La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Gavin Friday - Het Depot
Bernard Dagnies

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vendredi, 01 juin 2012 14:04

Sigur Rós au Rievierenhof

Sigur Rós se produira dans le cadre du festival Openluchttheater Rivierenhof, pour un concert exclusif, ce 27 août. Les tickets seront mis en vente à partir de ce vendredi 1er juin à 9 heures.

http://www.openluchttheater.be

 

 

Quatrième volume de la série ‘Bootleg’ consacrée à Johnny Cash. 51 titres partagés en deux tomes au cours desquels The Men In Black nous parle de sa foi en Dieu et tout le Saint Tremblement, textes qu’il interprète sur un mix de country et de gospel et bénit parfois de jazz, tex-mex ou rock’n’roll.

Les plages du premier disque datent de 1979. On y retrouve 20 morceaux qui figuraient sur l’elpee « A believer sings the truth », quatre fragments réservés à un autre qui n’a jamais vu le jour et un inédit. Le second réunit des titres enregistrés en 1975 et 1982. Pour les premiers, ils étaient passés aux oubliettes (NDR : deux avaient quand même été récupérées pour alimenter une compile). Quant aux seconds, ils étaient parus sur un album confidentiel intitulé « Johnny Cash – Gospel Singer », l’année suivante. Des enregistrements inédits issus des mêmes sessions ont été ajoutés.

De nombreux amis ou des membres de la famille avaient participé aux vocaux sur plusieurs morceaux dont June Carter (“He’s Alive,” Sister Rosetta Tharpe’s “This Train Is Bound For Glory,” “Far Side Banks Of Jordan”) , Rosanne Cash (“When He Comes”), Cindy Cash (“Lay Me Down In Dixie”), Anita Carter (“Over The Next Hill (We’ll Be Home)”), Helen Carter (sur le titre de la Carter Family “Way Worn Traveler”), Rodney Crowell (“You’ll Get Yours And I’ll Get Mine,” le titre de la Gaither Family “He Touched Me”) et Jessi Colter (“The Old Rugged Cross”). Enfin si 19 titres sont issus de la plume de Cash, le reste est partagé entre une foule de collaborateurs ; et en particulier Billy Joe Shaver (“I’m Just An Old Chunk Of Coal”), Sister Rosetta Tharpe (“Strange Things Happening Every Day”), Bill Monroe (“You’re Drifting Away”), Dorothy Love Coates (“That’s Enough”), Marijohn Wilkin (“Back In The Fold”), Mark Germino (“God Ain’t No Stained Glass Window”), Rodney Crowell (“Wildwood In The Pines”) et quelques autres, sans oublier les hymnes traditionnels.

Décédé le 12 septembre 2003 à Nashville, Johnny Cash, aurait eu 80 ans le 26 février 2012.

 

jeudi, 31 mai 2012 17:23

Rooms filled with light

Ils ne sont pas canadiens, mais britanniques. Encore que le vocaliste principal est suédois, mais s’est établi à Londres. Bref, si vous aimez Arcade Fire, vous devriez apprécier Fanfarlo. La musique est pourtant différente, en général plus allègre, mais aussi riche en instrumentation (NDR : outre la structure de base et les gadgets électroniques, on y retrouve violon, mandoline, xylophone, scie musicale, trompette, piano, glockenspiel, melodica, mandoline, saxophone et clarinette). La comparaison irréfutable nous vient de Simon Balthazar, dont le timbre est très proche de celui de Win Butler. Les quatre autres musicos assurent les backing vocaux à des degrés divers.

Bien équilibré, l’opus recèle quelques petites perles. A l’instar de « Replicate », balayé par un violon judicieux, de l’enlevé « Deconstruction », caractérisé par sa basse propulsive et ses cordes staccato. Du cuivré « Tunguska », mais dans l’esprit d’un Beirut. De « Lenslife », dont le refrain luxuriant (ces arrangements !) contraste avec le couplet minimaliste (Talking Heads ?) Du latino « Feathers ». Et puis du remarquable et entraînant « Tightrope », tramé sur une ligne de basse irrésistible. Dommage que le dernier quart de l’elpee soit moins percutant.

Et pour que votre info soit complète, sachez que mis en forme par Ben H. Allen (Deerhunter, Animal Collective), « Room filled with lights » constitue le second opus de Fanfarlo. Il fait suite à « Reservoir », paru en 2009.

 

jeudi, 31 mai 2012 17:19

Clear heart full eyes

Craig Finn, c’est le leader de The Hold Steady, une formation new-yorkaise qui compte déjà 5 albums à son actif. Craig Finn en est le leader et il vient de s’autoriser un interlude en solitaire, sous la forme de ce « Clear heart full eyes », un disque qui a été enregistré au Texas (NDR : à Austin, plus précisément), sous la houlette de Mike McCarthy (Spoon, Trail of Dead).

Mais ce qui frappe d’abord à l’écoute de cet opus, c’est la voix de Craig. Déclamatoire, torturée, elle me fait penser à celle de Vic Chesnutt. Le début de l’elpee se révèle plus électrique. Une slide gémissante balaie « Appolo Bay », la compo qui ouvre le disque. Un blues nonchalant réminiscent de Calvin Russel. Vivifiant mais fiévreux, « When no one’s watching » nous replonge dans l’univers Paisley Underground de Dream Syndicate. Enfin, plus basique, « No future » campe un rock très ‘reedien’. Le reste de l’album alterne compos blues ou country. A l’instar de « New friend Jesus », bien enlevé dans l’esprit de Johnny Cash. De l’entraînant et contagieux « Terrified eyes », que les Drive By Truckers auraient pu mettre à leur répertoire. Ou encore du plus country/rock « Balcony » qui bénéficie du concours de Rocky Ray Jackson, à la pedal steel. Une exception qui confirme la règle, le plus pop « Jackson », caractérisé par sa guitare vibrato. Et si « Rented room » campe un blues mid tempo, « Honolulu blues » emprunte un format blues/rock, ma foi, fort classique. Un album sympa, mais pas révolutionnaire…

 

jeudi, 31 mai 2012 17:09

Prisoner

The Jezabels est une formation australienne, issue de Sydney très exactement. « Prisoner » constitue son tout premier album. Il fait suite à trois Eps publiés entre 2009 et 2010.

Cet opus est partagé entre deux plaques. La seconde nous propose trois extraits de leurs différents Eps, deux adaptations acoustiques  (« Endless summer », « City girl ») et quatre versions ‘live’, immortalisés au » Heaven » de Londres.

Mais l’essentiel nous vient de l’opus proprement dit. Découpé en 13 plages, il constitue une véritable claque. D’abord, il y a la voix de Haley Mary, sorte d’hybride entre Stevie Nicks et Florence Welch. Pas de bassiste, mais une claviériste/pianiste, dont les interventions peuvent nous plonger aussi bien dans une atmosphère ambient (« Reprise », le cinématique « Austerlitz »), spectrale (la ballade incantatoire « Peace of mind ») ou carrément gothique (l’orgue d’église en intro du titre maître), que suppléer à cette absence de basse. Et si les cordes de guitare peuvent se révéler épiques, U2esques (le final « Catch me », « City girl » davantage en staccato), il faut reconnaître qu’en général le climat qui règne tout au long de l’œuvre est ténébreux. Il se révèle même dramatique sur « Deep wide ocean », caractérisé par ses drums martiaux, et « Nobody nowhere », un hymne flamboyant au cours duquel le timbre de Haley s’élève dans la stratosphère, à la manière de Liz Fraser. Et paradoxalement, sur « Horsehead », elle emprunte celui de Dolores O’Riordan, lorsqu’elle n’embrasse pas les inflexions de Patti Smith. Ce qui n’empêche pas le quatuor de dispenser des compos plus contagieuses.  A l’instar du single « Endless summer » ou du plus soft rock « Long higway », un morceau de 6’.

Pour mettre en forme cet elpee, le band a non seulement fait appel à Latchan Mitchell, mais surtout à Peter Katis, notoire pour avoir bossé pour The Natinal, Interpol, Jonsi et The Swell Season. Un superbe album !

 

jeudi, 31 mai 2012 17:08

Ep’s 1988-1991

Dans la foulée de la remasterisation d’« Isn’t anything » et de « Loveless », Sony a donc décidé de publier un double cd réunissant, quelques Eps gravés par la formation irlandaise entre 1988 et 1991 (NDR : vu le titre, c’était pas difficile de l’imaginer…) Pas tous, mais probablement les plus essentiels. Enfin, ceux qui permettent d’analyser l’évolution du groupe entre la sortie d’« Isn’t anything » et de « Loveless ». Enfin, pas tout à fait puisque « You Made Me Realize » est paru avant « Isn’t anything » et « Tremolo » avant « Loveless ». Par conséquent, les deux autres « Feed Me with Your Kiss » (1988) et Glider (1990), entre les deux. Le tout est enrichi de raretés, comme ces deux fameux instrumentaux, dont je vous parlais dans la chronique d’« Isn’t anything ». L’opus est double et recèle 24 plages. Probablement la sortie la plus intéressante des trois, si vous ne possédez pas les versions originales des deux long playings dont question dans cet article…

 

jeudi, 31 mai 2012 17:07

Isn’t anything (Remastered)

Le tout premier album de My Bloody Valentine a donc également été remasterisé. Enregistré en novembre 1988, le vinyle original était enrichi d’un 45trs emballé dans une pochette blanche, et recelait deux titres instrumentaux.

A contrario de « Loveless », les sessions d’enregistrement d’« Isn’t anything » se sont déroulée en deux semaines, le groupe ne dormant qu’un maximum de deux heures par nuit. Musicalement, si les fondations du shoegaze sont bien posées, on y ressent encore nettement les influences de Jesus & Mary Chain et de Sonic Youth. Le son est plus filandreux, sale et la combinaison des voix de Bilinda Butcher et du leader Kevin Shields est perfectible. Mais l’ensemble tient bien la route. Certains aficionados le considèrent comme leur album-référence. Sans doute à cause des climats contrastés qui oscillent du plus ténébreux à l’allègre, en passant par le lent et le plus effervescent. Et sans doute aussi parce qu’il a été moins produit. Pas sûr que Shields soit du même avis…

 

jeudi, 31 mai 2012 17:03

Neck of the woods

Troisième album pour ce quatuor californien (NDR : issu de Los Angeles, très exactement) que la presse compare souvent à Smashing Pumpkins. Hormis sur le titre qui ouvre l’elpee (« Skin graph »), et le plus grungy « Mean spirit », les influences originelles paraissent de plus en plus floues. Même la voix de Brian Aubert me fait davantage penser à celle de Green Gartside (Scritti Politti). Et c’est tout à fait flagrant sur « Gun-shy sunshine ». Deux titres affichent une texture nettement plus électro. Tout d’abord « The pit ». Les synthés caractéristiques et cette basse caverneuse évoquent inévitablement New Order alors que « Here we are (chance) » nous replonge dans un climat davantage réminiscent de « Kid A » voire d’« Amnesiac » de Radiohead (NDR : ces drums épileptiques !) Et si « Make believe » s’offre une jolie envolée ‘guitaristique’ à la Muse, il faut avouer que les références de Silversun Pickups se sont nettement diversifiées, sans pour autant déboucher sur un concept vraiment original. On y décèle même des traces de shoegaze qui parsèment l’ensemble de l’opus. Quant aux lyrics, inspirés par les films d’épouvante, les Cramps y avaient pensé avant eux. Sans quoi, l’album reste agréable à écouter de bout en bout. Ce qui n’est déjà pas si mal.

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Road Rock Vol I / Friends and Relatives

Bien que grand admirateur de Neil Young, je dois reconnaître que cet album est un des plus dispensables qu'il ait commis à ce jour. Un disque ‘live’ qui réunit des extraits de sa dernière tournée aux States, accomplie en été dernier. Découpé en huit titres, il n'en recèle que deux véritablement intéressants. Soit les 18 minutes de " Cowgirl in the sand ", dans une version tout aussi électrique et vivifiante que celle qui figurait sur " Everybody knows this is nowhere ", et " All along the watchtower ", rehaussé par la présence de Chrissie Hynde, chanteuse des Pretenders. Seul inédit, " Fool for your love " ne passe pas la rampe ; il est beaucoup trop glacial. Et ne me parlez pas de " Tonight the night ", dont l'interprétation sans conviction fait injure à la mouture originale. Il existe même des bootlegs qui sont de meilleure qualité !

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Silver and gold

En renouant avec l'introspection acoustique, Neil Young vient donc d'achever une trilogie qu'il avait entamée par " Harvest " en 1972, et étendue à " Harvest moon " en 1992. Pour enregistrer ce " Silver & gold ", Neil a bien reçu le concours de quelques potes. Dont les interventions minimalistes se limitent au piano, à la basse, à la steel, aux drums et aux backing vocaux. Des backing vocaux auxquels participent, tout aussi épisodiquement, Emmylou Harris et Linda Ronstadt ; Neil se réservant, bien sûr, le chant, la gratte sèche et l'harmonica. Agé aujourd'hui de 58 piges et responsable de 32 albums, Neil a voulu, en quelque sorte, faire le point, tout en jetant un regard mélancolique sur son passé. Et les dix nouvelles chansons de cet opus transpirent ce sentiment de nostalgie. Il avait bien reformé Crosby Stills Nash & Young l'an dernier. Le temps d'enregistrer un album et d'envisager une tournée mondiale. Aussi, si son " Buffalo Springfield again " n'est pas un appel du pied à ses anciens camarades, il y ressemble très fort. Neil possède toujours ce timbre vocal gémissant si caractéristique et ce sens mélodique terriblement contagieux. Malheureusement, il manque un petit quelque chose à ce disque pour atteindre le niveau de " Harvest ". Un peu comme si la magie ne parvenait pas à opérer son charme. Un peu comme si les compositions avaient un goût de " déjà entendu ". Pourtant, à mon humble avis, interprétées ‘live’, ces chansons prendraient une toute autre dimension...