Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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dimanche, 14 juin 2015 00:45

Destination Clarksdale (mini album)

Ben Rice est un artiste issu du Nord-ouest américain. Il a étudié la guitare –section jazz– et la musique classique à l'université de l'Oregon. C'est cependant par le blues qu’il est le plus séduit. Il se sert de guitares Resophonic ou bricolées à l’aide de boîtes de cigares, qu’il utilise comme caisse de résonance. Il a été finaliste, au sein des Illmatics, lors de l'International Blues Challenge de Memphis, en 2014, dans la catégorie groupe. Il y est retourné en 2015 et a été à nouveau finaliste, mais dans celle de ‘solo/duo’. Il y a aussi remporté le prix de meilleur guitariste dans cette même section. Il a publié son premier opus en 2013, "Pour me some whiskey".

Lucy Hammond est chanteuse, compositrice et productrice. Elle rencontre pour la première fois Ben Rice, en 2011, Au printemps 2014, ils tournent en duo et se produisent dans le Mississippi, l'Arkansas et le Tennessee. Ensemble, ils viennent de graver ce mini album de cinq titres pour témoigner leur attachement au blues authentique. 

"Destination Clarksdale" ouvre le disque. Un titre particulièrement bien choisi ; et pour cause, Clarksdale est situé au cœur du delta du Mississippi, une ville qui abrite le ‘Delta Blues Museum’. La musique est ici uniquement acoustique. Ben est un brillant guitariste. Tout en expression, sa voix est étonnante ; et elle est tout à fait complémentaire à celle, plus puissante, de Lucy. Et dès le titre d’ouverture, "Ida Mae", c’est flagrant. Profondes, ces harmonies deviennent même bouleversantes, tout au long de "Oh Lord", un plage qui glorifie le Seigneur, au cours de laquelle Ben a recours à une Resophonic au son métallique. Ben chante divinement "Wants me back again", tout en exprimant des émotions authentiques. Des sonorités minimalistes entretiennent "Turn my back on you", une jolie ballade au cours de laquelle la guitare se fait discrète pour permettre aux deux voix d’épancher toute leur sensibilité. Lucy Hammond signe "Muddy water", une piste qui nous entraîne au cœur du delta. Sa voix est grave, expressive, naturellement puissante, probablement forgée dans l'exercice du gospel.

 

dimanche, 14 juin 2015 00:36

Live at Paradiso

King of the World est sans aucun doute l'une des meilleures formations de blues aux Pays-Bas. Après avoir publié deux albums studio, elle a décidé de proposer une nouvelle approche de sa musique en enregistrant un album ‘live’. Où ? A Amsterdam, dans la salle mythique du Paradiso. Les cinq musiciens du band jouissent d’une solide notoriété outre-Moerdijk. Ruud Weber a été nominé meilleur bassiste en 2014 par la Fédération néerlandaise de blues et Govert Van der Kolm, meilleur claviériste. Et le batteur Fokke de Jong ainsi que le guitariste Erwin Java sont aussi talentueux. D’ailleurs, en 2013, le combo avait raflé la totale. Les quatre musicos avaient ainsi été décrétés meilleurs instrumentistes, et le KOTW, meilleur blues band!

Ils ont donc fêté cette consécration en se produisant au Paradiso. L’elpee est découpé en 13 pistes, dont 7 sont tirées du premier opus ("Can't go home"), 5 du second ("KOTW") et une seule plage inédite, "Woman across the river", un morceau issu du répertoire de Freddie King et un autre de l'Allman Brothers Band.

Le concert s’ouvre par "Messing with my mind". Le tempo est assez vif. Les deux solistes tirent leur épingle du jeu : Govert à l'orgue Hammond et Erwin sur ses cordes. Ce dernier amorce "On my way back home", un morceau au cours duquel Govert siège derrière le piano électrique. "If you want to leave" est un superbe blues lent qu’interprète Weber d’une voix très expressive, parfaitement adaptée à ce tempo lent, alors que Java est éblouissant sur ses cordes… L’orgue nappe le célèbre "Let's go get stoned" de Ray Charles. Indolent, "Bluesified" est empreint d’une extrême douceur. D’une grande sensibilité, la voix de Weber est proche de celle de son ami Snowy White. Les interventions de Java sont aussi parcimonieuses qu'expressives. Sa montée en puissance est impressionnante. "Evil thing" et le funky "Do it" excellent dans leur genre. "Better leave while you can" est davantage blues/rock. Le morceau lorgne carrément vers Deep Purple ou plus exactement Whitesnake ; on croirait presque entendre les grattes de Bernie Marsden et Mick Moody ainsi que le chant de David Coverdale. Une impression qu’on retrouve sur "Number one". "Can't go home" est la plus longue plage de l’elpee. Un slow blues bouleversant de près de 11' au cours duquel il règne une intensité dramatique réminiscente de Snowy White. Ces accords de gratte parcimonieux constituent la marque de fabrique du style adopté par Java. Govert passe ensuite au piano –avant de glisser à l’orgue Hammond– et nous entraîne dans les rues de la Nouvelle Orléans tout au long de "Broke and lonely", un morceau signé Johnny Otis et Johnny Guitar Watson. "Woman across the river" est hanté par l’Allman Brothers Band. Les interventions de Java sont exceptionnelles. Elles sont dignes de Duane Allman, tandis que Govert nous restitue celles de son frère, Gregg Allman. Un exercice de style remarquable. Ce superbe concert s’achève par le tendre et mélancolique "Beating like a dream". Le fantôme de Peter Green hante Erwin. A cause de ces sonorités profondément réverbérées. Excellent!

dimanche, 14 juin 2015 00:35

Blues Caravan 2014 – Live (Cd + Dvd)

Et nous retrouvons ici la Blues Caravan du label Ruf en 2014, lors d’un concert enregistré à la salle ‘Harmonie’ de Bonn, en février. Cette tournée assurait la promotion de trois artistes, deux hommes, Laurence Jones et Albert Castiglia et une femme, Christina Skjolberg. Une représentation très internationale! Laurence Jones est un jeune espoir du blues anglais ; il n'a que 23 ans et a représenté son pays en mars, lors de l'Euro Blues Challenge qui s’est déroulé à Bruxelles. Albert Castiglia a 45 balais. Originaire de New York, il s’est établi à Miami. Jeune, jolie et blonde, Christina Skjolberg est norvégienne. Tous trois chantent et jouent de la guitare. Live, ce « Blues Caravan 2014 » est paru sous la forme d’un cd et d’un dvd. Mais les supports sont sensiblement différents. Ce qui fait leur intérêt. Les trois musicos avaient déjà enregistré pour le label allemand. Lors de ce concert, ils ont reçu le concours d’une section rythmique : Roger Inniss à la basse et Miri Miettinen à la batterie.

Toute l’équipe est sur les planches pour le morceau d’ouverture, "Join me on the Blues Caravan", un titre sculpté dans le pur funk. Gauchère, Christina adopte un jeu assez agressif sur sa gratte ; Laurence y révèle un toucher plus fluide, typiquement anglais. La voix d’Albert est la plus affirmée. Laurence est passée à l'orgue et Christina –grande, féline et séduisante– se réserve exclusivement la gratte lors des trois titres suivants issus de sa plume. La Scandinave semble hantée par Jimi Hendrix tout au long de "Come and get it", "Close the door" et "Hush". Laurence Jones reprend le leadership et la six cordes pour attaquer quatre titres. Tout d’abord "Wind me up", une plage qui met en exergue sa technique. Ensuite "Soul swamp river", un blues co-écrit en compagnie de Mike Zito (ex-Royal Southern Brotherhood). Et enfin "Fall from the sky" ainsi que le "All along the watchtower" de Bob Dylan, mais dans une version plus proche de celle de Jimi Hendrix. Place alors à Alberto Castiglia qui nous balance deux plages instrumentales, "Fat cat" et le "Freddie's boogie" de Freddie King, à l’aide de sa gratte particulièrement belliqueuse, avant de chanter un superbe blues lent, le "Bad Avenue" de feu Walter Williams (NDR : mieux connu sous le sobriquet de Lefty Dizz, il avait milité, au cours de ces dernières années d’existence, au sein des Houserockers du légendaire Hound Dog Taylor). Les trois artistes reviennent ensemble sur les planches pour participer à la jam finale qui épingle deux titres notoires : le "Cocaine" de JJ Cale et le "Sweet home Chicago" de Robert Johnson, une orgie de guitares à la clé. Les 14 plages du dvd sont ainsi décrites.

Le cd n’en recèle que onze, dont deux ne figurent pas sur le dvd, et pour lesquelles Castiglia est aux commandes. Il aborde son "Put some stank on it" et surtout une cover du "Sway" des Rolling Stones, une plage qui figurait sur l'album "Sticky fingers", gravé en 1971 ; Mick Taylor y signait une intervention bouleversante sur ses cordes. Celle de Castiglia n’est pas de la même veine, mais il ne s’en tire pas trop mal, quand même… 

dimanche, 14 juin 2015 00:27

Love spin

Debbie Davies est chanteuse, mais avant tout guitariste. Agée de 62 ans, elle roule sa bosse, sur les routes du blues, depuis bien longtemps. Fin des années 80, elle militait chez les Icebeakers, le backing band du célèbre bluesman texan, Albert Collins ; une expérience inoubliable pour cette artiste. Ensuite, elle a embrassé une carrière personnelle. Elle grave son premier opus solo en 1993, "Picture this". Depuis, elle en a publié une bonne douzaine. "Love spin", le tourbillon de l'amour, tente de poser un regard sur sa propre existence. A travers ses compositions, Debbie essaie de trouver la vérité dans chacune des situations qu'elle a vécues. Don Castagno est son fidèle partenaire musical ; plus de 15 années qu'il l’accompagne aux drums. C’est également un compositeur prolifique ; il signe d’ailleurs ici pas moins de cinq titres. 

"Life of the party" est dédié à un ami musicien disparu en 2013, le chanteur/harmoniciste John Juke Logan. Paul Opalach (NDR : il assure également la coproduction de l’elpee) siège derrière l’orgue pour cette plage très funky, destinée à la danse. Et il se réserve également la pedal steel sur le titre maître, une piste qui ne manque pas de charme et au cours de laquelle Debbie s’autorise un envol original et vertigineux sur les cordes, en alignant de courtes phrases. Excellent ! "Let the heartaches bebin" est issu de la plume de Don Castagno, un morceau qui remonte à une vingtaine d'années. Debbie en avait déjà réalisé sa propre version pour le long playing "I got that feeling", paru en 1996. Elle et Terry Hanck le reprennent en duo vocal. Ce dernier a aussi ramené son saxophone ténor ; il en profite pour communiquer un climat de fin de soirée à cet exercice style dans le blues lent. R&B à coloration Stax, "Don't change it up" déménage littéralement. Miss Davies excelle sur ses cordes en adoptant le jeu d'Albert King. Elle et Jay Stollman chantent en duo. Ce dernier possède vraiment la voix qui correspond au genre ; requin de studio, il est d’ailleurs souvent invité à participer aux sessions d’enregistrement. Aux vocaux, bien sûr. Debbie se réserve le micro pour "It's all blues", bien soutenue par sa section rythmique constituée de Wilbo Wright à basse et Don Castagno à la batterie que renforce le saxophoniste Dana Robbins (NDR : issu de Nashville, il sévit au sein du Delbert McClinton Band). Debbie écrase sa pédale wah wah afin de favoriser son envol alors qu’Opalach est retourné à la lap steel pour le superbe "Talk real slow", une compo signée Lenny McDaniel. "I'm not cheatin' yet" accélère le tempo, un divertissant swing boogie woogie. Dave Keyes se consacre au piano et Dana Robbins au saxophone, alors que Debbie fait rocker ses cordes. Dave Keyes siège toujours derrière son piano boogie pour "Two twenty-five year olds", un blues de toute bonne facture qui remue pas mal. Lady DD chante de manière cool le plus jazzyfiant "A darker side of me", une cover de Sven Zetterberg, un bluesmen notoire suédois. Debbie en revient au funk pour le dansant "I get the blues so easy", une piste marquée par le come-back de Terry Hanck au honky saxophone. Les échanges opérés entre le saxo hurleur et les cordes empreintes de délicatesse sont remarquables. La finale est plus classique. Debbie se consacre à la slide pour célébrer son retour à la maison. Et son intervention est lumineuse tout au long de ce "Way back home" ; d’ailleurs on aurait espéré qu’elle s’y colle plus souvent, même si cette galette est vraiment de choix!

 

dimanche, 14 juin 2015 00:24

Girls with Guitars

Le label allemand Ruf semble vouloir féminiser son écurie. Et signe régulièrement des dames et demoiselles capables de chanter le blues, gratter une guitare avec plus ou moins de bonheur, composer et bien entendu se produire sur les planches. C'est ainsi que la série de "Girls with guitars" est née, il y a quelques années. Et en voici la suite ! Qui épingle des artistes débutantes. Ce disque se focalise sur trois d’entre elles. Tout d’abord l’Italienne Eliana Cargnelutti. Elle vient de graver "Electric woman". Ensuite Sadie Johnson, une très jeune Américaine –issue de l’Indiana, elle n’a que 18 printemps– qui drive son groupe, Sad Sam Blues Jam. Et enfin Heather Cross, à peine plus âgée, originaire de Little Rock dans l'Arkansas, préposée à la basse. Elle s’est souvent produite au mythique club Ground Zero de Morgan Freeman, à Clarksdale, dans le Mississippi, en compagnie de son band, The Sweetones. Ensemble, elles ont tourné dans le cadre de la 11ème Blues Caravan, un périple annuel organisé par Ruf. Les sessions d’enregistrement de ce long playing se sont déroulées au sein du studio Bessie Blue, dans le Tennessee, sous la houlette du célèbre Jim Gaines. Hormis trois reprises, nos trois demoiselles se sont partagées la signature des huit autres plages.

Tout naturellement, l’LP s’ouvre par "Girl Band", une compo issue de la plume d’Eliana. Le trio se partage les vocaux tout au long de ce rockin' blues rythmé, balisé par des solides riffs. Et le résultat est concluant. Elles s’attaquent alors au "Tush" de ZZ Top, un des plus gros succès du combo de Houston. Toutes trois chantent leurs propres compositions. Sadie interprète ainsi d’une voix fragile, mais impeccable, "This house just ain't my home", un blues imprimé sur un mid tempo. Miss Johnson, le notoire "Feelin' alright" de Dave Mason (NDR : titre au départ destiné à Traffic). L'arrangement tient la route. Elle est parfaitement soutenue par les deux amies qui reprennent le refrain en chœur, mais également par le pianiste Rick Steff et le percussionniste Justin Holder. "Give me a kiss" emprunte un profil plutôt rockabilly. Empreinte de douceur, "Say goodbye" est une ballade qui ne manque pas d’allure. Heather Crosse possède la meilleure voix. Elle chante autoritairement mais passionnément son "She may have you, but I got yo heart", un superbe blues lent. Son "Shades of love" s’ébroue dans le style néo-orléanesque, à cause de ses rythmes syncopés, avant de glisser vers un blues/rock plus classique. Eliana remue davantage les tripes. Elle aime quand les morceaux déménagent. A l’instar de son "Life", au cours duquel, nonobstant une voix plutôt faiblarde, elle assure à la six cordes. Ces trois rockeuses dans l’âme se montrent très à l'aise pour reprendre "I hate myself for loving you", le hit de Joan Jett. On navigue alors à des années-lumière du blues. Et c’est Eliana qui pousse sa voix ! En finale, Eliana et Sadia reprennent la main pour chanter en duo un dernier rockin' blues puissant, "Wish you had'nt gone"…

 

dimanche, 14 juin 2015 00:20

Electric woman

Eliana Cargnelutti est originaire d’Udine, en Italie. Elle est lauréate du Conservatoire de Ferrara. Comme guitariste. Section jazz. Elle est également chanteuse. Elle avait enregistré un premier album solo en 2013, "Love affairs". Depuis elle a signé chez Thomas Ruf, pour lequel elle vient donc de publier « Electric woman ».

"Electric woman" : une femme électrique. Un titre éloquent. Et Eliana l'est! Elle le démontre dès l'ouverture, "Why do I sing the blues", un titre rock, funky et finalement pas très blues. Pas vraiment la meilleure plage de l’opus. A contrario, tout au long de "Just for me", elle se sent comme un poisson dans l’eau. Métalliques et puissants, les riffs sont dispensés par l’Américain Alberto Castiglia. Il se charge d’ailleurs personnellement des arrangements. Et par ailleurs, c’est également lui qui a réalisé la mise en forme de l’LP. Eliana embraie par deux reprises fort intéressantes. Tout d’abord "Street corner talking", l'un des plus grands succès de Savoy Brown. La Transalpine nous y accorde un bon exercice de style aux cordes, tout au long de cette version respectueuse de l’originale. Puis le "Soulshine" de l’Allman Brothers Band, une plage signée par Warren Haynes. Miss Cargnelutti s’y révèle bien plus convaincante. Sa présence vocale est indéniable. Les interventions à l'orgue de John Ginty sont impeccables. La section rythmique est assurée par le bassiste Roger Inniss et le drummer Jamie Little. Elle balise parfaitement le rocker "Show me", mais la voix d'Eliana ne semble pas ici vraiment dans son élément. Parmi ses meilleures compositions, on épinglera "I'm a woman", une piste imprimée sur un mid tempo qui marche sur les traces de ZZ Top, "Freedom", un morceau caractérisé par des riffs puissants, au cours duquel elle s’autorise une sortie aux cordes en écrasant ses pédales de distorsion, et "I saw your eyes", une ballade cool, paisible, qui permet à Eliana de se concentrer davantage sur les vocaux. La cover du "There's gonna be some rockin'" d'AC/DC est bien balancée ; mais c’est surtout la slide explosive de Castiglia qui fait la différence. Frénétique, sauvage, "Eliana's boogie" clôt le long playing, un instrumental au cours duquel Miss Cargnelutti et son ami floridien Castiglia rivalisent d’adresse ; et finalement, c’est quand elle est confrontée à un autre gratteur qu’Eliana se montre la plus efficace. Encore jeune, Eliana doit encore se forger son expérience. Et puis au fil du temps, sa voix sera aussi, sans doute, plus adaptée au blues…

 

dimanche, 14 juin 2015 00:18

Ernesto and Delilah

Kevin Breit est Torontois. Apprécié tant dans les milieux jazz, blues que world, ce multi-instrumentiste privilégie avant tout la guitare. Il a apporté sa collaboration à une multitude d’artistes notoires, tels que Norah Jones, Cassandra Wilson, KD Lang, Hugh Laurie, Harry Manx, Carlos del Junco, et j’en passe. Il souhaite garder son indépendance afin de créer et réaliser sa propre musique. Ce qui explique pourquoi, il a fondé son propre label, Poverty Playist. Ses albums ont une distribution limitée, il les vend principalement lors de ses concerts ou sur son site. Il a aussi développé différents projets musicaux, depuis quelques années, parmi lesquels on épinglera surtout The Sisters Euclide, Folkalarm et Stretch Orchestra. Ce nouvel opus est double. Le Canadien a baptisé le premier "Ernesto" et l'autre "Delilah".

"Ernesto" est totalement instrumental. Il baigne au sein d’une atmosphère brésilienne, mêlant musique classique, traditionnelle et jazz. Le Upper York Mandolin Orchestra est un ensemble folklorique centenaire, dirigé depuis trois générations par la famille Dooley. Imaginez un collectif d’une quinzaine de musicos, dont la plupart se servent de mandolines, mandolas et mandocellos, qui se produisent sous la direction de Thomas Dooley III. En 2011, Breit et Tom Dooley, le leader du UYMO, ont une entrevue, afin d’envisager une collaboration. De cette rencontre va naître l’LP "Field recording" de Kevin Breit, également excellent mandoliniste, un disque enregistré en compagnie de l'orchestre centenaire. "Ernesto", titre maître du long playing, rend hommage au Brésilien Ernesto Ciari. Très imprégné de la musique traditionnelle locale, cet adepte de la mandoline et du piano était un compositeur prolifique. Il a malheureusement mis fin à ses jours en 1972. Thomas III et Kevin Breit ont retrouvé Romero Ciari, le fils du défunt. Ce qui a permis de concrétiser le projet. La boucle est quasi bouclée. Les arrangements ont été opérés par Kevin Breit et Thomas Dooley III s’est chargé de la production.

L'ouverture "Como Uma Corrida de Cavalo" était la dernière composition d'Ernesto Ciaro, avant son suicide. Les arrangements sont riches. Les différents aspects du folklore traditionnel brésilien sont explorés : la samba euphorisante, la bossa nova rythmée ainsi que la ballade colorée et élégante, à l’instar d’"Uma Longa Escalada" et de "Muhler Quieta", une plage légère, séduisante, au cours de laquelle la mandoline est soutenue par une basse, les percussions de Cyro Baptista et l'harmonica de Grégoire Maret.

Sous-titré "Delilah", le deuxième compact disc permet à Kevin de partager des duos vocaux en compagnie de l'actrice et chanteuse canadienne Rebecca Jenkins. La mandoline est toujours omniprésente, grâce à la participation de membres du Upper Hill Mandolin Orchestra. La plaque recèle plusieurs solides compositions et met en exergue la voix fragile et éthérée de Rebecca, tout au long de ballades folk (NDR : le délicat "Ghost of California"), de morceaux plus country ("Rang a lang"), voire blues (NDR : le subtil "Come on home") ; et même sur "Dance with Delilah", caractérisé par son déchaînement de mandolines…

dimanche, 14 juin 2015 00:17

On the 13th

Fondé en 2007, The 44s est un quatuor établi à Los Angeles. Son blues s’inscrit dans l’esprit de formations particulièrement populaires, y compris chez nous, comme le James Harman Band et le Red Devils du regretté Lester Butler. Son premier opus remonte à 2011. Intitulé "Boogie disease", il avait été produit par leur ami Kid Ramos (Mannish Boys, ex-Fabulous Thunderbirds), un elpee suivi l'année suivante par "Americana", deux disques parus sur le label local Ripcat. En 2009, le combo publie un Dvd baptisé "Live at Bacci's". Puis plus rien. Et pourtant le groupe roule toujours sa bosse sur les routes… Si Johnny Main, le chanteur/guitariste, est toujours aux commandes, secondé par le batteur J.R Lozano, les deux autres musiciens ont été remplacés. La basse est aujourd’hui dévolue à Mike Hightower, un ancien membre des Mama's Boys de Johnny Mastro (NDR : un autre combo pur et dur issu de L.A), et le remarquable harmoniciste japonais Tex Nakamura a cédé le relais au jeune et prometteur ‘Shady’ Jake Huffman, un disciple de Rod Piazza.

Le style des 44's est toujours aussi primaire, âpre et sans concession. Imprimé sur un tempo digne de Howlin' Wolf, "Fade to black" ouvre l’LP. J.R et Mike balisent la compo afin de permettre aux deux solistes de se libérer ; et le premier à démontrer tout son talent est le nouveau souffleur Shady. Johnny Main tire également son épingle du jeu en adoptant un style spontané, parfaitement adapté aux rythmes. Tout au long du "Too many drivers" de Smokey Hogg, un blues cool mais implacable, Jake Huffman prouve qu’il s’est parfaitement intégré au line up. Le tempo monte d’un cran pour "Ninety-nine to life", une plage enregistrée chez Grazies, un restaurant italien d'Upland, à l'est de Los Angeles. Le groupe se comporte en studio comme s'il se produisait en ‘live’, dans un club de la Cité des Anges. Plutôt longues et sans artifices, ses compos sont destinées à communiquer leur plaisir à jouer du blues ; à l’instar du flemmard "Easy baby", un titre signé Magic Sam Maghett. Johnny y est très inspiré et s’exprime à l’aide de ses cordes en y injectant un maximum de sensibilité… Les plages instrumentales ne manquent pas d’allure. A l’instar de "Johnny's" qui adresse un clin d’œil à Albert Collins, mais également à Freddie King, au shuffle "Medium shade", moment choisi par Shady, inspiré par Little Walker, de nous enchanter, et du tonique "Jake's Juke", au cours duquel Jake Hoffman marche sur les traces de son mentor, le grand Rod Piazza, leader intemporel des Mighty Flyers. Baignant dans le Delta, "Slip slide est caractérisé par de très beaux échanges entre l'harmonica et la slide de Main. Les 44's sont sur les rails, plus rien ne peut les arrêter. Main fait encore la différence en faisant vibrer ses cordes tout en construisant parfaitement son solo. Sans surprise, les 44's reprennent le "Devil woman" de Lester Butler, un titre qui figurait sur l’elpee "King King" des Red Devils, une piste de plus de 9' qui rend hommage à feu l'inoubliable souffleur disparu en 1998. Balisé par la solide section rythmique, "Hanging tree" clôt l’opus, un boogie frénétique balayé par de petits envols successifs exécutés par l'harmonica…

 

Riley King, mieux connu sous le sobriquet de BB King (Blues Boy King), s’est éteint au cours de son sommeil, ce 14 mai, dans sa résidence de Las Vegas, au Nevada. Ce décès était malheureusement attendu. Il aurait atteint ses 90 ans, le 16 septembre prochain. Il était l'un des derniers bluesmen authentiques encore vivants. Il est parti rejoindre d’autres légendes, disparues avant lui : Howlin' Wolf (1976), Muddy Waters (1983) et John Lee Hooker (2001), parmi les plus célèbres.

King, c’était son véritable nom. Il incarnait tout naturellement un ‘roi’ du blues. Avant lui, d’autres King étaient devenus célèbres, Albert et Freddy, mais ils sont au paradis du blues depuis bien longtemps.

BB est né dans une plantation de coton, à Itta Bena, au cœur du delta du Mississippi, non loin de Greenwood, ville mythique du blues où repose le légendaire Robert Johnson.

Il a été élevé par sa grand-mère à Indianola où a été érigé, en 2008, le BB King Blues Museum. Chaque année, il se produisait dans cette petite ville, pour ses concitoyens.

Très vite atteint du virus du blues, grâce à son cousin Bukka White, il se fixe à Memphis dès 1947. Et dans la foulée grave l’un ou l’autre disque. Mais c’est en 1952 qu’il décroche son  premier grand hit, "Three O' clock blues". Il développe rapidement un style personnel et très caractéristique, fruit d’un mélange de blues, de jazz, de swing et de jump, et devient une influence majeure pour une multitude de disciples.

C’est un des premiers musiciens à enrichir ses compos de soli finement ciselés, en se servant d’une guitare qu’il baptise ‘Lucille’, dès la fin des années quarante. National d'abord, son succès devient ensuite international. Et il va fouler les planches d’une multitude de salles de concerts et de festivals, sur toute la planète. C’est un des rares bluesmen qui soit parvenu à s’enrichir grâce à son art. Son influence est phénoménale, notamment sur les artistes de rock, souvent bien plus jeunes, en compagnie desquels il s’est même produit. A l’instar des Rolling Stones, d’Eric Clapton, de Joe Cocker et même de U2.

En 1968, il avait joué au Fillmore West de San Francisco devant toute la génération hippie. Et l’année suivante, il avait assuré la première partie de la tournée américaine des Stones.

De son vivant, il a reçu une multitude de récompenses. Il a même été décoré par les présidents Clinton et Bush.

Un premier BB King's Blues Club avait été ouvert en 1991, à Memphis, dans la célèbre Beale Street.

Parmi ses succès (pas tous de sa plume), on épinglera les incontournables "Paying the cost to be the Boss", "You upset me baby", "Everyday I have the blues", "Rock me baby", "Sweet sixteen" et surtout "The thrill is gone".

RIP BB.

jeudi, 14 mai 2015 15:06

5th European Blues Challenge

L'European Challenge est une compétition qui réunit les meilleures formations blues européennes. Sa première édition date de 2011. La 5ème s’est déroulée dernièrement à Bruxelles, au sein de l'Ancienne Belgique. Belge, Howlin' Bill avait remporté le premier concours, organisé à Berlin. Pour ce nouveau challenge, la Belgique figurait une nouvelle fois parmi les favorites, puisqu’elle avait délégué les redoutables Doghouse Sam & His Magnatones. Le label Blues Boulevard a publié, un très beau double CD pour présenter dix-neuf des concurrents.

Au sein de la capitale européenne, c’est la formation basque, The Travellin' Brothers, qui a décroché les lauriers devant Doghouse Sam. Serais-je chauvin ? Perso, à l’écoute de l’extrait, proposé, le combo noir-jaune-rouge me semblait bien meilleur. Bien sûr, particulièrement exubérante, la formation espagnole a sans doute fait la différence grâce à sa présence scénique. Fondé dix ans plus tôt, sa cohésion est également un atout. En outre, elle a déjà publié six albums! Chargé de swing, son "Magnolia Route" tient bien la route ; mais ce n'est pas vraiment ma tasse de thé!

Wouter Celis alias Doghouse Sam est épaulé par ses Magnatones, une véritable machine rythmique. Issu de leur dernier opus, "Something's wrong" est un rockabilly à la fois classieux et chargé de dynamite…  

Sur la troisième marche du podium on retrouve le Norvégien J.T Lauritsen flanqué de ses Buckshot Hunters, un ensemble de soul/blues qui véhicule des accents tex mex et zydeco. J.T chante en s'accompagnant à l'accordéon, "Play by the rules", une piste illuminée par une splendide intervention à la slide.  

Plusieurs formations nous réservent un blues plus acoustique et dépouillé. Dont le duo autrichien, réunissant le chanteur/guitariste Herman Posch et l'harmoniciste Christian Sandera. Son "Devil's woman" est impeccable. Autre tandem, mais suisse, The Two, qui nous balance un très roots "On and on".

Le blues croate n’est guère notoire. Pourtant, le Delta Blues Gang pratique un delta blues solide et amplifié. La chanteuse a une très bonne voix et le gratteur se révèle plutôt habile sur sa Resonator.

Hongrois, Eles Gabor Trio ne sort pas vraiment du lot, et les voix sont discutables. Luxembourgeois, Remo Cavallini Band exécute le blues rythmé "Self control". D’honnête facture, il est caractérisé par l’intervention d’un orgue et la participation d’une voix féminine. Roumain, le Marius Dobra Band manque quand même de classe. Polonais, Drunk Lamb semble hanté par Jimi Hendrix. Surtout le sixcordiste. Slovaque, Jergus Oravec Trio est un power trio qui puise ses références à la même source ; mais son "Real" possède un potentiel certain. Danois, Bound by Law pratique une forme de country alternative, réminiscente de Johnny Cash! Le blues scandinave jouit d’ailleurs d’une excellente réputation. A l’instar de Micke Bjorklof & Blue Strip des vétérans finlandais, qui démontrent tout leur brio à travers "Ramblified". La voix est consistante et les interventions à la slide, incisives…  

La Suède aurait pu mieux choisir. Le Lisa Listam Family Band est annoncé comme la nouvelle sensation locale. Copie à revoir, même s’il faut attribuer une mention spéciale à l’harmoniciste Mikael Fall. Lui, franchement, il a la classe. Et d’autres pays auraient également pu élire de meilleurs représentants. Le funk/soul/blues de Pillac (France) tient la route, mais la voix de Xavier Pillac me semble un peu limite. Le hard rockin' blues de Jessy Martens Band (Allemagne) tire un peu trop sur la corde métallique, même si la chanteuse se débrouille plutôt bien au sein des climats dramatiques. Le "That's swing!" du Dave Moretti Blues Revue (Italie) fait vraiment tache d’huile. Le "Once and for all" du Leif De Leeuw Band reflète mal l’effervescence vécue par la scène batave contemporaine. Dépouillé, son blues est surtout caractérisé par la présence d’une bonne voix féminine et un excellent guitariste au style minimaliste.

L'Angleterre enfin, avait délégué le jeune Laurence Jones. Déjà repéré et signé par le label allemand Ruf, c’est un grand espoir du blues insulaire. Il excelle tout au long de son "Soul swamp river" ; mais il bénéficie du concours de fameuses pointures : Johnny Sansone à l'harmonica et trois musiciens du Royal Southern Brotherhood : Mike Zito, Yonrico Scott et Charlie Wooton. Laurence Jones a manifestement un avenir dans le blues. Signalons enfin l'absence de titre du band letton Elastic, sur cette compile.

 

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