Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

The Cure
Gary Numan

Various Artists

Discovered : A collection of Daft Punk samples

Écrit par

A l’instar de nombreux producteurs hip hop, Daft Punk a réussi à transformer d’obscures pépites des années septante et quatre-vingt en succès planétaires. La preuve par neuf est opérée par cette compilation qui dévoile l’inspiration ayant présidé à la confection de tubes tels que « One More Time », « Digital Love » ou « Harder, Better, Stronger, Faster ». Ce voyage intéressant entre électro, house, funk, jazz et disco d’antan démontre la grande érudition musicale du duo parisien, mais permet aussi de découvrir quelques titres qui n’ont pas pris une ride. Du funk futuriste de Breakwater (totalement repompé sur « Robot Rock »), Sister Sledge et Edwin Birdsong (superbe « Cola Bottle Baby » qui a inspiré « Harder, Better, etc. »), en passant par le disco hédoniste de Karen Young et Cerrone, quelques titres dépassent largement le statut de curiosité. Là où certains emprunts sont évidents, on aura plus de mal à découvrir, sur quelques autres morceaux (celui de Chaka Khan en tête), ce que les robots de Paris ont samplé. Les curieux s’en donneront donc à cœur joie, tandis que les ‘beatmakers’ en herbe prendront des leçons.

Danny Brillant

Viens Danser (Cd + Dvd)

Écrit par

Je vous confesse volontiers la réticence ressentie, lorsque ce double disque en main, je me suis dirigé vers mon lecteur CD pour découvrir les nouvelles frasques de l’auteur de « Suzette ». Car Danny Brillant incarne de prime abord et même trop bien le brave chanteur sympa pour ménagères ; celui qui traîne sa belle gueule cassée par les déceptions, mais toujours prête à aimer, car y’a pas plus beau, que l’amour évidemment… (Souvenez-vous : ‘Quand je vois tes yeux, je suis amoureux, etc…’)

Puis, en y regardant de plus près, j’ai relevé une première circonstance atténuante : l’apparition du chanteur d’origine tunisienne dans « Changement d’adresse », l’excellent film d’Emmanuel Mouret (un des seuls réalisateurs français actuels capable de rivaliser avec Truffaut ou Rohmer), sorti en 2006. Il y interprète un séducteur un brin casse- pieds, viril, trop frimeur pour inquiéter le personnage principal, au nez et à la barbe duquel il dérobe pourtant la belle proie docile, qui finit par succomber à ses charmes. Car Danny Brillant, c’est un peu ça : à première vue trop aimant pour être aimé, trop cliché pour être suspecté d’un quelconque intérêt, on n’y fait plus attention au bout d’un moment.

Et pourtant, ce double disque constitue une très bonne surprise. D’abord, le concept : un disque à danser doublé d’un Dvd pour apprendre, mouvement par mouvement, le tango, le rock et le mambo. L’idée paraît simple, il fallait pourtant y penser.

Le CD reprend une série de tubes tirés de la meilleure variété internationale (Gilbert Bécaud, Dalida, Elvis Presley, Charles Aznavour, Frank Sinatra,…), arrangés dans des versions jazzy ou latino selon les besoins, convaincantes et ainsi parées pour être dansées jusqu’à plus soif. Sur le DVD, un professeur, et parfois Danny lui-même, nous enseignent ces danses célébrant le couple et témoignent de ses états possibles : la passion, avec la part de violence qu’elle libère (le tango) ou encore la fuite et la révolte contre l’autorité (le rock). Il faut voir Danny parler de l’origine de ces rythmes et de l’émerveillement qu’il éprouve face à ceux-ci pour comprendre, s’il le fallait encore, qu’il est ici question de vraie passion et de volonté de la faire partager. Le chanteur pour dames se dévoile sous son véritable jour : honnête et touchant. Aussi bien lorsqu’il chante ou danse, que lorsqu’il évoque le couple et la rencontre, ce dont il nous a finalement toujours parlé.

En concert le 31 mai à Forest National 

MSN:

http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6144316

I-tunes:

http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=251307699&s=143446

Dominic Sonic

Phalanstère # 7

Écrit par

Dominic Sonic est un musicien que j’ai toujours beaucoup apprécié. C’est vrai que depuis 10 bonnes années, il s’est fait plutôt discret. Il avait bien débarqué aux Transmusicales de Rennes, fin 2002, en tant qu’invité surprise des Stooges. Puis beaucoup bossé pour son nouveau projet, Sonic Machine ; une aventure ponctuée par un solide concert accordé aux Vieilles Charrues, en 2004. Sans oublier sa tournée en tant que backliner des Déportivo et ses tentatives de reconversion dans le théâtre ainsi que la B.O. ; mais concrètement, pas de disque à se mettre sous la dent.

La sortie d’un nouvel opus en 2007 est le résultat de sessions menées en compagnie d’Yves-André Lefeuvre, Patrick Sourimant et Franck Haurel ; c'est-à-dire les anciens membres de Sonic Machine. Un opus concocté sous la houlette de Mick Prima, entre février et avril de cette année. Jusqu’ici, je ne vous apprends pas grand-chose. Entrons donc dans le vif du sujet.

Première constatation, à l’écoute de cet elpee, on retrouve avec bonheur la présence des riffs de guitares cinglants, percutants, efficaces et puis le timbre vocal délicieusement éraillé, légèrement indolent de Dominic. Des titres comme « Fuel », très glam dans l’esprit de TRex, ou le blues/folk/rock/psyché ténébreux « J’ai dû rêver » libèrent une énergie électrique tour à tour syncopée ou hallucinée. Les deux meilleures plages de l’elpee. Mais pour le reste, on a de quoi être déçu. A cause du recours un peu trop systématique à l’électronique. Une électronique qui manque, en outre, singulièrement de relief. « Down and low » et « La terre » échappent quelque peu à la formule, et sous une forme plus audacieuse, ces deux fragments auraient pu plaire aux aficionados des Young Gods. Mais lorsque les clichés à la Garbage se multiplient, on a beaucoup de mal à avaler la mixture. Même les deux ballades (une cover d’honnête facture du « Mother » de Lennon et « Je suis comme un chat », final acoustique sympa, sans plus), manquent singulièrement d’audace.

Suivant la formule consacrée, Dominic Sonic nous doit une revanche…

Luther Allison

Underground

Écrit par

Lorsque Thomas Ruf rencontre Bobby Rush, on imagine qu’il a le nez creux. Ce dernier dispose d'une session d'enregistrement de Luther Allison, opérée aux studios Wonderful, à Chicago. Elle date 1958. Toute la famille Allison est fort intéressée par le projet et décide de le financer. Luther n’est alors âgé de 18 ans. Soit onze années avant la sortie de son premier elpee officiel, "Love me Mama", un disque paru chez Delmark. Mais finalement, c’était trop beau pour être vrai et Ruf a, semble-t-il, été abusé. C’est ce qu’en ont déduit les spécialistes. En effet, le choix du répertoire et la sonorité de ces sessions étaient sans équivoque : ces enregistrements remontaient à 67/68, au plus tôt. A l'époque, la mode était au R&B et à la soul. Or le contrat d'Allison pour Delmark n'allait pas être prolongé ; et il allait signer pour Tamla Motown. Une écurie pour laquelle il allait graver deux elpees sur le célèbre label de Detroit : "Bad news are coming" en 1973 et "Luther's blues" l'année suivante. Le tracklisting d’« Underground » épingle trois morceaux du premier et autant du second. Des enregistrements qui fourniront la matière première à un bootleg, commis en 1971. La boucle est bouclée.

C'est bien le band de Bobby Rush qui est présent : Rush à la basse, Bobby King à la guitare rythmique, Sammy Logan à l'orgue et Robert Plunkett à la batterie. La mise en forme de ces bandes est assez sommaire. Rush en est le responsable. Le contenu de cette session prélude cependant un grand bluesman : Luther Allison. Un chanteur à la voix remarquable, même s'il ne possède pas encore la puissance affichée plus tard. En outre, il se révèle un guitariste redoutable et très personnel. Pour ses deux albums réservés à Tamla Motown, il avait repris respectivement "The stumble " et "San-Ho-Zay"  de Freddie King. Sur ce nouvel elpee, il s’attaque à "Hideaway". Il y manifeste beaucoup d’assurance. En consultant les notes de la pochette, on apprend que King n'avait enregistré ce titre qu'en 1960! Armé d’une slide quelque peu hésitante, Luther se réserve le chant lors de son adaptation du classique "Don't start me talking" de Sonny Boy Williamson. Le tempo est nonchalant et légèrement funky. La voix déjà bien assurée. "Drivin' wheel" campe un blues nonchalant. La slide est déjà plus tranchée. Luther chante "Cut you loose". Le bluesman est ici déjà bien affirmé. Le vocal autoritaire et le jeu de guitare très caractéristique. Point fort de cet opus, cette plage issue de la plume de Ricky Allen, n’est parue qu’en 1962. "Easy baby" est une compo notoire au son chaleureux. Une des meilleures chansons de Magic Sam, le roi du Chicago Westside. Blues au rythme quasi rock, "Take my love" déménage plutôt bien. Luther achève l’opus par le célèbre "Rock me baby". Il le chante remarquablement. Cet elpee ne reflète manifestement pas la sonorité des sixties, et quelques titres se limitent à des démos qui serviront quelques années plus tard, pour Tamla. Thomas Ruf, homme intègre, a rapidement admis l'erreur et placé sur son site, les commentaires de Rien Wisse, le responsable du magazine blues hollandais Block. Il confesse que les premières séances concédées par Luther s’étaient bien déroulées aux studios Wonderful, et dataient du 8 mars 1967. C’est sans doute la vérité pour cette (très courte) œuvre

 

The Maharajas

In pure Spite

Écrit par

Composé d’amateurs de cuir et de bières, The Maharajas propose un rock garage tendance Sixties assez inspiré. Guitares surexcitées, mélodies pop évidentes et format court sont les leitmotivs de cette musique redevable autant aux Beatles qu’aux Ramones.

La formation suédoise peut compter sur un fameux duo de leaders. Tout d’abord le guitariste Jens Lindberg, apparemment considéré comme une gloire nationale dans le petit monde du garage rock suédois, et le chanteur- guitariste Mathias Lilja dont la voix, montrant une belle aisance dans tous les registres, évoque étrangement celle de Brad Roberts des Crash Test Dummies, lorsque les musiciens lèvent le pied.

S’il manque clairement une marque de fabrique qui distinguerait les Maharajas de beaucoup de formations semblables, on ressent une certaine jouissance à l’écoute de cette poignée de bonnes petites chansons enregistrées et mixées en 5 jours, facilement mémorisables, à siffloter au saut du lit, et passant assez agréablement de la ballade décomplexée (« One Leg On Each Side », « Alaska Beach ») au power-pop déchaîné (« Yeah Yeah, On Hold »).

Roulant leur bosse depuis maintenant une bonne dizaine d’année, les Maharajas devraient grâce à ce premier véritable album, accessible et dopé aux vitamines, gagner les faveurs des accros à ce genre de (fausses) sucreries.

The Shuffletones

Chicago Sessions

Écrit par

Cet album n'est pas sorti sur le label Blue Bella, mais il aurait pu. Il a été concocté au sein des studios ‘Rancho de Rhythm’, en mars 2007. Les Shuffletones sont un duo partagé entre le chanteur/guitariste Jeremy Vasquez et l’harmoniciste Ronnie Shellist. Lors des sessions d’enregistrement, ils ont reçu le concours du bassiste/guitariste/claviériste Nick Moss, du guitariste rythmique/bassiste/claviériste Gerry Hundt, du drummer Bob Carter et du pianiste Willie Oshawny. Jeremy signe les 11 plages de l'elpee. La production a été assurée par Moss et Hundt. Jeremy et Ronnie sont établis à Denver, dans le Colorado et ils ont voulu ici satisfaire leur rêve d'enregistrer un album de Chicago blues. Ce qui explique leur périple vers la cité des vents pour réaliser ces Chicago Sessions.

L’opus démarre en force par "That's alright". L'esprit de Chicago est bien présent. Shellist est un musicien talentueux. Il vit son instrument. Le timbre vocal de Jeremy est correct. Appliqué à la six cordes, il joue sur base d'accords rythmiques. Vasquez chante, en forçant un peu la voix, "Go back home", un boogie bien inspiré. Hundt siège derrière l'orgue. Ronnie démontre à nouveau son solide tempérament. Nick Moss empoigne la guitare pour introduire "Can't stop think'n about my baby", un slow blues intense, marqué par l'intervention inspirée et percutante aux cordes de maître Moss. Nous ne sommes ici pas tellement loin de Guitar Slim. "Ghetto song" porte bien les accents des Caraïbes. Ses rythmes exotiques sont chargés de percussions et lorgnent manifestement vers Santana. "Blues keeps me strong" est une plage rythmée, au tempo funky, illuminée une fois encore par le jeu très en verve de l'harmoniciste. Et lorsque ce dernier cède le témoin, c’est au gratteur qu’il le confie pour une intervention tout aussi créative. Une excellente plage! Jeremy chante passionnément "11 mile blues", une ballade douce, en s’accompagnant à la guitare acoustique. "Here I am Part 2" (on ignore où se trouve la partie, d'ailleurs) est un Chicago blues assez classique. Shellist introduit cette compo éclatante en soufflant rageusement dans sa musique à bouche. Manifestement, il la fait souffrir. Pendant ce temps tous les musiciens se mettent à son service pour assurer le rythme alors que Jeremy concède de petites phrases très incisives, dans un style rappelant un Buddy Guy rigoureux! "I like my coffee" trempe dans un climat plutôt R&B. Reminiscent de Memphis. Très vivifiants, les motifs de guitares lorgnent vers Albert King. On y décèle également un changement de tempo judicieux, opéré dans l’esprit du "All your love" d'Otis Rush. "Walk around the block" produit une accélération manifeste du tempo. La section rythmique est empreinte de légèreté et libère pas mal de swing. Moss est passé à l'orgue. Les deux solistes ont tout le loisir pour se mettre en évidence. "Married to the blues" est un bon Chicago shuffle. Ronnie souffle toujours aussi vigoureusement et avec une puissance constante. Jeremy ne manque ni de doigté ni de créativité face aux accords de piano déchaînés d'Oshawny. La finale est encore instrumentale. Vasquez nous y soumet une énigme. Mais on devine rapidement la solution, car ce "Freddy's grits" s’adresse de toute évidence au géant texan, Freddie King. Un bon album pour ce duo issu du Colorado.    

 

Public Enemy

How You Sell Soul to a Soulless People Who Sold Their Soul ? ? ?

Écrit par

Public Enemy roule sa bosse depuis 20 ans. Une éternité dans le monde du hip hop. Le clan de Chuck D est d’une intégrité qui force l’admiration. Presque dix ans après avoir tourné le dos aux grandes corporations du disque, la formation de New York est toujours férocement underground et indépendante. Pour fêter cet événement, ils sortent ce brûlot funky et abrasif qui fait mordre la poussière à la plupart des albums de rap entendus cette année. Un mélange entre l’humour corrosif et déjanté de Flavor Flav et le flow vengeur de Chuck D, le tout soutenu par les beats archi efficaces de Gary G Wiz. Côté invités, Krs-One vient lâcher quelques rimes sur « Sex, Drugs and Violence » et Redman produit le beat ultra funky de « Can You Hear Now ? »

Un dvd accompagne l’album. Il contient un documentaire intéressant sur une tournée de Public Enemy accomplie en 1998. Le groupe opère son retour sur scène après 3 ans d’absence. Il croise des artistes comme Busta Rhymes et des tous jeunes Black Eyed Peas pas encore méga stars. Un autre docu témoigne des prestations scéniques actuelles de PE entrecoupé d’intermèdes au cours desquels les danseurs du crew préparent leurs chorégraphies guerrières. Quelques clips sont aussi inclus (dont le très bon « Unga Bunga Bunga » de Flavor Flav). On peut y voir quelques poulains du label Slamjamz (fondé par Chuck D) parmi lesquels on épinglera le métal jazz furieux de The Banned. Bring the noise, baby !!

The Dynamics

Version Excursions

Écrit par

Un peu comme le jazz, le reggae est un genre musical qui s’est beaucoup frotté aux reprises. Entre opportunisme pop et versions plus personnelles, l’exercice a souvent généré de la musique anecdotique, mais plus rarement engendré de grands moments. Fidèles à la tradition, les Lyonnais de « The Dynamics » prennent un malin plaisir à passer des classiques du rock, de la soul et du funk dans une moulinette dub, rocksteady ou ska. Le disque est remarquablement produit et joué (synthés et reverbs ‘vintage’ à profusion) ; et on sent que les titres ont été repris pour rendre hommage aux brillants compositeurs qui les ont écrits. Parmi les plages les plus réussies, on décernera une mention spéciale à la version ultra funky de « Miss You », le « Music » de Madonna transformé en disco reggae infectieux et une adaptation rêveuse du « Move On Up » de Curtis Mayfield. Le reste est tout bonnement agréable. Néanmoins, il faut quand même avouer qu’il est difficile de transformer en catastrophes des titres comme « 7 Nation Army », « Lay Lady Lay », « 90% Of Me is You » ou « Feel Like Making Love »…

Orchestra Baobab

Made in Dakar

Écrit par

Légendes de la musique africaine des années septante, les membres de l’Orchestra Baobab animaient les nuits chaudes de Dakar. Ils ont dû se ranger des voitures au début des années 80, suite à l’arrivée d’un nouveau style de musique. Popularisé par Youssou’N’Dour, le m’balax a tout balayé sur son passage et les ambiances caribéennes du Baobab sont passées de mode. A l’orée des années 2000, Nick Gold (le patron de World Circuit) les a convaincus de se remettre à la musique. Belle initiative puisque ce deuxième album depuis le come-back est très bon. Une salsa à l’africaine où les tambours sénégalais se mélangent parfaitement aux percus latinos pour des résultats qui touchent au sublime sur des titres comme « Nijjay » (ambiance très western rehaussée par la présence de Youssou’N’Dour au chant), « Ami Kita Bay », « Sibam » ou encore « Ndéleng Ndéleng ». Des morceaux un peu plus graves que le reste de « Made In Dakar », mais les plus essentiels. Comme d’habitude chez World Circuit, les artifices de production s’effacent devant le talent des musiciens présents. Les cuivres se lancent dans des beaux thèmes mélodiques mais ce sont surtout les parties de guitare de Barthélémy Attisso (solo) et de Latfi Benjaloun (rythmique) qui apportent tout leur sel à « Made In Dakar ». Impériales et étonnantes du début à la fin, pas besoin d’en dire plus.

Various Artists

Paranoid Park (B.O. film)

Écrit par

Cinéaste profondément original, Gus Van Sant est aussi musicien. C’est peut-être la raison pour laquelle il affiche un goût très sûr pour illustrer musicalement ses films de plus en plus épurés. Les dix-neuf titres de cette bande originale partent dans tous les sens et reflètent bien l’état d’esprit du personnage du film, un jeune skateur rongé par la culpabilité. Et pour cause, il a tué un agent de sécurité…

Nino Rota est sans conteste l’invité d’honneur du disque. Le compositeur attitré de Federico Fellini participe à quatre titres. Issus de « Giulietta degli Spiriti » et « Amarcord, ils portent sa géniale patte : une atmosphère féerique susceptible à tout moment de verser dans le cauchemar. A côté de deux très belles plages signées Elliot Smith, figurent des fragments de la neuvième de Beethoven, un vieux tube de Billy Swan, le hardcore old –school (et inécoutable) de « The Revolts », la belle pop expérimentale de Menomena, les ‘soundscapes’ inquiétants de Robert Normandeau et Frances White, l’electronica d’Ethan Rose ainsi que le hip hop pas très inspiré de Cool Nutz. Sans oublier la country acoustique et surannée de Cast King, vieil homme de 79 ans qui vient d’enregistrer son premier album. Cette figure oubliée de la country des années 50 chante un intriguant « Outlaw » semblant provenir tout droit d’un ‘field recording’ d’Alan Lomax. Original et vivement conseillé !