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The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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Dernier concert - festival

Epica - 18/01/2026
DEADLETTER

Kevin Morby

Aussi à l’aise au sein d’un groupe qu’en solitaire…

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Kevin Morby a marqué l’année 2019 de son empreinte, en gravant un superbe cinquième album intitulé “Oh my God”. Depuis, le Texan d’origine enchaîne les concerts en Europe et aux USA. Ce mardi soir, dans la nouvelle salle cosy du Grand Mix, Morby entame sa nouvelle tournée française. Pour la circonstance, il a laissé son backing group à la maison. Le public français (et belge) a répondu présent, puisque le club est comble.

Pour assurer la première partie, Kevin Morby a embarqué l’une de ses connaissances ; en l’occurrence Justin Sullivan (NDR : ne pas confondre avec le chanteur/guitariste et leader du New Model Army), aka Night Shop. Ce n’est autre que l’ex-drummer de The Babies, la formation au sein de laquelle Morby s’est fait connaître avant d’intégrer Woods. L’ancien batteur s’est donc concerti en songwriter. Justin grimpe sur les planches vers 20h30. Il est seul armé de sa sèche et va nous livrer des ballades bien folk. Ses morceaux baignent ainsi dans un style, il fallait s’en douter, qui rappelle Kevin Morby, mais dont les influences oscillent entre le Velvet Underground et Bob Dylan. Une parfaite entrée en matière pour cette soirée.

Vers 21h, les lumières s’éteignent. Vêtu d’un costume blanc floqué dans le dos du titre de son dernier opus, Kevin Morby monte seul sur l’estrade sous les applaudissements de la foule, et s’installe derrière son clavier. Et entame son set par “Oh My God”. Dès la chanson terminée, il enfourche sa guitare pour interpréter ses derniers tubes, dont “Congratulations”, “Hail Mary”, “Savannah” ou encore “Nothing Sacred/All Things Wild”. L’artiste parvient à contrebalancer le minimalisme instrumental par une imposante présence scénique. En outres ses compos sont d’une efficacité redoutable. Le natif de Lubbock prend manifestement plaisir à jouer de la gratte et sa joie est communicative. Après plus d’une demi-heure de récital, alors que l’atmosphère, au sein du club, est à son point culminant, Justin Sullivan, son ancien compère, le rejoint et s’installe derrière les fûts. Kevin Morby entame alors un survol de sa discographie en réservant notamment à l’auditoire des titres tels que “All of my Life” ou encore le superbe “I Have Been to the Mountain”. Au bout d’une heure de concert, les deux musiciens tirent leur révérence. Mais quelques minutes plus tard, ils reviennent sur le podium, pour accorder, en guise de rappel, “Harlem River”.

En un peu plus d’une heure, Kevin Morby a démontré qu’il était aussi à l’aise au sein d’un groupe qu’en solitaire. En outre, la richesse de son répertoire et ses qualités de musicien prouve qu’il figure parmi les meilleurs songwriters de sa génération…

(Organisation : Le Grand Mix)

Beak>

Un excellent concert… mais on n’a rien vu…

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Dans le cadre du vingtième anniversaire de l’Aéronef, les organisateurs ont eu l’excellente idée de programmer Beak> pour la modique somme de trois euros. A ce prix-là, pas étonnant que les places se soient écoulées rapidement. Ainsi, ce mercredi soir, le trio de Bristol investissait la salle lilloise (seule la moitié de la salle était accessible) alors qu’il n’a rien sorti depuis son excellent album simplement intitulé “>>>”, en 2018…

C’est TAU qui se charge d’ouvrir les hostilités. L’Irlando-allemand Sean Mulrooney est le leader de cette formation qui implique quatre autres musiciens et propose une forme de folk-rock psychédélique qu’elle enrichit de chants chamaniques, de percussions tribales, tout en laissant transparaitre des influences irlandaises… Le cocktail est surprenant et a le mérite d’attirer l’attention du public. Le groupe quitte la scène après une petite heure de set…

Il est 21h20 lorsque les lumières s’éteignent. La salle est comble. Geoff Barrow (ex-Portishead) est installé derrière ses fûts sur la gauche de la scène. Au centre, assis sur un siège, Billy Fuller se charge de la basse, alors que Matt William se plante à droite, derrière son synthé. Vu la hauteur insuffisante du podium, les opportunités de pouvoir apercevoir les musiciens sont plutôt minces. A moins d’avoir la taille d’un basketteur… Il faudra donc se contenter des quelques lumières ajustées sur les amplis et de la musique. Heureusement, en la matière, les trois Anglais excellent. Leur son est parfait et reconnaissable entre mille. Le band parvient à mêler subtilement électro et krautrock. Bien que n’ayant pas accès au spectacle visuel, le public semble transporté et nombreux sont les fans à se dandiner. A l’aide de riffs de basse tantôt hypnotiques, tantôt incisifs, une batterie précise et des claviers alternant les ambiances atmosphériques et les rythmes de club, Beak> parvient à subjuguer le public. Il enchaîne des titres d’une efficacité redoutable tels que « Wulstan II », « Brean Down » ou encore « Allé Sauvage ». Les Anglais se montrent même affables avec l’auditoire, en souhaitant, par exemple, un joyeux anniversaire à l’Aéronef ou en regrettant le Brexit à venir. Seule ombre au tableau, une petite altercation entre les musicos et un spectateur apparemment trop bavard lors de l’introduction de « When we fall II ».

Si la scène avait été réhaussée de quelques dizaines de centimètres, on aurait pu décréter une soirée parfaite. Néanmoins, il faut avouer que musicalement, Beak> évolue dans les hautes sphères du rock britannique…

(Organisation : Aéronef)

Ottla

Du jazz pour grand public…

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Issu du Nord de la Belgique Bert Dockx est un musicien hyperactif. Depuis de nombreuses années, il s’illustre à travers d’innombrables concerts et en soignant sa discographie. Dans un style qui oscille entre noise, jazz, blues, rock et folk. Que ce soit au sein de Flying Horseman ou de Dans Dans, le natif d’Anvers n’a jamais déçu. On avait dès lors hâte de découvrir son projet baptisé Ottla, un projet que l’artiste avait monté lorsqu’il était encore étudiant au conservatoire de Bruxelles. Une formation qu’il a ressuscitée pour le bonheur des aficionados. Si l’Anversois jouit d’une certaine notoriété sur la scène jazz/rock, il faut bien constater que ce mercredi soir, la Rotonde n’accueille qu’un public plutôt clairsemé.

Il est près de 21h15 lorsque les membres de Ottla grimpent sur les planches. Soit deux saxophonistes, un contrebassiste et deux drummers, outre Bert à la guitare. Et bien évidemment, c’est lui qui mène la barque. D’emblée, on se rend compte que les différents musicos possèdent de remarquables qualités techniques. D’ailleurs, jamais à l’abri d’improvisations opérées par le chef d’orchestre, ils suivent les échanges impeccablement. Les morceaux défilent et passent rarement sous les dix minutes. La contrebasse imprime un motif hypnotique sur lequel les saxophones et la guitare viennent se greffer pour lui donner du relief, tout en s’autorisant quelques coups de griffe. Les musiciens alternent moments paisibles et passages sublimes, tout en puissance. Ce qui ne les empêche pas, comme tout jazz band qui se respecte, de se réserver des intermèdes expérimentaux, laissant parfois l’auditoire totalement médusé. En une bonne heure, non seulement ils ont démontré la parfaite maîtrise de leurs instruments, développé de superbes riffs, prouvé que le jazz peut se révéler abordable et qu’il n’est pas uniquement réservé à une ‘élite’...

Si vous avez manqué ce concert, rassurez-vous, Bert Dockx sera de retour au Botanique au sein de son Flying Horseman, le 2 mai dans le cadre des Nuits Botanique.

(Organisation : Botanique)

The Colorist Orchestra

Une collaboration aventureuse qui ne manque pas de couleur…

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The Colorist Orchestra feat. Gabriel Rios

The Colorist Orchestra est un collectif dont la mission principale consiste à adapter le répertoire d'un artiste bien spécifique. A l’instar d’un coloriste pour un film ou une bande dessinée. Ce qui crée de nouveaux arrangements aux compositions existantes, dont le remix acoustique ou le karaoké inversé. Au cours des dernières années, la Brésilienne Cibelle, la Suédo-japonaise Sumie Nagano, l’Islandaise Emiliana Torrini (CCHA, 2015), l'Irlandaise Lisa Hannigan ou encore l'Américain Howe Gelb, lors de concerts inspirants et étonnants accordés sur de nombreuses scènes belges et internationales, ont participé à ces expérimentations. De projets initiés par les percussionnistes Kobe Proesmans et Aarich Jespers (NDR : les 2 chevilles ouvrières de Zita Swoon) mêlant des artistes pour lesquels ils ressentent une grande affinité. En concertation avec l'invité (NDR : ce soir, il s’agira de Gabriel Rios), ils se servent d'une gamme atypique d'instruments pour apporter de nouvelles nuances sonores aux compos… Il s’agit du deuxième concert réunissant le groupe et Rios ; le premier ayant été accordé à Malines…   

Keto assure le supporting act. De son véritable nom Leah Sanderson, cette jeune Britannique est responsable d’une musique folk plutôt classique, qu’elle interprète en s’accompagnant à la gratte électrique ou semi-acoustique, jouée en picking. Atmosphérique, sa voix constitue un tremplin pour l’élévation de l’âme, un peu dans l’esprit de Low, Aldous Harding, Julia Jacklin ou Simone Felice. Et empreint de mélancolie, son univers sonore est de toute beauté. Bref, si le set de Keto –d’une durée de 30 minutes– n’était pas de nature à dynamiter la soirée, il était propice aux rêves les plus étoilés… 

Place ensuite à The Colorist Orchestra et son projet le plus récent, opéré en compagnie du très distingué Gabriel Rios. Son pouvoir narratif comme auteur-compositeur et sa recherche constante de défis musicaux l’entraîne régulièrement entre Porto Rico, Gand, New York et Amsterdam, et finalement constitue le point de départ de cette collaboration aventureuse. Talentueux, Rios se sent aussi à l'aise dans l'électro/pop que dans les chansons dépouillées, sobrement accompagnées au piano, à la guitare, au violoncelle et/ou à la contrebasse.

Outre les multi-instrumentistes Kobe Proesmans et Aarich Jespers, qui se servent de percussions insolites, le line up implique Wim De Busser (piano, synthé, Hammond), Tim Vandenbergh (guitare, contrebasse), la leader d’Amatorski, Inne Eysermans (synthés, machines et programmations), ainsi que Jeroen Baert et Karel Coninx (violons). Gabriel, Aarich et Be Busser se plantent en ligne, devant les autres musicos. Le light show dirige ses faisceaux depuis le fond de la scène, communiquant un climat mystérieux, voire mystique, au spectacle. Bien équilibrée, la setlist mêle judicieusement ancien et nouveau répertoire.

L’adaptation de « Gold » est une véritable perle. Mais une perle à vous glacer le sang, voire à vous flanquer des frissons partout. La concentration est maximale au sein de la foule et le public féminin est prêt à craquer. Dans la fosse, on entendrait même une mouche voler. Quand Rios se limite au chant, sa gestuelle à la Joe Cocker impressionne. Et ses déhanchements autour du pied de micro sont proches de l’envoûtement. Il s’absente pendant de « Swing Low » et « Dreamlands », deux morceaux qui pourraient servir de B.O. à un film. Plus ancienne compo, « Angelhead » est probablement la version la plus proche de l’originale. Percus, clochettes et basse ronflante alimentent régulièrement l’expression sonore. Mais on sent bien que Proesmans et Rios jouent régulièrement ensemble. Caractérisé par son groove infectieux, le particulièrement ludique « Skip The Intro » déride l’auditoire. Rios brille tant au chant (NDR : il possède vraiment une voix unique) qu’à la gratte semi-acoustique. Et en rappel, Rios interprète deux titres en espagnol. Un idiome qui colle parfaitement à ses compos. On aimerait d’ailleurs que le Portoricain chante plus souvent dans sa langue natale… Le meilleur concert auquel votre serviteur ait assisté depuis le début de cette année…  

Setlist : « Madstone », « King », « Burning Son », « Apprentice, « Good World », « Angelhead », « Gold », « Skip the Intro », « Let the Gods Grow Jealous », « Straight Song », « Impediment », « Swing Low ».

Rappel : « Dreamlands », « Ausencia », « El Raton ». 

(Organisation : Ancienne Belgique)

While She Sleeps

Une véritable machine de guerre…

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Triple affiche, ce soir, puisque vont se succéder Vein, Everytime I Die et en tête d’affiche, While She Sleeps. Fondé en 2006, W.S.S est issu de Sheffield, en Angleterre. A l’origine, il réunissait 5 potes d’école, mais le chanteur, Jordan Widdowson, a été remplacé par Lawrence ‘Loz’ Taylor, en 2009. A son actif, quatre elpees, dont le dernier « So what », est paru en mars 2019, un album jugé par la critique, comme celui de la maturité. A l’instar de Bring me The Horizon, il est considéré comme un des acteurs majeurs du metalcore. Et la soirée est sold out…

Issu de Boston, Vein est chargé d’ouvrir les hostilités. Il est 19 heures, et il se produit face à un parterre plus que clairsemé. Le quintet réunit le chanteur Anthony DiDio, le drummer Matt Wood, le bassiste Lhaubouet ainsi que les guitaristes Jeremy Martin et Josh Butts. Il est venu défendre son dernier opus, « Errorzone », paru en 2018. Son style ? Un cocktail entre punk, metalcore, hardcore, qu’il a baptisé mathcore. « Ideation : Self-Destruct » ouvre le set, une compo au cours de laquelle les riffs des six cordes entretiennent un climat angoissant. Hurlé, le chant n’est guère mélodique. Bien que les gratteurs et le vocaliste déménagent sur les planches, la qualité médiocre du son n’est pas de nature à dynamiter le show… et surtout pousse votre serviteur à prendre l’air… (voir notre section photos ici)

Setlist : « Ideation : Self-Destruct », « Demise Automation », « Rebirth Protocol », « Heretic », « Progenitor ».

Every Time I Die embraie, Un combo fondé à Buffalo, dans l’Etat de New York, en 1998, par les frères Keith (chant) et Jordan Buckley (guitare). Depuis sa création, le line up a vécu de nombreux changements. Si la fratrie est toujours bien au poste, ainsi que le second gratteur Andrew Williams, il implique aujourd’hui le bassiste Stephen Micciche et le drummer Daniel Davison. Son dernier et huitième long playing, « Low Teens », remonte quand même à 2016. La formation va nous livrer un concert d’honnête facture sans plus. Pourtant, les musicos font le max pour faire la différence. De timides ‘circle pits’ se forment d’ailleurs dans la fosse, mais faute de light show, le set ne décollera jamais… (voir notre section photos )

Le grand rideau qui masque l’estrade s’ouvre sur While She Sleeps. « Anti-Social » entame le bal ; et dès le départ, on se rend compte qu’Adam Sauvage sert de carburant à une véritable machine de guerre. Que ce soit derrière ses fûts, aux claviers ou au MPD. Et son drumming libère une puissance phénoménale. Taylor a coupé ses cheveux et sa barbe, mais quand il pousse sa voix dans ses derniers retranchements, elle passe bien la rampe. Bref, il s’est manifestement bonifié dans l’exercice vocal. Constamment en contact avec son auditoire, il se vide littéralement les tripes, lorsqu’il ne se laisse pas porter par la foule. L’ambiance est électrique. Moshpits, wall of deaths, circle pits et crowdsurfing éclatent dans la fosse et ne cesseront qu’au bout du show. Les sonorités de grattes sont torturées, huileuses. La section rythmique est parfaitement soudée. Les interventions à la basse d’Aaran McKenzie sont vrombissantes ou dispensées en slap. Les riffs de 6 cordes se révèlent souvent écrasants et hypnotiques, mais toujours bien en phase avec les backing vocaux. Et les jeux de lumières impressionnants, quoique aveuglants, sont dignes de ceux proposés par Bring Me The Horizon. Moment intimiste quand même, le classique "Four Walls", au cours duquel la foule reprend le refrain en chœur. Bref, Les gourous du metalcore ont encore frappé… (voir notre section photos ici)

Setlist : « Anti-Social », « I'Ve Seen It All », « Inspire », « Civil Isolation », « Tropkies Of Violence », « Brainwashed », « Set You Free », « Fakers Plague », « Empire Of Silence », « Death Toll », « Four Walls », « The Guilty Party », « Hurricane ».

« Haunt Me », « Silence Speaks », « You Are We »

(Organisation : Ancienne Belgique)

Videoclub

Débordant de passion, comme au plus bel âge…

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Videoclub est un duo electro/pop français. Originaire de Nantes, il réunit Adèle Castillon et de Matthieu Reynaud. Actrice, lycéenne et Youtubeuse (plus de 600 000 abonnés et 18 millions de vue pour ces clips), Adèle est née en 2001. Digne représentante de la génération Z, parfaitement à l’aise dans son époque, elle dévoile ses questionnements et ses conseils avec autant d’ironie que de spontanéité. En 2017, La jeune vidéaste joue dans le film « Sous le même toit », aux côtés de Louise Bourgoin et de Gilles Lellouche. Matthieu Reynaud compose et réalise les arrangements des morceaux. Leur histoire est toute simple : ils se sont rencontrés grâce à un ami commun à l’école... Ce soir, la paire se produit à l’orangerie du Botanique, et le concert est sold out. Et si le couple n’a pas encore sorti de disque, son succès est phénoménal…

Ana Diaz assure le supporting act. Agée de 27 printemps, elle est chanteuse, auteure, compositrice et interprète. Si ses racines sont hispaniques, elle a grandi à Bruxelles. Ce qui explique pourquoi la fougue qui coule dans ses veines se mêle à un franc-parler. Elle a d’ailleurs déclaré : ‘Tous les genres sont permis’. Elle nous entraîne au cœur d’un univers à la fois introspectif et sociétal tout en restant positive sur des sujets parfois sensibles et tristes. Son premier Ep « REC_FINAL », inspiré par sa vie, ses expériences et celles de son entourage, est paru le 13 septembre 2019 ; des compos signées Iliona Roulin. Il a été enregistré dans le studio L'Oeil Ecoute Laboratoire, à Bruxelles.

Sur les planches, Ana se consacre aux claviers et au chant, des compos qu’elle interprète tour à tour en français ou en anglais, mais aussi en galicien (« Terra De Meigas »). De son dernier Ep, « REC_final », elle nous réserve deux morceaux, « Mon amour » et « Allo ». Mais aussi deux inédits sans titre et à peine aboutis. Une forme de test face à son auditoire. Et le résultat est plutôt réussi. Sa musique est le fruit d’un cocktail entre électro, rap, jazz et nu-soul. Les arrangements sont particulièrement soignés, et dans le style, quelque part, elle me fait penser à Juicy. Noyé sous les accords de claviers, « Lost Friends » navigue quelque part entre r&b et électro…

Setlist : « Lost Friends », « Redlight », « Drunk », « Bonnie », « Terra De Meigas », « Mon Amour », « Desolé », « Allo ».

Avant que Videoclub ne grimpe sur l’estrade, les techniciens détectent un problème au synthé. Le temps de le remplacer, et quelques minutes plus tard le set peut commencer. Dès les premiers accords de « Suricat », Adèle s’agite comme une sauterelle impossible à capturer. Elle signale que public belge est toujours chaud-boulette, mais veut vérifier si cette réputation tient la route. Et cette foule jeune, enthousiaste, majoritairement féminine et boutonneuse va le démontrer en mettant ambiance de feu. Il tente même de reprendre en chœur les refrains. Le duo est à l’aise sur les planches. Les interventions à la gratte de Matthieu sont précises. Le son est nickel ! Plaisant, « What Are You So Afraid Of » trempe dans l’électro/pop. Tout comme la reprise d’« Un autre monde » de Téléphone. Un style qui navigue à la croisée des chemins des univers fréquentés par Cléa Vincent, The Pirouettes ou encore Claire Laffut. « Amour plastique » et « En nuit » constituent les moments forts du concert. Ce couple fusionnel célèbre la jeunesse éternelle et les amours adolescents dans une ambiance rétro. Une chose est sûre, il déborde de passion, comme au plus bel âge. C’est beau la jeunesse ! Si on pouvait y retourner. En tout cas, votre serviteur a adoré la fraîcheur de ce show pétulant, rafraîchissant et chargé d’émotion et. En espérant revoir bientôt Videoclub en concert. Et pourquoi pas dans le cadre des Nuits Botanique ?  

Setlist : « Suricat », « Petit Monde », « Roi », « What Are You So Afraid Of », » En Nuit », Un Autre Monde » (Cover Téléphone), « Shadow », « Amour Plastique », « Euphorie », « Mai ».

(Organisation : Botanique)

Last Train

Aussi efficace qu’à Lille, mais en plus condensé…

Écrit par

Après avoir accordé un remarquable concert à l’Aéronef de Lille, en octobre dernier, Last Train, se produisait à la Rotonde du Botanique, ce jeudi 19 décembre. Votre serviteur n’est pas trop enthousiaste de revoir un même artiste ou groupe dans un laps de temps aussi court ; mais comme il était prévu de rencontrer la formation alsacienne dans le cadre d’une interview, juste avant le show, il semblait logique d’y assister. D’ici une quinzaine de jours, vous pourrez d’ailleurs découvrir cet entretien dans ces colonnes. Mais place au compte-rendu.

Il revient à Elvyn Birds d’assurer le supporting act. Il s’agit du projet solo de Renaud Ledru, le chanteur/compositeur du duo Alaska Gold Rush. Il va nous proposer des chansons poétiques incitant au voyage et à la réflexion, en s’accompagnant à la sèche qu’il joue le plus souvent en picking. Et parfois, il souffle dans un harmo posé sur un rack. En outre, il ne manque pas d’humour, en s’adressant à l’auditoire. Mais le plus étonnant procède de ses inflexions vocales qu’il emprunte régulièrement à Bob Dylan. Il termine son set par un morceau relatant le parcours des réfugiés qui traversent la Méditerranée au péril de leurs vies. Le set tient la route, mais trop confiné à l’univers du folk, il devient progressivement monocorde. Suffirait cependant du soutien d’un violoniste et/ou d’un violoncelliste pour que l’expression sonore prenne une autre dimension. Enfin, ce n’est qu’un avis personnel…

Place ensuite à la tête d’affiche. Le « The lonely shepherd » du célèbre flûtiste roumain Gheorge Zamfir sert d’intro. La scène est plongée dans un décor en noir et blanc. Le quatuor grimpe alors sur l’estrade sous les applaudissements de la foule. C’est sold out, ce soir ! Jean-Noël balance un premier ‘Bonsoir Bruxelles’, avant d’attaquer « All Alone ». Déjà les trois gratteurs déambulent de long en large droite sur le podium, comme ils vont très souvent le faire au cours du show. Ceux-ci incitent la foule à frapper dans les mains, tout au long de « House on the moon ». Plus élaboré, « On our knees » s’ébroue sur un tempo plus lent. Une compo atmosphérique qui subit quelques déflagrations électriques, avant le retour au calme, moment choisi par les trois guitaristes pour faire face au batteur. Puis le drumming devient martial et conduit à l’explosion finale. « One side road » est imprimé sur un tempo bien carré. Les six cordes vibrent comme à l’époque du Creedence Clearwater Revival. Puis Jean-Noël descend dans la fosse, la traverse, monte les marches, va taper dans la main de l’ingénieur du son, derrière sa table de mixage. Et quand il remonte sur le podium, le band est prêt à attaquer « Between wounds ». Lors des refrains, la foule chante. Jean-Noël tourne le micro vers la fosse. Ce qui n’empêche pas la compo de multiplier les déflagrations sonores. Et le groupe de d’embrayer par un instrumental décapant, au cours duquel la foule est à nouveau invitée à frapper dans les mains. De petites mélodies sont échangées entre les deux guitares tout au long de « Disappointed ». Caractérisé par cette ligne de basse bourdonnante, percutante, ce titre est manifestement hanté par Muse. Entre accalmies et explosions sonores, la foule reprend les lyrics de « Fire » en chœur, et Jean-Noël présente encore son micro à l’auditoire. Il empoigne un tambourin avant d’aborder « Leaving you now », le dernier morceau du set, puis quelques secondes plus tard, le jette en coulisses. La fin du show est à nouveau très électrique, presque psychédélique, et lorsque le combo se retire, la foule réserve une belle ovation au band. Elle en veut encore. L’attente est longue. En remontant sur l’estrade, le vocaliste remercie tout son staff, puis décrète que ce sera la dernière chanson du concert. En l’occurrence, « The big picture ». Un spectateur lui répond alors qu’il en veut davantage. Et qu’après ce morceau, il en faudra un deuxième, puis un troisième, et pourquoi pas un quatrième. Et qu’il sait où le groupe a garé son véhicule… Ce qui déclenche l’hilarité dans le public mais aussi chez les musicos. La foule reprend de nouveau les paroles en chœur pendant ce morceau. Enfin, sauf quand les musiciens se déchaînent sur leurs instruments. Jean-Noël jette son pied de micro sur les planches. Le soliste s’autorise un long feedback, alors que Jean-Noël brandit sa guitare d’une seule main bien levée vers le ciel, un peu comme un sportif qui exhibe son trophée. Et avant de prendre congé, comme à l’Aéronef, les musicos de Last Train vont se serrer dans les bras, visiblement heureux d’avoir conquis l’assemblée. Un concert aussi efficace que celui accordé à Lille, mais en plus condensé...

(Voir aussi notre section potos ici)

Setlist :

All Alone, Way Out, House on the Moon, On Our Knees, One Side Road/Between Wounds, Disappointed, Fire, Leaving You Now

Encore:

The Big Picture.

(Organisation : Odessa Maison d'artistes)

GrandGeorge

Une chorale à vous laisser sans voix…

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C’est en 2015 que Benjamin Grandgeorge, ingénieur de formation, alors âgé de 30 balais, fait son apparition dans le paysage musical francophone, en gravant le futur tube « So Fine ». Ce single, véritable succès diffusé sur toutes les ondes durant l’été 2016, est rapidement suivi par son premier elpee, « So Logical ». À la clé : un D6Bels Music Award et une tournée de plus de 100 dates en Belgique suivie par une armée de fans.

Ce soir, le Versaillais se produit à la Ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve, et il va bénéficier du concours d’une chorale de luxe : la Patshiva Cie. Bonne nouvelle, le show est sold out.

Coline et Toitoine, c’est-à-dire Coline Debry (chant, guitare, ukulélé) et d’Antoine Jorissen (synthés, machines) assurent le supporting act. Un duo que votre serviteur avait découvert dans le cadre de la finale de l’Envol des Cités, au Manège de Mons. Un couple fort sympathique qui propose une électro/pop sautillante, rafraîchissante et dansante. 

Judicieusement intitulé, « Opéra » permet à Céline d’afficher ses capacités vocales. Finalement, dans ce registre, elle pourrait postuler au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles. Tout au long d’« Alicia », dont le dernier clip affole les compteurs, Coline semble montée sur ressorts. L’avenir de ce duo est franchement prometteur…  

Setlist : « OAEOA (version longue) », « Tossed But Not Sunken », « Anxiously Me », « Opera », « Write A Song », « Alicia », « North ».

Sur les planches, Grandgeorge est soutenu par son backing group ; en l’occurrence le bassiste Nicolas L’Herbette, sa choriste (NDR : sa voix est vraiment puissante !) Stefy Rica, le drummer Samuel Rafalowicz et le claviériste Xavier Bouillon (Mister Cover, Lemon Straw, Antoine Hénaut). Benjamin se consacre à la semi-acoustique et au chant. Et ce soir, la formation va bénéficier de la participation de la Patshiva Cie, une chorale féminine constituée, ce soir, de 9 vocalistes (Dounia Depoorter, Camille Lanet, Manuela de Tervarent, Dorothée Dassy, Marie Caillou, Stéfanie van Leemput, Nelliyú Gutiérrez, Valeria Garre et Amélie Dieudonné).

Chez les Tziganes, le Patshiv' est célébré lorsque plusieurs collectivités du même groupe ethnique se retrouvent lors d'escales de voyages. Ces fêtes propices à la musique et à la danse exaltent des amitiés durables, invitent au partage et la mémoire de la culture, des gens et de leur histoire (NDR : suivant le site web de la troupe)

Les pompiers sont prévenus car Benjamin avait annoncé qu’il allait mettre le feu dans la salle pour ce concert unique et le dernier de l’année. Benjamin et Rafi débarquent pieds nus. Le très beau « Fading Away » nous emmène au Mali. Souriant, comme toujours, Benjamin joint le geste à la parole et mime une petite dance africaine en utilisant ses mains comme un volatile qui prend son envol. Cette entrée en matière, talonnée par les percus et les claviers, est vraiment magique. Rafi pousse ses cordes vocales dans ses derniers retranchements tout au long de « Sunny Anyway ». On ne reconnaît pas immédiatement la chanson, mais bien les paroles. D’ailleurs l’auditoire chante le refrain en chœur, bien soutenu par la chorale. Faut dire que si les titres s’enchaînent, ils bénéficient ce soir de nouvelles versions, et très souvent elles sont dynamisées par des rythmes exotiques. Benjamin et ses musicos quittent la scène pour laisser le chantier libre à la Patshiva Cie qui se lance alors dans un exercice de polyphonie à vous laisser sans voix…

En rappel, on aura droit à 4 morceaux dont « Petit Dje», qui va transporter l’auditoire jusque la Nouvelle Orléans. Un concert exceptionnel sublimé par la conjugaison entre les voix de la chorale, de Benjamin et de Stefy…

Setlist : « Fading Away », « Sunny Anyway », « Easy Emotion », « Dancing », » Warmer », « Go For A Ride », « So Cold  », « Patshiva et Cie seule », « Men Should », « Intro+ Spondo », « Just In Time », « I’ll Be Traying»

Rappel 1 : « Another Day », « Losing You », « So Fine », « Petit Dje ».

Rappel 2 : « Sunny Anyway », « So Logical ».

(Organisation : Ferme du Biéreau et UBU Productions)

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