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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Gonna get wild

Quel son de guitare! Un son pourri, sec, âpre, dense, produit avec une maîtrise technique et une intensité, jamais prise en défaut ! Rick tient les cordes des Mighty Flyers depuis cinq années. Successeur de grands gratteurs comme Alex Schultz et Junior Watson, il a acquis une tonalité et un style bien à lui.

Son entrée en matière avec "Gonna get wild" campe un style pas possible. Comment peut-il produire ce son? Accompagné des Mighty Flyers sans Rod, c'est bien lui qui mène la danse en nous livrant un premier opus solo réellement impressionnant. Le rythme louisianais, proche du zydeco, du délicieux "Have you seen my girl?" favorise l'entrée en scène des cuivres. Rod Piazza, sans doute revenu prendre Honey à la sortie du studio, en profite pour sortir de sa poche son harmonica, et marquer l'instrumental "Wiggle stick" de son empreinte. Rick sort le grand jeu. Il parcourt son manche, laisse glisser les doigts pour produire des notes acérées, perçantes. "I'd hate to see you cry" swingue avec une facilité déconcertante. La basse de Jeff Turmes y est pour quelque chose alors qu'Andy Kaulkin s'amuse comme un fou en tapant sur son piano. L'originalité et l'aventure sont toujours au rendez-vous pour le rythmé "Lucky day". Rick est poussé dans ses derniers retranchements lorsque son ami et source d'inspiration, Junior Watson, joue les parties de basse à la guitare, sur " Livin' days ". Holmstrom a le plus souvent accompagné des harmonicistes tels que William Clarke, Billy Boy Arnold, sans oublier Johnny Dyer et Rod Piazza. Dyer lui donne la réplique sur "Just right". Rick n'est pas un chanteur de base. Il n'est, dès lors, guère étonnant de voir figurer l'un ou l'autre instrumental sur cet elpee. Comme le très latin "Phlazzbo", le profond "Uno Mas", "Lost in the shuffle" ou encore la plage cachée de la fin de l'album! Il ne se débrouille cependant pas trop mal au chant, et ce " Gonna get wild " se révèle bien plus excitant que son "Look out", paru en 1996 sur Black Top. Excellent !

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Afrobilly soul stew

Home Cookin' est un quartet issu de la baie de San Francisco. Il figurait, cette année, à l'affiche du Spring Blues Festival d'Ecaussinnes. Ses deux figures de proue sont la chanteuse noire Brenda Boykin et le guitariste Anthony Paule, qui ont joué ensemble de nombreuses années au sein du Johnny Nocturne Band. Ils sont entourés d'une solide section rythmique, constituée de Tim Wagar à la basse et de Tyler Eng aux drums. " Afrobilly soul stew " constitue leur 2ème album. Un disque sur lequel ils ont invité le claviériste réputé, Jim Pugh. Avec l'émigration depuis Kansas City, Memphis et La Nouvelle Orléans, L'Afrobilly Soul représente l'héritage musical de San Francisco, durant la seconde guerre mondiale. Un acquis qui s'est ainsi teinté le blues de country, de jazz et de gospel.

Brenda a une plume de classe. Ses compositions sont de haute facture. Plage remarquable où se retrouvent tous les ingrédients cités, "Mary Anne" affiche un zeste d'exotisme traversé de percussions, et surtout souligné par le jeu de piano subtil de Pugh. Cette migration du Sud vers la West Coast est superbement chantée sur "Brick house in Memphis". Un blues lent marqué par la voix puissante de Miss Boykin. Avec un nombre limité de notes, Anthony Paule nous confectionne un de ses soli qui font mouche! Pour "Let's play rough", nous sommes toujours à Memphis, mais pour le R&B façon Stax. Un rythme que n'aurait certes pas renié Mr Booker T. La section rythmique porte d'ailleurs littéralement Pugh et Paule vers des sommets. Cette plage me rappelle d'ailleurs le meilleur moment de l'album "Big guitar" d'Anthony Paule: "Don't let the same dog bite you twice". Toujours dans l'esprit de Memphis, Brendan aborde "Tunica country breakdown". Un rockabilly nous rappelant cette période mythique des studios Sun. Un peu plus au Sud "Zydeco Gumbo" s'enfonce dans les rythmes fiévreux de la Nouvelle Orléans. Plusieurs reprises sont intégrées dans ce répertoire. "Trying to get you" nous entraîne au pays des swamps (Elvis l'enregistra pour Sun). Jim Pugh se permet un petit pas de barrelhouse piano sur le dynamique et irrésistible "My babe". Composé par Gerry Goffin et Carole King, "Chains" donne l'occasion à BB de s'éclater avec brio dans le blues lent. Anthony Paule est brillant d'un bout à l'autre. Cet album est tout à fait excellent. Pour la 1ère division!

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Jay Hooks

Jay Hooks est un chanteur guitariste texan. Leader de son trio, il est secondé par la bassiste Miss Marie Del Prete et le drummer Joe Frenchwood. Ses longs cheveux filasse entourent un visage déjà buriné par les années de galère. Inspiré par Jimi Hendrix et un certain Stevie Ray Vaughan, son style émarge bien au blues rock électrique qu'on pourrait imaginer. Et quand il aborde le blues lent, c'est bien à Steve que l'on pense. "Straight whiskey", "If life don't kill you" et "Last time I left Memphis", sont bien rendus mais sans le charisme de SRV. Difficile de crever l'écran, lorsqu'on sait que tant et tant de guitaristes s'attaquent à ce type de répertoire. Même source d'inspiration, mais en version shuffle, pour "Smothered". Hooks est manifestement un bon guitariste, comme le prouve l'instrumental "Sling shot". L'ennui, c'est que d'autres l'ont fait avec davantage de talent, et bien avant lui. Le Texas est une terre réputée pour ses grands guitaristes. J'aime beaucoup moins les excès galopants de "Where you born", bien plus inspirés par Hendrix. Je le trouve finalement plus à l'aise sur la 2ème partie de l'album. A l'instar du rockin' blues à riff de "Am I supposed to cry?" ou de "Hell on heels". Et quand il empoigne sa slide et se met dans la peau de Johnny Winter, pour interpréter "Voodoo woman", il est bien plus saignant et convaincant.

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Feel so bad

Sam Lightnin' Hopkins est à coup sûr l'une des plus grandes légendes du blues. Ce Texan a influencé des générations entières de bluesmen. Il est né dans son Texas, à Centerville en 1912, mais s'est rapidement établi à Houston. Ses premiers enregistrements datent de l'après-guerre, et en particulier de novembre 1946. C'était à Los Angeles.

Deux témoignages ici, "Kattie Mae" et "Feel so bad", enregistrés en duo avec le pianiste Wilson "Thunder " Smith. Son surnom date de ces moments (Thunder & Lightnin'). Les sessions de 1947 ont également été commises à Los Angeles ; et c'est seul, avec sa guitare, que Hopkins se goûte le mieux. Son down-home blues pur, inégalable, procurant des instants frémissants sur "Short haired woman" et "Don baby". Mais il ne faut surtout pas taire ses premiers soubresauts de jump et de boogie. Les jump bands faisaient fureur à l'époque, mais Hopkins faisait ça seul ou presque. Comme sur l'instrumental lumineux 'Bib Mama jump" et la reprise de "Let me play with your poodle" de Tampa Red. Fin 47, Lightnin' enregistre chez lui à Houston, 14 titres dont le dépouillement extrême engendre la tristesse. Ils sont ici réunis. Et notamment "Whiskey headed woman", "What can it be", la reprise du déjà célèbre "Baby please don't go", de Big Joe Williams, et les deux versions vivaces du "Lightning boogie". Sam nous a quitté en 1982. Tout amateur de blues se doit d'avoir au moins un album de Lightnin' Hopkins dans sa collection.

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Rainy day in Houston

Sam Hopkins est sans conteste un des plus grands bluesmen de tous les temps. Et toute collection de blues qui se respecte ne saurait bouder ce géant tranquille né un jour de 1912 à Centreville, au Texas. Décédé en janvier 1982, cette légende n'avait foulé le sol européen qu'à deux reprises. En 63 et en 77. Musicien spontané, imprévisible pour ses accompagnateurs, il était le blues.

Nous retrouvons ici Sam à Houston, au cours de trois périodes bien distinctes. Tout d'abord, deux plages qui remontent à 1955, "Late in the evening" et "Lightning Jump". Cette deuxième constituant une de ces perles instrumentales dont il avait le secret. Un exercice de style au cours duquel la guitare électrique sonne aussi moderne que de nos jours! Nous le retrouvons en 1961 pour un blues poignant, "War is starting again". Le tempo s'accélère et le pianiste Errol Nixon se libère pour "Good as old time religion". Lorsque Sam part à la recherche d'une copine ("Got me a Louisiana woman"), il parvient à sortir de sa guitare des notes parfumées ; et il le fait avec une manière tellement déconcertante et avec une telle facilité qu'on en reste sans voix.

Les 15 derniers titres datent de 1968. La 1ère session épingle le jeune Billy Bizor, à l'harmonica. Le feeling est omniprésent. Les blues lents saturés de sensibilité. A l'instar de "Vietnam war" et de "You just gotta miss me". Le timbre de voix de Sam est au comble du désespoir sur "Wake up dead".

De la dernière session, je retiendrai le rythmé et joyeux "I went to Lousiana". Il faut d'ailleurs croire que les routes du Sud inspirent le vieux Sam! La mélancolie engendrée un jour de pluie chez lui à Houston, inonde la plage titulaire. Du pur Lightnin' Hopkins ! Le texte récité, la rythmique à l'avant-plan, les notes solitaires libérées avec parcimonie, se retrouvent avec la même intensité dramatique sur "Cryin' for bread". Superbe! Et puis, "A man like me is hard to find" campe le blues mélancolique Le genre de composition à écouter en solitaire et dans l'obscurité ! Instrumental bâti sur un thème familial, "Go ahead" permet au guitariste de s'évader et de disserter. "I feel like balling the Jack" est en fait le "Feel so good" de Big Bill Broonzy, alors que le sémillant "Mojo Hand" nous entraîne vers la piste de danse. Plus qu'intemporel, Sam est immortel !

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Mo´ Na´kins please!

Cannonball nous avait mis l'eau à la bouche, lorsqu'en 97, le label avait ressorti l'album "Extra napkins", un disque paru initialement en long playing, sur Riviera, en 1988. Durant ces sessions, pas moins de 53 plages avaient été mises en boîte.

Ce nouvel opus débute par de la pure dynamite avec "Mo' Na'kins, please! #2". Le personnel est de rêve, puisqu'on y retrouve Junior Watson à la guitare, Tom Mahon au piano, ainsi que Larry Taylor et Jim Bott aux rythmes. James retrouve Junior pour un saignant "Chumpman blues". Le groove est réellement enivrant. James souffle à en crever ses poumons et nous tire des larmes de sang des yeux. "Annalee" débute par une partie de guitare de Kid Ramos. Assez extraordinaire par sa simplicité, sa tonalité, ce shuffle saturé de swing permet à James d'intervenir pour la 1ère fois avec un maximum de pugnacité. Dès les notes d'ouverture de "Too much family", on reconnaît sans crainte le style direct, carré, puissant de Michael Mann, autrement connu sous le sobriquet de Hollywood Fats. C'est la fête totale! Très roots, "Icepick's pawnshop blues" a été écrit en hommage aux grands pianistes, Little Brother Montgomery, Roosevelt Sykes et Big Maceo. Fred Kaplan y tient les ivoires avec bonheur. "Icepick boogie" est tout aussi dévastateur. Les musiciens ont tout compris et éprouvent une réelle jouissance d'œuvrer ensemble. Kid Ramos est ici au top, et les saxes de Lawrence White et de Jeff Turmes font preuve d'une rare efficacité. James est un chanteur qui aime le travail vocal. "Messin' up" est un intermède doowop accordé en hommage aux Five Royales, et les chœurs sont un tremplin idéal pour sa voix. Le pote Gene Taylor s'installe derrière son clavier pour chanter le "Don't you lie to me" de Tampa Red. Gene tout échauffé s'exerce au boogie woogie sur "The falcon's nest". La guitare au son sur le fil du rasoir de Ramos est seule pour seconder la voix de James sur "Jake-Head boogie". Le fantôme de Lighnin' Hopkins vient de passer! Ce superbe album se termine par une autre prise de "Mo' Na'kins please". Pas de section rythmique, mais l'harmo, la guitare et le piano. Un climat rude, très primaire, restitue parfaitement cette atmosphère des années 50. Chez Cannonball, on nous promet encore un "Napkins" de plus. Notamment la réimpression du "Strictly Live in 85" ainsi qu'une autre live inédit. Je piaffe d'impatience! James est sur la route du blues depuis 1964. Il drive le Icehouse Blues Band depuis 1970, devenu le James Harman Band en 1977.

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Your blues ain´ t like my blues

Vingt ans plus tôt, Doni jouait de la basse. Chez Automatic Man, le groupe de Michael Shrieve. Si, si, souvenez-vous, celui qui se chargeait des drums, au sein de Santana, à l'époque de Woodstock. Depuis, le Chicagolais de couleur noire, s'est reconverti au chant et à la guitare. A la fin des 80s, il a même sévi chez les Caribbean Allstars, un groupe de roots reggae. Son premier album solo ne peut être plus personnel, puisqu'il a tout fait lui-même. Chant, guitare, basse et percussions. Le musicien qui l'a, sans nul doute, le plus inspiré, est Jimi Hendrix. Il ne s'est cependant jamais contenté de réaliser des copies conformes du maître, ni de tomber dans ses excès.

Il possède une voix assez aiguë, bien modulée, capable d'aborder sereinement le soul blues, Avec rythme, en s'appuyant sur une guitare bavarde, amplifiée, mais bien contenue. A l'instar de l'ouverture "This is the last time". A son meilleur niveau, sa guitare est inspirée. Comme sur "So hard to believe". Une lente ballade qui se déroule longuement comme un ruisseau qui s'étire dans ses méandres. Une jolie chanson dont les chœurs rappellent ceux du backing group des premiers albums de Neil Young (NDR : puisque je vous le dis!). "From the corner of the room" est une autre ballade inspirée par Jimi, mais son parfum subtil fleure l'Orient. La plage titulaire est rythmée. La guitare est parcourue en picking et n'attend que son tour pour prendre la liberté de dialoguer avec la voix de Doni. Sur "Have my love today", son inspiration le guide sur un thème proche du "Walkin' blues". "Never let you go" est un boogie dont le riff est destiné à accompagner les cordes en liberté. "No new is good news" est un blues rock lent princier. La section rythmique adopte un climat pesant, oppressant, laissant la voix dialoguer avec une guitare très amplifiée, nostalgique d'une époque déjà lointaine…

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Once upon the blues

Larry est un des bluesmen contemporains les plus populaires. Un vrai songwriter qui écrit, avec aisance, de petites perles issues de sa Louisiane paresseuse. L'atmosphère est en effet très détendue, avec l'orgue qui entoure le refrain pour ouvrir "Where blues turn black". Larry hausse le ton et fait parler sa guitare dans une superbe "Slower traffic keeps right". Lui, l'homme de Baton Rouge, s'envole alors vers le South Side de Chicago, avec le très Muddy Waters "A real gambling woman". Le Japonais Seiji Yugushi est à l'harmo et le brillant Ernest Williamson, au piano. Même recette, mais sur un tempo enlevé pour " Won't tell your mama ". Plus funk, le vibrant " Tant was her dance " est une invitation à se remuer sur la piste de danse. Tout au long du lent et majestueux "I ain't the one", il explique à sa copine sadomasochiste, qu'il n'est pas de ce bord, mais tout simplement un bluesman de passage. Un grand classique du blues ! C'est avec une certaine colère, manifestée à travers les cordes, qu'il affronte "Virus blues", ces mêmes virus qui s'attaquent à son ordinateur. Un blues très an 2000. Le blues pur, lent, électrique, intense et dramatique, revient une nouvelle fois avec "If she tells you no", une chanson qui traite, encore et toujours, de ces relations sentimentales tendues qui font le blues. Typiquement Garner, "The muddy river" est ce type de petite ballade qui marque la différence. Sa voix nasillarde fait merveille face au piano de Williamson. Il referme cet album au cœur du Delta, pour y interpréter "Nothing but life", en duo avec Yugushi. Bon album!

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Cab driver blues

Qui connaît Big Gilson ? Pas grand monde sur le Vieux Continent, il faut l'admettre. Normal, me rétorquerez-vous, puisque ce musicien est brésilien, où la scène du blues est, paraît-il, florissante. Big Allanbik Gilson and Co comptent déjà 4 albums à leur actif, au pays de la samba. Unique Brésilien à bord, il s'est ici entouré de musiciens texans, le Blues Dynamite, une formation réputée pour son excellente section rythmique, composée de Bobby Chitwood et Tyrone Starks.

L'album débute par la plage titulaire. Introduite par une slide bien charpentée, la voix paresseuse de Gilson n'est pas inoubliable et l'orgue d'Alan Ghreen épaule les cordes. "Halleluia, halleluia" est, sans surprise, une plage largement inspirée par le gospel. La slide est menée avec expertise, sur "Hey doc", un blues rock. Elle est le tremplin idéal pour l'invité, Kenny Neal, qui tout heureux d'être là, nous sort un excellent solo de son manche."Ghreen's boogie" est un boogie qui déménage, mais en même temps dévoile les limites de la voix de Gilson, dont le timbre est à la limite du fausset. Slow blues délicatement, finement ciselé, "Tropical feelin' blues" transporte, il est vrai, une certaine douceur tropicale. Hash Brown y joue de l'harmonica. La voix traînarde sied parfaitement à "Helena", une ballade caressante, sucrée par une slide et fruitée par un clavier. La voix me fait même penser à celle de Phil May des Pretty Things (croyez-moi!). Côté instrumental, signalons les solides échanges de cordes de Big réalisés à l'aide d'une de ces guitares rouges de Bugs Henderson. Sur "Big G. Billy", "Jammin' in Big D", et le très réussi "Happy Hooker", on assiste entre des échanges opérées entre le pianiste Ghreen et la slide colorée, réminiscente de Danny Gatton voire de Chris Duarte. En finale, Big Gilson nous gratifie d'une reprise acoustique de l'ouverture, "Cab driver blues" ; mais à cette occasion, c'est le compagnon de label, Holland K. Smith, qui partage les cordes…

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Sweet stringin´ soul

Anthony est l'un de ces jeunes chanteurs guitaristes qui traversent la comète du blues. Il est né et a grandi à Toronto, au Canada. Mais depuis 96, il s'est installé à Chicago, où il est, en quelque sorte, parrainé par Buddy Guy. C'est en 98, au fameux Legend's Club que le Anthony Gomes Band a remporté le prix de meilleur groupe amateur. Quelques mois plus tard, il sortait son 1er album "Blues in technicolor". Un disque chargé de promesses…

Ce nouvel opus, et c'est une surprise, est entièrement acoustique. Mais en même temps marqué par une saveur omniprésente gospel, saveur entretenue par la présence de choristes qui soutiennent le lead vocal d'Anthony. Et question voix, il en possède une solide et très caractéristique. Elle me fait parfois penser à Paul Rogers, lorsqu'en plein British Blues Boom, il opérait ses débuts au sein du Free. Et le garçon possède aussi un sacré talent de guitariste ; car sur l'instrument acoustique il n'existe guère de possibilité de tricher.

Son solo sur "Low down dirty deal" est un petit bijou. Tapissé par l'orgue hammond de Roosevelt Purifoy et enrichi de chœurs féminins, le feeling se distille à flots sur le lent "When I play the blues". Sa voix est dominante et totalement sous contrôle. Souligné par le son de son bottleneck et la rythmique de Dan "King" Khan, son second guitariste, elle fait merveille sur "Trouble in our land". Ce titre doit sûrement être un sacré brûlot si l'on met l'amplification. Et ce n'est certes pas un hasard si on reprend une nouvelle claque sur "Jackling preacher". La sensibilité dans son jeu traduit une parfaite connaissance des maîtres de Chicago. Ce n'est sûrement pas un hasard s'il a titillé les oreillles de Mr Guy. C'est même à pleurer sur "We were made to fall in love". Il peut se faire très roots, sur "Hamhock boogie", ou pousser Sugar à jouer au sommet de son art sur Heartbreak train" et sur "Wolf in my henhouse". Un solide clin d'œil adressé à Howlin' Wolf et son "Little Red Rooster" ! Ce superbe album mériterait d'être largement distribué.