Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Dernier concert - festival

The Cure
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Miguel Anga Diaz

Une fin de set sacrifiée sur l'autel de la danse...

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C'est dans une ABBox clairsemée que la Brésilienne Cibelle est venue présenter son deuxième album. Intitulé « The Shine Of Dried Electric Leaves », il devrait bientôt atterrir dans les bacs des disquaires. Le single « London London », auquel a participé Devendra Banhart, commence à se frayer un chemin dans les playlists des radios nationales. Il est chargé de faire connaître un peu plus du grand public une chanteuse qui n'a jusqu'ici touché que les amateurs de nouvelle pop brésilienne.

Trois musiciens accompagnent la donzelle habillée de noir pour l'occasion : un batteur et deux guitaristes. L'un d'eux n'est autre que Mike Lindsay, préposé aussi à l'électronique et coauteur (avec Cibelle) de la majeure partie des titres du nouvel album. Certains d'entre vous en ont peut-être déjà eu un avant goût à l'écoute du quatre-titres « About A Girl », paru il y a quelques mois. Le concert débute par ce mélange d'avant-garde électronique et de bossa nova propre à la chanteuse, qui pour ce soir semble avoir du mal à entrer dans son concert. La faute peut-être à une salle un peu trop grande pour sa musique intimiste ou alors à l'éclairagiste de l'AB qui devait s'être endormi sur sa table pour ne laisser qu'une bien triste lumière blanche éclairer une bonne partie du concert, avant que Cibelle le prie gentiment de varier ses effets. La chanteuse lance des boucles vocales dans un de ses micros et se sert de ce tapis pour poser sa voix sur des chansons vaporeuses qui se disloquent aussi soudainement qu'elles sont apparues, renforçant l'atmosphère rêveuse déjà présente sur les disques. Les musiciens ne semblent pas être tout à fait à l'aise lorsqu'ils jouent sur les bandes pré programmées de Mike Lindsay. C'est quand l'électronique passe à l'arrière plan que la magie opère. La musique se simplifie alors dans des structures plus pop qui permettent à la magnifique voix de Cibelle de s'imposer, moments malheureusement un peu trop rares dans ce concert en demi-teintes…

Après un rappel expédié en vitesse, Cibelle laisse la place au groupe du percussionniste cubain Miguel 'Anga' Diaz. L'homme possède un solide cv : Irakere, Afro Cuban All Stars, et d'innombrables collaborations. Il vient défendre son album « Echu Mingua », paru en 2005 chez World Circuit. Une œuvre hybride où l'homme touche au funk et le marie aux éléments latins. Plus chaleureux et visiblement contents d'être là, les musiciens livrent une première partie de concert irréprochable. Dee Nasty, dj symbole du hip-hop français, est aux platines et balance des scratches inspirés tout au long du concert. Il en va de même pour les autres musiciens (chant, contrebasse, trompette, instruments traditionnels africains et congas joués par Baba Sissoko) qui se lanceront pendant une heure dans des joutes musicales jamais gratuites et pratiqueront du latin jazz de  tout premier ordre. Seulement voilà les personnes présentes sont quand même là pour danser et le groupe finira par se sacrifier à jouer des titres un peu plus accessibles ; loin d'être indignes, mais quand même beaucoup plus convenus.

 

The BellRays

Il émane bien quelque chose de punk des Bellrays…

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Si les spectateurs accueillent quelquefois froidement les premières parties ou même les boudent, la grande foule se presse déjà dans la Rotonde pour accueillir The Experimental Tropic Blues Band (ETTB). Il faut dire que le trio belge constitue une des formations scéniques les plus incontournables de notre plat pays. Le look toujours aussi sobre, TETBB ne manque ni de classe, ni de punch. Issu du collectif Jaune-Orange, le trio carbure toujours au rock’n’roll 60’s, un r’n’r boosté à l’intensité ‘stoogienne’. Encore que parfois, leur musique me fait penser au John Spencer Blues Explosion. Une chose est sûre, leurs prestations scéniques s’inscrivent dans la lignée des tous grands. Nuance, le combo inocule dans son expression sonore, cette petite touche de second degré bien belge ; à l’instar de leur longue plaidoirie anti-tabagique d’un des deux chanteurs, proclamée lors de la présentation du titre déjà culte « Hellelujah » (extrait de l’album studio du même nom). Ce qui n’empêche pas le combo de consommer un panaché de saveurs totalement différentes (NDR : quoique la dose de bière versée dans le contenu, soit quand même généreuse). Dans un contexte référentiel plus contemporain, on pourrait imaginer ce cocktail plutôt réussi, naître d’un mélange de styles très noir/jaune/rouge. Passés au mixer, si vous préférez. Et plus concrètement, puisant ses influences chez Such A Noise, Arno ou Ghinzu. Encore que l’attitude des membres du combo se révèle plutôt hétéroclite. Le comportement assez ‘rentre dedans’ de Dirty Wolf est ainsi accentué par son timbre vocal rauque, alors que Boogie Snake semble cultiver une image davantage ‘Datsuns’. Enfin, apparemment plus posé, Devil D’Inferno, le drummer, parvient à allier sobriété et efficacité. Sans vraiment pouvoir expliquer comment ni pourquoi, si ce n’est peut-être en se référant au fameux compromis à la belge, le résultat est probant, et les applaudissements nourris de la foule accordés en fin de parcours, en sont la plus belle des démonstrations.

Originaire de Riverside (Californie), The Bellrays milite depuis 1992 et a connu des hauts et des bas. Adulés par les Inrocks (NDR : leur festival les a programmés en 2003), ils étaient presque retombés dans un quasi-anonymat. Leur présence, lors du dernier festival de Dour, n’avait guère marqué les esprits. Quoiqu’il en soit, quand la charismatique Lisa Kekaula déboule sur le podium, peu après 21 heures, la Rotonde est pleine à craquer. Bien que le concert ne soit pas ‘sold out’, on a l’impression d’être coincés comme à l’intérieur d’une (demi-)boîte à sardines.

Très vite le public est conquis. Il faut dire que Lisa sait comment s’y prendre pour l’haranguer. Elle descend très tôt dans la foule, la traverse, monte les marches des gradins, tout en n’hésitant pas à accoster l’un ou l’autre spectateur. Une vraie femme à poigne, comme on dit chez nous. Finalement la sauce prend. BobVennum nous balance ses riffs à la façon d’un J.Mascis, pendant que le bassiste se déchaîne sur son manche, tout en bondissant comme Flea. Et pendant ce temps, la voix chargée de swing ou tout en puissance de Kekaula épate la galerie.

Le set ne souffre d’aucun temps mort. La musique oscille allègrement du jazz au punk, nous invite à opérer une traversée à travers les Etats-Unis ou dans le temps, passant des 60’s aux 90’s sans la moindre difficulté, sans oublier de transiter par la prog des 70’s. C’est tout dire !

Un regret quand même. Après 1h30 de prestation, le public a réclamé, à juste titre, un rappel. Il ne sera jamais accordé. Et pourtant, l’ambiance était vraiment montée d’un cran lors des derniers morceaux du set, et cette fin trop brutale laissera un petit goût de trop peu. Mais qu’importe, car le timbre de voix de Lisa nous trotte définitivement en tête. Il est tellement proche d’une Tina Turner ou d’une Amy Winehouse, les frasques en moins ! Et c’est le moins que l’on puisse écrire, puisqu’à peine le concert terminé, la chanteuse rejoint le stand de vente de t-shirts, juste à la sortie de la salle, pour se charger personnellement du merchandising. Finalement, en grattant un peu, on se rend compte qu’il émane bien quelque chose de punk des Bellrays.

Si vous les avez manqués ou si vous souhaitez les revoir, bonne nouvelle : ils viennent de confirmer leur retour en Belgique le 12 juillet 2008, dans le cadre du festival ‘Les Ardentes’ de Liège.

Organisation Botanique

KT Tunstall

Un souffle de fraîcheur...

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KT Tunstall est de nationalité écossaise. Une dame ravissante et charmante qui s'était illustrée lors de sa première apparition au festival de Werchter. Elle y avait accordé un set d'excellente facture. Et sur la scène principale, excusez du peu ! 

Fruit d'un mélange de pop, de rock, de folk et de country, sa musique est attachante et mélancolique. Un style dominé par son vocal limpide, dont le timbre peut évoquer tour à tour Bonnie Raitt, Melissa Etheridge, Lucinda Williams, Suzanne Vega, Sheryl Crow ou Dido.

Ouvrant son set par 'Eye to the telescope', elle est parvenue à tenir le public en haleine pendant une bonne heure et demie. Flanquée d'un quatuor bien huilé, qui se partage orgue/piano, contrebasse, trompette et percussions, elle aligne pop songs mélodiques, subtiles et empreintes d'émotion, tout en se réservant la guitare. Faut dire que son répertoire est constitué de chansons intimistes, rafraîchissantes et vivifiantes. Dès les premiers accords, "Other side of the world" et l'hypnotique "Miniature disaster" recueillent les applaudissements du public. Tour à tour défileront ensuite le solide et enfiévré "Another place to fall", "Black horse et cherry tree", que la foule reprendra en chœur ainsi que le fragile "Silent sea", fragment balayé par le violoncelle. Dans un style plus atmosphérique, elle nous a gratifié de deux nouvelles chansons : "Girl'n'ghost" et "Dirty water". Solidement construit, "False alarm" s'achevait sous une forme très intense. Et en guise d'apothéose, elle nous a livré "Suddenly I see", un morceau gracile dynamisé par la double percussion. Une interprétation qui a reçu de vives acclamations.

Lors du rappel, KT s'est installée derrière le piano pour nous accorder une version originale, empreinte d'une grande sensibilité du "Fake plastic trees" de Radiohead. Et pour clore son set, elle s'est replongée au cœur de l'intimisme en nous concédant "Through the dark".

Energique et très à l'aise, KT Tunstall livre ses chansons avec grandeur d'âme et passion. Une prestation 'live' impressionnante ! Et son message est clair : 'I said don't look back, just keep on walking'.

En première partie, Willy Mason, s'est produit en solitaire. Après un début timide, son set est devenu progressivement plus énergique et chaleureux ; surtout lorsqu'il s'est décidé à lui imprimer un rythme plus soutenu. Et ma foi, les spectateurs semblent avoir apprécié son récital…

Traduction: Dominique Cordonnier (adaptation Bernard Dagnies)

Organisation: France Leduc Productions

 

Slayer

Face The Slayer

Tool et Mastodon le mercredi 8 et le vendredi 10 novembre, et Slayer entre les deux : si nos calculs sont bons ça fait trois jours de metal dans le bide, un acouphène enfin disparu après trois visites chez le nez gorge oreilles, et une envie funeste de repeindre notre salon en rouge sang et noir corbeau, après avoir relu la Bible.

On évitera de s'appesantir sur les prestations heavy metal de Children of Bodom et d'In Flames, ridicules dans leurs futes moule-bites…  « In Your face » : c'est pourtant le titre d'un des morceaux des Finlandais de Bodom, mais 'en pleine poire' on n'a reçu que des paquets de tignasses, le headbanging restant une valeur sûre chez les métalleux de tous poils.

A la pause pipi l'ambiance monte d'un cran, et tous ces valeureux cosaques de la chose trash d'entonner de vigoureux cris de guerre, car c'est le moment du 'plat de résistance', comme on dit en anglais. 'Slayer ! Slayer ! Slayer !': dans ce hall de foire qu'est le Branbanthal quelques hirsutes vident rapidement leur bière, avant de rajuster leur marcel en jean décoré d'écussons à la gloire de Metallifuckin'ca. Il fait noir et fiévreux, Slayer déboule et balance « Disciple », seul track de la période Bostaph : c'est parti pour une heure de riffs sanguinolents et de raclements massifs, un peu comme en quarante (la guerre, vous savez ?) Jeff Hanneman et Kerry King, tous deux postés à chaque extrémité de la scène, tronçonnent leur manche comme des forcenés de la branlette salvatrice. Dave Lombardo, revenu d'entre les morts après ses escapades chez Fantômas, martèle sa batterie avec force et précision : le son est bel et bien énorme, et les titres s'enchaînent sans qu'on ait le temps de dire 'Fuck yeaaaaah !' La guerre ? Slayer n'a jamais caché son intérêt pour l'esthétique martiale, détournant les codes du genre pour mieux les pervertir. Que ceux qui considèrent encore le groupe comme une bande de nazillons relisent leur cours d'histoire, car Slayer n'a rien du bazar facho pour décérébrés en manque de viande fraîche. « War Ensemble », « Jihad », « Cult » : sur l'écran défilent des images de Bush, de Ben Laden, de Riefenstahl et de tours jumelles qui s'écrasent. L'amalgame est dangereux, mais Slayer a toujours aimé jouer avec le feu, sans pour autant se compromettre. Un petit « Seasons in the Abyss » remet les pendules à l'heure, avant le doublon « Mandatory…. Suiciiiiiiide ! » (gueule le public) et « Dead Skin Mask ». Aux premiers rangs certains esprits s'échaudent, les poings volent en cadence et les mâchoires se tendent dans un rictus famélique. « Consfearacy » et « Eyes of the Insane » rappellent que les Américains viennent de sortir un bon disque (« Christ Illusion »), le meilleur depuis quasi quinze ans. Un tremblement de terre surgit alors aux tréfonds de nos tympans en berne : c'est « Raining Blood », hymne métal d'une violence inouïe, suivi des non moins cultissimes « South of Heaven » et « Angel of Death ». L'épitaphe est monstrueuse, et laisse pour mortes nos vertèbres cervicales. La fin des hostilités ? Nos quatre soldats quittent la scène après quelques remerciements, tandis qu'apparaît sur l'écran une photo de Dimebag Darrell, assassiné il y a deux ans. Heureusement qu'avec lui le metal n'est pas mort : la preuve par Slayer, 25 ans au compteur et toujours la 'niak'. Hell yeah !!!

Organisation Live Nation

Montevideo

Hot, Hotter, Hottest

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C'est dans le cadre très privé du bar de l'Atelier 240 que Montevideo présentait son premier album devant un public pour la majorité déjà conquis. Après un petit drink offert par la maison dans un hall d'entrée surpeuplé, direction le premier étage, où le groupe s'apprête à jouer un set court mais entraînant.

Là-haut, il fait au moins 40 degrés. Malgré la chaleur, le parterre, composé de personnalités (membres de Ghinzu, de Sold-out, etc.), semi personnalités et autres gagnants de concours, se serre afin d'apercevoir la minuscule scène au fond du bar. Après une petite introduction de Jean au clavier, les trois autres gaillards prennent place et voilà déjà que quelques groupies se mettent à hurler. Avec une énergie revigorante, Montevideo enchaîne les titres de leur disque éponyme pour un public assez enthousiaste mais que la chaleur croissante de la salle empêche de bouger. Les morceaux « Boys From Brazil », leur inévitable reprise du « London Calling » des Clash, « Groovy Station », « Sluggish Lovers » ou encore « Liberation For Women (Sexy Girl) » accompagné justement d'une jolie demoiselle aux chœurs, prouvent que le quatuor n'a pas volé sa réputation scénique. Entre les chansons, Jean s'adresse généralement au public en anglais. Ce que certains trouvent prétentieux n'en est pas moins pratique dans un pays comme le nôtre. Terminant le showcase sur un deuxième service de « Sluggish Lovers », Montevideo s'éclipse en remerciant toute leur équipe et son public, qui, même s'il n'aura pas vu grand-chose, semble, en général, repartir le sourire aux lèvres.

 

Candlemass

Sur les traces de Black Sabbath ?

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Accolé à la salle Hof Ter TO, que les fans de métal fréquentent régulièrement, le club Trix est un endroit cossu et moderne, d’une capacité de 472 personnes très exactement. Les lustres style dix-huitième contrastent avec les abats jours sixties suspendus à des grilles métalliques. Des fauteuils en cuir rouge invitent à se prélasser devant de larges baies vitrées avec vue sur la spacieuse terrasse. L’endroit a des allures de discothèque branchouillée, et les metal heads qui débarquent dans cet espace un peu insolite pour un tel événement se ruent sur le comptoir interminable du bar de la salle. L’organisation Heartbreaktunes, spécialisée dans le punk et le psychobilly, avait mis les petits plats dans les grands ce soir là, en invitant les maîtres incontestables du doom métal : Candlemass. Sulfureux combo suédois dont la dernière venue sur nos terres remonte à Mathusalem.

En ouverture, les Belges de Serpentcult débarquent sur la scène du Trix dans un fracas insupportable. Un larsen de plus de trois minutes en guise d’intro et un son d’une rare médiocrité nous invitent à nous replier vers le bar, même si la plastique de Michèle, chanteuse à la voix caverneuse, est loin de laisser indifférent Geoffrey Leonard, notre photographe pour l’occasion. Le sludge metal de Serpentcult fait souvent référence à Electric Wizard où à Blutch, mais juger de la qualité de leurs compos n’est pas chose aisée dans une telle cacophonie ! On a même aperçu un fan de Manowar prendre ses jambes à son cou, c’est dire…

Il est un peu plus de 22h, lorsque les premières notes de « Well of Souls » retentissent. Chacun pousse un ‘ouf’ de soulagement ! Le son est parfait. Robert Lowe (Solitude Aeternus) se défend plutôt bien derrière son micro. Succéder au charismatique et imposant Messiah Marcolin n’est pas une tâche à la portée de n’importe quel vocaliste. Mais le timbre de Low colle parfaitement au doom ténébreux de Candlemass. C’est un autre extrait du culte « Nightfall » qui s’enchaîne au morceau introductif. « At the Gallows end » et son riff dix tonnes provoque un headbanging général dans le club, tout comme le classique « Solitude », emprunté au non moins mythique « Epicus Doomicus Metallicus ». Après 20 minutes d’un show intense et sans bavure, le groupe se décide enfin à offrir à son public deux extraits du nouvel et excellent album « King of The Grey Islands ». Une plaque équilibrée, profondément plus enlevée que le classique « Epicus… », et moins foncièrement épique que « Nightfall ». « Emperor of the void » et l’immense « Devil Seed » font mouche ! Accrocheurs dans leurs chorus, progressifs par moment, riches en détails subtils, ces deux titres rendent grâce à Leif Edling, grand-prêtre de cette messe digne de Black Sabbath des grands jours. Le combo pousse même le mimétisme en plantant dans son décor scénique quatre croix lumineuses, à la manière de la bande à Iommi et consorts. Seul fragment issu de « Ancient Dreams », « Mirror Mirror » séduit par son atmosphère hypnotique. S’ensuivent deux morceaux de bravoure « Under the Oak » et « Sorcerers Pledge ». Des incontournables. Des titres taillés sur mesure pour la scène. « Samarithan », réclamé par la foule depuis le début du set, clôture la prestation des Suédois.

A l’issue du set, les avis sont partagés. Même si les musiciens sont toujours au sommet de leur art, certains déplorent l’absence de Messiah Marcolin. Il reste irremplaçable aux yeux des fans de la première heure. Mais ne tenait-on pas les mêmes propos lorsque RJ Dio a remplacé le Sieur Ozzy Osbourne au sein du Sab ? Ce bouleversement n’a pas empêché les géniteurs du doom métal d’accoucher d’un « Heaven and Hell » référentiel ! 

Organisation Trix 

 

Tony Joe White

Born on the bayou...

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Le Handelbeurs est un bâtiment historique. Un monument classé dont la plus ancienne partie remonte à 1739. La décoration intérieure a été restaurée, puis aménagée à l'aide des techniques les plus modernes pour offrir aujourd'hui son caractère contemporain. Une entreprise qui a été achevée en septembre 2002. La salle principale (442 m2) peut contenir 390 places assises mais surtout 800 places debout. La sonorisation est parfaite. En outre, cette structure ultramoderne s'adapte suivant les circonstances au spectacle. On se doute bien que les infrastructures ne servent pas qu'aux concerts pop/rock, mais la centaine de spectacles qui y sont programmés par an constitue manifestement l'activité majeure de cette salle. Qui dispose, en outre, d'un bar particulièrement vaste. Afin de vous rendre compte de l'architecture des locaux, vous trouverez quelques clichés en rubrique 'photos du public'.

Tony Joe White est une légende vivante. Il a composé, entre autres, pour Elvis Presley, Tina Turner, Ray Charles, Joe Cocker, Etta James, Hank Williams Jr. et même Johnny Hallyday (NDR : est-ce une référence ?) Et tourné en compagnie d'une multitude de mythes du rock et du blues, dont JJ Cale et Clapton, qui lui ont filé un petit coup de main, lors de la confection de son dernier album, « Uncovered ». De passage en Belgique pour trois dates, le Louisianais a joué à guichets fermés. Y compris lors de son set accordé au Handelbeurs de Gand. Une popularité acquise sut le tard. Surtout lorsqu'on sait qu'il compte aujourd'hui 63 balais.

Tony monte sur les planches en solitaire. Chapeau bien enfoncé sur le crâne, lunettes fumées, il s'assied sur un siège disposé à l'avant de la scène, branche sa guitare (NDR : il gardera la même râpe tout au long du concert) et pose un harmonica sur un rack. Le spectacle peut commencer. Après quelques titres, le citoyen d'Oak Grove est rejoint par un drummer : Jeff Hale. Pas n'importe qui, puisqu'il a sévi au sein du Jenning's Band. Un batteur qui allie efficacité, souplesse et vivacité. C'est tout juste s'il ne joue pas son propre show ! Le son est à la fois puissant et cool. Le baryton profond, musqué de White donne la chair de poule. Le swamp blues de TJW est insidieux, poisseux, ténébreux, hostile, venimeux, régulièrement hanté par son harmonica. Cependant, le Crocodile est vigilant et dispense ses riffs tranchants ou funkysants par giclées, lorsqu'il ne torture pas son instrument (NDR : la pédale wah wah !) à la manière de Jimi Hendrix ; mais en prenant toujours le soin de les sculpter dans le blues. Et puis, il est le maître du bayou. Aucune proie ne peut donc lui échapper… Les titres défilent : « Undercover agent for the blues », « Roosevelt and Ira Lee » (NDR : franchement on comprend mieux pourquoi il a influencé le Creedence Clearwater Revival !), « Saturday nite in oak groove, Louisiana », les blues lents « Did somebody make a fool out of you » et « Rainy night in Georgia », « Stud spider » qu'il parcourt d'onomatopées, ainsi que les inévitables « Cold fingers » et son tube « Polk salad Annie » qu'il réserve en fin de spectacle.

Le public en redemande, mais Tony Joe White se fera longuement attendre avant de revenir jouer trois morceaux dont l'excellent « Keeper of the fire », « (You're gonna) look good in blues » et « Steamy windows » sur un tempo tribal digne de Neil Young. Peu de titres issus de son dernier opus, et pas de trace du célébrissime « Groupie girl ». Une heure trente plus tard, le saurien se lève, salue la foule et disparaît dans son bayou...

 

Apse

A la porte des étoiles…

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Belle affluence à Courtrai, ce vendredi soir, puisqu’une assistance évaluée à 200 personnes s’était déplacée dans la nouvelle salle aménagée par De Kreun, en plein cœur de la capitale de Flandre occidentale, pour accueillir le ténébreux et atmosphérique quintet américain Apse (Newtown, Connecticut).

En première partie de soirée, Hawai, combo local emmené par Kurt Debrabandere, expérimentera durant une bonne demi-heure une forme de psychédélisme complexe, parfois difficile, teinté de jazz et de funk. Une musique lorgnant manifestement vers Tuxedo Moon, surtout lorsque le son du saxophone se liquéfie dans un spectre d’effets reverb et de sonorités métalliques tourmentées. Une solution sonore instrumentale complètement déstructurée, aux accents sydbarretiens, qui semble nous raconter des histoires… d’halloween peut-être ?

Il est un peu plus de 21h30 lorsqu’Apse monte sur les planches. Il est venu nous présenter son dernier opus « Spirit » (rien à voir avec le parti politique indépendantiste flamand !) Nous découvrons alors le visage d’un groupe resté très discret en termes d’image. Un profil étonnamment rock and roll. Le batteur est génial. Charismatiques, les deux guitaristes manient le manche avec le même talent et la même complicité que Kevin Shields et Belinda Bucher chez My Bloody Valentine. Le bassiste, Aaron Piccirillo, développe une puissance inversement proportionnelle à la taille (il ne doit pas dépasser le mètre soixante, mais il a une de ces pèches…) Et enfin, le chanteur Robert Toher, dont l’attitude nonchalante n’est pas sans rappeler un certain Ian Brown, se charge également des percus.

Apse nous annonce la couleur dès les premiers accords. Le public est de suite immergé dans l’univers noisy voire post rock des shoegazers, mais sur une rythmique tantôt ambient, tantôt ethnique, presque tribale, impulsée par les drums et les percussions. Le mur du son échafaudé par les six cordes évoque les Stones Roses alors que les inflexions vocales de Toher s’élèvent aussi haut que celles de Richard Ashcroft, lors de ses débuts chez The Verve. Les substances psychotropes n’y sont probablement pas étrangères (des pilules pour la gorge ?) Le spectre de My Bloody Valentine ne quittera jamais l’esprit de ce set jusqu’à son terme. A moins que ce ne soit celui de Spiritualized. Des monstres de la scène noisy-psychédélique du début des années 90 que le quintet est parvenu à faire revivre, à travers un set très contemporain, groovy et puissant, entrecoupé de passages expérimentaux. Apse s’est permis d’ouvrir la porte qui conduit aux étoiles pour accomplir un voyage entre passé et futur. Quel bonheur. Bien vite le nouvel album !

(Organisation De Kreun)