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jeudi, 12 avril 2012 18:25

Nine lives

Simon McBride est un chanteur/guitariste irlandais qui a déjà fait son petit bout de chemin. Il n’a guère plus de 15 ans quand il est nominé ‘Young guitarist of the year’, par un magazine spécialisé notoire ! Comme il crèche à Belfast, il a souvent été comparé à quelques concitoyens célèbres ; et en particulier Gary Moore et Rory Gallagher. Encore qu’aujourd’hui ces comparaisons soient devenues banales et redondantes.

Simon a opéré ses débuts au sein de Sweet Savage, un groupe de heavy metal qui avait été fondé par l’un des musiciens de Def Leppard. Au fil du temps, il diversifie son style et embrasse une forme davantage blues, voire R&B. Il reconnaît alors puiser son inspiration chez des maîtres comme Jimi Hendrix et Jeff Beck. En 2008, il propose ses services au label anglais Nugene qui le signe. Une écurie au sein de laquelle militent des artistes proches du blues comme Matt Schofield et Ian Siegal. Son  premier essai, “Rich man feeling” suit rapidement. Et il embraie par “Since then”. Sa célébrité naissante lui permet d’ouvrir pour des grands gratteurs contemporains comme Joe Bonamassa, Joe Satriani et Derek Trucks.

Cet opus a été enregistré ‘live’, en mai 2011. La qualité sonore est excellente, proche de celle réalisée en studio. Presque toutes les plages sont des compos issues de ses deux albums précédents. McBride est soutenu par le drummer Paul Hamilton et le bassiste Carl Harvey. Le style de Simon est limpide. Sa technique est assez impressionnante. Perso, je ne détecte guère de références à ses illustres compatriotes, Gallagher et Moore, mais plutôt à Jeff Beck et Hendrix. Il est très doué, et n’hésite pas à libérer de nombreuses notes de son manche. Sans pour autant choquer. C’est manifestement un esthète des cordes. Son chant est naturellement puissant et adapté à sa musique. Peut-être manque-t-il un peu de relief ou de diversité!

“Down the river” est une plage qui colle manifestement à l’esprit de Jimi Hendrix. Mais une piste très réussie. Simon étale une telle virtuosité que sa technique en devient écœurante pour un débutant. Et il en remet une couche tout au long de la longue reprise du “Power of soul” du même Hendrix (NDR : ce  morceau avait été enregistré lors de son aventure vécue au sein du Band of Gypsys). L’album est sous-titré “Live in concert plus bonus acoustic tracks”. Pas étonnant, dès lors qu’en fin de parcours, on a droit à quatre plages acoustiques supplémentaires. Trois accordées lors de ce set en public et une inédite, “Coming home”. Et Simon me parait encore plus impressionnant dans ce registre non amplifié. En outre, sa voix semble mieux adaptée à ce style ! A suivre de très près!

 

jeudi, 12 avril 2012 18:23

Heal my faith

Eamonn est un pur Irlandais. Et pour cause, il nous vient de Dublin. Dès son plus jeune âge, il devient adepte de la guitare aux sonorités puissantes, largement amplifiées. Il a pour dieux, Jimi Hendrix, Rory Gallagher, Eric Clapton, ses compatriotes de Thin Lizzy et même les esthètes hollandais de Focus. Il émigre quatre années aux States, pour y parfaire son style. A son retour, il emprunte le pseudo de Samuel Eddy. Nous sommes alors dans les années 80. Il publie alors trois elpees. Il devient alors de plus en plus populaire chez nos voisins bataves. Après un long break, il revient à la surface sous son véritable nom et publie “Kinded spirits”, un long playing auxquels participent alors Rory Gallagher, Herman Brood (NDR : depuis décédés) et Jan Akkerman.

Pour concocter “Heal my faith” Eamonn a décidé de s’exprimer sous le format classique du trio. Leader incontestable, il se réserve le chant et les cordes. Il est soutenu par une section rythmique parfaitement soudée réunissant Marc Inti à la basse et Josef Kirschgen à la batterie. Une formule embrassée par ses célèbres compatriotes à leurs débuts, que ce soit Rory Gallagher chez Taste ou Gary Moore pour Skid Row.

Le long playing s’ouvre par le titre maître. La voix est bien assurée. Les cordes soutiennent parfaitement le chant et ne laissent guère d’espace libre. Un tempo plus loin, le “Voices in your head” est hanté par le fantôme de Gallagher. Sûr que les Hollandais vont raffoler de cet opus ! L’Irlandais nous tient ; il ne nous lâche plus. Il se mue en rocker pour “That’s rock’n’roll”. Il tire ses cordes comme Billy Gibbons dans les meilleurs jours de ZZ Top! Les deux seules reprises s’enchaînent. Tout d’abord l’indolent “A night in the life of an old blues singer” de Phil Lynnot, l’ancienne éminence de Thin Lizzy ; puis le très nerveux “Shadow play”, signé par son idole Rory Gallagher, qu’il parvient à faire revivre, tant la passion le possède. Le reste de l’elpee est de la même trempe. J’épinglerai quand même “Bad luck”, un rockin’ blues sans concession, parfois écrasant, souvent proche du ZZ Top d’il y a une bonne génération ; et puis  “Self-pity in New York City”, le blues lent chargé d’intensité et d’émotion. Le disque s’achève par “Shine your light”, une plage légèrement folk rock, au cours de laquelle Eamonn souffle dans un harmonica, un morceau caractérisé par des accords de guitare inspirés et créatifs. Sûr qu’il aurait intérêt à creuser davantage dans ce créneau… 

 

jeudi, 12 avril 2012 18:16

Longtime friends in the blues

C’est le légendaire géant du blues, Howlin’ Wolf, qui a affublé James Yancy Jones du sobriquet de Tail Dragger. Faut dire que Chester Arthur Burnett était son idole. Et que James avait tapé dans l’oreille de cet incontestable pionnier! Jones est aujourd’hui âgé de 72 ans. Il est originaire de l’Arkansas et vit depuis très longtemps à Chicago. Après la disparition de Wolf, son guitariste Hubert Sumlin allait apporter sa collaboration à notre Tail Dragger, un authentique disciple du blues, un adepte du ‘lowdown and dirty blues’, c’est-à-dire le blues basique sans concession. Il a enregistré trois elpees sur le célèbre label chicagolais Delmark : “American people”, “My head is bald” et “Live at Rooster’e Lounge”. Il a aussi joué en compagnie d’autres passionnés comme Jimmy Dawkins, John Littlejohn, le Rockin’ Johnny Band et les talentueux champions du blues autrichien, le Mojo Blues Band.

Bob Corritore est considéré comme un des meilleurs harmonicistes de blues contemporains, un musicien blanc qui dirige un club de blues extrêmement réputé, le Rhythm Room. C’est à Phoenix, en Arizona, où il se produit le plus souvent, flanqué de son Juke Joint Blues Band. Bob est aussi l’organisateur de l’All Star sessions.

L’équipe de Delta Groove a réuni de belles pointures pour entourer notre paire black & white : Chris James et Patrick Rynn, des habitués du Rhyhm Room ainsi que le colosse noir Kirk Fletcher aux cordes. Tail Dragger a une plume prolifique. Il signe neuf des dix plages. Il ne faut guère patienter longtemps pour constater que notre artiste est bien le légataire d’Howlin’ Wolf. Sa voix grave est surpuissante, volontiers ‘louvoyante’. Il libère une force impressionnante tout au long d’“I’m worried”. Il est talonné par Corritore qui distille beaucoup de notes savoureuses dans sa musique à bouche. Une seule reprise : le “Sugar mama” de John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson. Un slow blues à ras de terre, efficace et chargé d’émotion. Il y partage le chant avec le vieux pianiste Henry Gray, un autre ancien de la bande à Wolf! “Birthday blues” est sculpté dans du Chicago blues de classe. Tout s’emboîte à merveille. Corritore et Fletcher ne tiennent plus en place. Et ce blues 5 étoiles aussi nuancé que fluide, se répercute également à travers des titres lents, empreints d’une grande sensibilité, comme “She’s worryin’ me” et “Please Mr Jailer”, des plages imprimées sur un tempo bien enlevé tels que “So ezee”, “Done got old” ou encore lors du pur boogie woogie “Boogie woogie bell”. Excellent!

 

jeudi, 05 avril 2012 23:05

Deeper in the well

Agé de 60 ans, ce New-yorkais passe aujourd’hui l’essentiel de son temps de ce côté de l’Atlantique. Son père, Léon, s’était forgé une certaine notoriété dans l’univers du folk, comme chanteur, et son oncle était le pianiste du Modern Jazz Quartet. Le blues écrit et chanté par Eric est très personnel, un style qu’il édulcore de folk, country, soul et gospel. Il a quitté les States, il y a plus de 40 ans. Pour s’établir en Europe. A Paris d’abord, où il rencontre le guitariste Mickey Baker. A Stockholm et Helsinki ensuite. Il est enfin reconnu par ses pairs en 1994, lorsqu’il publie l’elpee “Spirit and the blues”. Depuis, il est régulièrement nominé aux Blues Awards, pour ses productions.

Depuis le début de ce XXIème siècle, il aligne album sur album. Il est avant tout un musicien privilégiant la forme acoustique. Son folk blues est naturel, intimiste. Pour concocter ce long playing, il s’est imprégné de la riche culture louisianaise. Il s’est rendu au studio Cypress Hill, à Pont Breaux, capitale mondiale de l’écrevisse, au cœur du pays Cajun. Enfin, lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours d’excellents collaborateurs.

Il ouvre la plaque par “Bayou Belle”, largement inspiré par la nature qui l’entoure. Il est soutenu par les voix et les violons de Dirk Powell et de Cedric Watson ainsi que de l’harmonica gémissant de Grant Dermody, venu spécialement de Seattle. “No further” véhicule énormément de sensibilité et de détresse à la fois. Le ton emprunté par l’harmo accentue la sensation de morosité. Faut dire que le climat de l’opus nous plonge dans le désespoir. La voix de Bibb est grave pendant que violon et harmo hantent cet univers blafard. L’arrangement dépouillé de “Boll weevil” nous ramène au blues originel d’avant la grande guerre. Un dialogue s’établit entre la voix, la mandoline et la musique à bouche. Jerry Douglas a ramené son dobro et distille ses notes métalliques tout au long d’“In my time”. Jerry est un musicien de studio. Il a participé à la confection de plus de 1 600 albums! Bibb s’applique pour adapter le “Every wind in the river” de Taj Mahal. Il est épaulé par deux invités. Des Canadiens. Michael Jerome Browne (auteur/compositeur/interprète notoire) à la mandoline et Michel Pepin, à la guitare. La bande à Bibb reprend aussi “Could be you, could be me”, un blues traditionnel issu de la plume d’Harrison Kennedy ainsi que l’incontournable “The times they are a changin’” de Bob Dylan.

 

jeudi, 05 avril 2012 22:59

Night Life

Danny est sans aucun doute l’un des leaders du blues rock anglais. Son Redeyeband est au sommet de sa popularité, alignant plus de 150 concerts sur l’année. Il est encore bien jeune, puisqu’il vient seulement de fêter ses 31 balais. Son expérience, il l’a forgée au fil du temps. Il confesse avoir été inspiré par Eric Clapton et Walter Trout ; mais avoue volontiers que le légendaire BB King tient aussi sa place! Ses débuts datent de 1998. Et c’est son père, Ken Bryant, qui se charge de la basse depuis cette époque. Danny compose la majorité de son répertoire, et comme il est prolifique, il compte déjà une belle brochette d’albums à son actif. Il avait déjà publié un “Live”, en 2007. Il remet donc une fois encore le couvert en gravant ce “Night life” immortalisé à Rosmalen, aux Pays-Bas.

Il est à peine monté sur les planches, que ses cordes libèrent un flot de notes incandescentes. L’intensité est dramatique. La voix puissante du jeune homme colle bien à ce rockin’ blues largement amplifié. Lorsqu’il attaque “Tell me”, tout le public est déjà derrière lui. Il torture les sonorités de sa gratte en usant et abusant de ses pédales de distorsion. Mais manifestement, il est au sommet de son art sur les plages imprimées sur un tempo lent. A ce moment là, il peut communiquer tout son ressenti, toute sa souffrance, en conjuguant sa voix menaçante et ses cordes maîtrisées à la perfection. Et il le démontre tout au long de “Just as I am”, le titre maître de son dernier opus studio, paru en 2010. Une recette qu’il applique à “Love of angels” ainsi qu’au final aussi bouleversant que dépouillé “Always with me”. On ne peut pas dire que Danny fasse dans la dentelle. Sa musique est puissante et directe. Pas étonnant qu’il ait beaucoup écouté Walter Trout.  Un exemple ? “Heartbreaker”, qui déclenche une véritable tornade. Son talent d’écriture étant limité par son style, Danny s’autorise plusieurs reprises, toutes bien saignantes : le “Master of disaster” de John Hiatt, le “My baby’s a superstar” de Buddy Guy et une bonne version mais sans surprise du “Knockin’ on heaven’s door” de Bob Dylan.

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Butt naked free

" Butt naked free " constitue déjà le quatrième album de Guy Davis, pour le label Red House. Guy est un songwriter, un roots singer responsable d'une musique de racines au son bien consistant, riche même, qui emprunte et mêle diverses cultures telles que folk, blues et chanson.

On peut ainsi déjà clairement distinguer son style, dès la première plage, "Waitin' on the cards to fall". Il s'affiche très blues lorsqu'il aborde "Writing paper blues" de Blind Willie McTell. La voix est grave, bien posée, les guitares sereines et l'orgue hammond de T-Bone Wolke se réjouit. Le moment est alors venu pour Guy de souffler dans son harmonica. Une bonne mélodie à la clé, "Sometimes I wish" campe un blues plus relax et complaisant, bénéficiant, en outre, du concours de la basse discrète de Mark Murphy. Quand on aborde la musique des racines, l'accordéon est souvent présent. Le piano à bretelles, ici joyeux, emporte les autres instruments sur "Never met woman treats me like you do". Levon Helm, du Band, est à la batterie et à la mandoline. T-Bone Wolke lui, c'est le multi-instrumentiste de la bande. Il passe allègrement de l'accordéon à la basse, ou de à l'orgue à la mandoline. Comme sur "Rambling ways". La finale, "Raining in my soul", dégage une grande tristesse et une sensibilité à couper le souffle.

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Jackhammer Blues

C'est flanqué des McCoys que Rick Derringer a connu le succès dans les 60s. Qui ne se souvient du célèbre hit, "Hang on sloopy" ? Rick devint une agréable surprise pour les amateurs de blues, lorsqu'il devint le second gratteur de Johnny Winter. Sur l'album "Johnny Winter And" et surtout sur le fameux "Live" sorti en 71, sur CBS. Il avait gravé un bon album l'an dernier, "Blues Deluxe", sur Blues Bureau.

Façonné dans le même moule, cet opus dispense un rockin' blues bien senti et de bonne facture. Il démarre avec un "Shake your money maker" très saignant. Il reprend de manière exemplaire, "Wrapper up in love again" d'Albert King dont il a facilement assimilé les phrases. Mais la réussite indéniable, c'est le blues lent, électrique, découpé dans les changements de rythme. Comme sur "You've got to love her with feeling" de Little Walter. Et lorsqu'il nous remet en mémoire ses meilleurs interventions de l'époque Winter, c'est un passé glorieux qui défile dans nos oreilles. Surprise, il reprend "Street corner talking", l'une des meilleurs compositions de Kim Simmonds du Savoy Brown, époque 71. Autre fort bonne version, celle de "Somebody loan me a dime", de Fenton Robinson (et non pas Elmore James comme l'indique la pochette). Notez qu'ils attribuent bien le "Just a little bit" de Roscoe Gordon à Barry Goldberg et Steve Miller!! Signalons encore la présence du très nerveux "Red Hot" de Billy "The Kid" Emerson. Album de bonne facture dans le style, ce " Jackhamer blues " se termine par une longue version du "Texas" de Mike Bloomfield et Buddy Miles, une composition qui figurait sur le 1er album d'Electric Flag, "A long time comin", sorti en 1968. Très bon !

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Medication time

Cette formation hollandaise existe depuis plusieurs années. "Get lucky", leur premier album remonte à 1997. Depuis, le combo a engagé un nouveau guitariste, Stanley Patty, pour épauler les deux compositeurs. En l'occurrence Philippe Bastiaans, au chant et à la six cordes et le saxophoniste/harmoniciste Daan Prevoo.

L'album démarre par "Bluesclub '63". Un titre nerveux, à la sonorité très contemporaine, au cours duquel la guitare imprime le rythme. Tout en swing, "Whole lotta nuthin" permet à Daan de doubler aux sax, au tenor et au baryton. "Done it all before" est un superbe blues lent, inspiré par T-Bone Walker. Roel Spanjers est invité à l'orgue et Stanley sort le grand jeu. Philippe chante avec beaucoup de conviction et de soul. Et puis lorsque Boyd Small fait son apparition pour chanter "Come on" d'Earl King, l'ensemble produit un maximum de groove ; Daan se libérant au sax ténor tout en injectant beaucoup de tonus dans l'interprétation. Il passe alors à l'harmonica. Roel est au piano pour attaquer "The hunter". Un shuffle rondement mené. Stanley montre toute l'étendue de son talent sur "I'm so lonesome". Il peut dialoguer avec le saxophone de Prevoo, tandis que Jules Peters et Jos Vrinssen assurent la section rythmique. Doctor Rhythm est une formation très versatile, capable d'aborder des styles différents, avec beaucoup de bonheur. Parfois l'espace de quelques minutes. Ils se montrent même très inspirés par le jazz sur "In your arms", le swing rockabilly dans leur reprise du "Rock this house" de Jimmy Rogers, l'exotisme sur "Motor City", le swamp blues avec le "Zing zing" d'Aaron Neville ; et enfin le funk tout au long de "Set me up" qui clôture cet excellent album.

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Sect appeal

Le Downliners Sect est arrivé au début des années 60, dans la vague qui nous a permis de connaître les Rolling Stones, Yardbirds et autres Pretty Things. Le groupe touchait à tout. Au R&B, au rock'n'roll, à la country, au beat, etc. Il n’a connu qu'un succès d'estime ; trop insignifiant sans doute pour agiter la vague R&B, mais pas assez pop pour remuer celle des beat groups. Il possédait pourtant de sérieux atouts, parce qu’il pouvait compter sur ses musiciens chanteurs, Terry Gibson, Don Craine et Keith Grant.

Le Sect a connu une nouvelle jeunesse dans les 70’s lors de l'avènement du pub rock de Dr Feelgood et les Kursaal Flyers. Reformés à la fin des 70s, ils sortiront deux albums, dont "Showbiz" (NDR : qui a déjà été réédité par Indigo et "Live in the 1980s"). Cet opus est ici présent, enrichi de 4 titres enregistrés en mai 80. Les trois musiciens susvisés sont ici flanqués du chanteur harmoniciste Paul Tiller (un ancien des Black Cat Bones) et de Rod De'Ath, un personnage qui a longtemps été longtemps le batteur de Rory Gallagher.

"You ain't done me right" est un titre accrocheur mais qui sonne très… Status Quo. "Blue night" vaut pour sa belle partie d'harmonica de Tiller. "Rhythm 'n' booze" est un rock'n'roll proche de Chuck Berry, avec une voix trop propre. L'album live est plus tranché, brut, sale. Nous sommes toujours en 80 avec les mêmes musiciens. L'énergie déborde, sans pour autant dépasser celle du Nine Below Zero de la même époque. Les plages qui dégagent le plus sont les meilleures. Et en particulier "Got my mojo working" ainsi que le fameux "Sect appeal", dont le rythme est pompé sur le riff de Bo Diddley. Quand ils chantent le "Love potion n°9" de Leiber et Stoller, on croirait entendre les Beatles des tous débuts. Manifestement ils sont le plus à l'aise dans le rock'n'roll. Ils foncent, dévastent et emballent "Back in the USA" et "Sweet little 16" de Berry. Et même d'autres canons tels que "Wee wee baby" ou "Nursery rhyme" de Diddley. Rien (ou presque) n'échappe au rouleau compresseur. Seule la conclusion ("Shake your moneymaker " et "Route 66") qui emprunte un ton trop approximatif, a été bâclée…

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

There´s a song in there

Mark Dufresne est né en 1953 à Kansas City. Il a émigré vers Seattle dans le Nord Ouest américain, en 1979. Harmoniciste de talent, il a aussi la réputation d'être un fin compositeur. " There's a song in there ", qui fait suite à "Out of that bed" paru en 1996 et "Have another round" l'année dernière, constitue son troisième album. Il est ici entouré par de merveilleux musiciens. En l'occurrence ceux qui constituaient naguère le réputé Hollywood Fats Band. Kid Ramos à la guitare, Fred Kaplan au piano, Richard Innes à la batterie et Larry Taylor à la basse. Sans oublier le préposé à la deuxième six cordes ; j'ai cité Mark Thijs, particulièrement connu en Belgique.

Mark débute dans un style californien avec "Lonesome veteran". Cette plage est dédiée au vétéran de Seattle, Little Bill Engelhart que nous vous avons déjà présenté dans ces colonnes. "The king, the man, the one" embraie. Tout en swing. La voix très délicate et particulière crève la sono. L'harmonica se fait très Sonny Boy II. "Two for the price of ten" s'enfonce dans les swamps humides de la Louisiane. La voix explose encore sur "Squeaky clean", avec un accompagnement très discret. Il se taille un costume très Howlin' Wolf avec "A song in there". "Take it all" est un shuffle, inspiré du Chicago blues, proche encore de Rice Miller. Kid Ramos se réserve toujours, avec une aisance déconcertante, un solo sublime, éblouissant dans la tonalité. Le swing est cuivré pour "The deal you get". " Tonight, twice" emprunte un rythme cher à Jimmy Reed et repose sur une section rythmique de luxe. Mark Thys marque tellement ce titre de son empreinte qu'on a envie de le rejouer une deuxième fois (twice), d'autant plus que Ramos s'y éclate! L'album s'éteint avec un " Out the door ", chanté avec passion par Mark. L'atmosphère est pesante. Les accords empruntés à T-Bone Walker brûlants! La production est signée Richard Duran (aka Lynwood Slim).