – 1973) ». Mais le plus intéressant procèdera de l’inclusion d’un album inédit, « The Gouster », concocté par l’artiste en 74.

Réunissant 12 CDs (ou 13 vinyles), mais également prévu en version digitale, ce coffret proposera tous les titres officiels gravés par Bowie entre 1974 et 1976 lors de sa période dite ‘américaine’.

Le nouveau mastering a été confié à Tony Visconti et bien évidemment le box inclura un livret… de 128 pages.

 

Un box consacré aux sept premières années d’existence du Pink Floyd

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Un box consacré aux débuts du Pink Floyd paraîtra ce 11 novembre 2015. Il s’intitulera « Pink floyd - 'the early years 1965-1972’ ». Et il réunira

- Des démos, apparitions TV et images live des archives de Pink Floyd

- 6 volumes plus un package bonus exclusif « Extras » à travers 27 CD’s

- Plus de 20 chansons jamais sorties auparavant incluant « Vegetable Man » et « In the Beechwoods »

- Des versions remixées et mises à jour de la musique de ‘Zabriskie Point’

- 7 heures d’audio live jamais commercialisé

- 15 heures et 35 minutes de vidéo incluant des performances et des interviews rares ainsi que 3 films

(D'après communiqué de presse)

 

Ronquières 2016 : samedi 6 août

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Le grand rendez-vous musical de la région du Centre jouit d’une popularité toujours croissante.
A peine cinq années d’existence et déjà les plus grands artistes s’y collent !
Le festival est sold out ! Ce ne sont pas moins de 36 000 personnes qui sont attendues sur la plaine.
Première journée très éclectique à Ronquières. Il y règne une atmosphère familiale qui n’existe nulle part ailleurs. La pyramide des âges y est bien représentée ! Ce qui est plutôt sympa !
Le week-end sera chaud et ensoleillé ! Que demander de plus ?
Seul bémol, une signalétique un peu trop vague. Pas facile d’atteindre le site ! Les militaires examinent chacun des véhicules mitraillettes en main ! Pas de doute, la sécurité n’a pas été négligée ! Ce qui est anxiogène pour certains est sécurisant pour d’autres ! Question de perception !
On est tous venus pour s’amuser ! Pour nous y aider, les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands afin de fêter dignement ce premier quinquennat !

Votre serviteur se présente pile poil pour le concert d’ouverture, c’est-à-dire celui d’Ulysse. Pour la circonstance, le singer s’était mis sur son… 31 !

Formé en 2013, ce tout jeune groupe réunit Arnaud Duynstee, Julien Gathy et Benoît Do Quang ; et il ne cesse de prendre du galon !

Une rencontre sur les bancs de l’école et une passion commune pour la musique débouchera sur une belle alchimie ! La référence à l'un des héros les plus célèbres de la mythologie grecque est plutôt osée ! C’est déjà très marqueté !

Un seul Ep publié en 2014 : « U as in Ulysse ». Ce qui a permis au band d’ouvrir les portes (bien méritées, il faut le dire) de la notoriété !

Très prometteur, sa deuxième livrée, « Cashmere Guns » est découpée en cinq titres aux lignes mélodiques beaucoup plus structurées. Preuve que la formation a gagné en maturité !

L’electro/pop contemporaine est servie à toutes les sauces ! Ce qui démarque ces gamins de la masse, c’est la fougue de leur jeunesse et l’inventivité des sons : un mix de pop, rock, folk, coloré d’un soupçon de hip-hop ; un univers sonore hybride lancinant et alléchant contaminé par des refrains additifs !

Sûr qu’ils seront sifflotés dans de nombreuses salles de bain durant les prochains jours !

Ces néo-musiciens sont véritablement habités par leur musique ! Votre serviteur avait pu assister à leur prestation quelques jours plus tôt au Dour Music Festival. Le live proposé aujourd’hui communique autant de sensations, voire plus… Lorsque les poils se redressent, c’est toujours bon signe !

Un set de quarante minutes, c’est peu lorsque c’est bon ! Mais, on doit faire avec, malheureusement…

Direction bâbord maintenant pour accueillir Mustii.

Thomas Mustin, chef de file, s’est illustré en publiant « The Golden Age » et « Feed Me », deux titres matraqués sur les ondes radiophoniques, au cours des derniers mois. 

Jeune artiste belge, acteur, auteur, compositeur et interprète, son univers musical baigne au cœur d’une pop électro enivrante. Un peu convenue, certes, mais bien ficelée ! C’est l’essentiel après tout !

La puissance de sa voix contraste avec son physique de jeune premier.

Dents blanchies, sourire ravageur et coiffure soignée (NDR : il aurait jouer le rôle de figurant au sein d’une vieille pub défraîchie pour un dentifrice), il arbore, en général, un vieux peignoir.

Pas de réelles surprises lors du live de ce soir ! Ni bonnes, ni mauvaises !

Le singer a tout de même assuré un concert digne de ce nom ! Non seulement, il possède un grain de voix très particulier, mais en plus, sa prestance scénique est hors du commun ! Les spectateurs en ont eu pour leur argent !

Très mature pour son jeune âge, il n’a cessé d’arpenter le podium, de long en large, au gré des compositions. De quoi provoquer l’essoufflement des spectateurs ! Parce que lui, le veinard, pétait la forme !

Point d’orgue, la reprise d’un standard de David Bowie, « Heroes ». Une réinterprétation osée, mais très juste, sacrément jolie et savamment dosée ! Une ode à la perfection ! 

Place ensuite aux Français de Hyphen Hyphen. Propulsés par le single « Just Need Your Love », Santa (chant/guitare/synthé), Line (basse/chant), Puss (guitare) et Zak (batterie) font de l’electro pop leur musique de chambrée.

Ce genre passe-partout s’inscrit, semble t-il, de plus en plus dans les mœurs culturelles d’une tranche de la population !

Le combo libère un groove à l’énergie brute de décoffrage ! Les compos puent l’oestrogène et la testostérone ! Bref, elles décoiffent ! De quoi, colorer la fête dans la bonne humeur !

Impossible de rester insensible aux soubresauts hystériques, à l’accoutrement et à l’étrange peinture fluo flanquée sur le faciès de celle qui tient la barre du navire !

Sans oublier ses chorégraphies de dingue ! Elle virevolte, saute et danse sans arrêt ! Et elle ne peut s’empêcher d’afficher sa joie d’être sur scène afin de nous faire partager son talent ! En même temps, son public n’est pas là pour s’emmerder ! Alors, autant mettre le paquet, quitte à grossir les traits !

Autre scène, autre ambiance. Sharko entame sa prestation à 15 heures 50. Plus difficile d’accès pour les non-initiés, la musique de David Bartholomé & Co est davantage rock. Et certains la qualifient même de pop surréaliste !

Enfin, de vrais instruments ! Exit boîte à rythmes et loops divers ! Ce qui fait un bien fou !

Le line up du combo a peu évolué depuis ses débuts. L’imparable Teuk Henri est toujours bien présent, aux guitares, et Olivier Cox a remplacé Charly De Croix à la batterie.

Sueur sur le front et odeur fétide sous les bras, Sharko est responsable d’un son crasseux, définissable entre mille. Il revient donc en force après un trop long hiatus de sept ans afin de présenter aux aficionados un nouvel opus ! Peut-être même celui de la renaissance ! Ou de la rédemption, c’est selon !

Bruts et puissants, les premiers riffs de guitare laissent entrevoir un concert de qualité !

David Bartholomé, auteur-compositeur-interprète et leader de la formation, se consacre à la basse ! Le quadra est moins excentrique que dans le passé ! Aurait-il chopé la sagesse ! Ses cheveux poivre et sel trahissent la (crise de la) quarantaine bien sonnée !

Autant le dire, « You Don’t Have To Worry », mixé dans le studio du New-yorkais Mark Plati (David Bowie, Alain Bashung…), frise la perfection ! Il renvoie les fans insulaires au feu sacré qui habitait le groupe à ses débuts !

Le trio balance des morceaux ravageurs et intenses ! Poisseux parfois aussi, il faut l’avouer ! La voix éraillée de l’Arlonais sublime chacune des compos !

Le dernier format est évidemment jeté en peinture au parterre ! Mais pas que !

Le concert navigue entre l’ombre et la lumière ! Une dose de doutes existentiels et un blues chronique. Intemporels, à l’image d’« I went Down ».

Assagi donc, mais tourmenté et à fleur de peau, la tête pensante a prouvé une fois de plus qu’il reste un des piliers du rock au sein du paysage musical belge.

Souvent imité, mais jamais égalé !

Le set s’achève par « Sweet protection », un titre qui aborde le thème de celle dont on a besoin. En filigrane évidemment, on y décèle les inquiétudes a peine dissipées, provoquées par la vague d’attentats que la Belgique a traversé.

Virage à 90° à droite pour le concert de Jain. A 24 ans seulement, la petite Jeanne à l’état civil s’impose comme l’icône pop de l’année !

Elle est venue présenter son nouveau-né. Baptisé « Zanaka » il signifie ‘enfant’ en malgache.

Seule sur les planches, elle est entourée de machines étranges, dont une boîte à rythmes. Elle se consacre au chant aussi. Pendant une heure, elle va arroser les spectateurs d’ondes positives…

Elle réalise des loopings à volonté et se sert d’une boîte à rythmes (NDR : période post Kraftwerk). La demoiselle parvient à s’inventer un monde aux allures de carnets de voyages qu’elle a réalisés durant une bonne partie de sa vie.

Fille d’expatriés, elle a parcouru le monde pour suivre les impératifs professionnels de son père.

Ses influences sont donc imprégnées de toutes ces cultures musicales ! Les percussions guerrières qui font rage sont au centre de sa musique ! Le style tangue entre hip hop, electro, reggae-dub ou encore funk tribal.

Son set est tout simplement explosif, torturé et déjanté ! Soixante minutes de pur bonheur !

Véhiculant des textes dans la langue de Shakespeare, sa voix douce et chaleureuse envoûte l’auditoire.

Sportive, elle ne cesse de courir de long en large ! Sûr que son podomètre doit afficher quelques chiffres au compteur ! 

Le parterre de fans le lui rend bien ! Il sautille, frappe des mains et applaudit à tue-tête. Faut dire que l’aura dont elle bénéficie est naturelle et sympathique ! Teinté d’un soupçon d’espièglerie quand même !

En guise d’au revoir, la belle descend de l’estrade et invite quelques personnes installées devant le podium à donner de la voix dans un drôle de micro ! Il s’ensuit alors des boucles de gimmicks qui accompagnent le pétillant « Come » sur fond de folie. Un régal !

Broken Back est un combo issu de Saint-Malo.

L’histoire de Jérôme Fagnet est peu banale. Un déplacement de vertèbre l’a immobilisé pendant quelque temps. Et c’est durant sa convalescence forcée que le gaillard s’est mis à composer.

Ses vidéos postées sur le net ont créé un véritable buzz ; ce qui lui a permis d’ouvrir les portes d’une gloire aussi surprenante que soudaine.

Accompagné simplement d’un drummer (NDR : parfaitement à l’aise, il faut le souligner !), son style mêle électro, folk et deep.

Folk à cause de sa voix et de l’interprétation. Mais aussi de la structure et de l’écriture des compo. L’électro, davantage dans le soin apporté à la production.

Ses influences sont nombreuses et variées ! De Cat Stevens à Buena Vista Social Club en passant par Supertramp, Lumineers, Ben Howard et Hozier.

La sphère est planante et nostalgique à la fois ! La toile captive l’auditoire ! Tout est ouaté et présenté en douceur, libérant de l’énergie à dose homéopathique.

Les compositions sont habillées par une voix chaude, profonde, puissante et mélodieuse à souhait. Variées, elles ont ce relief nécessaire tout en véhiculant une émotion forte !

Une belle surprise !

Votre serviteur n’assistera pas à la prestation de Lilly Wood and The Prick. L’interview de Sharko est en effet prévue en backstage. C’est la loi du métier ! On fait ce qu’on peut et pas ce qu’on veut !

Les stands ‘food’ se situent sur la gauche, côté bâbord. L’appel du ventre est de plus en plus lancinant. Il faut donc faire la file pendant près de quarante minutes si on veut éviter l’hypoglycémie !

Même si le stand de la Croix-Rouge se situe à une encablure, il vaut mieux ne pas prendre de risques !

Un choix cornélien s’impose maintenant ! Soit s’avancer vers Milky Chance et prendre le concert au vol (il ne reste de toute façon que quelques minutes), soit rester sur place et attendre patiemment que Puggy montre le bout de son nez. 

Après réflexion, si de l’autre côté du Rhin, les deux garçons déchaînent les passions, il n’en sera pas de même en ce qui me concerne !

Doucement, le soleil se retire sur la pointe des pieds, lassé de devoir caresser la peau des festivaliers. Qu’à cela ne tienne, sa cousine lointaine, la lune, commence à endosser son rôle et nous gratifie d’une luminosité légère !

L’ambiance feutrée est parfaitement propice aux compositions qui vont suivre ! Ca tombe bien, la plaine est noire de monde. Faut dire que le groupe jouit d’une belle notoriété depuis quelques années ! Même hors de nos frontières !

Après trois albums et plus de 500 dates à travers le monde, le plus cosmopolitique des groupes belges vient juste de publier son dernier elpee, enregistré entre Londres et Bruxelles ! Le quatrième. Et il s’intitule « Colours » !

En une petite dizaine d’années (NDR : la formation est née en 2005), le trio est parvenu à imposer son style pop british en gravant des titres convenus, plutôt taillés bande FM.

Le public est familial et s’y retrouve plutôt bien ! Peut-être pas très exigeant du reste !

Le batteur a été remplacé au pied levé ! Le claviériste a le bras dans le plâtre ! Sale temps pour les gars !

Les titres s’enchaînent à une cadence vertigineuse ! Comme si de rien n’était ! Une certitude, les musicos assurent ! Coûte que coûte ! S’agit pas de prendre une claque !

Le combo s’inscrit dans une zone de confort au sein de laquelle il s’encroûte (l’air de rien) en balançant des sonorités pop/rock dansantes trop carrées !

Les gars sont venus interpréter les chansons de leur dernier opus. Ce qui a fait le succès du band n’est pas en reste comme "When You Know" ou encore "Last Day On Earth (Something Small)".

C’est lisse à souhait ! L’ensemble est cousu de fil blanc ! Comme s’il s’agissait d’un play-back ! Aucune surprise ! Toute spontanéité a disparu ! L’ennui est proche…

Presque obligées, quelques jolies ballades viennent bercer les conduits auditifs des aficionados grâce à des nappes qui leur confèrent une configuration atmosphérique comme le joli « How I needed you » sur lequel la voix androgyne du singer vient se poser en douceur pour faire mouche !

Quelques baisers amoureux s’échangent ! La musique adoucit les mœurs !

Etendard de la scène belge, le groupe qui interprète exclusivement ses titres en anglais s’inscrit donc dans un environnement maîtrisé. Trop peut-être…

Les applaudissements sont nourris. A tort ou à raison ! Sans doute la rançon de la gloire !

Beaucoup de monde attend impatiemment l’acronyme AaRON (Artificial Animals Riding on Neverland).

Faut dire que le duo français réunissant Simon Buret et Olivier Coursier a été révélé par le film ‘Je vais bien, ne t'en fais pas’ de Philippe Lioret, dont la chanson « U-Turn (Lili) » a été reprise comme thème principal de la bande originale.

Haro sur celui qui prétend n’avoir jamais entendu cet hymne à l’amour quasi-international !

L’environnement est à l’image de la carrière du duo ! Alors que certains titres déclenchent peu d’éclats et plongent le mélomane dans une frénésie poétique et tamisée, d’autres sont plus électroniques et dansants, proches de la new wave des années 80.

On passe donc d’un élan pop à une saillie synthétique sans vergogne ! Un partage entre spleen et une envie de trémousser son popotin jusqu’à n’en plus finir. Ce qui confère à l’ensemble soit un fond nostalgique où la mélancolie l’emporte sur le reste et fait appel aux déchirures, soit un appel irrémédiable au dancefloor.

D’une manière générale, tant dans le son que le visuel, ce live reste très sombre et éthéré ! L’intrigue et l’énigme n’ont pas leur place. Le light show épuré et ses lumières chaudes renforcent cette impression !

Un anniversaire ! Le premier du festival ! Les organisateurs ont décidé d’offrir à la foule une surprise ! Elle est de taille puisqu’un mapping video tout droit dirigé vers la tour du plan incliné de Ronquières est projeté !

Pour les incultes, il s’agit d’une technique qui permet de projeter de la lumière ou des vidéos sur des volumes, de recréer des images de grande taille sur des structures en relief, tels des monuments ou de recréer des univers à 360°.

Grâce à l'utilisation de logiciels spécifiques, des jeux d’illusion optique ont tantôt rendu confus la perception de cette grande tour de béton ou tantôt induit en erreur insidieusement le spectateur à partir de la déconstruction illusoire de ce qui était statique.

Durant un quart d’heure, de drôles de lutins et autres créatures célestes ont provoqué une frayeur (bien réelle cette fois) en jouant avec les reliefs, transformant ce qui est vrai par des illusions et des images aux possibilités infinies.

Tout simplement époustouflant !

Il est près de 23 heures 30 lorsque les premiers décibels dispensés par la musique de Selah Sue grondent. L’accent flamand de la belle est distinct !

Malheureusement, votre serviteur a bien bourlingué durant cette édition. La fatigue le ronge depuis un moment déjà. Il a de la route pour rentrer au bercail, et s’il veut être en forme demain, il n’a d’autre choix que de tourner les talons… pour regagner son véhicule !

Une bien belle journée placée sous le signe de l’éclectisme, de la découverte et la bonne humeur !

Que nous réserve ce dimanche ?

(Organisation : Ronquières Festival)

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Brussels Summer Festival 2016 : samedi 6 août

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Il est 19h15. Votre serviteur débarque au Monts des Arts. Il y recense à peine 40 âmes devant le podium, alors qu’une centaine d’autres profitent des derniers rayons de soleil qui dardent le côté droit des marches du complexe urbanistique. Serait-ce dû à la concurrence de plus en plus forte exercée par les autres festivals ? Entre celui d’Esperenzah et de Ronquières, qui affichent complet, et le Micro de Liège, consacré exclusivement aux découvertes (NDR : malheureusement pas vraiment d’actualité ici), le choix devient de plus en plus difficile pour le mélomane. Néanmoins, la veille, 8 000 personnes avaient participé à la soirée d’ouverture ; ce qui manifestement avait l’air de réjouir les organisateurs…

Antoine Hénaut aurait mérité un auditoire bien plus conséquent. Le teint pâle et chaussé de lunettes fumées, il accuse un bon quart d'heure de retard lorsqu’il grimpe sur l’estrade. Il est flanqué de son backing group ; soit un second gratteur, un bassiste/contrebassiste, un batteur et un claviériste. Le Montois tente de chauffer l’ambiance en invitant régulièrement le maigre public à faire du bruit. Entêtants mais parfois aussi un peu trop simplistes ses refrains laissent dubitatifs ; à l’instar de « La vie s’écoule ». Mais progressivement, le site se remplit et le set gagne en vitalité. Il atteint même son point d’orgue lors de l’interprétation du single « Inévitable », avant qu’il ne s’achève par « For intérieur ».

Paranoïa anti-terroriste oblige, chaque spectateur est fouillé minutieusement (au détecteur de métaux) avant de pénétrer dans la Madeleine. Il est 20h30 et Brisa Roché monte sur les planches à l’heure pile. Il n’y a que 200 personnes pour l’accueillir, soit un quart de la capacité de la salle. Néanmoins, les musicos se révèlent plus qu’enthousiastes et tout particulièrement la choriste, plantureuse. Brisa est vêtue d’une longue robe aux motifs asiatiques. Huit ans plus tôt votre serviteur l’avait découverte dans le cadre des Nuits Botanique (NDR : voir la review ici). Bien que d’origine américaine, elle s'exprime en français. Et dès le deuxième titre, elle brise (?!?!) le talon d’une de ses chaussures et sollicite son remplacement (NDR : de son soulier, of course !) Mais finalement, elle décide de se produire pieds nus après avoir invité l’auditoire à exprimer son choix sur le sujet. Belle opération de com’ ! Elle se révèle très à l'aise sur scène. Haut perchée, sa voix évoque tour à tour Björk, Bianca Casady (CocoRosie) voire Chelsea Wolfe, dans les rares moments plus sombres. Un show multi facettes qui réserve des morceaux plus électro et dansants, dans le registre du dernier Ep, « Disco », paru en mai dernier.

Place ensuite à Mickey 3D. Ses membres semblent s'ennuyer ferme, que ce soit le leader Mickaël ou la choriste/claviériste Najah, jadis pourtant passionnée. Résultat des courses, l’ambiance retombe d’un cran. Et de toute évidence, ce spectacle ne va pas nous faire mourir de rire. Après avoir plongé la foule dans une profonde léthargie, « Matador » la réveille (enfin) quelque peu. Mais le sursaut est de brève durée, car « Respire » qui embraie, est tout bonnement peu inspiré. Les déclarations se limitent à des poncifs du style ‘Merci et bonne fin de soirée’. Un rappel quand même, « Rallonge tes rêves », un morceau censé nous plonger dans un univers féerique. Mais qui n’y parviendra pas. Finalement, Furnon va miraculeusement retrouver son enthousiasme pour aborder le dernier morceau, « Le chaudron », c’est-à-dire le stade Geoffroy-Guichard, une compo qui glorifie son équipe de foot de cœur, Saint Etienne. A défaut de se montrer grand orateur ce soir, il a rappelé qu’il était un fervent supporter des Verts. Mickey 3D est probablement en bout de course ; et pourtant, en 2005, la formation avait accordé un show autant électrique que sympathique, au festival de Dour. Depuis de l’eau a coulé sous les ponts. De la Loire, bien sûr.

Feu ! Chatterton jouit d’une belle popularité en Belgique. Popularité qu’il a acquise en se produisant, notamment, au Botanique (Rotonde et Orangerie) ainsi que dans le cadre du festival des Ardentes. C’était en 2015. Mais il y a quelques mois, il s’est révélé encore plus performant, tant au Cirque Royal que lors des Nuits Botanique. Logique donc que la foule se presse au Mont des Arts. Fougueux, « Ophélie » ouvre le set. « Fou à lier » et « Côté concorde » s’enchaînent pour le plus grand bonheur des fans. « Boeing » prend son envol et incite l’auditoire à esquisser quelques pas de danse. Tout comme lors du final, « La Malinche ». En rappel, « Je l’ai toujours aimée », un titre empreint de tendresse, se révèle digne du meilleur de Dominique A. Faut dire qu’Arthur a un don particulier pour narrer ses histoires peuplées de métaphores, des contes aux envolées lyriques et théâtrales. Mais perso, j’estime qu’elles passent mieux la rampe au sein d’une salle sombre et intimiste qu’en open air. Le peuple qui est venu assister au concert semble principalement constitué de Bobos, qui ont acquis un pass de 10 jours pour passer le temps en ‘after-work’ ou en début de soirée, afin de siroter quelques bières et passer du bon temps, plutôt que réellement aller à la découverte des artistes en devenir. 

(Organisation : BSF)

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Le prochain album de Vincent Delerm bientôt disponible !

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Le nouvel album de Vincent Delerm sortira ce 07 octobre 2016.
 
Intitulé "A présent", la bande annonce est disponible en cliquant ici.

Blondino dévoile son premier EP "L'amour n'est-il" !

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Après "Oslo" et "Mon amie", un trosième extrait du 1er Ep de Blondino fait l'objet d'un clip : "L'Amour n'est-il". Une fois de plus, la voix de Tiphaine Lozupone fait mouche et envoûte avec ce titre entre folk et sonorités électroniques.

Créé par le jeune duo de réalisateurs parisiens R&D, le clip de "L'amour n'est-il" plonge Blondino au centre d'un kaléidoscope où son image se dénude, se transforme et se démultiplie.

L'amour n'est-il pas à retrouver tout l'été sur France Inter, et dans ce clip graphique qui nous plonge dans l'inconscient sensible de Blondino.

Le clip "L'amour n'est-il" est disponible ici .

 

Bel-Air ré-invente la pop française !

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Bel-Air ré-invente la pop française, en y laissant entrer les codes du rock alternatif anglo-saxon.

Le clip de "Shannie" est disponible en cliquant ici.

 

LYS

Un rêve d’adolescent, devenu réalité…

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Quatuor breton, LYS jouit d’une authentique crédibilité outre-Manche. Faut dire qu’il a bénéficié, notamment, du soutien voire de la collaboration de Steve Hewitt (batteur emblématique de Placebo), du fameux producteur anglais Paul Corkett (The Cure, Bjork, Nick Cave, Radiohead, Fiction Plane, Placebo…) ainsi que de Craig Walker (Archive, The Avener). Le groupe se produisait, pour la deuxième fois, dans le cadre du festival ‘La Vie en Rock’, un événement destiné à récolter des fonds pour la lutte contre le cancer (NDR : ne pas oublier que cette maladie tue, chaque année, 3 500 Hennuyers). Nicolas, son leader charismatique, a accepté de répondre aux questions de Musiczine…

Dès les premières secondes de « Redbud », la musique baigne au sein d’un climat festif et communicatif ; elle est plus rock et plus mature que sur le précédent opus. Aviez-vous fixé une ligne de conduite particulière pour enregistrer cet elpee ?

En fait les éléments se sont goupillés tout naturellement. Je souhaitais concocter un album positif. Le premier était plutôt mélancolique. Celui-ci l’est un peu moins ! Je voulais qu’il soit plus entraînant. J’avais vraiment envie de faire évoluer le son.

On retrouve du beau monde derrière ce disque. Notamment, Steve Hewitt (ex-batteur de Placebo), Paul Corkett (producteur anglais de The Cure) et aussi Craig Walker (ex-Archive), qui cosigne certains lyrics et figure comme invité sur « The Mistake ». Comment ces collaborations sont-elles nées ?

Il est clair que collaborer avec des pointures du genre constitue un plus dans la carrière d’un artiste ! Est-ce indispensable ? Je ne le pense pas ! C’est clairement une belle carte de visite, par contre ! Se nourrir de l’expérience des uns et des autres permet de progresser et de se redéfinir dans la confiance que l’on peut avoir vis-à-vis de soi et d’autrui.

On sent chez LYS une certaine filiation avec le meilleur des hymnes pop rock anglo-saxons. De qui Lys pourrait être est le digne successeur ?

Nous sommes assez proches de la ligne mélodique de Placebo. J’adore la première époque du groupe. Il a apporté du neuf dans le rock ! En France, il n’y a plus vraiment d’émergence dans l’univers du ‘rock alternatif’. La mouvance est surtout électro, rock-électro ou encore indie. Nous sommes peut-être le premier groupe de rock alternatif qui mise sur la qualité (rires).

Le premier long playing vous a permis de vous produire en Europe, et notamment à Londres, mais également aux Etats-Unis, au travers de grands festivals comme le SXSW d’Austin ou le CMJ de New York, en 2013, ainsi qu’en Chine au MIDI de Shanghaï et Beijing, en 2014. Que retirez-vous de ces expériences ?

Une richesse artistique et humaine à la fois ! Par exemple, en Chine, le bénéfice a pris davantage la forme scénique que professionnelle. Le public, très nombreux, a été réceptif à notre univers. C’était tout simplement magnifique. Comparativement au Texas, la démarche était donc un peu différente ! Les Américains aiment le rock et y connaissent un rayon ! Nous avons pu rencontrer des gens du milieu et nouer des contacts professionnels. Leur spontanéité est très appréciable !

Aujourd’hui, on est loin de vos premières répétitions dans ce vieil hangar breton. Quel regard portes-tu sur ton parcours et celui de LYS ?

J’ai fait de la musique, mon métier ! Un rêve d’adolescent ! Devenu réalité aujourd’hui ! J’ai davantage les pieds sur terre que je ne les avais autrefois ! Je reste conscient que tout peut s’arrêter un jour sans crier gare ! Ce monde est friable ! La somme de travail et d’investissement est colossale ! Je me suis battu pour devenir ce que je suis ! Plus globalement, peut-être aurions-nous pu prendre davantage d’envergure… Nous avons déjà une certaine notoriété ! Nous ne le devons qu’à nous-même !

LYS est un groupe français qui chante en anglais. Est-ce un choix artistique ou marketing pour mieux s’exporter ?

Il s’agit d’un choix purement artistique !

Comment se déroule le processus de création ? Es-tu le seul aux commandes ou chacun apporte-t-il ses idées ?

Chacun peut amener sa pierre à l’édifice. Généralement, j’amène la base, c’est-à-dire la mélodie, la structure et les textes. Anthony, mon guitariste ajoute des riffs qui communiquent au format une couleur particulière. Steve Hewitt a assuré la partie rythmique.

Le line up de LYS a beaucoup changé depuis ses débuts ! Est-il difficile de maintenir le paquebot malgré les défections de certains de ses matelots.

Les gens se barrent parce que je suis un gros con (rires) ! Peut-être que certains le pensent après tout (re-rires) ! Pour rester sérieux, constituer un groupe est un travail de longue haleine. Idem pour garder ses membres ! Depuis 2013, ce sont plus ou moins les mêmes ! Il suffit de s’entourer de la bonne équipe ! Me concernant, j’ai mis du temps à la trouver, c’est vrai…

La bassiste est nouvelle au sein du band…

Il s’agit de notre troisième bassiste depuis la constitution du groupe en 2008 !

Confidence pour confidence, celle qui figurait dans le clip « In my mind » dégageait quelque chose…

C’était notre première bassiste !

Si je te dis que j’ai fantasmé sur cette femme…

Pas étonnant ! Moi aussi, il y a très longtemps. C’était ma copine de l’époque (rires).

Oups, désolé !

Ne le sois pas (rires), c’est naturel !

Je suis rassuré alors (rires) !

Tout compte fait, sois désolé ! Non, je déconne (rires) !

En écoutant LYS, on a l’impression que le temps n’a pas d’emprise sur les tubes… Il y a une sorte d’intemporalité dans les sons et les arrangements, à l’image de The Cure, par exemple…

J’adore ce groupe ! Je les ai redécouverts récemment ! Ca me fait plaisir ce que tu dis ! J’espère que tu as raison ! L’avenir nous le dira !

C’est la deuxième fois que LYS se produit dans le cadre de la Vie en Rock. Est-il important pour vous de participer à ce genre d’évènement caritatif ?

Oui, effectivement, c’est très important ! Je connais un peu l’organisatrice (NDR : Janique Saussez). Elle nous suivait régulièrement lors de nos passages en Belgique. C’était une fan. Une groupie même en quelque sorte. Toujours fidèle à notre univers. Du coup, j’estimais tout à fait logique d’être présent au festival qu’elle organise. Par rapport à ce qu’elle a vécu aussi en particulier et à la thématique de ce soir en général ! C’est un fléau ! Il faut le combattre ! Les artistes doivent pouvoir s’impliquer pour récolter des fonds !

Vous êtes-vous déplacés expressément pour cette date belge ?

Nous avions un concert en France hier soir ! Nous étions donc sur la route ! Mais, nous aurions pu faire un aller-retour uniquement pour cette date belge.

D’autres participations pour d’autres causes ?

Oui ! Pour l’association Laurette Fugain qui lutte contre la leucémie. Nous avions joué à l’Olympia de Paris.

Les artistes étrangers disent souvent que le public belge est bon client. Quel est ton rapport avec la Belgique ?

Les Belges sont effectivement de bons clients, mais davantage en cas d’effet de masse. En dehors, ils sont un peu timides, quand même ! Ce soir par exemple, il a fallu attendre la fin du set pour que le public ne sorte de sa léthargie !

De qui te sens-tu artistiquement proche en Belgique ?

J’aime beaucoup Ghinzu. dEUS également. Puggy aussi, c’est sympa. Arno est un artiste assez éloigné de notre univers, mais l’homme me plait. C’est un type complètement décalé. Ca fait du bien d’avoir des mecs comme lui dans le paysage musical !

On dit souvent qu’une fille au sein d’un groupe de garçons suscite une certaine rivalité. Cette cohabitation provoque-t-elle ce phénomène chez Lys?

Pas du tout ! Pas avec Manon en tout cas ! Je te rejoins, les nanas sont chiantes par essence (rires).

Vous avez été repérés par une grande marque de vêtements qui a sorti une ligne à votre nom ‘LYS by IKKS’. C’est quand même assez peu courant non ?

C’est une opportunité qui s’est présentée en 2012. Cette idée m’a séduit immédiatement ! Ce qui a permis de se produire en showcase dans des magasins approvisionnés par IKKS. Sans oublier les fringues et une bonne communication surtout ! C’était une expérience super sympa !

Pour terminer, as-tu une petite info croustillante à dévoiler pour les lecteurs de Musiczine ?

Nous allons probablement partir en tournée au Japon, en Afrique du Sud et en Australie. Nous sommes sur des plans exotiques en ce moment.

 

 

Debout Sur Le Zinc

Une nouvelle aventure qui continue…

Écrit par

Debout Sur Le Zinc est un septuor issu de la ‘nouvelle scène’ française, mouvement qui a émergé au milieu des nineties, et dont la musique –ma foi originale– puise ses sources à la fois dans le folklore tzigane, yiddish et oriental, mais également dans le rock. A son actif une dizaine d’elpees, dont le dernier, « Eldorado », est paru en 2015. La formation se produisait dans le cadre du dernier festival LaSemo. En toute décontraction, Simon Mimoun et Romain Sassigneux ont accepté d’accorder un entretien à Musiczine, fort intéressant… 

Quand vous avez choisi Debout sur le Zinc comme patronyme, c’était en référence aux troquets ou suite à une soirée bien arrosée ?

S : Pas vraiment. Enfin, un peu quand même. Au début, on fréquentait des zincs parisiens. Cette scène est considérée comme celle du pauvre. On s’y produisait quand il n’y avait pas d’autres endroits où jouer. Et puis, un peu plus tard, on s’est rendu compte qu’il s’agissait d’un poème de Prévert intitulé ‘Debout devant le zinc’. Ce qui nous a confortés dans ce choix.

La musique balkanique et le jazz manouche, c’est votre fond de commerce ?

S : Au début, c’était le cas. Ce sont nos influences fondamentales. C’est la raison pour laquelle on y reste attachées. Mais il est vrai qu’on s’en est éloigné depuis. Ou plus exactement, on les a intégrées, digérées.
R : Oui mais le jazz manouche est quasiment passé à la trappe. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne l’aime pas. Un morceau figurait dans notre répertoire, à l’époque. On écoute encore ce type de musique ; mais il n’entre plus en ligne de compte dans notre création. Faut dire qu’aujourd’hui, on dispose d’une palette tellement large de sources. Et on continue à mêler les genres pour obtenir quelque chose de nouveau. C’est devenu du mélange de mélange de mélange… D’ailleurs les références balkaniques sont également reléguées au second plan…
S : Evidemment quand tu te sers d’un violon, d’une clarinette, d’une contrebasse, d’un accordéon et d’autres instruments du style, on ne peut qu’avoir une propension à pratiquer ce style musical. Mais c’était surtout vrai à l’origine, quand on se produisait dans la rue. Cette époque date quand même d’une vingtaine d’années.

Quel est le processus d’écriture des lyrics et de la musique ?

R : Nous sommes deux à écrire les textes. Et la musique est composée en groupe. Afin d’être tous impliqués dans le processus, il est important que chacun se réapproprie les morceaux.

S : C’est ce qui diffère entre un véritable collectif et des musiciens qui sont au service d’un leader. Tout le monde y met un peu du sien, se reconnaît dans le propos, dans la musique et s’approprie vraiment les choses en ayant le droit de dire ‘C’est ma chanson’.

Et qu’est-ce qui vous inspire pour l’écriture de vos chansons ?

S : En deux décennies, il y a vachement eu du changement. On ne traite plus des mêmes sujets à vingt ans ou à quarante ans. A travers les textes, on reflète des émotions…
R : On a longtemps privilégié les chansons d’amour. Aujourd’hui, on s’intéresse davantage à des questions existentielles sur lesquelles on bute. Un obstacle qu’on n’arrive pas à franchir se traduit souvent en chanson. Et lorsqu’on est sur notre lancée, on s’ouvre alors à des thèmes plus larges. Sur le dernier album, par exemple, on en traite des tas de différents.
S : Le prochain disque sera moins introspectif que le précédent. Un peu plus ouvert sur le monde, également. Ces premières chansons d’amour étaient, pour ma part, de fausses chansons d’amour. On en a conservé quelques-unes, mais on exprime maintenant surtout ce qu’on ressent par rapport à des questions difficiles à expliquer...
R : Elles traitent surtout des relations humaines.
S : On les relate en se servant de nos mots. Mais on cherche à leur donner une forme un peu poétique. Et ce qui devient magique, c’est que les gens comprennent des messages différents de ceux qu’on a voulu faire passer. En quelque sorte, ils s’approprient à leur tour les chansons. Et ça c’est absolument génial. On donne une chanson. On la livre en pâture. Et eux se disent : ‘C’est pour moi qu’il l’a écrite. C’est ma vie qu’il décrit.’ Elle pénètre dans leur existence ; et c’est ça qui est fort. Elle se transforme en odeur ou un souvenir vraiment précis d’une époque.

En deux mots, à quoi ressemblera le nouvel opus ?

S : Il en faudrait bien plus pour le décrire. Si avait pu le définir en deux mots, on l’aurait limité à autant de termes. Certains titres sont plutôt rock et les autres sont plutôt moulés sous un format ‘chanson’. L’équilibre recherché est différent. Il s’intitulera « Eldorado ». Il parle de nous et du monde. C’est le premier album enregistré depuis vingt ans auquel participent deux nouveaux membres.
R : C’est un tournant, mais il poursuit une même route. Et comme je le soulignais tout à l’heure, les deux nouveaux apportent leur coloration à l’ensemble. Et on ressent ces nuances. D’autant plus qu’il s’agit de la basse et de la guitare, des éléments qui constituent le fondement de la structure musicale. Le son est un peu différent, mais il appartient toujours à notre univers. Cinq musicos figurent toujours dans le line up, quand même. C’est tout simplement une nouvelle aventure qui continue…

Sur votre elpee « La fuite en avant », paru en 2011, figurait un titre qui s’intitulait « Sur le fil, l’équilibriste ». Reflétait-t-il une certaine forme d’état d’esprit entretenu par le groupe, à l’époque ?

R : On écrit chacun de notre côté, en équilibre. Nous sommes des indécis. C’est notre mode de fonctionnement.
S : Le plus drôle, c’est que lorsqu’on a pondu ces chansons on a utilisé des mots sans se concerter. Ces assonances forment un groupe. Finalement, on s’est retrouvé sur le même champ lexical.
R : Il existe plein de paramètres. C’est une question d’âge aussi. On traverse des événements similaires à un certain moment de la vie. Et ils peuvent se retrouver dans des titres de chansons, dans des thèmes. En l’occurrence, quand on creuse un peu, elles ne racontent pas du tout la même chose. Mais il est vrai que de telles similitudes sont étonnantes. Je n’avais pas fait le rapprochement.

Existe-t-il une grande différence entre le live et le studio pour le groupe ?

S : Oui. Au début, il n’y en avait pas tellement. Notre ex-guitariste était très ‘à cheval’ là-dessus. Il disait : ‘Un disque et un concert, c’est totalement différent’. Faut dire qu’on a commencé par jouer en public. Ensuite, on a eu l’opportunité d’enregistrer. En mettant en exergue les arrangements musicaux. Sur les planches, en fait, on n’a pas le temps de tout voir. De tout entendre. De comprendre la signification des textes. De discerner tous les arrangements. On est surtout sensible à l’ensemble, à une énergie, des émotions qui sont un peu brutales. Donc, c’est forcément différent d’un disque qu’on peut réécouter à loisir en se concentrant sur le son ou un instrument particulier, en relevant une parole marquante ou une intonation particulière. Donc oui, c’est différent.
R : Souvent, on réarrange un peu les morceaux pour la scène ou on accélère leur tempo. Mais c’est quand même la même matière au départ.

Quelle importance accordez-vous aux harmonies vocales ?

S : C’est un fantasme !
R : Nous ne sommes pas les Beach Boys, mais on essaie de soigner les harmonies et la mélodie. Surtout la mélodie. Elle est importante pour nous. Elle doit pouvoir nous bercer, nous transporter. Mais aussi le climat musical au sein duquel baigne la chanson. Ce que cette musique peut communiquer comme couleur et émotion. Son message. Le texte est également primordial.
S : Nous souhaitons que les chansons restent gravées dans la tête. Tant la musique, les paroles que la mélodie. J’ai aussi constaté qu’un disque s’écoute rarement en groupe. A contrario du concert. Les chansons appartiennent à une certaine forme d’intimité. C’est la petite madeleine de Proust que chacun écoute à un moment de sa vie, à un moment où il est tranquille.
S : Perso, la voix est un moyen d’expression. Nous aimons le chant, mais nous ne sommes pas des chanteurs à voix. On raconte simplement les événements qui nous arrivent ou qui arrivent aux autres.

C’est une fille qui se consacre aujourd’hui à la guitare. Qu’apporte-t-elle en plus dans le groupe ?

R : Rien du tout (rires).
S : Ce n’est pas important que ce soit une fille.
R : Parce que c’est une femme ? Elle a sa propre personnalité et son toucher de guitare est très personnel, gracieux. Féminin, bien évidemment. Ce qui ne l’empêche pas de pouvoir rentrer dedans.

Nos interlocuteurs avouent apprécier Léonard Cohen, Neil Young et les Beatles. Ou plus exactement un hybride entre les trois. Jacques plutôt que Thomas Dutronc, car il n’est pas de leur génération. Trust également. Romain estime que Renaud est un grand poète. Ils considèrent Gainsbourg comme le plus anglo-saxon des compositeurs français. En fait, ils aiment davantage le rock anglais qu’américain. Où, à leur avis, les artistes y sont plus créatifs. Quoique Calexico impressionne particulièrement tous les musicos de la troupe. Enfin, parmi les Belges, ils connaissent Balthazar, Stromae (bien sûr) et apprécient Puggy, qu’ils ont justement découvert au LaSemo…

En concert, dans le cadre de la fête de la Wallonie, ce samedi 17 septembre 2016, à Namur.

 

Opeth lève un coin du voile sur son prochain opus

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Opeth vient de dévoiler "Sorceress", titre éponyme de leur douzième album qui sortira 30 septembre prochain sur Moderbolaget Records (qui n'est autre que le label du groupe lui-même), en collaboration avec Nuclear Blast. Douze nouvelles compositions qui seront disponibles en format CD, double CD digipack, double vinyle ainsi qu'en version deluxe, dans un coffret en bois, réservé aux plus collectionneurs. 
 
Que les amateurs de Metal prog' n'oublient pas cette date dans leur agenda : 17 novembre '16 à l'Ancienne Belgique. Le rendez-vous est pris !  
 
 
 

Pauline Croze et sa "Bossa Nova"

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Pauline Croze a surpris et séduit son monde avec son dernier album Bossa Nova qui relit des classiques brésiliens, et les meilleures adaptations françaises de la Bossa Nova.
 
Sur ce quatrième album de Pauline Croze, qui fait suite à Le Prix de l'Eden sorti en 2012, on retrouve des échos d'artistes comme Claude Nougaro, Pierre Barouh, Nino Ferrer, Tom Jobim, Chico Buarque, Georges Moustaki, Vinicius de Cantuaria et tant d'autres.
 

Ces monuments brésiliens, ces bossa nova immortelles, loin de les murmurer en une caresse d’usage, Pauline Croze les chante à gorge pleine, les aborde fraîche, frontale, spontanée, avec la sensibilité qu'on lui connaît et sa voix au grain si particulier.

La Fille d’Ipanema, Les Eaux de Mars, Voce Abusou, Samba Saravah, Essa Moça Ta Diferente, A Felicidade, Manha do Carnaval, toutes ces chansons inoubliables retrouvent un air de jeunesse en prenant des chemins buissonniers.

On retrouve Pauline Croze pour un nouvel extrait vidéo, "Tu Verras", titre immortalisé par Claude Nougaro et qui est une adaptation française de O Que Será? (À Flor da Pele), chanson originale du brésilien Chico Buarque ! Cliquez ici .

 

 

Bronze

Live in San Francisco

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Fondé par John Dwyer (Thee Oh Sees), Matt Jones et Brian Lee Hughes, le label Castle Face a toujours la noble ambition de perpétuer l’âme rock californienne ; et notamment à travers des prestations ‘live’ immortalisées au sein des salles de concerts à San Francisco. Après Ty Segall et White Fence, l’écurie établie au sein de la Bay Area a décidé de mettre Bronze en exergue. Un trio drivé par le très remuant Rob Spector. Evoluant pourtant toujours en seconde division, le combo pratique un proto-punk expérimental aux accents psychédéliques, pour ne pas dire dissonants. Incantatoires, vindicatives, les compos véhiculent des textes dispensés en spoken-word. Les claviers sont la plupart du temps hantés (« Dulcinea »). Le set illustre à merveille les 3 elpees du band et reflète, à la perfection, le climat quasi-tribal entretenu par Bronze, dans sa musique. Et nonobstant cette forme de dissonance, elle libère une énergie proche du délire, collant parfaitement à l’exercice en live. 

 

Kabak

Avu

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Fondé en 2009, Kabak a publié son premier opus en 2013. Ce qui lui a permis de se produire lors de festivals prestigieux. Et notamment dans le cadre du Montreux Jazz Festival.

Trois ans plus tard, le groupe helvète (NDR : il est issu de Genève) propose son second elpee. Intitulé "Avu", il maintient le cap, soit en replongeant une nouvelle fois au sein des nineties. Sculptées dans un rock –ma foi– énergique, les huit plages lorgnent le plus souvent vers Noir Désir. Quant aux textes, ils cultivent la forme abstraite et métaphorique d’un Bashung. Le tout au sein d’un climat particulièrement sombre. Pas de quoi vous filer la ‘banane’ ! Et encore moins de vous en mettre plein l’« Avu »…