Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Dernier concert - festival

The Cure
Guns N Roses

Flying Moon in Space

ZWEI

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Sur son premier elpee (un éponyme), Flying Moon In Space proposait un cocktail sonore issu d’un mélange entre psych-pop, krautrock, techno et math rock, basée sur l’impro. Le second opus est né d’un échange de fichiers entre les 6 membres du band, pendant la pandémie. Puis la formation allemande (Leipzig) s’est réunie dans une vieille église sise au fin fond d’une forêt de la République tchèque pour parachever le travail.

Découpé en 8 pistes, ce long playing accorde une plus grande place à l’électronique, un peu dans l’esprit d’Unknown Mortal Orchestra voire de MGMT, mais en plus techno. Les ingrédients de base sont toujours présents tout comme l’instrumentation organique –guitares (parfois trois, comme sur la plage qui ouvre l’album, « Traum Für Alles »), basse et drums– mais les synthés, les boucles et la boîte à rythmes finissent toujours par s’imposer, virant même parfois carrément à l’expérimentation. Baignant au sein d’une atmosphère mélancolique, « Dissoziation » se frotte même au psychédélisme indus alors que « Prophet » nous plonge carrément dans l’ambient. Et puis si le sensuel « This exists » semble taillé pour les clubs, « The day the sun was made » est imprimé sur un tempo drum&bass.    

Fernandhell

And the gatten army

Écrit par

Fernandhell c’est le projet de Livio Montarese, un multi-instrumentiste (guitare, basse, drums) et chanteur italien, auquel s’est associé un sixcordiste soliste répondant au prénom de Paul. Avant de fonder ce duo, Livio a milité chez The Peawees, en compagnie de l’ex-The Manges, Hervé Peroncini. Fin 2017, Montarese avait réintégré son ancien groupe afin de sortir un 7 inches en compagnie d’un de ses héros, le chanteur de Mudhoney, Mark Arm.

« And the gatten army » constitue le premier Ep de Fernandhell, dont le nom est bien évidemment inspiré du célèbre acteur, humoriste, chanteur et réalisateur français, mais d’origine piémontaise (NDR : ce qui peut expliquer le choix du patronyme).

A l’écoute de cet Ep, on ne peut s’empêcher de penser aux formations de guitare(s) nées au cours des eighties, comme Green Day, Lemonheads, Hüsker Dü et du début des nineties, et tout particulièrement Blink-182. Même que la voix de Livio est aussi versatile que celle de Robert Pollard, tout au long de « Mardi gras », un morceau imprimé sur un tempo tribal, auquel participe un autre gratteur invité, P. Billygoat…

A Slice of Life

Tabula Rasa

Écrit par

A Slice of Life est une formation issue du Nord de la Belgique née de la rencontre entre le chanteur/lyriciste Dirk Vreys (obsCURE, Silent Flag) et le guitariste/claviériste Guy Wilssens (Perverted by Language). Pour compléter le band, ils ont recruté un autre sixcordiste (également ex-obsCURE), un bassiste et un drummer.

Manifestement sombre et mélancolique, la musique du combo est influencée par le post punk et la dark wave. Lorsque la voix de Dirk s’étrangle d’émotion (sans quoi, en général, elle se révèle glaciale et torturée), on ne peut s’empêcher de penser à Robert Smith (« Seven days », une plage que Dirk a écrite après le décès de ses parents), alors que la ligne de basse semble parfois calquée sur celle de Simon Gallup (« Cavern »).

Si les deux dernières pistes de l’opus émargent à l’électrodance, les onze autres oscillent entre titres lancinants, ténébreux (la valse « Fortress of solitude »), pistes bien post punk et compos davantage atmosphériques, romantiques mais aussi fiévreuses, colorées par les accords tintinnabulants, bringuebalants, d’une des guitares, dont les cordes réverbèrent des échos empruntés à Sad Lovers & Giants (Two-faced », « Sweet darkness »). Enfin, le spectre de Sisters of Mercy plane même tout au long de « Run for cover ».  

Thinking With Sand

Dreams & half truths.

Écrit par

Thinking With Sand nous vient de Bristol, en Angleterre. A l’origine, soit entre 2005 et 2009, le line up était réduit à un duo et proposait une forme de shoegaze électronique. Relancée en 2020, la formation a intégré un drummer, et c’est en trio qu’elle nous réserve cet elpee.

Après une intro atmosphérique (probablement des bandes passées à l’envers, on est entraîné au sein d’un univers sonore déchiré entre shoegaze et noisy/rock. Inévitablement on pense à My Bloody Valentine pour l’électricité sinusoïdale et les harmonies vocales vaporeuses. Mais hormis « Between », imprimé sur un tempo new wave, bien qu’offensives dans l’esprit d’un Hüsker Dü, les compos semblent toutes coulées dans un même moule et finissent par lasser…

Marble Sounds

Bienvenue dans l’univers feutré de Pieter van Dessel…

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Ce dimanche 6 novembre, les deux salles de l’Ancienne Belgique sont combles. Votre serviteur a cependant opté pour le club, où se produit le groupe belge, Marble Sounds.

Marble Sounds sort son nouvel elpee, demain. Ce sera son cinquième, et il est éponyme. La formation emmenée par le chanteur Pieter Van Dessel squatte depuis plus de 10 ans les sommets de la scène musicale belge. Une sacrée performance, surtout quand on sait que Van Dessel choisit rarement la facilité et aime se lancer des défis musicaux. Pour cet opus, Pieter s’est chargé de la production. La musique du band évolue vers un son de plus en plus épuré, mais toujours grandiose et universel.

Le supporting act est assuré par Lotte Lauwers aka Patches. De grande taille, la jeune femme est vêtue de noir ; chaussée d’escarpins, elle porte un pantalon transparent en dentelle et une longue veste. Son claviériste (certainement Karel Naessens) se plante à sa gauche, perdu au milieu des instruments du band de Pieter. Lotte regarde très peu l’auditoire. Quand elle ne grimpe pas sur un siège haut, ne montrant son visage que de profil, la plupart du temps, elle tourne le dos au public. Serait-ce de la timidité ?

Elle enfile des gants en dentelles –toujours de teinte noire– juste avant d’attaquer « Road To Ruin », et bien sûr, dos à la foule. Discret, le light show plonge l’artiste dans la pénombre, jonglant entre ombres et lumières. On ne se lasse pas de l'alchimie de ses mélodies, des beats et de sa voix sensuelle qui crée une énergie magique. Tout est étudié. Chaque chanson baigne au sein d’une ambiance feutrée, mais chaque fois différente. Une superbe découverte !

Setlist : « Road To Ruin », « Sweet By And By », « Bye Bye Bye », « Hot Enough », « Silver Foxes », « And Another », « Food For Fantasy », « Venice In Fog »

Marble Sounds est un collectif réunissant 10 musicos. Mais la colonne vertébrale, c’est bien Pieter Van Dessel. Ce soir, il va uniquement se consacrer au chant et au piano. Il est soutenu par un drummer (Mattijs Vanderleen), un bassiste (Gerd Van Mulders, reconverti au bugle pour « The Ever After »), un guitariste (Gianni Marzo, qui milite également au sein de différents projets, dont Isbells et Ansatz Der Machine), un claviériste (le fidèle Brecht Plasschaert), la vocaliste Renée Sys et un quatuor à cordes dont un violoncelliste et trois violonistes, parmi lesquels figurent Beatrijs De Klerck et Stefan Wellens (alto).  

Le set débute par « My Initial Intentions ». On perçoit distinctement le contact des doigts qui tapotent sur les touches d’ivoire, mais pour le reste, on n’entend pas une mouche voler ! Toute l’attention du public est focalisée sur Pieter. La musique est épurée. L’ambiance est feutrée. Les violons enrichissent la fin du morceau. En fermant les yeux, on a l’impression de pénétrer dans un autre monde. De toute beauté ! La setlist propose de larges extraits du dernier elpee, mais aussi des titres plus anciens. De quoi vous éveiller les sens et vous remplir de bonheur. « Quiet », c’est la plage qui ouvre le dernier LP. Elle permet de reprendre son souffle.

En général, l’expression sonore oscille de l'indie pop au néoclassique, en passant par l’électronique, mais elle n’est pas avare d’expérimentations. Ainsi, sur le dernier album, « Soon I'll Make Us Laugh » a bénéficié du concours d’une chorale bulgare ; et même les filles de Van Dessel sont impliquées. Les limites sont donc certainement explorées, bien que d'une manière différente. A l’instar de la version proposée ce soir. Seule Renée et les violonistes participent aux chœurs. On se croirait en stage de retraite spirituelle, dans une abbaye. Les ivoires et le quatuor à cordes constituent la trame de la musique, même si l’électronique se réserve également une part du gâteau. Comme sur « Axolotl », qui évoque Air ou Bonobo. Pieter y change de micro pour passer sa voix au vocodeur, et le résultat est convaincant. Lors du rappel, tout au long de « Jacket » (NDR : une petite merveille !), il utilise le même processus.

Un des meilleurs concerts auxquels votre serviteur a assisté, en 2022. Là-dessus, en rentrant, il va se réécouter l’album en boucle…

Setlist : « My Initial Intentions », « Quiet », « Never Leave My Heart », « All Gone », « These Paintings Never Dry », « Soon It'll Make Us Laugh », « (How It's Going To) End », « K.V. », « Light Years », « Tout et Partout », « A Drop In The Bucket », « Axolotl », « Leave a Light On », « Priorat », « The Ever After ».

Rappel : « Jacket », « Keep Repeating ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Hollie Cook

Tropical pop !

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Hollie Cook est née d’un père batteur et d'une mère vocaliste. Et ils sont loin d’être des inconnus. Paul Cook, le paternel, était le drummer des Sex Pistols, alors que Jennie Mathias, la maman, choriste chez Culture Club. Boy George est d’ailleurs le parrain d’Hollie. L’artiste londonienne assurait déjà les chœurs au sein du groupe féministe punk, The Slits, avant de se lancer en solo. Elle invente alors son propre genre musical : la tropical pop, une musique ensoleillée rappelant ses origines caribéennes mêlant orchestrations pop, dub, reggae et r’n’b. Son quatrième elpee, « Happy hour », est paru en juin dernier ; et dans la foulée, elle a gravé un Ep 4 titres, « Move my way »

Elle se produisait ce samedi 29 octobre à la Rotonde du Botanique. Une centaine de personnes avaient répondu à l’appel. Par ailleurs, un public multiculturel.

Pas de supporting act, mais un ingé-son qui embaume la salle et la scène à l’aide d’un brûleur de ganga, 10’ avant le début du concert, répandant ainsi des fragrances d’herbe pour mettre l’auditoire en condition.   

Après une petite intro, Hollie Cook, vêtue d’une longue robe, entame le set par le titre maître du dernier elpee, « Happy Hour », un morceau au mid tempo syncopé. Elle est soutenue par un guitariste rythmique, un drummer, un claviériste et surtout un bassiste, dont les interventions dub sont particulièrement percutantes. Les instruments sont décorés de guirlandes led de couleur blanche (NDR : c’est bientôt Christmas !)

Hollie va nous présenter de très larges extraits de son dernier opus, entrecoupé de quelques tubes.  

Très interactive, elle s’exprime aussi bien en anglais qu’en français (impeccable). Cristalline, angélique, à coloration trip hop et si loin de l’univers jamaïcain, sa voix colle à merveilles aux rythmes et aux mélodies reggae. « Tiger Balm » opère une petite incursion dans l’album « Twice ». Sans jamais s’éloigner de ce style, Mrs. Cook parvient à nous faire oublier qu’on est occupé d’en écouter…

On ferme les yeux et on s’imagine au bord d'une piscine ou sur la plage, à siroter une Piña Colada, les yeux mi-clos, un vent lourd et chaud sur le visage. Les oiseaux chantent, il y a des palmiers, des bruits étranges et des vibes tropicales. Les jambes suivent la cadence et on se surprend à danser.

Parfois l’expression sonore s’ouvre vers des horizons sonores fréquentés par Groundation et inévitablement Harrison Stafford (The Professor et le leader du band californien) ainsi que Black Roots, UB 40, les Marley ou encore Linton Kwesi Johnson. Et puis à une reprise, elle va s’accompagner à la guitare semi-acoustique.

« Kush Kween » promeut les herbes médicinales (NDR : la diva jamaïcaine Jah9 a participé à la version studio). Elle incite à l’amour et à la bamboche sur « Move My Way », un morceau rappelant les ambiances de carnaval de Notting Hill.

Elle n’en n’oublie pas ses autres hits, dont « Vessel Of Love » (2018) et « Hollie Cook in Dub (Prince Fatty Presents) » (2012).

Elle nous enivre par sa douceur infinie tout au long de « Unkind Love » et récidive pendant le rappel, pendant « Gold Girl ».

Une excellente soirée propice à la danse qui nous a permis d’oublier les tracas de l’existence...

Setlist : « Happy Hour » (Intro), « Happy Hour », « Tiger Balm », « Shadow Kissing », « Superstar », « Sugar Water Bam Bam », « Unkind Love », « Toghether », « Win Or Lose », « Love In To Dark », « Moving On », « 99 », « Milk And Honey », « Praying », « Kush Kween », « Move My Way », « Stay Alive », « Postman »

Rappel : « Angel Fire », « Gold Girl », « Outro »

(Organisation : Le Botanique)

 

Barrie

Barbara

Écrit par

Depuis 2019, date à laquelle est paru son premier opus, « Happy to be here », de nombreux évènements ont marqué la vie de Barrie Lindsay. La New-Yorkaise d’adoption a ainsi été touchée par la maladie d’un de ses proches mais également, et plus heureusement, par l’amour, suite à sa rencontre avec Gabby Smith. Ecrit durant le confinement, « Barbara » est marqué par ces émotions contradictoires.

Mixé par Joseph Lorge (Phoebe Bridgers, Perfume Genius) et masterisé par Patricia Sullivan (Mac Miller, Blake Mills), ce deuxième elpee, construit de A à Z par Barrie Lindsay, nous plonge au sein d’un univers musical coloré et richement instrumenté (une mandoline, une clarinette, une flûte, un violoncelle, une trompette, et la harpe). Résolument pop et accessible, « Barbara » propose des morceaux tantôt guidés par des synthés, comme sur « Frankie » ou « Concrete », tandis que d’autres se révèlent plus folk, à l’instar de « Jenny », dédié à sa nouvelle compagne ou de « Dig », porté par de superbes chœurs. Les onze morceaux de ce nouvel LP baignent au sein d’un climat atmosphérique, caractéristique de la dream-pop qui s’inscrit merveilleusement bien en cette période d’été indien. En publiant « Barbara », Barrie relève haut la main le défi du deuxième album.

 

Redcar

La chanson du chevalier (single)

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Il devient de plus en plus évident que Redcar est devenu un artiste-phare de cette décennie. A l’instar d’une Björk ou d’un David Bowie. N’ayons pas peur des mots !

C’est un artiste qui bouscule les codes et va loin dans la recherche authentique artistique et de lui-même.

Être bousculé ne laisse personne indifférent. On l’encense ou on le déteste.

Il faut toujours un temps d’adaptation à certains pour qu’une révolution artistique, sociale, soit plus ou moins comprise, digérée, acceptée ou du moins tolérée. C’est ainsi que l’on reconnaît ceux qui changent la face d’un monde.

C’est un des rares artistes francophones à révolutionner au-delà des frontières, recueillant un écho important, outre-Atlantique.

Un artiste qui chante de manière forte, juste et subtile, même en live. Ce qui n’est pas à la portée de tous.

Ce que certains spectateurs considèrent comme un excès constitue une affirmation par le mouvement. Son corps est musique, tendu vers son objectif. Un combattant de lumière.

Il a déclaré sur TikTok : ‘Redcar, comme toute ma poésie et ma philosophie, est une poésie et une philosophie qui m'aident à réussir.’

Fascinant Redcar !

« Redcar les adorables étoiles, le début des anges », sortira le 11 novembre et peut déjà être précommandé là

‘Ma victoire existentielle passe par l'esthétique. La couleur et l'agencement des formes, les fleurs disposées avec mesure, le trajet de la lumière sur les muscles bandés, le travail de la matière…’

« La chanson du chevalier », single issu du futur opus, se déroule dans un port, la nuit. Invité d’honneur de la vente Modernités, qui s’est déroulée le 25 octobre 2022, accueilli par Sotheby’s, Redcar partage son émotion avec la sculpture grandeur nature d’Auguste Rodin, ‘L'Age d’airain’, dans un clip onirique, à découvrir ici

‘Je me considère comme camarade du jeune homme

Pas plus vivant que lui ni plus savant que lui, non, et toujours élève du mouvement, comme lui, je me considère comme camarade ivre, ravi de ne plus être si seul.

Dans son corps sculpté du néant, immobile quand blessé, stupide d’être si amoureux

‘Le point de départ est la vie de ce corps, que je reçois, en tant que performer, moi-même marteau pour l’airain puis résonance, jusqu’aux confins de la pièce’ - Redcar

‘Il ne s’avance pas avec moi quand je bouge

Je suis obligé de le laisser résonner derrière moi

Cloche d’airain des premières églises, premiers suppliciés des églises

Vengeur de tous les petits brûlés du Pont-Aven, fils de la mer mangé par lui en son temps, offert à l’éternité de l’eau et premier fils des éternités’ - Redcar

Côté musical, ce titre est sans doute moins accessible que ses deux précédents singles, « Rien dire » et « Je te vois enfin », mais manifeste une certaine emprise hypnotique.

Son univers est tellement riche. Ses images, sa musique, ses visions, ses vêtements, sa poésie, ses mouvements…

Merci Redcar de nous emmener dans ta belle voiture, au-delà de la perception.

Méthode chanson

 

Jerry Lee Lewis

Décès de Jerry Lee Lewis, une des dernières légendes du rock’n’roll…

Écrit par

L'un des derniers grands pionniers du rock and roll, Jerry Lee Lewis, est mort à l'âge de 87 ans, ce vendredi 28 octobre 2022. Devenu notoire pour ses talents de showman et son style explosif au piano, il est décédé de causes naturelles.

Il a influencé toute une génération de musiciens, dont Bruce Springsteen, qui avait déclaré à son propos, en 1995 : ‘Il ne joue pas du rock'n’roll, il est le rock'n’roll.’

Ses plus grands hits ? « Great Balls of Fire », « Whole lotta shakin' goin' on », « Crazy arms », « High school confidential » ou encore « Breathless ».

Cependant, des drames et scandales ont marqué son existence.

Né le 29 septembre 1935 dans une famille pauvre et croyante à Ferriday, en Louisiane, il chante le gospel à l’église puis découvre le piano à 9 ans. C’est Carl McVoy qui lui apprend les rudiments du boogie-woogie. A l’âge de 15 ans, il est envoyé dans une école baptiste fondamentaliste, au Texas. Mais il est exclu pour avoir interprété, selon la légende, un cantique gospel en boogie-woogie.

En 1956, il part pour Memphis (Tennessee), où il est l’un des premiers à signer sur le célèbre label Sun.

La même année, il réalise, en compagnie d’Elvis Presley, de Johnny Cash et de Carl Perkins, une séance d’enregistrement qui deviendra mythique : « Million Dollar Quartet ».

C’est à partir de 1957, qu’il enchaîne ses tubes et se forge une notoriété de showman sauvage et exubérant. Il sera même surnommé ‘The killer’. Alors que le rock est encore à ses débuts, le public se presse pour le voir marteler frénétiquement les ivoires de ses doigts, coudes ou pieds…

Son existence sera, néanmoins, loin d’un long fleuve tranquille. Il aura maille à partir avec la police et la justice, à cause de sa consommation d’alcool et de drogues. Et puis, il va connaître une vie sentimentale tumultueuse. Il aura 7 épouses, dont la troisième n’avait que 13 ans, et l’une d’entre elles décèdera dans des circonstances douteuses. Les radios américaines vont alors boycotter son répertoire, sur les ondes, pendant de nombreuses années. Son fils, devenu drummer dans son groupe, qui connaît une existence aussi dissolue que son père, meurt à l’issue d’un accident de circulation, en 1973.

Il a pourtant été un des premiers musiciens à avoir été intronisés au « Rock and Roll Hall of Fame » (musée et panthéon du rock, à Cleveland, Ohio), à sa création, en 1986.

Il a passé une partie de ses dernières années dans son ranch de Nesbit (Mississippi), auprès de sa septième épouse, et se produisait encore sur les planches, début 2019. Mais, victime d’un AVC mineur, en mai dernier, il avait annulé sa tournée

RIP

Cali

La vie n'est pas une caisse d'épargne !

Écrit par

À mi-chemin entre chanson française et rock, Cali revendique depuis toujours une position d'artiste concerné par les problèmes de la société et du monde et n'hésite pas à s’investir publiquement.

Véritable touche-à-tout, Cali multiplie ses engagements, tant dans l’univers du théâtre, de la poésie, de la littérature que, bien sûr, de la musique.

« Ces jours qu’on a presque oubliés », son nouvel opus, paraît ce 14 octobre 2022 ».

Tout au long de ce nouvel elpee, le troubadour de la chanson française s’expose encore un peu plus en opérant une véritable mise à nu.

Humaniste, mais surtout profondément humain, Cali se confesse avec une sincérité désarmante tout en affichant un bel élan d’empathie.

Il cause finalement de ce qu’il connaît au fond le mieux : lui-même.

Sur ce disque, tu relates des moments forts vécus en compagnie d’êtres chers ; des femmes essentiellement, parties, quittées, envolées. Signaler leur disparition est-il le meilleur moyen de les garder auprès de soi ?

Mon prochain album parle de la disparition des femmes ? Ah bon, je ne sais pas trop... (rires). Elles ne peuvent pas partir ! Tu sais, j'ai perdu ma maman à l'âge de six ans. Pourtant, je lui parle tous les jours. Je lui raconte ce qu'elle n'a pas vécu. Elle est avec moi tout le temps. Même chose en ce qui concerne mon papa. Plus on avance dans l'âge et plus les proches disparaissent. J’ai l'impression que ce sont des anges. Ils sont toujours là, autour de nous, même si nous n'en avons pas conscience. Je ressens le besoin de l’extérioriser, que ce soit dans les bouquins ou dans les chansons.

Mais pour avancer, ne vaut-il pas mieux déchirer la page que de la tourner ?

Non, c'est une erreur ! Les enfants sont toujours là ! Ce sont eux qui tirent le chariot. Il ne faut jamais oublier ce que ces personnes ont laissé. Jamais, je n'oublierai le profond respect qu'avait mon père pour les êtres humains. Je me souviens que lorsqu'il dessinait des maisons derrière son bureau, des gens venaient le voir parce qu'ils étaient dans l’incapacité d’écrire. Il lui arrivait parfois de rédiger des lettres d'amour. Il voulait les protéger tout simplement. Je considère, quelque part, que c'est lui qui m'a montré le chemin. Je reste persuadé que le plus intéressant et le plus important, c'est de tenir la main des êtres humains et d'avancer tous ensemble. Je n'ai pas beaucoup connu ma maman. Mais je sais juste, en regardant sa photo, que c'est elle qui me donne l'envie de sourire aux autres. Tu sais, plus le temps passe et plus j'y pense. Quand on plonge dans l'enfance ou l’adolescence, on se remémore ces moments d'une intensité rare où la vie était devant nous auprès de ces femmes et de ces hommes dont la mission consistait à nous protéger. Lorsque je me réfugie dans ces souvenirs, je me sens préservé. Aujourd'hui, le monde est devenu tellement difficile à cause de ces sacs de chagrin et toutes ces guerres. Quand on était innocent, le cœur disait ses vérités. J'essaie parfois d'aller les chercher. Je ne veux rien effacer

En amour, lorsqu’on se quitte, la plupart des ex sont persuadés avoir perdu du temps en compagnie de cette personne. Et si l’on partait plutôt du principe, qu’au contraire, c’est gagner du temps sur la vie parce que chaque rupture permet d’avoir une angulaire précise et d’affiner ses postulats ?

Purée, j'aime cette réflexion ! Oui, je partage totalement ton point de vue ! Parfois, quand ça va trop bien, j'ai la fâcheuse tendance à me tirer des balles dans le pied. Les blessures permettent aussi de se poser. Je crois que c’est en tout cas la position à adopter en ces circonstances.

Il y chez toi cette volonté de ne jamais abdiquer et de s’enivrer par et dans l’amour et ce malgré ces années qui passent. L’amour est-il le seul intérêt de la vie ?

Oui, bien sûr ! Inconsciemment, j'écris des chansons qui plaisent aux gens. Elles me permettent aussi de tourner. Mais composer, c’est égoïstement prendre du temps pour soi et soigner ses propres blessures. Ce n'est que de l'amour. Que l’on aime ou que l’on soit aimé, il existe cette petite étincelle. Le mal du siècle, c'est la solitude. Quand personne ne t'aime, tu deviens un fantôme qui ne sert à rien. Tu sais, on vit, on meurt. On s'en fout. La vie n'est pas une caisse d'épargne !

L'amour se consomme et se consume aussi...

Oui, tu as raison, l'amour se consomme et se consume. L'amour, c'est comme un cheval, il traverse notre destin, sans savoir où l'on va. Mais, un jour ou l’autre, il faut lui donner à boire. L'amour, c'est pareil, il faut le nourrir. Vivre cette vie magnifique appartient à mes contradictions et mes difficultés. Je ne peux pas être à mille pour cent ni avec l'être aimé, ni les êtres aimés. J’en déduis que l'amour s'en va, mais lorsque je reviens, il revient. Mais quand je ne suis pas là, il n'est pas là non plus.

Les individus heureux en amour perçoivent-ils le sens de tes chansons ?

Je n'en sais trop rien ! Je crois qu’ils comprennent mes chansons, car il ne s'agit pas de philosophie. J'aime l'idée d'attraper des mots qui m'arrachent le ventre. Ces mots ne sont pas les plus compliqués. Me font-ils du mal ou du bien ? Je pense qu’ils peuvent faire du mal ou du bien aux personnes qui sont à mes côtés. Et puis surtout ce que je vis, d’autres le vivent tous les jours en rencontrant des situations différentes. Certains me témoignent d’événements incroyables et vont percevoir dans mes chansons un contenu que je n’aborde même pas moi-même.

J'ai eu la chance de pouvoir écouter ton dernier opus et j’ai l’impression que l’acoustique permet de s’approprier et d’exprimer au mieux cette intimité...

Je partage entièrement ton avis ! Je me suis réveillé un matin, chez moi, avec un tas de chansons. Je suis un très mauvais technicien, alors je dépose mon téléphone, j'allume le dictaphone, je joue du piano et de la guitare et j'y pose ma voix. J'enregistre en compagnie de Julien Lebart, un ami de longue date et un pianiste hors pair, qui a réalisé le disque avec moi. J'adore ce gars, il m'accompagne depuis le début. Il n'est pas présent aujourd'hui. Je n'ai pas envie d’accepter la musique que l'on me propose si elle ne me ressemble pas. Ce matin, j'ai écouté Johnny Cash, Bruce Springsteen (« Nebraska ») ou encore Bob Dylan. J'aimerais que le prochain Cali ressemble à ça. Pour ce disque, j'ai placé le micro à 1m50, j'ai pris l'harmonica et ma guitare. On a fait une prise. Steve Wickham des Waterboys (NDLR : en 2006, Cali était monté sur scène lors du rappel accordé par la bande à Mike Scott, à l’Ancienne Belgique – à lire ou à relire là) est venu y ajouter son violon magique. Un autre ami, de la guitare flamenco. Parfois, il y a de la contrebasse aussi. Le résultat oscille entre des chansons guitare-voix et violon-guitare-voix. Ce que je souhaitais exprimer à travers ce disque, je le murmure encore un peu plus ici. Nous allons bientôt fêter les 20 ans de la sortie de mon premier album, « L'amour parfait ». A côté de cette tournée, une autre s'intitule ‘Ne faites jamais confiance à un cowboy’. Je suis seul sur scène avec ma guitare. Dommage que ce soir, mon groupe et moi n'ayons pas le temps, sinon nous aurions interprété quelques compos. Mes amis sont très rock. Ils ont arrangé les morceaux différemment pour pouvoir être interprétées sur un banc à l’aide d’une guitare.

Tu as enregistré ces chansons en prise unique. Cette méthode te permet-elle d’accentuer le volet authentique ?

J'ose espérer que ceux qui empilent les choses le font de manière authentique ! Quand tu as des mots et une mélodie, deux choses l’une : soit tu habilles le tout pour aller au bal ou tu préfères la nuisette pour aller au lit. La différence se situe à ce niveau ! Perso, je préfère la petite robe de mariée en lin, avec la couronne sur la tête, dans la forêt en Irlande. C'est ce que j'ai fait de mes chansons (rires).

J’ai l’impression d’être en présence un homme différent de celui que j'écoute, plein de nostalgie et d’amertume, et de celui qui prend un malin plaisir en s’appropriant la scène.

Je ne suis pas d’accord avec toi en ce qui concerne l’amertume. Je n’en veux à personne et je ne suis pas aigri ! Vraiment, je ne me reconnais pas dans cette description ! Tu sais, dans la vraie vie, je suis quelqu'un de pétillant. On ne le voit pas forcément ici parce que je viens juste de me réveiller (rires). Mais, crois-moi, habituellement, je suis un gros déconneur. J’aime faire le pitre. D’ailleurs, je me suis blessé tout récemment au niveau du ligament. Heureusement, ce n’était pas sur scène. Lorsque je me produis en live, j'aime garder le côté sauvage tout en absorbant cet amour du public. J’en profite un maximum. C’est un moment récréatif, je suis avec mes potes.

Justement, pourrais-tu nous parler des musiciens qui t’accompagnent sur cette tournée ?

En réalité, je n’étais pas certain de pouvoir tourner cet été. Finalement, nous avons décroché une vingtaine de festivals. Je suis accompagné du guitariste de Mylène Farmer, du bassiste de Peter Doherty, du claviériste de Paul Personne et du batteur de Louis Bertignac. Ce sont des amis qui font du rock ou du blues. Je leur ai dit qu'on était là pour s'amuser. Dans le bus on s’éclate. Tout comme dans la vie d’ailleurs...

Un des titres qui a permis au public de te faire connaître est « C’est quand le bonheur ». Malgré la reconnaissance, le succès, les rencontres, les critiques positives et le rendu du public, tout est relatif. Je crois que la seule est vraie question à se poser serait ‘C’est quoi le bonheur’ ?

Tu sais, la vie d’artiste est faite de hauts et de bas. J’aime dévorer les biographies et les autobiographies. Est-ce que tu as lu celle de Springsteen intitulée ‘Born to Run’ ? Je te la conseille vivement ! Ce type est un extraterrestre ! Il ne faut pas nécessairement aimer l’homme pour lire cet ouvrage. C’est quelqu’un qui connaît l’être humain. Celle de Charlélie Couture décrit également des périodes de son existence très hautes et très basses. Pareil pour des gars comme Hubert-Félix Thiéfaine ou Bernard Lavilliers. Ce sont des totems, ils sont toujours là ! Le monde musical côtoie beaucoup de fake et de faux ! Heureusement que parfois tu croises des gens vrais dans un instant de grâce…

Lors d’une interview accordée à Muziczine, il y a quelques années, tu déclarais : ‘Pour moi le bonheur, ce n’est ni le passé, ni le futur, mais ces moments où l’on réalise ce qu’on vit sur l’instant’. Alors que dans le passé, tu semblais vivre l’instant présent, aujourd’hui, tu me donnes l’impression de te questionner davantage…

Je me souviens que lorsque j’avais 13 ans, sur la place de mon village, j’avais prédit que lorsque je serai grand, je deviendrai troubadour et que j’aurai plein d’enfants. Je suis devenu troubadour. Pour ce qui est des enfants, là aussi, j’ai accompli mon rêve puisque j’en ai quatre. Je souhaitais aussi vouloir mourir en Irlande. Navam (NDLR : une ville du comté de Meath, en Eire) me plaît beaucoup. J’aimerais effectivement un jour m’y établir. Mes musiciens irlandais y habitent et il m’arrive de leur rendre visite. Perso, le bonheur serait de vivre dans un petit cottage auprès de mes enfants et regarder les moutons et la mer, tout simplement.

Il y a aussi cette notion du temps qui passe. Dans l’une de tes chansons, tu cites : ‘Mes boucles noires ont disparues/Je perds mes cheveux sur le dessus’. Quel est ton rapport au temps et comment l’appréhendes-tu ?

Je suis fasciné par le temps ! J’ai assisté au concert des Rolling Stones, la semaine dernière, à Paris. Malgré ses 79 printemps, Mick Jagger est impressionnant de vitalité. Quand on dit de quelqu’un de cet âge qu’il est en forme, on sous-entend qu’il arrive à marcher, à se nourrir, etc. Jagger sur scène est un gosse. Ses musiciens, pareil. Ils ont ce soir-là saupoudré le public de quelque chose de magique. Je dois dire que ce show m’a communiqué une énorme pêche. En ce qui concerne le rapport au temps à proprement parler, tout va trop vite, comme un élan. Il y a un instant, nous parlions de « C’est quand le bonheur ». L’album dont est issu cette chanson est paru en 2003. Tu imagines, l’année prochaine, je fêterai ses 20 ans ! J’ai l’impression que c’était hier ! Tout le monde vieillit, c’est étourdissant ! Mais attention, ce processus ne me perturbe pas pour autant ! Sans doute, faut-il en profiter davantage, encore plus croquer la vie et faire n’importe quoi pour rigoler.

L’hommage rendu à Alain Souchon est émouvant. Pourtant, il y a plein d’autres artistes qui auraient mérité autant d’égards. Pourquoi lui et pas un autre ?

C’est une histoire particulière ! Il ne me connaissait pas, mais il est parvenu à se procurer mon numéro de téléphone et m’a passé un coup de fil. A l’époque, j’étais à Orly. Il adorait mes chansons. J’estime ce geste tellement touchant. Je l’ai croisé à plusieurs reprises ensuite. Souchon est un homme bourré de talent, d’une gentillesse et d’une tendresse exemplaires. Au fond, aimer, c’est admirer. Et admirer, c’est aimer. Il m’a peut-être influencé. Je crois qu’un jour, je vais consacrer une chanson à chacun de ces personnages. Ce sera une manière de leur dire merci.

Dani mériterait également sa place…

Je viens de perdre effectivement mon amie Dani. Sa disparition me bouleverse totalement. Je me suis saisi de mon stylo et j’ai griffonné quelques lignes en sa mémoire. Est-ce l’ébauche d’une chanson ? Je le pense, oui ! Je vais continuer à lui murmurer plein de choses à l’oreille. Si je réalise une rétrospective de mes chansons, j’y ai déjà cité pas mal de monde. Je viens du bal de village. Je faisais exactement ce que les gens souhaitaient. J’y prenais énormément de plaisir. Les gens adoraient parce qu’on savourait ce qu’on faisait. Même si certaines compos étaient plus obscures, les gens dansaient quand même, uniquement parce qu’on parvenait à les jouer et qu’on les appréciait. Pourquoi d’ailleurs, aurions-nous dû prendre le parti de s’attaquer à des chansons que nous n’aimions pas ? Il m’arrive aussi parfois de m’approprier celles des autres.

Tes long playings sont très différents. Comment se construisent-ils ? Le label impose-t-il une direction ou un genre particulier ? Que se passe-t-il entre la page blanche et l’album ?

Je conseille aux jeunes qui débutent d’engager un réalisateur. Je ne le voulais pas. C’est pourtant une démarche importante parce qu’il va amener un regard extérieur primordial, tout en y apportant des conseils judicieux. Daniel Presley a apporté sa collaboration lors du premier album. Il avait été conçu à l’origine en guitare/voix. Presley a pu y apporter sa patte sur les arrangements. J’ai pu bénéficier, au cours de ma carrière, du concours de Mathias Malzieu (NDLR : le chanteur/compositeur de Dionysos), Scott Colburn qui a bossé avec Arcade Fire ou encore Geoffrey Burton, guitariste belge. Puisqu’il existe un contrat qui te lie à ces personnes, ils possèdent un droit de regard sur ce que tu fais. Effectivement, il faut prévoir des chansons pour la radio, c’est une question inévitable. Tu sais, il semble que je commence à me faire vieux pour y passer. Je crois qu’il va falloir sans doute attendre encore un peu avant d’y être à nouveau programmé… dans la catégorie des vieux (rires). Nous sommes quelques-uns dans cette situation. Personnellement, je m’en fiche. Pour ce dernier disque, je suis en licence. Par conséquent, je suis responsable du produit fini. Julien (Lebart) et moi, nous ne nous sommes posé aucune question. Quand on crée de la musique, c’est pour être libre. Malheureusement, souvent, ce n’est pas le cas. Il s’agit d’un commerce, il faut vendre. Aucun patron ne me dirige et je ne suis pas le patron non plus. Ceux qui m’entourent sont davantage des conseillers. Jamais ils ne me donneront des directives contraignantes. En y réfléchissant, c’est quand même un luxe (rires).

A t’entendre, l’industrie du disque est une machine qui pourrait bouffer de l’intérieur les artistes…

J’ai écrit mon troisième roman ‘Voilà les anges’ sur cette thématique. Je débute cette histoire par un chanteur aigri. Mon dernier spectacle s’ouvre par ce même type de personnage. L’histoire d’un clochard, qui après s’être endormi avec sa guitare sur un banc, s’éveille face au public. Je raconte aux spectateurs qu’avant j’étais chanteur. Je leur demande s’ils s’en rappellent pour enchaîner par « C’est quand le bonheur » et une kyrielle de belles chansons. J’explique au public que je ne pouvais plus écrire parce que j’étais en quelque sorte empoisonné et que c’était malhonnête. Aujourd’hui, j’écris des chansons pour les jeunes qui passent et me regardent. C’est un peu le thème du spectacle.

Arno, un artiste belge, nous a quittés tout récemment. Sa seule limite était l’imagination. Touche à tout, tour à tout acteur de théâtre, écrivain, et chansonnier, je crois que vous avez ce point commun. Est-ce que je me trompe ?

Je me réfugie souvent derrière cette phrase ! Tantôt, on parlait de gentillesse, lui était un gentil. Certains l’ont connu plus que moi, mais nous avons eu l’occasion de partager quelques nuits ensemble. Arno était un protecteur. Un jour, en compagnie de ma famille, nous l’avons croisé à Bruxelles. Je lui exprime mon envie de manger des moules frites. Il se gratte la tête d’un air interrogatif. Une vieille dame s’approche et lui explique qu’il ne s’agit pas de la saison des moules tout en lui tapant la tête avec un parapluie. A cet instant, il y avait tout de la Belgique. Quand on regarde dans le rétroviseur de sa vie, il a creusé cinquante millions de choses. Sa mort provoque aujourd’hui de la souffrance, du chagrin et du désespoir, mais à côté de cette compassion, il y a une petite lumière qui s’appelle la vie, il faut s’y accrocher.

J’aimerais revenir sur une de tes collaborations avec James The Prophet lors d’une émission de ‘Taratata’. Vous vous étiez réapproprié magnifiquement un titre de Prince, « Purple Rain ». Chacune de tes collaborations sonne comme une évidence. Pourrais-tu imaginer un jour réaliser un album centré sur celles-ci ?

J’ai eu la chance de croiser Augustin Charnet. Nous bossions sur le projet de Léo Ferré. Ensuite, nous avons réalisé l’album « Cavale ». C’est un ami. Il n’est pas présent aujourd’hui car il s’est cassé deux doigts cet été. Cet homme m’a permis de découvrir une jeune génération, mais aussi de nouveaux sons. Je me suis beaucoup amusé lors de cette émission de ‘Taratata’. Cette jeune génération détient les clés en s’ouvrant davantage sur le monde. Il n’y a plus de limite, on chante dans la langue que l’on veut. On doit prendre exemple sur ces jeunes artistes. J’ai été subjugué par le travail de James. Ma fille, Coco, est violoncelliste et pianiste. Elle baigne dans le classique. Elle me fait écouter des musiques étonnantes qui me touchent énormément alors qu’elle n’a que 17 ans. Elle a vu le film retraçant la vie d’Elvis dont elle ne connaissait rien. Elle l’a trouvé exceptionnel. Je lui avais conseillé de regarder le ‘biopic’ pour découvrir l’homme parce qu’il est à la source de tout. Je suis très fière de ma fille. Elle vient de rentrer au Conservatoire de Paris et a obtenu 20/20 au bac de français…

 

 

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