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Kreator - 25/03/2026
Stereolab
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Rush hour blues

Sam est un des plus anciens batteurs du Chicago blues encore sur la route. A la fin des années 50, il faisait partie du groupe de Howlin' Wolf. Il participa, ensuite, à l'aventure du Paul Butterfield Blues Band, et contribua à la confection du fameux 1er album. Depuis, il est devenu le boss de sa propre formation. Dans les 90s, il a gravé plusieurs albums. Produits par Fred James, ils sont sortis sur le label italien Appaloosa. Fred James est à nouveau impliqué pour la mise en forme de " Rush your blues ". Il signe, en outre, quelques compositions et prête son concours à la guitare. Pas la lead, ce rôle ayant été confié à Larry Burton. Fred a voulu restituer le son des anciens albums Delmark, le son du blues comme on peut l'écouter dans les clubs de Chicago.

Sam débute dans le répertoire de son ancien boss, "Baby how long". La 1ère étincelle éclate avec "Second man" d'Arthur Crudup. Il y injecte un maximum de simplicité, d'authenticité aussi. Larry tire les notes qu'il faut de sa guitare avec beaucoup de retenue et de feeling. Le piano de Celia Ann Price assure à l'arrière. Celia s'entend d'ailleurs fort bien avec Larry pour produire un blues sentant bon le Chicago Southside. J'apprécie ainsi le traitement administré au "Blow wind blow", de Muddy Waters. La guitare, le piano et l'harmo de Greg "Fingers" Taylor s'entrechoquent à qui mieux mieux. Pour notre plus grand plaisir. Burton produit un bon shuffle sur "I got two woman". Rythmé, "Somebody gotta do it" est encore une fois du tout bon Chicago blues. Miss Price excelle dans son rôle. Elle tient ses ivoires à la manière d'Otis Spann. Rien de tel pour doper Burton, qui se prend pour Jimmy Rogers. Tout un climat qui transpire tout au long du lent "Mama and Papa Hopkins". Ceci n'est pas un album génial mais une œuvre agréable à écouter, qui tient bien la route...

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Kings of the Catnap

Il y a un bon bout de temps que je n'avais plus eu de nouvelles des Leroi Brothers. Revoici donc l'archétype du roots rock band, le porte-drapeau musical d'Austin, au Texas. Son dernier album, "Crown Royale" (sur Rounder), remontait déjà à 1992. Et encore, il ne s'agissait que d'une compilation de deux albums commis pour le label français New Rose.

Les Brothers se sont formés à Fort Worth en 1980 autour de Mick Buck, Steve Doerr et du guitariste Don Leady. Fixé alors à Austin, le groupe gravait alors son 1er album, "Check this action". Avant que Don Leady ne parte former les Tailgators et ne soit remplacé par Joe Doerr, le frère de Steve. Pour être tout à fait complet, il faut signaler qu'Evan Johns était également de la partie, avant de céder le relais à Casper Rawls. Aujourd'hui, Steve Doerr est toujours aux commandes. Au chant et à la guitare, il partage son emploi du temps entre les Brothers et les Gulf Coast Playboys. A la batterie, on retrouve une légende texane autrefois impliquée dans les Fabulous Thunderbirds et les Texas Tornadoes, Mick Buck. Quant au guitariste Casper Rawls, il sévit au sein du combo depuis bien longtemps.

Rockabilly découpé dans le piano très "barrelhouse" de Pete Gordon, "Scratchin' on down the line" ouvre les débats. "Route 88" est une invitation au voyage. Bien en rythme, il bénéficie toujours du concours du piano. Cindy Cashdollar a ramené sa steel guitar pour donner la touche country. Imprimé sur un tempo swamp rock aux accents jazzy, "The flake" est un instrumental finement mené par les guitares de Steve et Casper. "Someday " est une somptueuse ballade qui rappelle le Band des meilleurs jours. Et pour cause, Garth Hudson est présent à l'orgue et à l'accordéon. Sur "She's got everything", le piano de Ian McLagan (ex-Faces), pose des accents indéniablement tournés vers la musique rythmée des Stones et des ….Faces. "Devil shake woman" est un R&B qui ne peut que vous rappeler le meilleur des titres de Howlin' Wolf. Casper Rawls se met avec un plaisir non dissimulé dans la peau du bon vieil Hubert Sumlin. "The First time" est une superbe tranche de rockabilly avec échanges entre Casper Rawls et Buck Owens. Nous sommes au cœur d'Austin sur "One more last chance" ; une plage qui cartonne, non loin des premiers albums des Fab Thunderbirds.

 

jeudi, 03 mai 2012 12:26

When the ship goes down

Fondé en 2008, 24 Pesos est un quartet de blues londonien. Depuis sa fondation, le line up est identique. On y retrouve le chanteur/guitariste Julian Burdock, le bassiste Silas Maitland, le drummer Mike Connolly et l’organiste Moz Gamble. Le combo compte trois elpees à son actif : “The boogie worm” est sorti l’année de la formation du combo, “Busted broken and blue”, en 2010, et ce nouvel opus aujourd’hui. Une manière d’affirmer leur style personnel, inspiré bien évidemment par le blues, mais contaminé par le funk. Il est même omniprésent!

Le groupe revendique autant l’héritage de Howlin’ Wolf, Freddie King que Sly Stone, les Meters et James Brown, sans oublier Captain Beefheart, Jimi Hendrix et les Rolling Stones. Excusez du peu! Ils ne sont  jamais aussi à l’aise que sur les planches ; d’ailleurs ils y brillent par leur spontanéité, leur explosivité et leur effervescence. “When the ship goes down” a été enregistré au studio de Penny Vale. Des sessions qui ont été réalisées en deux temps trois mouvements. C’est Silas, le bassiste qui s’est chargé de la production et Julian Brudock, plume féconde, signe onze des dix-huit plages.

Julian possède une voix qui colle parfaitement à ce répertoire blues largement amplifié. Armé de son bottleneck, il attaque “Melon man”. Royale, l’ouverture est imprimée sur un tempo endiablé. Toutes les spécificités du band sont ici bien étalées. Les musicos soutiennent le leader de leurs chœurs. La slide sort déjà de sa réserve. Hommage au mythique bluesman décédé il y a plus de 60 ans, “Leadbelly” exhibe une face funky du band. Un titre savoureux qui invite impulsivement le public à la danse, au cours duquel Burdock double harmonica et slide ; et il souffle à la manière de Magic Dick dans les grands jours du J. Geils Band. La conjugaison des quatre voix et les interventions chaleureuses de l’orgue Hammond dispensées par Gamble sont d’autres spécificités de l’expression sonore des Pesos. De petites perles comme “Ain’t gonna beg no more” ou le brûlot “Peace in the valley”, véritable sommet de cet opus, en sont les plus belles illustrations. Et la suite est tout aussi excitante. Burdock a toujours manifesté un grand respect à feu Don Van Vliet, alias Captain Beefheart. “Tryin’ to get back to you” en est un beau témoignage. Le Londonien emprunte la voix éraillée du capitaine. A moins que ce ne soit celle de Howlin’ Wolf. Une voix qui transpire le vécu. Graveleuse, toujours puissante, elle est prête à affronter les différents climats qui traversent inévitablement le blues primaire, pour rejoindre le Delta du Mississippi. “Moon hearted woman” se mue, à mi-parcours, en boogie infernal. Et il ne faut pas sous-estimer la qualité des accords libérés par les cordes. Que ce soit ceux d’une grande pureté, de la slide, sur “When the ship goes down” ou ceux qui guident le Memphis blues final, “I don’t know”. Un sans faute! Facilement la meilleure œuvre de 24 Pesos, à ce jour. Un album 5 étoiles ! Le british blues est à nouveau au sommet de son art !

 

jeudi, 03 mai 2012 12:21

Back number

Jimmy est originaire de Toronto, la grande cité canadienne. A 21 ans à peine, il affiche déjà une belle expérience musicale, puisqu’il a notamment assuré le supporting act des concerts de Deep Purple, ZZ Top et Dickey Betts. En outre, il s’est déjà produit sur pratiquement tous les continents. C’est le regretté gratteur Jeff Healey qui le découvre, lui permettant de publier son premier opus, “Old soul”, alors qu’il n’a que onze ans. Depuis, “Soap bars & dog ears”, “Jimmy Bowskill” et “Live” se sont ajoutés à sa discographie…

Le décor est planté dès les notes d’ouverture. “Take a ride” baigne au sein d’un climat assez tragique. La rythmique est puissante. Elle rappellera certainement aux mélomanes d’un certain âge, le groupe anglais Free, un combo au sein duquel militait un chanteur extraordinaire, qui répondait au nom de Paul Rodgers. Pour les plus jeunes, cette compo évoquera davantage Jon Amor (ex-Hoax). Les cordes de Bowkill sont au cœur de l’expression sonore. Elles absorbent les espaces libres, mais en évitant les excès. Le gamin a sans aucun doute pris le temps de mûrir. “Linger on the sweet time” élève quelque peu le rythme. Jimmy est armé de son bottleneck et le laisse glisser divinement sur les cordes. Il réactive à nouveau la rythmique Free. Impeccable ! Cette intensité et cette pression libérée avec cette réserve naturelle que possédait le regretté Paul Kossoff, sont reproduites de manière saisissante. Et lorsque “Little bird” en remet une couche, que doit-on en penser ? Sommes-nous en présence d’une  copie de talent ou d’un banal plagiat ? Je vous laisse le choix ; mais il faut reconnaître que ce garçon sait jouer et surtout chanter! Imprimé sur un tempo indolent, “Spirit of the town” lorgne vers le southern rock de Lynyrd Skynyrd. L’interprétation est très propre. Puissante et dramatique, l’instrumentation est enrichie par des cuivres ainsi que les interventions à l’orgue d’Aaron Hoffmann. Signé Mark Farmer, “Sin’s a good man’s brother” rend hommage au célèbre trio de hard rock américain, Grand Funk Railroad. Dans la même optique, “Sinking down” campe un blues rock aux accents hard, sans jamais virer au métallique. L’inspiration des seventies est tout à fait évidente. Jimmy pilote sa machine à remonter le temps. Il a bien compris les formules adoptées par les trios de cette époque. Il nous livre un cocktail magique au sein duquel on retrouve les élixirs de Free, Led Zeppelin et Bad Company. Et le résultat est amusant à défaut d’être novateur. “Season change” : les saisons changent mais pas la musique, puisqu’il nous réserve une nouvelle dose de Free. Le rockin’ blues pratiqué par JBB n’est cependant jamais écrasant ou ennuyeux. Balisée par une section rythmique en béton, “Broken down engine” est caractérisé par la présence d’une slide aventureuse. Le piano roadhouse de Hoffmann pigmente “Least of my worries”, une plage légère, ensoleillée, qui clôt le long playing…  

 

Ben Caplan est encore peu connu mais son heure de gloire arrive à grand pas. Cet artiste affiche un look hirsute : il porte une longue barbe, sa chevelure est dense mais particulièrement bouclée ; et il chausse son nez de lunettes sombres. Originaire de Halifax, ce Canadien est chanteur, compositeur et interprète. Très personnelle, son œuvre est empreinte d’humanité, de romantisme et d’anticonformisme. Sa voix colle parfaitement à son répertoire : râpeuse, rocailleuse, il chante d’un ton grave. Ben est responsable d’un folk singulier, teinté à la fois de blues, de soul et de jazz, très ‘caplanesque’, en quelque sorte. Il chante, mais également se réserve un tas d’instruments divers comme la guitare, le banjo, le mélodica et le piano. Il est soutenu par un backing band, baptisé The Casual Smokers.

Il est souvent comparé à Tom Waits. Sans doute à cause de son attitude déjantée. Mais également de sa voix. Quant à son style, il est directement influencé par le klezmer, une musique traditionnelle juive. La section rythmique est dirigée par le contrebassiste Roy Hines, également assistant producteur ; Donald McLennan se réserve le violon et David Christensen se partage entre clarinette, saxophone et flûte.

Morceau d’ouverture, “Southbound” baigne dans une certaine douceur ; mais les cordes acoustiques, le violon et la clarinette cèdent rapidement la direction à la voix envoûtante de Mr Caplan. La structure de la compo est complexe. Les différents instruments sont très susceptibles de se conjuguer. Objectif : prendre le mélomane par surprise ! “Beautiful” nous plonge dans une atmosphère quasi manouche, au sein de laquelle s’évade une flûte gouailleuse. Les mélodies de Caplan sont séduisantes. “Seed of love” est caractérisé par un échange vocal entre Ben et Sasha Muise, face au violon fiévreux. On pénètre ensuite dans l’univers féérique grâce au sublime “Drift apart”. La voix de Ben semble venir d’outre-tombe tout au long de “Conduit”. Un titre ténébreux qui lorgne manifestement vers Tom Waits, au cours duquel, il déblatère à tue-tête avec fureur et ivresse! Une formule qu’il réitère sur “Bang to break the drum”! Les Casual Smokers constituent un combo très homogène. La contribution apportée par les différents musicos est paradoxalement riche et intimiste. La section rythmique est portée par la contrebasse de Hines. Très souvent des accords de violon chargés de sensibilité, tout en caresses, se détachent de l’ensemble. Des claquements de mains amorcent “Down to the river”. Le climat est très proche des sonorités primitives du blues, de ces hollers initiés dans les champs de coton. La voix est captivante, autoritaire et solennelle. Mais quand survient la rupture, nous basculons dans l’univers rythmé, dansant et joyeux de la musique klezmer. Un blues hébraïque de toute beauté! Pour clore cet opus, Ben s’assied derrière le grand piano, et nous raconte l’histoire tragique de ce “Stranger”, une compo qui au fil des mesures se transforme en valse décapante…

 

jeudi, 03 mai 2012 11:58

Still live

Chanteur, compositeur et guitariste, Colin Linden est canadien. Il a acquis sa notoriété en apportant sa collaboration à de multiples partenaires. Il a également produit des tas d’artistes, comme Sue Foley, T-Bone Burnett, Colin James et Bruce Cockburn. Des musiciens ou groupes célèbres ont interprété et enregistré ses chansons ; et notamment Blind Boys of Alabama, The Band et Keb Mo. Bluesman de cœur, il a également acquis une réputation dans les milieux folk et country. Il milite également, en compagnie de Stephen Fearing et Tom Johnson, chez Blackie and the Rodeo Kings.

Son premier album, “Colin Linden Live”, date de 1980. Un peu plus de trente ans et une dizaine d’albums plus tard, il revient à son point de départ, en publiant un live baptisé cette fois “Still live”. Il est soutenu par une section rythmique et l’organiste Spooner Oldham. Impeccable, la prise de son a été immortalisée au Douglas Corner Café, à Nashville, en octobre 2010.

L’elpee s’ouvre dans un climat très roots, par “Big mouth”, une compo qui nous entraîne à travers les pistes rocailleuses de l’Ouest profond. Puissante mais sobre, la voix domine l’ensemble. Légèrement amplifiée, la slide se fraie un chemin, en finesse. Il attaque alors la seule reprise de l’opus : le “Who’s been talking” de Willie Dixon, naguère chantée divinement par Howlin’ Wolf. L’adaptation est ici personnelle, Spooner Oldham se chargeant de napper le tout de ses interventions à l’orgue Hammond. “Between the darkness and the light of day”, “Sugar mine”, “Sinking down slow” et “Dark night of the soul” sont de très jolies ballades roots, nées d’un mélange de blues, country et folk ; et elles sont marquées par l’empreinte indélébile des cordes de l’artiste! “From the water” est du Delta blues à la Linden. Une compo subtilement ciselée par des arrangements instrumentaux et imprimée sur le tempo d’un cheval au galop. Le disque recèle quelques plages plus nerveuses, à l’instar du très rock’n’roll “Remedy”, et de la finale “Give up”. Un blues bien rythmé autorisant la slide à s’évader vers de savoureuses aventures… Le tempo est encore plus enlevé sur “Too late to holler”. Les percussions imposent leur loi. L’orgue pousse de petits cris. Un morceau dont le climat évoque les collines du Mississippi ! L’album recèle encore une plage enregistrée en studio, lors des dernières répétitions : “John Lennon in New-Orleans”. Il reflète sa vision nostalgique et poignante d’un week-end imaginaire passé en compagnie de feu le légendaire chanteur des Beatles. Une excellente tranche d’americana music! 

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Bite me!

‘Mord-moi!’ clame-t-on ! Mais je me demande bien qui a été mordu, car voilà un album qui explose de partout et qui déborde d'énergie. Mais quelle mouche les a donc piqués ? Joe concède une bonne part de "Bite me!" à son inspiration rock, mais ne nous y trompons pas, il reste pas mal de blues à se mettre sous la dent.

Pour démarrer, Joe empoigne sa guitare et souffle dans le talkbox, comme Peter Frampton le faisait si bien dans les 70s. "If you know what I'm sayin' " est assez éloigné du blues, mais possède un rythme très prenant qui invite à la danse. "Bite me", bien plus encourageant, se dessine sur un rythme issu des bayous, avec la guitare réverbérée de Bnois King. "That's no way" est une charmante ballade qui vaut surtout par l'impeccable partie vocale de King. Le rock and roll déménage sur "All about that thang". La nouvelle section rythmique, composée de Jerry Hancock et de Jas Stephens, libère pas mal de groove ; et l'invité Kaz Kazanoff accorde un bijou de solo sur son sax ténor. Le shuffle texan fait sa rentrée avec "Lay it on me, Leona". C'était la rampe de lancement attendue. La guitare de Joe se libère, Bnois peut enfin chanter "I gotta have it", sur un blues très rythmé. Le tempo ralentit pour le long blues "Ready to learn". Kaz souffle dans l'harmonica, Joe torture sa guitare. "Player got played" est un blues classique. La guitare mesurée disserte avec classe devant la section de cuivres. Alors que Smokin' Joe devient insatiable, l'album se referme. Dommage, car en finale "I know that's right" offre un bouquet de cordes réunis par Joe et Bnois. Blouseux, ne vous arrêtez surtout pas aux premiers titres !

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

The rage called rock'n'roll

Le retour du "Boogie man from Hell", puisque Katon vient de Hell, dans le Michigan. Son 1er album "Boogie all over your head", date déjà de 1984. Depuis sa signature chez Provogue, il a aligné cinq albums dont le dernier, "Bustin' up the joint Live", a été enregistré, vous vous en doutez en public. Michael nous a habitué à un boogie rockin' blues pur et dur, très dur même. Pourtant, son nouvel album est beaucoup plus varié. Plus léger aussi. Bref l'homme s'est surpassé pour aligner quelques solides compositions. C'est sans aucun doute, la facette rock qui l'emporte.

Il ouvre par du Katon très classique avec "She's all mine" ; mais la plage titulaire qui suit, est assez soft. La rage est très contenue, et le mélange assez réussi de guitares acoustiques et électriques est même plutôt proche d'Aerosmith. Un soupçon de colère dans la voix et des riffs stoniens saisisants, hypnotiques dans le rythme, "No more baby" continue dans un registre semblable. "Jesus wears Adidas" est une ballade bien construite, alternant moments doux et assez vifs, avant d'éclater lors d'un bouquet final de cordes en flammes. Il empoigne enfin sa slide solidement amplifiée pour nous livrer un boogie blues bien dense, " Runaway train ", et un autre au rythme mesuré mais efficace, "Jump back (your baby wants to boogie)". La machine, désormais bien huilée, adopte donc le rock'n'roll, avec "The opposite sex". La slide roucoule dans le fond, le rythme se fait à nouveau stonien. Boogie encore et toujours, avec "Hidden fire", un feu qui n'a rien de caché à vrai dire. Katon ne desserre plus son étreinte, et tout le monde est par terre lorsqu'il entame "I'm just along for the ride". Un voyage vers Hell, vers l'enfer, si vous préférez. Au cœur des flammes, il veut rejoindre les anges du paradis à travers "Two angels flyin", un blues qui n'a rien de caressant. C'est enfin repu que Katon conclut son album avec le placide "January rain". Mais jusque là, quel trip ! ! !

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Talkin low´

Au sein de l'univers du blues, Jo Ann Kelly était, sans doute, la chanteuse de couleur blanche à se rapprocher le plus de l'authenticité de Memphis Minnie et de Big Mama Thornton. De son vivant, elle avait sorti de nombreux albums. Eponyme, son tout premier était paru chez Epic en 1969. Mooncrest avait édité en 98 un 1er volume consacré à des inédits : "Key to the highway". Sous-titré, "Rare and unissued recordings 1966-1988, cet opus constitue le deuxième de la série.

Etalés sur une période particulièrement longue, les titres proposés campent inévitablement des styles forts différents. Nous trouvons ici les plus anciens enregistrements de Jo Ann. Ceux de 1966, lorsqu'elle était accompagnée de son frère cadet Dave, à la guitare. Dont deux plages du répertoire de Memphis Minnie, "Where is my good man at" et "This is your last dance". Les Kelly recréent d'ailleurs ici les échanges de guitares opérés entre Minnie et Joe McCoy. En 67, Dave Kelly rejoignait le John Dummer Blues Band. Pour y jouer de la guitare, bien sûr. Mais avec l'ex et futur Groundhogs, Tony McPhee. C'est en leur compagnie que Jo Ann chante en 1968 "I can't quit you baby". Quatre plages datent de 1970. Elles réunissent quelques grosses pointures du blues anglais acoustique de l'époque. En l'occurrence le pianiste Bob Hall ; mais surtout l'harmoniciste Steve Rye et le guitariste Simon Prager, mieux connus sous le patronyme Simon & Steve. Sans oublier Jo Ann. J'ai été très agréablement surpris par la présence du "No love in my heart" d'Elmore James. En 74, Jo chante superbement devant un pub band qui répond au nom de Chilli Willi and the Red Hot Peppers. Un groupe qui implique alors Martin Stone et Phil "Snakefinger" Lithman aux guitares. Au cours de la même année, Jo Ann enregistre pour Tramp. Elle est accompagnée de Bob Hall, de Bob Brunning, et de son mari Pete Emery. 4 plages issues de cette époque, dont l'excellent funky, "Feel like breaking up somebody's home" ont été sélectionnées. On la retrouve en 1984, au sein du Quaggy Delta Blues Band, pour y interpréter "Big boss man". Et puis en 88 pour "Rising sun shine on". Chanté a capella, cette composition me flanque chaque fois le frisson. Les deux derniers titres qui lui sont consacré datent de la même année ; peu de temps avant sa disparition prématurée. Un bel hommage à cette grande dame du blues.

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Mighty River

Blues Leaf est un de ces petits labels indépendants qui font la richesse du blues aux Etats-Unis. Ils a notamment édité, au cours de ces dernières années, d'excellents albums de Steve Guyger, avec ou sans Paul Oscher, de Janiva Magness, ainsi que de Steve Bailey & the Blue Flames! Le Killer Blues Band est un trio du New Jersey qui mêle blues et jazz. A ce jour, il ne comptait que l'album "Blue Trio", à son actif. Né de la rencontre entre le violoniste Perry Leandro et du claviériste Dave Lewis (NDR : plus particulièrement préposé à l'orgue Hammond !), il n'a été rejoint par le bassiste Frankie Hrycenko qu'en octobre 1994. Cette combinaison est idéale pour imprimer des tempos jazzy.

Dès l'ouverture, "The mighy river", le violon virevolte devant le B3. Cet instrument est peu pratiqué dans le domaine du blues. Seuls Don Sugarcane Harris et Clarence "Gatemouth" Brown ont d'ailleurs acquis une réputation internationale. Dave Lewis est un dingue de Jimmy Smith et de Jimmy McGriff. Son jeu de clavier en est la plus belle illustration. Ce flirt entre violon et orgue est la véritable ligne de conduite du Killer. Il irradie sur les thèmes instrumentaux, comme le "Don & Dewey" qui faisait la fierté du It's A beautiful Day" de David La Flamme. Les compositions de Leandro sont divertissantes. A l'instar de "Ring on your finger" et de "Soul 69". Blues lents, "Since I've seen the sun" et "Wicked bad feeling" leur collent bien à la peau. Perry n'hésite pas à triturer le son du violon, à l'aide de la pédale wah-wah, sur "Hang my head and cry". Il empoigne même une guitare sur "Bluestone lane". Et cet opus nous entraîne jusqu'à la Nouvelle Orléans pour fêter "Hard cold cash".