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Dernier concert - festival

Afghan Whigs
Editors

Jim White

Coup de chapeau à ce ménestrel des temps modernes...

Rien ne m'impressionne plus qu'un beau chapeau. Et Jim White a toujours porté de beaux chapeaux, comme ce soir. Une soirée tranquille, à écouter Jim chanter ses belles chansons, de ses trois albums sortis chez Luaka Bop. Son petit dernier, « Drill A Hole In That Substrate? », est d'ailleurs un petit chef-d'?uvre de country décomplexée. Jim est très fort question « storytelling ». D'ailleurs il n'arrêtera pas de raconter ses (més)aventures au pays des mangeurs de bretzels. Aaaaaaah, l'Amérique ! En plus il est entouré de très bons musiciens ; ce qui n'est pas pour nous déplaire. Et puis il a joué « Still Waters », sa chanson la plus difficile, sans doute sa plus belle (issu de « Wrong-Eyed Jesus ! », son premier LP paru en 1997). De son dernier album, Jim aura joué pas moins de sept chansons, dont les excellentes « Static On The Radio », « Bluebird » et l'espiègle « If Jesus Drove A Motor Home ». Jim aime Jésus, mais n'est pas un bigot comme ce pauvre Bush et ses conseillers de la droite ultraconservatrice. Jim est un véritable ménestrel des temps modernes, et sa gouaille n'a d'égal que la beauté molle de son stetson. De « Wrong-Eyed Jesus » il interpréta aussi « Sleepy Town » (en clôture) et « A Perfect Day To Chase Tornados ». De « No Such Place » (2001), « Handcuffed To A Fence In Mississippi » et « The Wound That Never Heals ». Et des inédits : « Brownsville Texas », « Take Me Away » et « Somewhere In This World ». C'est facile d'énumérer le track-listing, quand on l'a piqué au guitariste en fin de concert. Ca donne l'impression au lecteur qu'on connaît le répertoire de Jim sur le bout des doigts. C'est plus ou moins vrai, parce que Jim fait de la sacrée bonne musique, et pourtant n'arrive même pas à remplir la rotonde. C'est injuste ! De toute façon, Jim s'en fout. D'ailleurs avant de partir, il dit qu'il va revenir, après nos applaudissements. Parce qu'il n'est pas du genre à se faire prier, le Jim. Et ces fadaises de rappels à la noix, très peu pour lui. A la fin c'est lui-même qui vend son disque. Mais aussi des chemises canadiennes éparpillées à la va-vite sur la scène, comme aux bourses de vêtements de la Ligue des Familles. Jim est bizarre, mais sa musique est super. Dommage qu'il ne vendait pas son chapeau.

Girls In Hawaii

Girls in Hawaii à la TV

Écrit par

Après un set privé accordé au Botanique ce mercredi 13 février, Girls In Hawaii entamait sa tournée à Anvers. Au Trix, très exactement. Et alors que la plupart de mes collègues francophones avait choisi d’aller les applaudir au Cirque Royal de Bruxelles (NDR : vous y trouverez cependant les photos réalisées par Aude, dans notre galerie), j’ai accepté, à l’initiative du rédacteur en chef néerlandophone et ami Johan, de l’accompagner tout au Nord du pays. Là où ils ne sont pas encore (re)connus. Une autoroute, des voies à quatre bandes, des buildings abritant des bureaux (vides à cette heure de la journée), un supermarché, une station de carburant : c’est dans ce cadre horriblement urbain que l’on trouve le Trix. Et comme Megadeth jouait au Hof Ter Lo, juste à côté, on pouvait faire le poirier pour trouver une place de parking. En cherchant un peu, nous sommes quand même parvenus à dénicher un emplacement, à plusieurs centaines de mètres du club. Dans une sorte de terrain vague recouvert de gravier meuble. Heureusement, l’intérieur du Trix est particulièrement convivial. En y entrant, on remarque immédiatement le bar à gauche. Le prix des consommations est raisonnable et le service extrêmement rapide. En avançant, on arrive dans la salle de concert proprement dite, un peu comme dans une maison du peuple. La scène est petite et le podium assez bas, mais l’acoustique est excellente.

La chanteuse de folk/pop Jesy Fortino alias Tiny Vipers a déjà commencé son set. Assise, elle joue de la guitare acoustique électrifiée. Et chante aussi, bien sûr. Cette américaine (NDR : elle est établie à Seattle) possède une très belle voix, dont le timbre rappelle parfois Melanie. Mais son répertoire est plutôt monotone et suscite rapidement l’ennui. Après une demi-heure de prestation ponctuée de quelques applaudissements, elle se retire. Mais manifestement, son passage ne nous laissera pas un souvenir impérissable…

Place ensuite à Girls In Hawaii. Paradoxalement, le public est constitué d’une bonne moitié de francophones. Il y a toujours ces lampadaires disséminés entre les amplis et les baffles, mais les téléviseurs sont identiques. Et neufs ! Six en tout. Finis les postes récupérés à la casse. Et tout au long du spectacle, ces TV vont diffuser des images tournées le plus souvent dans les Ardennes ou au littoral. Mettant en scène, mais de dos et chacun leur tour, les musiciens du groupe. Un peu comme dans des clips.

Le sextuor ouvre les hostilités par « This farm will end up in fire » et son répertoire va constamment osciller entre compos issues de son nouvel opus (« Plan your escape ») et titres extraits du premier elpee (« From here to there »). La cohésion est quasi-parfaite. Les harmonies vocales échangées entre Antoine et Lionel sont irréprochables. Lionel joue toujours assis et son falsetto limpide et diaphane nous donne parfois la chair de poule. Circonstancielle ment, il se consacre au xylophone. Comme le claviériste/guitariste. Christophe. Un multi-instrumentiste dont on commence aujourd’hui à cerner l’importance ; et pour cause, il cherche constamment à souder les différentes composantes des morceaux. Enfin, lorsque son orgue rogne « Sun of the sons », on pense inévitablement aux groupes de garage issus des sixties. Lionel, le frère d’Antoine est un excellent drummer. On en était déjà convaincu ; mais lorsqu’il empoigne des maracas, à la manière de Butch Norton, ex-drummer d’Eels, on est vraiment impressionné. Les compos défilent. Construit en crescendo, « Fields of gold » est remarquable d’intensité. Lors du titre maître du nouvel opus, Daniel, le bassiste a empoigné un accordéon. Une ballade empreinte d’une grande sensibilité. Antoine chante « The fog » à travers un téléphone trafiqué, une composition dont le tempo est accentué par une boîte à rythmes. Petite pause au cours de laquelle Antoine lit un petit texte dans la langue de Vondel pour le terminer en anglais. A moins que ce ne soit du franglais ! Lors de « Road to luna », un instrumental, Antoine a troqué sa six cordes contre la basse et en profite pour monter sur un des téléviseurs face à son frangin (une attitude qu’il reproduit régulièrement, lorsque les chansons décollent). « Time to forgive the winter » lorgne vers le jazz, alors que « Couples on TV », interprété par Daniel, plutôt vers la valse. Davantage éthéré, « Colors » est manifestement hanté par Sigur Ros ; alors que l’inévitable « Flavor » et son rythme à la Stooges, permet à Brice, le soliste de se libérer, et au combo de clore le corps du concert en beauté.

Un premier rappel nous vaudra une cover du « Taxman » des Beatles, dont Antoine ne maîtrise pas encore tout à fait les lyrics (NDR : il se sert d’un aide-mémoire ; et puis une version presque garage/rock’n roll (NDR : encore ces claviers rognés !) de « Casper », au cours duquel il a sorti un harmonica de sa poche. Lors du deuxième rappel, GIH concèdera une version minimaliste de « Grasshopper », limitée à Antoine et au drummer, dans un style que n’aurait pas renié Sparklehorse.

A l’issue du concert Johan m’avouait avoir été impressionné par leur prestation, n’hésitant pas à comparer le talent, mais dans des styles différents, de dEUS et de Girls In Hawaii. C’est un compliment. Maintenant, à l’instar de Showstar, être diffusé sur Studio Brussel serait sans doute la meilleure manière de mieux se faire connaître auprès des voisins du Nord. Il le mérite, assurément. Faudra trouver le bon single !

Tracklist

This farm will end up in fire

Bees and butterflies

Sun of the sons

Fields of gold

Plan your escape

The fog

Road To Luna

Time to forgive the winter

Couples on TV

Colors

Found in the ground

Birthday call

Flavor

 
Taxman

Bored

Casper

 
Grassphopper

 
Organisation Trix

 

The Dandy Warhols

En rodage...

Écrit par

La tournée 2005 des Dandy Warhols accompagnait la sortie de leur nouvel album : « Odditorium or Warlords of Mars ». Les critiques sont mitigées. Certains estiment que l'album est un retour au très bon « Thirteen Tales From Urban Bohemia ». Les autres pensent que cet opus confirme le présage annoncé par de « Welcome To The Monkey House » : les Dandy, ce n'est plus ce que c'était !

Nonobstant les critiques, un concert des Dandy Warhols à Paris ne se loupe pas ! Malheureusement, on ne peut pas dire que leur prestation d'ensemble ait été à la hauteur. Bien que satisfaite de voir les Dandys en live, je dois reconnaître que le set a alterné le bon et surtout le moins bon. Mon enthousiasme a ainsi souvent été gâché par la maladresse. On n'a jamais ressenti ce rythme soutenu. Les moments de véritable intensité ont été éphémères. On avait l'impression qu'il y avait quelque chose de cassé. L'équilibre des Dandys est fragile et il suffit d'un rien pour le faire basculer. Seules les chansons des premiers albums sont parvenues à réchauffer quelque peu la salle. Lors des morceaux incontournables, "Bohemian Like You" et "We Used To Be Friends", par exemple. A cet instant, le groupe semble plus à l'aise et bien moins empêtré dans la rigidité d'« Odditorium ». La voix de Courtney Taylor n'est pas très assurée. Sur certaines chansons, il crie plus qu'il ne chante (exercice que, malheureusement, il ne maîtrise pas). Bien sûr, la prestation n'est pas fondamentalement médiocre (mention spéciale à Pete Holmstrom pour son élégance et son jeu de scène) ; mais les morceaux des deux derniers albums passent mal la rampe. La qualité des chansons interprétées n'est peut être pas la cause (NDR : encore que pour certaines, c'est justement le problème) mais plus que probablement leur transposition sur scène. Notamment, lorsqu'ils abordent le répertoire le plus récent. A contrario, les titres les plus anciens, déjà rodés au fil de leurs tournées précédentes, se révèlent impeccables.

La prestation des Dandy Warhols n'a pas été parfaite. Certes. Mais ils semblaient heureux d'être de retour sur une scène française. Jusqu'au tout dernier moment, ils sont restés en compagnie du  public. Fait rare de nos jours : le groupe n'a pas accordé de rappel. Il a simplement préféré dispenser son set d'1h30. D'une traite. Sans quitter une seule fois la scène.

Richard Ashcroft

Un Richard très en verve...

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Plus ou moins 800 personnes s'étaient déplacées pour assister au set de l'ex chanteur du groupe mythique The Verve. Des conditions idéales pour bien entendre et surtout pour bien voir la prestation d'un tel artiste. Pas de supporting act. Juste un DJ dont le grand mérite fut de passer inaperçu.

Richard Ashcroft monte sur scène entouré de sept musiciens. Un violoncelliste/claviériste préposé aux samples, un percussionniste, un drummer, un saxophoniste/flûtiste, un bassiste, un guitariste et enfin l'épouse de Richard, encore et toujours aux claviers. Richard s'accompagne également à la guitare, dont il en change comme de chemise (NDR : pardon la panoplie !). Et dès le premier morceau, nous pénétrons dans le monde de la big music. Oui, oui, la big music comme la concevait Mike Scott des Waterboys. C'est à dire maximaliste et avec beaucoup de punch. Et parfois quelques touches de hip hop ou plus exactement de house. Et dans ce style, les chansons de son dernier opus prennent une toute autre dimension. Mieux encore, lorsque Richard aborde le psychédélisme, on est totalement subjugués. A l'instar du très intense New York, dont l'interprétation est de toute beauté. Digne des deux premiers elpees de The Verve. Pour calmer l'atmosphère, Richard nous accorde quelques compositions acoustiques. En solo. Epinglant au passage son tube, « The drugs don't work ». La voix de Richard est superbe. Même en live ; et lorsqu'elle se fait crooner, elle me fait de plus en plus penser à celle de Neil Diamond. Pour le rappel, après un « The signs of silence » prémonitoire ( ?!?!?), le groupe nous a gratifié d'une adaptation alternative et exceptionnelle du célébrissime « Bitter sweet symphony ». Mais sans les samples de violons du « Last time » des Stones (NDR : faut croire que Richard en a un peu marre de payer des royalties à la bande à Mick Jagger). Une version sauvage, intense, électrique, puissante. Tout le public était littéralement sur le cul. Etincelant !

 

 

 

 

Louise Attaque

Quatre années d'absence n'ont pas altéré la popularité de Louise Attaque...

Écrit par

Fallait s'y attendre. Suite aux émeutes déclenchées par les déclarations incendiaires formulées par Sarkozy, Louise Attaque a choisi, pour assurer le 'supporting act' de sa tournée en France, une formation responsable de la fusion organique de musiques urbaines : le No Bluff Sound. Une musique hybride, fruit de la rencontre du drum'n bass, du dub, du hip hop, de l'afrobeat, de l'electro, du funk, de la jungle, du ragga et j'en passe ; le tout rehaussé par la présence de trois rappeurs : Mao Papa Kande Sidibe, Mansour Diallo et Kadou Matouré Seck, mieux connus au Sénégal sous le patronyme de BBC Sound System. Responsable d'un set fort coloré et extrêmement remuant, le sextuor a reçu une belle ovation du public. Mais ne m'en demandez pas plus. Peu réceptif à ce style musical, la présence d'Enzo m'aurait été d'un grand secours…

Il y avait un monde fou pour ce concert de Louise Attaque, vous vous en doutez. Et la veille, l'Aéronef était également sold out. Bref, si les spectateurs coincés contre les barrières pouvaient s'estimer heureux d'être aussi près de la scène, c'est presque écrasés (pour ne pas dire asphyxiés) qu'ils ont assisté à l'intégralité du spectacle. Heureusement, le service d'ordre s'est montré particulièrement à la hauteur, aspergeant régulièrement les premiers rangs de bouteilles d'eau ou leur offrant même des boissons pour se rafraîchir.

Mais venons-en au set de Louise Attaque. Responsable d'un excellent troisième album (« A plus tard crocodile »), le quatuor a pu mesurer que sa popularité était demeurée intacte, nonobstant une parenthèse de près de quatre ans (un délai pendant lequel une moitié du groupe a milité au sein du groupe Tarmac et l'autre Ali Dragon). Bref, faut croire que la séparation a décuplé leur envie de rejouer ensemble ; car ce soir Louise Attaque en a mis plein la vue à ses aficionados en proposant un répertoire partagé entre compos issues de ses trois elpees. Lorsque la formation monte sur les planches, on comprend mieux la présence des armatures en métal disposées en toile de fond. Elles servent de support à des jeux de lumières qui font penser à une synthétisation du décor de New York pour le film King Kong. Mais aussi à la projection de faisceaux lumineux en prisme, communiquant une certaine violence dans l'attitude des musiciens. Dès le cinquième morceau, « Les nuits parisiennes » (NDR : était-ce un nouvel hymne national ?), le public s'est littéralement embrasé, une flamme que le quatuor a eu le bon goût d'entretenir jusqu'à la fin de sa prestation. Gaetan Roussel n'est sans doute pas un grand guitariste, mais un excellent mélodiste dont les compos contagieuses, onomatopéiques, sont régulièrement reprises en chœur par l'audience. Si Robin Feix, le bassiste, semble plus effacé, c'est pour mieux se concentrer sur son efficacité. Derrière, l'amplitude d'Alexandre Margraff aux drums est impressionnante. Mais rien à faire, la spécificité de Louise Attaque est apportée par le violoniste Arnaud Samuël. Le visage émacié, il ressemble de plus en plus un chef indien cheyenne. Un musicien talentueux capable de tirer des sonorités tantôt tziganes, tantôt capricieuses, mais toujours originales de son instrument. Multi-instrumentiste, il lui arrive également d'empoigner une six cordes, un ukulélé, de jouer de la guitare avec son violon ou alors de passer derrière le piano lors du rappel (NDR : il y en aura deux !) pour « La Valse », le sommet du concert. Autre point fort, « Nos sourires », probablement un hommage à Bertrand Cantat. Par contre, la jam opérée en compagnie de No Bluff Sound était largement dispensable. D'un point de vue musical, bien sûr. Parce que Louise Attaque avait voulu intégrer ce concept à son set. Fallait y penser. N'est ce pas Mr Sarkozy ? Et près de deux heures plus tard, le quatuor quittait les planches. Ravi. Et nous aussi.

Tracklist :

Crocodile

Amours

Si c'était hier

La plume

Les nuits parisiennes

Traversée du Désert

Si l'on marchait jusqu'à demain

Revolver

L'intranquilité

Oui, non

Tu dis rien

Savoir

Toute cette histoire

Est-ce que tu m'aimes encore ?

Manhattan

Arrache-moi

Depuis toujours

J't'emmène au vent

Sean Penn, Mitchum

Léa

La Valse

Dis est ce que tu m'aimes encore ?

Pour un oui, pour un non

Shibuya Station

Ton invitation

La brune

Vous avez l'heure

Nos sourires

Vous avez l'heure bis

C'était bien énorme.

 

Didier Super

Un adepte du second degré...

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Outre son traditionnel 'Burg'n'rock festival', le foyer socioculturel d'Antoing propose régulièrement des concerts fort intéressants. Ce vendredi 23 décembre, la chanson française 'fanfaronne' de Didier Super était à l'affiche. Elle a fait recette et salle comble. Une première fois sold out, ce spectacle avait dû être reporté. Motif invoqué : une blessure de la vedette imprévisible (NDLR : ou une blessure imprévisible de la vedette ?)

En première partie, les régionaux de Momo LaMana se sont montrés à la hauteur de leur réputation. Tantôt proches de Cramps, tantôt de Vive la Fête, ils ont revisité les années 80 à leur manière.

Didier Super est un artiste inclassable. Provocateur, adepte du second degré (et ce sont des euphémismes), il s'autoproclame chanteur engagé. Didier Super aime l'impro. La dérision aussi. A travers des textes qui abordent des thèmes dérangeants. Le tout en s'accompagnant d'une instrumentalisation minimaliste. Malgré ce côté dépouillé, Didier (Olivier de son véritable prénom) est parvenu à séduire le public et surtout à le faire rire. Sa présence sur scène n'est d'ailleurs pas sans rappeler Gustave Parking et autre Momo. Et si je devais malgré tout m'aventurer sur le terrain des références, je pourrais citer en vrac et sans trop risquer de me tromper : Léo Ferré, Pierre Desproges ou encore Rémy Bricka. Encore que parfois, il va un peu trop loin dans ses propos acerbes ; surtout lorsqu'il évoque les enfants maltraités ou les handicapés. A un tel point que s'ils ne parvenaient pas à prendre les choses au deuxième degré, les spectateurs dégoûtés pourraient quitter la salle ou lui coller une main sur la figure. Reste que, sans aucune apparition télé ni médiatisation, cette artiste originaire de Douai a réussi à se forger une solide réputation sur les planches. Entrecoupée de quelques escapades remarquées (NDR : comme celle accordée cette année à Dour), sa tournée française s'achevait donc … à Antoing ( ?!?!?). Généreux dans l'effort, Didier revenait même une première fois sur scène en compagnie des Twins Towers, avant de remonter une seconde fois sur l'estrade flanqué de son groupe 'mobile'. Les rockeurs ont ainsi pu apprécier ses reprises trash plutôt téméraires, fruit d'un mélange incongru entre classiques punk et variétoche (NDR : Joe Dassin, pour ne pas le citer). Une recette dont seul Didier Super possède le secret et qui a fait le bonheur des 300 spectateurs du pays blanc.

 

The Wombats

Backfire at the Botanique

Écrit par

Après avoir écumé en début de saison les petites salles, dont la Rotonde du Botanique en novembre dernier, le trio de marsupiaux est revenu sur les lieux du crime armé de son entêtant « Guide To Love, Loss & Desperation ». Une Orangerie pleine à craquer les accueillait ce 29 mars.

Au diable les premières partie. Les trois gaillards de The Wombats débarquent seuls comme des grands, vers 20h30 sur la scène de l’Orangerie. Affublés de lunettes de soleil grotesques qu’ils abandonneront très vite, les Britons ont l’air à la fois sûr d’eux et un peu gauches. Dans la salle, la majorité du public est composée d’adolescents. Et ça s’entend. Des hurlements quasi hystériques de jeunes filles en fleur éclatent de toutes parts tandis que le trio entame « Lost in the Plot ». Malgré un début de set plutôt plat, les fans des premiers rangs s’éclatent, ce qui contribue à une ambiance généralement bon enfant.

Ils enchaînent par un second morceau avant d’inviter quelques demoiselles sur scène pour un « Party In A Forest (Where’s Laura) » qui se transformera rapidement en concours de la plus jeune miss pouffe, certaines en faisant largement trop. Après une brève intervention d’un agent de sécurité du Botanique afin de virer les dernières irréductibles, le trio entame la partie la plus intéressante de son set. Les excellents « Moving To New York » et « Kill The Director » embraient joyeusement ; mais un inutile « Little Miss Pipedream » fait redescendre la température d’un cran. Malgré un show en dents de scie, l’énorme hymne à la joie « Let’s Dance To Joy Division » et « Backfire At The Disco » clôturent la soirée en beauté.

Peu convaincant sur scène, The Wombats reste cependant une formation divertissante dont on se contentera d’écouter tranquillement dans nos écouteurs le sympathique « A Guide To Love, Loss & Desperation », plutôt que noyés dans une foule plutôt braillarde…

Organisation : Botanique.

Sanseverino

Un festival à lui tout seul...

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Après les passages remarqués de Vincent Delerm et de Bénabar dans la même salle tournaisienne, c'est une autre star montante étiquetée de 'nouvelle chanson française' qui était au rendez-vous : Sanseverino. On se souvient ainsi des 'Victoires de la musique 2003', cérémonie au cours de laquelle ces 3 personnages étaient en lice pour décrocher les lauriers de la 'révélation scène' ; et c'est notre hôte qui l'avait emporté, avant de chuter face à M en 2005, pour le prix du concert de l'année. L'occasion est donc belle de voir si la renommée de notre artiste allait être confirmée ce soir.

Avant même que le spectacle ne commence, une chose frappe d'emblée : l'éclectisme du public, de tout âge et de tout style. Un éclectisme que reflète l'artiste. Faut dire qu'à plus de 40 ans, il a bien roulé sa bosse avant de connaître la gloire (NDR : il a débuté comme batteur de Jeanne Mas !). Le début du show est également à l'image de Stéphane Sanseverino : intimiste, proche des gens et assez théâtral (il ne faut pas non plus oublier son long passé d'acteur). Débordant d'énergie, Sanseverino enchaîne les titres de ses deux albums, « Le tango de gens » et « Sénégalaises », ainsi que l'une ou l'autre reprise surprenante. De Serge Reggiani, par exemple. Mais surtout le « We will rock you » de Queen. A l'instar de toute étiquette collée sur le dos des artistes pour mieux les situer sur la scène musicale, celle de 'nouvelle chanson française' est bien trop réductrice : les compositions passent du jazz au swing, en laissant une large place à la musique tzigane, au rock ou au scat. Sanseverino est finalement un festival à lui seul, comme si Michel Jonasz, Miossec (pour quelques titres sombres comme « Le dormeur du val vivant »), les Gispy Kings (surtout pour « L'étrangère ») ou encore les Négresses vertes se relayaient sur scène ! Il faut dire que les musiciens qui l'entourent, et qui prennent visiblement autant de plaisir que lui à se produire sur le planches, y vont de leur lot d'improvisations. La guitare sèche omniprésente s'accorde harmonieusement avec la contrebasse qui confère une note jazzy et décalée à la solution sonore, tout au long du spectacle. Les paroles sont tantôt simplistes ('Arrêtez de faire des manteaux avec la peau des animaux, pas besoin d'être cruelle pour être belle' sur « André II »), tantôt plus recherchées ; mais de nombreux textes véhiculent clairement des messages pour la lutte anti-tabac et anti-fourrure, la défense des minorités et les artistes de rue. On lui pardonnera son côté 'grande gueule' ou son humour parfois lourdingue. La comparaison entre le nouveau pape et Hitler a de quoi choquer ; mais c'est sans doute là son côté provocateur… qu'accentue très régulièrement des réflexions salaces (NDR : ou en dessous de la ceinture, si vous préférez). Il finira d'ailleurs par s'en excuser pour auprès des enfants (NDR : et des parents) présents dans la salle ! D'un autre côté, son expérience de la scène et sa grande chaleur humaine viennent contrebalancer le tout ; et il parvient à communiquer sa bonne humeur au public ; un public au sein duquel il n'hésite pas à faire irruption, lorsque ce n'est pas pour carrément pour le rejoindre au cours de l'une ou l'autre chanson…