La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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L7

Sharon Van Etten

We've Been Going About This All Wrong

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Sharon van Etten semble transcendée depuis la sortie de son premier elpee, le magnifique « Remind Me Tomorrow » (NDR : et sans doute aussi sa carrière d’actrice à la fois naissante et déjà prestigieuse dans des séries telles que ‘The OA’ ou ‘Twin Peaks’) !

Elle est de retour pour un nouvel opus tout aussi ambitieux que torturé. Enregistré à Los Angeles, dans son nouveau home studio, ce 6ème elpee fait en quelque sorte le point sur son existence, après son départ de New-York consécutif à une longue période au cours de laquelle elle a vécu une relation sentimentale difficile, sans oublier une pandémie qui est passée par là…

Sa voix, toujours aussi magnifique, ne s’est jamais faite aussi épique. La tension est palpable malgré la douceur des arrangements (« I’ll Try ») et la nature des paroles plus abscondes que d’habitude. Une belle manière de panser ses blessures… et une nouvelle réussite au sein d’une discographie presque parfaite !

 

-M-

Rêvalité

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« Rêvalité », le septième opus de Matthieu Chedid, constitue, en quelque sorte, le lien entre le personnage -M-, créé il y a tout juste vingt-cinq ans, et l'homme d'aujourd'hui, un artiste qui se cherche entre réalité et imaginaire.

Fixant comme point de convergence un triptyque qui fait une fois encore la part belle au choix des mots et des mélodies, il leur communique une nouvelle saveur, et notamment à travers la profondeur de la ligne de basse tracée par Gail Ann Dorsey (NDR : elle a notamment milité au sein des backing groups de David Bowie et Tears for Fears).

Il ne s’agit d’ailleurs pas de la seule collaboration, puisque Fatoumata Diawara (chanteuse, comédienne et autrice-compositrice-interprète malienne) s'invite sur « Mais tu sais ».

Assez coloré et nuancé dans son ensemble, l’elpee permet au chanteur de prolonger ses rêves d’enfance tout en se réinventant le temps d'une histoire.

Si le titre phare apporte essentiellement des lignes funky, « Mégalo » est davantage groovy, alors que l’émotion libérée par « Mogodo » (une berceuse chantée par le paternel en 1974) est accentuée par les interventions de percus et de cuivres. Le néo-quinquagénaire se frotte même au psychédélisme sur « Dans le living » ou, à contrario, concède une chanson populaire aux accents radiophonique, sur un morceau simplement baptisé « Dans ta radio » …

Ce doux rêveur succombe à la nostalgie en plongeant dans son passé (« Petit Homme »), mais également rend un vibrant hommage au cinéaste italien « Fellini », tout en construisant la mélodie sur la symphonie n°40 de Mozart.

Plutôt iconoclaste, cette œuvre est partagée en deux parties. La première nous réserve des plages dynamiques alors que la seconde est davantage tendre, introspective et poétique. Enigmatique aussi. A l’instar de l'excellentissime « Ce Jour-Là », compo qui adresse un clin d’œil à sa grand-mère, la poétesse Andrée Chedid. Une piste enrichie de cordes et de chœurs qui se perdent à l'infini…

Des arpèges de grattes prennent leur envol sur « Home », une composition caractérisée par son refrain entêtant, alors que « Le langage des Oiseaux » clôt un des albums les plus réussis de -M-.

Si vous aimez la musique de -M-, vous l’apprécierez tantôt sur le dancefloor ou tranquillement au coin d’un feu de bois. Mais c’est surtout en ‘live’ que ces chansons risquent de prendre toute leur dimension, là où l’artiste s’exprime sans doute le mieux.

Bref, un chef-d’œuvre en treize chapitres, qui inscrit parfaitement Matthieu dans son époque tout en lui permettant de s'y évader…

Et si nous suivions ses traces ?

Dewaere

What is pop music anyway ?

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Quatre années après avoir publié son premier elpee, « Slot Logic », le quatuor breton (NDR : il s’est établi basé à St-Brieuc) nous propose son second, « What is pop music anyway ? ». Contrairement aux compos du précédent opus issus d’une écriture collective, les onze pistes de « What is pop music anyway ? » sont signées par le crooner australien Maxwell Farrington. Qui les chante, également. Ce qui communique aux plages, une saveur particulière. Au départ, elles n’étaient pas spécifiquement destinées à Dewaere ; mais qu’importe, car elles s’avèrent bien mélodiques. Maintenant, ne vous attendez quand même pas à découvrir des pépites pop. D’ailleurs, le titre de l’album nous informe du caractère tout relatif de la ‘popitude’ d’un morceau …

En fait, le trio s’est évertué à ‘dewaeriser’ le travail de Farrington en l’adaptant au format punk-noise. Incisifs mais dissonants, les riffs de guitare se révèlent particulièrement efficaces. Et tout au long du long playing, le tempo imposé par le drumming est soutenu.

Finalement, hormis sur « Satellite », c’est le format couplet/refrain qui confère aux morceaux leur aspect pop. Les aficionados du premier LP de Dewaere ne doivent dès lors pas trop s’inquiéter…

Die Krupps

Une machinerie toujours bien huilée…

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L’organisation Bodybeats est habituée, depuis bien longtemps, à proposer des concerts de musique EBM, wave, gothique et industrielle. Son BIM festival est de nouveau prévu début décembre, mais ce soir, il a programmé une double affiche, partagée entre Front Line Assembly et Die Krupps, en la salle De Casino à St Niklaas. Ces deux formations ont tourné ensemble, et tout particulièrement en Allemagne, en Hongrie et dans les pays nordiques, lors d’un périple baptisé ‘The Machinists reunited tour 2022’.

Et c’est Front Line Assembly qui ouvre les hostilités. En 35 années d’existence, la formation a enregistré pas moins de 17 albums studios. Dont le dernier, « Mechanical soul », paru en janvier 2021, a bénéficié du concours de quelques guests notoires, dont Jean-Luc De Meyer (Front 242) et Dino Cazares (Fear Factory). L’histoire de Fear Factory est d’ailleurs fort liée au band canadien, puisque l’un des membres fondateurs, Rhys Fulber, est passé du deuxième groupe au premier (NDR : vous suivez toujours ?)

Sur le podium, les lumières sont tamisées. Et lorsque le leader et ses deux guitaristes débarquent, on a l’impression d’être plongé dans une ambiance digne d’un film d’horreur des 80’s. Entre Oomph ! et Tool, âmes sensibles s’abstenir ! Rauque et ténébreuse, la voix de Bill Leeb évoque celle de Peter Spilles (Project Pitchfork). Les sonorités du clavier et les frappes de drums font froid dans le dos. Les compos oscillent, sans surprise, entre EBM et indus. Parfois on pense aussi à Skinny Puppy, qui possède également des affinités avec FLA. Et pour cause Leeb en était le membre fondateur. Mais l’expression sonore recèle, en filigrane, des nuances de métal et de techno-transe.

Le band est bien rôdé (NDR : il a également accompli une tournée aux States en mai et début juin 2022), mais on le sent usé par le poids des années. Et la reprise de « Rock me Amadeus », un vieux tube kitsch des eighties composé au départ par l’Autrichien Falco, en est le plus parfait exemple. Il faudra attendre le rappel, et le morceau final, « Millenium » (titre éponyme d’un elpee sorti en 1997) pour susciter un peu d’enthousiasme au sein de l’auditoire qui, jusqu’alors, se contentait d’écouter et d’applaudir poliment. Un set agréable, mais sans surprise…

Car pas de doute, une grande partie du public s’est déplacée pour assister au show de Die Krupps, dont les dates sont plutôt rares en Belgique (NDR : il faut remonter au W-festival en 2018 pour retrouver la trace de son passage). Dès que les Teutons grimpent sur l’estrade, l’ambiance monte d’un cran. Bien que varié, le public semble chaud-boulette. A l’instar de Killing Joke, Die Krupps est parvenu à traverser quatre décennies, malgré des périodes d’interruption, avec succès et en se réinventant, sans se couper de ses racines. En passant d’un EBM plutôt âpre, caractérisé par des percussions mécaniques, début des 80’s, vers les pulsions davantage métalliques, à l’aube des 90’s. Le combo s’est finalement reformé en 2005, mais il faudra attendre 2013 pour voir paraître un nouvel opus intitulé « The machinist of Joy ». Bien plus allègre et surtout dansant que ses précédents long palyings, il relance véritablement le groupe.

Dès que Die Krupps monte sur les planches, on remarque immédiatement l’absence du guitariste Marcel Zürcher (NDR : selon les échos recueillis, il serait atteint de la Covid). Mais la deuxième gratte assure alors que Jürgen Engler, le leader, bondit d’un côté à l’autre de la scène, tape sur ses tubes métalliques, malgré ses 61 balais. En outre, il n’hésite pas à venir serrer les mains de ses fans aux premiers rangs.

« Schmutzfabrik », « Crossfire », « Nazis auf speed » … les singles s’enchaînent comme autant de solides claques, que pourrait nous asséner le chanteur. Faut dire que sa carrure est aussi impressionnante que celle de Till Lindermann (NDR : ne pas oublier que Rammsteinn s’est largement inspiré du groupe de Düsseldorf pour enregistrer ses premiers albums). Le public scande en chœur (y compris après le concert) les ‘oh oh oh’ sur « Robosapien » et lors du refrain de « Wahre Arbeit - Wahrer Lohn ».

En rappel, « To the hilt » (NDR : si vous n’avez jamais regardé le clip qui est consacré à ce morceau, c’est le moment ou jamais, et il est disponible ici) et « Fatherland » clôturent un set bien riche.

Pourtant, Die Krupps aurait pu encore jouer les prolongations en nous réservant des classiques comme « Risikofaktor », « The dawning of doom » ou encore « Metal machine music ». Dommage, mais ils sont passés à la trappe. Néanmoins, il serait injuste de ne pas évoquer le climat de bonne humeur au sein duquel le concert s’est déroulé. Mais également la proximité des membres du groupe avec ses fans. Les musicos prennent d’ailleurs le temps de discuter, signer quelques autographes ou prendre des selfies en leur compagnie, avant de remonter dans leur tour bus.

(Organisation : Body beats)

 

Julia Shapiro

Zorked

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Originaire de Palo Alto, en Californie, Julia Shapiro milite au sein de Chastity Belt, Childbirth et Who Is She. Mais elle mène, en parallèle, une carrière solo. Et « Zorked » constitue son second elpee individuel. Un disque qu’elle a enregistré à Los Angeles, où elle s’est installée, peu de temps avant la pandémie, après avoir quitté Seattle, où elle faisait pourtant partie de la scène locale.

Introspectif et personnel, « Zorked » (NDR qui peut se traduire par défoncé ou hors de soi) reflète sa crise existentielle vécue pendant le confinement. Et pour en composer les chansons, elle a puisé ses influences chez Elliott Smith, l’herbe, les rêves lucides, L.A. ainsi que le tarot, à travers le livre d’Alejandro Jodorowski, « The way of the tarot ». Et tout particulièrement sur le titre qui ouvre l’opus, « Death XIII », un morceau qui baigne au sein d’un climat shoegaze avant qu’une nouvelle ligne de guitare ne vienne ouvrir une autre perspective sonore. Un shoegaze qui peut s’avérer sinusoïdal, brumeux ou carrément noisy. D’ailleurs les spectres de My Bloody Valentine et de Pale Saints planent tout au long de l’album. D’autant plus que diaphanes, limpides ou éthérées, les harmonies vocales sont particulièrement soignées. Dans cet esprit, le titre maître constitue, sans doute, la compo la plus aboutie du long playing et s’autorise même un changement de mélodie en milieu de parcours. Les sonorités de grattes tourbillonnent, bourdonnent et se chargent de larsen, alors que celles d’un mellotron s’immiscent dans le décor…

Le long playing recèle l’une ou l’autre plage plus pop, mais aussi plus acoustique. A l’instar du contemplatif « Reptile ! Reptile ! ». Julia y déclame ses paroles ; et on entend, en filigrane, des chants d’oiseaux ainsi qu’un soupçon de trompette. Ou encore du paisible « Hall of mirrors », joué en picking.

Un bien bel album !

Michael Hurley

The time of the foxgloves

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Michael Hurley a fêté ses 80 balais en décembre dernier. Ce peintre, cartooniste et musicien possède une discographie longue comme un bras. Son premier elpee, « First songs », est ainsi paru en 1964 !

« The time of the floxgloves » (Trad : les temps des digitales) a été enregistré à Astoria, en Oregon, pendant la période au cours de laquelle ces plantes herbacées fleurissent.

Lors des sessions, il a reçu le concours de quelques collaborateurs, dont Josephine Forster qui chante en duo sur « Jacob’s ladder », mais aussi un xylophoniste, un accordéoniste, des violonistes, un organiste (à pompe), un clarinettiste (basse), un préposé à la double basse (upright bass !) et un autre au ukulélé baryton, un banjoïste, des percussionnistes, des guitaristes acoustiques (qui traitent parfois leur sèche en slide !), probablement du piano électrique et des choristes. Ce qui apporte de subtiles nuances à son folk dépouillé qui peut aussi se teinter de blues ou de jazz (NDR : les trois styles se conjuguent même lors du morceau final, « Lush green trees »). Il y a même une cover déglinguée d’« Alabama » des Louvin Brothers. Mais en général, le ton reste chaleureux et réconfortant, Michael interprétant d’une voix douce et érodée par le temps, des chansons langoureuses et rêveuses…

The Kernal

Listen to the blood

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The Kernal, c’est le projet de Joe Garner, dont le père n’était autre que feu Charlie Garner, le bassiste qui a sévi chez The Goodtime Charlies, le groupe de Del Reeves (NDR : l’oncle de Joe), pendant trois décennies.

« Listen to the blood » constitue le troisième chapitre d’une trilogie entamée par « Farewellhell », en 2011, et poursuivie sur « Light country », en 2017. Une triade au cours de laquelle il règle ses différents avec son défunt paternel, d’un ton de conteur et en y injectant parfois une touche d’humour sournois.

Coproduit par Joe, Ben Tanner (Alabama Shakers) et Jerry Bernahrdt, cet elpee a été enregistré aux célèbres studios ‘Muscle Shoals’, en Alabama.

Dans ces conditions, vous vous imaginez bien que la musique proposée par The Kernal est sudiste. Et vous avez entièrement raison. Oscillant de la country au boogie, en passant par le southern rock et le rock’n’roll. On a même droit à une sérénade à la Presley (« She’s seeing somebody »), une ballade romantique mid tempo chantée en duo avec Caitlin Rose (« Fight song ») ainsi qu’à un périple cinématographique (« Wrong turn to Tupelo »). Et puis des chœurs féminins tapissent « Super (Marijuana) », un boogie allègre inévitablement dynamisé par le piano. On en oublierait presque le concours de Mike Mouton (Mike & The Moonpies) à la steel guitare. Et ses interventions sont brillantes.

Enfin, chaleureuse et confidentielle, la voix de Joe peut aussi se faire nasillarde, à la manière d’un Bob Dylan…

Nahawa Doumbia

Kanawa

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Nahawa Doumbia est devenue, depuis les années 80, une des chanteuses les plus populaires du Mali. Dans ses textes, elle parle d’amour, mais aussi des conditions de vie difficiles de la femme malienne, et tout particulièrement de la polygamie, de la violence domestique et des mariages forcés ; mais sur ce nouvel opus, elle implore la jeunesse de son pays de ne pas risquer les drames humains consécutifs à l’immigration. Au cours des dernières décennies, son pays a été confronté à de multiples épreuves : pandémie mondiale, conflits interethniques, attaques terroristes, enlèvements, sécheresse, troubles civils et coups d’Etat. Aussi, elle invite cette jeunesse de se serrer les coudes afin de participer au développement économique, et suggère au gouvernement de s’attaquer à la pauvreté en favorisant la création d’emplois afin de dissuader ces jeunes de s’exiler...

Musicalement, entre didadi et wassoulou, Nahawa est soutenue par des musicos qui se servent d’instruments traditionnels comme le kamélé n’goni (une guitare à 4 cordes qui ressemble à une harpe), le kamalengoni (une variante à 6 cordes ou plus), le djembé, le karinyan (sorte de percu qui racle le métal), le balafon, mais également un bassiste, dont les interventions peuvent se révéler funky. Enfin, des chœurs traditionnels féminins soulignent régulièrement la voix de Nahawa.

Il ne faut pas oublier que, souvent chanté par des femmes, le wassoulou est une des sources du blues… mais là, c’est une autre histoire…

Hear Hear Festival 2022 : dimanche 14 août

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Première édition du Hear Hear qui se déroule sur une seule journée. Il est organisé par l’équipe du Pukkelpop, festival qui s’étale, cette année, du 18 au 21 août. Trois des six scènes (sous chapiteau) du festival de Chokri Mahassine sont réquisitionnées aujourd’hui. Le nom de ‘Heat Heat’ aurait sans doute été plus judicieux, car le thermomètre va constamment dépasser les 30 degrés, même en soirée ! Mais qu’importe, les fans de rock se réjouissent de cette affiche 100% pure et dure, mêlant gloires des 90’s et étoiles montantes (NDR : quel bonheur de vivre un festival complet sans se coltiner du rap, r’n’b et autres DJ sets que nous imposent les affiches des plus grandes manifestations). Compte rendu d’un programme riche et chargé du début à la fin...

Une fois l’entrée et les contrôles de sécurité passés, on a droit à une distribution gratuite d’eau. Très appréciable vu la chaleur !

Cap à droite vers la scène baptisée ‘Yeah Yeah’, pour assister au concert de Sons. Ne comptant que quelques années d’existence et deux albums à son actif, la formation flandrienne jouit d’une belle popularité et remplit le chapiteau. Une popularité renforcée par un concours de jeunes talents, organisé par Studio Brussel, et remporté à ses débuts. Responsable d’un rock garage, le combo affiche un look qui colle à sa musique. Dans un style proche du band californien Oh Sees. Le batteur donne le ton et les guitares tapent aussi fort que le soleil sur nos têtes. Bref, la sauce prend sur chaque titre. A l’instar de son premier single, « Ricochet », qui clôt une prestation saluée par une belle ovation de la foule. Une notoriété qui pourrait bien dépasser les frontières de la Belgique, depuis que la formation a enregistré une live session KEXP…

Vu la richesse de l’affiche, on doit opérer des choix cornéliens. Ce sera Anna Calvi ou Billy Nomates programmés au même moment. Dommage pour cette dernière, car cette jeune Anglaise est la nouvelle sensation en Angleterre. Et pour cause, elle a été notamment propulsée par Sleaford Mods qui l’a invitée à participer à l’enregistrement de son son single « Mork n mindy ». Son concert prévu pendant la pandémie au Botanique en 2021 avait dû être annulé. Il faudra guetter son retour en salle.

Anna Calvi avait réalisé des débuts tonitruants, en publiant deux elpees chez Domino en 2011 et 2013, et en accordant un concert mémorable à l’AB, en novembre 2011. Avant de disparaître des radars jusque 2018, année au cours de laquelle elle va graver « Hunted ». Sobre, elle débarque sur l’estrade, vêtue d’un chemisier blanc et d’un pantalon de couleur noire. Tenant fermement sa guitare en main, elle n’est secondée que par un batteur et une claviériste, plantés sur les côtés, en arrière-plan. Tour à tout haut-perchée ou douce et murmurée, sa voix navigue sur une musique qui oscille entre soul/blues de girl power (à la PJ Harvey) et rock gothique plus ténébreux (réminiscent de Siouxsie). Quant aux références masculines elles sont davantage à aller chercher du côté de Richard Hawley, Jeff Buckley voire du duo Nick Cave/Blixa Bargeld, même si elle une attitude beaucoup plus pondérée et statique sur les planches. En fait, elle n’a pas besoin d’en faire des tonnes, sa réserve contrastant avec cette voix dont les montées en crescendo sont impressionnantes. A l’instar de « Desire », morceau-phare dont on aimerait chanter le refrain avec elle, mais où on se sentirait ridicule face à cette diva des temps modernes.

Girls Against Boys s’était montré tout aussi discret, depuis la sortie de son dernier Ep (« Ghost List ») et son passage aux Nuits du Bota, en 2013. C’est donc enthousiaste que votre serviteur file retrouver l’une des formations les plus ‘underrated’ des 90’s. Une vraie injustice pour ce groupe initié par le batteur de Fugazi, en regard de ses prestations scéniques, et ses albums parus sur le label Touch and Go (NDR : nonobstant un séjour sur le major Geffen, afin de publier « Freak on Ica », peu apprécié par le band qui n’interprètera d’ailleurs aucun titre de cet elpee, sur les planches). Et cet après-midi force est de constater que sa musique n’a pas pris la moindre ride, libérant une énergie directe et intacte sur le podium ‘Gimme Gimme’ (‘shock treatment’ serions-nous tentés d’ajouter). Scott McCloud au chant et à la guitare, Eli Janny aux claviers et en backing vocal, alignent rapidement les tubes entre punk/hardcore et noisy. A la basse, Johnny Temple est moins excentrique mais tout aussi efficace, se réservant notamment des solos sur « Crash 17 ». Derrière ses fûts, Alex Fiesig se charge de soutenir l’ensemble. Le tout dans un climat de bonne humeur. Une bonne humeur qui contamine les premiers rangs du public. Ainsi, quand Scott s’emmêle les pinceaux en annonçant « Disco 666 » au lieu de « Distracted », il se reprend avec humour (‘Oh yeah sorry we are playing « Distracted », I’m really… distracted’). « Superfire », « Bullet proof cupid » et l’inévitable « Kill the sex player » en final ont littéralement achevé votre serviteur qui avait presque oublié la chaleur suffocante, transpirant autant que le band, mais savourant pleinement ce come-back attendu. Le band clôturait ainsi sa tournée de festival européens, avant d’affronter les USA. Et, il a promis de revenir dans des salles du Benelux et européennes rapidement. Il faudra donc scruter les dates de concerts pour ne pas rater ce retour…

‘Tout a été dit 100 fois, et beaucoup mieux que par moi’ indiquait Boris Vian.  On se servira de la même formule pour Whispering Sons, l’une des formations belges qui tourne le plus dans les salles et festivals noir-jaune-rouge. Vous n’aurez aucune peine à retrouver un de ses comptes rendus qui lui est consacré sur Musiczine.

Car le set suivant, celui de Parquet Courts, beaucoup plus rare en Europe, embraie. Après avoir été bluffé lors de son passage aux Inrocks, en 2014, ses prestations scéniques suivantes avaient un peu moins convaincu, malgré la confection d’albums de bonne facture, enregistrés le plus souvent sous la houlette d’illustres producteurs. Des échos de son dernier concert, accordé au Grand Mix de Tourcoing, avaient toutefois incité votre serviteur de revoir son jugement. Et effectivement, les New-Yorkais vont livrer le set le plus surprenant et tonique de la journée. Exit le côté exclusivement punk/garage lassant des débuts et place à des pistes étonnantes qui se prêtent bien à l’atmosphère poussiéreuse du festival. D’un côté le chant punk, la voix rauque et les accords de guitare rugueux d’Andrew Savage. De l’autre, les accès électro-psychédéliques d’Austin Brown abordés dans l’esprit de Happy Mondays. « Walking a downtown pace » (issu du dernier « Sympathy for life » sorti en 2021) interprété en milieu de set en est la parfaite illustration. D’autres compos encore se nourrissent de percus en tous genres, de la clarinette et des sifflets dans un climat de carnaval. Pas étonnant dès lors qu’un morceau intitulé « Mardi gras beads » figure dans la setlist. Même s’il est étonnamment plus paisible est proposé en fin de parcours. Quoiqu’il en soit la sauce a bien prise et si le public n’avait répondu qu’à moitié présent, il était enthousiaste et semblait totalement ravi de la performance.

Plus de monde paradoxalement se masse devant la ‘main stage’ pour le show de Wolf Alice. Alors, certes, la jeune Ellie Rowsell est responsable d’un pop-rock rafraîchissant et parfois énergique. Mais à l’image de son look et maquillage cosplay, elle semble plutôt plaire à un public bien plus jeune. Ce qui n’est pas plus mal, afin que ce festival ne se cantonne pas aux quadras ou quinquas déjà très nombreux.

Mais l’attention de votre serviteur se focalise sur un autre band de jeunes en devenir : Squid. Outre-Manche, il constitue une des nouvelles sensations aux côtés de Fontaine DC, Black Country New Road et autre Shame. Après un premier passage au Sonic City, fin 2019, et un autre encore plus attendu à l’Orangerie du Botanique deux ans plus tard, l’intérêt pour ce groupe ne cesse de croître (NDR : d’où sa programmation en ce début de soirée). Pourtant, la setlist de ce soir va décontenancer. Moins directes que d’habitude, les compos sont tirées en longueur (sept morceaux en tout et pour tout). De quoi décourager bon nombre de spectateurs. Et pourtant les plus patients seront récompensés lors du final, « G.S.K. », un titre cuivré caractérisé par son superbe envol à la trompette, et « Narrator », dont la montée en crescendo est particulièrement vivifiante. Dommage donc pour cet allumage tardif ainsi que l’absence de standards comme « Houseplants » qui auraient pu faire exploser le set. Mais l’audace de ce jeune combo est à saluer.

Car si la foule quitte peu à peu Squid, c’est aussi pour se placer idéalement devant la Main Stage afin de profiter pleinement du concert de Liam Gallagher. Pour le peu, on se croirait dans l’enceinte d’un grand stade mancunien (NDR : non pas United, l’autre), face à un auditoire chaud bouillant ; mais curieusement ici, réunissant une majorité de jeunes. Lumières tamisées sur l’estrade et écran géant disposé en arrière-plan, c’est le concert de la journée où il y a le plus de matos déployé. Le trublion de la britpop est entouré d’un band conséquent et de deux choristes black, plutôt charmantes. Elles lui seront bien nécessaires, sa voix rencontrant régulièrement des moments de faiblesse. La rampe qui s’avance au milieu de la fosse, en revanche, ne servira à rien, puisque le chanteur adopte sa posture habituelle, mains dans le dos, le micro incliné et collé entre ses lèvres et son nez. Et comme s’il revenait tout droit d’une matinée à la pêche, il est vêtu d’un chapeau qui cache une partie de son visage, et d’un parka/coupe-vent qu’il ne quittera jamais, malgré la chaleur étouffante ; ainsi, ses auréoles sous les bras vont s’étendre au fil du temps. Il fallait s’en douter, les quelques titres dispersés parmi les reprises d’Oasis ne provoquent pas la même euphorie. Pourtant le récent « Better days » (issu du dernier opus sorti cette année) est joué avec entrain, maracas à la main. Mais non ce que le public veut, c’est scander en chœur des hymnes (NDR : quand on vous parlait d’une ambiance de stade), à l’instar de « Rock’n’roll star ». Et surtout lors final « Wonderwall », entonné en partie par ce public. Ce qui rendra le cadet des Gallagher un peu moins bourru que d’ordinaire (‘Yeah it’s pretty good’ s’exclame-t-il avant de se remettre à chanter). Bien que tiré en longueur, son énième tube, « Champagne supernova », va pourtant enchanter un public qui balance les bras avant de réserver une ovation à William John Paul (NDR : c’est son véritable prénom !). C’est sûr, à l’applaudimètre, il était la grande vedette de ce festival.

Que dire alors des deux autres têtes d’affiche qui se succèdent sur la scène principale ? Les Pixies semblent déjà moins attendus. Sans doute parce qu’ils se sont déjà produits sur la plaine de Werchter, un mois plus tôt, et une semaine plus tard, à l’Atelier du Luxembourg. En outre, la setlist réunit une majorité de morceaux moins connus et même quelques covers dont on se serait bien passé (NDR : en final, celle de Neil Young va asséner un véritable coup de massue au public). De quoi décourager bon nombre de spectateurs lambda. Fan du groupe, votre serviteur assiste à l’intégralité du concert, mais Frank Black semble vraiment décidé à se la jouer folk, ce soir. Ne lâchant sa guitare acoustique, pour empoigner une électrique, que trop épisodiquement. Pour peu que l’ambiance décolle un peu, elle rechute aussi vite. D’ailleurs le « Where is my mind », scandé en compagnie des fans en fin de parcours, ne parviendra pas à atteindre ce que Liam Gallagher était parvenu à récolter juste avant. Et il ne fallait pas compter sur la communication des musicos qui, même lors des adieux, marquent un moment d’hésitation avant de s’avancer sur l’avant-scène afin de saluer son auditoire...

Pour Editors en revanche, l’entrain et la sympathie sont toujours au rendez-vous. Les derniers singles « Heart attack » (en ouverture) ou « Karma Climb », aux sonorités plus electro, tout en parvenant à conserver cette ligne de basse et ses accès post-punk, passent assez bien la rampe. Pourquoi, dans ce plat pays, ce groupe récolte autant de succès et est systématiquement programmé en haut de l’affiche, alors qu’il se produit dans des plus petites salles ou des festivals mineurs, ailleurs ? Néanmoins, le band tient la route et a contrario des Pixies, incorpore judicieusement des singles tout au long de son set. Maintenant, si on souhaite écouter une musique plus originale, il est préférable de s’aventurer du côté de l’une des deux autres scènes...

En assistant au concert de Thurston Moore, par exemple, qui ne doit cependant compter qu’un petit millier de fans aujourd’hui, en Belgique… Mais comme le veut l’adage ‘les absents auront tort’ ! Tout comme Squid qui foulait les mêmes planches auparavant, il est nécessaire de s’armer de patience et d’être ouvert d’écoute ; car seuls six à sept titres seront dispensés sur la bonne heure de concert. Aux guitares, l’ex-leader de Sonic Youth et l’ancien This Is Not This Heat, James Sedwards, tissent méticuleusement leurs riffs hypnotiques. Mais surtout, il y a cette ligne de basse, discrète mais efficace, qui vient taquiner cette texture, empêchant ainsi les morceaux de sombrer dans la répétition et la lourdeur. En faisant remarquer cette nuance à un confrère, ce dernier me précise que cette bassiste n’est autre que Debbie Googe, celle de My Bloody Valentine. Pas étonnant dès lors que ses interventions soient épatantes. Et s’il fallait épingler un titre du concert de Thurston Moore Group, le choix se porterait sur « Hashes » qui passe particulièrement bien en live.

Petite parenthèse le seul DJ set de la soirée répond au patronyme de The Avalanches. Certes on aurait préféré la présence de Vitalic comme initialement prévu (surtout après son show époustouflant à l’AB et la sortie d’un dernier double album de bonne facture, intitulé « Dissidænce »), mais les organisateurs l’ont au final fait glisser à l’affiche du festival qui se déroule ici dans quelques jours. Pourtant, les réservistes assurent parfaitement le remplacement. Ces deux Australiens mixent et bondissent derrière leurs platines. Et arrivent à encore faire bouger une foule de clubbers que l’on n’avait pas trop remarquée sur la plaine jusque-là.

Une première édition plutôt réjouissante donc, même si l’on pouvait légitiment se poser la question de savoir si une deuxième édition pourrait encore se dérouler l’année prochaine ? Ce n’est malheureusement pas une certitude, vu qu’il n’a enregistré que 12 000 spectateurs sur la journée…

(Organisation : Pukkelpop)

Sons, Anna Calvi, Girls Against Boys, Whispering Sons, Parquets Dourts, Wolf Alice, Liam Gallagher, Thurston Moore Group, Pixies, The Avalanches, Editors

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Lokerse Feesten 2022 : mercredi 10 août

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Le Lokerse feesten arrive à mi-parcours. Le soleil commence à taper dur et la chaleur va devenir de plus en plus étouffante au fil de la journée. Heureusement des fontaines d’eau sont mises à la disposition des festivaliers. Et elles sont gratuites.

Ce mercredi 10 août, la Grote Kai accueille la formation belge Portland, Seasick Steve, une icône du blues/rock qui a côtoyé de nombreuses stars du rock, le band issu de Cincinnati, The Afghan Whigs, et en finale, le groupe insulaire, Snow Patrol.

Portland n’est pas seulement une ville de l’Oregon aux States, mais aussi un band issu du Nord de la Belgique. Finaliste de l’édition 2016 du Humo’s Rockrally, lauréat de la cuvée 2018 de ‘De Nieuwe Lichting’, concours organisé par Studio Brussel, il pratique de la dream pop (NDR : enfin, c’est ce que déclare le combo). Originaire d’Hasselt, il réunit Jente Pironet (lead vocal, guitare), Sarah Pepels (claviers, chant), Gill Princen (claviers, basse) et Arno De Bock (drums). Pour ce concert, il a engagé un guitariste de tournée.

La formation va nous proposer de larges extraits de son dernier elpee, « Your Colours Will Stain », paru en 2019, mais également de nouvelles compos qui figureront sur le nouvel album, dont la sortie est prévue pour cet automne. 2022). Pas de setlist.

Plutôt sexy, Sarah est vêtue de noir. Elle a ainsi opté pour un pantalon et une chemise légèrement transparente. Elle est également chaussée de lunettes fumées. Pour se protéger du soleil ou pour le look ? A vous de choisir ! Elle excelle derrière ses claviers et son IPad dont elle extirpe de superbes sonorités électro. Tout comme sur le percutant « You Misread Me ». Les voix de Sarah et de Jente sont parfaitement complémentaires, et celle de ce dernier semble hantée par Matt Bellamy (Muse). Mélancolique, la musique de Portland s’appuie sur un drumming métronomique et des grattes puissantes. En outre, le band a le bon goût de soigner le sens mélodique. Et il n’oublie pas d’interpréter son single, « Lucky Clover ». Un groupe à suivre de très près…

Place ensuite à Seasick Steve. Agé de 75 balais, il est issu d’Oakland, en Californie. Il porte une barbe imposante, à la ZZ Top. Il a eu des amis prestigieux. Dont Janis Joplin dans les années 60 et Kurt Cobain, au cours des 90’s. Et il a joué en compagnie de multiples légendes du blues et du rock, parmi lesquelles figurent John Lee Hooker, Lightnin' Hopkins, Son House, Albert King, Joni Mitchell, John Paul Jones et on en passe, mais également des groupes et artistes contemporains comme Modest Mouse ou encore KT Tunstall…

En toile de fond, on remarque la présence de la pochette de son dernier elpee, « Love & Peace ». Le disque, il va l’extraire, au cours du set, d’un emballage en carton. Et c’est un vinyle sur lequel est mentionné les inscriptions ‘Only On Vinyle‘, geste qu’il va accompagner d’un petit discours sur cet LP qui ne sort ni en cd, ni en MP3 et n’est pas disponible sur les plateformes de streaming….

Ce hobo sympa se sert d’une gratte différente à chaque chanson, une guitare artisanale ou une cigar-box, et notamment sa légendaire ‘3-String Trance Wonder’. Elle avait été confiée à Steve alors qu’il ne lui restait que trois cordes et il l’a gardée ainsi depuis. Mais aussi une ‘One-Stringed Diddley Bow’. Soit un manche avec une seule corde. Il a même fabriqué une dobro à l’aide d’un gros manche de brosse et d’une plaque minéralogique du Mississipi, terminée par une boîte de conserve en fer blanc.

Il est vêtu d’une chemise de bûcheron (qu’il va vite ôter, vu la température), d’un jeans rapiécé et coiffé d’une casquette ‘John Deere’, marque de tracteur notoire.

Malgré son âge, le papy est un séducteur. Il a repéré une jolie roussette aux premiers rangs. Elle s’appelle Mathilde. Coïncidence, il signale qu’il avait baptisé son camping-car de ‘Mathilda’. Il va la chercher et l’entraîne sur les planches, faisant même mine de se rendre en backstage avec elle. Une plaisanterie qui déclenche un fou rire général. Finalement il l’installe sur un siège et lui déclame une chanson d’amour en se servant d’une gratte semi-acoustique classique. Il propose même de lui envoyer le dernier album si elle lui envoie un mail. La chanson terminée, assez émue, elle est renvoyée aux premiers rangs sur la Grote Kai.

Sans quoi, parlons quand même de musique. Un cocktail de blues, boogie de country qui baigne au sein du Delta. Seasick est uniquement soutenu par un drummer à la barbe respectable, dont les interventions sont régulièrement sauvages, voire tribales.

Son set terminé, Steve, toujours aussi interactif, mais humble, serre des mains, signe des autographes mais, incorrigible, continue à draguer Mathilde…

Setlist : « Don't Know Why She Love Me but She Do », « Self Sufficient Man », « That's All », « Soul Food », « Walkin' Man », « Shady Tree », « Summertime Boy », « Roy's Gang », « Bring It On », « Put That in Your Pipe and Smoke It », « Barracuda '68 », « Thunderbird ».

Rien à faire, quand on parle de The Afghan Whigs, on pense aux nineties. Enfin, presque, puisqu’entre 88 et 1999, la formation américaine va graver 6 albums, dont l’incontournable « Gentlemen », dans un style soul/rock particulièrement alternatif, l’aspect soul s’exprimant surtout à travers la voix écorchée de Greg Dulli.

Un Dulli qui est bien sûr le leader et fondateur du groupe légendaire issu de Cincinnati, dans l’Ohio. Outre The Afghan Whigs, Il a également monté deux projets parallèles. Tout d’abord The Twilight Singers, mais également The Gutter Twins en compagnie du regretté Mark Lanegan, dont on suppose la fin de parcours du projet, suite à sa disparition.

Le line up de la formation a quand même mal changé depuis ses débuts. Ce soir, il implique un multi-instrumentiste (basse, claviers, violon, percus), un drummer et trois sixcordistes, dont Greg. Ils sont tous habillés de noir…

Pour votre serviteur, il s’agit d’une découverte. La setlist va privilégier des extraits de l’inévitable « Gentlemen » et de « Black Love ». Mais également de « How Do You Burn ? », le nouvel opus, qui paraîtra en septembre. Dont le morceau d’entrée « I'll Make You See God ».

La musique libère une fameuse intensité. Les trois grattes y sont pour quelque chose, mais également la section rythmique, boostée par un drummer à la frappe aussi technique que sauvage. Parfois, le spectre des Pixies voire de Pearl Jam se met à planer. Mais le combo nous réserve quelques surprises, dont le célèbre blues de Bo Diddley, « Who Do You Love ? » ou la cover de « There Is A Light That Never Goes Out » des Smiths. Pas de trace cependant du hit « Going To Town ». Peu d’interactivité entre les morceaux, de manière à rendre le set le plus compact possible, mais vraiment un superbe concert…

Setlist : « I'll Make You See God », « Matamoros », « Light as a Feather », « Oriole », « The Tide » (Greg Dulli song), « Gentlemen », « Who Do You Love ? » (Bo Diddley cover), « Fountain And Fairfax », « Algiers », « Heaven On Their Minds » (Andrew Lloyd Webber cover), « Somethin' Hot », « A Line Of Shots », « John The Baptist », « Summer's Kiss », « My Enemy », « Into The Floor », « There Is A Light » (The Smiths cover).

Formation indé insulaire, Snow Patrol implique des musicos issu d’Irlande du Nord et d’Écosse. Elle réunit de Gary Lightbody (chant, guitare), Jonny Quinn (drums), Nathan Connolly (guitare), Paul Wilson (basse) et Johnny McDaid (claviers, guitare). Le peuple attend impatiemment le début du show et votre serviteur également. Il y a du monde et on est un peu serré comme des sardines.

Côté discographie, le combo est plutôt discret pour l’instant, puisque hormis un remix baptisé « Reworked », paru en 2019, le dernier elpee, « Wildness », remonte à 2018. Par contre, cette année il se produit un peu partout. Il y a 3 jours, il était à l’affiche du festival de Ronquières.

Ce groupe-phare des années 2000 a écoulé plus de 12 millions d’albums.

Le concert s’ouvre par deux hits : « Chocolate » et « Take Back the City ». Lightbody (NDR : qui a surmonté son addiction à l’alcool) se consacre au chant et se sert tour à tour d’une guitare électrique ou semi-acoustique (une Martin’s !).

Particulièrement mélodieuses, les chansons sont régulièrement chantées par les spectateurs, qui connaissent les paroles. « Open Your Eyes » et « Shut Your Eyes » font trembler la plaine. Et à la demande de Gary, « Chasing Cars » est intégralement repris en chœur par la foule. C’est à la fois beau et bouleversant. L’attitude du claviériste préposé aux backing vocaux évoque Chris Martin. Il remue derrière ses ivoires comme une puce. Des images de « Reworked » sont projetées sur l’immense écran situé derrière les artistes, alors qu’un impressionnant light show est projeté sur les artistes depuis l’arrière scène...

L’apothéose de la soirée…

Setlist : « Chocolate », « Take Back the City », « Crack The Shutters », « Run », « Empress », « Set The Fire To The Third Bar », « Open Your Eyes », « Life On Earth », « Shut Your Eyes », « Chasing Cars », « You're All I Have ».

Rappel : « What If This Is All the Love You Ever Get ? », « Just Say Yes ».

(Organisation : Lokerse Feesten)

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