La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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The Wolf Banes - De Casin...
Suede 12-03-26
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

samedi, 30 novembre 2019 17:54

Transgenic

A l’origine, Dirty Sound Magnet était un quatuor au sein duquel militait le chanteur Didier Coenegacht. Après son départ, le band a déniché un remplaçant qui finalement n’a pas fait long feu. Bref, après une trentaine de dates de concerts, le trio fribourgeois s’est trouvé devant une impasse : jouer de la musique instrumentale ou choisir un de ses membres pour se consacrer au micro. Finalement, c’est le guitariste Stavros Dzodzosz qui s’y est collé et le bassiste ainsi que le drummer ont décidé d’assurer les chœurs. Et le résultat est plutôt convaincant. Pour preuve, le second long playing de la formation. Si la voix de Stavros est plus âpre qu’éthérée, les harmonies vocales évoquent régulièrement Mercy Rev voire Flaming Lips. Musicalement, hormis la première partie de « Organic sacrifice », un fragment sculpté dans le funk, le reste de l’opus puise allègrement dans la prog. Depuis Genesis à Marillion en passant par le Yes. Sur certains morceaux la guitare est d’ailleurs hantée par Peter Banks, alors que la basse l’est plutôt par Chris Squire. La majorité des plages sont enlevées, complexes, un peu comme si on organisait une hypothétique rencontre entre Mew, Motorpscyho et Can. Parce que le tempo peut aussi adopter un profil krautrock. Comme sur l’hypnotique et orientaliste « Social media girl », une compo enrichie d’un bouzouki. Autre instrument exotique, un balafon s’invite tout au long de « Social mediaboy », une piste soulignée de chœurs ferroviaires. Curieux, le titre maître se résume à un interlude d’une trentaine de secondes, alors que l’opus concède quand même deux tracks plus lents. Tout d’abord « Hashtag love », moment choisi par le gratteur pour nous accorder un solo à la Jimmy Page. Puis l’instrumental « The death of beauty », un final tramé dans les cordes en arpèges et colorée de chœurs célestes.

Enfin, on épinglera les lyrics de cet LP qui traitent du drame et de la solitude de l’homme contemporain dans un monde où les moyens de communication n’ont jamais été aussi développés, alors que les humains communiquent de moins en moins entre eux. Ce qui explique son titre.

samedi, 30 novembre 2019 17:52

Creation is perfect

« Creation is perfect » n’est pas un véritable nouvel album de Minimal Compact, mais une sorte de ‘best of’ (NDR : ou une sélection de classiques du groupe) proposées dans de nouvelles versions, retravaillées par le chanteur et leader de Wire (et époux de Malka Spigel), Colin Newman. Un inédit, quand même, « Holly holler ». Actif entre 1980 et 1988, le combo s’est reformé à plusieurs reprises, pour remonter sur les planches, le temps de quelques concerts. Faut dire que dans l’intervalle, les différents musicos ont développé leurs propres projets. N’empêche, quel plaisir de retrouver ce mix si singulier, envoûtant, entre post punk et new wave, cette musique dynamisée par des rythmes propulsifs et cette ligne de basse caoutchouteuse, tapissée de claviers luxuriants, soulignées de lignes de guitare hypnotiques et bercées par les mélodies vocales que se partagent Malka Spigel et Samy Birmbach. Le band a annoncé qu’il allait repartir en tournée, en 2020. Mais on espère surtout un nouvel album. En attendant, savourez…

En concert le 24 mai 2020, dans le cadre du W-Festival à Waregem et le 26 mai 2020 à La Machine du Moulin Rouge à Paris.

 

samedi, 30 novembre 2019 17:47

Recounting the ballads of thin line men

Howe Gelb possède également une discographie longue come un bras (NDR : l’autre pour changer !). En solo, à traves ses collaborations en tous genres –que ce soit dans le rock, la pop, le jazz, le flamenco, l’americana, la country, le folk, le punk ou le gospel– il s’est tout d’abord fait connaître chez Giant Sand. Et notamment en compagnie des futurs Calexico, Joey Burns et John Convertino, mais aussi de l’ex-Green on Red, Chris Cacavas.

En 1986, Giant Sand publiait son second opus, « The ballad of thin line man ». Et Howe a décidé de réenregistrer cet elpee, en compagnie de Tommy Larkins et du bassiste Thøger T. Lund, de changer l’ordre des pistes, d’en éliminer « Watchtower », d’en ajouter un inédite, « Reptilian », plage qui ouvre le long playing, ainsi que deux versions de « Tantamount », dont une en bonus track. Finalement un travail de reconfiguration qu’il avait déjà accompli pour le premier LP, « Valley of rain », l’an dernier, rebaptisé pour la circonstance, « Return to valley of rain ». Le tout est savoureusement électrique et remis en forme sans pour autant dénaturer la nature des compos originales, même si elles se révèlent ici plus énergiques et menaçantes.

samedi, 23 novembre 2019 09:28

Flesh

Renaud Mayeur a décidé de décapiter ses Guillotines pour enregistrer son nouvel elpee, « Flesh ». Enfin, uniquement en studio, puisqu’en live, il a toujours le soutien de ses anciens bourreaux (?!?!?). En fait, pour concocter cet opus, il a joué à l’homme-orchestre. Et le résultat tient finalement parfaitement la route.

On savait qu’il était un inconditionnel des B.O. de films, et notamment de westerns spaghetti (Ennio Morricone, Sergio Leone), de rock garage et puis de guitare surf. Tous des éléments qu’on retrouve tout au long de « Flesh », mais pas seulement. Parce qu’outre le surf et le garage, Dario Mars explore la prog, aussi étonnant que cela puisse paraître. A cause de séquences de claviers tourbillonnants réminiscentes d’Emerson, Lake & Palmer (NDR : à moins que ce ne soit de Nice). Paru en single « « Keith » est un titre quand même significatif… Maintenant, cet LP cumule les références, un peu comme si Renaud nous invitait à participer à un jeu de piste. Au cours duquel on croise les fantômes de T Rex (le très glam « Watching you »), d’Ozric Tenctacles (le psychédélisme synthétique, atmosphérique et hypnotique de « End of all things »), de Procol Harum (le mélancolique « Uranus », une plage rognée par une sonorité d’orgue vintage), des Animals (l’orgue semble calqué sur le célèbre « I put a spell on you » des Animals tout au long de « Lago »), les Nomads (le long, malsain et très électrique « Revelation »), les Cramps (le tempo tribal imprimé sur le menaçant « Twilight man »), sans oublier Dick Dale et Hank B. Marvin (Shadows) pour les interventions de guitare surf. Des interventions qui peuvent aussi se révéler gémissantes, fuzz, discordantes ou déchirantes. Hormis quatre ou cinq morceaux, chantés par Renaud d’une voix caverneuse, la plupart des titres sont instrumentaux, parfois longs, collant ainsi davantage à l’esprit de bandes sonores cinématographiques qui le hantent manifestement.

Dario Mars se produira ce 27 novembre au Witloof Bar du Botanique…

Et si vous souhaitez en savoir davantage, on vous invite à relire l’interview que Renaud Mayeur avait accordé à Musiczine, en 2017 ici

lundi, 06 juillet 2020 18:54

Why me ? Why not.

« Why me ? Why not. » constitue le second elpee solo de Liam Gallagher, un disque qui a reçu le concours de Greg Kurstin et Andrew Wyatt (production, instrumentation), qui avaient déjà participé à la confection du premier, « As you were », en 2017.

Première constatation, la moitié de l’opus est hanté par les Beatles. Si le spectre de John Lennon plane tout au long de la valse mélodramatique « Once », et le titre maître campe un hybride entre le Plastic Ono Band et une future et hypothétique B.O. d’un film de James Bond, celui de George Harrison rôde sur le très pop « Alright nbow » (NDR : cette Rickenbacker !) ainsi que « Meadow » (NDR : ces cordes en slide !), un morceau tapissé d’orgue vintage et aux effluves sixties réminiscentes de « Strawbery fields Forever ». Et même l’enlevé « Halo » est tramé sur un piano martelé comme sur « Ob-la-di ob-la-da ». Chœurs et orchestrations de cordes soulignant la plupart de ces compos. Des orchestrations de cordes qui enrichissent également « One of us », une ballade mid tempo empreinte de mélancolie, pour ne pas dire de nostalgie, qui aurait pur figurer sur l’album « Urban hymns » de The Verve. Mais aussi la superbe finale « Gone ». Abordée dans le même esprit, cette valse cinématographique met davantage en exergue une guitare surf ou acérée. Une très belle chanson, par ailleurs. Probablement la meilleure du long playing. Sans quoi, même si la voix de Liam est plus douce, elle reste nasale et rocailleuse ; et puis l’empreinte d’Oasis transparaît encore comme sur l’excellent et redoutable « Shockwave », le très électrique, bien rythmé mais mélodieux « Be still » ainsi que le flamboyant et luxuriant « The river », une plage alimentée par un orgue tourbillonnant et traversée de cordes de gratte crépitantes ou gémissantes.  On n’en oubliera pas la mélodie accrocheuse de l’allègre « Now that I’ve found you » pour un album, ma foi réussi, dont les lyrics manifestent davantage d’introspection ou traitent des relations familiales (son frère Noël, sa fille, …), mais pas vraiment révolutionnaire. 

samedi, 16 novembre 2019 11:45

Town Centre (Ep)

Premier Ep pour Squid, un quintet issu de Brighton drivé par le chanteur/drummer Ollie Judge. Son style ? Capricieux ou joyeux, mais aussi envoûtant et frénétique, voire atmosphérique et tentaculaire (?!?!?), puisant ses sources aussi bien dans le post punk, le jazz, la soul que le funk blanc. Découpé en quatre plages et produit par Dan Carey (Black Midi, Fontaine D.C.), ce disque s’ouvre par un titre instrumental, atmosphérique, vaporeux même, limité aux cordes, percus, effets de distorsion et traversé par une intervention à la trompette. Une trompette utilisée dans un style free jazz réminiscent de Miles Davies. Ou alors de Steven Brown (Tuxedo Moon), à l’instar de « Match bet », une compo davantage propulsive que chante Ollie d’une voix presque déclamatoire, parfois frénétique (NDR : le tout compensé par des harmonies vocales paisibles), évoquant tour à tour feu Mark E. Smith (The Fall), David Byrne (Talking Heads) ou encore Fred Schneider (B52’s). Tout comme sur le plus dansant « The Cleaner », un morceau plutôt disco/funk. Et ce cuivre traverse également « Rodeo », une piste au climat oriental presque cinématique que rejoint un violon grinçant et qu’imprime une boîte à rythmes digne d’un bontempi vintage. On attend l’album avec impatience…

dimanche, 10 novembre 2019 18:25

Sonic City 2019 : dimanche 10 novembre

L’édition 2019 du festival Sonic City était particulièrement alléchante. Sous la houlette des curateurs Cate le Bon et de Shame, elle va proposer une quarantaine de groupes pendant 3 jours. Un bon millier de personnes a répondu présent le dimanche et un peu moins le samedi. Votre serviteur y était ces deux jours. Compte-rendu.

On débarque juste avant le concert de Squids (NDR : traduisez calamars !) Bonne initiative de la part de l’attaché de presse chez PiaS d’avoir transmis l’Ep de cette formation issue de Brighton, sans quoi on manquait un des meilleurs moments du festival. Squids, c’est un quintet réunissant deux gratteurs dont un gaucher, un bassiste qui double à la trompette, un claviériste (NDR : encore que ces musicos sont capables de changer d’instrument en cours de parcours) et un drummer qui se charge également du lead vocal. Un fait assez rare pour le souligner, d’autant plus que ce Ollie Judge assure parfaitement les deux rôles. C’est même lui qui sert de chef d’orchestre chez le combo. Son chanté/parlé évoque tour à tour feu Mark E. Smith (The Fall), David Byrne (Talking Heads) ou encore Fred Schneider (B52’s), alors que capricieuse mais joyeuse, mais aussi envoûtante ou frénétique, voire atmosphérique et tentaculaire (?!?!?), la musique de Squids puise ses sources aussi bien dans le post punk, le jazz, la soul que le funk blanc. Et le résultat est aussi rafraîchissant qu’original. Et puis certaines interventions à la trompette s’évadent à la manière d’un Steven Brown (Tuxedomoon). Ollie vient interpréter un morceau plus paisible sans frapper sur ses fûts, mais simplement sur une cymbale, pour accélérer le tempo. Une belle salve d’applaudissements va ponctuer cette prestation particulièrement convaincante.

The Murder Capital est un autre band dublinois, responsable d’un premier album. Baptisé « When I have fears », il est paru en août dernier, un elpee chroniqué dans nos colonnes ici. Le quintet monte sur le podium : deux guitaristes, un bassiste, un batteur et le chanteur James McGovern. Le show s’ouvre par les deux versions de « Slowdance », deux morceaux relativement indolents et monochromes. McGovern secoue un tambourin, s’en sert même comme un éventail avant de la balancer dans les mains d’un roadie prêt à le recevoir en coulisses. Cheveux coupés assez courts, il a une tête plutôt patibulaire voire inquiétante. Les mains dans le dos, il regarde le sol. Quoique caverneuse, sa voix passe bien la rampe. Le bassiste, Gabriel Paschal Blake ne tient déjà pas en place et se contorsionne d’un air menaçant en exhibant son instrument. Et sa ligne de basse palpite comme un cœur atteint de tachycardie. Gémissements et crépitements de cordes alimentent « Love, Love, Love ». Le drumming de Diarmuid Brennan est aussi syncopé que celui de Stephen Morris (Joy Division). Et « For everything » trahit bien des références aux Young Gods, comme sur le long playing. « Green & blue » constitue un monolithe post punk imposant, taillé par un riff de basse puissant. Le show monte encore en crescendo tout au long de « For everything ». Mais à partir de « Don’t cling to life », la fièvre va s’emparer du band. Des mouvements de danse, puis des pogos se propagent dans la foule. Mais aussi le crowdsurfing. Le leader ouvre alors la fosse à partir de « More is less », et saute dedans pendant le final « Feeding faces ». Paradoxalement, si au fil du set les titres proposés sont devenus plus durs, ils sont restés mélodieux. D’ailleurs, de nombreux spectateurs ont repris les paroles des chansons en chœur. Un des points culminants du festival !

Setlist : Slow Dance I, Slowdance II, Love, Love, Love, Green & Blue, For everything, Don’t cling to life, More and less, Feeling faces

Corridor se produit à l’étage. Un quintet montréalais signé chez Sub Pop. Rien d’extraordinaire jusque-là, sauf que les compos sont interprétées en français. Une première pour le label ! Maintenant, en ‘live’, il faut bien reconnaître que les paroles sont un peu noyées sous le flux des instruments. Le line up réunit deux guitaristes, un drummer, un percussionniste/claviériste et le bassiste/chanteur Dominic Berthiaume ; Jonathan Robert, l’un des deux gratteurs assurant la seconde voix. Et c’est sans doute au niveau des harmonies vocales et de l’intensité des cordes électriques que reposent toute la force de ce band qui doit probablement puiser certaines de ses influences majeures chez Big Star et les Byrds. Malheureusement, les compos manquent cruellement de relief et on a parfois l’impression que tout est dispensé sur un même ton… post punk. Dommage, car ce Corridor mérite de sortir du couloir de l’anonymat…

Deerhunter est né en 2001. Issu d’Atlanta, il est considéré comme un des groupes les plus brillants de sa génération. A son compteur, 8 albums dont le dernier, “Why Hasn’t Everything Already Disappeared?”, est paru au début de l’année. Bradford Cox en est le leader. Grand, filiforme, ce n’est pas vraiment un top model. D’ailleurs, il pourrait incarner facilement un rôle dans un film de zombies. Ce soir, il porte un blouson d’aviateur, des bottillons rouges et est chaussé de lunettes de soleil roses. Elégance ne rime pas nécessairement avec décadence. Un blouson qu’il va ôter assez rapidement, tout comme ses lunettes. Il est épaulé par un claviériste/saxophoniste, un drummer, un bassiste et un guitariste. Suivant les chansons, Cox se consacre exclusivement au micro ou au chant et à la guitare. Des grattes qui peuvent vraiment se charger d’une belle intensité quand un max d’effets est injecté dans des couches délavées, pétillantes, atmosphériques, bringuebalantes ou bourdonnantes. Il dédie « Plains » à son amie Cate Le Bon, une compo qu’ils jouent d’ailleurs ensemble régulièrement. Mais pas ce soir. Il croone aussi sur les morceaux les plus lents, comme lorsqu’il s’assied un moment sur le bord de l’estrade du batteur, pour une composition acoustique, avant que cette valse accélère sous une forme, à nouveau, bien électrique. Le temps d’un morceau, le claviériste empoigne et souffle dans son saxophone, en démontrant toute sa virtuosité sur son instrument. Tout le backing group est d’ailleurs constitué d’excellents instrumentistes. Et puis, un violoniste vient se joindre au band lors d’un final dantesque, propice à la distorsion et au feedback, lors de « He would whave laughed », un hommage au regretté Jay Reatard. 1h20, finalement, c’était vraiment trop court, car le concert était vraiment remarquable.

Setlist : Death in Midsummer, No One's Sleeping, What Happens to People?,  Revival, Desire Lines, Sailing, Take Care, Futurism, Plains, Coronado, Nocturne, Agoraphobia, He Would Have Laughed

Prévenu, votre serviteur prend du recul avant d’assister au show de Shame, un combo bien punk, dans la tradition des Sex Pistols. Issu du Sud de Londres, il a la réputation d’accorder des prestations incendiaires. 

Les baffles crachent la musique du film ‘Les dents de la mer’. Le groupe débarque enfin sur les planches avec 10 minutes de retard. Charlie Steen, le chanteur, porte un costume en pied de poule, dont il va rapidement enlever la veste, puis le t-shirt, pour finir torse-nu.  Mais dès les premiers accords, c’est le délire ! Les musiciens de The Murder Capital envahissent le podium depuis les coulisses et balancent bière et eau dans le public, gobelets et bouteilles en plastique, y compris. Et certains d’entre eux le rejoignent pour lancer la première série de crowdsurfing. Qui ne va d’ailleurs plus d’arrêter avant la fin du show. Certains spectateurs se hissent sur l’estrade et replongent aussitôt dans la fosse. Le bassiste court de gauche à droite quand il ne bondit pas comme un kangourou. Et les autres musicos se démènent presque autant. Seul le drummer (cheveux longs ?) se contente d’imprimer un tempo infernal. Puis avant « The lick », Charlie saute dans cette fosse pour déclarer l’ouverture des moshpits. Quand McGovern, le chanteur de The Murder Capital, réapparaît, c’est pour monter sur la scène et rouler un patin à Steen. Votre serviteur n’a pas pris assez de recul et doit se résigner à battre en retraite, car l’effervescence dans le public gagne du terrain. 2/3 de la foule est en ébullition. Faut dire que Charlie jette littéralement de l’huile sur le feu pour activer cet incendie sonore, en invitant notamment la foule à s’approcher du podium. Il porte son pied de micro sur les épaules comme un haltérophile. Un fameux showman ! Et pourtant, malgré cette sauvagerie, certaines compos sont tramées dans de savoureux échanges de grattes électriques. En 50 années de concerts, il faut avouer que votre serviteur a rarement connu un tel chaos. Mais dans une chouette ambiance. Car il n’a engendré aucune échauffourée et a permis aux festivaliers de manifester –sans doute spontanément– leur bonheur de vivre intensément le moment présent. Bon, il doit bien y a voir quelques bleus ou dents cassées à l’arrivée ; mais les intrépides qui se sont lancés dans la mêlée connaissaient les risques. D’ailleurs, à la fin du spectacle, Steen est revenu sur le podium pour s’inquiéter d’un iPhone perdu et de quelques objets trouvés.

Setlist : Another, Niigel Hitter, Concrete, The Lick, One Rizla, Cowboy Supreme, Tasteless, Human, for a Minute, March Day, Friction, Dust on Trial, Snowday, Gold Hole,

Bref, ce Sonic City était assurément d’un tout grand cru. Maintenant, impossible d’assister seul à tous les concerts. A minuit, ce dimanche, les jambes devenaient lourdes, très lourdes même ; raison pour laquelle entre les shows, il était important de se reposer dans la salle prévue à cet effet. Tiens petite anecdote, quelque temps après le show de The Murder Capital, James McGovern y est passé en catimini, vêtu d’un long manteau, un fichu sur la tête et chaussé de lunettes fumées. Enfin, il faut remercier les organisateurs pour leur accueil et leur sens de l’organisation. Presque tous les groupes ou artistes ont respecté le timing. Le prix des consommations était raisonnable et il y avait de la bière blanche. Epuisée, néanmoins, le dimanche à 22 heures. Seul bémol, le prix du parking. Et impossible d’éviter les emplacements payants, dans les artères adjacentes, sous peine d’amende. Et comme les transports en commun ne peuvent plus vous ramener plus ou moins près de chez vous en fin de festival, comment se passer de véhicule ?

A l’année prochaine !

(Organisation : Wilde Westen)

Squids + The Murder Capital + Corridor + Deerhunter + Shame

samedi, 09 novembre 2019 16:33

Sonic City 2019 : samedi 9 novembre

L’édition 2019 du festival Sonic City était particulièrement alléchante. Sous la houlette des curateurs Cate le Bon et de Shame, elle va proposer une quarantaine de groupes pendant 3 jours. Un bon millier de personnes a répondu présent le dimanche et un peu moins le samedi. Votre serviteur y était ces deux jours. Compte-rendu.

Priests avait accordé un excellent concert au Botanique en mai dernier. On espérait donc voir confirmer cette prestation dans le cadre du Sonic City. Le set s’ouvre par le single « Jesus’ son ». Belle entrée en matière ! GL Jaguar, le guitariste, est coiffé d’un chapeau de cow-boy comanche. Cheveux blond platine, chaussée de grandes lunettes de soleil, Katie Alice Greer a enfilé un top de couleur lilas aux reflets scintillants, une salopette blanc/beige dont elle laisse les bretelles retomber pour exhiber son nombril. De teinte orange, mais en latex, le top de la drummeuse, Daniele Daniele, est particulièrement sexy. Légèrement transparent, il dévoile de jolis mamelons… Mais passons au concert. Si la voix de Katie est toujours aussi radieuse, empruntant parfois les inflexions à Siouxsie Sioux voire Kate Pierson, et les envolées de gratte dispensées par GL Jaguar évoquent celles immortalisées par Tristan Garel-Funk chez Sad Lovers & Giants, les balances sont trop approximatives ; et puis le son est trop fort. En outre, les musicos semblent précipités ; et à trois reprises, la préposée aux fûts doit reprendre les morceaux au bout de quelques secondes. Cette dernière vient chanter deux titres, dont « I’m clean », un long morceau coincé entre disco et funk, pas vraiment convaincant. Et si les harmonies vocales échangées entre les deux vocalistes sont très susceptibles de rappeler les B52’s voire les Slits, on regrettera amèrement que le quatuor ne soit pas parvenu à canaliser son énergie furieuse, comme au Bota. Dommage !

Koichi Yamanoha, c’est l’ex-chanteur/bassiste du groupe japonais Screaming Tea Party. Etabli à Londres, il s’est lancé dans un nouveau projet qu’il a baptisé Grimm Grimm. Seul sur le podium, assis sur un siège, il se sert d’une gratte semi-acoustique et de bidouillages électroniques, pour dispenser un acid folk baroque, futuriste et surtout expérimental. Pourtant, ses mélodies sont soignées et les harmonies vocales sous reverb’ et dédoublées réveillent le souvenir des Beatles. C’est très agréable à écouter, éthéré dans l’esprit de Mercury Rev voire de Perfume Garden, mais au bout d’un bon quart d’heure, les compos commencent à toutes se ressembler. Pour info, sachez que cet artiste a été signé par le nouveau label de Kevin Shields (My Bloody Valentine).

En juillet dernier, Whispering Sons s’était produit dans le cadre du festival Cactus et avait laissé une impression mi-figue mi-raisin, ne parvenant pas à entraîner l’auditoire au cœur de son univers, sans doute à cause d’un environnement un peu trop mainstream. Chemisier blanc sur pantalon beige, qui contraste avec les vêtements de couleur noire des autres musicos, Fenne Kuppens, la chanteuse, ne tient pas en place tout au long du set. Elle s’agite comme un pantin désarticulé. Parfois on a même l’impression qu’elle entame un jogging. Si certaines sonorités de guitare semblent héritées de Danse Society, le spectre de Sisters of Mercy rôde régulièrement, la voix de Fenne semblant refouler sa colère, campant même le pendant féminin de celle d’Andrew Eldritch. Mais bonne surprise, les claviers infiltrent judicieusement la solution sonore et le light show colle parfaitement au climat sombre entretenu par le band. Manifestement, le post punk de Whispering Sons s’exprime beaucoup mieux en salle qu’en plein air… Anecdote, lors du dernier morceau l’alarme incendie s’est déclenchée ; ce qui a fait bien rire Fenne…

Cate Le Bon était une des curatrices de l’édition 2019 du Sonic City. Une Galloise qui compte quand même 5 albums à son actif, dont le dernier, « Reward », est paru en mai dernier. Sur scène, elle est soutenue par cinq excellents musicos, dont un drummer et quatre multi-instrumentistes qui se partagent saxophones, claviers, marimba, basse et guitares. Mais ce qui frappe d’abord, c’est la voix de Cate ; vulnérable, cristallin, son soprano évoque parfois celui de Kate Bush. Elle ne se consacre cependant pas uniquement au micro, se consacrant également et régulièrement à la gratte. Entre certains titres, elle interroge l’auditoire avec un regard noir et une expression stoïque. Et quand elle chante ‘I love you, I love you, I love you’, tout au long de « You don’t love me », on dirait qu’elle parle dans le vide. Multiforme, tour à tour minimaliste ou luxuriante, joyeusement excentrique ou furieusement irrésistible, oscillant entre folk, dub, pop, r&b, jazz, cabaret et post punk (NDR : la ligne de basse, surtout !), la musique emprunte même des accents prog réminiscents du Van Der Graaf Generator (deux saxos, cependant), et tout particulièrement lors de « Wonderful ».

En final, le groupe va nous réserver une version percutante de « What’s not mine », Cate (NDR : qui a adopté une coupe de cheveux à la Jeanne d’Arc) en profitant pour étaler toute sa virtuosité sur ses six cordes. Et un petit millier de personne est tombé, ce soir, sous son charme…

Petit détour par le club où Mega Bog se produit. Il s’agit du groupe d’Erin Elizabeth Birgy, une Américaine dont le répertoire propose des chansons nerveuses qui naviguent quelque part entre jazz, folk et indie, mais dont les morceaux s’achèvent souvent de manière impromptue. Blonde, Erin possède une jolie voix, également susceptible de rappeler Kate Bush. Et curieux, le drummer tient presque constamment un stick et un maracca dans une de ses mains, pour frapper ses fûts. Mais trop synthétique, le clavier ne colle pas vraiment au style musical. Aussi, on en profite pour aller casser la croûte…

Après avoir assisté à deux remarquables concerts, dans le cadre du festival Cactus, il y avait de quoi être enthousiaste à retrouver le Thurston Moore Band sur les planches. Il vient cependant de publier « Spirit counsel », un elpee expérimental, pour lequel il a fait appel à des tas de collaborateurs (pour la plupart des amis) dont une douzaine de guitaristes. Et bien ce soir, Thurston va nous réserver deux extraits de cet opus, « Alice Moki Jane » et « 8 Spring street », lors d’un set qui va durer un peu plus d’une heure. Le premier morceau rend notamment hommage à Alice Coltrane, maîtresse de jazz spirituelle, Moki Cherry, artiste plasticien et musicien suédois, et la poète politique Jayne Cortez, trois femmes qui se sont sans doute forgé une identité artistique singulière, en marge de leurs maris célèbres (John Coltrane, Don Cherry et Ornette Coleman, respectivement). Enfin, « 8 Spring Street » tire son nom de l'ancien discours du compositeur Glenn Branca, mentor et guide spirituel de Moore dans l’underground.

Sur les planches, Thurston est soutenu par un second guitariste (NDR : ils jouent tous les deux de grattes à 12 cordes), en l’occurrence James Sedwards, la bassiste de My Bloody Valentine, Debbie Googe, et Pete Shelley, l’ex-drummer de Sonic Youth. Et dès le départ on est un peu décontenancé par la musique proposée qui sera exclusivement instrumentale. Pete (dont la grosse caisse porte le sigle ‘The Style Council’) joue très souvent debout en se concentrant sur les cymbales, alors que les deux gratteurs tissent de longues envolées atmosphériques, psychédéliques, bourdonnantes ou mystiques, des envolées qui montent et redescendent en crescendo en alimentant une forme d’ambient très électrique qui ne néglige ni le feedback ni les longues stridulations. Les deux guitaristes glissent même des sticks à travers leurs cordes pour produire des sonorités proches d’une boîte à musique.

En fin de parcours Moore tient sa guitare horizontalement au-dessus des têtes du public en laissant ses cordes vibrer et rugir frénétiquement.  

Un set parfait, mais terriblement difficile à digérer si on n’a pas écouté l’album. En fait, Thurston est à nouveau en pleine phase expérimentale, dans la tradition la plus pure de la noisy, un peu comme aux débuts de Sonic Youth, mais aussi dans l’esprit de ses nombreuses collaborations ou aventures en solitaire. Le spectateur lambda, amateur de rock plus ou moins classique, a lui dû trouver le temps bien long…

A demain !

(Organisation : Wilde Westen)

Priests + Grimm Grimm + Whispering Sons + Cate le Bon + Mega Bog + Thurston Moore Band

vendredi, 08 novembre 2019 17:42

When I have fears

La scène post punk irlandaise, et tout particulièrement dublinoise, est en ébullition. Girl Band a tracé la voie ; et depuis, des groupes comme Fontaine D.C., Melts, Thumper, Silverbacks et The Murder Capital se sont engouffrés dans la brèche. The Murder Capital a donc gravé son premier elpee. Intitulé « When I have fears », il a bénéficié de la mise en forme de Flood, aka Mark Ellis (U2, New Order, Nick Cave & The Band Seeds, Nine Inch Nails, Smashing Pumpkins, PJ Harvey, Depeche Mode, etc.).

Première constatation, cet elpee est sombre. Très sombre même. Voire lugubre. Deux morceaux rendent même hommage à des proches décédés. Tout d’abord à la mère d’un des musicos sur « Don’t cling to life ». Puis d’un ami qui s’est suicidé sur « On twisted ground ». Côté textes, les compos traitent cependant à la fois de malaise existentiel, mais aussi de sujets personnels. En outre, tout au long de ce long playing, le spectre de Joy Division plane. A cause de ce drumming spasmodique, convulsif et parfois martial ainsi que de cette ligne de basse cotonneuse, parfois même douloureuse. Finalement, ce sont les grattes qui apportent une coloration spécifique à l’ensemble. Tour à tour déchiquetées, limpides (Sad Lovers & Giants ?), luxuriantes (And Also The Trees ?), acérées, frénétiques ou tumultueuses, lorsqu’elles se conjuguent en harmonie, elles sont de toute beauté. Comme sur l’instrumental « Slowdance II ». L’opus recèle cependant l’une ou l’autre compo plus indolente. A l’instar de l’élégiaque et minimaliste « How the streets adore me », une plage tramée sur des accords de piano. Enfin, si la voix James McGovern n’est pas exceptionnelle, elle colle parfaitement à la musique. Un peu comme feu Ian Curtis chez Joy Division… Elle peut ainsi devenir mélancolique, chuchotée, irascible, caverneuse, déchirante ou encore mélodieuse, suivant les émotions qu’elle cherche à communiquer.

Enfin deux pistes affichent des références à l’indus. Tout d’abord le final « Love, love, love ». Puis le morceau d’entrée « For everything », au cours duquel on retrouve ces changements de tempo climatiques si chers aux Young Gods.

Et pour que votre info soit complète sachez que le titre de l’opus s’inspire d’un poème de Keats, alors que l’illustration de la pochette est une photo de réfugiés s’abritant d’une tempête dans le désert…

The Murder Capital se produira en concert, dans le cadre du Sonic City, ce dimanche 10 novembre 2019 et le 11 février 2020 au Botanique de Bruxelles.   

dimanche, 03 novembre 2019 16:48

L’examen de conscience de Thom Edwards

Fondé en 2010, Good Damn est un trio (NDR : réduit à un duo pendant quelques années) britannique responsable de trois albums à ce jour. Et le quatrième, éponyme, paraîtra ce 14 février 2020. Tout au long de cet opus, Thom Edward aborde, dans ses lyrics, les thèmes de la religion, de la spiritualité, de la société et de la politique et surtout remet en question ces idéaux inculqués par l’éducation judéo-chrétienne (NDR : il était anglican !) Les sessions d’enregistrement se sont déroulées sous la houlette de Sylvia Massy (System of A Down, Smashing Pumpkins, Deftones, Johnny Cash, REM, Slayer, Babes In Toyland, Tool).

En attendant la sortie de ce long playing, le clip de « Dreamers », qui figurera sur ce disque, est disponible ici