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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Epica - 18/01/2026
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Poor Lazarus

De son véritable nom Ken Chester Kawashima, Sugar Brown est né de père japonais et de mère coréenne. Ses parents avaient émigré aux USA dans les années 60. Natif de l'Ohio, ce chanteur/compositeur est âgé de 44 ans et vit désormais à Toronto, au Canada. Il a accompli ses études à Chicago et c'est là qu'il découvre le blues, grâce notamment à Taildragger et Willie ‘Big Eyes’ Smith, le dernier batteur de Muddy Waters. C'est d'ailleurs le premier nommé qui va lui souffler son pseudo, dès 1992. Ken décroche ensuite son doctorat et enseigne l'histoire de l'Asie orientale. Ce n’est qu’en 2014 qu’il publie "Sad day", un opus très ancré dans le Chicago blues. Depuis son blues s'est diversifié. Pour concocter "Poor Lazarus", il a reçu le concours d’excellents musiciens dont Bharath Rajakumar, un harmoniciste notoire d’origine indienne qui drive, à Montréal, son Bharath and his Rhythm Four. Cet LP est inspiré par les récents événements à Ferguson, aux USA, lorsqu’un policier blanc a tué un noir. Sugar Brown avait découvert l’existence d’un très ancien blues datant de 1911, "Poor Lazarus", une compo qui racontait justement l'histoire d'un policier qui avait alors abattu un black, répondant au nom de Lazarus. L'histoire se répète.

L'album démarre fort par le "Walkin' with Frankie" du Texan Frankie Lee Sims. Un boogie blues primaire attaqué en format trio. La voix de Brown est assez agressive. Sa guitare très offensive. Art Maky dirige la manœuvre derrière ses fûts. Signé Sugar, "Meet me in the country" est très rythmique, proche de l'une de ses références majeures, Lightnin' Hopkins. Le tempo s’accélère pour "What a comrade left behind", une plage abordée en formule duo. La voix de Sugar est crue. Il joue de sa gratte en rythmique, pendant que Maky dynamise le tout de ses percus. L'étreinte ne se relâche pas. La batterie s’impose sur "Get behind the mule", une compo signée Tom Waits ; mais qui, hantée par le spectre de RL Burnside, semble descendre des collines du Mississippi. C’est ensuite le titre maître. Un événement tragique. Celui dont a été victime "Poor Lazarus". Le climat est angoissant. C’est un cri de colère face à cette injustice ! L'harmonica chromatique de Bharath entretient cette atmosphère sinistre. Remarquable blues indolent, "Blue lights Hooker" est illuminé par l'harmonica de Rajakumar. Et ce n’est pas sans émotion qu’il nous rappelle le grand George Smith. Ken chante en japonais "Tokyo Nagaremono". La musique est presque ‘moriconienne’ et une partie est sifflotée par Brown et son bassiste Joolyah Narveson. Bénéficiant de la participation du souffleur indien, son "Train sixty-four" nous plonge dans l'atmosphère du Chicago blues. "Burn it down" est un exercice de style réminiscent de Jimmy Reed. Et il est parfaitement réussi. Les guitares, dont celle de Bharath assurent le rythme ; et ce dernier cède son harmo à Brown qui souffle dans les aigus. Boogie primaire et rythmique, "Not your backdoor man" lorgne vers John Lee Hooker. Respectueux du blues traditionnel, Sugar Brown conclut par une version dépouillée et lugubre du "Weak brain and narrow mind" de Willie Dixon, une composition peu connue du maître. L'une des meilleures plaques de blues parues en 2015.

 

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Room for one more

Ce chanteur est établi sur la côte Est des Etats-Unis, dans la région de New York. Il pratique le blues, le rock et la soul. Pour enregistrer cet opus, Jay a reçu le concours de son backing group ; en l’occurrence le bassiste Scott Spray, le drummer Tommy Nagy, le claviériste Matt Zeiner et le gratteur Andy Abel. Lors des sessions d’enregistrement, il a bénéficié de la participation de la Californienne Debbie Davies, une guitariste notoire… 

Et elle tire immédiatement son épingle du jeu dès l’intro de "Ride till I'm satisfied", une compo de Walter Trout. Jay jouit d’une belle voix, dont le timbre soul colle parfaitement au répertoire. "I'm done" est imprimé sur un tempo guilleret. Préposé à la slide, Andy Abel, et l’autre gratteur, Jerry Goldsmith, y proposent quelques duels. Le rythme adopté sur "Tired of tryin'" est soutenu ; une composition signée par Johnny Winter. Kevin Totolan se consacre à l'harmonica et Debbie Davies aux cordes. Stollman est un disciple de l'albinos texan disparu ; il assure d’ailleurs le rôle de chanteur lors de la tournée du Johnny Winter Tribute Band. "Lonesome in my bedroom" est un titre signé Luther Guitar Jr Johnson (NDR : au cours des années 70, il a milité comme guitariste au sein du Muddy Waters Band). Un blues lent au cours duquel Matt Zeiner siège derrière les ivoires alors que Debbie démontre qu’elle a vraiment assimilé toutes les ficelles du style. Jay est au micro pour une excellente version d’"I'd rather drink muddy water", un classique écrit en 1936 par Eddie Miller. Soutenu par l'orgue Hammond et la guitare de Goldsmith, Stollman réalise sa meilleure performance sur la cover du célèbre "A change is gonna come" de Sam Cooke. Jay chante nerveusement le remuant "Pucker up Buttercup", un hit décroché autrefois par Jr Walker & The All Stars. Debbie y assure les chœurs. "Back to Memphis est un titre peu connu de Chuck Berry, un rock’n’roll au cours duquel Miss Davies respecte parfaitement l'esprit de ce style. Debbie et Andy Abel se partagent les cordes tout au long de l’exotique "Tumble". Une rumba ! L'album est intéressant de bout en bout. Du tracklisting, on épinglera encore le blues rocker "Can't slow down" et la cover du "Another night to cry" de Lonnie Johnson, au cours desquels Abel de montre très en verve sur sa slide. Les trois dernières plages sont des compositions personnelles. Tout d’abord le torride "Devil in disguise", enfiévré par l'harmonica de Tortolan. Puis le funky "Love me & leave me". Et enfin le morceau maître qui clôt le long playing. Une superbe ballade roots acoustique que dynamise Andy de son bottleneck…

 

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Live at the Old U.S. Mint

Smoky Greenwell est né dans le Michigan en 1971. Il a beaucoup bourlingué avant de se fixer assez longuement à Nashville, la Music City. C'est là qu'il se produit au sein du Blues Co-Op, en compagnie du guitariste Warren Haynes, devenu aujourd'hui leader de Govt Mule. Il apporte aussi sa collaboration au chanteur/producteur Johnny Neel (NDR : c’est également un ex-claviériste de l’Allman Brothers Band). En 1981, il s’établit définitivement à New Orleans. Greenwell est harmoniciste. A ce jour, il compte neuf albums à son actif dont les quatre premiers avaient été produits à Nashville, par son ami Johnny Neel. Smoky tient une boutique dans le fameux French Market Store de la Nouvelle Orléans. Il y vend des Cds et des T-Shirts. Ce nouvel opus a été enregistré live au Old U.S. Mint Performing Arts center. A New Orleans bien sûr! Il est attribué au Smokey Greenwell's New Orleans Blues Jam ; mais en réalité, il s’agit du backing band de Greenwell, soutenu par quelques invités! 

La jam démarre assez naturellement par une séance d'échauffement instrumentale, "Smoke Alarm". Elle met déjà en exergue le jeu et le souffle du leader. Il chante alors son blues lent "My own blues Club". Son guitariste, Jack Kolb, l’épaule. Smoky était le patron d’un club de blues avant que l'ouragan Katrina ne le dévaste ! Les musiciens attaquent le thème notoire du "Peter Gunn" d’Henry Mancini, une compo écrite il y a plus de cinquante ans! Smoky s’illustre ici sur le saxophone ténor. Le tempo s’élève pour "Power of now". Une nouvelle opportunité laissée aux solistes pour tirer leur épingle du jeu ; et parmi eux, un second guitariste invité, Mark Pentone (NDR : il drive également un combo de blues, rock et funk, baptisé The Pentones). Les musicos interprètent alors deux compositions signées Pentone. Et la gratte est très en verve sur les deux pistes enlevées "Jodie" et "I earned the right to sing the blues". Swamp blues, "Between Iraq and a hard place" est imprimé sur un tempo cool à la Jimmy Reed. Issu de la plume de Mighty Joe Young (NDR : un natif de la Louisiane qui a accompli sa carrière à Chicago),"Need a friend" est un funky blues. L'imposante silhouette de Bruce ‘Sunpie' Barnes’ se profile sur les planches. Ce musicien de couleur noire est un grand spécialiste du zydeco. Il a bien entendu emporté son accordéon et chante son "Love's gone", une plage séduisante au cours de laquelle son instrument, le saxophone de Greenwell et la gratte de Pentone ont tout le loisir de prendre leur envol. Sunpie dirige ses Louisiana Sunspots. Il a également ramené son piano à bretelles pour embrayer par une nouvelle séance de zydeco, pour aborder "Leroy's shuffle". Smoky a récupéré son harmo pour rivaliser avec l’accordéon de Sunpie. Cette jam s’achève par un boogie participatif, "Back to the boogie", un instrumental au cours duquel les solistes peuvent à nouveau se libérer…

 

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Woodchoppers Ball

Jay Gordon est originaire de Charlotte, en Caroline du Nord. Il a longtemps vécu à Chicago avant de s'établir à Los Angeles. Dans les nineties. Il y monte le Jay Gordon Blues Band. Il milite également au sein du backing band du notoire Philip Walker, un bluesman local de couleur noire. Il drive ensuite ses Penetrators avant de s’appuyer sur le Blues Venom. Jay est possédé par sa guitare. Son style est plutôt sauvage. Il puise ses principales sources d’inspiration chez Jimi Hendrix, Buddy Guy, Johnny Winter et Stevie Ray Vaughan. Le Blues Venom, c’est une section rythmique réunissant le bassiste Sharon Butcher et le batteur Rick Daly. Le trio a enregistré cet opus au studio Ardent de Rich Wenzel, à Torrance, dans la banlieue de Los Angeles, en compagnie de quelques invités.

La guitare crache ses flammes dès les premières mesures de "The Stinger". Jay n'est heureux que lorsqu'il libère ses cordes. Sa voix est aussi féroce que celle de Johnny Winter. Rich Wenzel se consacre à l'orgue. Concocté sur mesure par notre guerrier du blues, "Hobo Hilton" est un blues lent au cours duquel la guitare, frétillante, vorace, occupe tous les espaces disponibles. Boogie dévastateur, "Chainsaw boogie" est introduit par une tronçonneuse. Jay chante en compagnie de sa bassiste Sharon, alors que la slide est constamment en dérapage contrôlé. Mr Gordon ne laisse guère le temps de souffler. "Stranger blues" est imprimé sur un tempo soutenu. Les cordes sont toujours maltraitées. A l'agonie, jamais apaisées, elles gémissent. Sharon Butcher chante le "Voodoo woman" de Koko Taylor. Rageuse, sa voix doit affronter les banderilles assénées par l'insatiable slide. Jay empoigne sa sèche pour attaquer le "Travelling riverside blues" de Robert Johnson. Sa voix est agressive, mais le jeu de cordes est complexe et expressif. Alors que nos oreilles commencent à s’acclimater à cette frénésie, il nous balance alors toute une série de blues lents. "Pain", tout d’abord. Au cours duquel il ne peut cacher son bonheur d’établir un dialogue constant entre l’homme et son instrument. Puis "Message to Collins", un exercice de style instrumental aux accents dramatiques, fort proche de Jimi Hendrix. "Drippin blues" une piste bien travaillée. Il y maîtrise parfaitement son instrument avec une habileté démoniaque. L’excellent "Pure grain alcohol". Le titre maître. D’une durée de plus de 9'. Wenzel s’y consacre à l'orgue Hammond et Mario Ramirez souffle dans son harmo (NDR : c’est le plus jeune frère du regretté Richie Valens, rocker décédé en 1959, dans l'accident d'avion dont avait été victime –notamment– Buddy Holly). Et enfin lors de la finale, "Original sin", moment choisi pour explorer toutes les facettes du blues. "Woodchoppers Ball" devrait ravir les aficionados du blues anglais des années glorieuses.

 

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Vicksburg Call

Canadien, David Gogo est un chanteur/guitariste de blues. A 16 ans, il monte son premier groupe, The Persuaders. Ses débuts discographiques remontent à 1994. Il publie alors un elpee éponyme sur le label EMI. David a multiplié les nominations dans les Awards canadiens. Il a d'ailleurs décroché deux Maple Blues Awards comme ‘Guitariste de l'année’ en 2002 et 2004. "Vicksburg call" constitue déjà son quatorzième opus. Pour la circonstance, il est soutenu par Bill Hicks aux drums, Marisha Devoin à la basse acoustique et Rick Hopkins à l’orgue Hammond.

"Cuts me to the bone" s’ouvre par un riff puissant. La voix de David colle parfaitement au genre. Caractérisée par un envol royal de la slide, cette plage déménage. Shuffle brûlant, "Fooling myself" bénéficie du concours d’un invité de marque ; en l’occurrence le gratteur de Savoy Brown, Kim Simmonds. Il décoche un solo de bravoure dans son style facilement identifiable. La cover du "The Loner" de Neil Young figurait sur son premier elpee, paru en 1968. Un rockin' blues bien construit au cours duquel la guitare s’avère aventureuse. Shawn Hall (NDR : la moitié du duo canadien The Harpoonist and The Axe Murderer) souffle dans son harmo tout au long de "There's hole", une ballade roots acoustique. La voix s'impose face à l'orgue Hammond de Rich Hopkins sur "Jet set", un blues rock lent aux accents dramatiques signé Stephen Stills (époque Manassas). De toute bonne facture, "What's not to like?" campe un blues rock illuminé par la slide. Fort jolie ballade, "Our last goodbye" se signale par des interventions de gratte soignées et mélodieuses. Le titre maître est tout aussi brillant. Une piste bien charpentée qui autorise un envol déterminé sur les cordes. "Coulda Shoulda Woulda" est sculpté dans le pur rock'n'roll. D’excellente facture, cet LP s’achève par "Why", une ballade lente à la ligne mélodique consistante, écrite par Annie Lennox.

 

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Coulda woulda shoulda

Andra Faye est originaire d'Indianapolis. Dans sa jeunesse, elle apprend le violon, puis, plus tard, la mandoline, à l'écoute du spécialiste blues de cet instrument, Yank Rachell. En 1992, elle rejoint le trio féminin de blues acoustique, Saffire – The Uppity Blues women, et y retrouve Ann Rabson et Gaye Adegbalola. Le line up s’enrichit ensuite d’un bassiste. Aujourd'hui, Saffire a réduit ses activités, alors qu’Andra poursuit divers projets dont un trio de blues acoustique baptisé Andra Faye and The Mighty Good Men et un autre combo répondant au nom d’Andra Faye and the Rays, en compagnie du claviériste Charlie Chessman et du gratteur Scott Ballantine. Ce dernier est un passionné de jazz, blues, rock et country.

Le duo avait déjà gravé un premier opus en 2013, "Laying down our blues". Et la suite de leur collaboration est opérée sous un format acoustique. Les sessions ont été réalisées en deux séances, au sein de deux studios, à Indianapolis.

Andra a une très belle voix, élégante, naturellement puissante. Elle domine l'ouverture, "Walkin' home to you". Elle assure la basse, le principal support rythmique, et accorde déjà une sortie éblouissante sur son violon. Les cordes acoustiques de Scott sont d'une grande fraîcheur. Andra passe ensuite à la mandoline, dont elle joue autoritairement et se consacre au micro pour "Crackheaded man", une plage signée par son partenaire. Plus rythmé, "It's a new day" est un blues plus classique que Miss Faye chante passionnément, secondée par Scott. Et les échanges exécutés entre la guitare et la mandoline sont de haute facture. Sans surprise, "Take it slow" est un blues lent (NDR : il a été écrit par Liz Pennock, une chanteuse/pianiste floridienne de blues). Les cordes acoustiques dispensées par Ballantine sont très belles. Le couple file la parfaite harmonie sur "Blues for a crappy day". Et les échanges réalisés entre la six cordes et le violon sont tout aussi brillants. "Too much butt" libère un swing naturel. Rythmé, le titre maître rocke. Le duo chante à l’unisson cette compo qui procure d'excellentes vibrations. Ballade traditionnelle, "Standing in the need of prayer" met en exergue la voix de Ballantine. Celle d'Andra domine "Workin' Mama is gone", un excellent blues au cours duquel se conjuguent guitare et mandoline. La reprise dépouillée du "Feels like rain" de John Hiatt se distingue par son exercice vocal plutôt remarquable. Séduisant, cet opus s’achève par  "Clyde", une ballade illuminée par la mandoline de Miss Faye.

 

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Been around a while

Etabli à Vancouver, au Canada, Dalannah et Owen forment un étrange duo de blues. Dalannah Gail Bowen est afro-canadienne ; mais du sang cherokee coule dans ses veines. Agée de 69 ans, elle chante le blues, le jazz et le gospel depuis plus de 40 ans. Bassiste, Owen Owen jouit d’une expérience aussi longue. La paire a atteint la finale de l'International Blues Challenge de Memphis, en janvier dernier. Elle vient de graver son premier opus, "Been around a while". Mais le plus remarquable procède de son art à faire des prodiges en se limitant à une voix et une basse à sept cordes. Et le résultat est vraiment original. L’elpee recèle onze plages, dont cinq issues de leur plume.

Sans surprise, la basse d'Owen ouvre le bal. Elle est rapidement rejointe par la voix de Dalannah, une voix qui vous flanque des frissons partout. Il est très rare qu’un tel instrument domine un album de blues ; mais sept cordes permettent de s’aventurer davantage dans les aigus. Une très belle entrée en matière. Articulant parfaitement ses mots, Miss Bowen domine le classique "Early in the morning". Très puissante, sa voix est à la fois expressive et harmonieuse. Ce qui n’empêche pas la basse de prendre un nouvel envol, en tirant parti du re-recording. Une partie est jouée suivant les codes de l’instru, mais elle sert de tremplin aux interventions les plus subtiles. On n’a pas le temps de s'ennuyer, car les compositions sont variées. Les quatre cordes prennent un nouveau billet de sortie sur "That ain't it", alors que notre Cherokee maîtrise parfaitement sa voix ; une voix qu’on sent très proche de vous, tout au long de "Blues, Mother of Sin". Si la plupart des plages sont lentes et dépouillées, le rythme n’est pas négligé. A l’instar d’"Already gone", une plage très réussie. "Queen Bee" est une piste empreinte d’une grande mélancolie, presque au bord du désespoir. Un désespoir formulé sous forme de conte sur la reprise du "Inner City blues" de Marvin Gaye ; la voix travaillée, participative accentuant ce sentiment. Sur "Heaven's right here", on a l’impression d’entendre trois basses au même moment. Le couple s’attaque alors à deux canons du blues, le "Come on in my kitchen" de Robert Johnson et le "Walkin' blues" de Son House. Owen y exprime toute sa totale sensibilité sur ses quatre cordes. Et la cover du "Why I sing the blues" de BB King mérite également une attention particulière. Une œuvre vraiment originale !

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

I can't change

Billy The Kid & the Regulators est un groupe de funk et de R&B issu de Pittsburgh, en Pennsylvanie. Il est drivé par le chanteur/guitariste Billy Evanochko. Le combo a terminé troisième, lors de la finale de l'International Blues Challenge de Memphis, en 2014. Son premier elpee, "She got a hold on me", remonte à 2012. Pour enregistre cet opus, Billy est soutenu par son backing group, réunissant les guitaristes Jon Vallecorsa et James Dougherty, le drummer Brian Edwards, le bassiste Arnold Stagger et le claviériste Ublai Bay. Damon Fowler, un bluesman floridien signé chez Blind Pig assure la mise en forme du deuxième opus de cette formation.

Une section de cuivres et la choriste Yolanda Barber introduisent "I can't change". Transique, particulièrement expansive, largement amplifiée, la guitare de Billy opère sa première sortie. Les sonorités de l’orgue baignent "Ain't gotta prove nothing", un morceau sculpté dans du funk pur et dur. La voix du leader épouse parfaitement le rythme, alors que les cordes s’autorisent un nouvel envol. Et elle vraiment impeccable tout au long de "What are we waiting for", une ballade R&B empreinte de charme, cuivrée et parcourue par la slide de James Dougherty. Une des meilleurs compos du long playing. La voix de Billy est savoureusement éraillée et la gratte lumineuse, tout au long de l’excellent "Story of the blues". Un régal ! Who" déménage littéralement. La six cordes est inspirée. Le talentueux Jason Ricci souffle dans son harmo. L'orgue de Bay et la slide de Billy enrichissent judicieusement l’ensemble. "That darn cat" est une autre piste sculptée dans le funk. Les musicos prennent leur pied dans une ambiance réminiscente de Little Feat. "Slender man blues" est issu de la plume de Dave McKenzie, un excellent blues lent au cours duquel Ublai Bay double piano et orgue. Si Miss Barber se fond dans les chœurs, les cuivres s’immiscent discrètement et efficacement dans l’ensemble, alors que Billy nous réserve une autre sortie brillante sur ses cordes. Soutenus par Jason Ricci à l'harmonica et le brillant Sean Carney à la guitare, les Regulators attaquent le "Can't stand to see you go" de Jimmy Reed. "Saturday night" emprunte un style très proche du soul boogie. Ricci ose un solo complexe et détonant. Encouragé par les interventions vocales de Yolanda, Sean Carney et Damon Fowler rivalisent avec Billy et James Dougherty sur leurs grattes. Epatant, cet LP s’achève par une adaptation acoustique du "Me and the devil blues" de Robert Johnson…

 

mercredi, 16 septembre 2015 18:06

Bayou Billabong

De nationalité australienne, Clayton Doley est un homme à tout faire. Chanteur, compositeur, arrangeur, producteur et claviériste, il s’est d’abord forgé une belle notoriété comme organiste. Surtout au Hammond. Et cette réputation a atteint les States et le Vieux Continent. Il a ainsi participé aux sessions d’enregistrement de nombreux artistes, depuis le début de ce siècle. Celles de son nouvel elpee ont été essentiellement immortalisées au Music Shed de la Nouvelle-orléans. Il y a bénéficié du concours de The Monster Gents (un trio guitare, basse, batterie) et The Treme Funktet (une section de trois cuivres). Et lors des prises complémentaires réalisées au Free Energy Device de Sydney, celles de The Clay-Tones (trois choristes) et The Hi-Fi Doley T-Horns (une autre trio de cuivres). "Bayou Billabong" fait suite à "Desperate times", paru en 2012. Doley signe les huit plages du nouvel LP.

"Disbelief" ouvre la plaque. Clayton se partage piano et orgue, mais ce sont les ivoires qui balisent la compo. Les Clay-Tones épaulent la voix plutôt frêle de Bayou alors que le Treme Funkter tire son épingle du jeu. Tout d’abord le trombone de Corey Henry, puis le saxophone ténor de Drew Calhoun et enfin la trompette de Tavis Hill, avant que le trio ne fusionne au cœur d’un ensemble dixieland éclatant. Le didgeridoo de Ganga Giri amorce le funky "Bayou Billabong" (NDR : ce sont les aborigènes issus du Nord de l’Australie qui ont perpétué l’utilisation de cet instrument ancestral, imposant par la taille). Avant de céder le relais à la lap slide de Harry Manx, un pote canadien. Ses interventions sont lumineuses. Entouré par le Treme Funktet, Clayton siège derrière son orgue. La batterie et les percussions d'Eddie Christmas s’imposent dès les premières mesures de "Waiting for the coffee". Manifestement, la plage baigne au sein d’une ambiance néo-orléaniste. Doley et les Clay-Tones partagent une même bonne humeur tout au long de cette piste au cours de laquelle le Treme Funktet démontre une nouvelle fois tout son impact aux cuivres, alors que le piano écoule de généreuses notes mélodieuses. De chaleureuses tonalités dispensées par l’orgue Hammond B3 introduisent "I live for you". Harry Manx se consacre encore à la lap steel. Excellent, ce titre concède des caractéristiques jazz évidentes. Notamment, à cause des interventions de cordes accordées par Derwin Perkins des Monster Gents. Un tremplin pour la meilleure sortie du leader sur son Hammond. Les Hi-F-Doley-T Horns inoculent un sentiment de mélancolie extrême à l’indolent "Truly Amazing". A contrario, l’orgue se révèle davantage fiévreux sur ce morceau, le plus blues de l’elpee. "We're still changing" trempe dans une atmosphère ‘bon enfant’. Les chœurs féminins sont cependant un peu trop envahissants. Heureusement jazzyfiantes, les cordes de Perkins sont un véritable régal pour les oreilles. En final, "Starting right now" replonge dans le funk. Clayton est ici secondé par son jeune frère Lachy, au clavinet.

 

mercredi, 16 septembre 2015 18:04

Saved by the blues

Cette formation ne compte que quelques années d’existence ; et pourtant, dans l’univers du blues, elle est devenue une des meilleures en Belgique. Son fondateur, Nico De Cock, militait autrefois au sein de Blues Conspiracy et Dusty Dollar. Il se consacre au chant. La section rythmique est constituée de Ronald Burssens à la basse et de l’ex-Cora Lee and No Trouble, Dominique Christens, à la batterie. Stef Paglia est venu ensuite compléter le line up. Un fameux sixcordiste ! Et pourtant, il est à peine âgé de 20 printemps ! Puis Edwin Risbourg, préposé à l'orgue Hammond. Très prometteur, le premier elpee, "Voodoo guitar", était paru en 2012. L’année suivante, le combo publie un CD/DVD, "Live @ the Bosuil". "Saved by the blues" constitue donc son troisième essai. L’évolution est manifeste ; mais surtout ce nouvel opus confirme l’immense potentiel de ce band noir-jaune-rouge…

Au bottleneck, Stef introduit "Find me a woman", un blues aux accents originels du Delta du Mississippi. Nico De Cock confirme qu’il est excellent chanteur. Il est capable de moduler sa voix et même de la calquer sur celle –plus grave– de Howlin' Wolf. Inspiré, Dominique Christens imprime un drumming tonique afin de permettre à la slide de tutoyer les sommets. La section rythmique libère un groove implacable tout au long de l’excellent "I'm on the road again". Le tempo est vivace ; et Paglia semble inspiré pour nous réserver une sortie de cordes remarquable. La voix de Nico colle parfaitement à la ligne mélodique d’"I try", une plage indolente, belle, dépouillée, qu’Edwin entretient aux ivoires, avant que Stef ne s’autorise un solo qui monte progressivement en puissance. Et une nouvelle fois, il démontre ses aptitudes, dont une capacité étonnante à communiquer sa sensibilité naturelle. Superbe! Une seule reprise : le "Devil's bride" de Matt Andersen. Après une brève intro atmosphérique, Stef donne le signal du boogie ; et c'est parti pour près de sept minutes de bonheur. Une sortie édifiante du gratteur marque la plage. Il ose des sonorités novatrices ; et ne se gêne pas pour nous les faire partager. Grâce à un exercice vocal étonnant, Nico remet la machine sur les rails. Moment choisi par Mr Ribourg pour intervenir à l’orgue. "I'm still your man" est le blues lent attendu. Et il est loin d’être décevant. Alternativement funky, "Saved by the blues" est enrichi par la présence de cuivres. "Moonshine" concède de nouveaux accents issus du Delta. Les accords de la slide sont métalliques. Stef met le feu à l'aide de son bottleneck. Il en extirpe des sonorités furieuses, dévastatrices, meurtrières. Les Bluesbones sont également capables de construire une ligne mélodique solide. A l’instar de "Crazy", un titre que chante Nico d’une voix ferme mais expressive, alors qu’Edwin se consacre au piano électrique. Ronald Burssens opère quelques échanges entre sa basse et la guitare. Une compo subtilement sculptée dans un rock/blues. "Call me" est un autre funk/blues susceptible de laisser la porte ouverte aux billets de sortie. Nico attend désespérément un appel téléphonique. Lassé d’attendre, Mr Paglia s'envole vers un solo torturé et déjanté. Stef avoue être un disciple de Jimi Hendrix. Et il lui rend un bel hommage lorsqu’il attaque la ballade "Runaway". Un chouette exercice de virtuosité. La dernière plage "Wrong" est lente, minimaliste et mélodieuse. Une ultime opportunité laissée à Stef pour communiquer généreusement tout son feeling. Un album épatant pour cette jeune formation belge. Et ne la manquez pas en ‘live’ ; ses prestations sont brillantes. Ce qui ne gâte rien ! 

 

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