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Jean-Claude Mondo

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lundi, 27 juillet 2015 21:10

That kind of girl

Amy Lee Speace est chanteuse/compositrice. Originaire de Baltimore, elle a opéré ses débuts d'artiste à New York. Elle est découverte par la célèbre chanteuse folk Judy Collins, en 2005. Cette dernière l’invite à enregistrer pour son label Wildflower. Amy y grave son premier opus solo en 2006, "Songs from Bright Street". Elle déménage à Nashville en 2009. C’est là qu’elle a concocté son dernier elpee, un disque produit et mixé par Neilson Hubbard, tout comme les deux précédents, "How to sleep in a stormy boat" et "Land like a bird". Et "That kind of girl" constitue son cinquième.

L’LP s’ouvre par "Nothing good can come from this", une ballade country légère et douce. Claire et expressive, la voix d’Amy colle parfaitement à ce répertoire. L'accompagnement est minimaliste. Le violon d'Eamon McLoughlin est à l'avant-plan, la pedal steel de Carl Broemel –lumineuse– à l'arrière-plan. Et "Come pick me up" adopte un même profil. Amy y est épaulée par une voix masculine très discrète. Un soupçon de rythme contamine "Better than this". Voilée, la voix de Ms Speace ne manque pas de charme. C’est également l’atout principal de cette chanson aux accents bien pop. Changement de climat sur le plus audacieux "Three days". Une forme de blues primitif à l’intensité dramatique. La gratte est amplifiée. Les voix sont conjuguées en harmonie. Manifestement, un sommet de l'opus. Le titre maître nous replonge dans une atmosphère profondément intimiste. Une plage au cours de laquelle elle déclame sa poésie mélancolique. Guère exubérante, elle s’attarde au cœur de cette tendre caresse véhiculée par une voix délicate et angélique. A l’instar de "One man's love", devant le piano acoustique de Dan Mitchell et "Raincoat". Les interventions au violon, de la guitare de Will Kimbrough et des harmonies vocales apportent une coloration celtique à "Hymn for the crossing", une compo qu’elle cosigne en compagnie de l'Irlandais Ben Glover. Après "In Chicago", une autre piste plus pop, "Strange medicine" en revient à la country. Et c’est une ballade. "Epilogue" clôt (NDR : of course !) cet opus, dans une douceur intimiste qui caractérise plutôt bien le climat de l'ensemble.

 

lundi, 27 juillet 2015 21:09

This time for real

Cet album scelle la réunion de deux grandes voix de la musique soul et du R&B : Otis Clay et Billy Price. Le premier est un chanteur de couleur noire. Agé de 73 balais, il est né dans le Mississippi et a forgé son organe dans l'exercice du gospel. Le second est blanc. Agé de 65 ans, il est originaire du New Jersey. Au cours des eighties, il drivait son Keystone Rhythm Band. Aujourd’hui, il vit à Pittsburgh.

Lors des sessions studio, les deux vocalistes ont reçu le concours du prestigieux guitariste Duke Robillard et de son backing group ; en l’occurrence le drummer Mark Teixeira, le bassiste Brad Hallen, le claviériste Bruce Bears, sans oublier les deux cuivres, Mark Earley (saxophones) et Doug Woolverton (trompette), tous deux membres du célèbre big band, Roomful of Blues!

L’opus s’ouvre par "Somebody's changing my sweet baby's mind", un southern R&B que Johnny Sayles a transformé en hit, dès 1969. Les deux voix se conjuguent à la perfection. Un régal ! Elles sont enrichies de chœurs sur "I'm afraid of losing you", une bien jolie ballade soul empreinte de douceur ; une plage au cours de laquelle la guitare de Robillard est chargée d’un intense feeling. "Going to the Shack" trempe dans le pur R&B, un tube décroché en 1969 par Syl Johnson, un maître du soul/funk. "All because of your love" est une ballade soul/blues au refrain participatif. Un morceau qu’Otis Clay avait converti en succès, 40 ans plus tôt. Le saxophone de Mark Earley amorce "Love don't love nobody", un excellent blues lent teinté de soul, un titre popularisé jadis par les Spinners, un ensemble soul/pop issu de Detroit qui a enregistré pour les labels Tamla Motown et Atlantic. Encore un exercice de style classieux ! Joe Tex est un chanteur légendaire disparu prématurément à l'âge de 47 ans. Sa cover du "I'll never do you wrong" est aussi indolente. Holland, Dozier, Holland est un trio de compositeurs qui a écrit une multitude de succès pour l’écurie Tamla Motown chère à Ben Gordy (NDR : lorsqu’ils l’ont quittée, c’est pour fonder leur propre boîte, Invictus). Issue de leur plume, "Don't leaving my starving for your love" est une piste résolument soul ! R&B tonique, le "Broadway walk" de Bobby Womack remonte à 1967, une compo irrésistible. "Book of memories" est sans doute la plus belle ballade de l’opus, un ancien tube de Clyde McPhatter, le fondateur des Drifters. Une plage empreinte d’une grande sensibilité ; les deux voix complices, le piano de Bruce Bears et la gratte de Duke Robillard entretenant ce climat. R&B à coloration Stax, "Too many hands" est encore un ancien hit d'Otis Clay, qu’il avait publié pour le label Hi. "Tears of God" est un titre de Los Lobos, qui figurait sur le long playing "By the light of the moon", un disque paru en 1987. L’adaptation libère énormément de tendresse. D’excellente facture, cet LP s’achève par un r&b rythmé, en l’occurrence le "You got me hummin'" de Sam and Dave, un duo mythique qui a marqué les sixties et que parviennent à faire revivre Price et Clay…

 

lundi, 27 juillet 2015 21:07

Broken chains

Issu de Greenville, cité sise au cœur de delta du Mississippi, Kern Pratt est chanteur/guitariste. Avant de graver "Broken chains", il avait publié "Hitch Hike" et "Somewhere South of Memphis", en 2009, chez Flying Dog. Kern est soutenu par son backing group ; en l’occurrence le bassiste David Hyde, le drummer Nelson Blanchard, l’organiste (NDR : il se sert d’un Hammond B3) Sam Brady, et d'une section réunissant quatre cuivres.

Courte intro instrumentale, "Delta Mourn" nous entraîne instantanément au cœur du Mississippi. A cause des chants d'oiseaux et des accords de guitare Résonator dispensés par Wes Lee, un musicien qui jouit d’une excellente réputation sur le plan local dans la région d'Hattisburg. C'est le riff cher à Elmore James, prodigué par la même Résonator, qui introduit "Greenville Mississippi blues", une plage imprimée sur un tempo soutenu. Invitée, Eden Brent siège derrière le piano roadhouse. Ken chante d’un timbre âpre, rugueux, avant de libérer une première fois ses cordes. "Lights are on, but nobody's home" est un blues lent signé par le légendaire Texan, Albert Collins. Cuivrée, l’adaptation est excellente. Bob Henderson s’autorise une brève sortie sur son saxophone ténor, avant que le leader ne concède un petit bijou de solo. Particulièrement roots, "Somewhere South in Memphis" est une superbe compo. La voix de Pratt est soutenue par celles de Denise Owen et Elaine Foster. L’orgue et les cuivres tapissent l’expression sonore, et Ken se réserve un solo irrésistible. "Black Hannah" (NDR : l'histoire de la guitare appartenant à T Model Ford) est un blues enlevé qui rocke. Bien amplifiées, les cordes propagent de nombreuses notes. Instrumental bien cuivré (NDR : signé Pratt), "Cotton pickin" campe un excellent blues, un morceau abordé dans l’esprit de Freddie King voire d'Albert Collins. "Don't leave me baby" est certainement une des meilleurs plages de l’elpee. Superbement introduite par les accords de gratte largement inspirés par Albert King, elle est impeccablement balisée par la section rythmique et satinée par les interventions d’orgue de Brady. Nous plongeant dans une atmosphère qui transite de Memphis à la Nouvelle Orléans. Avant que les cordes de Pratt et celles du célèbre louisianais Kenny Neal n’entame un duel ! Et comme il est au cœur du delta, Kern attaque le classique "It hurts me too" à la sèche, épaulé par l'harmoniciste Luc Borms (NDR : issu du Nord du pays, ce souffleur milite chez Professor Deaf Blues Band ; et pour la circonstance, ce titre a été enregistré chez lui, à Erembodegem). Une cover empreinte d’émotion. "Handcuffed to the Blues" est une autre piste bien ancrée dans le Memphis R&B. La section rythmique soutient bien le riff. Et cuivres ainsi que voix féminines soulignent impeccablement l’ensemble. Sam Brady se distingue derrière son orgue Hammond avant de céder le relais à la six cordes bien inspirée de Kern ! Denise Owen se réserve le micro sur "Smokin' gun", un R&B de bonne facture. Dans le même style, "Soulshake" est imprimé sur un tempo plus soutenu, alors que les vocaux vigoureux sont partagés entre Kern et Denise Owen. De bonne facture, ce long playing s’achève par "Broken chains", une piste qui nous entraîne au cœur d’une atmosphère paisible, nonchalante, spécifique au delta, une piste semblable à celle qui ouvre l’elpee et que parcourt à nouveau la Résonator de Wes Lee…

 

lundi, 27 juillet 2015 21:05

Same soil

David Michael Miller est originaire de la région de Buffalo, dans l'état de New York. Il a accompli ses classes musicales à l'église où il a chanté le gospel. Plus tard, il apprend le piano, le saxophone et enfin la guitare. Très progressivement, il s'intéresse au blues, soul et R&B. Il milite au sein de plusieurs formations dont Beautiful Bones et plus tard, Dive House Union. Il entame ensuite une carrière personnelle. L’an dernier il avait publié un album solo intitulé "Poisons sipped".  David signe les onze plages de ce nouvel opus.

L’elpee s’ouvre par "All the blues to you", une plage très roots. Le tempo est cool. La voix est claire et puissante. Mike Brown double à la batterie et la mandoline. Jim Ehinger (Bonnie Raitt, Albert Collins) se consacre au piano. Jeremy Keyes souffle de courtes phrases à l'harmonica alors qu’Ehinger est passé à l'orgue Hammond pour le toujours aussi blues "Just ride", une piste fort intéressante. La voix de David passe naturellement, avant qu’il ne laisse échapper de ses cordes un superbe solo ; d’abord en douceur, puis –et on s’y attendait– ponctué d’une soudaine explosion. "Got them blues" nous rappelle qu’il a longtemps trempé dans l’univers du gospel. Aux drums, Carlton Campbell (des Campbell Brothers) imprime un tempo rapide. Jim cumule au piano et à l’orgue. Les cordes de Mr Miller sonnent très métalliques. Le saxophone de Jason Moynihan (Buddy Guy) introduit "Friend of mine", que chante David d’une voix extrêmement douce, avant de libérer ses cordes empreintes d’une grande sensibilité. "Doing me in, doing me wrong" s’ébroue comme un blues échappé du Chicago Southside des grands jours. Le spectre de Muddy Waters plane. Jeremy Keyes incarne le rôle de Little Walter à l'harmonica et Jim Ehinger celui d'Otis Spann au piano électrique ; David se consacrant, bien entendu, aux cordes. "Shoes to shine" baigne au sein d’un climat jazz/soul particulièrement cool. Un intéressant dialogue s’établit entre le saxophone de Barry Arbogast et la guitare du leader! Le rythme s'emballe soudainement et les cordes métalliques deviennent intarissables. "Needle to the wheel" rappelle une époque passée par David à Buffalo. Un intermède roots dont la jolie mélodie est soulignée par d’élégantes cordes acoustiques, et tout particulièrement celles du banjo ténor de Mike Brown. Blues rythmé, "If in you hear me" concède des intonations jazz et des accents southern rock. Miller soigne les percussions et sa guitare semble hantée par Duane Allman! Un climat qu’on retrouve tout au long de "Born to lose", même si l'orgue Hammond est à l'avant-plan alors que le sax de Jason Moynihan brille de mille feux. Miller en profite alors pour s’autoriser un solo de gratte qu’il triture à l’aide de ses pédales. Il se sert du bottleneck sur "Too early in the mornin", un blues primaire caractérisé par une excellente intervention d'Ehinger aux ivoires, une piste dont le tempo s’emballe en fin de parcours. "Man's got things to do" clôt l’elpee. Une finale émouvante, respectueuse et paisible, dédiée à son grand père, récemment disparu.

 

lundi, 27 juillet 2015 21:04

A winning hand

Chanteuse/compositrice, Cathy Lemons vit à San Francisco. Elle compte plusieurs albums à son actif. Excellent, le précédent, "Black crow", est paru en 2014 sur le label Vizztone. Elle a monté un nouveau projet, Lucky Losers, en compagnie du chanteur/harmoniciste Phil Berkowitz, également issu de la ‘City by the Bay’. Un excellent musicien déjà responsable de quatre elpees solos. Pour son dernier, "All night Party", il avait reçu le concours du redoutable gratteur issu de Colombus, Sean Carney, et de Bill Stuve, l'ex-bassiste de Rod Piazza. Les Lucky Losers se sont retrouvés lors de trois sessions différentes, dont la dernière, à San José, dans le studio Greaseland du Norvégien Kid Andersen, le gratteur de Rick Estrin & The Nightcats. Tous les musicos qui ont participé aux séances sont balaises. Y compris les membres de Lucky Losers, soit le bassiste Steve Hazlewood, le batteur Robi Bean et le guitariste Marvin Greene. Sans oublier les invités : en l’occurrence le claviériste Chris Burns (ex-Joe Louis Walker, Maria Muldaur, Lowell Fulson), le saxophoniste Michael Peloquin et la liste est loin d’être exhaustive.

Plage d'ouverture, "Change in the weather" est issue de la plume de Phil Berkowitz et Dany Caron. Ce dernier a longtemps épaulé le guitariste du bluesman légendaire californien, Charles Brown. Le couple chante impeccablement ce titre de funky R&B cuivré. Burns siège derrière l'orgue Hammond alors que les interventions de Phil à l’harmonica sont très originales. Paru sur le label Stax, le "I take what I want" de Sam and Dave avait décroché un énorme succès. Du bon southern soul ponctué d'une solide salve de musique à bouche. "What have I done" est un excellent blues écrit par Jimmy Rogers (NDR : il a longtemps sévi comme guitariste au sein du backing group de Muddy Waters, un mythe du label Chess de Chicago). La version de Lucky Losers est très réussie. Superbe blues, le titre maître est imprimé sur un mid tempo. Les vocaux des deux partenaires sont consistants. Complices, ils chantent cependant tout en décontraction. Guest, Steve Freund, l'un des grands guitaristes de blues contemporain, s’y réserve une sortie remarquable. Miss Lemons signe "Suicide by love", une plage de jazz cool. Elle la chante avec discernement, alors que Chris Andersen à la guitare et Chris Burns au piano, s'inscrivent subtilement dans ce contexte. L’harmo et l’orgue balisent le "What was it you wanted" de Bob Dylan, un funk léger caractérisé par une belle sortie de Marvin Greene sur ses cordes. Le "What is succes" d'Allen Toussaint est une piste bien roots. Balayée par les ivoires de Burns et la slide langoureuse du gratteur de l'Oregon, Ben Rice, elle baigne dans une atmosphère musicale propre à New Orléans. Soutenue par les cuivres et l'orgue de Kevin Zuffi (ex-Mark Hummel Band), "Long hard road" est une ballade soul qui met bien en exergue la voix de Berkowitz, un morceau au cours duquel Green s’autorise une belle sortie tout en feeling. Le "Baby, you got what it takes" de Brook Benton trempe dans le swing et le jump californien. Et irréprochable, la section rythmique facilite les billets de sorties accordés à Berkowitz et Greene. La cover du "Cry no more" de Charles Brown campe un soul blues délicat. Il ne manquait qu’un boogie. Il arrive. Et ce "Detroit City man" adresse de toute évidence un clin d'œil à John Lee Hooker. De toute bonne facture, ce long playing s’achève par "Don't you lose it", une piste entretenue par le piano électrique, la guitare d'Andersen et les percussions légères de Jay Hansen des Nightcats.

 

lundi, 27 juillet 2015 21:01

What's it gonna be

Ce jeune Anglais constitue plus que jamais un grand espoir du blues rock international. Son premier opus, "Thunder in the sky", est paru en 2012. Ce qui a valu à Laurence d'être signé par Thomas Ruf, le patron du célèbre label blues allemand. Jones y publie "Temptation", enregistré en Louisiane, sous la houlette de Mike Zito, un disque qui bénéficie du concours de membres du Royal Southern Brotherhood et de Walter Trout! Récemment, il a participé aux sessions de l’elpee "Blues Caravan 2014 Live", en compagnie de Christina Skjolberg et d’Albert Castiglia. En mars dernier, il a représenté l'Angleterre à l'Euro blues Challenge de Bruxelles. Son nouvel opus, "What's it gonna be", a été enregistré chez lui. Pour la circonstance, il a reçu la collaboration de son backing group, soit le bassiste Roger Inniss et le drummer Miri Miettinen. C’est-à-dire sa section rythmique.

Le long playing s’ouvre par la plage éponyme. Un blues/rock formule trio sur mesure. Il permet déjà à Laurence de se réserver un solide envol sur ses cordes. La plage suivante, "Don't need no reason" me botte bien mieux. Le leader est davantage à l'attaque. Il s’autorise rapidement une sortie audacieuse assez ‘hendrixienne’. Les changements de tempo sont très bien assimilés. Laurence garde le même rythme sur "Evil", en injectant un soupçon d'agressivité dans la voix. Il élabore lentement mais sûrement son solo. Et la montée en puissance est vraiment épatante. Il maintient son attaque vocale sur "Touch your moonlight", un rockin' blues classique. Laurence et Sandi Thom, une jeune chanteuse écossaise (NDR : c’est la compagne de Joe Bonamassa !) se partagent le chant tout au long de "Don't look back", une ballade paisible. Caractérisé par ses accords de gratte empreints d’une grande sensibilité, "All I need" est une piste séduisante. De bon riffs inspirés par Jimi Hendrix voire Robin Trower alimentent le "Good morning blues" de Leadbelly, un blues/rock classique. Mr Jones force sa voix afin de rivaliser avec celle, tout à fait chatoyante, de Dana Fuchs, sur l’excellent "Can't get enough", un morceau signé par Mick Ralphs pour Bad Company. Pas facile de rivaliser avec cette chanteuse à caractère. Les accords de six cordes sont particulièrement fluides tout au long de "Set me free", un titre de pop/rock bluesy léger. L’elpee s’achève par "Stop moving the house", un rocker balisé par le piano de Julian Grudgings. Laurence Jones doit encore acquérir de la bouteille, avant d’enter dans la cour des grands.

 

lundi, 27 juillet 2015 20:57

Slow burn

Betty Fox est née à Tampa en Floride. Dès son plus jeune âge, elle chante le gospel, comme sa famille. Elle se passionne cependant pour le blues et la soul. Quand elle fonde son band, c’est pour se produire essentiellement dans sa région, la Sun Coast floridienne, côté Golfe du Mexique. Avant de graver "Slow burn", elle avait publié un premier opus, "Too far gone". Compositrice, Betty se réserve bien sûr les vocaux. Pour enregistrer son second LP, elle a reçu le concours de nouveaux musiciens. En l’occurrence le guitariste Kid Royal, le bassiste Barry Williams, le batteur Sam Farmer et le claviériste Shawn Brown.

"Think about it" ouvre le bal. Le rythme est clairement funk. Soul, la voix de Betty dispose d’énormes réserves de puissance. Elle force cependant un chouia. Elle chante la ballade soul "Sweet memories", tout en retenue, mais avec passion. Son timbre est cependant quelque peu éraillé, manifestement forgé dans le chant gospel. Kid Royal en profite pour opérer une sortie sur ses cordes. Des cordes bien harmonieuses et chargées de feeling. Fragiles, elles introduisent "Slow burn", un blues lent tapissé par l’orgue. Kid s’autorise un excellent envol. Dispensé parcimonieusement, il évoque même Ronnie Earl… La voix de Betty monte dans les octaves à la manière de Janis Joplin, sans pourtant devenir perçante. Indolent, "Solid ground" est discrètement sculpté dans le funk. "Please come home" et "Who's holdin" émargent au jazz. Presque manouche, la première piste est particulièrement allègre. Kid Royal prend son pied à la sèche. Puis, "Who's holdin". L’économie de notes et la créativité guident à nouveau la gratte tout au long de "Our love" et "Take a walk with me". La reprise du "Remember me" de feu Otis Redding rend un bel hommage à ce chanteur mythique de l'écurie Stax. Le chant est parfait, expressif, profond et sensible. Et Kid Royal s’y autorise une sortie étincelante. Quoique nerveux et dansant, "Let the light shine" est un autre morceau qui émarge encore au gospel. Elle chante "Baby please", une autre ballade r&b. Le ton est flemmard. Son interprétation reflète son vécu. Un autre sommet de l'opus ponctué par une nouvelle sortie de Kid qui nous régale une fois de plus… Bien balisé par la section rythmique, "Goodbye" baigne dans une atmosphère latino. Et le long playing de s’achever par une dernière ballade empreinte d’une extrême douceur, en l’occurrence le "Angel flyin' too close to the ground" de Willie Nelson. Miss Fox s’y accompagne à la guitare acoustique…

 

lundi, 27 juillet 2015 20:54

Dark & rusty

Fondé en 2008, Undobar est un duo français issu de Caen. Il réunit deux chanteurs/guitaristes/percussionnistes, Frédéric Foucher et Banjamin Danlos alias Derrick. Ils revendiquent la responsabilité d’un folk/rock explosif, influencé par le stoner rock issu des années 90. A ce jour, la paire avait publié deux singles composés d’autant de titres. En juillet 2010, "Strenght in disguise" (NDR : sur lequel figurait "Fuck"et "Blow me") et en juin 2013, "Virus on your lips" (NDR : partagé entre "Drive your car" et "My fate").

"Dark & rusty" constitue leur premier elpee, et il est découpé en huit plages. Et force est de reconnaître que la musique d'Undobar ne laisse pas indifférent. Il y a manifestement du potentiel chez ce tandem.

Cordes acoustiques et électriques font bon ménage tout au long du séduisant "Billion of days". La musique adopte un profil légèrement stoner, mais sans agressivité. Dans le même style, "Wait" est davantage blues. A cause des interventions à l'harmonica de Philippe Céhanne, invité pour la circonstance. Amplifiées et puissantes, elles se révèlent également personnelles et créatives. Une gratte électrifiée introduit "Where art thou?". Elle s’impose dans le rythme. Ses sonorités sont singulières et un peu plus sauvages. Elles évoquent le psyché/stoner du Paisley Underground qui a frappé Los Angeles au début des 80s. Enfin sa quintessence. Le tout enrichi par des tonalités qui lorgnent quelque peu vers Syd Barrett. Les deux sixcordistes découpent des riffs identiques tout au long de "Seed of pain" ; et chargé d’intensité, le résultat est très réussi. Incisif, l’harmo de Derrick contamine "Sunrise", une chanson mélancolique taillée dans le folk. La mise en forme et les arrangements sont particulièrement impressionnants. "A ghost in the Channel" conjugue guitare stoner et sèche folk. Une synergie qui rappelle la période psychédélique du chanteur écossais Donovan, quand il enregistrait en compagnie du guitariste Jeff Beck. La gratte qui introduit "Promises" est attaquée en slide. La voix grave du chanteur colle parfaitement à cette compo hypnotique et enchanteresse. Et c’est "Fuck", un titre qui figurait déjà sur le premier single, qui clôt le long playing ; mais dans une version totalement remodelée. Une plage qui nous transporte au cœur d'une transe atmosphérique ; et ce trip blues très personnel s’achève dans une expérimentation proche du Krautrock. Original et épatant !

 

lundi, 13 juillet 2015 10:02

Love mechanic

Le JC Smith Band est établi au sud de la baie de San Francisco, en Californie. Le chanteur/guitariste, JC Smith, en est le leader. Il avait pourtant entamé sa carrière comme drummer au sein du Back to Back Blues Band. C'est en 2000 que JC, inspiré par T-Bone Walker, Albert King et Johnny Guitar Watson, opte pour une Gibson 335. En 2001, son JC Smith Band tout neuf publie un premier opus, "The Midnight creeper". En 2004, il embraie par "That's what I'm talkin' about", un disque coproduit par la chanteuse Joanna Connor, et pour lequel il reçoit le concours du batteur légendaire chicagoan, Willie Big Eyes Smith. Il faut cependant attendre 2009 pour voir sortir "Defining cool", un elpee bien reçu par la critique.

Pour concocter "Love mechanic", il a bénéficié de la participation de son backing group, soit le claviériste Todd Reid, le bassiste Robert 'Jay' Green et le drummer Donnie Green. Sans oublier une section de quatre cuivres : le tromboniste Gene Reynolds, le trompettiste Tommy Maitland, ainsi que les saxophonistes David Sandez  et Abraham Vasquez (NDR : un ex- Back to Back Blues Band).

"Jump for joy" s’ouvre dans le jump et le swing. Le front de cuivres est solide, mais le saxophone ténor de Vasquez s’autorise déjà un billet de sortie, tout comme JC, dont les cordes sont bien vivifiantes. La version du célèbre "Cold sweat" de James Brown est très personnelle. JC malmène à nouveau les cordes de sa Gibson et sa voix est autoritaire tout au long de ce R&B entraînant, dansant et irrésistible ! Les lumières s'éteignent. Le tempo ralentit. Richard Palmer double au piano et à l'orgue sur "Come on home to me", une ballade R&B indolente au cours de laquelle les ivoires s'installent subrepticement à l'avant-plan. JC introduit le titre maître à la manière d'Albert King, un southern R&B coloré par les cuivres. Le leader injecte toute sa sensibilité dans les cordes, alors que Todd se met dans la peau de Booker T à l’orgue. La gratte va et vient tout au long de "Ring around the Tub", un blues rythmé plus classique. Cap vers Chicago pour le "Yonder's wall" d'Elmore James, une version très singulière. Un R&B très funkysant entretenu par les cuivres et dynamisé par la section rythmique en effervescence. Vasquez brille à nouveau au sax. Jeannine O'Neal fait sonner ses cordes comme un banjo sur "Bad bad feeling", une piste sculptée dans le country/roots. Les arrangements de cordes et de claviers ont solides pour baliser "Last night", un superbe blues indolent signé Little Walter. Le JC Smith Band aime reprendre les classiques du Chicago blues, afin de les adapter à sa sauce personnelle. A l’instar du "Talk to me baby" d'Elmore James. Face aux interventions de cuivres, Cris Cain se révèle créatif à la six cordes. "Rocket to the moon" nous replonge dans le jump boogie. Pensez aux années 40 et tout particulièrement à Louis Jordan. Talentueux pianiste, Sid Morris, brille de mille feux. Et on assiste à de nouvelles sorties royales aux cordes, à la trompette ainsi qu’aux saxophones. Encore une cover, mais d’un titre notoire, le "Five long years" d'Eddie Boyd. JC Smith administre un max de feeling et de passion au cœur de ce blues lent authentique et à l'état brut. Tant au chant que sur sa gratte. De toute bonne facture, cet opus s’achève par le dynamique "Ain't no stranger", un titre issue de la plume de Toronzo Cannon, un bluesman du south side de Chicago, de moins de 50 ans. Et cette excellente version est ponctuée par un solo remarquable de Mr Smith!

 

lundi, 13 juillet 2015 09:58

Like Elway

Lee Palmer est canadien. Son style émarge à la roots. Au cours des dernières années, il avait publié deux elpees, "One take - Live at Canterbury" en 2013 et "60 Clicks" en 2014. Agé de 61 ans, il est originaire du New Brunswick, mais vit actuellement à Toronto. "Like Elway" constitue son dernier opus, un disque pour lequel certaines sessions ce sont déroulées dans la Music City de Nashville. Il signe les neuf plages et a coproduit l’LP en compagnie d’Elmer Ferrer qui apporte également son concours aux grattes acoustique et électrique.

"Rockin' this chair" s’enfonce nonchalamment dans la roots, tout en se balançant au gré des accents dispensés par l'accordéon de Lance Anderson. Lee chante d’une voix nasillarde. Les cordes amplifiées de Ferrer s'inscrivent rapidement au sein de ce climat indolent. "Life's a mess" (Trad : la vie est un foutoir) est une tendre ballade à la mélodie empreinte de charme. L’ombre de Dylan y plane, alors que le piano d'Anderson et les cordes acoustiques balisent l’ensemble. Le même piano introduit "Those winter blues", un blues cool aux intonations jazz. Subtil, le swing est entretenu par les percussions d'Al Cross. Une plage ponctuée par les sorties éclatantes de la six cordes d'Elmer Ferrer et des ivoires. Superbe ! "Lonely at the Top" est amorcé comme un blues lent, mais accélère rapidement et dans la bonne humeur. Mary McKay chante aux côtés de Lee ; et c'est encore le talentueux Lance qui tire son épingle du jeu au piano, avant de céder le témoin à Ferrer. Le titre maître est un autre sommet de l'opus. Lee nous y raconte sa rencontre avec un musicien de rue sur Broadway à Nashville, un personnage qui avait en lui le blues. Tout est parfaitement en place. La réplique vocale de Mary McKay. La guitare. L'orgue et la section rythmique au sein de laquelle David Woodhead se consacre à la basse. "This feels like one of those days" est un autre blues cool. Le team est alors soutenu par leur ami Roly Platt pour souffler dans l'harmonica. Miss McKay y injecte tout son vécu et se montre une nouvelle fois à son avantage. "Maybe that's why" est une ballade bouleversante. L’accordéon et les cordes délicates, immaculées, aux accents hispaniques, alimentent ce sentiment de mélancolie. "Have a wonderful life" opère un changement radical de style. Bien funk, cette piste intègre les riffs largement amplifiés d’Elmer, alors que l'orgue Hammond s’infiltre dans le décor sonore. De bonne facture, ce long playing s’achève comme il a commencé, c’est-à-dire par un morceau de blues/roots. Roly Platt se consacre à l’harmo, alors que Lance Anderson excelle à l’orgue. Le meilleur opus de Lee Palmer, à ce jour.

 

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