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Stéphane Reignier

Stéphane Reignier

Laurent De Prins, auteur-compositeur-interprète bruxellois de 27 ans, est passionné de musique depuis son plus jeune âge. Adolescent, il écoute Shawn Mendes et Enrique Iglesias, qui lui donnent envie de prendre ses premiers cours de chant à 14 ans et de guitare à 16 ans.

Trouvant dans l'art un fantastique moyen d'expression, Laurent développe ses talents artistiques et poursuit des études supérieures de graphisme et d'infographie. Mais c'est surtout dans l'écriture et la composition qu'il trouve le moyen d'exprimer ses émotions avec sincérité et profondeur. 

Ses chansons, à la croisée de la pop, de la folk et de la pop-rock, se distinguent par des mélodies aériennes et des textes introspectifs. Laurent y aborde des thèmes universels : la résilience, la quête de soi, l'amour et la force intérieure. Chaque titre reflète un pan de son parcours personnel, transformant ses expériences en messages d'espoir et de courage. 

Son premier EP réunit 6 titres portés par une voix à la fois douce et affirmée qui mêlent émotion brute et simplicité mélodique. Ils racontent la bataille personnelle que chacun mène contre ses peurs, ses fragilités ou les épreuves qui jalonnent une vie. Ces titres parlent à tous ceux qui se sont déjà sentis déstabilisés, fragilisés… mais qui ont choisi de tenir bon.

Musicalement, cet EP s’inscrit dans une pop actuelle, accessible, à la croisée des influences de Shawn Mendes, Ed Sheeran ou Lewis Capaldi.

Fighter est à l'image de son auteur : combatif et sensible.

Fighter, un hymne à la persévérance.

A écouter ici.

« Éviter la chute, craindre la rechute, garder ma matrice sous les cicatrices », chante Auren sur Record, pièce maitresse de son nouvel album Réciproque, où le temps long du diagnostic et de la guérison se retrouve dans le champ lexical de la course et de la médecine.

Chez Auren, dont le timbre cristallin est aussi victorieux que le piano qui le (trans)porte, les faux-semblants n’ont plus leur place. Elle avait besoin de faire ce parallèle entre le trail et le parcours douloureux de la PMA, la condamnant à être une femme « nullipare ». Incomplète, donc, dans l’inconscient collectif.

La lumière, elle la trouve en courant de longues heures en montagne. Pratiqué quotidiennement, le trail (qui la conduit jusqu’à prendre des dossards pour des courses) met son corps au service du mental. Plus facile, que de subir, perfusions, opérations et violence gynécologique.

Écho d’un sujet très intime, Auren nous livre un titre singulier qui affirme, malgré une endométriose galopante, maladie récemment déclarée cause nationale, son goût de vivre, intense et contagieux.

Un extrait ici.

Le quatuor dark post-rock BANK MYNA rejoint le roaster Cerbère Coryphée / Dead Pig et annonce une tournée européenne au côté du trio blackened doom DEÛLE.

Formation parisienne initiée en 2013, BANK MYNA est l’artisan d’un univers singulier où se mêlent post-rock sombre, drone, expérimentations et incursions doom. Le quatuor pratique une musique qui se déploie lentement, qui est texturée, immersive et habitée d’une intensité émotionnelle persistante. Une voix spectrale et obsédante traverse le silence et le bruit comme une invocation, guidant l’écoute à travers des paysages qui vacillent entre fragilité et effondrement.

Leurs performances scéniques proches de la transe ressemblent moins à des concerts qu’à des rites partagés : des moments d'immobilité percés d'éruptions, attirant l'auditeur avant de le submerger dans la puissance sonore.

Sur scène, le quatuor ne donne pas des concerts, ils ouvrent des brèches. Entre silences hypnotiques et explosions sonores maîtrisées, le public est d’abord happé, puis entièrement immergé dans une vague de puissance et d’émotion. La performance prend des allures de transe collective... A retrouver cet automne en Europe, au côté du groupe de doom DEÛLE, groupe formé fin 2020 dans la grisaille de la ville fendue par la rivière dont le groupe tire son nom, DEÛLE dépeint notre errance existentielle dans la sollicitation permanente de nos vies urbaines.

Un extrait ici.

Marianne Perrudin revient avec des nouveaux singles folk chantés en français.

Marianne Perrudin décortique les mots, épluche les sons dans ses chansons à silence. Puisque c’est dans les cassures qu'apparaît la lumière, elle met à l’honneur l’imperfection dans ce qu’elle a de pure avec, pour noyau des compositions, un guitare-voix dont la laine serait tendre et rêche. Ses titres sont habillés tantôt de bois ou de piano, tantôt d'électricité et de batteries tricotées.

L’artiste, au travers d’images glanées sur les sentiers, nous guide dans sa traversée des paysages et nous raconte sa vérité. Mais ce qui nous est donné à visiter apparaît souvent dans le silence qui suit la musique. L’onde continue son chemin.

Ses nouveaux singles, enregistrés dans un chalet pyrénéen, nous disent beaucoup de ses influences folk et de son envie d'authenticité. On y entend presque le feu crépiter.

En 2026, c’est parmi Les Inouïs du Printemps de Bourges et accompagnée par le KUBB (Evreux) qu’elle commence à présenter, sur scène, son prochain EP prévu pour l’automne.

Découvrez une session live du titre « Rescapée » ici.

Au lendemain d'un concert aussi majestueux que magistral à la Philharmonie de Paris, Tamino ouvre un nouveau chapitre de sa carrière en annonçant son arrivée chez Dead Oceans. Avant de monter sur scène, le chanteur belgo-égyptien a offert au public une surprise en dévoilant en avant-première le clip de "Raven", donnant une dimension supplémentaire à l'une des chansons les plus marquantes de son dernier album.

Réalisé par Thibaut Grevet et porté par Vicky Krieps (Phantom Thread, Corsage, Bergman Island), le film accompagne Raven avec une élégance cinématographique à l'image de l'univers de Tamino. L'artiste explique avoir attendu de prendre du recul sur Every Dawn's a Mountain avant d'imaginer une traduction visuelle de ses chansons. Au fil de la tournée, Raven est devenu l'un de ses morceaux favoris sur scène, l'incitant à lui offrir cette ultime incarnation avant de refermer ce chapitre.

Every Dawn's a Mountain met en lumière la voix exceptionnelle de Tamino, son jeu de guitare et d'oud ainsi qu'une écriture qui traverse les cultures. L'album accueille notamment une première collaboration avec Mitski, elle aussi artiste de Dead Oceans.

Après avoir conquis les plus grandes salles d'Europe et du Moyen-Orient, Tamino prépare actuellement un nouvel album, le premier qui paraîtra sous les couleurs de Dead Oceans.

​Le titre est à écouter ici.

The Feather ouvre un nouveau chapitre avec BB DX

Pour fêter les un an de son dernier album BB, The Feather nous livre aujourd’hui BB DX (en référence à l’appellation Deluxe, mais aussi en hommage à son synthétiseur préféré, le DX7, au son emblématique des années 80).

Cette réédition est enrichie de sept nouvelles chansons : trois collaborations avec Benni (sur BB II), Condore (sur Goodbye) et KAT (All My Life KAT Rework), un inédit issu des sessions de BB (Two), dont la batterie a été jouée par Thomas Hedlund (batteur du groupe français phare de la scène indie pop, Phoenix), ainsi que trois morceaux instrumentaux ambient (Caméscope I, II et III).

Thomas parle de cette réédition :

« Ressortir BB un an après ne faisait sens pour moi que si je pouvais partager cet exercice avec des ami·es. Avant la production et le mixage de BB avec Chris Taylor (Grizzly Bear), l’écriture et la création de ces dix titres ont été un processus très solitaire ; pour BB DX, j’avais envie de proposer à des proches certaines collaborations afin de transformer cette nouvelle étape en une aventure collective.

J’ai trouvé beaucoup de plaisir dans ces moments de création à plusieurs, c’était même mon objectif premier. Avec une chanson comme Goodbye, je me confie sur mes doutes en tant qu’artiste, je questionne mes envies pour la suite. Faire cette chanson avec une musicienne comme Condore, que je connais depuis 20 ans, a été comme une thérapie : je me suis senti bien plus léger après avoir posé ces mots et donné vie à cette mélodie.

Les chansons instrumentales que j’ai ajoutées ont aussi été une vraie cour de récréation. Pas de limite de format, pas de recherche de structures pop, pas d’autre ambition que celle de m’évader à travers la musique.

Une chose est certaine : cette expérience a ouvert une porte en moi, et je vais continuer à creuser ce sillon à l’avenir. »

Claptrap brouille les certitudes avec Second Guessing

Claptrap présente Second Guessing, un 2ème album pop, tropical, dansant et expérimental. Formé par le songwriter, chanteur et guitariste Eric Pasquereau — figure incontournable de Papier Tigre, La Colonie de Vacances ou encore The Patriotic Sunday — aux côtés des multi-instrumentistes équilibristes Julien Chevalier et Paul Loiseau (croisés chez La Terre Tremble!!!, Borja Flames), et récemment rejoint par la claviériste et chanteuse Elia Guérin (JoGo, Bleu Shinobi). Depuis plus de six ans, Claptrap explore les frontières d’une pop orchestrale et inventive, nourrie autant par l’écriture mélodique que par la recherche sonore.

Leur musique se déploie comme une pop progressive et tropicale : une post-bossa foutraque, chaude et

mélancolique ; une exotica baroque, dansante et expérimentale. Elle prend forme à travers un instrumentarium improbable — mandoline méditerranéenne, percussions non-orthodoxes, synthétiseurs de science-fiction, guitares et instruments en fin de vie — tissant des arrangements luxuriants, à la fois précis et toujours au bord de la rupture.

Claptrap poursuit ici son exploration d’une pop poussée dans ses retranchements. L’album Second Guessing est solaire, certes, mais d’un soleil qui brûle la rétine. Entre rythmiques pour danser au bord du gouffre et harmonies sous tension, le groupe refuse de choisir entre la fête et la chute. Après un premier album Adulting (2022 chez UNSQ), salué par la critique et défendu sur scène à travers de nombreux concerts, CLAPTRAP revient en octobre 2026 avec Second Guessing, mixé par Stéphane Laporte (Forever Pavot, Domotic).

Voix détachées et habitées, textes hallucinés, humour discret et références inattendues — de l’italien marmonné à Joe Pesci en passant par Natalie Imbruglia — nourrissent un flux de conscience vibrant. Puisant autant dans les grandes architectures européennes (Robert Wyatt, Franco Battiato) que dans l’inventivité brésilienne (Caetano Veloso, Os Mutantes, Tom Zé), tout en s’inscrivant dans une tradition d’indie baroque (Broadcast, Daniel Rossen, Mild High Club), CLAPTRAP s’affirme comme un quatuor fantasque en quête de la chanson pop parfaite.

La pochette de Second Guessing est une peinture originale de l’artiste Geoffroy Pithon, issue de la série Botanique Murmure, une série d’aquarelles, regroupée dans un livre édité par FP&CF. Explorant son obsession pour les paysages miniatures ultra-végétaliens – des mondes naturels imaginaires foisonnants de vie, où, comme toujours, la couleur guide les formes.

Un nouveau disque qui évoque l’absence, l’abstinence, la disparition, les apparences trompeuses, le temps qui passe, les souvenirs émus de l’adolescence et les manifestations.

Le septième album de Matthieu Malon aurait pu être la suite logique du précédent (« Bancal » - 2024) puisqu’il a aussi débuté par une session d’enregistrement au bord de la mer.

Au fil des semaines, Matthieu se rend compte que les matrices de ces nouvelles chansons ont une autre densité que celles de « Bancal », elles ont besoin d’être animées, moins mécaniques, plus « live ». Sans doute également influencé par les concerts montés en groupe à cinq en 2024, Matthieu imagine alors un disque rempli d’invités-musiciens : d’abord des batteries avec le fidèle Philippe Entressangle (qu’on croise en ce moment chez Benjamin Biolay ou Jeanne Cherhal) mais aussi le batteur David Fakenahm qui accompagne Matthieu sur scène depuis 2024. Tout comme les deux membres de Grife (Diane Borderieux et Victoria James Geiseler) qui prêtent ici mains fortes respectivement aux voix et à la flûte traversière. On croise également Lucas Chevalot au cornet, Géraldine Colbeaux et Adèle Malon (fille de Matthieu) à l’alto.

Et c’est toujours PE qui assure le mixage et mastering de l’ensemble du disque.

« La poudre aux yeux » est un disque brut, exigeant, parfois politique, qui se révèle - au fil des écoutes - comme une pièce unique dans la discographie de Matthieu Malon. S’il peut d’abord sembler froid, sombre dans sa forme compacte et son ton désabusé, la lumière n’est jamais très loin. A titre d’exemple, la chanson « La rivière », premier extrait disponible depuis le 5 juin, sans doute un des plus pop écrits par Matthieu, qui vient contrebalancer la noirceur d’ensemble par son propos et sa tendre nostalgie.

Avec ce nouvel album, Matthieu continue de brouiller les pistes, comme l’annonce son nom et le morceau d’ouverture « La poudre aux yeux ». Où est la vérité, où sont les mensonges ? En un tour de passe-passe, on peut alors se demander si tout ce que raconte Matthieu depuis 30 ans ne serait pas que pure invention…

« La poudre aux yeux » est le deuxième album 100% autoproduit par Matthieu Malon.

Il sort le 18 septembre 2026 sur son microlabel lost in music records, sans distribution en magasins.

Un extrait ici.

dimanche, 19 juillet 2026 12:15

Dour festival 2026 : dimanche 19 juillet

Bon nombre de festivaliers anticipent déjà le rush des départs prévu ce lundi. Sacs à la main, certains gagnent leur véhicule dans l’espoir de quitter le site plus calmement. Ils se souviennent sans doute de ces années où il fallait patienter des heures, sous un soleil de plomb, avant de retrouver le bitume.

Votre serviteur doit malheureusement écourter sa journée, pour raison familiale. Dommage, car ce clap de fin aligne encore de belles affiches, dont Ghinzu, The Experimental Tropic Blues Band ou Interpol. Sur le papier, il s’agit même sans doute de la journée la plus riche musicalement.

À la suite de la défection d’Odezene, Eosine se produit à 18 heures. Une bonne nouvelle : programmée en début d’après-midi, la formation aurait probablement attiré moins de monde.

En attendant, cap sur la Boombox pour découvrir Elea.

Jeune pousse de la pop francophone, Elea s’est fait remarquer par des compositions introspectives et une sensibilité artistique immédiate. Entre mélodies accrocheuses et confidences intimes, la chanteuse s’est frayé un chemin jusqu’aux grands festivals, séduisant un auditoire sensible à sa sincérité.

Sous ses airs parfois fragiles, Elea affirme une identité visuelle claire. Sur les planches, elle a enfilé un pantalon trop court, un bonnet qui lui donne un petit côté écolier et, détail plus inattendu, une cravate.

Au fond du podium, son nom s’affiche en grand, ponctué de clins d’œil pleins d’autodérision : un bonnet rose posé sur le ‘E’ et le ‘A’, une cravate sur le ‘L’. Ces signes distinctifs renforcent l’univers graphique de la tournée. La jeune artiste maîtrise déjà quelques recettes du marketing.

Côté line-up, elle est épaulée par un bassiste et un batteur, tandis qu’un DJ, installé au centre de l’estrade, soigne l’habillage sonore et les rythmiques du set.

Dès les premières notes de titres entraînants comme « Nouveau départ » ou « Tout recommencer », le ton est donné. Elea se livre au fil du concert, évoquant auprès de la foule son goût pour la musique classique et Eddy de Pretto. Pour lui rendre hommage, elle interprète une version très personnelle de « Random », exercice qu’elle aborde avec assurance.

C’est toutefois sa reprise de « Creep » de Radiohead qui surprend le plus. Elle y mêle français, anglais et incursions rap dans une version ample, efficace, qui réveille la fosse. La tension grimpe encore au son de « Briller » et de « Passionnée de toi ».

Pour remercier les aficionados venus nombreux, elle présente en exclusivité « Pour moi », un titre inédit annoncé pour le mois d’août. Plus ambiancé et rythmé que ses morceaux habituels, il laisse entendre une orientation plus marquée vers le rap.

Enfin, pour prendre congé de ses hôtes, elle propose une relecture d’un titre de Maître Gims, moins spectaculaire que les moments précédents, mais assez légère pour refermer la prestation sans lourdeur.

L’Atelier accueille ensuite Kaat Van Straelen.

Figure montante du paysage musical, Kaat Van Straelen séduit par un univers situé entre pop organique, mélodies soignées et textes intimistes. Grâce à des compositions ciselées et une présence lumineuse, l’artiste s’est peu à peu imposée sur des affiches plus exposées, affirmant une signature singulière.

Sur les planches, la formule reste épurée, efficace et résolument rock. Le combo réunit un bassiste, une chanteuse, un guitariste et un drummer. Le bassiste, chevelu comme un lion, imprime une présence visuelle sauvage qui contraste agréablement avec la finesse des mélodies.

Devant une salle pleine à craquer, l’échange fonctionne bien. Au fil du set, la formation alterne rythmes accrocheurs et chansons plus douces, mettant en valeur la voix poignante et cristalline de la chanteuse.

Si la connexion semble réelle entre Kaat Van Straelen et la fosse, votre serviteur, lui, n’accroche pas. Une proposition plus appétissante attend peut-être du côté de la Petite Maison dans la Prairie : High Vis s’y colle.

Originaire de Grande-Bretagne, High Vis s’est rapidement imposé parmi les formations marquantes du punk et du post-hardcore actuels. Entre urgence abrasive, mélodies directes et textes ancrés dans la réalité de la classe ouvrière, le band a gagné une solide réputation sur les circuits alternatifs internationaux.

Sur l’estrade, le line-up va droit au but : deux guitares, un préposé au chant et un batteur redoutablement nerveux.

Dès l’intro et le brûlot « Drop Me Out », l’énergie jaillit. Ça part dans tous les sens, et la foule réagit immédiatement. Le combo enchaîne les salves sonores, traversant des morceaux tendus comme « Walking Wires », « Altitude » et l’implacable « Out Cold ».

Le frontman se dépense sans compter, harangue l’auditoire et accentue la tension de chaque titre. À sa droite, le guitariste ne ménage pas non plus ses efforts : ses gestes amples martèlent les accords et donnent du relief à « Mob DLA », « 0151 » ou encore « Guided Tour ».

La tension ne retombe pas lorsque surgissent les riffs incisifs de « Choose to Lose » et la charge de « Mind’s a Lie ».

Guidé par une voix âpre, le set s’achève sur « Trauma Bonds ». La foule ressort secouée, mais convaincue par une prestation viscérale et sans concession. De la rage, de la sueur et peu de place pour le compromis.

Il est 18 heures : Eosine peut entrer en piste.

Lorsque les musiciens d’Eosine grimpent sur l’estrade, on mesure à peine qu’un combo aussi jeune puisse déjà bénéficier d’une telle popularité. Emmenée par Elena Lacroix, à la guitare électrique et au chant, la formation compte quelques EP à son actif, dont « Obsidian » (2021) et « Carolline » (2023), mixés et masterisés par Mark Gardener himself, l’un des chanteurs-guitaristes du légendaire Ride.

Entre dreampop et shoegaze, Eosine esquisse un univers qui évoque Slowdive ou Cocteau Twins, tout en cherchant à s’en distinguer par une couleur sonore propre.

Toute l’équipe est vêtue de blanc. Serait-ce l’immaculée conception ? Elena Lacroix s’installe d’un pas sûr, entourée d’un batteur, d’un second guitariste et d’un bassiste chevronné. Au milieu de cette esthétique vaporeuse, un détail plus décalé attire l’œil : le second guitariste arbore une coupe mulet, touche amusante dans ce tableau soigneusement composé.

La voix peine à se dégager en début de set, mais la chanteuse corrige rapidement le tir et trouve sa place dans le mix.

Entre les morceaux, Elena s’adresse à l’auditoire en français, en néerlandais puis en anglais, chaque fois sans hésitation, ce qui crée une proximité immédiate.

Le combo dégage une belle énergie, taillée pour le live. Dès les premières notes de « Digitaline » ou de « A Scent », la voix laisse entendre des intonations qui rappellent Björk, tandis que les guitares oscillent entre reverb, chorus et delay.

Les compositions flirtent avec une abstraction sidérale et entraînent l’auditoire dans un climat presque cosmique. Le set gagne peu à peu en intensité avant de se refermer sur des vagues hypnotiques, marque de fabrique du combo.

Elena Lacroix manie sa guitare avec précision, tandis que la frappe du batteur alterne souplesse et rigueur.

Eosine signe ainsi un show carré et maîtrisé, confirmant son aisance sur les planches. Vaporeux, précis et cosmique : un triptyque idéal pour clore cette édition.

L’édition 2026 du festival de Dour s’achève ici. Entre le départ de son organisateur historique, Damien Dufrasne, lié au festival depuis 35 ans, un déficit structurel et les stratégies financières des actionnaires, l’édition 2027 pourrait réserver bien des surprises. Et pas forcément les meilleures.

(Organisation : Dour festival)

samedi, 18 juillet 2026 19:27

Dour festival 20026 : samedi 18 juillet

Et de trois ! Une journée supplémentaire commence à peser dans les guiboles. Même si le site paraît moins étendu cette année, il faut encore avaler pas mal de kilomètres, les podiums restant bien éloignés les uns des autres.

Les températures, plus respirables que lors des deux jours précédents, offrent un vrai répit aux festivaliers.

La journée se place sous le signe de la détente et de la découverte. Votre serviteur file donc vers la Petite Maison dans la Prairie, l’un des hauts lieux du rock, pour y écouter une toute jeune demoiselle du nom de Théa.

Propulsée par une ascension rapide sur le circuit indépendant francophone, Théa s’impose comme une voix singulière, entre urgence punk, esthétique pop et production électronique acérée.

Elle passe sans peine des climats intimistes de « Echo » ou « PTSMR » aux décharges sonores de brûlots tels que « h4rdro0ck3r ». L’autrice-compositrice-interprète s’est taillé une solide réputation sur les planches. Habituée des clubs underground et des tremplins alternatifs qui l’ont aguerrie, elle promène aujourd’hui sa gouaille et sa rage sur les grands podiums de festivals, auprès d’une jeunesse en quête d’authenticité brute.

Sur les planches, le regard accroche d’abord une batterie rose installée au milieu des projecteurs, tandis que les amplis, placés à l’opposé, affichent le même coloris flashy. À les voir ainsi trôner, on croirait presque le matériel sponsorisé par la Commune de Boussu, voisine du festival, dont le rose passe pour la couleur préférée de la Bourgmestre, affectueusement surnommée Barbie dans l’intimité. C’est dire !

Théa ne s’embarrasse pas toujours de délicatesse, et c’est précisément ce qui nourrit sa force. Tandis que résonnent des titres percutants comme « Hannah Montana », « Allo ? C Moi » ou l’euphorique « Enfants D’la Rave », elle livre ce soir « Bby me laisse pas », composition faussement nostalgique traversée par des beats proches de l’électro-rock. Elle n’abandonne jamais son goût pour le récit cru, notamment sous « Anxiolytiques » et son refrain cathartique – On a baisé une dernière fois. C’est fin, c’est frais et ça se mange sans faim.

Entre deux décharges sonores comme « Guillotine » ou l’entêtant « Cavale ! Cavale ! », l’artiste dessine un versant plus nuancé et réellement intéressant.

Ses textes, chargés d’une rage manifeste, parlent à une foule jeune qui semble connaître l’artiste sur le bout des doigts. Elle scande d’un même élan des titres comme « Qui Fera Taire les Kidz Fucked Up ?? », plus portée à vibrer collectivement qu’à reprendre sagement des refrains balisés.

Au cœur de cette déferlante électrique, le set prend soudain une tournure plus intime grâce à « Juste ami ». En version piano-voix, le registre change, et son grain vocal particulier trouve pleinement sa place, laissant entrevoir une fragilité plus directe.

Fidèle à ses convictions et à l’esprit frondeur de ses prestations, l’artiste ponctue aussi son passage de prises de parole antifascistes et antiracistes, qui donnent une autre portée au concert.

Une chose est sûre : le passage de Théa à Dour ne laisse guère indifférent. C’est cru, brut et sincère.

À une encâblure de là, la curiosité de votre serviteur le pousse vers l’Atelier, non pas pour bricoler, mais pour y voir Lézar. Pas l’animal, mais la formation, pardi !

Né dans le bouillonnement du circuit alternatif, Lézar s’est peu à peu faufilé dans le paysage musical en cultivant une esthétique singulière, loin des sentiers battus.

Nourri d’influences éclectiques, le projet s’est structuré au fil des répétitions et des passages locaux, jusqu’à trouver sa place dans l’effervescence de grands rendez-vous comme Dour.

Sur l’estrade, le quatuor réunit guitare, basse, batterie et chant, ce dernier incarné par une chanteuse à la présence affirmée.

L’univers proposé se situe à mille lieues de l’ambiance nerveuse à laquelle votre serviteur venait de s’habituer. Il doit bien se rendre à l’évidence : préférant d’autres horizons, il décide sagement de changer de crèmerie.

Et la déception ne s’invite pas au programme. Bob Vylan constitue sans doute l’une des belles surprises de cette édition 2026.

L’hémicycle de la Petite Maison dans la Prairie affiche complet. Signe que le spectacle annoncé risque de secouer les lieux.

Originaire de Londres, Bob Vylan réunit Bobby au chant et Bobbie à la batterie. À la croisée du punk, du rap et du rock alternatif, le duo s’est rapidement taillé un nom sur le circuit international grâce à des prestations viscérales et à un engagement politique tranché, qui bousculent les codes des grands festivals européens.

Sur le podium, un grand écran occupe l’arrière-plan. S’y succèdent des images de nature et, surtout, des textes politiquement engagés. La configuration s’avère minimale : un chanteur, un batteur et une bande-son percutante, qui renforce les compositions du duo.

La musique de Bob Vylan secoue d’emblée : elle respire une énergie foutraque et nerveuse.

Dès les premières notes de titres comme « We Live Here », « Down » ou l’explosif « GYAG (Get Yourself a Gun) », le ton est donné.

Le frontman, engagé et tendu comme un ressort, ne tient pas en place. Il bouge, sautille sans discontinuer et galvanise la foule au rythme de morceaux incisifs tels que « Makes Me Violent », « Take That », « Northern Line » ou le cynique « Sick Sad World ». Qu’il enchaîne l’urgence de « Ring the Alarm », la lourdeur moite de « Wicked & Bad » ou l’ironie mordante de « Pretty Songs », il occupe l’espace scénique par une intensité constante.

Entre « I Heard You Want Your Country Back » et l’implacable « Hunger Games », on retient aussi l’hommage rendu à Stephen Lawrence.

Pour rappel, ce jeune étudiant noir britannique de 18 ans a été assassiné en 1993 à un arrêt de bus de Londres, lors d’une attaque raciste qui a profondément ébranlé le Royaume-Uni et mis en lumière les failles institutionnelles ainsi que le racisme systémique de la police britannique.

En invoquant sa mémoire, le duo ancre sa prestation dans une réalité historique et militante forte. Rage, mémoire et frontalité : voilà le triptyque Bob Vylan.

Pour terminer cette journée, place aux déjantés de TVOD. Derrière cet acronyme ne se cache pas une chaîne de télévision, mais une bande de joyeux lurons déchaînés dont l’objectif consiste à contenter une foule exigeante musicalement.

Dans la lignée des formations qui raniment l’urgence du rock indépendant, TVOD s’est forgé une solide réputation au fil de prestations intenses. Entre nostalgie vénéneuse, énergie post-punk et tension abrasive, le sextuor s’impose comme une valeur sûre à suivre sur les scènes alternatives européennes.

Sur les planches, le line-up est complet et généreux : une batterie, une basse, deux guitares, un clavier et un chant. Côté style, le frontman annonce la couleur grâce à un t-shirt jaune à manches longues flanqué du logo Martini, clin d’œil rétro assumé qui donne le ‘la’ de la performance.

La formation délivre une sonorité héritée des années 80-90. Dès que résonnent « Uniform », « Pool House » ou l’implacable « Car Wreck », les guitares suintent la distorsion et le batteur claque ses baguettes sur les fûts par une précision rageuse, rappelant la grande époque des vieux briscards du rock.

Mais les frasques survoltées du chanteur justifient à elles seules le détour et propulsent le show dans une zone délicieusement foutraque. Il court, hoche la tête frénétiquement et sautille sans répit sur des salves sonores telles que « Super Spy », « MUD », « Ex-Boyfriend Beat » ou le cinglant « Clorox ». Entre deux accélérations sauvages comme « Pilots », « Rerun » ou le percutant « PIT », il mène la danse de bout en bout, pour le plus grand bonheur des aficionados massés au pied du podium.

Alors que la tension grimpe au son de « Meetings », « Wet Brain », « Wells Fargo » et de l’hymne incandescent « Party Time », le set s’embrase pour de bon.

Sous les vagues sonores hypnotiques de « Alien » et de l’entêtant « Mantis », les musiciens finissent par emboîter le pas de leur gourou. Dans un élan collectif, la troupe entière s’abandonne à un final où elle s’écroule sur les planches, couchée au sol et happée par la transe.

Nostalgie, transe et sueur : TVOD vient à bout des derniers organismes encore debout.

Plus rien de vraiment apaisant n’apparaissant au menu, votre serviteur préfère tourner les talons et parcourir les quelques kilomètres qui le séparent de son cocon.

(Organisation : Dour festival)

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