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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

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dEUS - 19/03/2026
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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

lundi, 19 octobre 2015 18:45

Must be crazy!

Andy Poxon est issu d'une famille de musiciens. Et notamment à cause de ses parents ainsi que ses grands-parents maternels. Il a choisi la voie du blues, après être tombé sous le charme de la musique de BB King! Issu du Maryland, ce chanteur/guitariste/compositeur est issu du Maryland ; mais il s’est établi dans la région de Washington D.C. Cet artiste aux cheveux roux est à peine âgé de 20 printemps ; et pourtant, "Must be crazy!" constitue déjà son troisième opus. En 2010, il était déjà considéré comme ‘meilleur nouvel artiste’. Son premier LP, "Red Roots" remonte à 2011. Et le deuxième, "Tomorrow", à 2013. Il avait bénéficié de la mise en forme de Duke Robillard et du concours de la section de cuivres du célèbre big band, Roomful of Blues. Pour concocter ce "Must be crazy!", il a reçu la collaboration du claviériste Kevin McKendree. Ce dernier et Andy coproduisent le long playing. Ils cosignent également cinq des 13 plages. Le reste relevant de la plume de ce dernier. La prise de son a été réalisée au studio Rock House, à Franklin, dans le Tennessee. Parmi les invités figurent le drummer Kenneth Blevins, le bassiste Steve Mackey et le saxophoniste Jim Hoke.

Un riff royal ouvre l’excellent "You must crazy". Tout est parfaitement en place : la guitare –autoritaire–, les cuivres et le piano. La voix d’Andy a bien mûri. De tout aussi bonne facture et caractérisé par les accords de piano sautillants de McKendree, "Living alone" baigne au sein d’une ambiance judicieusement néo-orléanaise. Le rythme s'emballe pour "Next to you", un jump épatant au cours duquel la section rythmique libère du swing alors que les cordes prennent leur envol et s’élèvent vers les sommets. Il a parfaitement assimilé ses maîtres, le jeune Andy ! Kevin double piano et orgue pour introduire "Give me the chance", une chouette ballade qui ne manque pas de rythme. La voix d’Andy est alors soutenue par les chœurs de McCrary Sisters et Chloe Kohanski. "Cold weather blues" est un blues lent somptueux. Dépouillé, abordé dans l’esprit de T-Bone Walker, il est parfaitement adapté à l'atmosphère des bars, fréquentés en fin de soirée. Les cordes de gratte sont belles à pleurer! La voix de Poxon affiche une grande maturité tout au long de la ballade "Don't tell your Mama", un r&b nonchalant qu’il interprète face à la section de cuivres. Devant cette même section, mais aussi l’orgue, le piano et les chœurs féminins, il entretient un climat à la fois discret et fiévreux sur le soul blues indolent "Harder every day". Baignant dans un climat jazz chargé de swing, "I want to know" est hanté par T-Bone Walker et Percy Mayfield. Poxon injecte énormément de sensibilité et de passion dans la voix pour interpréter "Already gone", une chanson soul languissante. Les percus de Kenneth Blevins et les ivoires de McKendree entretiennent des rythmes syncopés tout au long de "Making a fool" ; une piste au cours de laquelle Andy tire encore une fois son épingle du jeu au cœur d’une ambiance très néo-orléanaise. Dernière piste lente, "Don't tell me what to do" trempe au sein d’un climat paisible. Tapissé en toile de fond par l’orgue, l'accompagnement est minimaliste ; et la guitare ne concède que les notes nécessaires. La basse acoustique inocule le swing à "Too late", un titre qui mêle jazz et blues. L’LP s’achève par "Rebound", un instrumental. Le spectre de Booker T & The MG’s plane. Mais c’est Yates McKendree, le jeune fils de Kevin, qui se consacre à l'orgue.

 

lundi, 19 octobre 2015 18:44

The kitchen sink

Omar and The Howlers est un groupe de blues texan fondé en 1973 par le chanteur/guitariste Omar Kent Dykes. Il s’est établi à Austin. Véritable force de la nature, il est cependant originaire Mississippi. A ses débuts, la formation était régulièrement comparée aux Fabulous Thunderbirds, issus de la même cité. Leur premier opus, "Big leg beat", date de 1980. Depuis le combo en a gravé plus d’une vingtaine.

Et "The kitchen sink", c’est leur dernier. Cette plaque est partagée en deux parties. Six compos sont nouvelles. Elles impliquent pour section rythmique, le bassiste Bruce Jones et le drummer Wes Starr. Les six autres rendent hommage à différents artistes disparus au cours des dernières années. Les nouveaux titres ont été enregistrés au studio Satellite, à Austin.

"That ain't it" est une excellente ouverture. La seconde guitare que se réserve Casper Rawls (ex-Leroi Brothers) est très aventureuse et écorchée. "The battle rages on" nous entraîne dans la country ; une superbe plage au cours de laquelle Tommy Spurlock se consacre à la pedal steel. Un processus qui est reproduit, et de fort belle manière, sur "Dixie's All night Bar" ; Omar, Rawls et Spurlock s’autorisant de superbes échanges. Blues indolent, "Fire and gasoline" est dominé par la voix puissante d'Omar. Il y affronte à la gratte, un des maîtres locaux de cet instrument, Derek O'Brien. Epatant ! Ce dernier participe également à "Dirty people", un chouette Texas shuffle. Autre surprise : "I'll keep on dreamin'". Country, cette piste est contaminée par du jazz suranné et chargée de swing. Le violon et le piano de Danny Levin (ex-Asleep at the Wheel) tirent ici leur épingle du jeu.

Les hommages s'adressent à quatre disparus, dont trois nous ont quittés en janvier 2014 : Efrain Ramos, président du Omar & The Howlers Fan Club, Gene Brandon, batteur des Howlers entre 1981 à 1994 et le DJ Larry Monroe. Sans oublier Jack Primich qui s'est éteint en juin de l’an dernier. C’était le père du remarquable harmoniciste, Gary Primich ; ce dernier, ami et ancien partenaire d'Omar, trop tôt disparu, est décédé en 2007. Gary participe à deux titres, le "Cutie named Judie" de Jerry McCain et le "Can't hold out" d'Elmore Jame. Ces deux morceaux bénéficient du concours de Kaz Kazanoff au saxophone. Gene Brandon siège derrière les drums pour trois titres : "Dust my broom", au cours duquel les interventions à la slide d’Omar sont remarquables ; le "Who do you love" de Bo Diddley, caractérisé par la présence de l'excellent Greg ‘Fingers’ Taylor à l'harmonica ; et enfin le "Hello Operator" d'Omar qui adopte le rythme de Jimmy Reed. La finale nous réserve une nouvelle composition : "Climb on board". Un épatant country boogie qui met en exergue les ivoires de Nick Connolly et, pour la dernière fois, la six cordes de Casper Rawls.

lundi, 19 octobre 2015 18:43

Wild Heart

Samantha Fish est une jeune chanteuse/guitariste. Elle vient seulement de fêter ses 26 printemps. Et vit à Kansas City. En 2009, son album "Live Bait" séduit le producteur allemand Thomas Ruf qui la signe sur son label. Elle tourne depuis, souvent en Europe. Elle a également participé aux séries "Girls with guitars", en 2011 et 2012. Ses deux elpees publiés pour Ruf ont été produits par Mike Zito : "Runaway" et "Black wind howlin'".

"Wild Heart" a été enregistré au sein de différents studios, en Louisiane, au Tennessee et Mississippi. Luther Dickinson, chanteur et guitariste chez North Mississippi All Stars assure la mise en forme et participe à toutes les plages. Il apporte une nouvelle coloration à l’expression sonore de cette artiste issue du Missouri. La plupart des titres sont issus de la plume de Samantha ; et certains ont été coécrits en compagnie de Jim McCormick, qui partage son temps entre Nashville et la Nouvelle Orléans. Au départ, elle privilégie la formule trio, format qui est favorisé par le concours du drummer Brady Blade et du multi-instrumentiste Dickinson.

En ouverture, "Road Runner" est un parfait témoignage de la direction plus roots empruntée par Samantha, s’inspirant ainsi davantage de l’atmosphère du Mississippi. Luther Dickinson double la basse et la lap steel sur "Place to fall". Une lap steel qui communique une sonorité métallique troublante à cette jolie ballade empreinte de quiétude, enrichie par les chœurs de Shontelle Norma-Beaty et Risse Norman, alors que Miss Fish se révèle très créative sur ses cordes. Derrière ses fûts, Brady imprime le Diddley beat pour baliser "Blame it on the moon". Le tempo s’accélère. La lap steel de Luther gémit. Le rythme adopté par "Highway's holding me now" est davantage sculpté dans le blues/rock familier de Samantha. Epaulée par les vocaux de Shontelle et Risse, elle se réserve le micro sur la plaisante ballade acoustique "Go home". Elle creuse dans les racines pour interpréter "Jim Lee Blues Pt1", composé il y a bien longtemps par le légendaire Charley Patton. Luther Dickinson est préposé à la mandoline et Lightnin' Malcolm –invité pour la circonstance– à la sèche. Malcolm vit du côté de Holly Springs, dans le Mississippi et apporte régulièrement sa collaboration à la famille Burnside. La voix de Samantha est chargée de passion et d’énergie pour attaquer son "Turn it up". Son partenaire, Luther Dickinson, se réserve le solo sur les cordes qui nous entraînent au coeur des collines du Nord du Mississippi. Sans aucun doute, l'un des sommets de cette plaque! Samantha chante "Show me", dans un style plus familier. Et sa voix atteint la perfection sur "Lost myself", une plage paisible, traversée par les accords lugubre de la lap steel de Dickinson. D’excellente facture, ce long playing atteint son apogée sur le dynamique "Bitch on the run", un blues/rock plus conventionnel, théâtre d'un beau duel entre les guitares de Samantha et Luther. Une claque! Dickinson et Lightnin' Malcolm se partagent les sèches tout au long de la finale, "I'm in love with you", une plage très roots issue de la plume du regretté Junior Kimbrough, un des fleurons du North Mississippi hill country blues…

 

lundi, 19 octobre 2015 18:42

Sweet soul

Chanteuse de blues et de soul, Deb Callahan nous vient de Philadelphie. Elle parcourt les routes depuis la fin des nineties. Son premier elpee, "If the blues had wings", est paru en 2002. Elle est alors comparée à la célèbre chanteuse/guitariste Bonnie Raitt.

"Sweet Soul" constitue déjà son cinquième opus, un disque réalisé au studio Ultratone de Los Angeles, sous la houlette du bassiste et producteur notoire, Tony Braunagel. Pour la circonstance, elle avait entraîné son fidèle guitariste, Allen James. Les autres participants ont été choisis parmi la crème des musiciens de studio de la Cité des Anges. Des musiciens qui ont régulièrement tourné et enregistré pour des artistes comme Bonnie Raitt, Etta James et Taj Mahal. Deb dédicace son album à son jeune fils de 4 ans, Elijah!

"Big Love" ouvre la plaque. L’ambiance est cool, décontractée. Très expressive et soutenue par des chœurs engagés, la voix de Deb est excellente, très expressive. L’ambiance est pourtant cool. La section rythmique est solide. L'orgue Hammond de Mike Finnigan chaleureux. Allen James opère déjà une première sortie sur les cordes. "I keep things burning" adopte un schéma semblable. La slide de Johnny Lee Schell introduit le saignant "Shackin up", une des meilleures plages de l’opus. Finnigan siège derrière le piano pour l’indolent "I am family", une ballade séduisante que chante classieusement Deb, face aux répliques vocales de la Texane Teresa James. Sculptée dans la soul, "Sweet feeling" est une chanson écrite à l'origine par Candi Staton, une spécialiste du style. La voix de Miss Callahan devient autoritaire sur "Born to love you", un R&B imprimé sur un mid tempo, alors que l’orgue et les chœurs apportent une coloration gospel. Bien que tout en retenue, la gratte de James prend un envol remarqué. Dansant, "Seven states away" est une autre plage soul. Surprise, Deb reprend une chanson de Tom Waits, "Way down in the hole" (NDR : elle figure sur "Franks wild years", un elpee gravé en 1987). Sa version est particulièrement réussie. Braunagel aux drums et Reggie McBride à la basse assurent une excellente assise rythmique. Et Jimmy Powers en profite pour souffler dans son harmo. Allen James et Mike Finnigan paraissent très en verve sur leur instrument. Superbe ballade lente, "Step back" véhicule des accents solennels, une plage caractérisée par l’intensité vocale de Deb. Roots, "You don't know your mind" est signé par les Louisianais David Egan et Buddy Flett. Et au sein de ce climat décontracté, James se réserve une bonne sortie. Un riff rythmique puissant prélude "Crazy 'bout you baby", une compo issue de la plume de Sonny Boy Williamson. Très rythmée, elle figurait au répertoire d'Ike et Tina Turner. Dépouillé, "Slow as molasses, sweet as honey" est un remarquable blues lent. Un instant de bonheur magnifié par l'orgue Hammond, le piano et les cordes limpides d'Allen. De toute bonne facture, cet LP s’achève par le "I been hoodood" de Dr John. Nous sommes alors plongés dans une atmosphère néo-orléanaise. Indispensables, les percus sont bien à l’avant-plan. L’orgue adopte un profil rythmique, la gratte est torturée, pendant que Teresa, Mike et Deb chantent à l’unisson. Et on soulignera encore le brillant travail de Braunagel à la mise en forme…

 

lundi, 19 octobre 2015 18:40

High Steppin’

Blinddog Smokin' est un groupe de soul/funk/blues américain qui accorde plus de 200 concerts par an. Constamment sur les routes, il se produit aussi bien dans les festivals que les petits jukejoints et autres roadhouses. Le combo a été fondé en 1994 dans le Wyoming. Il est drivé par le chanteur/harmoniciste Carl Gustafson. Un personnage qui traîne une réputation d’aventurier et de raconteur. Le line up de la formation est à géométrie variable. Seul le drummer, ‘Chicago’ Chuck Gullens, est au poste depuis le début. Quant au bassiste, Roland Pritzker, alias Junior Bacon, il participe à l’aventure depuis pas mal de temps. Parmi les plus réguliers, on épinglera le claviériste Mo Beeks, le guitariste Chalo Ortiz, ainsi que Linda Gustafson et Chris White aux choeurs. Le précédent LP, "Decisions", était paru en 2014 ; il avait reçu le concours du remarquable chanteur de soul Bobby Rush, ainsi que de l'énigmatique Dr John. "High steppin'" constitue donc son 11ème long playing.

Dès les premières mesures, on pénètre dans l’univers du funk. La section rythmique balise le tout alors que le saxophone de Rex Arend participe aux arrangements. "Pimp shoes" célèbre les chaussures ‘flashy’ des musicos. La guitare d'Ortiz se réserve le premier solo en se servant judicieusement de la pédale wah wah. Les voix sont à la fois complexes et soignées. "Bayou lady" me botte davantage. Caractérisé par ses rythmes louisianais, ce morceau est enrichi par l’harmonica de Billy Branch, invité pour la circonstance. Nonobstant ses interventions trafiquées, Chalo se révèle très en verve sur ses cordes ; et surtout créatif. Les arrangements sont impeccables. Les voix superbes ; et l’orgue de Mo Beeks est épatant. Le meilleur morceau de l’elpee. Des accords de piano ouvrent l'étrange et complexe valse lente "Don't put no money on me". La voix est triturée à l'extrême, proche de l'asphyxie. Ivoires, violon et clarinette entretiennent ce climat. Les chœurs répondent à la voix au bord de l’agonie. Prolixe, le violon de Matt Rhody introduit "I caught her lyin'", une plage bluesy imprimée sur un mid tempo que souligne la voix singulière de  Gustafson. La voix devient même surannée pour "Tell 'em shuffle", un shuffle excitant, très rythmé, au cours duquel le guitariste louisianais Shane Thériot (NDR : encore un guest !) malmène ses cordes, alors que Billy Branch communique une touche de Chicago blues. Propulsé par l’harmo, "If I died today" est une belle piste mélodieuse ; un blues indolent, dominé par le timbre du leader que tamise des chœurs empreints de charme. Branch démontre une nouvelle fois son talent sur sa musique à bouche, sur fond d'orgue et de piano. Légèrement funk, "Big behind" concède des accents country. A cause de la lap steel que se réserve Tommy Broderick. Un funk bien plus marqué sur "Lady 's playin", un morceau au cours duquel Gustafson rappe devant l'orgue et une section de quatre cuivres. Ortiz en profite pour dispenser une de ses plus belles envolées. Le long playing s’achève par une cover : "Tell 'em". Pas en mode shuffle, mais sous la forme d’un splendide chant gospel, face à l'orgue de Mo Beeks.

 

lundi, 19 octobre 2015 18:39

Left with the blues

Ce jeune musicien est originaire de l'Ontario, au Canada. Depuis plusieurs années, il drive sa propre formation, The J-Tones. Son blues est largement teinté de soul et de R&B! Publié en 2009, son premier elpee, "Rhythm & Blues Experience", avait été bien reçu par la critique. Six années plus tard, il nous propose son sixième opus, disque qu’il a enregistré dans sa ville de Hamilton. Il signe neuf des dix plages et en assure la production. Lors des sessions, il a reçu le concours de nombreux invités.

"Left with the blues" ouvre l’opus. Un blues lent que chante André d’une voix passionnée, qui colle parfaitement au style. Jesse O'Brien se consacre au piano. Le front de cuivres fait la différence et tout particulièrement le saxophone ténor de Bill Holinaty. Sculpté dans le rock, "Borrowed time" est imprimé sur un tempo très soutenu. André joue nerveusement sur ses cordes et sa voix affiche énormément d’assurance devant les cuivres. Légèrement éraillée, elle est classieuse tout au long du r&b indolent "Play me a fool". Les ivoires entretiennent un climat nightclubbien alors que la sortie de cordes s’opère parcimonieusement au cœur du mur de cuivres. Musclée, proche du northern soul de la Tamla Motown, "All I need" est une plage qui ne manque ni de potentiel, ni de créativité. Une petite perle dans le genre! Le talentueux harmoniciste canadien Jerome Godboo communique une touche blues bien agréable à "Deepest kind of mean", une piste qui évolue entre Chicago et Memphis. Et Bisson se déchaîne sur ses cordes! Ballade dépouillée, "There for you" constitue sans doute une des meilleures compositions de l’LP. La voix d’André s’y révèle très expressive. Si le piano sert de fil conducteur, en arrière-plan, le violon de Crystal Lee parvient à se détacher. Morceau funk, "Daybreak" permet une sortie autoritaire du saxophone. "Ordinary day" est un titre lent et nightclubbien. Une seule reprise : le "Crosscut saw" de Tommy McClennan, une compo popularisée par Albert King. La version d’André baigne au sein d’une judicieuse ambiance Stax. Et le long playing s’achève par "Brand new day". Le climat y est gospel. André chante face aux voix féminines.

 

lundi, 19 octobre 2015 18:37

Don't look back

Royal Southern Brotherhood est en quelque sorte un super-groupe créé en 2011 dans la Crescent City de la Nouvelle Orléans. Quatre ans plus tard, il publie déjà son 4ème elpee. Il fait suite à un éponyme et un live ("Songs from the Road") gravés en 2012 et "Heartsoulblood", paru en 2014. Au fil du temps le line up a subi quelques changements. Cyril Neville, assure toujours le chant. L'extraordinaire section rythmique, constituée du batteur Yonrico Scott et du bassiste, est toujours en place. Les deux guitaristes ont été remplacés. Mike Zito a quitté le navire en 2014. Il a depuis embrassé une carrière solo qu’il mène avec succès. Il a cédé le relais à Bart Walker, issu de Nashville. Récemment, Devon Allman a été remplacé par Tyrone Vaughan, le fils de Jimmie Vaughan et neveu de Stevie Ray. Les sessions de ce dernier elpee se sont déroulées au célèbre studio Fame, à Muscle Shoals, dans l'Alabama. Il a été produit par Tom Hambridge.

Coécrite par Cyril Neville et les deux nouveaux gratteurs, "I wanna be free" est une plage puissante qui déménage au sein d’un climat southern rock. Les trois musicos se partagent le chant. Une véritable propagande pour la musique de ce band issu de New Orleans. Une même puissance alimente "Reach my goal". La voix de Cyril est toujours aussi superbe. Les percussions de Yonrico crèvent l'écran alors que la gratte de Bart Walker est toujours aussi brûlante. Ivan Neville siège derrière l'orgue Hammond. Funkysante, la basse de Charlie amorce "Don't look back". Walker est passé au banjo. L'attaque percussive adopte même un profil reggae. Plus funk encore, mais contaminé par la soul, "Hit me once" est issu de la plume de Danny Dugan, le leader de Sons of Soul. Tapissé par les sonorités du Hammond et caractérisé par des accès de basse insatiables, "The Big Greasy" baigne dans le même climat. "Hard blues" en revient au rockin' blues ; un titre séduisant signé par le producteur Tom Hambridge. Les riffs des deux grattes sont puissants sur cette piste southern rock. Ballade atmosphérique, "Better half" sert d’intermède pour les frangins Cyril et Ivan Neville. "Penzi" est une compo coécrite par Charlie Wooton et Cyril. Exotique, elle véhicule des accents cubains. Bart se consacre à la mandoline, face au percus entraînantes de Yonrico et Cyril. Paisible, "It's time for love" concède des inflexions jazz et country. La voix de Mr Neville est lumineuse et les sixcordes sont hantées par l’Allman Brothers Band. "Bayou baby" macère au cœur des bayous louisianais. Un blues imprimé sur un tempo indolent dont s’évade un harmonica, alors que Bart dispense des tonalités métalliques à l’aide de sa slide. Tyrone chante son "Poor boy", un blues nerveux légèrement teinté de funk. A la fois technique et chargé de vécu, son envol sur les cordes est brillant. En outre, il n’hésite pas à se servir de ses pédales. Il est aussitôt relayé par un Walker bien inspiré. R&B dynamique et dansant, "They don't make 'em like you no more" est enrichi de cuivres parmi lesquels le saxophone de Jimmy Hall s’autorise un billet de sortie, alors que les sixcordes entrent en effervescence. Devon Allman participe à l’écriture de "Come hell or high water", une compo luxuriante dominée par le chant et dont la ligne mélodique est à la fois accrocheuse et participative. Cyril Neville et Anders Osborne cosignent "Anchor me", une finale acoustique… 

 

mercredi, 14 octobre 2015 18:48

Dani sings Billie

Dani Klein n’est autre que la chanteuse du défunt Vaya Con Dios, célèbre groupe belge qui a accordé son dernier concert à Bruxelles, en octobre 2014. Salvatore La Rocca est un contrebassiste qui milite dans l’univers du jazz. Au fil du temps, il s’y est forgé une certaine notoriété. Il a eu l’opportunité de se produire en compagnie de grands noms comme Toots Thielemans, Bruno Castellucci ou Philip Catherine. En 2007, il avait intégré le Vaya Con Dios. En outre, il compte à son actif deux albums solos, parus chez Igloo : "Latinea" en 2003 et "It could be the end" en 2012. Aujourd'hui Sal s’investit encore dans une multitude de projets alternatifs ; mais surtout milite au sein d’un quartet impliquant Dani Klein au chant, Tim De Jonghe à la trompette et William Lecomte au piano. Un combo qui a décidé d’interpréter les compos de Billie Holiday sur ce "Dani sings Billie".

Eleanora Fagan est née en 1915. A Philadelphie. Elle est âgée de douze ans lorsque sa mère la rapatrie à Harlem. Elle va y fréquenter le monde musical, et devient chanteuse sous le pseudo de Billie Holiday. Son premier enregistrement remonte à 1933. Benny Goodman y participe. C’est Lester Young qui lui attribue le sobriquet de Lady Day. Elle reçoit ensuite le concours des orchestres de Dizzy Gillespie et Count Basie. Elle récolte un énorme succès ; mais est en proie à de multiples démons : alcool, drogues et dépression. Elle est décédée en 1959. Elle n'avait que 44 ans.

L'enregistrement de "Dani sings Billie" a été opéré de mai à juillet 2015, au studio bruxellois ‘Elle’. Lors des sessions, le quartet a bénéficié de la participation du drummer Bruno Castelucci et circonstanciellement d’un guitariste, soit Alessio Menconi ou Victor Dacosta.

"Comes love" est un morceau extrait de "Body and Soul", publié en 1957. Il annonce immédiatement la couleur de l’opus. La voix de Dani cadre parfaitement à ce cocktail de jazz et de blues cabaret. L’instrumentation est impeccable. Tant les balais de Castellucci que les cordes de Menconi ; alors que la trompette de De Jonghe tire déjà son épingle du jeu. Titre bien plus ancien, "Do your duty" s'inscrit dans la même démarche. "Having myself a time" baigne profondément dans le jazz. Dani s’adapte parfaitement au swing généré par La Rocca et Castelucci. "Baby get lost" est un blues lent nightclubbien. Billie s’y révélait impressionnante dans cette atmosphère de club enfumée. Dani injecte énormément de feeling et de sensualité dans son chant. Menconi accorde un solo tout en délicatesse, proche des maîtres du style! Lady Day l'avait enregistré en 1949 ; mais c’est Dinah Washington qui l’a traduit en hit, la même année. "A fine romance" remonte à 1936 et "I'm gonna lock my heart" doit dater de la même époque. Deux morceaux qui épousent un profil swing jazz. Tim De Jonghe y brille de nouveau à la trompette. Dani chante passionnément et respectueusement le célèbre "Summertime", une compo signée par Gerschwin en 1935, et destinée à l'opéra "Porgy and Bess. Billie avait adapté ce titre l’année suivante. Bossa nova, la nouvelle version est dynamisée par La Rocca et Castellucci. Caractérisé par les accords de gratte subtils de Victor Dacosta, "Getting some fun out of life" opère un retour au swing jazz. Quoique jazzyfiant, "Weep no more" trahit des accents bien blues. Le traitement de la compo est à la fois élégant et raffiné. La voix de Dani est empreinte d’émotion. Une des meilleures plages de l’opus. "You let me down" est une composition qui a été écrite avant la seconde guerre mondiale. Elle figurait dans la B.O. du film "Stars on Broadway". En finale, William Lecomte double piano et mélodica pour l’indolent, tendre et profond "God bless the child". Une superbe chanson issue de la plume de Billie, écrite après s’être disputée avec sa mère pour une question d'argent !

 

mardi, 13 octobre 2015 12:13

R.I.P Smokin' Joe Kubek

L'un des meilleurs guitaristes de blues contemporain, Smokin' Joe Kubek, est décédé ce 11 octobre alors qu'il était en tournée. Le gratteur texan avait à peine 58 ans. Né en Pennsylvanie, il était établi à Dallas depuis sa tendre enfance.

A cours des seventies, il avait milité au sein du backing band du géant du blues, Freddy King.

Il formait avec le guitariste noir louisianais, Bnois King, un duo depuis plus de 25 ans.

Ils avaient enregistré ensemble 18 albums, dont le dernier, "Fat man's Shine Parlor", était paru début 2015 sur le label Blind Pig.

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Just a little bit

Mike Vernon est avant tout producteur. Il est aujourd’hui âgé de 70 balais. Au cours des 60’s, il était devenu un véritable moteur du blues anglais. Ainsi, dès 1966, il produit le fameux album "Bluesbreakers with Eric Clapton" de John Mayall avant d’embrayer par "A hard road", "Crusade" et "Blues for Laurel Canyon". Il a également mis en forme des long playings de grands noms du British Blues Boom : Fleetwood Mac, Chicken Shack, Savoy Brown et Ten Years After ; mais également les premiers de David Bowie. C'est aussi Mike Vernon qui a fondé le label mythique Blue Horizon, en 1965. Mike a gravé deux albums personnels : "Bring it back home" en 1971 pour Blue Horizon et "Moment of madness" en 1973. Plus de quarante années plus tard, il publie ce nouvel opus, soutenu par un groupe espagnol baptisé Los Garcia et impliquant deux gratteurs, un bassiste et un drummer. Au menu, quatorze reprises dont une majorité de classiques du blues, du R&B et du rock'n'roll. En fait, cette œuvre rend en quelque sorte hommage à une musique que l'artiste a toujours vénérée. Mike n'a pas une voix inoubliable, mais ses musicos ibériques sont loin d’être des manchots. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au sein du studio Antequera, en Andalousie.

Le "Kansas City" de Leiber & Stoller est une bonne entrée en matière. Quique Bonal se consacre aux cordes. Une atmosphère boogie jump baigne "All by myself". Interprété à la manière de Fats Domino, ce titre met en exergue Juan Ramon Veredas, très en verve, aux ivoires. Roscoe Gordon avait décroché un hit pour "Just a little bit", au cours des fifties. Excellente, la nouvelle version met en exergue Kid Carlos Moreno à la guitare et Javier Magallanes au saxophone. "Seventh son" est un blues issu de la plume du grand Willie Dixon. Quique Bonal y brille à la gratte. "Hot Little Mama" rend un autre hommage à Johnny Guitar Watson. Et c’est Gabi Robledo qui se distingue à son tour, aux cordes. Le blues lent n'a pas été négligé. A l’instar du "Black night" de Jessie Mae Robinson, souligné par le piano de Juan Ramon Veredas, le "When things go wrong with you" de Tampa Red, par le kazzo de Mr Vernon et le "Please send me someone to love" de Percy Mayfield, par les remarquables interventions de Kid Carlos Moreno à la six cordes. Parmi les plages qui déménagent le mieux, on épinglera encore "I'm shakin'" et "All around the world", deux hits décrochés par Little Willie John, et en finale, "Shake rattle and roll", caractérisé par la présence des frères Robledo aux grattes. Mike Vernon est un véritable passionné ; il partage sa vie entre Anetequera et Londres où il se produit en compagnie d’un band constitué de remarquables musiciens anglais, The Mighty Combo.

 

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