Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

Enregistré sous Ex:Re

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The Kilborn Alley Blues Band

Put it in the Alley

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Le Kilborn Alley BB est un groupe issu de Champaign, près de Chicago. Il sillonne les routes, depuis pas mal de temps. Son line up réunit Joe Asselin à l’harmonica, Chris Breen à la basse, Andrew Duncanson à la guitare et au chant, Ed O’Hara aux drums ainsi que Joshua Stimmel à la guitare. Ils collaborent régulièrement avec Johnny ‘Yarddog’ Jones, un bluesman noir originaire de Detroit. Eponyme, leur premier opus est paru en 2003, sur le label Pee Dee. "Put it in the Alley" constitue leur second. Enregistré fin 2005 à Chicago, ce disque a été produit et mixé par leur ami Nick Moss. Ils signent pratiquement tout leur répertoire.

L'ouverture est royale. Elle me rappelle les débuts du Paul Butterfield Blues Band, opérés voici environ 40 ans. Andrew jouit d’une voix puissante, adaptée à ce type de musique. "Your next baby's daddy" est explosif. Joe souffle rageusement dans son harmonica pendant qu’en arrière-plan, une slide rôde dans l'ombre. Différent, "Tales from the Alley" évolue sur un tempo exotique : un mambo. Un style régulièrement adopté dans l’univers du Chicago Westside (NDR : pensez à Otis Rush !) Ces aventures de la Kilborn Alley paraissent bien excitantes. Asselin dispense un solo d'une tristesse infinie. On est au bord des larmes, tant l'émotion est parfaitement traduite. Sauvage et immédiat, "The blues take me in" est imprimé sur un rythme soutenu. Nous ne sommes ici plus tellement loin d’un Sonny Boy Williamson. Pourtant, j’avoue être davantage séduit par les thèmes lents. A l’instar de "Thousand miles". Joe fait pleurer son instrument. Le son traduit un sentiment de désespoir. Persuasif, Duncanson chante impeccablement. Son interprétation fait mouche. Son timbre évolue régulièrement dans un registre proche d’Eric Burdon. Et c’est un compliment ! Blues lent, "Can I get a hello?" nous plante dans le décor du Southside blues de Muddy Waters… Malheureusement, toutes les compos n’atteignent pas le même niveau. Parfois, la section rythmique trahit quelques signes de faiblesse. Et je pense tout particulièrement aux lignes percussives tracées sur "Can I get a hello?". Une situation reproduite tout au long de "Soldier blues" ainsi que sur le très primaire "Behind my back", même si cette dernière plage ne manque pas de charme. Les musiciens avouent avoir vécu des moments difficiles sur la route. Et ils restituent parfaitement ce sentiment de souffrance sur "Got dues to pay". Le spectre de Howlin' Wolf hante ce fragment parcouru par le saxophone de Dave Fauble, réminiscent d’Eddie Shaw. La fin de parcours est plus heureuse. "Home to my baby" en est la plus belle illustration. Un boogie sans artifice. Les musiciens y reprennent le refrain en chœur pendant que Joe décolle. Ce dernier empoigne son instrument chromatique pour attaquer "The breakaway", un de ces blues dont le sympathique George Smith avait le secret. Duncanson injecte toute sa rage et sa passion dans son chant. A l’instar du maître, Muddy Waters, il exécute un dialogue entre ses cordes. Le dépouillement musical manifesté ici est le gage d'une rare qualité. Le message du blues passe en force. Mais dans l’univers du blues lent, "Mr Campbell's blues" constitue un sommet. Parcimonieuses, les notes restituent cette sensibilité à fleur de peau. Nick Moss à la guitare, Gerry Hundt à l'orgue Hammond et Dave au sax sont au sommet de leur art. Nick et Gerry reviennent pour participer au titre final. Intitulée "I like to live the love", cette ballade est attachante et stimulante. Andrew Duncanson possède une excellente voix. Joe Asselin est talentueux. Et le Kilborn Alley BB réunit une équipe de passionnés : de véritables blues soldiers. Enfin, pour que votre information soit complète, sachez que Kate Moss s’est chargé des illustrations de la pochette, reproduisant une Kilborn Alley bien peu engageante…

 

 

 

Various Artists

Ruf Records Anthology

Écrit par

Thomas Ruf est né le douze décembre mil neuf cent soixante-cinq (12.12.1965). Il est le boss du label qui porte son nom. Son chiffre fétiche est le 12. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles il a sous-titré cette luxueuse collection : "12 years of where blues crosses over". Une compile qu’il a voulu plus originale que toutes celles de ses éventuels concurrents. En fait, cet opus constitue une rétrospective de douze années riches en productions maison.

 

En 2006, le "Full circle" de Walter Trout avait récolté un immense succès commercial. Son plus grand à ce jour. "Workin' overtime" en a été extrait. Une plage au cours de laquelle il partage un duo en compagnie du Canadien Jeff Healy, célèbre guitariste atteint de cécité. La délicate Sue Foley figure également sur ce recueil. Pour un titre très saignant. En l’occurrence la plage éponyme de son excellent elpee "New used car". En 2005, la redoutable et imposante Candye Kane s’était illustrée par son excitant "White Trash girl". La présence de cette compo n’est donc pas étonnante. La même année, le Ruf Blues Caravan réunissait plusieurs jeunes artistes dont Ian Parker, un Britannique particulièrement doué. Sa voix est pure. Sa guitare menaçante. Mais surtout il impressionne par son "It hurts a man". Commis en 2003, le "White crosses" du Texan Omar Dykes nous permet de revivre de biens agréables instants. Un morceau finalement bien léger concédé par le géant dont le bon quintal lui donne souvent une puissance démesurée. On n’entend plus guère Larry Garner aujourd’hui. En 2002, la voix frêle mais bien timbrée de ce sympathique personnage colorait une chanson qui porte son nom. L’année suivante, Thomas faisait une découverte importante : Ana Popovic. Depuis, sa carrière a pris une toute autre dimension. La guitariste slave est même prête à rebondir outre-Atlantique, puisqu'elle vient de signer chez Delta Groove, label établi à L.A. réputé pour son dynamisme. Sa très belle ballade "Love fever" est ici incluse. En 2000, l’Albion avait révélé le jeune Aynsley Lister. Il a déjà bien roulé sa bosse depuis. Chantre remarquable, Kevin Coyne nous a malheureusement quittés. En 2004. Un hommage lui est en quelque sorte rendu sur cette plaque. L’écurie possède également ses fers de lance. Tout d’abord Canned Heat, les rois de la boogie music. "See these tears" date de 1999. Il met en exergue le talent de Robert Lucas et du regretté Henry Vestine. Le funk débridé et participatif de Bernard Allison n’a pas été oublié. Il remonte déjà à 1995. Et Luther Allison clôture la partie audio de cette anthologie par "Put your money where your mouth is". En 1989, Ruf était l'agent européen de cette star. Cinq ans plus tard, il monte son label pour son héros. C'est l'Histoire!

Le DVD s'ouvre et se referme par le merveilleux Luther Allison. Il chante "Bad love", extrait d'un vidéoclip tourné en 1994. L’émotion est alors à son comble. Et c’est bien compréhensible. Chez Ruf, on ne s’est véritablement intéressé au DVD qu’au cours des trois dernières années. En 2006, le line up de Blues Caravan (toujours d’actualité) réunissait Ian Parker, Aynsley Lister et Miss Lyytinen, dont la fraîcheur illumine les cœurs. Souriant, Sue Foley caresse les cordes de sa Telecaster multicolore tout au long d’"Absolution". Et elle est habile sur son instrument, la mignonne! Bob Brozman manifeste une dextérité folle et quasi inhumaine. Un exercice de style d’un bon quart d'heure. Bernard Allison reprend le succès éternel de son père, "Bad love". Flanqué de ses Howlers, Omar nous entraîne au cœur des bayous de la Louisiane. Il nous y réserve un de ses meilleurs titres : "Monkey land". 2005 est manifestement l’année des décibels. Robin Trower, Ana Popovic et Ian Parker se fendent chacun d’un blues rock bien électrique. Ce dernier se distingue inévitablement dans la spécialité qui est la sienne : la longue ballade lente aux accents dramatiques, et nous concède un excellent "Awake at night". L’univers californien des Imperial Crowns s’embrase. Dément, brûlant, torride même, "Lil' death" est attisé par la slide aux accents métalliques et démoniaques. De plus anciennes images ont également été sélectionnées. Et en particulier celles consacrées à Aynsley Lister, réputé pour sa slide puissante. A Walter Trout, ensuite. Le vendeur le plus performant du label est bien évidemment soutenu par ses Free Radicals. Et enfin au coup de cœur maison, le sympathique duo teuton, Friend'n Fellow. Si cette collection est finalement bien agréable à regarder aussi bien qu’à écouter, nos vœux, pour la suite de l'histoire, vont inévitablement à Thomas Ruf!

 

 

Phillip Walker

Going back home

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Ce "Going back home" constitue sans aucun doute le meilleur album de blues paru en ce début 2007. Phillip Walker est aujourd’hui un vétéran. Il fêtera, en effet, bientôt ses 70 ans. Né à Welsh en Louisiane, il a passé sa jeunesse à Port Arthur, au Texas. Il a accompli ses premières sessions en compagnie de Roscoe Gordon et de Clifton Chenier. Depuis 1959, il vit à Los Angeles où il a acquis une réputation internationale et enregistré un bon nombre d'albums. L'idée maîtresse de ce "Going back home" impliquait un retour de l’artiste à ses sources. A la musique de la Louisiane et du Texas qui l'ont tant inspiré. Randy Chortkoff a mis tous les meilleurs musiciens de son écurie Delta Groove à sa disposition : les Hollywood Blue Flames, le drummer Richard Innes, le pianiste Fred Kaplan ainsi que l’harmoniciste Al Blake ; mais également les excellents Jeff Turmes et Rusty Zinn, respectivement bassiste et guitariste.

Phillip ouvre l’opus par le "Lying woman" de Percy Mayfield. Un démarrage dans le plus pur funk, digne d’un big band. Rusty se charge de la rythmique tandis que David Woodford et Turmes se réservent les saxophones. Phillip chante d'une voix émouvante mais décontractée. Il prend son envol, en économisant les notes qu’il arrache littéralement au couteau de ses cordes. Pour attaquer le "Mama bring your clothes back home" de Lowell Fulsom, il passe alors au plus pur style west coast. Une adaptation très sophistiquée, très swing, au cours de laquelle sa guitare, plongée dans une ambiance cabaret parfaitement restituée, se révèle absolument délicieuse. Les musiciens se procurent leur ticket de chemin de fer et s’embarquent vers le Sud. Le rythme est saignant tout au long de "Mean mean woman". Fred Kaplan se démène au piano tandis que la guitare largement amplifiée de Zinn  prend le large. La voix de Walker est absolument superbe. Il la module, la force, lui fait vivre son texte. Elle se révèle même audacieuse et irrésistible tout au long du "Blackjack" de Ray Charles. Il chante alors sur un tempo très lent, dialogue avec sa guitare, la fait hurler, agoniser, éclater. Du grand art! Randy Chortkoff a signé trois chansons pour Phillip. Notamment "Honey stew". Un boogie blues vivifiant. Zinn s’y déchaîne pendant que Rob Rio assure aux ivoires. "Lay you down", également. Un R&B bien cuivré destiné à servir de théâtre aux joutes en relief opérées entre les deux gratteurs sortis de leur réserve. Une émotion pure nous envahit, lorsqu’il fait revivre Sam "Lightnin' Hopkins sur "Don't think 'cause you're pretty". La version est poignante, saisissante. L'harmonica d'Al Blake y apporte une pointe de tristesse évidente. Un très grand moment ! Nous nous attardons dans le sud profond pour le "Leave my money alone" de Lonesome Sundown. Une plage subtilement rythmée, imprégnée par ce son Excello rencontré à Baton Rouge. Jeff Turmes trace une ligne de basse imparable. Cette situation a le don d'exciter Mr Walker qui se déchaîne sur ses cordes. Retour à la douceur pour la cover de "Bad blood". Rob Rio y cajole son piano. On s’imagine pénétrer dans l'ambiance enfumée d'un joint de New Orleans. Champion Jack Dupree est le créateur de ce titre menaçant. C'est quand il joue le blues lent que Phillip vit le plus sa musique. Il la sent, la ressent, la respire à travers tous les pores de sa peau. Ses cordes et lui ne font plus qu'un. Alors il peut hurler le blues qui le hante. Et le merveilleux "If you see my baby", un morceau à nouveau signé Lonesome Sundown, en est la plus belle illustration. Flanqué d’Al Blake, il chante son "Sweet home New Orleans". Encore un blues paresseux embourbé dans les marais de la Louisiane... Cet album de grande classe s’achève par un hommage à Frankie Lee Sims, un long et  majestueux boogie intitulé "Walking with Frankie"...

 

Rich Cohen

Sour mash

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Originaire de Pittsburgh, en Pennsylvanie, ce jeune musicien a longtemps vécu au sein de sa famille, à Los Angeles, avant de rejoindre New York, il y a une dizaine d'années. Depuis, il y est resté! Musicien très sollicité, il est parvenu à se forger une identité musicale en intégrant de nombreux éléments issus de styles divers : du blues bien sûr, mais également du jazz et du rock'n'roll. Il nous invite à accomplir un tour des States : du blues de Chicago aux rythmes de la Nouvelle Orléans, en passant par les shuffles texans, le jump et le swing californien. Il semble donc bien se nourrir dans ce creuset qui constitue le blues le plus populaire aujourd'hui. Pour enregistrer "Sour mash", il a reçu le concours de ses musiciens, en l’occurrence le Blues Prescription ; c'est-à-dire une section rythmique constituée du bassiste Admir ‘Dr Blues’ Hadzic et du drummer Barry Harrison (ce solide musicien de couleur noire a longtemps sévi chez le backing band de Johnny Copeland) et enfin sa fille Shemekia. Pour concocter cet opus il a également fait appel à de solides connaissances : George Papa George aux claviers et surtout Jason Ricci à l'harmonica. Considéré comme un jeune prodige, ce dernier vit à Nashville, compte déjà trois albums personnels à son actif et drive son propre groupe : New Blood. Le Rich Cohen Blues Band avait déjà gravé un elpee en 2005 : "Who's that knocking".

En ouverture, Rich attaque "Can't do nothing about it". Du blues solidement rythmé destiné à donner rapidement le champ libre à Jason Ricci. Ce véritable prodige joue comme nul autre. Très personnel, son jeu est basé sur une accumulation de notes ; mais aussi sur une créativité constante. Cohen embraie aussitôt par un solo construit progressivement. Il monte sensiblement en puissance. La barre est déjà placée fort haut. Instrumental, le titre maître émarge au funk participatif. Il est alimenté par tous les instruments : les percussions de l'ami Rod Gross, l'orgue de Papa George et la basse d'Admir ; pendant qu’à l'avant-plan, les cordes tissent des arabesques dans un contexte jazz funk. Dans le même registre, les musiciens adaptent "2:19", une compo signée Tom Waits mais revue et corrigée suivant leur imagination. Rich murmure des mots hypnotiques tandis que les instruments creusent de nouveaux sillons novateurs. Autre instrumental, "Bounce & burn" permet à Cohen de swinguer et de jumper sur les cordes. Rich chante de son timbre rocailleux et quelque peu nasillard une version très rafraîchissante du "Floating bridge" de Sleepy John Estes. L'orgue Hammond nous plonge dans un climat décontracté. Jason apporte sa touche émotionnelle de l’instant à l'harmo. Il se fait avare de ses notes pour mieux faire passer le message et céder le témoin à Rich dont les notes sont puisées au plus profond de sa sensibilité. Véritable rampe de lancement à ses solistes, Dr Blues assure le rythme sur "Shame on you", un shuffle classique à la texane. Cohen est un musicien brillant. Et il le démontre constamment. Il emprunte même la technique d’Hubert Sumlin sur "Rx Blues", avant de se mettre à délirer, à improviser, à dénicher des notes improbables sur un thème proche d'Howlin' Wolf. La Blues Prescription poursuit son invasion victorieuse par un nouveau shuffle intitulé "Who's that knockin'?". Impossible de tenir en place : un sommet ! La finale a été immortalisée en 2006, au Trumpets de Montclair. Un morceau ‘live’. Près de 10' de défonce boogie exécutée sur le thème du "Shake your hips" de Slim Harpo.

Non seulement cet album est d’excellente facture, mais il constitue une véritable découverte. Rich est un musicien qui déborde d’idées. Il a ainsi mis d’autres projets en chantier. Dont une approche exploratoire et introspective consacrée à l'utilisation des instruments à cordes acoustiques ; un dessein notamment concrétisé par l’elpee "Moods and meditations", paru en 2005. En outre, il trouve encore le temps de partager un duo acoustique en compagnie de l'harmoniciste Miguel Weissman. Leur album "Hollow log" devrait sortir d'une semaine à l'autre et présenter une facette de blues traditionnel, plus proche du Delta du Mississippi. 

Crossroads Band

I want it? Right now

Écrit par

Seattle est situé au Nord-Ouest des Etats-Unis d’Amérique. Dans l'état de Washington, près de la frontière canadienne (NDLR : difficile d’être plus précis !). On y rencontre de multiples formations de blues. Dont le Crossroads Band. Son line up implique un noyau dur de vétérans locaux. Tout d’abord Steve Bailey. Ce chanteur, harmoniciste et circonstanciellement guitariste sillonne les routes depuis la fin des 60s. Flanqué de ses Blue Flames, il a joué en Europe et au Japon. Dennis Ellis, ensuite. Chanteur et saxophoniste. Il souffle comme un possédé dans son instrument. Big Jay McNeely et Eddie Cleanhead Vinson constituent ses influences majeures. Au cours des 70’s, il pratiquait déjà le jump et le swing, au sein du groupe drivé par le guitariste Chris Cain. Dan Newton, encore. Il chante, se partage plusieurs guitares et se réserve les claviers. Il a également milité chez les Blue Flames. John Lee également. Originaire de l’Alaska, ce bassiste a sévi dans le backing band de John Lee Hooker en compagnie de Charlie Musselwhite et au sein des Blue Flames. John Rockwell enfin. Il est préposé à la batterie. En bénéficiant du concours de musiciens aussi expérimentés, la qualité de la musique doit être bien présente. Et cet opus en est la plus belle démonstration. En 2005, le combo a décroché le titre de ‘meilleur band’ auprès de la Washington Blues Society. Avant de graver "I want it…..Right now", le Crossroads Band avait déjà commis un premier album éponyme. L'album révèle les différentes facettes de ce combo qui bénéficie de la présence de quatre chanteurs différents, évoluant dans des styles tout aussi distincts. L’originalité procède de cette particularité de proposer, sur pratiquement chaque plage, des joutes ou des combinaisons entre le saxophone et l'harmonica! Variée, la musique ne se confine pas au Mississippi, mais s’aventure du côté de Clarcksdale, près du célèbre carrefour sis entre les nationales 49 et 61 ou si vous préférez entre Memphis et Greenwood.

Steve se met à souffler à pleins poumons, à la manière de Sonny Boy Williamson II. Ce qui n’est guère surprenant puisque "Too young to die" est une de ses compositions. Les cordes de Dan vibrent immédiatement, pendant que le leader se met dans la peau de Rice Miller. Dans le style, la technique au vibrato est infaillible. Dan nous emmène à la Nouvelle Orléans pour chanter son "What's he got". Pour la circonstance, il s'est installé derrière le piano. Ses notes sont syncopées tandis que le honky sax de Dennis évolue dans un milieu naturel. Dennis chante "Depression blues", un late night blues. Son organe vocal est puissant. Au sein de cette atmosphère enfumée, Dan Newton signe une sortie spectaculaire, rappelant les grandes envolées de Michael Bloomfield. Steve revient sur scène pour diriger de sa voix déchirée un entraînant "Barefoot rock". Harmonica et sax se conjuguent, se défient et font de la surenchère. Le bassiste John Lee passe au chant pour interpréter "Mama and Papa", un R&B signé Earl King. Sa performance est digne de celle de ses compères. Tous les instruments sont bien en place. Les vétérans se déchaînent! L’album monte en intensité. "Follow me" met en exergue un duel de souffleurs sur fond d'orgue. Ressemblant étrangement à "Mellow down easy", "Long distance operator" consacre une rythmique irrésistible. Bailey est totalement bouleversant sur "Never leave me at home". Il s’époumone sur son harmo, avant que Dennis ne passe à la flûte traversière. Et on n’est pas au bout de nos surprises, car Mr Bailey saisit sa guitare slide et nous emmène dans un de ces Chicago shuffle dont il a le secret. Tout droit sorti des 50’s, ce "Mean & evil blues" est de la pure dynamite. Le sax et le piano sont de la fête. Un véritable bonheur! Les deux guitares paradent sur le rocker "Let me go" ; mais c'est Newton, poursuivi par l'harmo, qui s’illustre par son côté Otis Rush sur "I'm lost without you". Bailey est plus Leiber & Stoller que nature sur son "All night lovin' man". Cet opus d’excellente facture s’achève par le "Hot & cold" d'Albert Collins, une plage caractérisée par le sax ravageur et la guitare en picking, épilée à la manière d’un Collins, de Mr Ellis.

 



The Doors

The very best of

Écrit par

Je ne vais pas vous faire l’affront de raconter l’histoire d’un des plus grands groupes de l’histoire du rock. Simplement, pour commémorer le 40ème anniversaire de la naissance du quatuor mythique, Elektra a décidé de leur consacrer toute une série de compilations. Simple, double et triple (cette dernière est enrichie d’un Dvd). On ne parlera donc que de ce qui nous a été transmis : le double ! Soit 34 titres remasterisés par les membres survivants de la formation. Et franchement, si vous ne connaissez guère Jim Morrison et sa bande, ce recueil devrait vous permettre d’ouvrir les portes de leur univers à la fois poétique, subversif et tellement fascinant. Pas pour rien qu’une multitude d’artistes se sont réclamés et se réclament encore aujourd’hui du combo californien. Maintenant, pour les inconditionnels qui possèdent l’intégralité de leur discographie, cette compile n’a aucun intérêt. A moins que vous ne vous ne vouliez vous procurez le triple, à cause de ce fameux Dvd…

Track Listings

Disc: 1 

1. Break On Through 

2. Strange Days 

3. Alabama Song 

4. Love Me Two Times 

5. Light My Fire 

6. Spanish Caravan 

7. Crystal Ship 

8. The Unknown Soldier 

9. The End (full version) 

10. People Are Strange 

11. Back Door Man 

12. Moonlight Drive 

13. End Of The Night 

14. Five To One 

15. When The Music's Over 

Disc: 2 

1. Bird Of Prey 

2. Love Her Madly 

3. Riders On The Storm 

4. Orange County Suite 

5. Runnin' Blue 

6. Hello I Love You 

7. The W.A.S.P. (Texas Radio & The Big Beat) 

8. Stoned Immaculate 

9. Soul Kitchen 

10. Peace Frog 

11. L.A. Woman 

12. Waiting For The Sun 

13. Touch Me 

14. The Changeling 

15. Wishful, Sinful 

16. Love Street  

17. The Ghost Song 

18. Whiskey, Mystics And Men 

19. Roadhouse Blues 

 

 

Young James Long

You ain't know the man

Écrit par

Découpé en cinq titres, ce disque est le résultat de la rencontre entre trois personnages : tout d’abord les Texans Taylor Young et Kirkland James, respectivement drummer et guitariste, ainsi que l'énigmatique TW Long, originaire lui de la cité du métal, Detroit. C'est dans cette ville inhumaine qu'il a fait ses premiers pas. Fin des années 80. En perpétuant l'héritage de gloires locales comme le MC 5 ou encore Iggy Pop & The Stooges. PW a milité chez Mule, un trio responsable d’une fusion entre rock, country, blues et métal. En 96, Long change d'air et fonde un duo : Reelfoot, en compagnie du batteur Mac McNeilly (ex-Jesus Lizard). Le chanteur énigmatique disparaît une fois de plus de la circulation pour embrasser une carrière de chroniqueur. Une situation qui le conduira au cœur du Texas, à Dallas – Fort Worth. Là, le goût de la musique lui revient. Une petite tournée accomplie en Angleterre éveille l'intérêt du label Southern. Taylor Young est déjà préposé aux percus lorsqu’il concocte l'album "God bless the drunkard's dog", un disque qui ne paraît qu’en édition limitée. Et sous la forme d’un vinyle. Sur le sous-label Black Diamond.

« You ain't know the man » constitue le résultat de la rencontre entre ces trois musiciens qui ont choisi en toute modestie le patronyme Young James Long. Une rencontre assez brève, puisqu’elle n’a accouché que d’un enregistrement de 7 bonnes minutes. Mais une rencontre d’une densité exceptionnelle. Les éclats métalliques sont délivrés sous leur forme la plus brute. Encore une fois, il ne s’agit pas d’un opus, mais d’un exercice de style destiné à nous plonger dans un autre monde. Une invitation à un voyage sans retour ; car nos oreilles ne peuvent rester intactes après avoir vécu une telle expérience sonore. D’ailleurs, nos organes de commande ne répondent plus suite à une telle épreuve. Et nous en perdons tous nos points de repère. Si la base de lancement est située à Dallas, le projectile fonce tête baissée plein sud-est ; vers le Delta du Mississippi. Les références musicales puisent dans le blues profond, brut, primaire, rudimentaire ; mais ces mécaniciens du son ont emporté leurs machines. Ils récupèrent les métaux lourds, les tordent, les déchiquètent à la disqueuse, les broient, provoquant des gerbes d’étincelles incandescentes ! Ces cinq brûlots inextinguibles laissent transparaître, à travers ce kaléidoscope d’image déchirées, des artisans métallo de Detroit ; mais également les fantômes des vieux bluesmen partis trop tôt de ce monde malsain ainsi que les inévitables MC5 et Stooges… faisant passer les parties déjantées organisées dans les studios Fat Possum ou le pays des collines du Nord du Mississippi ainsi que les délires du Blues Explosion de Jon Spencer, comme des exercices délicats, sis à des années-lumière de cet univers inaudible. Une expérience à goûter quel que soit l’âge, à condition d’avoir été vacciné. A partir de cet instant, vous pourrez accéder au cœur de cette orgie sonore où seules les guitares lacérées, les percussions martelées et le chant sauvage on droit de cité. Soutenue par des chœurs incantatoires, cette voix devient même caverneuse tout au long de "Oseadelia" et de "Badcox", alors que véritable rouleau compresseur, "Her Jammies" écrase tout sur son passage… Wow !

                                                                                             

 

Eddie Benitez and Nebula

Night Life / Essence of Life

Écrit par

Le nom ne vous dit peut-être rien. Eddie Benitez, enfant-roi surdoué, respecté de ses pairs et menant même une courte rivalité d’estime avec Carlos Santana. Le premier artiste latino à se produire au mythique CBGB ! Il se fait rapidement un nom en accompagnant des maîtres tels que Tito Puente, Charlie Palmieri et presque tout le Fania All-Stars. Son premier album, « Night Life » sera produit par le sorcier Louie Ramirez. Un condensé de musique latine, toutes percussions dehors (le très influent Nicky Marrero), un Hammond qui bavarde à bon escient et Eddie au centre des débats. Parlons-en, une guitare aérienne, virtuose mais jamais envahissante qui survole discrètement ses troupes de choc. Un crew soudé comme le poing perceptiblement plus chevronné dans les uptempos, en pleine cavalcade homérique. Point faible et ce qui a mal supporté les assauts du temps, les vocaux sont souvent dispensables et sur le fil du kitsch. Le second disque "Essence of Life", trois ans plus tard, est du même tonneau alors que le groupe a presque entièrement été remanié. Surgit la tragédie, le point de rupture. Alors qu’il vient d’être signé par Chris Blackwell chez Island, le crabe s’attaque à lui et l’album en préparation reste sans suite. Il s’en remettra, jouissant ensuite de fortunes diverses et de quelques collaborations enthousiasmantes. Son nom est désormais étroitement lié à celui de George Benson et l’on chuchote un retour imminent avec, en guests, Benson et le Prince en personne. Affaire à suivre…

 

 

Delta Highway

Westbound blues

Écrit par

Delta Highway est né en 2003. En Caroline du Nord. Lorsque Brandon Santini et Justin Sulek décident de mettre en commun leurs aspirations musicales. Ils décident cependant de mettre le cap sur Memphis, afin de s'imprégner du blues du Mississippi. Brandon est chanteur et harmoniciste. Il était surtout marqué par les délires instrumentaux de John Popper (du Blues Traveler) mais s'inspirait de plus en plus de Little Walter, Paul Butterfield et Kim Wilson. Justin est le guitariste. Ses goûts sont assez éclectiques. Ainsi, il a écouté aussi bien Lightnin' Hopkins, Buddy Guy que Stevie Ray Vaughan. Le duo recrute alors une section rythmique. Elle est alors composée du bassiste Tom Louis (ex-Jason Ricci Band) et du batteur Keven Eddy (ex-Mojo Buford Band). Le Delta Highway se met à écumer les clubs de la fameuse Beale Street, l'artère musicale de Memphis. La formation se produit surtout au Blues Hall et au Rum Boogie Cafe. En 2006, elle décroche la ‘Memphis Blues Society Battle of the Bands’.

Ce premier album a été concocté au sein des célèbres studios ‘Sun’ de Memphis ; un demi-siècle après Elvis Presley. La pochette est originale. Nous sommes sur l'Interstate 40, entre le Delta et Memphis, encore distante de 68 miles. Le Delta Highway prend la route et s'engage sur un rythme que n'aurait pas renié Howlin' Wolf (il a également enregistré dans ces mêmes locaux). Justin griffe le décor sonore de sa slide. Il en extirpe des phrases musicales brillantes. Il laisse également frétiller ses cordes ; mais toujours en prenant le soin de les maîtriser. Brandon est un chanteur digne d’intérêt, mais aussi un excellent harmoniciste. Une toute bonne entrée en matière. "I love you (but I really love the blues)" adopte un tempo similaire, quoique un zeste plus funky. L’inspiration s'enfonce dans les marais proches de la Louisiane. Brandon trahit son admiration pour John Poper. Cette fascination est évidente. Il sort des chantiers battus du blues pour aller à l’aventure sur des vagues de notes multiples, quoique toujours contenues. Un excellent exercice de style ! "Early in the morning" constitue l’inévitable slow blues traditionnel. Delta Highway manifeste beaucoup de respect vis-à-vis du blues traditionnel tout au long de son interprétation. Le son de la guitare est assez primaire, pourave et le résultat est éloquent. L'évasion de Justin sur la slide s’opère sur le fil du rasoir ; mais l’équilibre de ce blues à ras de terre est maintenu. "Miss Annalise" adopte parfaitement le style galopant du Mississippi. Les deux solistes s'en donnent à cœur joie. Manifestement ils apprécient jouer ensemble. "My sugar calls me honey" nous entraîne sur des terrains plus swinguants. Santini est passé sur l'instrument chromatique ; mais prend soin de préserver toute sa vigueur dans l’approche de son jeu. Delta Highway reprend le "Jumper on the line"/"Snake drive" de RL Burnside. Un boogie blues contagieux, dispensé sans la moindre fioriture, respectueux de l'écriture originale. La slide se révèle gouailleuse, gourmande, exacerbée. Excellent, "My worried mind" trempe à nouveau dans le bayou blues rock. Santini et Sulek en profitent pour étaler tout leur talent. "Cold as ice " épouse un schéma plus classique, Chicago blues très exactement. Dernier slow blues, "All the water in the ocean" est dépouillé à l'extrême. Ce qui n’empêche pas les cordes de se libérer. Cet opus de très bonne facture s’achève par "On the highway", un retour sur la route imprimé sur un rythme soutenu, et caractérisé par de nouvelles et brillantes interventions des solistes…


                                                                                             

 

Rosebud Blues Sauce

About love

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Rosebud Blues Sauce constitue incontestablement une des meilleures formations françaises contemporaines. Ses musiciens pratiquent du hot rhythm & swingin' blues, comme ils aiment le proclamer. Cette formation a été fondée à Cahors, en 2001, par le chanteur/guitariste Nico Duportal. Depuis, elle sillonne les routes de France et d'Europe. En permanence. Cette musique noire des années 40 et 50, inspirée tout particulièrement par T-Bone Walker, Joe Liggins et Louis Jordan, est interprétée avec passion et talent. Et au cours des dernières années, ce R&B participatif nous a totalement convaincus. Nico est soutenu par Ben Conti aux saxophones, Abdell Bouyousfi à la basse et Pascal Delmas à la batterie. En 2005, ils avaient déjà commis l'excellent "The dirty deal". Les Rosebud ont tapé dans l’oreille de Lynwood Slim, le brillantissime chanteur/harmoniciste californien. Il apprécie tout particulièrement leur collaboration, lorsqu’il se produit sur les scènes européennes. Aussi, ce n’est guère une surprise de le retrouver derrière les consoles du studio Crazy Neck Room. C’était fin 2006, lors de sa dernière tournée. Sa mise en forme respire la classe. Elle respecte absolument la musique mais aussi et surtout tous les musiciens.

 

Dès les premières notes du "Hey Bartender" de Floyd Dixon, nous pénétrons dans ce monde du R&B à la californienne. Un univers bourré de swing et de feeling. Chaleureux aussi. Et puis propice aux bonnes vibrations. Nico Conti et Julien Brunetaud sont les premiers à obtenir un billet de sortie. Le premier sur son sax baryton. Le jeune prodige de l’Hexagone au piano. La voix de Nico correspond parfaitement à son répertoire. Elle se fond dans ce style qui exalte ses auditeurs. L'album inclut des reprises mais aussi les compositions personnelles de Mr Duportal. Elles s’intègrent si parfaitement au répertoire classique qu'il devient difficile de les discerner. A ce titre, "Lost in the game" mérite une mention particulière. Tous les acteurs jouent si naturellement qu'ils prennent leur pied à chanter autour de Nico. Même Lynwood Slim ne peut résister à s’y associer. L'ami Paul Cheron vient souffler chaleureusement dans son sax ténor. Nico a forgé la réputation de son jeu en s’inspirant du grand T-Bone Walker. Et c’est un régal de l’entendre interpréter le "You don't love me" de Mr Walker. Son attaque rythmique sur les cordes est un véritable régal. Mme Christelle Bouyousfi chante "Five, ten, fifteen hours" face au piano jouissif de Julien. Benjamin ne tient plus en place et s'envole sur son ténor tandis que Nico ‘tbone’ à ravir! La voix décidemment bien musicale introduit un "Lil' frenchy boy" au swing délicat. Très jazz, le climat démontre la subtilité du travail opéré par la section rythmique. Abdell et Pascal ne font qu'un pour libérer Brunetaud, véritable héros sur ses 88 touches en ivoire. Un silence quasi religieux s'installe lorsque Lynwood Slim s'avance derrière le micro pour susurer le "Don't put me down" de Jimmy Liggins. On entendrait presque une mouche voler ; et pourtant, on distingue chaque note émise par les cordes de Nico. Du grand art ! Autre cover de T-Bone Walker, "Hard way" constitue un moment fort de l’opus. Une plage marquée par ses changements de rythme appuyés par le piano de Julien. Pour la circonstance, Slim est venu glisser sa flûte traversière entre le sax ténor et le baryton. Pas de déchet sur cet elpee qui manifeste une unité et une cohésion sans failles. Brunataud s'éclate à nouveau sur "Rock ya". Le souffle de Nico frétille au cœur du délicat "Nitelife boogie", un boogie signé Jimmy Liggins. Cet excellent opus s’achève par "Love you just the same", un blues plus classique chanté par Nico et au cours duquel Lynwood Slim assure les réponses vocales avant d'enfin nous accorder, en cadeau, une sublime sortie à l'harmonica. Un album à se procurer en priorité ; en outre, en manquez sous aucun prétexte les prochains concerts de Rosebud Blues Sauce.