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Cactus Festival 2018 : samedi 14 juillet

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Nous sommes le 14 juillet. Soit le jour de la fête nationale en France. Mais surtout, les Diables Rouges rencontrent l’Angleterre, pour tenter de décrocher la troisième place, dans le cadre du la Coupe du Monde de football. Et tout est prévu, pour assister à ce match, diffusé sur grand écran, sur le site du festival… Bon n’oublions pas quand même, le programme musical…

tUnE-yArDs nous vient de Nouvelle-Angleterre (NDR : c’est au Nord-est des States !) et se produit un peu après 15 heures. Il s’agit du projet de Merril Garbus, dont la musique, hybride, dansante, imprévisible, foutraque, ludique et complexe, est contaminée par l’électro, le hip hop, le folk, le funk, le r’n’b et la world. Entre autres. Vu l’avis émis par Nick, le correspondant néerlandophone, le set était aussi intéressant qu’original. On en prend note et on reviendra certainement revoir la multi-instrumentiste et ses acolytes, dès qu’elle revient près de chez nous. Et désolé également pour Interglactic Lovers, dont le show, programmé en pleine rencontre de l’équipe nationale, est également passé à la trappe.

Parmi les hipsters, Sampha est considéré comme le nouveau Messie. Ce Britannique a remporté le prix ‘Mercury’, en 2017 pour son premier opus, « Process ». L'artiste a milité chez SBTRKT et s’est forgé une notoriété comme producteur, bossant notamment pour Kanye West, Solange, Drake et Jessie Ware. Hormis la fin de parcours bien plus percussive et percutante, son cocktail sophistiqué entre r’n’b et électro, proche de l’univers d’un WWWater, s’est révélé un peu trop terne ; sa voix plus grave que sur disque, accentuant cette impression. Pas terrible, quoi !

Charlotte Gainsbourg est toujours parvenue à s'entourer de bons producteurs et auteurs-compositeurs tels que McCartney, Beck, Jarvis Cocker, Daft Punk ou Air. Mais elle se produit rarement en concert. Et pourtant, elle est partie en tournée avec un groupe, pour défendre « Rest », son nouvel elpee. Avant que la formation ne grimpe sur l’estrade, on remarque la présence de 10 cadres, dont les contours sont dessinés par des néons blancs et au cœur desquels sont tendus des moustiquaires. Etrange… Les musicos débarquent. Il y a un drummer, installé de biais, dont le kit de batterie est transparent. Il arbore une longue chevelure comme les métalleux. A droite de l’estrade, s’est planté un claviériste, qui va, circonstanciellement, se reconvertir en guitariste ou en bassiste, et assurer certains backing vocals. Et puis un bassiste, qui va aussi, suivant les morceaux, passer à la six cordes. Enfin, un drôle de bidouilleur. Constamment agité, il se sert d’un synthé et surtout d’une drôle de machine. Verticale, elle ressemble à un tableau de contrôle aéronautique. Sans oublier un chanteur, dont le falsetto est absolument impeccable, et qui soutient parfaitement la voix de Charlotte, pas toujours clairement audible. Charlotte rejoint ses musiciens. Elle s’assied derrière un clavier et l’encadrement central. Tous sont vêtus de pantalons noirs et de t-shirts blancs, sauf Charlotte. Elle a opté pour la tenue en jeans. Y compris la veste, comme ses musicos, mais que la plupart vont abandonner en cours de set. Le show s’ouvre par « Lying with you », un extrait de son dernier opus. La majorité des titres proposés seront d’ailleurs issus de cet elpee. Avant « Sylvia Says », Charlotte rend hommage à la poétesse Sylvia Plath. Lorsqu’elle n’est pas derrière le micro, l’artiste se lève et empoigne le micro à deux mains. Sa fragilité et sa timidité sont déconcertantes. Mais le sommet du concert est atteint par « Deadly Valentine ». Elle s’assied sur une estrade, regarde la foule. Puis se relève et participe activement à cette superbe et longue version qui va s’achever dans le psychédélisme. Veste à la main, elle interprète « Kate », en hommage à sa sœur disparue ; mais dans le cadre du fond. Un peu comme une mannequin occupée de poser pour les photographes. Et lors de cette chanson, les interventions au micro du chanteur falsetto sont remarquablement complémentaires. C’est de retour au piano qu’elle attaque « Charlotte forever », une chanson signée par feu Serge, son paternel. « Les oxalis » flirte carrément avec le disco, mais dans l’esprit de Georgio Moroder. Mais c’est lors de la cover de Kanye West, « Runaway », qu’on se rend vraiment compte que lorsqu’elle n’est pas chuchotée, sa voix ressemble terriblement à celle de sa mère, Jane Birkin. Attendrissant ! Et le set de s’achever par la compo la plus controversée de Gainsbarre, « Lemon incest ». Un concert de bonne facture, au cours duquel on a pu se rendre compte de l’excellence des musiciens qui constituent son backing group.

Il y a un monde fou pour le concert d’Arsenal. Il doit y avoir 10 000 personnes dans la plaine. Quelques problèmes techniques retardent le début du spectacle. Mais quel spectacle ! Surtout les trois premiers quarts d’heure. La troupe (NDR : une bonne dizaine en tout, dont trois choristes) va mettre le feu sur le site, grâce à une musique dynamisée par des percus singulièrement efficaces. Sans oublier le son de la guitare très eighties, dispensé dans l’esprit d’un Sad Lovers & Giants. Parfois, lorsque les chœurs féminins atteignent toute leur puissance, on ne peut s’empêcher de penser à Abba voire aux Spice Girls. Toute la foule danse et veut participer à cette grande fête. Même quand John Roan chante un titre dans un portugais approximatif. Le public entre en délire lors des finaux « Temul » et « Lotuk » ; mais là on est passé dans le registre électro pouète-pouète. Enfin, pourvu que le peuple s’amuse…

On ne s’attardera pas trop sur la prestation d’Emeli Sandé qui a clôturé le samedi. Après un excellent premier morceau intitulé « Heaven » (NDR : c’est son single !), le soufflé est rapidement retombé. Et malgré le concours de 13 musiciens, la suite s’est révélée sans âme… A demain !

(Organisation : Cactus Festival)

Voir photos sur le site nl ici

 

Chaussée Summer Festival 2018 : samedi 14 juillet

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Tout comme la veille, lors de l’ouverture du festival, il n’y a pas grand monde sur la plaine. Il est vrai qu’il n’est que 18 heures…

Dj (Rémi-G) mixe les morceaux qui s’enchaînent. Cependant, l’organisateur a décidé de retarder la programmation du festival de 30 minutes. Lorsque Sonnfjord ouvre les hostilités, le peuple a quand même décidé de rappliquer. Faut dire aussi que les Diables Rouges viennent de terminer leur rencontre face à l’Angleterre. Considéré comme une étoile montante, Sonnfjord est issu de Braine-l'Alleud. Drivée par la vocaliste Maria-Laetitia Mattern, la formation implique également son frère, Aurelio (Paon, Lucy Lucy), aux claviers, Jérome Van Den Bril, à la guitare ainsi que Fabio Zamagni (Noa Moon), aux drums. Ce soir, François De Moffarts est remplacé par Maxime Honhon (Solkins, Edor, Konoba), à la basse et au chant. Le quintet va nous présenter de larges extraits de son dernier Ep, « City Lights ».

Caractérisé par sa mélodie élégante, « Dust And Shapes » ouvre le concert. Maria-Laeticia ondule des bras sur place. Particulièrement interactive, elle a la bougeotte, sautille et invite le public de se rapprocher. Elle se plante pendant « Instru », mais reprend aussitôt le tout à zéro. Et brillamment. Au fil des concerts, le combo a acquis une nouvelle maturité et une maîtrise incontestable sur les planches. Véritable bête de scène, Maria chante, la plupart du temps, dans la langue de Shakespeare. Elle interprète cependant, « Tu dors debout », dans celle de Molière, d’une voix susceptible d’évoquer tour à tour Gabrielle Aplin, Noa Moon ou encore Claire Louise, et lorsqu’elle devient un peu plus graveleuse, Ann Arbor. Sur les planches, la complicité entre le frère et la sœur est incontestable. Ils se multiplient tout au long de « Light ». A l’origine tramée dans le folk, la musique du combo s’est convertie successivement à la pop et l’électro. Elle est même devenue davantage atmosphérique. Et le set de s’achever par l’évanescent, « Escape »…

Pendant qu’on installe le matos de Kid Noize, Greg Avau exécute des selfies derrière le podium. Quatre heures sont nécessaires pour réaliser le maquillage du célèbre masque de singe sur l’ancien leader de Joshua. Tête d’affiche du festival, Kid Noize est attendu de pied ferme par un public, chaud-boulette. Mais le boss du label ‘Black Gizah Records’ va mettre le feu pendant plus de deux 2 heures trente. La régie-lumières a du boulot. Là-haut, ‘Kid’ est face à sa ‘Noize’ qui scintille de mille et une lumières. Il est en perpétuel mouvement derrière sa table. Un peu comme Martin Solveig, Henri PFR ou Lost Frequencies. Finalement, David Guetta est un fantôme à côté de ces Dj’s…

Le set est programmé en crescendo. Deux fois trente minutes d’échauffement par paliers, avant les 75 minutes de plat de résistance. Les tubes défilent : depuis « Brooklyn » à « Dark », en passant par « Jackass » et « Ocean ». Impossible de ne pas avoir des fourmis dans les jambes. Tout le monde lève les bras en l’air et participe à la fête. Ou au souk, si vous préférez. De quoi oublier les problèmes de la vie…

Autre cover band, Happy Hour embraie. Mais votre serviteur a soif et mal aux guiboles. Un peu de repos n’est pas superflu, avant de rentrer au bercail, après deux journées particulièrement festives. En tout cas, un grand bravo à l’organisation pour son professionnalisme. A l’an prochain !

(Organisation : Groupement des jeunes ASBL)

 

Dour Festival 2018 : samedi 14 juillet

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En plantant sa tente à Dour, on oublie parfois que la vie continue à côté du festival. Des obligations familiales vont ainsi forcer votre serviteur à rentrer chez lui, sur le coup de 20h, ce samedi. Alt-J, notamment, passera donc à la trappe. Mais certains événements sont parfois plus importants qu’une manifestation musicale…

Le début de la journée est marqué par la petite finale du Mondial, diffusée sur grand écran. Les Diables Rouges l’emportent brillamment face aux Anglais et terminent à une troisième place historique. En parlant de british, on a l’occasion de profiter d’une partie du set de Baxter Dury, durant la mi-temps de la rencontre. La pop de l’Anglais est aussi classe que son look. Costume/cravate, coiffure impeccable et petit verre de vin rouge à la main, il semble débarquer d’une autre époque… Les quelques morceaux écoutés pendant cette pause permettent de se rafraîchir (l’esprit) avant de replonger dans la fournaise de la plaine.

On enchaîne par FùGù Mango. Anonyme il y a encore quelques années, le groupe belge a connu une ascension fulgurante en à peine deux ans. Le quatuor a trouvé son créneau grâce aux percussions africaines qui subliment véritablement leurs morceaux. Une preuve ? La reprise du « Golden Brown des Stranglers. Elle est totalement différente de la version originale, mais surtout en se la réappropriant, le band l’a transcendée. L’ambiance est propice à la danse. Le chapiteau semble trembler suivant les rythmes imprimés par les frangins Lontie. Et on comprend mieux pourquoi la formation est devenue une valeur sûre, sur la scène noir-jaune-rouge. Avec FùGù Mango, c’est la fête !

Déjà plus que deux concert pour ma part… Direction le Labo pour assister à celui de Porches. Il s’agit du projet d’Aaron Maine, un Américain responsable de trois albums à ce jour. Et son dernier, « The house », paru en janvier dernier, est une véritable révélation. Douce mais très bien construite, sa pop lorgne subtilement vers celle de Perfume Genius. Sympathique, talentueux, l’artiste plaisante entre les différents morceaux. Son thème favori ? La chaleur sous ce chapiteau, bien sûr ! On se laisse bercer par la musique du songwriter. Et la petite touche expérimentale qui alimente certaines de ses compos rend son set à la fois intéressant et agréable. Un chouette moment !

Avant d’être rappelé à certaines obligations, un petit crochet via la Caverne s’impose. Chelsea Wolfe y est programmé. Gothique, son rock est une référence dans le genre. Mais il manque d’audace et ne parvient pas à soulever mon enthousiasme, outre mesure. Il y manque le brin de folie.

Voilà, je dois en rester là malheureusement aujourd’hui. La vie réelle me rappelle, mais demain, le final sera grandiose !

(Organisation : Dour Festival)

Voir les photos sur le site nl, ici 

Cactus Festival 2018 : vendredi 13 juillet

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C’est l’été ! Soit la période des festivals. Mais en ce mois de juillet, le temps est particulièrement sec. En Belgique, de nombreux espaces verts sont desséchés. Et le Minnewaterpark n’échappe pas à la règle. Pour sa 37ème édition, le Cactus Festival a agrandi son site. Il inclut, notamment, une nouvelle plaine de jeux pour les enfants, dont un piscine, et surtout une zone prévue pour la finale de la Coupe du Monde… avec grand écran… mais d’abord, place à la musique… 

Lorsque votre serviteur débarque sur le site du Minnewaterpark, Jasper Steverlinck achève son show. Ou plus exactement, il accorde son rappel, en solo, puisqu’on remarque la présence de différents instruments sur les planches. L’ex-Arid (NDR : question de climat !) s’y accompagne à la gratte électrique. Avant de remercier la foule qui l’acclame. Difficile d’en raconter davantage vu le peu de temps au cours duquel on a pu assister à sa prestation…

Onze longues années que Buffalo Tom n’avait plus mis les pieds au Cactus. C’était en 2007, et à l’issue du set, le leader, Bill Janovitz avait accordé une interview à Musiczine (à relire ici). Le trio a publié un nouvel opus, « Quiet and peace », en mars dernier. Et il est donc reparti en tournée, pour le défendre.

Dès que le combo bostonien monte sur les planches, on se rend compte qu’il est en grande forme. Et puis, il ne faut pas oublier qu’il est resté très populaire en Belgique. Pour la circonstance, les musicos ont emmené leur famille, dans leurs bagages. L’occasion, d’ailleurs de croiser Bill, le dimanche, qui a non seulement une bonne mémoire, mais demeure aussi sympathique… Le set s’ouvre par « Summer’s gone ». Euh, pas vraiment… il est même plus présent que jamais. Le son est bon. Puissant mais pas assourdissant. La voix de Bill Janovitz est savoureusement écorchée. Et les harmonies vocales qu’il échange avec Chris Colbourn, son bassiste, sont toujours aussi complémentaires. Ce dernier joue, bien sûr de son instrument, comme une guitare. Mais le tandem peut s’appuyer sur le drumming de Tom Maginnis. Un métronome hors pair qui a probablement tout appris de John Bonham, mais a plus que certainement influencé Dave Grohl. Des spots illuminent ses cymbales par le dessous. Original ! Bill ondoie ou se tord sur place, comme un animal sauvage. Et il se déchaîne tout au long de « All be gone ». Son humour fait mouche et communique une bonne dose de bonne humeur à la foule, notamment lorsqu’il s’adresse à quelques riverains, qui assistent au set, depuis leur jardin. La foule reprend en chœur les paroles du refrain de « Taillights Fade », avant qu’en finale, caractérisé par son intensité électrique, « Velvet Roof » nous rappelle que Bill est fan de Neil Young… Un chouette concert !

Après Buffalo Tom, place à d’autres vétérans : Lamb. Fondé en 1996, le band a vécu quelques pauses, au cours de sa carrière. Ce soir, Andy Barlow et Lou Rhodes sont flanqués de deux complices. La formation déclare bosser sur de nouvelles compos, mais systématiquement, elle revient à ses sources électro. Et le concert de ce soir, en est une parfaite illustration. Il y a bien des accents drum'n'bass ou jazzyfiants dans l’expression sonore, mais pas de grande surprise, excepté la présence du fils de Barlow qui vient danser sur les planches. Il faudra cependant attendre la fin du show pour que l’ambiance se mette à véritablement décoller. Et tout particulièrement lors de l’inévitable « Gorecki » et surtout d’un incroyable « Little things », accordé en rappel…

A l’instar de Foo Fighters ou de Red Hot Chili Peppers, Triggerfinger a décidé d’engager un guitariste supplémentaire, en ‘live’. Mais est-ce vraiment une bonne idée ? Geoffrey Burton est loin d’être un manchot, mais paradoxalement, dispensée sous la forme d’un quatuor, la musique a gagné en puissance, ce qu’elle a perdu en intensité et en feeling. La notoriété nouvellement acquise serait-elle devenue un frein, voire un obstacle à la progression du band ? Ou alors en passant à un statut majeur, Triggerfinger négligerait-il ses fondamentaux ? Même son dernier album est passé inaperçu…

Une déception, comme la défaite des Diables Rouges contre la France. Mais on reparlera de football demain…

(Organisation : Cactus festival)

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Chaussée Summer Festival 2018 : vendredi 13 juillet

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Ce festival fête sa cinquième édition. Et pour la première fois, il s’étale sur deux jours. L’endroit est champêtre. Le chapiteau est installé dans une prairie derrière une ferme. A l’origine, l’événement se consacrait essentiellement à l’électro. L’an dernier la présence de Mister Cover avait permis de doubler la fréquentation de l’événement. Et il est à nouveau de la partie, cette année.

En débarquant à 18 heures, on constate que le matos de Mister Cover est déjà sur l’estrade. Et il est imposant. Le Dj Matt De K, est derrière les manettes. Malgré l’heure, le soleil tape encore très fort. Mais il n’y a pas grand monde pour assister au set du disc-jockey, qui pourtant s’applique et propose un répertoire intéressant…  

Il n’y a pas davantage de peuple –30 âmes au plus– pour accueillir Antoine Armédan. Issu d’Enghien, ce saltimbanque a un don particulier pour jouer avec les rimes et les métaphores. Il a une belle voix et s’accompagne à la guitare semi-acoustique. Il a publié un nouvel elpee, en décembre 2017. Intitulé « Sous la lune », il va nous en proposer, de larges extraits.

Le son est parfait ! Que ce soit devant le podium, à hauteur des consoles ou à l’arrière du chapiteau. Faut dire que la boîte qui s’en charge, Audio Side, est particulièrement pro. Pas besoin de bouchons dans les oreilles.

Le récital s’ouvre par le titre maître du dernier opus, un morceau de folk dépouillé et chargé de passion. Antoine aime parler de la vie, de voyages, de ses déceptions et de l’amour. Il puise ses influences, notamment, chez Cabrel, Souchon, Brassens, Béart et un Moustaki, mais en les cuisinant à la sauce contemporaine. « A la sauvette », compo qui raconte une histoire de contrebande, nous entraîne paradoxalement sur les plages de Kingston, en Jamaïque. Sur un fil tendu, il a l’audace de « L’Equilibriste ». Sa voix est émouvante, mais son discours est moins acerbe que celui de Cédric Gervy, un autre artiste enghiennois. Le manque de public ne le déstabilise cependant pas, d’autant plus que ce maigre auditoire est à la fois enthousiaste et participatif. Armédan possède un talent certain pour chauffer les salles. Il invite les quelques spectateurs à se rapprocher. Plus country, voire americana, « La Dégaine » nous emmène sur les grandes plaines de l’Ouest Américain. Il s’autorise une reprise ensoleillée de « La corrida », signée Cabrel. Il y a un même un grillon dans l’accent. « Sous la lune », « Tant que je passe » ou « La fille qui dort là-haut » parlent simplement d’amour. Et tout au long de « Plan A », dispensé lors de l’encore, il défend le statut d’artiste vilipendé par une certaine presse critique dans le sens négatif du terme. Au fil du show, la foule rapplique. Elle est même nombreuse, à la fin de son set. Antoine a convaincu par sa simplicité et son contact avec l’auditoire. Une chouette découverte…

Setlist : « Sous La Lune », « L’équilibriste », « Le Sac De Voyage », « A La Sauvette », « Tant Que Je Passe », La Fille Qui Dort Là-Haut », « Le Jardin Des Nouveaux Jours », Si Je te Disais », « Plan A », « La Dégaine », « Le Voyage ». « La Corrida » (Francis Cabrel)
Rappel : « Si Je Te Disais »

Il y avait déjà 400 préventes pour assister à la prestation de l’orchestre binchois, Mister Cover. Il ne faut pas oublier, qu’il s’est déjà produit à Forest National, et y retourne le 26 janvier de l’an prochain. Le public est familial et multigénérationnel. Antoine Goudeseune, le spécialiste des reprises en picking des Beatles, est derrière les manettes. Le concert prend un peu de retard. Puis les 6 membres de la formation, dont un chanteur et une chanteuse, soutenus par un claviériste, un drummer, un bassiste et un guitariste, attaquent leur faramineux medley, réunissant plus de 200 covers, qui traversent la pop et les variétés des 70 dernières années. Depuis Clo-Clo à Queen, en passant par U2, Police, les Stones, les Beatles, ils enchaînent sans interruption des versions qui durent parfois, à peine une minute. Bref, il y en a pour tous les goûts, tous les âges et toutes les couleurs. Le point d’orgue reste cependant, la farandole géante qui entraîne la foule, pendant la « Salsa Du Démon », lors du rappel. Comme lors d’un bal au village, dans les années 60 et 70.

La fête n’est pas terminée puisque des Dj’s vont animer le chapiteau, jusque 3 heures du mat’. Mais bon, il y a encore un jour de festival demain. Alors, autant conserver quelques réserves…

(Organisation : Le Groupement des Jeunes ASBL)

 

Dour Festival 2018 : vendredi 13 juillet

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La fatigue commence déjà à éprouver les organismes en ce troisième jour de festival. Comme souvent, la nuit a été courte ; d’autant plus que le soleil transperce la toile des tentes dès 8h du matin.

Après une douche obligatoire, on se dirige, début d’après-midi, vers La Petite Maison dans la Prairie, où BRNS va se produire. Le quatuor est certainement un des plus originaux mais également un des meilleurs groupes rock en Belgique. La formation construit ses compos lentement, en crescendo, avant d’atteindre l’explosion finale, une expression sonore portée par la voix d’un chanteur, également préposé aux fûts. Le groupe a acquis une notoriété certaine. Ce qui explique pourquoi le chapiteau est bien rempli, alors que nous ne sommes que le vendredi soir. Après un début de set fracassant, au cours duquel le combo va nous réserver quelques nouveaux morceaux mais surtout l’incontournable « Deathbed », exceptionnel de constance, le climat va devenir plus paisible à partir de « Forest », avant de reprendre de l’intensité lors du méga tube, « Mexico », un titre qui va mettre littéralement le feu à cette petite prairie. Nonobstant le ventre mou du show, BRNS a confirmé son statut de top groupe du plat pays.

On décide de rester sur place pour celui de Shame, un band attendu avec grande impatience. Véritable révélation outre-Manche, les gamins de Londres se sont signalés cette année grâce à leur excellent premier elpee, « Songs Of Praise ». Après avoir passé la nuit dans l’avion, depuis le Canada, les Anglais débarquent à Dour, la mine bien fatiguée… Qu’importe, une petite bière et c’est reparti. ! Le punk typiquement british de Shame fait mouche instantanément. Les gars de Brixton sont des disciples du célèbre Fat White Family… Et on s’en compte à travers le jeu de scène de Charlie Steen qui s’inspire grandement de son illustre mentor, Lias Saoudi. Il pose des gestes insensés, saute dans la fosse ou encore prend des bouteilles d’eau sur la tronche. Côté musique, le band va interpréter l’intégralité de son album, sublimé par l’excellent single « One Rizla ». La voix est rauque, la batterie, puissante et la guitare, agressive : une recette punk dans toute sa splendeur !

On reste dans l’univers du punk, mais préfixé par le terme post ! Direction la Caverne pour Preoccupations. Il s’agit du premier passage à Dour de ce groupe de post-punk. Les Canadiens restent néanmoins injustement méconnus ; et il est décevant de voir cette faible affluence sous le chapiteau. Faut croire que la découverte n’est plus dans les petits papiers du mélomane lambda… Et pourtant, le combo va démontrer qu’il mérite bien mieux que cette ingratitude. D’abord, il peut compter sur un remarquable batteur, capable d’imprimer (NDR : et le mot est faible !) le tempo, sur tous les morceaux. La plupart des compos sont d’ailleurs construites sur le drumming de Mike Wallace. Le quatuor s’appuie aussi sur la superbe voix du très sympathique Matt Flegel. De « Memory » à « Silhouettes », presque tous les tubes y passent. Dommage quand même de ne pas avoir inclus l’exceptionnel « Death », au sein du tracklisting. Un petit regret pour ce set qui n’a guère dévoilé de surprises, mais s’est révélé diablement efficace.

Il est 20h15 quand Slowdive pénètre sur l’estrade de la scène de la Petite Maison dans la Prairie. Après 20 années d’absence, les Anglais ont publié une pépite de shoegaze, en 2017. Un véritable tour de force ! On avait donc hâte d’assister à ce concert. Mélodieuses, parfois douces, mais surtout atmosphériques, les compostions sont enchanteresses et propices au rêve. En outre, la petite touche dreampop injectée dans leur expression sonore ne fait qu’accentuer la sensation de légèreté. Que du bonheur !

Changement de style à la Caverne, où se produit de groupe de rock, The Bronx. Le chanteur met une ambiance incroyable. Après deux titres, il rejoint l’auditoire et commence à pogoter avec tout le public. Il finit même par monter sur un pilonne, avant de se jeter dans la fosse. C’est une formation véritablement taillée pour le ‘live’ ! D’ailleurs, du show, on retiendra surtout son aspect festif, plutôt que la musique en elle-même. Mais en concert, c’est également très important !

Nouveau changement de genre grâce à Mogwai. Les maîtres du post-prog-rock sont de retour à Dour. La construction des morceaux constitue toujours leur atout majeur. Le calme avant la tempête, c’est ainsi qu’on pourrait décrire métaphoriquement sa musique. Après la tornade Bronx, rien de tel pour se détendre un peu…

Un crochet par la Last Arena pour jeter une oreille au set de Soulwax. Mais il est bien trop mou, et on décide de faire demi-tour. La scène principale est plutôt décevante, pour l’instant.

A contrario, l’electro d’Atari Teenage Riot retourne littéralement la Caverne. Le show est particulièrement agressif, mais il faut croire qu’il sert d’exutoire à la foule, quand minuit approche. Perso, j’estime que c’est beaucoup de bruit pour pas grand-chose. L’aspect mélodique est presque inexistant. Dommage !

On achève ce troisième jour tranquilou au Labo. Le Dj amstellodamois Young Marco passe en revue de nombreux styles musicaux. Et le plus sereinement du monde. Parfait avant d’aller ce coucher.

La température a bien chuté. Pour tenir le coup, ce samedi, quelques heures de sommeil sont indispensables. Il reste deux jours à gérer, et la météo annonce des records de température rarement atteints à Dour. Courage (NDLR : qui a dit fuyons ?) !

(Organisation : Dour Festival)

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Dour Festival 2018 : jeudi 12 juillet

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Il est temps d’entamer les choses sérieuses ! 

A partir de 14h30, les concerts vont se succéder, jusque 4h du mat’ ! Nous décidons de commencer la journée à la Caverne, où le trio liégeois Wyatt E. est sur les planches. Vêtus d’une drôle de robe qui les recouvre de la tête aux pieds, les trois musicos pratiquent un post rock sombre dont les très longs titres sont parsemés de quelques petites touches orientales. Un mix étonnant mais particulièrement agréable. Un peu de fraîcheur dans cette fournaise douroise…

Après un court passage peu convaincant par Ulysse, direction le Labo pour une nouvelle découverte. Il s’agit des Bruxellois d’Atome. A mi-chemin entre Etienne Daho, Metronomy et Beach House, le compos de ces trois compères gravitent autour de thèmes simples mais qui parlent à tous. L’alternance entre moments mélancoliques et joyeux résume parfaitement la complexité du monde dans lequel nous vivons. Petit bémol néanmoins, le chant n’est pas encore complètement au point, au contraire de l’instru qui est tout simplement superbe. Un groupe dont le premier opus sort prochainement et qu’il faut absolument tenir à l’œil.

Petite pause d’une demi-heure et c’est reparti ! Toujours au Labo, le Liégeois d’origine écossaise Théo Clark réalise un rêve de gosse en montant sur un podium de Dour. Celui qui a 32 ans, mais en fait facilement 15 de moins, livre un rock british classique mais diablement efficace. Assez proche d’Arctic Monkeys dans la structure et de Placebo pour la voix, le jeune homme parvient à remuer la foule durant 45 minutes, sous le chapiteau le plus chaud du festival. Autant dire que les gouttes de sueurs perlent sur le front de chacun des courageux spectateurs. Un concert très sympa !

La première déception de ce Dour 2018 nous vient de Son Lux. Américain, ce combo electro/pop n’était clairement pas à sa place dans une Petite Maison dans la Prairie bien trop lumineuse. Ce qui gâche l’intimisme des morceaux du band. Un set sans le moindre relief !

Au bout de 15 minutes, on met dès lors le cap vers le Labo, un peu au hasard. Mugwump s’y produit. Et quelle jolie surprise ! Son post-punk à la sauce hollandaise est sublimé par des guitares d’une folle puissance et illuminé par une voix éclatante. Et on reste jusque la fin du show, malgré la chaleur presque insoutenable qui règne sous cette tente. C’est dire si on a apprécié !

Direction la Caverne pour Kadavar. Les Allemands sont des abonnés au festival, mais également une valeur sûre. Impossible de s’ennuyer vu le nombre hallucinant de riffs de guitare qui traversent l’expression sonore. Black Sabbath, Led Zep et biens d’autres, sont les principales références du groupe. Du bon gros rock ‘old school’ !

Il reste deux concerts aujourd’hui pour nous. Et le premier va se révéler être une véritable tuerie. Souldout vient en effet livrer un de ses derniers concerts à Dour. Le duo a malheureusement décidé de se séparer à la fin de l’année. Et dans ce minuscule Labo, on va assister à un concert de classe internationale. C’est d’ailleurs la première fois que le chapiteau est complet. Le public ne s’y trompe pas. L’électro/pop tonifiante du band belge va absolument retourner la fosse. Chaque chanson est un tube en puissance, tellement l’interprétation est convaincante. Ce n’est pas compliqué : ils donnent absolument tout ce qu’ils ont en stock. Après une heure de claques conclue par «  I Don’t Want To Have Sex With You », nous n’avons qu’un seul regret : mais pourquoi se séparer, bon sang ?

La fatigue commence cruellement à nous envahir. Mais nous ne pouvons manquer les Chemical Brothers. Direction la Main Stage baptisée « Last Arena », à Dour. Même si ce n’est pas le style de musique que votre serviteur apprécie particulièrement, il faut avouer que le light show et les vidéos proposés par le duo mancunien sont assez sensationnels. Là on l’a vraiment, le groupe de renommée mondiale ; pas de doute !

Après une journée bien remplie, il est temps de retourner sous sa tente pour prendre un peu de repos, malgré le vacarme qui règne au sein camping. L’année prochaine, on n’oublie pas les boules quiès !! Et pas nécessairement pour les concerts…

(Organisation : Dour festival)

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Dour Festival 2018 : mercredi 11 juillet

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Pour sa 30ème édition, le Dour Festival a mis les petits plats dans les grands. C’est un tout nouveau site, sis au pied des éoliennes, que nous proposent les organisateurs. Qui dit changement de lieu, dit aussi découvertes et surprises. C’est donc impatients et intrigués que nous empruntons la route vers Dour, ce mercredi.

Après avoir récupéré les bracelets, la file précédant les fouilles s’impose. Il fait chaud et ce moment n’est pas très agréable. Après plus de 30 minutes d’attente, elles se déroulent enfin, et on peut foncer vers le camping. Bonne surprise, il est situé à moins de 10 minutes du site du festival. Une sacrée amélioration par rapport aux autres années ! On s’installe tranquillement dans un petit coin et après un apéro indispensable, il est temps de mettre le cap sur la plaine...

Il s’agit d’un énorme terrain de forme plus ou moins ronde. Toutes les scènes se font à peu près face. Première conclusion : il est beaucoup plus grand, mais perd peut être un peu ce cachet intimiste qu’on pouvait ressentir sur la Plaine de La Machine à feu. On a en tout cas davantage l’impression de participer un grand festival. Par contre, l’endroit est assez majestueux, et les éoliennes ne font qu’accentuer ce sentiment.

Bref, le programme musical du mercredi n’est jamais très impressionnant. Il n’y a que quatre scènes ouvertes. Nous décidons donc de nous poser devant l’écran géant qui retransmet Angleterre – Croatie, en demi-finale de la coupe du Monde. Après la rencontre, on se dirige vers la Petite Maison dans la Prairie où Jon Hopkins se produit. C’est la grosse tête d’affiche du jour et le chapiteau est bien rempli. La musique électronique progressive et envoûtante du Londonien parvient à faire planer une heure durant les premiers festivaliers. Il est clair qu’il ne faut pas s’attendre à ce qu’il nous balance du gros son, mais les mélodies conclues par de grosses basses permettent parfaitement de lancer ce Dour 2018. Evidemment, les tubes s’enchaînent et on découvre aussi en ‘live’ les morceaux de son excellent dernier elpee, « Singularity ». Une très bonne mise en bouche avant quatre jours de folie !

Avant d’aller dormir, on profite de quelques instants de la techno démoniaque dispensée par Mr Oizo, à la Balzaal. L’ambiance est toute autre que pour Jon Hopkins : ça bouge dans tous les sens et le jeu de lumière est particulièrement impressionnant.

Le mercredi de Dour est toujours assez succinct en spectacles, mais la suite promet d’être bien plus conséquente au cœur de ce sublime nouveau site !

(Organisation : Dour Festival)

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