Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Festival Trans Musicales 2006 : samedi 9 décembre

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Pour leur dernière soirée, les Trans Musicales s'annoncent électro-rap ! Il suffit de jeter un rapide coup d'œil à la programmation pour s'en assurer : Easy Star All-Stars, Aufgang, Justice, Keny Arkana, Nouvel R... Quelques moments rock sont tout de même prévus. Notamment la prestation très attendue de Kaiser Chiefs et les brésiliennes de CSS, entre autres. L'affluence est d'ailleurs à son comble…

Nouvel R lance le bal. Pas moins de sept silhouettes se dessinent très vite sur scène ; les vibrations d'une ligne de basse groovy résonnent et pas moins de quatre MC's balancent leur bagout en manifestant une aisance, un phrasé et une énergie étonnants. Quel plaisir, d'ailleurs, de retrouver l'indomptable talent d'Ezra, le human beatbox virtuose déjà vu sur scène la veille ! Tous s'affairent autour du DJ central et nous imposent avec force leur hip-hop efficace. Démarrage de la soirée en beauté !

Alors que DJ Medhi vient tout juste de terminer son set dans le grand hall, c'est au tour des trois Luxembourgeois d'Aufgang de livrer leur art aux Rennais, venus ce soir en force. Deux interprètes communiquent par pianos à queue interposés, tandis qu'Aymeric Westrich imprime le tempo de ses machines. Une formation plutôt surprenante responsable d'une musique qui n'en est pas moins variée et audacieuse ! Les influences oscillent visiblement de la house au jazz, en passant par la world music ; et force est d'admettre que le tout fonctionne plutôt bien, malgré l'atmosphère on ne peut plus froide émanant de la scène.

Après maintes hésitations, le nez pointé sur la programmation, je me décide et me dirige vers le hall 3 où les très attendues brésiliennes de CSS (sans oublier le seul membre mâle de la troupe, préposé à la batterie) vont débuter leur set quelques minutes plus tard… choix judicieux vu la foule déjà agglutinée dans la fosse ! Sans aucun doute, la curiosité est de mise dans la salle et le public ne sera pas déçu par la prestation scénique de ces demoiselles ! Elles crachent sans vergogne leurs chansons courtes et efficaces, aux paroles qui peuvent parfois laisser à désirer. Les Sud-Américaines ne sont en effet pas là pour se prendre la tête comme l'annonce leur « CSS Suxxx » en ouverture, mais bien plus pour s'amuser et entraîner le public dans leur délire… et ça marche ! Il faut dire que la chanteuse sait s'y prendre : boostée par une énergie incroyable et increvable, elle danse, sautille sur scène et fonce dans le public sans retenue… tout en chantant tube après tube. Plus que pour leur musique, on apprécie CSS pour leur spectacle.

C'est ensuite au tour des Anglo-saxons de Kaiser Chiefs de devoir faire ses preuves sur scène ! Très attendus dans le hall 3, ils ne déçoivent pas et sont à l'image du public rennais de ce samedi soir : sauvages et énergiques. Si leur musique n'apporte guère d'originalité dans la très convoitée scène rock anglaise du moment, il convient d'admettre que Kaiser Chiefs est un excellent groupe de scène qui se nourrit du public ; et ce dernier le lui rend d'ailleurs bien.

Rassasiée, je quitte le parc expo et laisse les plus courageux vibrer le reste de la nuit aux sons des platines…

Festival Sziget 2006 : mercredi 9 août

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Festival unique en son genre, le Sziget Festival s'est déroulé, cette année, du 9 au 16 août sur l'île d'Obuda, en plein cœur de Budapest. L'événement s'étale sur une semaine : sept jours au profit d'une diversité culturelle et musicale.

C'est dans une ambiance survoltée que Hongrois, Français, Allemands, Italiens, Belges, mais aussi Australiens, Américains, Québécois, etc., bref un public largement international, se rencontrent autour du rock, métal, tzigane, blues, reggae, électro…

Les premiers concerts débutent mercredi; mais dès la veille, l'île d'Obuda est envahie de festivaliers. Et il est déjà possible, dans les différents bars qui fourmillent sur l'île, de danser sur toutes les musiques.

Néanmoins, il faut attendre 16h30, le mercredi, pour que Glen Matlock & The Philistines ouvrent le bal. Sur la grande scène. Sous le soleil et devant quelques milliers de spectateurs, le groupe entame un rock inspiré des 70's; même s'il laisse transparaître une apparence punk et quelques traces de pop. Conduite par l'ex-bassiste des Sex Pistols, la performance n'a rien d'extraordinaire. Elle devient même quelque peu redondante en fin de parcours. Mais on se laisse volontiers séduire par des morceaux de la trempe de « On something » ou « Suck it and see ».

On entre véritablement dans le vif du sujet lorsque les Irlandais de Therapy? débarquent sur scène. A coup de riffs ravageurs, de petites bombes bien placées et de morceaux excédant rarement les trois minutes, le trio accorde un set sculpté dans un punk musclé. Andy Cairns, le chanteur/guitariste, semble détendu et heureux d'être là. D'ailleurs, il n'hésite pas à plaisanter avec le public entre les chansons. Une excellente thérapie pour les personnes allergiques aux musiques extrêmes. Grosses guitares et lignes de basse lourdes sont de rigueur. Cependant, certains morceaux manifestent un sens mélodique plus pop. A l'instar de « Sprung ».

Ensuite, direction scène world pour assister au concert d'un Serbe dont le nom n'est plus à présenter : Boban Markovic. Considéré comme docteur es instruments à cuivres des Balkans, il pratique un style musical mêlant folklore gitan et jazz. Entouré par 11 musiciens, Boban invite l'assistance à gambiller au rythme d'airs traditionnels ou, encore, à se remuer sur un morceau comme « Bubamara »  (NDR : la B.O. de « Chat noir chat blanc »). Outre sa richesse et sa capacité d'assimilation des autres styles, la musique balkanique a le don de séduire et d'inciter n'importe quel individu à danser !

21h30. Difficile d'opérer un choix lorsque les concerts de Franz Ferdinand et de Robert Plant sont programmés à la même heure, sur deux scènes éloignées ! Finalement, la décision est prise : on délaissera la pop et les mélodies imparables des Ecossais pour aller applaudir l'ex-chanteur du mythique Led Zeppelin. Pas de regret. Sa performance est de haute volée. Flanqué de son Strange Sensation, Bob nous entraîne dans l'univers du blues, du rock n' roll mais aussi des musiques orientales et celtiques. L'assistance demeure scotchée, subjuguée par l'artiste. Nonobstant ses 40 ans de carrière, sa voix et son âme sont restées intactes. L'émotion est au rendez-vous. C'est même une évidence lorsqu'il attaque la ballade « Going to California ». Le timbre de Plant nous communique des frissons. L'apothéose du concert est atteinte lorsque le band attaque l'incontournable « Whole lotta love » et son riff mythique. Le public est ravi. Le morceau est ponctué d'une jam session comme seul le célèbre dirigeable en avait le secret. Le show s'achève au bout d'une bonne heure et demie. Les musiciens semblent satisfaits. Le public est aux anges.

 

D'Hiver Rock 2006 : samedi 25 février / Experimental Tropic Blues Band nous en mis plein les oreilles, Punish Yourself plein la vue...

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La deuxième journée du festival débutait à 16 h20. Une journée bien chargée attendait votre serviteur ; d'autant plus que quatre groupes de métal étaient programmés dans une troisième salle, à partir de 19h20. Dont Vandal X. Une prestation à laquelle je n'ai malheureusement pu assister, puisqu'au même moment se produisait Experimental Tropic Blues Band. Et de cette scène, je n'ai pu assister qu'à quelques minutes du set dévastateur de Morning Red. Une certitude, plus de monde dans les salles qu'au bar lors de cette deuxième journée, même si le jus de houblon semble encore avoir coulé à flots…  

Issu de Lille, Glory Pop est le lauréat de l'Open Stage de Mouscron, édition 2006. Un quatuor qui remet au goût du jour le style théâtral, parodique et humoristique de Bonzo Dog Band. Encore que parfois, leur humour décalé évoque les Monthy Python. Pas étonnant d'ailleurs que la formation adore les déguisements. Entrant sur scène vêtus d'une bure blanche, semblable à celle des adeptes du Ku Klux Klan, les membres du band terminent en string, après avoir transité par les accoutrements les plus farfelus possibles et imaginables (plumes, scaphandre et j'en passe). A un tel point qu'on finit par en oublier la musique qui tire un peu dans tous les azimuts. On y recèle même du rap et du glam (NDR : évidemment). N'empêche le chanteur est capable de passer du clavier au violon avec un certain talent. Et une chose est sûre : on s'amuse tout au long de leur prestation…

Peu réceptif au hip hop, je me suis quand même risqué à assister au set de Prise de Son soutenu par les Choco Pops. Collectif particulièrement jeune, Prise de Son rape comme mille et un autre groupe du style dans l'Hexagone. A leur avantage, des textes engagés et surtout intelligents, en phase avec les problèmes des banlieues en France. La présence des Choco Pops donne cependant une toute autre coloration à l'expression sonore. Le trio guitare/basse/batterie a des planches, et notamment le drummer. Balèze (au propre comme au figuré), il donne une amplitude phénoménale à la musique proposée. D'ailleurs, livré à lui-même au beau milieu du set, le collectif lasse très rapidement. Et il faudra le retour du backing group pour que la prestation retrouve des couleurs. N'empêche pour une première, cette collaboration méritait d'être vécue et demande même une suite…

Skeil est un quintet lillois qui pratique une sorte de funk/acid/jazz directement inspiré par Jamiroquai voire Steely Dan. C'est également le nom du chanteur/claviériste et leader de cette formation. Un chanteur qui possède un falsetto d'une grande limpidité. En outre son backing group n'est pas constitué de manchots ; et en particulier le saxophoniste. Malheureusement, leur solution sonore manque paradoxalement de groove. Mortel pour un combo qui revendique un tel style musical…

Ensemble courtraisien, Rencontrez l'Amour baigne dans le surf jusqu'au cou. Pas de chanteur, mais une musique instrumentale instituée, il y a près d'un quart de siècle par les Shadows, et perpétuée encore aujourd'hui par Dick Dale. Au début, c'est sympa, mais au bout de 20 minutes, on atteint le stade de saturation. Et on retourne au bar.

Sarah Markewich est américaine. New-yorkaise, très exactement. Elle vit cependant aujourd'hui à Courtrai. Depuis 9 ans. Vocaliste chez Greyn elle possède une superbe voix qui rappelle tantôt Nathalie Merchant des 10.000 Maniacs, tantôt Ani DiFranco. Le quintet pratique une sorte de pop/rock semi-acoustique particulièrement soigné. Mais aussi très ennuyeux. Et le groupe a beau se réclamer des Violent Femmes, dont il interprète d'ailleurs une cover, on se demande s'il ne devrait pas privilégier les bars nightclubbiens.

Apparemment, la pub de Morning Red a fait recette. Après avoir distribué moult tracts pendant deux jours, ils sont parvenus à attirer la foule dans la salle réservée aux groupes de métal. Disposant de deux chanteurs, le sextuor pratique une musique féroce, turbulente, fruit d'un cocktail improbable entre Mass Hysteria, Colcut, Soulfly et Incubus. Et le public averti réagit instantanément à cette flambée de fureur. Un set dévastateur auquel je me suis soustrait après dix minutes, histoire de sauver ma peau… et mes tympans…

Raspoutitsa n'est pas le nom d'un ancien agent du KGB, mais le patronyme d'une formation issue de la région tournaisienne responsable d'une style musical particulièrement original qui oscille entre chanson française et prog, en passant par l'électro et la pop. Mais la force du groupe procède des lyrics de Mathieu. Des textes lourds de sens et de pertinence. Il joue également de la guitare. Et chante. Pourtant, son timbre n'a rien d'exceptionnel ; mais ce soir, ses inflexions ont fait la différence. D'ailleurs, à ces débuts, Cantat avait-il une belle voix ? Après trois années d'absence, le groupe a décidé de sortir un maxi (NDR : dont le digipack est absolument superbe !) et de repartir en tournée. Franchement, on est ici en présence d'un talent à l'état brut. Qui mérite d'être poli. Peut-être pas toujours facile d'accès, il faut le reconnaître… Et quoi, Ferré était-il facile d'accès ?

Fondé en été 2000, Two Star Hotel a été signé par le label allemand Sounds Of Subterrania, une écurie qui compte en ses rangs King Kahn, Dirtbombs, Melt Banana, El Guapo Stuntteam et The Monsters. La formation liégeoise a d'ailleurs sorti son premier opus en 2005. Et à l'écoute de cette plaque, cette signature se justifie. En fait, TSH pratique un cocktail de boogie, de funk et de punk qu'ils appellent avec dérision du 'plastic-avant-rock' (NDR : si on veut bien !). Sur scène le groupe se présente vêtus en rouge et noir, un foulard noué autour du cou. Deux guitaristes (qui disposent d'un rack de grattes assez impressionnant, dont une transparente !) alimentent leur solution sonore aride, énergique, convulsive, qui transpire le sexe et le rock'n roll. D'ailleurs, dès les premiers accords, vous avez une envie irrésistible de taper du pied. Et leur nouveau chanteur semble s'être facilement moulé dans l'ensemble. Pantalon de cuir noir, poses lascives, il se déhanche, harangue la foule, et termine même son set au milieu du public.  

PPZ30 n'est pas né de la dernière pluie, puisque le combo existe depuis 1992. Malheureusement, leur funk métal semble avoir pris un sérieux coup de vieux. Pas que l'énergie soit absente ; au contraire ! Mais elle est le fruit d'une accumulation de clichés qui finissent par devenir agaçants. Et leur dernier album, « Duck my sick » en est la plus belle illustration. Heureusement, sur les planches, la formation est toujours aussi intéressante. Et puis rien que la présence de Bruce, le chanteur/showman, est un véritable régal. Bénéficiant du concours d'une section de cuivres le combo n'a donc pas failli à sa réputation. Enthousiasmant même ceux qui ne les avaient jamais vus…

Experimental Tropic Blues Band ! Nous ne sommes plus dans la même division… Les héritiers naturels des Cramps et de Jon Spencer Blues Explosion ont encore frappé… Psycho Tiger et Boogie Snake étaient au sommet de leur forme, même si en final, ils ne savaient plus trop où ils étaient. Et le public leur a rappelé en leur accordant une formidable acclamation. Qui a débouché par un rappel ! Une chose est sûre leur psycho boogie (NDR ou si vous préférez leur rock'n roll blues & roots) est unique en leur genre. Toujours pas de bassiste, mais deux râpes qui se conjuguent à merveille, déchirent l'espace sonore ou l'enflamment pour mieux le rendre dansant et sulfureux, pendant que Devil d'Inferno martèle tribalement ses fûts. Et les voix des deux solistes (une plus claire, l'autre caverneuse) se complètent parfaitement. Bref, même si le public ne faisait pas la danse du scalp, il pogotait ferme. Et difficile de ne pas avoir des fourmis dans les jambes à l'écoute de leur musique. Assurément le moment le plus fort de ce samedi. Le groupe est actuellement en studio pour enregistrer son tout premier long playing…

Encensé par la presse traditionnelle pour son premier album « Skyline society » (NDR : impossible d'en dire quoique ce soit, puisque aucun exemplaire promo n'est parvenu à Musiczine), Major Deluxe s'était déjà produit lors de l'édition 2002 du D'Hiver Rock, pour un set dont le souvenir ne restera pas impérissable. Depuis, la formation de Sébastien Carbonnelle a effectué d'énormes progrès. Leur musique easy listening, orchestrale, perfectionniste est irréprochable, mais franchement soporifique. En fermant les yeux, on avait l'impression d'être dans son salon, bien calé dans un sofa soyeux, prêt à tomber dans les bras de Morphée. Manquait plus que le casque sur les oreilles. Mais je n'étais pas dans mon salon…

Alors là, j'ai été surpris. Pas que la musique soit sensationnelle, mais le look de Punish Yourself est impressionnant. Les corps des musiciens et d'une danseuse aux seins nus, peints aux couleurs fluo donnent vraiment un effet visuel qui ne peut laisser indifférent. Côté musique, Punish Yourself pratique une sorte de métal indus qui ne lésine ni sur l'électronique, ni sur les pulsions primaires. En vrac, leur attitude implique le sado-masochisme, le sang, la dope, la fascination pour la mort et j'en passe. Fallait voir les fans du style accoutrés comme des punks de la fin des 70's ou maquillés à la manière de Marylin Mansun, se bousculer devant la scène. On a même eu droit à l'irruption d'un exhibitionniste sur le podium, que le service d'ordre a éjecté manu militari... Episodiquement, la danseuse actionnait une disqueuse pour en laisser cracher des étincelles semblables à des flammes. Sex, drugs & Cyberpunk ? Euh… Plutôt plein la vue…

Et pour terminer la journée, rien de tel qu'un moment de franche rigolade. Que nous a accordé Colonel Bastard, en l'occurrence Jérémy, le chanteur d'Experimental Tropic Blues Band. Avec pour seul accompagnement un micro et un lecteur CD pourrave, il a réalisé une performance à la fois délirante, décalée et sans complexe (NDR : c'est dans le dossier de presse !), qu'il termine par un strip-tease improvisé (NDR : ce n'est pas dans le dossier de presse). Bref, un bon moment de bonne humeur pour clore cette deuxième journée…

Festival Sziget 2006 : jeudi 10 août

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Alors que l'île continue de se peupler, ce deuxième jour va nous permettre de voyager à travers les styles musicaux et horizons les plus divers. Mais au Sziget, le périple n'est pas que musical. Ainsi, le matin, lorsque vous vous levez, il vous est loisible de vous relaxer lors d'une séance de yoga ou, si vous préférez, faire monter votre adrénaline, en pratiquant le saut à l'élastique. Autre option : se reposer et finir la nuit dans un hamac à l'espace 'djuice siesta', prévu à cet effet. Et puis, pourquoi ne pas franchir la passerelle du festival pour goûter aux nombreux bains thermaux offerts par la ville de Budapest ? Le temps de se détendre avant d'aborder une deuxième soirée de concerts !

Suite à l'annulation d'Ill Niño, Green Lizard est programmé à 16h30. Sur la grande scène. Mais un groupe nous intéresse plus particulièrement : Ministry. Fondé en 1981 par Al Jourgensen, il constitue aujourd'hui une figure incontournable de la scène métal. Du gros son est balancé sans réellement se tuer à la tâche. Comme dans de nombreux groupes métal, la prose est revendicatrice. Ici, cependant, on a plus envie d'en rire qu'en pleurer. Et la liste des reproches n'est pas terminée : Jourgensen assume le minimum syndical. Il braille comme de coutume mais semble avoir oublié que s'il est sur scène, c'est également pour le public. Les morceaux sont proches des versions albums. Le son demeure médiocre. Encore que ce constat pourrait être mis à leur décharge. Car, tout au long de la semaine, de nombreux sets ont souffert de ce son approximatif. Aussi bien les formations indés que les grosses cylindrées !

Pour se reposer les tympans, rien de tel que de rejoindre la scène world sur laquelle se produit Lila Downs, chanteuse d'origine mexicaine. Loin d'être une inconnue (elle a collaboré à la B.O du film « Frida »), l'extravagante et ténébreuse Lila épanche son spleen avec grâce. Mais aussi des sentiments de joie, d'amour, de tristesse et de chagrin. Elle alterne compos agrégeant jazz et folklore (« Paginas de mujer » ou « Cumbia del mole ») et ballades blues (« Conracito tirano », « Que seria de la vida »). Sa voix douce et chaleureuse vous envoûte. Charmant, tout simplement. Le rythme est contagieux. Parfois, on se surprend même à dodeliner de la tête. A vrai dire, son spectacle se mue progressivement en ballade intemporelle !

Autre grand compositeur de musique pour film, Goran Bregovic a emmené les douze musiciens de l'orchestre des mariages et enterrements. Inspirée également par la tradition folklorique, l'expression sonore de la formation serbe passe en revue les émotions humaines les plus terre à terre : ses joies, ses réjouissances, ses tristesses, ses malheurs. Sur scène, Goran puise aussi bien dans son répertoire que dans les bandes originales de films tournés par son ami Emir Kusturica. Pendant plus d'une heure, on passe allègrement de la musique de noces à celle d'enterrement. Depuis l'émouvant « Ederlezi » en passant par le mythique « In the deathcar » (NDR : issu du film « Arizona dream »). L'enthousiasme manifesté par l'assistance nous permet de conclure qu'entre la prestation de B. Markovic, accordée la veille, et celle de G.Bregovic ce soir, la musique des Balkans a définitivement conquis l'île d'Obuda ! Et Bregovic d'achever son set en exécutant le cultissime « Kalasnjikov ».

Les concerts programmés sur les deux grandes scènes sont terminés. Mais la soirée ne fait que commencer. On a d'ailleurs l'embarras du choix ! Première solution : aller découvrir Wir Sind Helden qui s'est emparé de la scène Wan2. Emmené par la chanteuse et guitariste Judith Holofernes, ce quatuor allemand est considéré comme un des chefs de file de la 'New German wave'. La deuxième option se profile, quelques minutes plus tard, sur ce même podium : l'univers hip hop/jazz des Hongrois de Jazzékiel… A moins que vous ne préfériez investir l'immense chapiteau de la Party Arena, où se succèdent tous les soirs les grands noms de l'electro et de la drum n'bass. De 22h à 7h du matin. Ce soir, par exemple, la paire anglaise Layo & Bushwacka est à l'affiche.

 

Festival Sziget : vendredi 11 août

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Cette troisième journée commence par une mauvaise nouvelle. Suite à la tentative d'attentat perpétrée à Londres, Coldcut et Gomez sont contraints d'annuler leur concert. On espère qu'il n'en sera pas de même pour Radiohead le lendemain. Mais pour l'heure, 50 000 personnes sont attendues ce vendredi sur l'île d'Obuda, pour assister aux 200 programmes de la journée.

Suite à la place laissée vacante sur la grande scène par Gomez, Guru's Jazzmatazz démarre le concert une heure plus tard que prévu. Emmené par le leader Guru et accompagné par Solar & Doo Wop, le groupe dispense un hip hop légèrement teinté de jazz et de soul. Guru et ses acolytes ne cessent de solliciter le public pour reprendre les paroles en chœur. Ils y seraient sans doute parvenus en se contentant de 2 ou 3 répliques. Mais les relances incessantes finissent par lasser.

Au même moment, les Boukakes débarquent sur la scène world. Les 7 musiciens de la formation montpelliéraine brassent différents horizons musicaux où se mêlent rock, raï, électro, et funk. On retiendra des morceaux comme " Bledi ", parfaite synthèse du style pratiqué par cet ensemble français. Sur scène, la présence du derbouka et la voix chaleureuse de Bashir rappellent que la musique maghrébine constitue l'influence majeure du combo. Une performance loin d'être désagréable, au cours de laquelle on se laisse volontiers entraîner aux rythmes de " Allawi " et autre " Mama ".

La petite pause concert permet de déambuler dans les allées et de se diriger vers l'espace théâtre de rue et le chapiteau danse et théâtre. On le dit et on le répète, ce festival est gigantesque ! On peut ce soir assister à la représentation de la troupe polonaise Teatr Osmego Dnia. Sur fond de musique bien psyché, un char circule à travers le public, véhiculant à son bord des barbares qui braillent et crachent du feu. Des fenêtres s'enflamment lentement. Une mise en scène médiévale relatant la guerre. Frissons !!!

Retour vers la grande scène. Sur le chemin, il est loisible de piquer une tête dans la piscine de chocolat (NDR : Oui, cette histoire peut paraître invraisemblable mais elle est véridique. C'est aussi ça le Sziget !). Un bain nourrissant au terme duquel vous aurez la certitude d'être laissé en paix pour la suite des événements.

Le dernier acte de la Grande scène est accompli par les sexy, groovy, funky, Scissor Sisters. 'Disco's not dead' devrait être leur slogan. Leurs vêtements à paillettes parlent pour eux. D'ailleurs, leur patronyme évoque une position sexuelle lesbienne. Mais venons-en à la musique. Le son est parfois médiocre mais tout dépend de l'endroit où l'on est situé. Devant, on a la chance d'être épargné par les saturations pénibles aux tympans. Pas la peine de s'attarder sur le génie de leurs compositions. Ils sont responsables d'un mélange de pop et de rock, saupoudré d'une pincée de disco. Il n'y a plus qu'à danser et sautiller allègrement tout au long des " Laura " ou " I don't feel like dancin' ". Indubitablement, il n'y a pas d'alternative. Ah si… rigoler !

Fin de soirée, petit détour au Silent Disco. « Quekcekça ? ». Il s'agit d'un chapiteau au sein duquel on danse et on chante, mais dont il ne sort pas la moindre note de musique. Curieux, vous décidez d'y aller faire un tour afin de percer le mystère. Enigme résolue, lorsqu'on vous pose des écouteurs sur les oreilles. Il vous reste alors à choisir le canal et à régler le volume. Et en route pour le déchaînement instantané jusqu'à 4 heures du matin ! Un concept plutôt sympa. D'autant plus que la musique diffusée est loin d'être de mauvais goût. Des Ramones aux White Stripes en passant par les Foo Fighters ou encore Dolly Parton. Dans le futur, les organisateurs devraient pousser quelque peu le volume, vu les jacasseries, il devient parfois pénible d'entendre ce qui passe dans le casque.

Festival Sziget 2006 : samedi 12 août

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Ce samedi 12 août est sans doute la journée du festival la plus alléchante ! Coté affluence, un nombre record de festivaliers est attendu. Manquerait plus que la pluie ne s'en mêle ! Les nuages gris s'amoncèlent pourtant et les averses surgissent. Il n'en fallait pas plus pour voir fleurir les premiers ponchos et anoraks. Le Sziget avait déjà la réputation d'être le Woodstock européen. Une allusion qui risque finalement de se confirmer…

Les Ecossais de Sons and Daughters sont les premiers à passer sur la Grande scène. Leur folk électrique est teinté de pop. Des morceaux tels que " Choked " ou encore " Royal Used " sont plutôt agréable à écouter. Au sein de l'assistance on semble également apprécier la performance, mais personne ne parvient pas à se lâcher complètement. Décidément les concerts programmés en journée ont du mal à décoller ! 

Un concert de dEUS, c'est un peu comme à la loterie. Soit le son est nickel et on vit une formidable expérience musicale. Soit il est merdique et les mélodies sont noyées dans un vilain brouillamini. Heureusement aujourd'hui, la bande à Barman est dans un bon jour. Elle est même en pleine forme et au sommet de son art. Le public est ravi. Sur les planches les musiciens semblent également prendre leur pied. Et ce ne sont pas les quelques gouttes qui vont contrarier le show, bien au contraire !

Sur la scène world, les Français d'Orange Blossom font sensation ! Des textes en arabe, un peu de djembé, un violon électrifié, le tout soutenu par des samples et vous obtenez un délicieux cocktail d'électro métissée. On est en extase pendant " Habibi ", en transe pour " Cheft El khof ", en lévitation sur " Yazaman ". Le potentiel des Nantais est certain. Mais en privilégiant les parties préenregistrées sur l'instrumentation conventionnelle, le combo pourrait perdre tout crédit… 

Sur la grande scène, Heaven Street Seven nous balance une solution sonore inspirée par la pop anglo-saxonne au sein de laquelle la guitare de Gábor Balczer est bien mise en évidence. Etonnant pour un groupe hongrois. Qui chante dans sa langue du pays des Magyars. Leur set ne manque pas de charme, mais si la majeure partie s'agglutine au pied du podium, ce n'est pas pour les acclamer, mais pour se ménager une place idéale avant d'assister à la prestation du groupe suivant. On perçoit d'ailleurs un léger soulagement, lorsque le band débarrasse le plancher…

Les roadies installent donc le matériel. En fond de scène, dix fragments d'écrans. Le concert s'annonce déjà impressionnant. Le mot est lâché. Idéal pour qualifier Thom Yorke qui se multiplie à la guitare, au chant, au piano. Le reste du groupe semble parfois plongé dans le coma. Ce qui ne l'empêche pas de nous réserver leurs classiques de haute volée : " Paranoid Android ", " No Surprises ", " There There ", " Lucky ". On appréciera l'enchaînement " Exit music – Karma Police ". Le groupe interprète également deux nouvelles chansons : " 15 step " et " Nude ". Propre, sans bavures, planant, ahurissant. Ce sont les termes judicieux pour qualifier le concert accordé par Radiohead, ce soir. Comme chaque soir. C'est ça le problème : la routine, l'absence de feu sacré…

 

 

 

 



Festival Sziget 2006 : dimanche 13 août

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Au petit matin du dimanche, une petite couche de boue recouvre les allées. Il a plu cette nuit ! Quelques heures plus tard, on n'en parlera plus, car la météo semble vouloir nous sourire. On en profite donc pour continuer à découvrir les activités et les scènes les plus insolites, les plus étranges, les plus délirantes … A l'image du festival.

Le jardin des tentes par exemple. A l'entrée on vous prie d'enlever vos chaussures pour ne pas salir la moquette. Et finalement, après avoir accumulé les kilomètres, les pieds enserrés dans des chaussures, se déplacer en ne conservant que les chaussettes est une sensation bien agréable. L'endroit est plutôt calme. De longues pièces de tissus sont accrochées un peu partout. Un refuge parfait pour s'accorder une petite sieste au chaud, se relaxer en écoutant un peu de musique. D'ailleurs, certains n'hésitent pas à y emporter leur duvet. Mais c'est également un foyer pour les victimes du vol de leur tente !

Autre attraction : le Luminarium. On doit y faire la file. Très longtemps. Appelé aussi la grotte du spectacle, à cause de son réseau de bulles colorées, de tunnels et de salles, ce labyrinthe à ballons s'étend sur plus de 800 m2. Il y fait plus de 40°. Une bonne aventure psychédélique, mais surtout une expérience à découvrir ! Vous aimerez ou vous détesterez ; mais vous ne pouvez y rester indifférent.

Mais il est temps de rejoindre les concerts ! Et en particulier celui de Gentleman & the Far East band. Il y a beaucoup de monde pour accueillir l'Allemand. Le soleil est revenu et l'heure est à la détente. La combinaison de reggae et de dance est idéale pour se réveiller de bonne humeur. Le timbre vocal du leader de Gentleman est singulier, fragile ; mais il maîtrise parfaitement son sujet. Il chante dans la langue de Shakespeare. Dommage que sa prestation soit constamment interrompue par des 'yeah sziget' intempestifs !

17 musiciens délurés montent sur les planches. 17 Hippies ! Des néo-hippies déterminés à nous entraîner à la rencontre de ballades sud-américaines, mélodies serbes, hongroises ou encore freyleks juifs. Le tour du monde musical est absolument savoureux. L'ambiance survoltée. Sur scène, la panoplie des instruments est impressionnante : guitare, accordéon, trompette, saxophone, violoncelle violon, banjo, clarinette, ukulélé, trombone… La formation allemande parvient littéralement à faire décoller la foule en dispensant des morceaux aussi allègres que " Jovane " ou encore " Besho ". Tant sur scène que dans le public, on affiche un sourire jusqu'aux oreilles ! C'est la foire, le bordel : c'est la fête quoi !

Lord Bishop Rock s'était déjà produit l'an dernier au Sziget. Un trio qui n'est donc plus une découverte, mais qui était bien décidé à confirmer tout le bien qu'on pensait de lui. Voluptueux, son cocktail de rock et de blues est particulièrement explosif. Ses versions de " Purple haze " et de " Voodoo chile " sont speedées. L'ensemble du répertoire est d'ailleurs manifestement influencé par le maître Hendrix. Géant de couleur noire, Lord Bishop n'en finit plus de solliciter et de provoquer l'assistance. Le chanteur/guitariste est assez ironique dans ses propos, mais il manifeste également une grande générosité. Il donne tout ce qu'il a dans le ventre, sur scène… et offre même deux albums et sa bouteille de whisky ! Mais c'est la rasade de rock n' roll qu'on savoure le plus. Les grosses distorsions ne font pas dans la dentelle. Le son est brut et efficace ! Le groupe accordera deux rappels. Dont une cover du classique " Johnny B. goode ". Après une bonne heure de show, c'est l'ovation ! Lord Bishop et le public s'applaudissent durant 5 bonnes minutes. 'Thank you and see you next time !'

Le chapiteau tzigane est également une excellente initiative prise par le Sziget. Mais pour la circonstance, l'espace n'est pas exclusivement réservé à un groupe ou un artiste. En fait, tous le soirs, des formations issues de différentes nationalités se produisent devant un public chauffé à blanc. Un endroit où se donnent rendez-vous les musiques rom d'Europe. Du swing manouche au flamenco, de la musique tsigane Olàh aux fanfares des Balkans. Au cours de cette semaine on a ainsi pu notamment assister aux sets de Dela Dap, un ensemble autrichien de nu-jazz, du trio batave Johnny Rosenberg, des Australiens Nadya's 101 Candles Orkestra, des Français Les Doigts de l'Homme ou encore des Roumains Giani Lincan & Gipsy Band. Simple amateur ou fin connaisseur, on est peut-être émerveillé face à l'énergie dispensée par tous ces musiciens. La tente tsigane est un passage obligé du festival car à l'image du Sziget, on y rencontre une pluralité de nationalités et de cultures dont le dessein est commun : partager et faire la fête !

Festival Sziget 2006 : lundi 14 août.

La fin du festival approche mais on ne la sent pas vraiment venir. Au Sziget, on n'échappe pas à l'espace temps. Quel jour sommes nous ? Quelle heure est-il ? 15 heures ? Il faut se dépêcher, « Tout sur ma mère » de P. Almodovar est projeté, pour l'instant, sur l'écran du Magic Mirror (cabaret). Et dans une heure et demie, les premiers concerts de la journée vont commencer…

Sous un soleil éclatant, (NDR : manifestement, on aura été gâté cette année) Beatsteaks monte sur les planches de la grande scène. Heureux de participer à l'événement, les Allemands nous aident à décoller les paupières des yeux, pas encore entièrement ouverts ! Leur mélange de ska et de punk est animé par Arnim Teutoburg, le frontman bondissant ! Leur répertoire inclut plusieurs reprises ; et notamment « Sabotage » des Beastie Boys ou encore « No one knows » de Queens of the Stone Age. Ouvrir la journée d'un festival est une tache difficile. Nous en avions parlé. Le combo germanique a réussi ce challenge. On ne peut que l'en féliciter.

Les 15 minutes d'intervalle qui séparent la programmation entre la scène world et la grande scène, nous autorisent à aller jeter un coup d'œil à la prestation de The Gathering. Pas très folichonne, à vrai dire. Drivée par la chanteuse Anneke Van Giersbergen, la formation se complaît dans son métal symphonique. Sur disque, la solution sonore est potable ; mais sur scène, la transposition s'avère mollassonne et sans saveur.

Une bonne raison pour foncer vers la scène world où se produit l'Ivoirien Tiken Jah Fakoly. Dynamisée par des rythmes afro-reggae, sa musique est festive et stimulante. Mais aussi revendicatrice. Il dénonce le colonialisme, l'exploitation et l'injustice dont est victime le peuple africain. Cette diatribe est traitée dans les lyrics de ses chansons. A l'instar de morceaux comme " Quitte le pouvoir ", " Françafrique " ou encore " Y'en a marre ". Tel un lion, l'Ivoirien court, bondit, se déchaîne ou élève les genoux à hauteur des épaules. Dépasser cette limite relève de l'impossible. Son show bien rodé met une ambiance de feu. Après avoir chaviré sur la musique des Balkans, l'île d'Obuda succombe aux charmes de la musique africaine…

A l'instar de tout grand festival, le Sziget vit au rythme des déplacements des foules. Mais devant la scène world, le spectacle est inattendu. Constitué en majorité de francophones et d'Africains, le public de Tiken Jah Fakoly vide les lieux, visiblement ravi de la prestation de l'Ivoirien. Mais en même temps, comme par magie, une toute autre audience, plus orientale, prend sa place. Nous avions entendu dire le plus grand bien de Leningrad, de véritables vedettes en Russie. Un vent favorable qui demandait confirmation. Une chose est sûre, leur prestation semble très attendue et leurs fans survoltés. Une quinzaine de musiciens déboulent sur scène. Un véritable raz-de-marée ! A l'instar des Négresses Vertes originels, 2 frontmen excitent la foule. L'un deux ressemble au chanteur de Ska-P, tandis que l'autre arbore un physique proche de François Hadji Lazaro. En plus trapu encore. Ce qui explique sans doute pourquoi il demeure assis la plupart du temps. Savant mélange de ska, de punk et de polka, leur musique est soutenue par une flopée de cuivres destinée à rythmer le set, sans lui laisser le moindre répit. La réputation de ce combo n'a pas encore dépassé les frontières des pays de l'Est. Ce qui explique sans doute pourquoi les différents drapeaux qui s'agitent dans le public arborent surtout les couleurs de l'Europe Continentale ou de l'Orient (Lituanie, Roumanie, etc.). Impressionnant ! Une toute grande découverte.

Après avoir vécu un show aussi époustouflant, Placebo a fait l'effet d'une douche froide. Ceux qui ont vécu leurs premiers concerts mémorables accordés au Botanique ou au Brielpoort de Deinze n'ont pas reconnu le groupe. Paradoxal lorsqu'on sait que Brian Molko et sa bande jouissent aujourd'hui d'une énorme popularité. Guère de contact ni de dialogue établi avec celui-ci. Il y a bien une descente de Molko au milieu de la foule ; mais elle balisée entre les grillages. Faut pas rêver non plus ! Un bien triste tableau pour une tête d'affiche. Ce set insipide, qui ne laissera certainement pas de souvenir impérissable, atteint même la profondeur de l'abysse lors de l'adaptation totalement foireuse d'"Every you, every me". Accélérer le tempo n'était certainement pas une bonne idée. Superbe sur disque la reprise du "Running Up That Hill" de Kate Bush ne ressemblait plus à rien. Bref, une grosse déception…

Petit détour via la scène Pesti Est où tous les soirs des petites formations rendent hommage à des artistes aussi prestigieux que Frank Zappa, Miles Davis ou encore The Doors. Ce soir, c'est Rage Against The Machine qui est mis à l'honneur. Un exercice de style accompli par une formation hongroise. Ses adaptations du mythique groupe américain nu metal sont plutôt réussies. L'étrange ressemblance physique et vocale entre le chanteur et Zack de La Rocha est troublante. Un bien bel hommage !

Que pouvait-on attendre d'Exploited ? Les voir enfin en chair et en os, après deux annulations successives en Belgique ? Compréhensible. A l'instar des Sex Pistols (NDR : et on a pu le constater lors de la dernière tournée opérée par la bande à John Lyndon), on est à 100 lieues de l'esprit punk. Les exigences des vedettes frisent l'indécence. Les apparitions se résument au minimum syndical. On ne sait plus s'ils jouent du punk ou du trash. Bref, le groupe a mal vieilli. Paradoxal lorsqu'on sait qu'hormis le légendaire Wattie, le line up est composé de très jeunes musiciens. Un Wattie qui impressionne davantage pour son physique que par sa voix aussi grasse que lui. Derrière la scène, une banderole affiche fièrement '25 years of anarchy and chaos'. Mais on se demande si la survie du groupe ne procède pas davantage d'une opération de marketing (NDR : pourtant incompatible avec l'esprit punk) que d'une volonté de maintenir en (sur)vie une légende. Les nostalgiques du punk auraient davantage intérêt à  se tourner vers des groupes authentiques comme les Buzzcocks ou UK Subs. 

Il est déjà 2 heures du mat' et nous quittons la tente peuplée d'Iroquois, pour aller se balader une dernière fois sur le site. Personne ne semble vraiment fatigué. A croire que la vodka permet de garder le tonus. Les nombreux dance-rooms continuent à se remplir de clubbers et de jolies jeunes filles locales… Quel marathon ce Sziget ! Il s'agit d'être en forme…

 

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