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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Viagra Boys
Ora Cogan

Incognito

Bees + Things + Flowers

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Groupe vétéran de la scène acid jazz, Incognito est le projet de Jean Paul Maunick, vieux routier de la scène funk anglaise depuis la fin des années 70. Il ajoute à sa déjà copieuse discographie cette plaque qui touille dans le jazz, la soul et le funk ‘cool’. Le tout baigne dans une ambiance cossue et luxueuse largement due aux arrangements de cordes, aux claviers vintage et aux voix chaleureuses conjuguées par Jocelyn Brown, Carleen Anderson et Maysa Leak. Au menu musical de « Bees + things + flowers » de nouvelles versions consacrées à quelques morceaux phares de la formation (« Still A Friend Of Mine », « Always There »), une reprise de Roy Ayers et de « Summer In The City » (avec une étrange intro de cordes) ainsi que des compositions originales. Particulièrement soigné, ce disque est davantage taillé pour les salons que les dancefloors. Exception qui confirme la règle : la cavalcade drum and bass de « Raise ». Un regret tout de même, l’ensemble est un peu trop lisse pour faire la différence…

 

 

Snowden

Anti-Anti

Écrit par

La voix nonchalante de Jordan Jeffares pourrait être prise comme une invitation à la fuite. Telle une aventure improvisée en pleine nuit d’été, les Américains de Snowden sortent leurs plus beaux atouts et font résonner leurs chants jusqu’aux cimes. Peut-être pas pour rien que Jade Tree les a recruté du fin fond de leur cambrousse pour poser leur première pierre « Anti-Anti », faisant suite aux échos radiophoniques qui ont vite fait le tour de leur Géorgie natale. Des invités d’honneur, connus sous les noms de reverbs (vocaux, cordes) et lo-fi, prennent place sur l’opus et copinent sur un rock harmonique habillé en indie pour l’occaz. Une combinaison qui s’est vite vue supporter Clap Your hands Say Yeah ou les remarquables Arcade Fire avant d’être soutenue à son tour par le producteur Eric Wofford (Explosions in the Sky, My Morning Jacket). Et on doit se l’avouer : leurs petites balises gonflées de gaz atmosphérique flottent dans un équilibre constant et éthéré. L’embarcation Snowden est sur la bonne voie, celle de l’insubmersible. Et ce n’est pas mal pour un début.



Various Artists

Folk Off

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Signé sur le label anglais Sunday Best et divisé en deux volets, « Folk Off - New Folk And Psychedelia From The British Isles And North America Compiled By Rob Da Bank » est à ranger au rayon ‘anthologie’ (plus que compilation). D’un dépouillement magnifique (guitare-voix) aux plus complexes arrangements, le folk tend à (re)devenir le mode d’expression musicale premier. Moins contestataires qu’aux origines mais toujours observateurs d’un monde perturbé, ses artisans conjuguent le sublime au long des trente chapitres de ce grand journal intime.

Les Iles Britanniques ouvrent leur voie grâce au « Pionneers » de Tunng, s’appropriant parfaitement le morceau de Bloc Party. S’ensuit alors une série de titres simplement beaux. Certains instrumentaux (« Guitare miniature » de North Sea Radio Orchestra ou le rayonnant « Dawn » de Eighteenth Day Of May) se glissent parmi les bidouillages électroniques étranges de Same Actor (« Nothing Yet ») ou pénétrants de Listen With Sarah (« Blue Parsey »). Rêves. La présence de talents reconnus (James Yorkston & Reporter) ou à découvrir (Songs of Green Pheasant) renforce l’idée d’avoir entre les mains un monde onirique splendide et douloureux.

Face à ce premier versant, l’Amérique du Nord regorge d’armes plus ou moins secrètes. Première réplique, Micah P. Hinson propose sa version de « Yard Of Blonde Girls » (déjà présente sur l’album « Dream Brother- The Songs Of Tim + Jeff Buckley »). Reprise encore, de Cohen cette fois (il semblait inévitable de passer à côté du maître en ces contrées), Marissa Nadler s’empare du « Famous Blue Raincoat » pour lui offrir une délicatesse aérienne (au détriment d’une profondeur authentique). Délicatesse toujours, Espers reprend le traditionnel « Rosemary Lane ». Le génie d’Animal Collective, les trépidantes Au Revoir Simone, le singulier Sufjan Stevens ou encore la douceur de Mi & L’Au tirent ce deuxième disque vers le sommet, truffé de bonnes surprises telle que la participation de Feist sur « Snow Lion » de Readymade FC.

Pour conclure, cette collection atteste de l’infinité créative que le folk peut offrir. Car ce dernier a cela de passionnant qu’il se surpasse lui-même, abattant toute frontière que l’on croyait érigée. Inépuisable.

 

Al Basile

The tinge

Écrit par

A l’origine, Al Basile était écrivain et poète. C’est en rencontrant le célèbre guitariste Duke Robillard qu’il se rapproche de l’univers musical. En 1973, il devient ainsi le trompettiste du big band notoire de Rhode Island, le Roomful of Blues. Depuis une dizaine d’années Al a entrepris une carrière sous son propre patronyme, un parcours ponctué par la sortie d’excellents albums. "The tinge" constitue déjà son sixième. Mr Basile ne manque pas d’atouts. Sa voix est remarquable. C’est un excellent musicien et il jouit d’un don de compositeur inégalable. Et pour couronner le tout, dès qu’il entre en studio, il est rejoint par ses amis. Pour la plupart, des musiciens hors pair ! Duke Robillard se charge de la production et joue de la guitare, Marty Ballou se réserve la basse et Mark Teixeira, la batterie. Sans oublier Bruce Katz aux claviers ainsi que Rich Lataille et Doug James aux saxophones. Excusez du peu ! En présence de cette équipe d’élite, il n’est pas difficile d’imaginer le niveau au sein duquel la musique évolue. Et autant l’avouer tout de suite, vous ne serez pas déçus. Car ce nouvel opus est d’excellente facture. Il ne souffre d’aucune faille et dépasse même en qualité, le précédent elpee, "Groovin’ in the mood room" ; un disque paru en 2006. La production met en exergue les capacités vocales puissantes et tellement expressives de Basile. Une œuvre au cours de laquelle il use et abuse enfin de son cornet. Véritable plaisir pour les oreilles et festival musical permanent, elle est truffée de trouvailles et souligne les exploits individuels de l’ensemble. Particulièrement cool, la musique baigne au cœur d’une atmosphère délicieuse et sophistiquée. Essentiellement alimentée par un jazz libérant un maximum de swing, mais empreint de délicatesse. Un style que l’artiste estime relevant du soul jazz et du swing (NDR : pensez à Kansas City) tout en étant inspiré par le blues traditionnel. Voilà pour l’étiquette !

Dès les premières mesures de "Go back home to the blues", nous pénétrons dans cet univers où se côtoient jazz, blues et swing. Al possède une très bonne voix ; chaude, assez proche de celle de son ami Duke Robillard. Son premier solo au cornet nous situe l'étendue de ses compétences d’instrumentiste. Le schéma est très classique. Il est ainsi suivi par Duke qui libère ses notes en picking, comme un Albert Collins converti au jazz! "Just wait and see", est une ballade bien agréable, irradiée par l'orgue Hammond de Katz. Cuivrée, également. Et en particulier à cause du solo de cornet qu’il module à l’aide d’un obturateur. Slow blues très langoureux, "Airlift my heart" est d’une pure beauté. Basile accorde une merveilleuse partie sur son cornet, dont il étouffe les tonalités à l’aide d’une ventouse (NDR : une idée refilée par Cootie Williams). La présence d’un piano aux accords délicats et raffinés accentue le climat de mélancolie. Saturé de swing, "Not the wrong woman" trempe dans le jazz pur. Marty et Mark soutiennent l'ensemble en libérant beaucoup de groove. Tous les souffleurs (Al, Doug et Rich) se réservent un billet de sortie. "Give me the rainbow" relève également du jazz pur. Al se prend pour un crooner devant le piano acoustique de Katz. L’orgue nous réchauffe le cœur tout au long de "Can I trust you with a kiss?", une ballade, ma foi, fort agréable. "Too slow" reflète ce que Basile fait de mieux. Cette plage indolente, complètement imbibée de jazz et de blues, est ici hantée par l’esprit d’Eddy Cleanhead Vinson. Rich se charge de l'intro à l’aide de son sax alto. Duke se fait plus T-Bone que nature, pendant qu’Al nous enchante de son cornet. Al a de nouveau recours à son obturateur pour "Daddy got a problem" ; une ballade allègre proche du R&B dansant, caractérisée par sa rythmique syncopée. La plaque recèle encore deux ballades sublimes. Mr Basile les aborde à la manière d’Eric Clapton. Tout d’abord "She's in love with losing". Katz joue de l'orgue Wurlitzer en reproduisant les sonorités très 70’s de feu Ray Charles, tout au long de cette plage empreinte de tendresse et d'émotion. Le charme féminin submerge la mélodie de "Losing my cool". Et c’est toujours tendrement qu’Al clôt son opus le plus accompli à ce jour, par "Strawberries and cream". 

Various Artists

Claude François, autrement dit

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Après quelques écoutes, une question me taraude toujours l’esprit : mais à qui peut donc plaire un tel album ? Aux fans de Cloclo ? M’étonnerait qu’ils apprécient réellement qu’on touche à l’idole, surtout vu l’audace manifestée par certains, ici… Aux amateurs de la ‘nouvelle scène française’ alors? Non plus... Déjà parce que ce n’est pas vraiment la nouvelle scène, ensuite parce qu’il faut encore les entendre chanter Claude François : rien à voir avec les hommages à Brassens ou Brel. Mais alors, à qui ?

Cloclo : 30 ans déjà… Adrienne Pauly, Elodie Frégé et Dominique Fidanza (Star Ac’), Axelle Renoir, Brisa Roché, Aldebert, AS Dragon… Tous sont là pour rendre un hommage, plus ou moins réussi, au chanteur populaire (NDLR : de variétés, précisons-le) disparu le 11 mars 1978.

Jeanne Cherhal s’approprie très bien « Une petite larme m’a trahi », Adanowsky est crédible à « 17 ans » et « Le jouet extraordinaire » replonge La Grande Sophie en enfance. C’est étrange. Pas désagréable, non. Il y a même quelques bonnes découvertes telles que Seb Martel reprenant « Sale bonhomme » ou Vincent Baguian et sa version de « Chanson populaire », légère et jazzy.

Côté anciens, on retrouve Elli Medeiros chuchotant « Comme d’habitude » et Alain Chamfort (évidemment présent pour un clin d’œil à celui qui a lancé sa carrière à l’époque), toujours frêle et élégant sur « Les choses de la maison ».

Finalement, « Claude François, autrement dit », pour qui ? Les curieux et les bizarres, sans doute…

 

Regardez la vidéo de l’enregistrement de « Claude François, autrement dit » avec tous les artistes présents sur l’album

http://www.dailymotion.com/relevance/search/claude%2Bfran%25C3%25A7ois%2Bautrement/video/x4jmto_claude-francois-autrement-dit_music

http://www.wat.tv/video/claude-francois-autrement-dit-iwcj_iedf_.html

Regardez la vidéo d’Elodie Frégé / Miss Félicity Gray

http://www.wat.tv/video/elodie-frege-miss-felicity-gray-ise6_iedf_.html

http://www.dailymotion.com/relevance/search/elodie%2Bfr%25C3%25A9g%25C3%25A9%2Bautrement/video/x4jlav_elodie-frege-miss-felicity-gray_music

http://www.wideo.fr/video/iLyROoaftROn.html

Regardez la vidéo Adrienne Pauly / Même si tu revenais

http://www.youtube.com/watch?v=UuD9SeEHVhE

http://www.dailymotion.com/video/x4f0rm_adrienne-pauly-meme-si-tu-revenais_music

http://www.wat.tv/video/adrienne-pauly-meme-si-tu-idu2_e5le_.html

Regardez la vidéo Jeanne Cherhal / Une petite larme m’a trahi

http://www.youtube.com/watch?v=JkZrwNJDjFk

http://www.dailymotion.com/jeansanteuil/video/x4f4r2_jeanne-cherhal-une-petite-larme-ma_music

http://www.wat.tv/video/jeanne-cherhal-petite-larme-ie82_e5le_.html

Regardez la vidéo AS Dragon / Mais quand le matin

http://www.youtube.com/watch?v=FScaVo8sy4I

http://www.dailymotion.com/jeansanteuil/video/x4f0vx_as-dragon-mais-quand-le-matin_music

http://www.wat.tv/video/as-dragon-mais-quand-matin-iduu_e5le_.html

Regardez la vidéo La Grande Sophie / Le Jouet extraordinaire

http://www.youtube.com/watch?v=e9P4R-ZmW6I

http://www.dailymotion.com/jeansanteuil/video/x4f52r_la-grande-sophie-le-jouet-extraordi_music

http://www.wat.tv/video/grande-sophie-jouet-extraordinaire-ieai_e5le_.html

Regardez la vidéo Aldebert / Je te demande pardon

http://www.youtube.com/watch?v=P_ygMJhNtvc

http://www.dailymotion.com/jeansanteuil/video/x4g9qw_aldebert-je-te-demande-pardon_music

 

 

 

Alex Rossi

Let me in

Écrit par

Ce n’est pas la première fois que je vous en parle, mais le blues brésilien est actuellement en plein essor. Il est riche et recèle une multitude d’artistes talentueux. Des harmonicistes, tout particulièrement. Dont Flavio Guimaraes et Robson Fernandes. Alex Rossi appartient également à cette catégorie. Aussi, lorsque les bluesmen américains tournent en Amérique du Sud, il est régulièrement invité à les rejoindre. Et notamment Honeyboy Edwards, Billy Branch, John Primer et Phil Guy. Sans oublier feu Jeff Healey. Mais là, c’est du passé… Alex aime se rendre au Texas, afin de prendre son pied dans les clubs de Dallas. Il a ainsi côtoyé, sur les planches, Lee McBee, Mike Morgan, Hash Brown, Smokin' Joe Kubek et même des légendes locales comme Sam Myers, Robert Ealey et Curly ‘Barefoot’ Miller. C’est à Dallas qu’il a également rencontré Richard Chalk, le patron de Topcat. Ce dernier lui a donné l'opportunité d'enregistrer un album. Un opus au cours duquel il s’est focalisé sur les reprises plutôt que de prendre le risque de présenter ses propres compositions. Un choix qui a cependant l'avantage de nous démontrer l'étendue de son registre. Pour réaliser cet elpee, il a reçu le concours de quelques collaborateurs. Et pas seulement du coin. Rossi adore se produire en compagnie d’autres souffleurs comme son compatriote Flavio Guimaraes, Billy Branch ou encore les regrettés Sam Myers et Carey Bell! Chez lui, il dirige son blues band : Alex Rossi and the Crazy Dogs. Il est cependant aussi capable de se frotter à d'autres styles. Qu’il aborde au sein d’un autre combo : le Trem27 Bluegrass Band. L’opus a bénéficié de deux sessions d’enregistrement différentes. L’une s’est déroulée à Porto Allegre, au Brésil et l’autre à Dallas. Quelques compatriotes ont donc participé à la confection de cette œuvre ; mais aussi des artistes notoires… Une chose est sûre, tous les invités semblent ici heureux d’avoir pu rendre service à ce musicien ambitieux.

En ouverture, Alex attaque "Tell me how you like it" en puissance. Il adopte un schéma musical proche de Howlin' Wolf. Les cariocas manifestent une excellente cohésion. Christiano Ferreira est le premier à s'envoler sur sa guitare. Luciano Leaes se montre très versatile sur son piano. Imprimé sur ce rythme très populaire, le "The sun is shining" de Jimmy Reed est interprété plutôt nerveusement par le chanteur/guitariste Omar Esteban Itcovici. Luciano maîtrise à la perfection ses 88 touches d'ivoire alors que le boss, Richard Chalk, semble totalement ravi de mettre sa gratte au service de l’équipe. Le célèbre thème instrumental "Caravan" rend un hommage à Duke Ellington. Rossi y démontre tout son talent, prouvant en même temps qu’il est parvenu à intégrer des styles bien différents. Le Chicago southside des années 50 occupe une large part dans cette œuvre. Les mêmes musiciens défient royalement le "Rock me" de Muddy Waters. Les partenaires ont choisi une version unplugged. Phil Guy chante d’un timbre profond, très sombre, singeant au passage la façon de vocaliser de Waters tout en empruntant la tonalité de John Lee Hooker. Il se charge également de la guitare acoustique, tout comme un autre Brésilien : Fernando Norhana (NDR : il a déjà tourné chez nous). Rossi s’y révèle un véritable virtuose. Guy chante autoritairement le "That's alright" de Jimmy Rogers. Luciano impressionne dans le rôle d'Otis Spann. Rossi souffle comme Sonny Boy II. Les plus belles réussites de cet opus impliquent régulièrement des artistes sud-américains. Itcovici est convainquant au chant et à la six cordes tout au long du "Crosseyed cat" de Muddy Waters et du classique "I just want to make love to you" de Willie Dixon. Le rythme participatif de Jimmy Reed refait surface sur "Good lover", un compo signée par sa compagne Mary Lee. Mais si Omar Dykes et Jimmie Vaughan, lors de la confection de l’album hommage à Reed, avaient invité Lou Ann Barton pour chanter ce titre, Rossi a fait appel à une autre chanteuse texane : Kathy Prather. Et elle se débrouille plutôt bien. Un fragment au cours duquel Hash Brown déménage à la gratte pendant qu’Alex souffle dans les aigus comme le vieux Reed. Instrumental allègre et rythmé, "Hawaian eye" déborde de swing. Alex est passé à l'instrument chromatique. Il souffle à la manière de George Smith. Le gratteur texan Holland K Smith et Leaes, préposé à l'orgue Hammond, entretiennent l’excellent niveau de cette plage. Phil Guy chante "Show me your Bombacha". Une plage issue d’une plume qu’il partage, pour la circonstance, avec Alex. C’est également le morceau final de cet elpee de bonne facture. Un boogie léger, hypnotique, balayé par un harmo atmosphérique et hydraté par l’orgue de Luciano.

Elvis’ Ghettoblaster

Love is a schizophrenic hungry monster

Écrit par

Elvis Ghettoblaster est une formation dont la naissance remonte déjà à presque dix ans. Et pourtant, le quartet vient seulement d’enregistrer son deuxième album. Faut dire que la plupart des musiciens du groupe participe à d’autres projets. Et très souvent dans des styles diamétralement différents. Mais penchons-nous sur ce « Love is a schizophrenic hungry monster ». Si à l’origine leur musique était essentiellement influencée par le Velvet Underground, Pavement et le Jon Spencer Blues Explosion, aujourd’hui la palette de références s’est considérablement élargie.

Mixé par Christine Verschorren (Ghinzu, Moondog Jr, Montevideo, etc.) et Niek Meul (Das Pop), l’elpee creuse même aujourd’hui dans la techno et l’électrofunk. Mais pas seulement. La fureur des Pixies hante le vindicatif et furieux « Doll » (même si les vocaux sont aussi torturés que ceux de Marilyn Manson) et le contagieux « Love bites » est balayé par des chœurs réminiscents des Stones (NDR : pensez aux albums « Their satanic majesties request » ainsi qu’à « Beggars Banquet » et en particulier au célèbre « Sympathy for the devil »). Des chœurs que l’on retrouve sur « Fears », morceau davantage marqué par l’électro des eighties (Tubeway Army ?) ; encore que les riffs semblent parfois calqués sur le classique « I was made for loving you » de Kiss. Une électro dansante, mais encore plus frénétique sur « Die ugly girls die », abordée dans l’esprit de Suicide. Légèrement house (ces percus !), « Backseat » lorgne manifestement vers Ian Brown et surtout Happy Mondays, alors que des accords de guitares sculptés dans le funk (presque) blanc balisent la structure de « Bells ». Cosignée Fabrice Detry (Austin Lace), « Dino » est une ancienne chanson. Plus pop, elle est émaillée d’accès de guitare reggae (NDR : la griffe d’Enzo !), tout en se signalant par des vocalises à la Kaiser Chiefs. Empruntant un tempo cha-cha-cha (ces percus latino !), « Marieke » bénéficie d’orchestrations ‘tamlamotownesques’. Une expérience que n’aurait pas dénigrée un certain Devendra Banhart. Punk pop, « Radio days » marche (in)volontairement sur les traces des Buzzcoks, à moins que ce ne soit de P.I.L. (NDR : à cause des vocaux chevrotants, ‘lydonesques’), tandis que paradoxalement assez pêchu, « Linda Lee at french party » bénéficie d’une jolie mélodie. « Stoner » n’a rien de stoner. C’est même plutôt une compo franchement noisy. Digne du Jesus & Mary Chain. Deux titres ne sont pas chantés par Gregory. Tout d’abord le contagieux « Rochus parkus ». Le timbre sinusoïdal de John John colle parfaitement à cette excellente chanson, rappelant curieusement Original Mirrors. Et puis la ballade mid tempo « Champagne & Wine ». C’est Julien, le drummer, qui s’y colle. Son timbre semble hanté par Ray Davies des Kinks, mais surtout il s’y révèle un redoutable crooner. On comprend mieux ainsi pourquoi la plupart des compos de « Love is a schizophrenic hungry monster » traite des tourments de l’amour et des relations qui tournent au vinaigre. Mieux vaut le champagne et le vin. Côté bémol, on regrettera la production un peu trop brouillonne des titres les plus enlevés. Ce qui n’empêche pas cet opus de se révéler une excellente surprise…

En concert :

- 17 mai : Nuits Botanique (Brussels) + Coming Soon
- 20 juin : Coliseum (Charleroi) + Mud Flow + Yel
- 21 juin : Fête de la Musique à Liège + Superlux + The Tellers
- 26 juin : d:qliq (Luxembourg)
- 27 juin : Bear Rock Festival (Andenne)
- 17 juillet : Dour Festival
- 3 octobre : Manufactur Rock (Hannut)

Lister

Elektrisch vuur

Écrit par

Ce trio hollandais guitare/basse/violon s'aventure sur un terrain en friche, seulement foulé très partiellement par les belges de DAAU.

La musique, essentiellement instrumentale, est d'inspiration traditionnelle. Alors que la plupart des formations officiant dans le genre adaptent des oeuvres existantes, Lister propose 10 créations originales sur les douze plages que comporte l'album. Et s'éloigne très souvent de ses racines par son approche très moderne. Furtivement, on a l'impression d'entendre une production post-rock à la Anathema (première partie de « Rooibos », la cinquième plage), du rock atmosphérique acoustique à la Antimatter, voire l'une de ces oeuvres minimalistes chères à Wim Mertens ou Henry Krutzen. Guitare et violon se font tour à tour rythmiques (parfois de façon fort hypnotique), aventureux ou mélodiques, réservant quelques évolutions expérimentales que le King Crimson des seventies lui-même n'aurait pas reniées. Le propos est en fait rarement enjoué (Suite de Muntenië-gigue). Bien qu'irréprochable, ce CD n'intéressera donc qu'un public très ciblé, lequel se sera reconnu dans cette chronique.

Faithless

To All New Arrivals

Écrit par

Lorsque Faithless a publié en 1995 « Salva Mea » (avec, déjà, Dido au micro), on aurait pu penser qu’il s’agissait d’une énième formation dance à deux balles. Le genre ‘One Hit Wonder’ que tout le monde aurait oublié deux ans plus tard et dont le plus gros carton à l’époque, « Insomnia », ne passerait en boucle que dans la sono des kermesses d’Outsiplou-Les-Bains. Tout faux. Enchaînant tubes sur tubes, Maxi Jazz, Sister Bliss et l’homme de l’ombre, Rollo Armstrong, font taire les mauvaises langues pour ensuite époustoufler les masses lors d’une première tournée européenne grandiose, qui passera notamment par l’AB en 1997. Faithless devient par la suite, et très rapidement, le groupe incontournable des grands festivals. Pas mal comme parcours. Mais l’effet ‘conte de fée’ commencerait-il à s’estomper ? Ayant terminé sa course dans les charts anglais bien loin derrière ses prédécesseurs, « To All New Arrivals » est, à ce jour, l’essai le moins fructueux du trio.

Mauvais choix de single porte-drapeau (le très moyen « Bombs ») ? Manque de titres potentiellement radiophoniques ? Pourtant, ce nouvel essai présente une formation fidèle à elle-même. Lassitude, peut-être ? Il est vrai que la formule n’a que très peu évoluée depuis « Outrospective ». En effet, rien de bien neuf sous le ciel anglais. « To All New Arrivals » marie donc, comme de coutume, quelques titres pop ou électro merveilleusement bien produits (« Emergency », « Nate’s Tune ») aux inévitables morceaux trip-hop (« The Man In You »). Si l’œuvre propose un Maxi Jazz beaucoup trop en retrait, on ne peut que saluer la liste d’invités prestigieux : l’inévitable Dido, Cat Power (l’apaisant « A Kind Of Peace ») mais également Robert Smith (« Spiders, Crocodiles & Kryptonite », et son sample habilement remanié du « Lullaby » des Cure). En conclusion, le cinquième essai de Faithless n’étonnera pas grand monde, mais c’est toujours ça de pris. En attendant de les voir sur scène, là où ils brillent véritablement.

 

 

 

White Rabbits

Fort Nightly

Écrit par

« Fort Nightly » est un album qui nous vient de loin. Et nous le remercierons chaleureusement de s’être donné tout ce mal pour arriver jusqu’à nous. Oui, très chaleureusement même ! Greg Roberts (guitare et voix), Steve Patterson (piano et voix), Alex Even (guitare et voix), Adam Russell (basse), Matt ‘The Duck’ Clark (drums) et enfin Jamie Levinson (drums aussi) sont les six membres de White Rabbits et les heureux papas de ce disque qui d’Amérique tout droit nous échoit. « Fort Nightly » est la première œuvre de ce groupe issu du Midwest, mais fermement décidé à conquérir New York. Et c’est l’Amérique toute entière qui semble déjà avoir succombé à leur musique (les six amis sont déjà passés au Late Show de David Letterman).

Les présentations étant faites, venons-en à cet album, parvenu à mes oreilles, tout frétillant et plein de malice. Vous me croirez si vous le voulez, mais il s’agit là de leur premier elpee. Surprenant, n’est-ce pas ? D’autant qu’il n’est pas habituel de rencontrer un disque bénéficiant d’une unité d’atmosphère. Tous les morceaux sont dans le ton. Ils forment un univers fantastique et délirant, un univers empreint de l’exotisme inévitablement véhiculé par l’originalité de ce grand cacique qu’est « Fort Nightly ». Pour dire, rares sont ceux qui ont réussi à construire une œuvre où chaque morceau a sa place et participe au tout, en préservant cette singularité permettant aussi à chaque chanson d’exister indépendamment de l’ensemble. L’un des derniers albums qui m’avait pareillement marqué devait être « Black Market Music » de Placebo. On se montrera indulgent devant mes envolées lyriques mais j’écoute les morceaux de Greg, Steve et leur bande tout en écrivant.

« Kid on my shoulders », la première plage, livre une musique rythmée, festive et très colorée. Elle donne envie de bouger et la suite, je le crains, ne calme pas cette ardeur. Le morceau se termine par d’étranges chœurs donnant de l’envergure à une musique pourtant déjà finement ciselée. Ces chœurs reviendront, pour notre plus grand plaisir, et sauront insuffler une dimension métaphysique dans le mystérieux et lumineux « March of the Camels ». Cet opus dégage une énergie sans cesse renouvelée et une richesse dans l’écriture musicale sans jamais verser dans la confusion. Greg et ses amis jouent avec suffisamment d’aisance pour que la maîtrise dont ils font preuve ne se remarque pas. On ne sent pas de retenue dans le jeu de White Rabbits et le festival, auquel on assiste, paraît toujours naturel. Par exemple, « I Used to Complain, Now I Don’t » nous emmène sur une plage de sable fin entourée de cocotiers pour une fiesta digne d’Ibiza sans verser dans le chaos de fin de soirée. A croire que le monde merveilleux de nos amis new-yorkais ne connaît pas les gueules de bois les lendemains de veille.

Je manque de place pour communiquer tout l’enthousiasme que j’éprouve en parlant de ce groupe. Frustration ! L’unité musicale mentionnée plus haut n’a pas empêché les artistes de varier les styles et l’on ne s’ennuie jamais à écouter les pistes s’enchaîner. Je ne peux conclure sans avoir glissé un mot sur « While We Go Dancing » : sans doute le morceau le plus abouti et le plus équilibré de l’album. Une future référence dans le genre ? Arrêtons-nous là avant que ces p’tits gars n’attrapent la grosse tête ou pire, se reposent sur leurs lauriers ! Je ne serais pas impartial sans vous livrer au moins un aspect négatif. Ils ont produit treize morceaux (pour ceux qui se seront offert le CD avec les deux plages bonus), 45 minutes d’éclatement. Franchement ça passe trop vite. Bref, cet album mérite une bonne place dans toute compactothèque. Et j’ai l’impression qu’il n’est pas près d’être détrôné dans la mienne.