Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Afghan Whigs
Ora Cogan

Asian Z

Un univers manga sur fond de karaoké…

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La soirée du 25 octobre 2007 s’annonçait festive. En effet, Le Peuple de l’Herbe et Asian Z se produisaient ce soir-là dans le cadre de l’Audi Jazz festival, à l’Orangerie du Botanique. Les premiers étaient venus présenter et défendre leur dernier album « Radio Blood Money », les seconds m’étaient complètement inconnus et éveillaient en moi une curiosité amusée.

En surfant sur leur site, l’univers d’Asian Z m’a semblé farfelu, volontairement immature et particulièrement cocasse. Deux heures avant le concert, Spagg du Peuple de l’Herbe me confiait lors de l’interview : ‘Tu connais Asian Z, ils passent avant nous ? Tu vas voir c’est assez particulier, moi j’adore !’ Cette phrase est venue tout naturellement aiguiser ma curiosité à leur égard.

Sur le coup des 20h, la foule venue en nombre s’agglutine à l’entrée. Juste le temps de déposer mon sac et mes affaires au vestiaire. ‘Bad done’, le vestiaire est fermé. Et je suis forcé d’entrer dans la salle avec tout mon barda. J’essaye de dénicher une place près de moi pour les déposer, je sors l’appareil photo, mon carnet de notes, et je regarde se dérouler devant mes yeux ébahis un spectacle complètement délirant monté par cinq Japonais.

Asian Z plaque ses chansons sur fond de karaoké. Les titres sont projetés sur un écran placé dans leur dos. Les paroles reproduites en japonais, en phonétique et leur traduction en français clignotent entre des images et des phylactères dignes d’une bd. Nous sommes pongés en plein univers manga. Tels des samouraïs, la posture fière et le verbe fort, la pop/rock un rien eighties d’Asian Z enrobe le spectacle, et propulse une énergie sympathique et communicative. Il faut lire ces traductions pour essayer de suivre. On y parle de poils, de ‘rasage de chatte’, de trous du cul poilus, d’alcool à outrance, etc. Deux minuscules danseuses japonaises se dandinent derrière le chanteur, levant les bras et sautant sur une chorégraphie apprise par cœur. Le public derrière moi prête plus attention aux textes qui défilent, et se marrent en lançant des ‘rhooo’ à tout va. Je crois que, comme moi, il se demande si tout ça est bien sérieux. Manifestement, ils en ont tout l’air. De nombreux ados postés aux abords de la scène se fendent la poire et se délectent de la prestation. Hurlant pour un rien, tels des groupies de la première heure. Une ambiance ‘bon enfant’ se trame ; et après 9 chansons les Japonais (quoique Lyonnais d’adoption) prennent congé de la salle.

21h00. Les roadies s’affairent, les instruments et l’univers des prochains acolytes s’échafaudent. ‘Le Peuple de l’Herbe’ me gueule dans l’oreille un jeune chevelu, ‘mais ouais vieux !!’ lui rétorque son camarade. Ces deux énergumènes seront collés dans dos et à mes oreilles tout le long du concert, répétant sans cesse ces deux phrases énervantes au possible. C’est recta, à chaque coup je me tape un voisin de concert débile. Mais ces deux-là, c’est le pompon.

21h10. Le bruit des hélices d’un hélico vient ouvrir le jardin où Le Peuple de l’Herbe (‘mais ouais vieux !’) semble impatient de jouer. La batterie de Psychostick trône au centre. A l’arrière. A gauche, Dj Pee a les yeux rivés sur le laptop et ses platines. A droite Spagg se consacre aux claviers et à la basse. Une basse, qui fait pour la première fois son apparition sur scène, lors de cette tournée. Plus à droite encore, N’Zeng s’occupe aussi bien des claviers, de la programmation, du chant que des cuivres. Le décor est fidèle à l’univers graphique de la pochette du dernier opus ? Nous sommes embarqués dans une machine de guerre aux reflets métalliques. Nous nous dirigeons vers une ville perdue où un groupuscule d’irréductibles hisse le pavillon de la révolte. « Viva La Revolucion » ouvre les festivités Conséquence : le public s’enflamme autant que les artistes. Très vite JC001 débarque sur les planches, le pas chaloupé et la casquette vissée jusqu’aux oreilles. Sa voix caverneuse débite un flow mortel, et se lance aussi dans des ‘beat box’ vraiment excellents. Le tout sans postillons. Ce qui est une prouesse et nos objectifs lui sont reconnaissants. En vraie bête de scène, JC001 est souvent accompagné par N’Zeng ou/et par Sir Jean. Ce dernier est d’ailleurs accueilli en guest star par un public déjà conquis. La participation de Sir Jean sur le dernier elpee a des effets positifs sur le groupe qui l’a du coup embarqué dans ses valises. Tel un chef de tribu, il balance ses tresses et son dynamisme est propulsé par l’élément fédérateur du groupe : la trompette. Car si star il y a ce soir-là, c’est bien elle. Scintillante de mille feux, elle souffre contre les joues tendues de N’Zeng. Cet instrument nous rappelle un peu le sens du festival et le pourquoi de sa présence en ces lieux: le jazz. Ce dernier se dissipe assez vite entre les morceaux trip hop/dub/jungle du groupe, mais n’est jamais complètement enterré. Les nouveaux titres de « Radio Blood Money » ont un peu de mal à tenir l’énergie que diffusent les morceaux plus anciens des précédents albums comme « PH Theme », « Dawg Beat » ou « Cow Boy ». Le public semble ne pas avoir encore imprimé, complètement dans sa mémoire, les derniers titres. Il faut dire que l’album n’a que deux mois d’existence ; et ce sont ses premières transpositions scéniques. A l’instar du morceau « Plastic People » plus agressif dans sa conception, « Radio Blood Money » est plus tranché. Le temps sera nécessaire pour sa digestion. Malgré tout, des compos telles tels que « Judge Not », « History Ghost » ou « Traces » passent bien la rampe. On pourrait regretter le manque de freestyle ou d’impros lors du set, juste pour sentir mieux encore, l’unité et le sens d’équipe que les Lyonnais développent tout le long de leur prestation. Tout est bien huilé, bien calé, bien calculé. Il n’empêche qu’une ambiance surchauffée reste bien présente et les 75 minutes de concert s’écoulent à toute vitesse.

Au premier rappel, le groupe nous gratifie d’un quart d’heure supplémentaire, mais ne semble pas encore fatigué. C’est à l’issue du second, d’une durée de 10 minutes, qu’il décide de prendre congé de l’audience. 100 minutes : c’et le timing de cette soirée. On en a eu pour notre argent. D’ailleurs, l’énergie transportée par le public le long des couloirs, en se dirigeant vers la sortie, est la preuve qu’elle s’est collée à nous, et que nous continuerons à la diffuser un bon moment encore. Je rentre chez moi content mais encore surexcité. C’est que c’est tenace Le Peuple de l’Herbe, mais ouaiiiiis vieux …

(Organisation Botanique)

 

Shout Out Louds

Une fille pour quatre garçons...

Écrit par

Ce soir, le lieu de réception des Magic Numbers est restreint. C'est évident, la Rotonde ressemble à un petit chaudron, le charbon en moins, la boule à facettes en plus. N'empêche, l'endroit est bouillant. Le feu s'est déclaré dans les pages des magazines anglais, il y a quelques semaines. Depuis, il ne cesse de gagner du terrain. De fait, le public attend ardemment ces nouvelles figures de proue de la pop moderne. Mais il lui faudra encore patienter…

En guise d'apéro, un combo garage suédois : Shout Out Louds. Une fille pour quatre garçons, le combat est inégal. Mais l'audience se régale. Le quintette badigeonne sa musique en mode binaire. Une bonne dose de garage rock traverse ainsi une assemblée vouée au culte de Simon & Garfunkel. Dans la fosse, les décharges électriques mêlées de Moog reçoivent un bon accueil. Les Shout Out Louds ne jouent pas dans la même catégorie que les Magic Numbers mais s'imposent d'emblée comme une très bonne première partie. Ce n'est pas ça qui va calmer la micro masse compacte : tout le monde trépigne d'impatience à l'idée d'entrevoir la barbe de Romeo Stodart...

Il est 21 heures. L'intensité des projecteurs devient crépusculaire. Quatre ombres voltigent alors sur scène sous un tonnerre d'applaudissements. Lorsque la lumière s'épanche à nouveau sur la Rotonde, les Magic Numbers se tiennent derrière leurs instruments. A droite, Michele Stodart (la sœur de Romeo), les doigts crispés sur sa basse, regarde anxieusement Angela Ganon, postée à l'autre extrémité de la scène. Au fond, le frère d'Angela, Sean, s'installe paisiblement à la batterie. Romeo Stodart sourit béatement. Encore un peu, on lui accorderait volontiers un rôle dans le « Huitième Jour ». Mais lorsqu'ils commencent le set, les Magic Numbers nous proposent le rôle de leur vie. Leur musique est insupportablement belle, parfaite. Musicalement. Harmoniquement. Devant la scène, les gens se serrent et chantent à l'unisson les comptines power-flower des Anglais. Les hymnes du premier album s'égrènent comme autant de pépites tubesques : le premier single, « Forever Lost », le Mayfieldien « Don't Give Up The Fight » ou l'improbable « I See You, You See Me », où la voix d'Angela Ganon s'étire a cappella. Pour l'instant, cette fille a essentiellement un rôle de faire-valoir de Romeo. Mais elle dispose d'une voix unique, à faire crouler l'industrie du disque. Prions qu'elle résiste à l'appel des billets verts… Car son groupe est fabuleux, magique. Les Magic Numbers, justement, sont anglais mais leurs influences dépassent largement les frontières de la Prude Albion. C'est l'Amérique profonde : les grandes étendues du Nord mais aussi la soul Motown de Detroit. Cependant, l'empreinte nationale des Numbers se reconnaît dans les mélodies sucrées, balancées au détour de trois accords. Pour preuve : l'entêtant refrain de « Love's A Game » recouvre les parois du dôme de la Rotonde et laisse retomber d'infimes gouttelettes de bonheur. Le concert se termine sur les notes de « Hymn For Her ». Quelques minutes d'obscurité, de bruits et d'éclats de rire poussent les Magic Numbers au rappel. Sa croix en bois pendue autour du coup, Sean Ganon s'assied aux abords de sa batterie. Clope au bec, il observe, songeur, ses fidèles, cette assemblée aseptisée – régulièrement un surveillant rigoriste de l'humble institution vient rappeler aux spectateurs qu'il est formellement interdit de s'asseoir et de fumer. Bientôt, il sera interdit de boire et d'applaudir… - Aux avant-postes, Romeo, Angela et Michele se lancent dans une reprise de… Beyoncé : « Crazy In Love ». Les poils se hérissent de plaisir. La cover enfonce irrésistiblement le clou. Une version simplifiée, à faire pâlir une colonie de Black Eyed Peas. Suit alors un hit en or massif, « Mornings Eleven ». Le public est aux anges. Romeo, en digne porte-parole des Magic Numbers, le clame haut et fort : ils se souviendront longtemps de ce passage en Belgique ! Pour l'occasion, ils entament « Close Your Eyes », morceau d'une naïveté confondante, écrite par Romeo pour les Chemical Brothers (ce titre se trouve sur le dernier « Push The Button »). Le final revient à « This is a new song. A wonderful one, especially for you » au cours duquel Romeo et Michele se livrent un duel fratricide. La basse contre la guitare. La sœur contre le frère. Une bagarre psychédélique tumultueuse à en sucer des barres de LSD. Voilà donc l'histoire d'une salle comble comblée par un concert d'une précision d'orfèvre. Un grand numéro !

 

Elvis Perkins

Elvis au pays des merveilles

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L’ABClub était clairsemé ce samedi soir. Et pourtant, il accueillait le projet ‘Elvis Perkins in Dearland’, un projet conduit par Elvis Perkins, folkeux qui gagne à être connu. Il avait d’ailleurs déjà fait ses preuves en février dernier sur la grande scène de l’AB, en ouverture des incontournables Cold War Kids et de Clap Your Hands Say Yeah. Un bon souvenir.

Après une première partie assurée par le groupe belge Mel Dune dont la prestation s’est révélée assez moyenne, Elvis Perkins débarque sur scène. A 21h précises. Pour présenter son excellent premier ouvrage, « Ash Wednesday ». Le set s’ouvre sur un « Moon Woman 2 » touchant, à l’image d’un homme que la tragédie n’a pas épargné. Il est ensuite rejoint par trois musiciens et l’ensemble enchaîne par « All The Night Without Love » et « Emile’s Vietnam In The Sky ». Le batteur s’est ensuite littéralement déchaîné à l’aide d’un tambourin lors d’un nouveau morceau au cours duquel il a bousculé volontairement, mais gentiment, un violoncelliste que l’on aurait cru sorti tout droit d’un clip d’ABBA. Pendant une petite heure de show plutôt classique mais très bon enfant, le quatuor dispensera les excellents « May Day ! », « Ash Wednesday » et autres nouvelles compos dont une reprise élégante du classique des Ronettes, « Be My Baby ». Perkins boucle sa prestation par un court rappel constitué de « Doomsday » et « While You Were Sleeping ». Une bien jolie manière de clôturer la soirée avant de retrouver les bras de Morphée…

(Organisation : AB)

Rammstein

Tout feu tout flamme...

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Pour celles et ceux (NDR : comme moi) qui avaient manqué la prestation de Rammstein au Sportpaleis d'Anvers, l'occasion était belle d'aller les applaudir outre-Quiévrain. Au Zénith de Lille, très exactement. Un endroit qui a tout pour plaire : accès facile depuis l'autoroute, parking et sortie aisée, organisation irréprochable, configuration de la salle adaptée et son plus que correct pour une salle de grande capacité … Bon, il est vrai que la chope à 3€ minimum refroidit quelque peu les portefeuilles. Ce qui explique pourquoi il ne se forme pas de file aux bars ; mais le reste a largement de quoi faire concurrence à nos salles belges de grande capacité. D'ailleurs, en pénétrant sur le parking, on dénombrait autant (NDR : si pas plus) de plaques belges que françaises.

A 20h pile, Apocalyptica monte sur scène. Une formation finlandaise (NDR : d'Helsinki, très exactement) qu'on pourrait comparer à Bond. A cause de leur enthousiasme et de leur vitalité débordante. Mais la comparaison s'arrête ici. D'abord, pas de trace de jolies pin-up qui triturent leurs violoncelles chez Apocalyptica, mais bien quatre authentiques hardeux qui secouent leurs crinières blondes ou brunes ; et dont le drummer déchaîné donne constamment le tempo. Evoluant au sein d'un décor sobre mais insolite (NDR : placés sur le devant de la scène – infrastructure Rammstein oblige ! - 4 cercueils leur servent de sièges) le groupe scandinave ne fait pas que de la figuration. Il ne lui suffira d'ailleurs que de 2 ou 3 titres pour recueillir les acclamations du public. Aucune parole, mais quelques mots de présentation entre les morceaux. Tant leurs propres compos (« Sad but true ») que les reprises sont magistrales. Et en particulier celles de classiques signés Metallica (NDR : il m'a semblé reconnaître des covers de Slayer et de Sepultura également). Des versions très personnelles et originales qui vont d'abord surprendre l'assistance avant de le convaincre à entrer dans leur univers sonore. Et la qualité de leur prestation n'y est pas pour rien.

Après une bonne demi-heure d'attente, les lumières s'éteignent. Vêtus d'une tenue de bureaucrate 5 ou 6 personnes du crew éclairent le public de leurs torches électriques pour chauffer la salle, sur fond de bande sonore qui aurait pu sortir tout droit d'un vieux film de science-fiction. Après quelques minutes, le public est chauffé à blanc. Et le rideau tombe : voici Rammstein. On reconnaît les notes de « Reise reise ». Les musiciens sont juchés sur des bidons métalliques de 3 mètres de hauteur (NDR : pour l'instant les spectateurs du balcon sont les mieux placés !). Le décor est planté : semi industriel, semi caverneux. Un décor qui est peut-être également conçu pour rappeler les origines prolétaires est-allemandes de la plupart des membres du groupe. Mais on s'en doute, le show ne sera pas statique. Et c'est d'ailleurs par un sas central sis au rez-de-chaussée que Till Lindemann fait son entrée. Si on sent le groupe bien rodé, le chant est bien meilleur que lors de leur passage à Werchter. Par contre, l'entrée en matière n'abuse pas des effets techniques. Pas pour bien longtemps, car dès le second titre (« Links 2,3,4 ») la scène (et le public) s'embrasent. Le feu d'artifice peut commencer ! Si certains larrons disparaissent de la scène pour « Feuer Frei », leur absence n'est que de courte durée, car ils reviennent munis de masques à gaz. Ils continuent pourtant à  chanter et à jouer. Puis commencent à pencher la tête. A trois. Répartis sur la scène. Et on se doute bien de la suite des événements : la mise en marche des traditionnels lance-flammes ! Toujours aussi impressionnant ! De leurs masques à gaz s'échappent 3 flammes géantes qui se rejoignent. Et vous pouvez me croire : à une vingtaine de mètres de la scène on ressentait très fort la chaleur qui se dégageait. Alors imaginez sur les planches ! Ces six gaillards allemands on vraiment du cran pour résister à ce type de pyrotechnie… Le groupe enchaîne ensuite par quelques morceaux issus de son dernier opus : « Morgenstern », « Stein um stein », « Los » ou encore « Moskau ». Pas de trace cependant d'un titre plus ancien comme « Tier » (NDR : dommage car il passe vraiment bien en 'live' !). Histoire de démontrer que le groupe est composé de véritables musiciens, il nous réserve l'une ou l'autre chanson semi acoustique. Et puis pour mettre un peu de piment dans le set, le claviériste effectue quelques pas de danse très personnels avant de réduire son clavier en pièces. Un Christian 'Flake' qui est un peu l'habituelle tête de Turc. Habillé en garçon boucher et armé d'un long couteau (NDR : dont il se sert également comme micro) Till le poursuit, pour le faire rôtir dans une grande marmite sur le titre « Mein teil » ! Et l'ambiance monte encore d'un cran, surtout chez les fans de la première heure, lorsque le groupe attaque « Du Riecht so Gut ». Till se sert alors de son arc rituel pour décocher des fusées qui sifflent au rythme de la compo, pendant que les guitaristes ajoutent leurs effets visuels à l'aide d'un lance-projectile fixé à leur bras droit. A peine remis de nos émotions, Rammstein enchaîne par un autre classique : « Du Hast ». « Du… du hast…du hast mich» scande le public en chœur. Et Till a plus d'une corde à son arc pour allumer un nouveau feu d'artifice qui traverse toute la salle. Impressionnant ! Et on n'est pas au bout de nos surprises. Toute une série de flammes embrase le devant de la scène pour accompagner le refrain « Nein ». Qu'embraie une seconde salve, à l'arrière, sur le second « Nein ». Nos yeux et nos oreilles n'ont pas le temps de se reposer que « Sehnsucht » nous est balancé à la figure ! Dès les premiers accords, on reconnaît « We're living in Amerika ». Le summum du spectacle ! Et les mots me manquent pour décrire la frénésie au sein de laquelle le public est plongé, lorsque Rammstein le rejoint. Le public chante en cœur. Les effets pyrotechniques se succèdent à une cadence infernale jusqu'au bouquet final digne des plus grands shows organisés lors des élections US. D'immenses projecteurs reproduisent de mini banderoles aux couleurs bleu/blanc/rouge au sein de l'arène : un vrai délire ! Tout au long du show des spectateurs et surtout des spectatrices perdent connaissance. Et le service d'ordre n'a d'autre solution que de les évacuer. Passée la tempête, le premier rappel a permis d'en revenir à un certain calme. Encore que « Rammmm-Steinnn » est encore parvenu à nous inciter à chanter en chœur, pendant que nous pratiquions le 'head-banging'. Mais lors du second, les applaudissements se sont mêlés à quelques sifflets. En cause ? Le retour d'Apocalyptica, sur scène. Pas de quoi fouetter un chat cependant, puisque le groupe est encore parvenu à nous balancer des versions peu banales de « Ich will » ou de « Stripped ». Si vous découvrez Rammstein à travers cet article ; et surtout si vous n'avez jamais pu assister à un de leurs sets live, je vous invite à ne plus passer à côté de ce spectacle hors du commun. Il vaut largement son pesant d'or. Ou plus exactement sa trentaine d'euros. David Copperfield ou d'autres productions attachées au concept 'son et lumière' pourraient même être relégués au stade de la série B.

 

The Magic Numbers

Un concert d une précision d'orfèvre...

Écrit par

Ce soir, le lieu de réception des Magic Numbers est restreint. C'est évident, la Rotonde ressemble à un petit chaudron, le charbon en moins, la boule à facettes en plus. N'empêche, l'endroit est bouillant. Le feu s'est déclaré dans les pages des magazines anglais, il y a quelques semaines. Depuis, il ne cesse de gagner du terrain. De fait, le public attend ardemment ces nouvelles figures de proue de la pop moderne. Mais il lui faudra encore patienter…

En guise d'apéro, un combo garage suédois : Shout Out Louds. Une fille pour quatre garçons, le combat est inégal. Mais l'audience se régale. Le quintette badigeonne sa musique en mode binaire. Une bonne dose de garage rock traverse ainsi une assemblée vouée au culte de Simon & Garfunkel. Dans la fosse, les décharges électriques mêlées de Moog reçoivent un bon accueil. Les Shout Out Louds ne jouent pas dans la même catégorie que les Magic Numbers mais s'imposent d'emblée comme une très bonne première partie. Ce n'est pas ça qui va calmer la micro masse compacte : tout le monde trépigne d'impatience à l'idée d'entrevoir la barbe de Romeo Stodart...

Il est 21 heures. L'intensité des projecteurs devient crépusculaire. Quatre ombres voltigent alors sur scène sous un tonnerre d'applaudissements. Lorsque la lumière s'épanche à nouveau sur la Rotonde, les Magic Numbers se tiennent derrière leurs instruments. A droite, Michele Stodart (la sœur de Romeo), les doigts crispés sur sa basse, regarde anxieusement Angela Ganon, postée à l'autre extrémité de la scène. Au fond, le frère d'Angela, Sean, s'installe paisiblement à la batterie. Romeo Stodart sourit béatement. Encore un peu, on lui accorderait volontiers un rôle dans le « Huitième Jour ». Mais lorsqu'ils commencent le set, les Magic Numbers nous proposent le rôle de leur vie. Leur musique est insupportablement belle, parfaite. Musicalement. Harmoniquement. Devant la scène, les gens se serrent et chantent à l'unisson les comptines power-flower des Anglais. Les hymnes du premier album s'égrènent comme autant de pépites tubesques : le premier single, « Forever Lost », le Mayfieldien « Don't Give Up The Fight » ou l'improbable « I See You, You See Me », où la voix d'Angela Ganon s'étire a cappella. Pour l'instant, cette fille a essentiellement un rôle de faire-valoir de Romeo. Mais elle dispose d'une voix unique, à faire crouler l'industrie du disque. Prions qu'elle résiste à l'appel des billets verts… Car son groupe est fabuleux, magique. Les Magic Numbers, justement, sont anglais mais leurs influences dépassent largement les frontières de la Prude Albion. C'est l'Amérique profonde : les grandes étendues du Nord mais aussi la soul Motown de Detroit. Cependant, l'empreinte nationale des Numbers se reconnaît dans les mélodies sucrées, balancées au détour de trois accords. Pour preuve : l'entêtant refrain de « Love's A Game » recouvre les parois du dôme de la Rotonde et laisse retomber d'infimes gouttelettes de bonheur. Le concert se termine sur les notes de « Hymn For Her ». Quelques minutes d'obscurité, de bruits et d'éclats de rire poussent les Magic Numbers au rappel. Sa croix en bois pendue autour du coup, Sean Ganon s'assied aux abords de sa batterie. Clope au bec, il observe, songeur, ses fidèles, cette assemblée aseptisée – régulièrement un surveillant rigoriste de l'humble institution vient rappeler aux spectateurs qu'il est formellement interdit de s'asseoir et de fumer. Bientôt, il sera interdit de boire et d'applaudir… - Aux avant-postes, Romeo, Angela et Michele se lancent dans une reprise de… Beyoncé : « Crazy In Love ». Les poils se hérissent de plaisir. La cover enfonce irrésistiblement le clou. Une version simplifiée, à faire pâlir une colonie de Black Eyed Peas. Suit alors un hit en or massif, « Mornings Eleven ». Le public est aux anges. Romeo, en digne porte-parole des Magic Numbers, le clame haut et fort : ils se souviendront longtemps de ce passage en Belgique ! Pour l'occasion, ils entament « Close Your Eyes », morceau d'une naïveté confondante, écrite par Romeo pour les Chemical Brothers (ce titre se trouve sur le dernier « Push The Button »). Le final revient à « This is a new song. A wonderful one, especially for you » au cours duquel Romeo et Michele se livrent un duel fratricide. La basse contre la guitare. La sœur contre le frère. Une bagarre psychédélique tumultueuse à en sucer des barres de LSD. Voilà donc l'histoire d'une salle comble comblée par un concert d'une précision d'orfèvre. Un grand numéro !

Low

Comme si demain n'existait pas...

Il y a trois ans, dans une église située en plein centre de Louvain, résonnaient les arpèges lents et douloureux de Low, trio baptiste à l'aura incandescente, géniteurs sensibles d'un genre aujourd'hui adoubé par tous les gobeurs d'anxiolytiques : le slowcore. Un rock pesant mais lumineux, surtout dans la tourmente. Et de ce brouillard électrique surgissait, le temps d'une messe spectrale, l'image d'une musique fébrile, en prise directe avec le cœur. A l'intérieur chacun priait, que ce spectacle dure à jamais.

Ancienne Belgique, 2005 : Alan Sparhawk, Mimi Parker et Zak Sally sont de retour avec un nouvel album, « The Great Destroyer », plus rock et plus tendu, mais toujours aussi gracieux. « Monkey » en ouverture, et déjà l'ambiance est à l'anesthésie : percussions ouateuses mais insistantes (Mimi au milieu de ses deux hommes, debout derrière ces fûts – une Moe Tucker des temps modernes), riffs qui bourdonnent, chant presque liturgique. Le public, subjugué, arrête de boire et de parler, pour contempler cet instant en suspens : Rubens en aurait fait un surprenant tableau. Scènes de foi. En un rock qui prend aux tripes, parce qu'il envisage sans ego la détresse sentimentale : Low, c'est du Tranxène sonique pour romantiques en herbe, de la morphine rythmique pour ralentir l'excitation. Il faut tâter de ce pouls, de temps en temps, pour se rappeler combien 'rien ne sert de courir…', surtout qu'autour de nous le monde sature. Kundera-Low, même combat ? La lenteur comme répit, face au dépit ressenti chaque jour par chacun, qu'il soit sentimental, professionnel, existentiel. Sur scène, Low déballe ses nouveaux titres (« California », « Silver Rider », « When I Go Deaf », « Everybody's Song »,…) dans l'urgence, comme si demain n'existait pas. « Amazing Grace » sonne l'heure de l'hostie : nos péchés expiés, on se rappelle notre mortalité, et donc la vie. Avant d'être notre oraison funèbre, la musique captivante de Low rythmera encore souvent nos crises de doutes. Et même de joie. La destruction est en chacun de nous, indissociable de toute (r)évolution.

Broken Social Scene

La parfaite osmose entre une somme d'individualités...

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Fondé par Emily Haines (NDR : la fille du poète Paul Haines, personnage qui a notamment écrit pour Carla Bley, Robert Wyatt et Albert Ayler) et le guitariste James Shaw, Metric compte aujourd'hui 8 années d'existence. Duo à l'origine, cette formation canadienne a depuis recruté un drummer (Joules Scott-Key) et un bassiste (Joshua Winstead). Emily a en outre collaboré à l'enregistrement du dernier opus de Broken Social Scene, « You forgot it in people ». Les deux albums commis à ce jour par Metric (« Grow up and blow away » et « Old world underground, where are you now ? ») privilégient les synthés et l'électronique. J'étais donc très curieux d'entendre ce que le quatuor allait nous réserver sur les planches. Et je dois avouer que j'ai été agréablement surpris. Parce que le groupe donne une toute autre dimension (NDR : ou un autre système, si vous préférez !?!?!?) de son répertoire sur scène. Plus rock, plus groovy, plus excitante, plus dansante. Les trois autres musiciens assument parfaitement leur mission de fil conducteur. Barbes de trois jours, le guitariste et le bassiste ont presque l'air de jumeaux ! Emily chante et se réserve bien sûr les synthés. Très sexy dans sa mini robe effilochée, elle partage ses deux rôles avec énormément de conviction, enfonçant les touches de ses claviers avec une frénésie presque 'garage' ! (NDR : qui a dit sauvage ?)

Kevin Drew monte sur les planches. Seul. Il entame une conversation avec le public, demandant notamment qui parmi les spectateurs avait participé à leur dernier concert accordé à l'AB, l'an dernier. Puis il appelle les musiciens. Pour les présenter au public. Un à un. Avant de les étreindre comme s'ils ne s'étaient plus vus depuis 6 mois. Formation canadienne à géométrie variable, Broken Social Scene repose bien sûr sur une base fixe : Kevin, Brendan Canning, Jason Colet, Andrew Whiteman et Justin Peroff. Encore que chacun d'entre eux possède ses propres projets alternatifs. Aussi, il n'est pas étonnant que suivant les circonstances on remarque la présence ou l'absence de tel ou tel autre musicien. Ce soir au Bota, le line up comptera 11 personnes au maximum, dont la chanteuse Emily Haines. Car selon les compositions, le line up varie. Sans oublier que les musiciens sont capables de changer d'instrument. Kevin passant ainsi de la guitare au clavier. Parmi la flopée de guitaristes (jusque 6 !), trois sont également capables de se consacrer aux cuivres (NDR : un régal pour les oreilles !). Quant aux lead vocaux, ils sont partagés invariablement entre Kevin (NDR : un remarquable qui n'est sans doute pas assez mis en évidence !), Brendan, Andrew et Emily. Sans oublier les claviers au sol (NDR : bien cachés, mais bien présents !). Et le set s'ébroue en douceur, comme si le groupe avait le dessein de nous plonger dans une ambiance relaxante. Puis, peu à peu, l'intensité monte. Et le groupe d'interpréter la quasi-totalité des chansons de son dernier album : « KC accidental », « Stars ans sons », « Looks like the sun »,  « Cause = time » (NDR : ma préférée !), « Lover's spit » ainsi qu'« Anthems for a seventeen old girl », caractérisée par ce chuchotement trafiqué d'Emily. Et une nouvelle ! Qui mettra en présence 6 guitares et une basse. Sans se marcher sur les pieds. Un régal ! Une heure et demie de spectacle au cours duquel ils vont étaler tout leur charisme, leur passion et leur enthousiasme. Sans jamais tomber dans le chaos, même si en final on va entrer dans un délire psychédélique absolument génial. On avait même l'impression qu'un des guitaristes déversait son feedback dans un des diffuseurs. Le plus étonnant, c'est qu'aucun instrument n'étouffe l'autre. Chacun d'entre eux a son importance et participe à créer l'équilibre de la chanson. Une somme d'individualités qui se fondent dans un collectif pour entrer en parfaite osmose. Le tout dispensé par des musiciens talentueux qui prennent un plaisir évident à se produire sur scène. Ah oui, il y a eu un rappel. Mais bon, c'était prémédité. N'empêche, quel concert !

 

Metric

Le système Metric

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Fondé par Emily Haines (NDR : la fille du poète Paul Haines, personnage qui a notamment écrit pour Carla Bley, Robert Wyatt et Albert Ayler) et le guitariste James Shaw, Metric compte aujourd'hui 8 années d'existence. Duo à l'origine, cette formation canadienne a depuis recruté un drummer (Joules Scott-Key) et un bassiste (Joshua Winstead). Emily a en outre collaboré à l'enregistrement du dernier opus de Broken Social Scene, « You forgot it in people ». Les deux albums commis à ce jour par Metric (« Grow up and blow away » et « Old world underground, where are you now ? ») privilégient les synthés et l'électronique. J'étais donc très curieux d'entendre ce que le quatuor allait nous réserver sur les planches. Et je dois avouer que j'ai été agréablement surpris. Parce que le groupe donne une toute autre dimension (NDR : ou un autre système, si vous préférez !?!?!?) de son répertoire sur scène. Plus rock, plus groovy, plus excitante, plus dansante. Les trois autres musiciens assument parfaitement leur mission de fil conducteur. Barbes de trois jours, le guitariste et le bassiste ont presque l'air de jumeaux ! Emily chante et se réserve bien sûr les synthés. Très sexy dans sa mini robe effilochée, elle partage ses deux rôles avec énormément de conviction, enfonçant les touches de ses claviers avec une frénésie presque 'garage' ! (NDR : qui a dit sauvage ?)

Kevin Drew monte sur les planches. Seul. Il entame une conversation avec le public, demandant notamment qui parmi les spectateurs avait participé à leur dernier concert accordé à l'AB, l'an dernier. Puis il appelle les musiciens. Pour les présenter au public. Un à un. Avant de les étreindre comme s'ils ne s'étaient plus vus depuis 6 mois. Formation canadienne à géométrie variable, Broken Social Scene repose bien sûr sur une base fixe : Kevin, Brendan Canning, Jason Colet, Andrew Whiteman et Justin Peroff. Encore que chacun d'entre eux possède ses propres projets alternatifs. Aussi, il n'est pas étonnant que suivant les circonstances on remarque la présence ou l'absence de tel ou tel autre musicien. Ce soir au Bota, le line up comptera 11 personnes au maximum, dont la chanteuse Emily Haines. Car selon les compositions, le line up varie. Sans oublier que les musiciens sont capables de changer d'instrument. Kevin passant ainsi de la guitare au clavier. Parmi la flopée de guitaristes (jusque 6 !), trois sont également capables de se consacrer aux cuivres (NDR : un régal pour les oreilles !). Quant aux lead vocaux, ils sont partagés invariablement entre Kevin (NDR : un remarquable qui n'est sans doute pas assez mis en évidence !), Brendan, Andrew et Emily. Sans oublier les claviers au sol (NDR : bien cachés, mais bien présents !). Et le set s'ébroue en douceur, comme si le groupe avait le dessein de nous plonger dans une ambiance relaxante. Puis, peu à peu, l'intensité monte. Et le groupe d'interpréter la quasi-totalité des chansons de son dernier album : « KC accidental », « Stars ans sons », « Looks like the sun »,  « Cause = time » (NDR : ma préférée !), « Lover's spit » ainsi qu'« Anthems for a seventeen old girl », caractérisée par ce chuchotement trafiqué d'Emily. Et une nouvelle ! Qui mettra en présence 6 guitares et une basse. Sans se marcher sur les pieds. Un régal ! Une heure et demie de spectacle au cours duquel ils vont étaler tout leur charisme, leur passion et leur enthousiasme. Sans jamais tomber dans le chaos, même si en final on va entrer dans un délire psychédélique absolument génial. On avait même l'impression qu'un des guitaristes déversait son feedback dans un des diffuseurs. Le plus étonnant, c'est qu'aucun instrument n'étouffe l'autre. Chacun d'entre eux a son importance et participe à créer l'équilibre de la chanson. Une somme d'individualités qui se fondent dans un collectif pour entrer en parfaite osmose. Le tout dispensé par des musiciens talentueux qui prennent un plaisir évident à se produire sur scène. Ah oui, il y a eu un rappel. Mais bon, c'était prémédité. N'empêche, quel concert !