L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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The Cure
Afghan Whigs

Findel

Enters the Shadowlands

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Bart van Dalen, alias Findel, est un gars de 20 ans. Il nous vient de la riante province d'Utrecht (Amersfoort pour être tout à fait exact, à deux pas du chef-lieu). Ce jeune homme a du talent. C’est une évidence. Depuis 2004, le p'tit gars travaille une musique électro qui laisse une bonne place à l’énergie. Le premier MP3 mis en ligne par Bart a rencontré un succès certain et a même tapé dans les oreilles de Llewy, le leader du groupe hip hop néerlandais Relax. Une collaboration très étroite s'en est suivie ; et elle a abouti, en novembre 2007, à la sortie du premier opus de Bart, « Enters the Shadowlands ».

Bart est blond. Les petites caricatures parsemant le booklet le démontrent. D’ailleurs (admirez la transition), le booklet, parlons-en ! Parce qu’il n’est pas anodin. Je m’explique. L’illustration de ce livret, il faut l’avouer, est kitsch. Un jeune homme blond (NDR : of course !) représentant Findel côtoie une petite chose blanche sur pattes dans un monde vert et rose. Le décor pour le moins original est planté. En ouvrant le boîtier, on constate que cette illustration n’est que le bout d’un petit poster caricaturant un jeu vidéo sorti d’outre-tombe. Et quand on introduit le cd dans le lecteur, on se rend compte que Bart, tout petit, a dû tomber dans le chaudron des jeux d’ordinateur.

Les premières secondes m’ont procuré une grande frayeur. Les sons ressemblent aux bips plaintifs que poussaient les speakers des bons vieux Intel 386, à une époque où la carte son était encore une invention de science-fiction pour la plupart d’entre-nous. Mes craintes se sont très vite dissipées quand l’électro tonique, imprimée sur un tempo entraînant, a pris le pas sur les premiers accords. C’est d’ailleurs ce premier morceau, « Findel enters the Shadowlands » qui obtiendra finalement ma préférence. Le jeune compositeur et interprète nous y dévoile un don manifeste pour la musique. La caractéristique majeure de la plupart des plages de cet opus porte l’accent ‘jeux vidéos’. C’est intéressant. Et elle ne manquera pas d’émouvoir les éternels adolescents qui se sont divertis en participant aux aventure mythiques des ‘Legend of Kyrandia’ et autres séries Lucas Art.

Ce disque est très électro. J’avoue avoir un petit faible pour le travail réalisé sur la voix de Bart qui sert très bien l’ensemble. On pensera bien souvent à Daft Punk qui n’est vraisemblablement pas un groupe inconnu pour le jeune Amersfoortois. Pour un premier album, Bart van Dalen a concocté treize morceaux d’assez bonne facture. Cependant, la fin de parcours m’a laissé un peu dubitatif. La musique y bascule subitement de l’électro vers de la pop des plus classiques (conformistes…) et c’est la cohérence de l’univers, que Findel s’est construit, qui en prend un sacré coup. En effet, l’accent ‘jeux vidéos’ qui marque l’œuvre disparaît complètement et la musique perd un peu de son âme et… de son charme. Heureusement, « Present for Alice », la toute dernière chanson renoue avec l’univers rose et vert de la pochette de l’album ; et, tout de suite, la séduction opère à nouveau. Pour un tout premier elpee, le travail effectué par Bart est impressionnant et si la réalisation est toujours perfectible, « Enters the Shadowlands » laisse augurer un avenir tout en couleur pour le jeune Néerlandais de 20 ans. A surveiller !

Coheed and Cambria

World for Tomorrow

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Le quatrième opus du combo new-yorkais s’affiche d’ores et déjà comme une des toutes grandes surprises de l’année ! Ce « World for Tomorrow » est jubilatoire. Coheed and Cambria y dépoussière le monde du progressif, ouvre de nouvelles portes au métal, et infiltre habilement la génération ‘punk fashion’. Imaginez un subtil alliage entre Rush et les Foo Fighters, un chanteur à la fois proche de Geddy Lee et de Dave Grohl, tout au long d’une musique imaginative, agressive et mélodiquement imparable. La comparaison est aisée, quand on sait que l’album a été enregistré sous la houlette de la figure montante Nick Raskulinecz, coupable, comme de juste, du son des derniers Rush et Foo Fighters, sous les conseils judicieux de l’empereur des studios, Rick Rubin.

Des titres aux rythmiques flamboyantes, truffés de refrains particulièrement accrocheurs, le tout émaillé de nombreuses références aux grands classiques du hard rock et de soli contrebalancés par des sonorités punkysantes, parfaitement maîtrisées par un groupe dont les musicos sont sans nul doute aussi solidaires que les cinq doigts de la main droite de Ritchie Blackmore.

Des orgues, des violons, et la frappe impitoyable d’un invité de luxe : Taylor Hawkins (Foo Fighters). Il sera cependant remplacé sur les routes par le non moins talentueux Chris Pennies (Dillinger Escape Plan). Tout cet arsenal instrumental vient enrichir cette palette sonore de compositions à tiroirs. Coheed and Cambria est probablement le seul combo actuel capable de rassembler lors de ses concerts, des fans de Linkin Park, Dream Theater, Rush ou des White Stripes ! Le single « The Running Free », titre le plus accessible de l’œuvre, confirme le talent de compositions de ces jeunes gens pour des fragments explosifs dont l’effet est immédiat. Mais Coheed and Cambria n’est pas un groupe à singles ou une machine à hit. Il est bien davantage. Il est une valeur sûre pour le Metal avec un grand M. Il figure parmi ceux qui parviennent à faire évoluer la musique lourde et garantit sa pérennité. « World of Tomorow » constitue un chef d’œuvre incontournable, au même titre qu’un « Images and Words » ou un « Keeper of the Seven Keys ». Je le répète : incontournable ! En concert le 20 janvier 2008 au VK de Bruxelles.

Calc

Dance of the nerve

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Ah, le bordelais nouveau est arrivé ! Sous le millésime « Dance of the nerve ». Sans faire beaucoup de bruit, il y a 10 ans que le groupe français enregistre des albums avec une régularité de métronome. Leur dernier opus constitue le sixième. Le quatuor n'en est donc pas à son coup essai et dès les premières minutes d'écoute, on s'en rend bien compte. Si vous ne connaissez pas cette formation bordelaise, on pourrait définir sa musique comme tantôt pop, tantôt rock mais, surtout, toujours finement ciselée.

« Dance of the nerve » n'est pas un elpee de mauvaise facture. La guitare sèche s'insinue parfois ou s'impose carrément. Elle confère à certains morceaux des accents folks sympathiques. D’autres –et de manière flagrante dans des chansons plus nerveuses comme ‘Old enemies’– embrassent des accents rétro qui nous replongent dans les sixties. La solution sonore est très travaillée (marque de fabrique du groupe !) et sur la plupart des dix plages, on retrouve cette petite mélodie chantante qui squatte agréablement l'oreille. Néanmoins, ce n'est pas toujours suffisant pour rendre la ligne mélodique intéressante et de temps à autre, la musique manque de relief. L’intégralité des plages de l’album privilégie la douceur. Et si vous y joignez la voix un peu lascive de Julien Pras, vous comprendrez pourquoi une certaine indolence vous envahit parfois. Et c'est tout le paradoxe de cet opus d'une écriture musicale riche mais calme, variée mais aux tonalités répétitives...

Bien sûr, certains morceaux me bottent mieux que d’autres. La musique de Calc est fleurie, teintée d'une mélancolie qui réchauffe et réconforte. Et pour la réalisation de cet elpee, le groupe français a sorti la grosse artillerie. Chaque plage met en scène des instruments particuliers. On trouve en vrac du mellotron, de la flûte, du piano, de l'orgue et j'en passe. Cependant, cet arsenal passe quelquefois inaperçu. J'ai parfois l'impression que tout se ressemble, et me demande si Julien et sa bande n'ont pas recherché le raffinement à outrance. Il n'en reste pas moins vrai que pour les profanes, ce « Dance of the nerve » est une sympathique découverte.

Victoria Abril

Olala !

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Olala ! Victoria Abril ! La fraîcheur latine ! Celle-là même qui a fait vibrer nos écrans et nos nerfs dans de beaux longs métrages tels que « Atame! », « Sin Noticias De Dios », « Gazon Maudit » et autres « Kika ». Deux ans après « Putcheros Do Brasil », Abril troque une nouvelle fois ses costumes pour le micro et s’essaie à la réinterprétation de grands classiques de la chanson française. Elle s’attaque ici à Léo Férré (« Elsa », « Jolie môme »), Edith Piaf (« La vie en rose »), Serge Gainsbourg (« La Javanaise ») ou encore Claude Nougaro (« Le jazz et la java »). A priori, cette série de reprises peut paraître kitsch mais, à condition d’accrocher au style et à l’accent mimi de la petite dame, « Olala ! » peut rapidement se révéler addictif. Oscillant entre jazz et flamenco, ce nouvel essai peut parfois même effleurer quelque corde sensible (« Le p’tit bal perdu », le très érotique « Les nuits d’une demoiselle »). Victoria nous gratifie également d’une jolie plage inédite, « Necesito Amor », seul titre interprété en espagnol. Une charmante petite effronterie sans prétention.

MSN:

http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6239045

I-tunes:

http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=267927214&s=143446

Eddie Vedder

Into The Wild (OST)

Écrit par

Eddie Vedder n’a pas réfléchi deux fois lorsque son grand pote Sean Penn l’a contacté pour  illustrer musicalement son nouveau long métrage, « Into The Wild » (« En pleine nature » pour la VF). Prévu sur les écrans belges dès janvier, ce film au casting des plus respectables (Vince Vaughn, Catherine Keener, Marcia Gay Harden, William Hurt…) s’inspire de la véritable histoire d’un jeune diplômé qui, fatigué par la tournure prévisible que prend sa vie, décide de tout laisser tomber et de partir à l’aventure sur les routes indomptées du sud-ouest des States jusqu’aux splendides plaines enneigées de l’Alaska...

Si nos mirettes risquent d’en prendre pour leur grade devant le grand écran, comme le laisse présager la bande annonce, nos tympans ne seront pas en reste. Pour « Into the Wild », Vedder a composé onze morceaux contemplatifs et accrocheurs, que l’on imagine illustrer à merveille le tableau des paysages indomptés d’Alaska, mis en boîte par Sean Penn. Bien qu’il risque essentiellement de rassembler les fans de sa formation originelle, le compositeur s’autorise quelques introspections. Elles devraient envoûter l’ensemble des spectateurs qui seront charmés par l’œuvre cinématographique. Autant sur grand écran que sur disque, « Into the Wild » est un appel à la liberté qui ne laissera personne de marbre.

Msn:

http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6202931

i-tunes:

http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=262244806&s=143446

Jens Lekman

Night Falls Over Kortedala

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Oh, You’re not so silent anymore, Jens ! Après les inoubliables « When I Said I Wanted To Be Your Dog » et « Oh You’re So Silent Jens », le Suédois nous revient, une nouvelle merveille sous les bras. La délicate touche de poésie qui caractérise les compositions de Jens Lekman prend encore plus d’ampleur sur ce nouvel essai. Il conte ses péripéties amoureuses avec une telle désinvolture qu’on se laisse inévitablement charmer par ce magicien de la pop. Une pop fascinante et rafraîchissante, d’autant plus appréciable qu’elle se marie à la perfection au disco (l’obsédant « Sipping On The Sweet Nectar »), à l’indie (« The Opposite Of Hallelujah », « It Was A Strange Time In My Life ») et à une ribambelle de samples. De plus, Jens Lekman ne se gêne pas pour repousser les frontières de son propre univers, se permettant également une petite incursion insolite dans l’univers R’n’B (« Kanske Är Jag Kär i Dig »). Encore plus culotté qu’auparavant, le jeune homme n’a pas peur de laisser le kitch atteindre des sommets (les très 60’s « Friday Night At The Drive-In Bingo » et « If I Could Cry (It Would Feels Like This) ») et l’assume à merveille. « Night Falls Over Kortedala » démontre indubitablement en douze magnifiques ritournelles que Jens Lekman est un artiste des plus exemplaires.

Led Zeppelin

The soundtrack from the film The Song Remains the Same

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A la veille d’une hypothétique tournée européenne, qui semble toutefois se confirmer, revêtant des allures du plus grand évènement rock n’roll de tous les temps, deux produits estampillés Led Zep viennent enrichir les bacs des disquaires, à une période de l’année où le consommateur potentiel est à la merci des tentations les plus folles !

Nous n’évoquerons qu’en trois lignes la sortie d’un énième best of du dirigeable, « Mothership » double galette destinée aux extraterrestres qui ne possèderaient pas encore les versions studios de « Stairway to Heaven », « Rock n’Roll » ou « Whole Lotta Love ».

Nettement plus attrayante pour les aficionados des géniteurs du hard rock, la B.O. du film « The Song Remains the Same », qui donne son nom à l’album live officiel du zep, nous revient remasterisée et agrémentée de six titres ; six plages ne figurant pas sur la version originale d’une plaque plutôt mal accueillie pas les critiques en 1976, l’année de sa sortie. Enregistrée les 27, 28 et 29 juillet 1973 au légendaire Madison Square Garden de la Grosse Pomme, la performance souffrait à l’époque d’un son assez approximatif. Le travail de Kevin Shirley n’aura pas été vain, et on se délecte de ses premières versions live officielles des six bonus capturés au cours de cette trilogie mythique dans l’histoire de Led Zep. « Black Dog », « Over the Hills and Far Away », « Misty Mountain Hop, « Since I’ve been Loving you », « The Ocean » et le fabuleux « Heartbreaker » prennent une toute autre dimension, foncièrement plus sauvage. Même si l’organe de Plant n’est pas toujours à la hauteur, la musique charme, enchante ou se fait tellurique, lorsque Bonham se lâche sur des versions frôlant les 20 minutes, comme lors de l’halluciné « Dazed and Confused » ou le rouleau compresseur « Moby  Dick ».

L’objet a été particulièrement soigné et est présenté sous la forme d’un magnifique double digipack. Il contient, outre les deux rondelles, un booklet signé Cameron Crowe truffé d’anecdotes sur la vie tourmentée d’un combo dont les albums s’écoulent aujourd’hui dix fois plus qu’à l’époque de leur sortie. Une réédition qui a du sens ! Cela mérite bien quelques lignes dans Musiczine, non ?

Holy Fuck

LP

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Diantre ! En français ça le fait tout de suite moins bien. Si on retranscrit la même expression dans un anglais des rues, on obtient Holy Fuck ! Fichtre, misère et ventre saint-gris n’ont qu’à aller se faire voir. Ici ça cause entres hommes, les pincettes sont rangées au placard. « LP » débarque l’arme entre les dents, prêt à tout massacrer sur son passage, aidé dans la bagarre par un certain !!! (pour ne citer qu’eux). L’écoute de l’album est déconseillée à toute âme sensible, aux personnes fragiles à la dépendance, aux cardiaques et femmes enceintes. Ici c’est du sérieux, du gros calibre que l’on n’affronte pas la tête légère et l’esprit vagabond. Pas de chichis. Les Canadiens d’Holy Fuck » n’ont jamais si bien porté leur nom. Pfff quel massacre !

« LP » met le plus naturellement possible, tout le monde KO en neuf rounds. Neuf plages seulement et c’est la domination absolue du beat sur nos frêles individus. Il ne faut pas attendre longtemps pour comprendre la puissance développée par la plaque, et le mal que nous aurons à lui résister. Dix-huit secondes pour être précis. Dix-huit secondes seulement et c’est l’escalade, la montée incessante. Electronisée à l’extrême. Et c’est par un truchement de claviers et de beats déments que s’opère la manœuvre. Le combat se déroule comme suit : « Super Inuit » et c’est d’abord un genou à terre où l’on pense pouvoir encore se relever. « Milkshake» sous ses airs d’Herbie Hancock, et le deuxième genou cède et plie. « Frenchy’s » et le dos est courbé, le buste s’affaisse. Plus loin « Royal Gregory » et c’est la gifle, la claque, qui ponctue ; celle qui pique une heure après encore après infliction. Démantibulé et mal en point, on termine l’album en se prenant encore quelques coups dans les côtes au passage.

Quand on prend conscience du côté bricoleur de l’album, qui ne transpire absolument pas le long des 9 plages, à l’affront du KO doit s’ajouter la gêne d’avoir plié si vite. Enregistré ça et là en live et à l’arrache, on n’ose imaginer la correction inoubliable que l’on se serait pris si les malades mentaux de Holy Fuck avaient peaufiné leurs coups. A frémir d’avance. Arrivé sur le tard dans l’année, « LP » est mon album 2007, c’est ma ‘cherry on the cake’ des douze dernier mois écoulés. Je vais finir par croire que je suis maso. Fais moi mal Holy, oh oui fais moi mal !!

Tinsley Ellis

Moment of truth

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Tinsley Ellis figure parmi le nombre limité d'artistes blancs qui opèrent sur le célèbre label de Bruce Iglauer. « Moment of truth » constitue déjà son huitième opus pour Alligator, si on compte la réédition de "Cool on it", commise en compagnie des Heartfixers.

Dès les premières mesures de "Say too much", on se rend compte que la guitare au son puissant, réverbéré, est toujours bien présente. Tinsley interprète passionnément ce blues rock imprimé sur un mid tempo. Il vit chaque note qu'il produit, pinçant ses cordes avec une certaine agressivité. La photo figurant au dos de la pochette en est une belle illustration. Rock’n roll très direct, "Somebody" démontre la parfaite complémentarité entre le chant et la guitare chez Tinsley. Ce tout indissociable est soutenu par une section rythmique déterminée. Elle réunit Jeff Burch aux percussions et un certain ‘The Evil One’ à la basse. Ellis injecte une foule d’effets dans ses cordes tout au long de l’indolent "Get to the bottom". Le côté tragique de cette plage, construite sur un riff R&B très présent et coloré par l'orgue Hammond de Kevin McKendree, est ici accentué. "You're gonna thank me" est une ballade très mélodique comme les apprécie Ellis. Et avouons qu’il s’y montre à la hauteur. Ce qui lui permet de concocter un petit bijou de solo sur sa Gibson Les Paul. Il monte doucement, mais perceptiblement en puissance pour le plus grand bonheur de nos oreilles. "Tell the truth" emprunte un profil semblable ; cependant, la voix féminine de Michelle Malone répond ici au chant du leader. Cet album semble refléter une paix intérieure, un certain intimisme ; une impression limitée, bien entendu par les effets de guitare. Car Tinsley adore tirer le maximum de ses artifices sonores ; mais sans jamais susciter l’ennui. En outre, son souci mélodique est omniprésent. Son solo est même empreint d’une grande tendresse sur "Too much of everything". Ellis tolère la présence d'un second guitariste sur la moitié des plages. En l’occurrence Mike Lowry. Il ne met guère le nez à la fenêtre, mais soutient discrètement et efficacement son leader. Ellis déborde de vitalité et d'émotion sur "Bringin' home the bacon". "Freeway soul" est une des meilleures compositions de cet opus. Face à l’orgue, sa voix manifeste beaucoup de vécu. "I take what I want" est une composition signée Issac Hayes/Dave Porter (NDR : ils ont beaucoup bossé pour le label Stax). Une bonne dose de funk est inoculée dans cette version remuante. Blues très lent et majestueux, "Sleep on it" porte des accents dramatiques. Un morceau bouleversant susceptible d'arracher, au passage, l’une ou l’autre larme. L'artiste vit ses chansons, c'est indéniable! Plage séduisante, "Stare at the sun" s’ouvre sous une forme acoustique, avant de se convertir intégralement à la fée électricité. Pour la circonstance, Tinsley a enfin sorti son bottleneck. Initiative judicieuse car son jeu de slide reste lyrique et apporte enfin de la fraîcheur et de la variété. Ellis termine d’ailleurs cet opus par un titre intégralement ‘unplugged’ : "Shadow of doubt". Une cover de Gary Nicholson. Il la chante avec cette passion qui semble le hanter en permanence.

Dr. Kloot

History of the world / Part one

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De son véritable nom Claude Perwez, Dr Kloot alias Kaiser Kloot, Kloot Per W ou encore KPW possède une fameuse carte de visite. Surtout dans le nord du pays. Né en 1955, il a roulé sa bosse au sein d’une multitude de formations. A dix ans il était déjà impliqué chez The Walrus et enregistrait un deux titres. Quelques combos plus loin, on le retrouve chez The Misters, qui partiront en tournée en compagnie tantôt de Gruppo Sportivo, Herman Brood, AC/DC, Tjens Couter, Joe Jackson, The Undertones, Trust ou encore Siouxsie and The Banshees. Il passe ensuite chez The Employees et surtout Polyphonic Size, formation qui sortira toute une série de disques (singles, maxis et albums) sous la houlette de Jean-Jacques Burnell. Avant de fonder Zen On, il va côtoyer une bonne partie de la scène pop/rock flamande, dont Dirk Blanchart, Bea Vandermaat, des membres de Clouseau, De Kreuners ou encore Noordkaap. Il a même tâté de l’électro et on lui prête une certaine paternité à la lo fi. Si vous voulez en savoir davantage, je vous invite d’ailleurs à consulter son site, c’est assez impressionnant. (http://www.klootperw.com)

Tout au long de “History of the world” Dr. Kloot cherche à rendre hommage aux chansons les plus notoires des 70’s et des 80’s. Mais aussi, et à mon humble avis, des chansons qui l’ont marqué au cours de cette période. Des morceaux issus du répertoire de The Cure, Kraftwerk, Stooges, Joan Baez ou encore Laurie Anderson. Mais également de Pere Ubu, Pete Shelley, Wire, Camper Van Beethoven, Buzzcocks, Television Personalities, Yellow Magic Orchestra et bien d’autres. Qu’il interprète sous des versions plutôt minimalistes et avec un esprit punk. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours de ladies, et en particulier Marjan Debaene, France L’Hermitte (Polyphonic Size) et Gaelle De Bruxelles (BJ Scott, Olivier Saxe). Uniquement pour les vocaux. Un trio en compagnie duquel, il avait travaillé à des époques différentes ; Dr. Kloot se réservant toute les parties instrumentales. En outre, ce disque a été remasterisé par Kramer aux States.