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DEADLETTER
dEUS - 19/03/2026
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

The Boogie House tapes

Sacré Walter. Notre Dr Boogie mériterait bien qu’on lui érige une statue dans le jardin de Canned Heat, tant le boogie band de L.A. tient à Overijse, son fan le plus loyal. C'est une certitude ! Voilà donc Walter, associé de circonstance au boss du Heat, Fito de la Parra. Les deux hommes ont partagé leur passion et leurs archives pour nous préparer ce superbe double album de boogie music, enregistré en public. Vous pourrez vous rincer les oreilles avec pas moins de 29 titres, mis en boîte live entre 1967 et 76. La qualité sonore n'est pas toujours au rendez-vous, mais cette situation s'explique par la présence de véritables documents. Dont certains nous présentent le Heat avec Alan ‘Blind Owl’ Wilson.

Si la plupart des 19 titres sont assez courts sur le premier disque, le début bénéficie paradoxalement d'une excellente qualité sonore. Tant l'ouverture "Reefer blues", qui retrace un épisode du grand Heat de l'été 1970, "House of blue light", que l'interprétation magique aux antipodes, dont a bénéficié, en 1976, la cover de Sam Myers, "Sleepin' in the ground", sont marqués par la voix incomparable de Bob "The Bear" Hite et allumés par la guitare déjantée de Harvey Mandel. Blues lent de bonne facture millésimé 1973, "Good Bye for now" est curieusement partagé entre l'orgue d'Ed Beyer et les guitares de Sunflower Vestine ainsi que de James Shame. A l'occasion d'un radioshow accordé en 72, l'harmoniciste Magic Dick du J Geils Band renforçait le Heat sur "Chicago bound". Le son des sessions qui mettent en scène Alan Wilson n'est pas indiscutable ; mais il n'y a pas de quoi faire la fine bouche face à de véritables documents tels que "On the road again" cuvée 69, "Human condition", "London blues" ou "Future blues" circa 70. Ce premier morceau de plastique s'achève par des canons du Heat. En l'occurrence, "Long way from L.A", "Going up the country" (sans Alan) et "Let's work together".

Le deuxième disque libère 10 titres, pour la plupart assez longs, caractérisés par la présence quasi permanente d'Alan Wilson. Il y apparaît ainsi à sept reprises ! Le prix de l'émotion revient à la prestation d'Alan sur " Pulling hair blues ", une prestation immortalisée lors du Texas International Pop Festival, en août 69, quelques jours après Woodstock! La basse de Larry Taylor est géniale! Tout comme le jeu de guitare de Sunflower Vestine sur "You know I love you", en 67. Et puis, bien sûr, un album live du Heat ne serait pas complet sans laisser échapper l'un ou l'autre boogie brûlant. L'opus n'échappe pas à la règle. La section rythmique trace la route à "I love my baby", sur laquelle Vestine peut s'épancher à souhait. Et c'est reparti avec "Shaken boogie", sur lequel Joel Scott-Hill donne le tempo. Cette formidable collection se referme trop vite, comme le dit si bien The Bear, "Tu vas trop vite"…

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Shady little baby

Il faut reconnaître que la période baptisée ‘British Blues Boom’, de la fin des 60s, a fait beaucoup de bien au blues. La guitare était reine, et peu d'harmonicistes de grand calibre on fait leur nid au cœur de cette période. Duster Bennett a été l'un de ceux-là. Ce qui lui a valu d'enregistrer plusieurs albums sur le label mythique Blue Horizon, sous la houlette de Mike Vernon.

Il y a un quart de siècle que Duster est décédé tragiquement dans un accident de la route. Le label Indigo a fait un travail extraordinaire pour perpétuer la mémoire de ce musicien si attachant. " Shady little baby " constitue le 6ème album posthume paru chez Indigo ; mais pour la première fois, des archives ont été dépoussiérées. Duster était un homme-orchestre du blues, un adepte de Juke Boy Bonner. Chantant et jouant de tout au même moment, cet homme respirait le blues par tous les pores de la peau. Il possédait un feeling assez déconcertant.

Nous démarrons loin dans le temps, en 1965 très exactement, par "San Francisco Bay blues", une reprise de Jesse Fuller opérée dans le style jug band ; et une très belle version du "Beggin' woman" de Cousin Joe. En 66, il improvise "Take the train out in the morning" sur le riff de "Help me" (de Sonny Boy). Deux plages ont été prises live en 1967, dans le métro. Mais le son est tellement pourri, que ce ne peut être que des documents. J'aimerais encore pouvoir m'arrêter dans les couloirs de l'underground londonien et entendre de tels musiciens. On y retrouve également quelques démos. Elles étaient probablement destinées à lui permettre de décrocher l'un ou l'autre contrat. Elles datent de 68. "Shady little baby" est un remarquable blues marqué par le style swamp des studios de Jay Miller. Le rythmé "Worried mind" est de la dynamite et "Fresh country jam" un instrumental qui prouve toute sa maîtrise de l'instrument à bouche. Cette démo introduite par Peter Green lui permettra de signer chez Blue Horizon. Toutes ces plages seront cependant réenregistrées dans de bien meilleures conditions techniques. Quand j'écoute "All that I need", je me dis qu'hormis le Peter Green de la grande époque, peu d'Anglais ont chanté le blues avec tant de sensibilité. Quand l'homme interprète Gerschwin "Summertime", il laisse filtrer l'émotion. En fin d'album, nous retrouvons Duster pour un répertoire très différent de ce qui précède. Tantôt accompagné d'autres musiciens. Section rythmique ou cuivres. Tantôt entouré de certaines célébrités, telles Peter Frampton, Nicky Hopkins ou Pete Wingfield. Ce nouveau chapitre de la Bennett story est surtout réservé aux inconditionnels.

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Fixin to jam

Frank Biner est originaire de Milwaukee, dans le Wisconsin. Sa famille avait émigré dans l'Illinois en 1965 ; et c'est là, aux portes de Chicago, qu'il a découvert le blues. Fin des années 60, il part s'installer sur la côte Ouest, à San Francisco très exactement, dans le sillage de son maître, le merveilleux Mike Bloomfield, ex-Paul Butterfield Blues Band et Electric Flag.

Frank aime par dessus tout le R&B. Il collabore régulièrement avec des membres du brass band, Tower of Power. Biner est un superbe chanteur guitariste. Il écume d'ailleurs toujours aujourd'hui les clubs de la West Coast avec son band, Soul Patrol. En Europe, le label allemand Acoustic nous l'a fait découvrir. " Fixin' to jam " constitue déjà son 4ème album. Il fait suite à "The First Class Blues Band proudly présents… Frank Biner", "Time to move on" et "Frank B. is back in town". Frank vient de traverser l'Atlantique une fois de plus pour mettre cet album en boîte, en compagnie de musiciens allemands.

"Oil and water" est une ouverture soul. La mélodie est bien sentie, la voix s'exprime déjà à travers quelques cris, poussés à la James Brown. Mais le blues est bien présent. Un blues de classe ! "Lonesome highway" et "Rebel" sont dépouillés à l'extrême. Le célèbre beat de Bo Diddley permet à tout le band de s'éclater sur "Down on Santa Pablo Ave". Evadé de sa Virginie, l'américain Doug Jay souffle dans l'harmonica. Une guitare aux accents métalliques annonce le rythmé "Down on Broadway". Ce rythme appuyé fait ressortir admirablement la puissance naturelle de la voix. Armé de sa slide acoustique, l'Allemand Jan Hirte vient teinter de country la ballade "Little Miss behaver". Frank vient déclamer son histoire en introduisant le somptueux "Don't answer the door". Un blues velouté, tendre, écrit par Jimmy Johnson, et dont l'interprétation est si proche de B.B King. Un moment merveilleux! Coupure d'électricité pour "You ain't all that". Les cordes de Hirte et de Biner épousent celles (vocales cette fois) du chanteur et font mouche. Une quiétude qui perdure au retour de Doug Jay sur la plage titulaire. Cet excellent album se referme sur une longue supplique jazzy, baptisée "Brandy".

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

That´s my partner!

Voilà une solide paire de vieux couteaux réunis pour le meilleur (NDR : et pas pour le pire !). Longtemps guitariste du Paul Butterfield Blues Band, Elvin Bishop y a notamment côtoyé Mike Bloomfield. Albert ‘Little Smokey’ Smothers est né en 1939 dans le Mississippi. Il est le frère cadet du regretté Otis ‘Smokey’ Smothers. Depuis 1956, il s'est fixé à Chicago, la cité du blues, où il a pu intégrer le style des meilleurs, comme Magic Sam et Otis Rush. Fin des années 50, il est devenu le guitariste de Howlin' Wolf. Il joue au début des 60s en compagnie du jeune harmoniciste blanc, Paul Butterfield, qui sera remplacé par… Elvin Bishop. Depuis cette époque Elvin voue une grande admiration à Albert. Il le considère, en effet, comme son maître à jouer. Little Smokey jouera ensuite de nombreuses années dans le Legendary Blues Band.

L'album a été enregistré live, tout début de l'an 2000, au Biscuits & Blues de San Francisco, flanqué du backing band d'Elvin. Il débute en funk chaleureux par "That's my partner". Ecrit et chanté par Bishop, les deux guitares rivalisent d'adresse face à la section rythmique et au front de cuivres. La paire s'engage alors dans un superbe "Roll your moneymaker". La joie de jouer se dégage irrésistiblement lorsque les deux compères reprennent en chœur le refrain. Elvin se déchaîne sur les cordes, imprimant un style très californien. Le vigoureux "Slow down" permet aux cuivres, partagés entre Terry Hanck au sax et Ed Earley au trombone, de tirer leur épingle du jeu. Mais ces vieux artisans du blues sont chez eux dans le Chicago Blues. C'est avec aisance et facilité qu'ils abordent "Little Red Rooster" ou plus tard "Annie Mae". Smokey s'y sent tellement chez lui. S.E Willis se montre en évidence au piano. "The skin they're in", extrait du dernier album de Bishop, passe superbement la rampe. Elvin empoigne sa slide pour attaquer "Stomp", avec des percussions tribales de Bobby Cochran. Ce titre qui accueille en invité l'harmoniciste Steve Gurr, libère une fameuse dose de groove. L'intérêt se maintient jusqu'au bout du concert, dans un festival de guitares imprimées sur un rythme nonchalant, tout au long de "Pleading with you" et de "Dirty Drawers". Un très bon album!

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Hepcat

Black & White nous vient de Rhode Island, non loin de New York. Une formation composée du chanteur guitariste Mark Wagner, de Don Dimuccio à la batterie et de Kevin Martin à la basse. Le trio compose la grande majorité de son répertoire. Black & White s'est formé en 1990 et, à ma connaissance, ce disque serait déjà leur 3ème album.

Mark empoigne sa slide pour attaquer la plage titulaire. A la manière de Hound Dog Taylor. Le son est brut, primaire, sans concession. Du béton! "Alimony blues" démarre en jump et swing. Caressée d'une manière assez semblable au Ronnie Earl de la belle époque, la guitare est inspirée par T-Bone Walker. Wagner a plus d'une corde à son arc et il aborde avec la même détermination différents registres. Dick Dale serait fier de lui lorsqu'il commet "The Wave", au son surf rock garanti d'époque. Caractérisé par les cordes qui se font à nouveau T-Bone, "Latest in the evening" est le blues lent de rigueur. Favorisé par l'entrée des cuivres, le swing revient pour "Swinging like a big horn band". Porky Cohen est au trombone et Doug James au sax. Ce sont des amis qui, de toute évidence, participent à l'hommage adressé en forme de clin d'œil, à leurs potes de Rhode Island ; le "big horn band", autrement dit le Roomful of Blues. Rock'n'roll sur "Carmelia" ! On imagine Mark faire des pas de canards lorsqu'il sort son solo tout en rythme! Shuffle à la texane sur "Ive been down before". En finale, le jazzyfiant "Texas swing" rapproche Wagner de l'une de ses influences majeures, Charlie Christian. Mais il faut reconnaître qu'il est souvent inspiré par deux anciens gratteurs de Roomful of Blues : Ronnie Earl déjà cité, et Duke Robillard. Ce qui ne peut être qu'une référence. Cet album est très bon et, par conséquent, bien trop court.

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Puro Blazers

Les Chicanos de l'Est Los Angeles ont fait preuve d'audace en sortant un album chanté exclusivement en espagnol. Un opus qui réveille leurs racines mexicaines. Un démarche, à premier abord, déconcertante. Car si la partie rock fait preuve d'une certaine discrétion, la magie roots est opérationnelle. En effet, malgré les cumbias, polkas et boléros, les guitares sont bien branchées aux amplis.

"El Mochilon" montre bien le chemin. J'aime beaucoup le rythme dansant de la "Cumbia de la Carretera" de Manuel Gonzales et Ruben Guaderrama. Les percussions de Mike Molina et de ses amis invités à la fête sont bien accentuées. "Crei" est une jolie ritournelle bien romantique, capable de faire chavirer les cœurs latins. Les instruments traditionnels sont bien sûr de la partie. Et en particulier l'accordéon pour "Grande de Caderas", "Vieja escalera" et "Tu nuevo carinito". Une musique idéale pour déguster vos tacos, guacamole et chili con carne, boire sa margareta en reprenant tous en chœur le "Que si, que si, que no, que no" dans "Coco Rayado"! Ceci dit, je préfère tout de même leurs albums de roots rock, chantés dans la langue de Shakespeare, à l'instar de "Short fuse", "East side soul" ou de "Just for you", tous parus chez Rounder.

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

No Rules

Apparemment, ce " No rules " constituerait le deuxième opus de cette formation belge, de Hasselt très exactement. Un combo dont le line up compte sept musiciens. Deux guitares, un clavier, une section rythmique et deux choristes. L'un des guitaristes, René Dillen, prend les vocaux à son compte, et c'est bien là que réside la force des Rats. René détient une voix puissante, légèrement éraillée, chaude, rappelant étrangement tantôt Joe Cocker, tantôt Greg Allman. René et ses compagnons ont pratiquement tout composé.

L'ouverture "Can't get enough of the blues" m'a fait un peu peur. Sans grande originalité, et souffrant d'une guitare trop amplifiée. Heureusement, la suite réserve de bien meilleurs moments. Pour affronter le très dépouillé "Daddy's son", Johan Flawinne a troqué ses claviers pour l'harmonica ; et les guitares sont quasi acoustiques. Dommage que la section rythmique ne soit pas du même niveau. Sur le prometteur "Promises", la slide de Rony Defau remplit l'espace. René se fait Cocker sur la douce ballade "Can't take no more goodbyes" et sur "Howl at the Moon". Le climat de "Don't move too fast" s'installe dans la chaleur moite du sud des USA; et la voix se fait cette fois proche de Greg Allman. Nous ne serions d'ailleurs guère étonnés que la seule reprise soit le "One way out" du Allman Brothers Band. Les Blues Rats possèdent en Dillen un vecteur intéressant. Il pourrait cependant être mieux mis en valeur si les chœurs féminins étaient moins embarrassants, et si la batterie apportait à la section rythmique, le groove nécessaire pour porter l'ensemble. D'ailleurs, la voix passe beaucoup mieux sur "Won't you come my way", une finale " live " limitée au seul piano, pour accompagnement!

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

That´s the truth

John Stedman, boss de JSP, aime laisser ‘Carte blanche’ à Jimmy Morello. Nous retrouvons ainsi, tout au long de cet opus, le style West Coast jump, qu'affectionne tant Jimmy. Mais la découverte nous vient d'un certain Richard Boals. Peu connu, ce musicien qui reconnaît pour influences majeures James Burton, Chuck Berry, Steve Cropper et Eric Clapton, a longtemps vécu dans l'Ohio. Il réside aujourd'hui à Albuquerque dans le Nouveau Mexique. "That's the truth" est sans doute un album à créditer autant à Morello qu'à Boals. En effet, il a écrit 8 des 11 plages et assume la production ! Les musiciens sont des habitués de la bande de L.A. John Marx à la guitare, Rick Reed et Paul Fasulo pour section rythmique, Tom Mahon au piano, sans oublier Johnny Viau et Troy Jennings aux cuivres.

"Leave me alone" allume la mèche de la dynamite. Sur un rythme soutenu, proche du rock'n'roll, les musiciens se succèdent aux soli. Celui de Richard, bien sûr, de Tom qui boogie ferme aux ivoires et surtout de Jonny qui souffle comme un dieu dans son sax ténor. "Ain't doing nothing wrong" maintient à la fois l'intérêt et le rythme. Ces deux brûlots sortent, il est vrai, de la plume de Morello. "No turning back", est une jolie ballade, au rythme adouci, qui vaut surtout par une intervention tout à fait superbe de Viau. Le rythme et le swing s'installent sur "Tacos for two". Un instrumental qui permet à Troy Jennings de dialoguer avec Jonny Viau. Nouveau coup d'accélérateur sur "Two timin' baby" et "Got my eyes on you". Du west coast boogie, que Boals mène de sa voix forte, pendant que Mahon et Viau crachent leur fougue à tour de rôle. L'occasion est donnée à Richard de servir le blues de Chicago sur "Silver spoon". Et il ne s'en sort pas mal du tout, notamment grâce à l'intervention mesurée et à la sortie remarquée de John Marx! Ce dernier se remet rapidement en selle pour éclairer de sa guitare "It's my baby at the door". "The night is still" est une ballade tranquille qui brille au clair de lune ; et le rayonnement opéré par la reverb de la guitare rappelle, ni plus ni moins, Otis Rush. Un effet très réussi. Cet album mérite toute votre attention.

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

It´s boogie time…!

Les Boogie Workers sont un quartette issu du vivier luxembourgeois (côté belge). Ils viennent de graver leur premier album. Les prémices du groupe remontent à mars 97, lorsque les futurs Workers partagaient alors ensemble l'expérience d'un concert de Canned Heat. Le groupe comprend alors Walter Otteau au chant et à la guitare, Patrick Schmidt à la batterie, Jean-Pol Leboutte à la basse et Olivier Poumay à l'harmonica. Depuis, ce dernier semble avoir disparu de la circulation. Mais il a été remplacé par le guitariste Christian Barthel.

L'idée était lumineuse de débuter par "The Sunflower", pour un boogie band. Un boogie tout naturellement dédié au regretté Henri Vestine. Si la voix de Walter ne possède pas le caractère rocailleux ni le vécu de celles de Robert Lucas ou de Bob Hite, elle se rapproche assez curieusement de celle d'un certain Rory Gallagher. Et ce côté Gallagher (NDR : qui a sans doute trop vécu dans sa courte existence) revient régulièrement à la surface. Mais sans le côté primaire et naturellement agressif de Rory. A l'instar du rythmé "Eastbound train", dont une bonne partie de "Whoopin" est assurée par un Olivier Poumay tout époumoné. C'est encore plus perceptible sur les titres lents, tels que "Slow G" et surtout "Doggone tired". 32 ans plus tard, je me souviens encore de la claque que j'ai prise, la 1ère fois que j'ai vu l'Irlandais chanter le slow blues "Catfish" ou "Sugar Mama". Il sévissait alors au sein du Taste, je le précise. Mais, quelle pêche! Sans doute manque-t-il encore à nos sudistes belges ce côté sauvage. "Slow G" sonne très british blues La rythmique est assez lourde et le son de la guitare, bien gras. Probablement une Gibson. Un son que notre Burning Plague de Michael Heslop aimait revendiquer! Mais la potion magique des Workers exerce ses charmes dans le boogie sans compromis. A l'instar de "Rattle them bones", "Vodka Mamma" et "Millenium boogie". L'harmoniciste Olivier n'est pas un surdoué de la technique, mais son énergie donne d'excellents résultats au cœur de cette machine à rythme! Sur "Good looking", la formation s'attaque au style de Hound Dog Taylor, un prince émérite de la boogie music! Les Boogie Workers ont du punch et de l'énergie à revendre. Nul doute qu'ils doivent brûler les planches live. Et comme le disent Water Otte et Walter ‘Dr Boogie’ Depaduwa: ‘don't forget to boogie’ !

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Neck bones and Caviar

Mel Brown est né à Jackson, dans le Mississippi en 1939. Il a fait partie des orchestres de Johnny Otis, d'Etta James et, durant onze ans, du Bobby ‘Blue’ Bland. En 1982, il se fixe à Austin, au Texas et devient l'un des piliers du célèbre club Antone's. Il a d'ailleurs sorti un album en compagnie des Silent Partners, "If it's all night, it's all right". Depuis 1989, il s'est curieusement installé à Ontario, au Canada, où il se produit régulièrement avec son groupe, les Homewreckers. Avec lesquels il a d'ailleurs sorti "Live at Wally's" en 98, un elpee qui n'a jamais bénéficié de distribution à l'échelle internationale.

Ce disque, c'est vraiment du caviar. Un mets fin qui se goûte avec délicatesse. Ouverture royale, "Woman wanted" de Muddy Waters salue une interprétation minimaliste avec le maximum d'émotion et de sensibilité à la clé. Suit une version vigoureuse de "I ain't drunk" de Joe Liggins, un titre qu'il jouait déjà derrière Albert Collins voici bien longtemps. Quand il reprend "You're the one" de Z.Z Hill, le prince du blue soul, c'est le Mel Brown chanteur qui nous séduit par la majesté de sa voix. La variété est au rendez-vous. C'est évident sur le funk "I want to hold onto you baby" et le jazz instrumental "Summer magic", mené de manière experte sur sa Gibson Super 400. La 2ème partie de l'album est marquée par de superbes reprises. Et notamment "Get out of my life woman" d'Allen Toussaint, qui développe une bien belle partie d'orgue Hammond du canadien Robert Lee, et une savoureuse version de "I believe in my soul" de Ray Charles, introduite par la voix baryton de Mel. Quant au traitement opéré sur " Goin' down slow ", il est vigoureux, jazzyfiant, et libère une telle quantité de groove, produite par les sacrées parties de piano et de guitare, qu'on a peine à reconnaître la version originale. Mel se met seul derrière le piano pour délivrer le traditionnel "Lord have mercy" ; une adaptation assez proche de ce que fait le vétéran louisianais Henry Gray. La fin de l'opus est un véritable bonheur. "Blues on the Green" révèle le shuffle que l'on n'attendait plus. Puissant comme à l'époque glorieuse d'Antone's. Que dire enfin de son interprétation du fameux "I'm in the mood" de John Lee Hooker. L'intensité libérée y est tellement dramatique. Brillant, Mel invite Al Lerman de Fathead à souffler dans sa musique à bouche. Et ce superbe CD s'achève de la même manière qu'il s'était ouvert. Précipitez-vous!