Après avoir mis ses Waterboys entre parenthèses, pendant sept longues années, Mike Scott a décidé de revenir à la big music ; celle qui lui avait permis, à ses débuts, de soutenir la comparaison avec U2. Il avait bien, entre-temps, signé deux albums solo, " Bring' em all in " en 95 et " Still burning " en 97. Deux chouettes elpees qui étaient, fatalement et incompréhensiblement, passés inaperçus. Pour enregistrer " A rock in the weary land ", il a salué le retour de son saxophoniste fétiche, le bien nommé Anthony Thistlewaite ; et puis reçu le concours de Thighpaulsandra, mieux connu pour avoir conspiré avec Julian Cope, et plus récemment en compagnie de Spiritualized. Et le résultat est plutôt convainquant. Mike est toujours aussi possédé par la nature de la musique. Ses lyrics intelligents et empreints de poésie. En voulant faire donner sa musique comme le Londres de la fin du XXème siècle confronté au grotesque de la culture moderne, ce n'est d'ailleurs rien d'autre qu'un message que Mike veut faire passer. Sa voix chaude, acide et chargée d'émotion. Encore que les quelques passages où il trafique son timbre, ne sont pas nécessairement judicieux. Hormis le dispensable " We are Jonah " et le confus " Dumbling down the world ", un peu trop calqué, à mon goût, sur " In a hite room " du mythique The Cream, le reste vaut son pesant d'eau précieuse. Depuis le torturé et luxuriant " Let it happen " au final extatique dans sa forme free jazz, " Crown ", en passant par les huit minutes somptueuses, lennonesques (" Mother " ?), de " My love is my rock in the weary land ", le poignant et contagieux " Is she conscious ? ", dompté par les palpitations de son piano sonore, le " Bowiesque " circa " Heroes ", le fluide " The charlatan's lament " et le tendre et irrésistible " The wind in the wires ". A 41 piges, Mike doit certainement se demander pourquoi le succès lui a aussi peu souvent souri. Pourquoi la bande à Bono continue de recueillir tous les lauriers, qu'il aurait tout autant mérités. Différence de recherche spirituelle, sans doute…